Ignoble déferlement de haine anti-russe

Le nationalisme suinte de partout.

La Russie est un peuple qui, historiquement, a porté une immense culture. On ne compte pas les savants dans absolument tous les domaines, les artistes que ce soit en musique, en peinture, en littérature, en sculpture, en architecture, en cinéma, etc. ; on ne compte pas non plus les révoltes populaires, les révolutions (1905, 1917). Bref, c’est un peuple qui a participé de plein-pied à l’Histoire humaine.

Cela fait d’autant plus mal, alors qu’en plus les Russes ont un tempérament attachant empreint de vague-à-l’âme et de chaleur humaine exprimée dans une candeur frappante, de voir qu’en France il s’est répandu une haine anti-russe farouche et totalement stupide.

Depuis l’annonce par le président russe Vladimir Poutine, le 21 septembre 2022, d’une mobilisation partielle de 300 000 hommes, cette haine s’est d’autant plus systématisée ; désormais ce sont les médias à l’échelle de l’Union européenne qui déversent une propagande anti-russe sans commune mesure.

L’objectif est bien entendu de faire tomber le régime et, surtout, de démanteler la Fédération de Russie. C’est un objectif à visée impérialiste et tous les appétits s’en voient excités. La conquête économique de la Russie, son asservissement, voilà de quoi relancer toutes les économies occidentales.

Et pour les pays de l’Est de l’Europe, il y a également la possibilité de grappiller pas mal de choses, surtout si en plus l’Ukraine est totalement affaiblie à la suite de son hypothétique victoire. On comprend que la Pologne soit un pays va-t-en guerre cumulant les positions ultras.

L’opportunisme, voilà ce qui caractérise des gens et des pays alors que la superpuissance américaine assume de vouloir faire tomber un grand pays, suffisamment riche pour qu’il y est beaucoup de miettes.

Lorsque la Femen Inna Shevchenko découvre son propre pays, l’Ukraine, le jour de l’invasion, et répète depuis toutes les incantations délirantes de l’OTAN et de l’extrême-Droite ukrainienne sur son compte Twitter, elle ne le fait pas par patriotisme ukrainien, mais comme plan de carrière, afin de s’insérer impeccablement dans ce qui doit découler du repartage du monde, aux dépens de la Russie.

Les Russes seraient des idiots creusant des tranchées dans la zone ultra radio-active autour de la centrale de Tchernobyl : un bon exemple de convergence avec la propagande occidentale. En réalité, creuser le sol de cette zone n’est nullement dangereux, la vie sauvage ayant également repris ses droits depuis bien longtemps.

C’est là que réside le double danger de la haine anti-russe. D’abord, elle s’appuie sur des préjugés nationalistes, où les Français seraient éduqués et civilisés, les autres peuples barbares. Beaucoup de Français, rendus incultes par la société de consommation, alors que la Russie était bien connue et appréciée auparavant, voient en les hommes russes des sortes de brutes à têtes d’assassins et en les femmes russes des beautés manipulatrices prêtes à se vendre.

Ensuite, cette haine anti-russe appelle à faire carrière en son sein. Devenir un spécialiste de cette haine permet d’aller sur les plateaux de télévision, d’écrire des articles, bref d’obtenir une reconnaissance sociale, voire d’être rémunéré. On peut faire carrière en adoptant la haine anti-russe.

Même Stéphane Courtois, le grand intellectuel de l’anticommunisme en France, avec le « livre noir du communisme », s’est transformé désormais en « spécialiste » de la Russie et de ses méfaits !

L’universitaire qui, demain, publiera un ouvrage pour expliquer que la Russie n’existe pas, qu’il y a une Moscovie coloniale qui a toujours tyrannisé les pays et les peuples voisins, se verra couvrir d’éloges. Et cet ouvrage sera publié, n’en doutons pas, car cela correspond à l’idéologie du régime ukrainien, et à la ligne de la superpuissance américaine.

Et ce processus de déferlement de propagande n’est pas prêt de s’arrêter. La France assume totalement de participer à la bataille contre la Russie que portent désormais l’OTAN et l’Union européenne de manière conjointe, sous l’égide de la superpuissance américaine.

On doit donc même considérer que la propagande va aller toujours plus loin, tout comme il y aura davantage d’armes remises à l’Ukraine. Tout comme l’Ukraine basculera toujours plus dans le fanatisme anti-russe le plus démentiel.

Sur ce plan d’ailleurs, la nation ukrainienne est en train de se suicider historiquement en acceptant de sortir entièrement de toute valeur démocratique ou populaire. En laissant le champ libre à des nationalistes vendus à des impérialistes, il y a une transformation de l’Ukraine en une simple fonction de conquête militaire anti-Russie.

Croire que la Russie va se laisser faire est autant aberrant que de rendre l’énorme service aux nationalistes russes, comme c’est fait actuellement, qui prétendent que l’Ukraine n’existe pas et ne sert que les intérêts occidentaux.

C’est un piège qui se referme sur les peuples. Il ne faut pas y participer, il faut même le combattre. Il ne doit pas y avoir de place pour la haine anti-russe. L’internationalisme – et pas l’internationalisme comme cosmopolitisme, non, l’internationalisme prolétarien doit primer, toujours.

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