De quel droit Révolution Permanente critique-t-elle Brigitte Bardot sur les animaux ?

31 décembre 2025

Agauche.org est le seul média en France qui s’assume de gauche et aborde ouvertement la question animale. Dans d’autres pays, une telle approche n’est pas une anomalie, tellement il existe des ponts naturels entre la Gauche et les amis des animaux (Allemagne, Autriche, Chili, États-Unis, etc.).

Quand vous êtes de gauche, vous êtes contre le capitalisme. Vous pouvez vouloir profiter de la consommation de masse, pour les habits par exemple. Pour autant il y a des aspects inacceptables, et l’un d’entre eux est l’utilisation des animaux.

Alors vous avez vite fait de refuser les produits testés sur les animaux, de manger végétalien ou de devenir vegan. C’est cohérent et il n’y a rien de choquant à gauche.

En France, par contre, ça ne passe pas. C’est le pays où les animaux sont considérés comme des machines et où parler de « Nature » reviendrait à être un mystique fanatique.

Les initiatives en faveur des animaux ont été cassées dès le départ. La Fédération Anarchiste a chassé de ses rangs les discours favorables au véganisme dès 1995 !

C’est que parler de la cause animale oblige à remettre en cause la beauferie à la française. Mais pas seulement : la religion est également remise en cause. Pour cette raison, un populisme « de gauche » qui flatte les musulmans est par définition incompatible avec la Cause animale.

Une autre question est le féminisme. Ce sont avant tout des femmes qui s’impliquent dans la Cause animale : moins les femmes ont la parole, moins celle-ci apparaît. Les beaux discours féministes à gauche ne masquent pas ici le fond patriarcal des choix thématiques qui sont faits.

Enfin, bien entendu, la Cause animale est une cause populaire. Son noyau dur, ce sont les refuges et associations pour les animaux, portés par les petites mains populaires. Jamais une personne « de gauche » au style de vie urbain, bobo, n’ira se salir les mains là-bas.

Voilà pourquoi il est juste de critiquer le plus fermement possible l’article de Révolution Permanente intitulée « Brigitte Bardot : derrière l’icône, des décennies de racisme et de proximité avec l’extrême droite ».

C’est un article typiquement hors-sol, classiquement cosmopolite pour des trotskistes qui racontent la même chose à Bordeaux, Buenos Aires, Los Angeles ou Londres.

Privilégiant l’axe du racolage dénonciateur, marque de fabrique des étudiants, l’article dénonce Brigitte Bardot comme raciste, fasciste, etc.

Et voici ce qu’on lit sur la question animale, parce que malgré tout il faut bien que la question soit abordée, au-delà du racolage et de la dénonciation.

« Concernant la cause animale, Bardot a effectivement mené des combats ciblés : elle a défendu les bébés phoques — notamment en avril 1977, lorsqu’elle se rend sur la banquise canadienne pour dénoncer leur massacre, immortalisée à l’époque dans Paris Match, enlacée à un bébé phoque — et s’est opposée à la chasse à courre.

Si sa fondation s’est mobilisée pour des mesures telles que l’interdiction du commerce international de l’ivoire, la fin de l’utilisation d’animaux vivants pour les crash-tests automobiles, la condamnation des actes zoophiles, la loi de 1962 sur l’abattage sans étourdissement, les avancées n’ont été que limitées et encore moins en rupture avec l’ordre établi.

Et si Brigitte Bardot aimait les animaux « comme une fermière avec mes moutons, mes chèvres, ma jument, mon petit âne, ma ponette, mes chiens et mes chats », comme elle le déclarait dans une interview à BFM, jamais BB n’a inscrit la cause animale dans une critique du capitalisme et son approche reste individualiste, sentimentale, parfaitement compatible avec l’ordre bourgeois qu’elle a toujours défendu. »

Ce qu’on lit ici est à la fois faux et honteux. Pourquoi ? Tout simplement parce que Révolution Permanente n’a jamais parlé des animaux et ne le fera jamais.

De quel droit alors Brigitte Bardot est-elle jugée pour avoir mené des « combats ciblés » ?

Et sur quelle planète ces gens vivent-ils pour dire que « les avancées n’ont été que limitées et encore moins en rupture avec l’ordre établi » ? Car c’est absolument faux : la moindre avancée a été le produit de luttes acharnées, de combats immenses.

Naturellement, les gens de Révolution Permanente n’y connaissent rien et s’en moquent. Ils vont au McDonald’s et au kebab, et ne s’intéressent pas aux sacrifices militants réalisés.

D’où la conclusion ultra-gauchiste, qui prétend faire mieux alors qu’en fait rien n’y fait :

« Jamais BB n’a inscrit la cause animale dans une critique du capitalisme et son approche reste individualiste, sentimentale, parfaitement compatible avec l’ordre bourgeois qu’elle a toujours défendu. »

Posons la question : dans quoi Révolution Permanente a-t-elle inscrit la cause animale ? Dans rien du tout, voilà la réponse !

Ces gens sont des beaufs, ils ne parlent pas des animaux, ils n’en ont jamais parlé et ils n’en parleront jamais.

Éventuellement, ils seront contents si on les soutient au nom de la cause animale et ils sont certainement prêts à racoler pour ça. Mais jamais ils ne sauteront le pas vers les animaux.

C’est trop réel pour eux, trop « sale ». Inversement, quiconque soutient les animaux sait très bien que même une approche « individualiste, sentimentale » en leur faveur, c’est mieux que rien. La moindre aide compte !

Quant à dire que la cause animale est compatible avec l’ordre bourgeois, il n’y a même pas à commenter quand on voit le désastre absolu qu’est la condition animale, dans l’indifférence générale.

Les gens de Révolution Permanente se croient de gauche : ce sont des beaufs, dans une version ultra-gauche du capitalisme. Ils veulent plus de part du gâteau capitaliste, sous la forme de kebab et d’emplois de fonctionnaires, voilà tout.

Ils n’ont pas le millième de la rage d’une femme du peuple faisant face à la condition animale dans notre pays.

Et même Brigitte Bardot, sur le fond, possédait davantage de hargne, de refus du monde dominant, de non-complaisance avec la vie quotidienne, que ces pseudos-révolutionnaires.