Le 18 mars 2025, Israël a recommencé à bombarder Gaza. Telle est la réalité, la même que partout ailleurs dans le monde depuis 2020. C’est la bataille pour le repartage du monde et celui qui peut avancer avance.
Les coûts humain, moral, politique, culturel… ne sont pas pris en compte et ne peuvent pas l’être. Chaque puissance cherche à tenir, à faire face à la pression généralisée. Et il ne faut pas se leurrer, le Hamas a fait la même chose avec son attaque du 7 octobre 2023, aussi assassine que totalement aberrante stratégiquement.
Le Hamas avait alors, comme le Hezbollah, totalement surévalué ses forces, et n’a absolument pas pas pris en compte la réalité populaire et ce qu’elle aurait à endurer. C’est de la politique kamikaze.
Sauf qu’à ce jeu, l’État israélien est en position de force. Son but est de terroriser moralement et physiquement les Palestiniens, en procédant à des bombardements massifs et des actions terrestres ciblées.
Parler de génocide n’a aucun sens, il n’y a pas d’extermination de masse mis en place. Utiliser ce terme est aussi erroné qu’une énorme erreur, car elle ne permet pas de comprendre le rôle de la politique-massacre mis par en place l’État israélien, qui vise à une expulsion indirecte, ou une soumission active.

Ce que fait celui-ci rentre dans le cadre de la politique américaine dans la région, et les centaines de morts à Gaza du 19 mars 2025 rentrent dans le « grand jeu » qui vise désormais l’Iran.
Le but de l’État israélien est de déstructurer toutes les formes sociales de la société palestinienne, qui est déjà en lambeaux. Politiquement, les Palestiniens sont séparés entre pro-Fatah et pro-Hamas, socialement il y a des clans et la corruption est massive, sans parler du patriarcat et de l’obscurantisme religieux qui paralysent, aveuglent, déforment tout effort palestinien conséquent.
Il en va de même pour la société syrienne, et il en va de même pour la société iranienne. C’est le principe de diviser pour régner. Et pourquoi l’État israélien se précipite-t-il dans cette perspective ? Parce que la société israélienne elle-même est en lambeaux, avec des monopoles qui contrôlent tout, une société fragmentée en communautés, sans parler des religieux fanatiques qui forment un monde à part.
Et la superpuissance américaine la pousse en ce sens, car elle-même est en lambeaux, avec les gangs qui pullulent dans les zones urbaines, pendant que les campagnes ont été asphyxiées économiquement et culturellement.
Le seul moyen de ne pas tomber, c’est de se précipiter. Pour cette raison, ce n’est que le début. Ce n’est que le début à Gaza, tout comme ce n’est que le début en Ukraine. Le monde s’effondre comme un château de cartes.

Et tant pis pour les gens qui disent : vous êtes des oiseaux de mauvaise augure, on dirait que vous appréciez que tout s’effondre.
Car il est trop tard pour dire cela, maintenant les faits sont là. Tout s’effondre, comme nous l’avions dit et malheur à qui a fait le malin et a pensé qu’il y aurait un espoir que le capitalisme se ressaisirait.
Peut-on se relever d’une pareille erreur, qui confine à la faute ? Il faudra une autocritique d’immense ampleur, et c’est ce qui attend les Français. Et s’ils n’y arrivent pas, ils seront comme les Palestiniens et les Israéliens, les Russes et les Ukrainiens : précipités dans les enfers de la guerre.
C‘est la révolution ou la participation à la guerre, c’est le Socialisme ou bien la soumission aux classes dominantes. Entre les deux, il n’y a rien.
C’est ce qui attend tous les pays du monde, sans exception ; personne ne peut échapper à la bataille de repartage du monde, que ce soit au Myanmar ou au Rwanda, en Argentine ou en Europe.
D’ailleurs, que peut-on voir ? Que la Suisse et l’Autriche, deux pays neutres, sont travaillés au corps pour abandonner justement leur neutralité. Les deux pays se posent ouvertement la question, des pans entiers du monde politique bourgeois se prononcent pour l’engagement ouvert en faveur de l’Otan et de la guerre contre la Russie.
L’Allemagne pousse dans cette direction ; le grand quotidien allemand Die Zeit dresse même le scénario où ces deux pays sont envahis par la Russie ! C’est un excellent exemple, alors qu’en France Emmanuel Macron va diffuser un « manuel de survie » aux Français, pour savoir comment agir en cas de guerre ou de catastrophe.
Il ne faut donc nullement se fier à ceux qui réduisent les décisions à des sortes d’anecdote. Le quotidien Le Monde dit par exemple que la nouvelle offensive israélienne a eu lieu parce que le premier ministre Benyamin Nétanyahou, « En mettant fin au cessez-le-feu » réalisé pour obtenir les otages israéliens, « gagne du temps dans son procès pour corruption et fait revenir au sein du gouvernement un parti d’extrême-droite, qui pourrait l’aider à passer l’épreuve du vote du budget à la Knesset ».
C’est totalement ridicule. Nous sommes face à la bataille de repartage du monde, tels sont les faits. Qui ne le voit pas protestera contre la cruauté du monde, ou prendra partie pour une faction qu’il s’imaginera « pure », alors qu’elle n’est qu’un aspect de l’affrontement général sino-américain pour l’hégémonie.
Faut-il être stupide pour croire que le Hamas apporte quoi que ce soit de bien aux masses mondiales, ou pour s’imaginer que l’État israélien représente une forme d’humanisme et de démocratie.
Seul le drapeau rouge échappe à la saleté de la bataille pour le repartage du monde, seul le Socialisme est la force capable de s’arracher à la barbarie. Tout le reste est vil et corrompu, et les masses sont les premières victimes d’une telle situation.
Telle est l’alternative : Socialisme ou retombée dans la barbarie !