Le gangster Trump frappe le Venezuela

3 janvier 2026

Nous avions annoncé la guerre américaine contre le Venezuela, expliquant qu’elle était inévitable. Elle a donc commencé, ou plutôt elle vient de se terminer, par un coup d’État réussi, le 3 janvier 2025 très tôt dans la nuit.

Un coup d’État, et rien d’autre, et c’est une chose absolument typique en Amérique latine tout au long du 20e siècle, et également bien entendu au 21e siècle.

On prend la personne au pouvoir, on la met de côté, et le « pouvoir » change. En fait, c’est une révolution de palais, et rien d’autre. Le peuple reste entièrement à côté, passif, dans l’attente.

Donald Trump et les médias parlent bien sûr d’une superbe opération militaire américaine, avec des bombardements (d’une base militaire, d’une base militaire aérienne, d’un port) et « l’enlèvement » du président vénézuélien Nicolás Maduro.

L’armée américaine aurait été formidable, elle serait en mesure de faire ce qu’elle veut, elle peut agir quand bon lui semble, etc.

Mais tout ça est de la narration, bien entendu. Nicolás Maduro a été « balancé » par une partie des couches dominantes du Venezuela, laissant le champ libre aux États-Unis pour intervenir et avoir le beau rôle.

Ils ont enlevé Nicolás Maduro, l’ont amené sur un navire américain, où il a été présenté à des agents du FBI, afin de lui annoncer son inculpation et son futur jugement sur le territoire américain.

Officiellement, la superpuissance américaine ne fait pas la guerre au Venezuela ; d’ailleurs, Nicolás Maduro n’était pas reconnu comme président. C’est une « action de police ».

On lira, dans le numéro 40 de Crise, de décembre 2025, une intéressante analyse de ce que ça signifie. Il s’agit, pour les Américains, d’exercer une pression constante désormais et de soumettre mécaniquement l’Amérique latine.

Il ne s’agit pas simplement de taper, mais d’étouffer. Et, effectivement, dans la conférence de presse, Donald Trump a souligné qu’il réactualisait la doctrine Monroe.

Autrement dit, c’est un avertissement pour tous les pays d’Amérique latine. Donald Trump a souligné également qu’on allait bientôt entendre parler de Cuba. Car, ce n’est pas difficile de le deviner, il s’agit pour les Américains d’enfin parvenir à faire chuter le régime cubain qui les nargue depuis plus de cinquante ans.

Naturellement, il n’y a aucune raison de regretter le régime « bolivarien » du Venezuela de Nicolás Maduro, mis en place par Hugo Chávez. Nous laissons cela à toute la mouvance du PCF, de La France insoumise et de ce qui fonctionne dans son orbite (PRCF, GRS, etc.), qui est fascinée par la combinaison du nationalisme et de l’idée « sociale ».

Elle a d’ailleurs fait un petit rassemblement place de la République, à Paris, avec Jean-Luc Mélenchon. C’est tout un petit monde pathétique, « anti-impérialiste » en paroles et en réalité nationaliste français, nostalgique de l’époque où la France avait un rôle mondial.

Le régime « bolivarien » ne se différencie en rien des régimes précédents du Venezuela, avec tout cet appareil d’État construit sur la base de l’exploitation du pétrole comme ressource nationale principale. Il en va de même pour Cuba, mais avec le sucre. Là aussi on a une « élite » pseudo socialisante qui utilise la prépondérance d’une matière première.

L’initiative américaine se situe, ici, dans la bataille pour le repartage du monde : il s’agit de procéder à l’éviction des Russes et des Chinois.

D’ailleurs, chose hautement symbolique, la veille de l’intervention, Nicolás Maduro,recevait Qiu Xiaoqi, envoyé spécial du président de la République populaire de Chine, Xi Jinping. Quant à la vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, elle était en visite en Russie au même moment !

La superpuissance américaine prend la place. Donald Trump a bien souligné que les États-Unis allaient gérer le Venezuela, récupérer le pétrole qui leur a été volé, investir dans le pays, etc.

C’est dans l’ordre des choses : la superpuissance américaine veut tout changer pour que rien ne change. Elle veut maintenir son hégémonie mondiale, que la Chine lui dispute.

Tout cela n’est donc qu’un début. Comme nous l’avons affirmé en 2020, c’est une nouvelle époque qui s’est ouverte : c’est la crise mondiale. Et le capitalisme mondial en crise, c’est la fracture entre puissances concurrentes, et la guerre mondiale de repartage du monde.

En ce sens : ou bien la révolution empêche la guerre, ou la guerre provoque la révolution !