La Droite est totalement pro-américaine.

Le Point est un hebdomadaire qui joue un rôle important en France ; tirant à 300 000 exemplaires, il sert de vecteur politique et idéologique à une partie de la Droite, celle qu’on peut qualifier de conservatrice – populiste.

L’éditorial du numéro du 17 janvier 2023 dit les choses ouvertement : il faut se débarrasser de la Russie, et pour ça il faut utiliser l’Ukraine.

Par conséquent, il faut armer massivement celle-ci.

On est là dans la folie furieuse – mais c’est la ligne dominante de l’ensemble des pays de l’OTAN. C’est le processus en cours.

C’est la ligne de la Droite dans son ensemble. Même le Rassemblement National de Marine Le Pen s’aligne sur l’OTAN, tout en regrettant que cela aille trop loin. Du côté nationaliste, toute la scène activiste version « cogneurs » est pro-ukrainienne, seuls les vieux « historiques » de l’extrême-Droite penchent du côté russe et encore sans dénoncer les États-Unis.

Car c’est un alignement également sur le mode de vie américain, sur le camp occidental. La Droite, dans toutes ses variantes, sait bien qu’il s’agit de défendre la prévalence mondiale de l’Occident.

L’éditorial du Point appelle pour cette raison à armer l’Ukraine jusqu’aux dents et à briser la Russie autant que possible. Il a été rédigé par Luc de Barochez, un ancien du Figaro et de l’Opinion, désormais rédacteur en chef du service Monde du Point.

On lit ainsi :

« Les Occidentaux ne savent pas comment terminer la guerre d’Ukraine. Ils souhaitent la victoire de Kiev mais redoutent la défaite de Moscou.

Or l’une ne va pas sans l’autre (…).

Sans les Occidentaux, les Ukrainiens n’auraient plus, malgré leur courage et leur esprit de résistance, ni les outils ni les munitions pour se battre (…).

Vladimir Poutine pense, avec raison, que le temps joue pour lui. Plus le conflit traîne en longueur, plus le soutien occidental va s’effriter (…).

Les dernières décisions sur la livraison de blindés légers français AMX-10 RC et leurs équivalents allemands et américains vont dans le bon sens.

Mais les militaires ukrainiens ont aussi un besoin urgent de chars lourds occidentaux, des Leclerc (bien que très peu
soient disponibles, ce qui est révélateur de l’état de l’armée française) ou des Leopard 2 allemands.

Des avions de combat contribueraient eux aussi à faire pencher la balance du bon côté (…).

Le chantage nucléaire doit être pris pour ce qu’il est : un simple chantage.

L’intérêt des Européens commande d’empêcher que non seulement Moscou, mais aussi Ankara et Pékin puissent constater que l’agression armée paye. Il est de s’assurer que la Russie ne menace plus ses voisins à l’avenir.

En revanche, il n’est pas de préserver à tout prix le mythe d’une « grande Europe » s’étendant de l’Atlantique à l’Oural.

Cette vision romantique qui imprègne le discours d’Emmanuel Macron lorsqu’il parle de « garanties de sécurité » à accorder à la Russie ou de la nécessité de « ne pas l’humilier » néglige la réalité décrite par Volodymyr Zelensky :  »Un nouveau rideau de fer est tombé, qui sépare la Russie du monde civilisé. »

Bien que nous ne lui fassions pas la guerre, la rupture avec la Russie est consommée. »

Cette dernière phrase est hypocrite alors que l’éditorial, qui prend pratiquement une dimension historique, appelle à soutenir militairement l’Ukraine au moyen d’armes modernes et offensives.

L’éditorial explique franchement, pour qui sait lire, qu’il faut utiliser l’Ukraine jusqu’au bout comme chair à canon pour affaiblir au maximum la Russie. Qu’il faut tout faire pour isoler la Russie jusqu’à ce que cet objectif soit atteint.

Ensuite, on le devine, il s’agit de démanteler la Fédération de Russie, de la découper en petits satellites de l’Occident.

Et le capitalisme occidental serait reparti pour un tour… Exactement ce que nous, nous ne voulons pas !