Les Français ont le Président qu’ils méritent.

La France avait déjà eu beaucoup de mal avec Nicolas Sarkozy qui cassait les codes classiques, qui assumait une certaine vulgarité. Cela ne passait pas.

C’est encore pire avec Emmanuel Macron, qui cette fois a poussé le bouchon bien trop loin à l’occasion de la finale de l’équipe de France de football au Qatar. Il s’y était déjà rendu une première fois pour la demi-finale ; son double voyage a coûté rien que pour le transport 31 SMIC et 53 ans de l’empreinte carbone moyenne d’un Français.

Déjà, cela fut propice à un show grossier, populiste, régressif, mis en scène dans une vidéo officielle hallucinée.

Dans une auto-mise en scène grotesque à la suite de la finale perdue par la France, il est descendu sur les terrain parler directement aux joueurs. Notamment à Kylian Mbappé, qu’il a pris dans ses bras, lui parlant directement à l’oreille, lui grattant la tête.

C’est incorrect, car c’est une intrusion illégitime dans l’intimité d’un homme. Le joueur et le Président français ne se connaissent pas personnellement, le Président français n’ayant au sens strict rien à voir avec l’équipe de football. Il n’avait certainement pas à intervenir ainsi, tel un enfant gâté voulant son petit moment auprès de la star de football.

Et cela a marqué les Français, pour qui le statut présidentiel exige une haute dignité, une certaine distance. Il y a à la fois une dimension réactionnaire, très monarchique – napoléonienne, et une dimension culturelle, où le représentant des Français doit être français donc posé, cartésien, savoir raison garder.

Emmanuel Macron n’en a rien faire, il s’est cru le devoir d’exister, donnant même l’impression d’être en transe, cela sans aucune dignité, non pas seulement personnellement, mais en tant que Président. Et ce n’est pas la première fois.

Les Français ont donc tout perdu avec la crise ; ils ont perdu l’âge d’or du capitalisme triomphant, ils ont définitivement perdu la capacité à produire un éventuel François Mitterrand, qui savaient se tenir, qui avaient de l’allure.

Emmanuel Macron, qui n’est qu’un ersatz de John Fitzgerald Kennedy. Sauf que la France n’est pas les États-Unis et ce qui apparaît là bas comme du style, en mode Hollywood, n’est vu ici que comme du grotesque, un manque de goût.

C’était tout aussi lamentable quand le président français est venu directement dans le vestiaire des joueurs, raconter littéralement n’importe quoi.

Il se prenait pour un coach, parlant comme s’il s’adressait à une équipe de club devant immédiatement relever la tête pour le prochain match, alors qu’il s’agit d’une sélection nationale donc avec pas du tout les mêmes configurations, la même approche. Emmanuel Macron était hors-sujet, au point d’ailleurs de s’adresser aux joueurs en disant…. « Celles et ceux » !

Discours stéréotypé de politicien, tout comme quand il a conclu en disant « vive la République, vive la France ». Cela n’a aucun rapport dans le contexte d’une pseudo intimité de vestiaire et des mots triviaux qu’il utilisait juste avant, tapant nerveusement du poing dans la main. De surcroît, pour un simple match de football, aussi prestigieux soit-il.

Toutefois, cela ne tombe pas du ciel. Le Président français est à l’image de son pays, en pleine décadence, plein de superficialité, bien plus tourné vers les monstruosités commerciales américaines que vers sa propre culture classique.

Les Français ont été choqués de l’indignité de leur président, mais ils n’ont que ce qu’ils méritent : c’est le prix à payer pour leur médiocrité culturelle et leur fainéantise politique. Et puis aussi pour leur absence de morale, car il fallait boycotter ce mondial, et ne pas laisser un médiocre Président aller y pavoiser !

D’ailleurs, l’audience de la finale fut phénoménale. 24 millions de téléspectateurs ont regardé le match sur la chaîne TF1, et même 29,4 pour la fin du match avec les penaltys, soit plus de 80% de part d’audience. Il faut ajouter à cela les gens regardant dans les bars, sur leurs smartphones ou tablettes, ou encore sur la chaîne Beinsport.

C’est une débâcle culturelle, un désastre. Mais rien d’étonnant !