Dans dix ans, on vous demandera où vous étiez et ce que vous avez fait

27 février 2026

Les gens à gauche n’arrivent pas à rien parce qu’ils n’y arrivent pas, mais parce qu’ils partent perdants. Le logiciel dans leur tête est déjà non fonctionnel.

Si on prend les réformistes, ils sont en échec, car ils vivent dans l’ombre du président François Mitterrand et du Premier ministre Lionel Jospin. Le pays était aux mains de ces deux figures historiques, cela n’a rien donné. Avec François Hollande, c’était simplement moche.

Comment alors être porté par quelque chose, en l’absence de projet nouveau ? Le réformisme peut faire ce qu’il veut, il est coincé dans sa matrice. Et c’est valable tant pour le Parti socialiste, qui court derrière le centre, que pour La France insoumise qui pratique le populisme.

Le schéma est le même pour la gauche de la Gauche. Elle est fondamentalement, dans ses valeurs intrinsèques, libertaire ou trotskiste. Elle considère que tout a échoué, tout le temps et partout, mais qu’être très à gauche est une bonne chose, à la fois sur le plan moral, le plan social, le plan personnel.

Cependant, ce vécu ne va pas très loin en l’absence de mouvement de masse prolongé, de lutte de classe qui ait un caractère dur. Il n’y a donc rien de productif, au mieux y a-t-il des fictions comme le Venezuela, Cuba, le Rojava, éventuellement les ZAD comme à Notre-Dame-des-Landes…

Mais enfin, on ne va guère loin avec tout ça. On peut parler fort, se sentir rassuré : cela reste pour autant totalement en décalage avec la société française.

Le problème de fond, on l’aura compris, se situe sur ce plan. La vérité, c’est qu’il faut étudier, comprendre, vivre dans la société française pour être en mesure d’en parler et de lui parler.

Ce dont on parle ici, c’est de connaître la vie des gens, les rêves des gens, les soucis des gens. Et cela, sur le plan de la vie quotidienne, pas simplement au niveau de telle ou telle revendication.

Parce que sinon, c’est bien joli, mais le travailleur qui a revendiqué, quand il rentre chez lui, il redevient la personne en souffrance, aigrie, qui va se tourner vers le Rassemblement national en plaçant ses espoirs dans Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Il n’est nul besoin de dire qu’il faut donc agir, et vite. Ce que tous les gens de gauche doivent avoir en tête, c’est la chose suivante : dans dix ans, on leur demandera où ils étaient et ce qu’ils ont fait.

Que dire alors ? Qu’on menait sa petite vie à l’écart du monde, du moins dans son imaginaire ? Que rien n’était possible, et donc qu’on n’a rien fait ? Qu’on allait pas bien, et donc qu’on était pas en mesure d’apporter quelque chose ?

Ce ne sera pas possible. Il faut que tous les gens de gauche sachent qu’il n’y aura pas d’excuse, que les gens qui nous attendent dans l’avenir seront exigeants. Et c’est vrai pour les gens d’aujourd’hui aussi : dans dix ans, ils seront hyper-critiques avec eux-mêmes.

Que vont-ils penser, tous ces gens ? Qu’ils ont laissé le monde à Donald Trump et tous ceux qui s’alignent sur ces valeurs ? Qu’ils ont laissé faire, qu’ils ont accepté, pour des motifs pathétiques ?

Et il ne s’agit pas simplement de « militer ». Le bruit n’a jamais rien apporté. Il faut de la culture, il faut des valeurs, des choses lisibles, qui soient démocratiques et populaires.

Il ne s’agit pas moins que de prendre le pouvoir, de proposer une civilisation nouvelle. C’est cela qu’il faut comprendre : Socialisme, ou retombée dans la barbarie !