L’assassinat du morse Freya à Oslo est le symbole du caractère de notre époque

La négation de la Nature est au service du marché.

C’est plié ! Quand on voit un événement pareil, on comprend qu’il faut tout changer, ou bien on capitule. Car si même là cela se termine comme ça, c’est que tout est bloqué.

Le capitalisme a en effet besoin d’élargir son marché, par conséquent il dynamite tout ce qu’il peut comme valeurs et normes naturelles. Un homme qui s’imagine être une femme, ou l’inverse, ça lui va très bien, car cela individualise et cela ouvre de nouveaux marchés. On s’éloigne de la Nature, on la nie, tout passe par la consommation : très bien !

Un morse qui fréquente un port, comme à Oslo, c’est inacceptable, cela nuit au marché car cela dérange la tranquillité consommatrice, c’est directement naturel et cela ramène au premier plan le fait que les êtres humains sont des animaux aussi. C’est mal !

C’est une question d’intérêts et le capitalisme, qui décide de tout, fait ses choix comme il l’entend, les gens pouvant penser ce qu’ils veulent : ils oublieront car ils consommeront, et inversement.

Par conséquent, le morse qui avait fait du port d’Oslo son lieu de vacation estivale a été assassiné en cette mi-août 2022 – « euthanasié » comme le prétendent les autorités norvégiennes, ainsi que les médias français. Car le justificatif, c’est que les êtres humains auraient été en danger : le morse s’installant sur les bateaux de plaisance du port et surtout attirant bon nombre de curieux.

A l’arrière-plan, on retrouve le principe bourgeois comme quoi nous serions extérieurs à la Nature : tout animal sauvage nous fréquentant d’une manière ou d’une autre doit par conséquent être liquidé. Il aurait été « dénaturé » donc il faut, pour son propre bien, le tuer! D’où le mot euthanasie. Ce principe est appliqué en France dans toute sa brutalité, on en entend régulièrement parler avec telle ou telle personne ayant sauvé un jeune animal sauvage et se retrouvant avec les institutions exigeant sa mise à mort.

Comme en plus Freya avait été remarqué dans des ports en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et au Danemark, cette logique meurtrière est d’autant plus prégnante. Un haut responsable de l’Agence norvégienne pour l’environnement, Espen Fjeld, a même eu le cynisme de dénoncer un « effet Bambi », expliquant dédaigneusement que :

« Prendre soin de cet individu n’a vraiment rien à voir avec prendre soin de la population des morses. »

C’est la ligne capitaliste de la séparation totale de la Nature et de la culture, qu’on apprend par exemple au lycée en philosophie. C’est ainsi au nom de sa… protection que le morse a été assassiné. La Direction norvégienne de la pêche a expliqué que :

« Nous avons examiné attentivement toutes les solutions possibles. Nous avons conclu que nous ne pouvions garantir le bien-être de l’animal par aucun des moyens disponibles. »

Il est évident que les curieux au port d’Oslo n’ont pas bien agi, car ils ont précipité les choses en se rassemblant en masse et sans discernement. Cependant, il faut bien saisir qu’en Norvège le morse est devenu une Cause nationale, son parcours le long de côté norvégienne ayant largement attiré l’attention, au grand dam du capitalisme qui était dérangé dans ses activités maritimes par la présence d’un animal protégé.

L’animal, jeune et de sexe féminin, a même été nommé Freya, en référence à la grande déesse de la mythologie germanique et nordique, indéniablement une déesse-mère dont le culte a réussi à se prolonger. Ce choix culturel en Norvège reflète, de manière romantique, le respect et la vénération pour le morse. Freya torpillait la séparation avec la Nature!

C’est cela l’aspect principal de gens fascinés par Freya et, se comportant de manière inadéquate indéniablement, mais cherchant un nouveau rapport à la Nature. Il y a ici un besoin de retour à la Nature qui s’exprime, et il est explosif. Qui ne comprend pas que le socialisme est l’affirmation de la nature animale de l’être humain – d’animal politique, social, ayant évolué historiquement de manière particulière, tout en restant naturel – n’a rien compris à notre époque et son enjeu.

L’assassinat du morse Freya à Oslo est le symbole du caractère de notre époque. Reste que l’humanité, pour avancer, doit non seulement être révoltée par la mise à mort de Freya, mais doit également admirer Freya vivante dans son espace naturel respecté – c’est cela la véritable conscience nouvelle.

De pures négations misanthropes – nihilistes comme « l’anti-spécisme » ne portent pas quelque chose de positif (ni d’ailleurs quelque chose de véritablement négatif au sens de transformateur – révolutionnaire). Seul le socialisme, comprenant la nature collective des choses dans leur ensemble, peut porter la conception selon laquelle l’humanité est une composante de la biosphère – ce dont nous avons besoin pour entrer dans une nouvelle époque !

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