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Refus de l’hégémonie

La France et la coalition pour l’artillerie ukrainienne

Nous qui avons annoncé le conflit Russie-Ukraine six mois avant son commencement sommes horrifiés de la nullité de la Gauche française concernant la question de la guerre. Mais tout se paie historiquement et là, la France se retrouve dans un engrenage aboutissant à un sacré réveil.

Nous avions déjà dit comment, à l’occasion du changement de premier ministre, le nouveau ministre des Affaires étrangères s’était précipité en Ukraine. Il avait affirmé à Kiev que la France considérait le soutien à l’Etat ukrainien comme prioritaire. Depuis, l’État français a officialisé sa ligne anti-Russie frontale, et la Russie l’a pris en compte.

Le 16 janvier 2024, le président français Emmanuel Macron a ainsi tenu une grande conférence de presse, avec 30 minutes de présentation puis une réponse aux questions. Il a dit qu’il se rendrait à Kiev en février 2024, que la France livrera 40 nouveaux missiles longue portée et des « centaines de bombes » aux forces ukrainiennes.

Le même jour, l’armée russe affirmait avoir détruit un centre militaire à Kharkiv, tuant 60 mercenaires français, en blessant 200 autres. Est-ce vrai ou est-ce un discours symbolique? C’est peut-être vrai, car toute la scène activiste d’extrême-Droite française est de mèche avec les nationalistes ukrainiens. Dans tous les cas, normalement la Russie ne critique jamais la France et l’Autriche, considéré comme deux pays non hostiles. Cette fois, c’est bien terminé.

Dans la foulée, le 18 janvier 2024, il a d’ailleurs annoncé le lancement de la coalition « Artillerie pour l’Ukraine », dont la France prend la tête. La France va livrer 3000 obus par mois à l’armée ukrainienne, contre 1 000 à 2000 auparavant. Six canons Caesar, payés par l’Etat ukrainien, seront livrés « dans les prochaines semaines », 72 autres doivent trouver des financements collectifs. 

L’Occident finance la guerre de l’Ukraine, le Complexe Militaro-Industriel se structure.

Le même jour, la France prenait, à Lille, le commandement pour un an d’une force terrestre multinationale de l’Otan, dont les effectifs peuvent monter jusqu’à 120 000 hommes. Et l’Otan a annoncé que sa grande manœuvre débutant en février n’aurait pas 41 000 soldats, mais 90 000 !

La manœuvre doit durer… plusieurs mois, doit se dérouler à l’Est de l’Europe face à un ennemi dont les forces sont « relativement équivalentes » à l’Otan. Tous les commentateurs se sont empressés de dire que c’était la Russie, bien sûr. Tout comme, depuis plusieurs mois, les médias diffusent sans cesse l’idée que la Russie voudrait envahir l’Europe.

La manœuvre de l’Otan sera même la plus grande depuis l’effondrement de l’URSS ; c’était en 1988. En 2024, il y aura 50 navires de guerre, 80 avions, 1 100 véhicules de combat.

C’est là le bellicisme des pays capitalistes occidentaux, qui veulent dépecer la Russie et utilisent l’Ukraine pour cela. Depuis décembre, il est clair en effet pour tout le monde que l’Ukraine est en train de perdre militairement, elle ne peut pas continuer comme cela encore une année ou deux.

Alors la France, aux côtés de l’Allemagne, se lancent dans une opération pour soutenir une Ukraine zombie, perdue dans le nationalisme. De facto, c’est un grand pas vers le conflit ouvert. Dans les faits, la France est en guerre avec la Russie. Et il faut saboter notre propre impérialisme!