L’agression mortelle de Quentin D. à Lyon le 12 février 2026

14 février 2026

Il n’y a plus d’extrême-Gauche en France. Si on prend 90 % des groupes et organisations qu’on peut y rattacher traditionnellement, on peut voir que leur programme est bien moins radical que le programme commun socialiste-communiste de 1981.

Ce qu’il reste, c’est une « scène » d’éléments individuels, plus ou moins décomposés, voguant d’actions en regroupements politiques, avec une forte base étudiante et dans tous les cas petite-bourgeoise.

Des gens véritablement d’extrême-Gauche, c’est-à-dire prêts à assumer la « casse », il y en a entre 20 et 200, selon qu’on compte dedans des gens prêts à faire le black block une fois dans leur vie.

Pour cette raison, l’attaque mortelle d’un activiste de la Droite « dure » à Lyon, le 12 février 2025, représente quelque chose qui va provoquer une onde de choc.

Pourquoi droite dure et pas extrême-Droite, déjà ? Tout simplement parce que, de la même manière qu’il n’y a plus d’extrême-Gauche, il n’y a pratiquement plus d’extrême-Droite.

Il y a bien quelques prolétaires égarés et des fous furieux racistes, mais ils sont très peu nombreux, éparpillés et bien souvent en Ukraine, où ils ont rejoint les factions nazies de l’armée ukrainienne.

Mais présentons les faits. L’eurodéputé Rima Hassan (La France insoumise) a tenu une conférence le 12 février à Sciences Po Lyon, « sur l’Accord UE-Israël et la coopération entre Israël et l’UE ».

Elle-même est très connue : c’est une Palestinienne née dans un camp et arrivée en France à l’âge de dix ans. Engagée dans la cause palestinienne, son parcours se veut humanitaire initialement, elle devient d’ailleurs conseillère « pour la diversité, l’équité et l’inclusion » pour L’Oréal.

Puis elle rejoint La France Insoumise en 2024 pour devenir eurodéputée, passant à un discours plus offensif sur la cause palestinienne, parallèlement à La France Insoumise jouant la carte ouverte du populisme pro-musulman afin de tenter de s’ancrer électoralement.

La France Insoumise est tellement caricaturale que la Droite « dure » tente d’en profiter par des coups d’éclat : ainsi le collectif Némésis, qui regroupe des femmes sur une ligne ultra-conservatrice et catholique, a manifesté contre la conférence de Rima Hassan.

Une telle manifestation n’a aucun sens, mais il faut bien prendre en compte qu’il n’y a ici de contenu nulle part. On est de part et d’autre dans la provocation, le racolage, l’utilisation générale des réseaux sociaux, etc.

Il n’y a chez tous ces gens ni idées, ni valeurs, ni aucun projet de société. Ce sont des gens qui vivent par l’huile sur le feu du populisme.

Et c’est là que le drame est arrivé. Quentin D., qui accompagnait le collectif Némésis afin de les protéger, s’est fait tomber dessus. Lui-même était un membre du mouvement catholique intégriste Academia Christiania.

Comme dans toute bagarre, un mauvais coup est possible, avec des conséquences immenses. Quand, en plus cela se déroule de manière « spontanée », et que la politique ne va pas loin, on court facilement à la catastrophe. Quentin D. s’est ainsi retrouvé en mort cérébrale.

Il est très significatif que Rima Hassan ait immédiatement quitté le navire et dénoncé ardemment les gens de gauche auteurs de la bagarre, montrant ainsi qu’elle n’en a rien à faire d’eux !

« J’ai appris avec effroi les faits concernant le jeune homme Quentin, actuellement entre la vie et la mort à la suite d’un affrontement survenu hier à Lyon entre des militants antifascistes et des militants identitaires, présents aux côtés du collectif d’extrême-droite Némésis, venus perturber la conférence à laquelle j’étais invitée à participer par les étudiants de Sciences Po.

Pour chacun de mes déplacements, le seul et l’unique service d’ordre avec lequel je collabore et qui m’accompagne est celui de La France insoumise qui n’a jamais recours à la violence et qui n’est en aucun cas impliqué dans ces affrontements.

Une enquête doit faire toute la lumière sur les circonstances de ces faits extrêmement graves et inacceptables que je condamne fermement. Les personnes responsables de ces violences doivent rendre des comptes dans les plus brefs délais pour que justice soit faite. »

De la même manière, la députée du Rhône Anaïs Belouassa-Chérifi (LFI), candidate à la mairie de Lyon, se lave les mains pareillement.

« La France insoumise condamne sans ambiguïté toute violence physique, comme elle l’a toujours fait. »

Du côté de la droite dure, on se déchaîne bien entendu. Jordan Bardella a affirmé que « l’impunité de l’extrême gauche doit cesser ». Marine Le Pen demande que les « milices d’extrême-gauche » soient considérées comme des « groupes terroristes ».

Sarah Knafo, que de nombreux médias mettent en avant en ce moment en espérant un effet Donald Trump, dénonce l’extrême-Gauche qui « tue » et publié une photographie de Rima Hassan avec Raphaël Arnault, député LFI après être passé par la Jeune Garde, un mouvement né à Lyon sur la base du « squadrisme » dans les rues pour taper sur les gens d’extrême-Droite.

François-Xavier Bellamy, de l’aile droite de la Droite traditionnellement républicaine, va sans doute encore plus loin, en disant que « tout responsable politique qui tient à l’essentiel doit l’affirmer clairement aujourd’hui : l’extrême-gauche est la menace existentielle pour notre démocratie ».

En soi, toutes ces réactions n’ont rien d’étonnant. Mais dans le contexte actuel, cela va contribuer fortement à la vague de droitisation de la France. Cela va encore plus dépolitiser la gauche de la Gauche, qui déjà n’assumait ni la violence ni la Révolution, et qui va là encore plus se cacher derrière La France Insoumise.

Et là, pour le coup, on va avoir une véritable extrême-Droite qui va se développer sur ce terrain. Avec pas seulement des gens conservateurs, mais des gens qui voudront organiser la société française toute entière dans le nationalisme et le militarisme.

L’État français a tout à fait conscience de cette situation et les médias se sont empressés de placer l’affaire au second plan, voire de nier la confrontation politique comme l’a fait le quotidien Le Monde (on ne sait pas, on n’est pas sûr, etc.).

C’est ce qui est terrible finalement : on a une fausse polarisation, qui ne va profiter qu’à la Réaction, alors que la Révolution est hors jeu !

Ce qui est inacceptable et ce qui souligne la nécessité d’une Gauche réelle, alignée sur les fondements de la Gauche historique, sur le drapeau rouge et l’affrontement de classe pour le triomphe du Socialisme !