Lutte Ouvrière considère qu’il faut opposer tout à tout, sans rien faire.

Comment stopper la guerre en Ukraine ? En combattant l’affrontement entre les superpuissances américaine et chinoise, qui est le véritable plan historique, et en faisant en France de l’OTAN l’ennemi numéro 1.

Sur le papier, Lutte Ouvrière dit la même chose pour qui ne connaît pas les magouilles du trotskisme. Car, de manière typique, on a la forme, mais pas le fond. Le trotskisme aspire les énergies pour les anéantir.

Voici ce que dit Lutte Ouvrière sur le conflit militaire en Ukraine à son congrès de décembre 2022 (dont le contenu d’ensemble n’a pas encore été rendu public ; on notera que pareillement « Révolution permanente » a tenu son congrès de fondation d’une organisation révolutionnaire les 17-18 décembre, mais que rien n’a encore été dit à ce sujet).

« La guerre en Ukraine opposant les puissances impérialistes de l’OTAN à la Russie avec la peau du peuple ukrainien, mais aussi celle du peuple russe, menace le monde entier d’une déflagration généralisée.

Quels que puissent être la concrétisation future de cette menace et le cheminement qui y mène et quels seront les camps en présence, ce sera une guerre de la bourgeoisie impérialiste contre les peuples embrigadés comme chair à canon.

Pour éviter la guerre, les peuples ne peuvent pas compter sur la bourgeoisie impérialiste, ses hommes politiques, ses états-majors qui, au contraire, préparent méthodiquement l’embrasement général par l’accumulation d’armes et par la mise au pas des populations. Les travailleurs devront s’opposer à la guerre avec leurs moyens et leurs armes de classe, avec comme perspective la transformation de la guerre en guerre civile contre la bourgeoisie.

Les travailleurs conscients doivent refuser le mécanisme guerrier qui se met en place. Comme ils doivent refuser toute forme d’union sacrée derrière leur bourgeoisie et l’État qui défend les intérêts de cette dernière. Ils doivent se méfier de toute la propagande mensongère de la classe dominante, à commencer par la défense de la patrie, alors que derrière ces mots, il n’y a que les intérêts de la classe capitaliste et des plus riches.

Pour ce qui est de la guerre déjà présente en Europe, les travailleurs n’ont à prendre parti ni pour la Russie de Poutine, ni pour l’Ukraine de Zelensky sous la protection des puissances impérialistes.

Ils doivent rejeter tous les clans politiques de la bourgeoisie impérialiste, ceux qui tiennent ouvertement un langage guerrier, comme ceux qui prétendent œuvrer pour la paix par des négociations. L’intérêt des travailleurs est de reprendre à leur compte, aussi bien ici, en France, qu’en Russie, en Ukraine, et partout où les masses sont angoissées par les préparatifs de la guerre généralisée, le slogan du révolutionnaire allemand Karl Liebknecht : « L’ennemi principal est dans notre propre pays ».

Seul le renversement du pouvoir de la bourgeoisie et de la domination de l’impérialisme sur le monde peut écarter la menace de la guerre mondiale, assurer des relations fraternelles entre les peuples et créer les conditions de leur collaboration pour le bien commun de l’humanité. »

C’est une escroquerie complète. D’un côté, on a la forme : oui il faut rejeter les grandes puissances (même si la Russie n’est pas ici vue comme impérialiste), oui l’ennemi est dans son propre pays.

Mais sur le fond, ça dit que… On verra demain, car la France n’est pas en guerre, donc la question ne se pose pas, et lorsque cela ce posera, ce sera une question mondiale.

Il n’y a donc… rien à faire. On a juste l’apparence d’un discours anti-guerre, mais ce sont des mots, et que des mots. Qui servent à donner le change, et qui permettent de faire en sorte d’agir comme d’habitude sinon, une fois cette « bonne conscience » acquise.

Quelle tromperie !