Normalement à chaque élection, on retrouve trois positions à gauche. La Gauche gouvernementale dit qu’il faut voter pour elle. Une petite partie de la gauche de la Gauche se présente aux élections, afin officiellement de faire passer des idées (et en réalité de s’installer dans le jeu électoral).
La gauche de la Gauche, en général, soutient que les élections sont un piège. D’habitude, cette dernière option apparaît toujours comme décalée, surtout pour des élections municipales, où on se dit qu’il vaut mieux avoir des élus de gauche à la mairie que des élus de droite.

Dans un contexte de relative stabilité, pourquoi s’ennuyer à apparaître trop radical pour rien ? Alors la Gauche vote.
Pourtant, en mars 2026, tout est très différent : le monde est instable, la France n’a pas de majorité politique, la société se ratatine sur elle-même dans un grand effondrement culturel, moral, économique et idéologique.
Il est alors totalement évident que les élections municipales de mars 2026 ne servent qu’à légitimer le régime, qu’à maintenir les choses en place, et surtout à faire en sorte que la colère populaire se tourne vers la Droite en général, et le Rassemblement national en particulier.
Si on ajoute à ça le clientélisme propre aux municipales, l’importance des notables dans le dispositif idéologique et pratique des municipalités… On peut facilement voir que tout fonctionne tel un rouleau compresseur afin de relancer la légitimité de la base du régime.
Et une fois cette légitimité renforcée, ce socle de la « France profonde » solidifié, tout ira naturellement à la présidentielle de 2027, qui se chargera de relancer non pas la légitimité du régime, mais le régime lui-même, en renouvelant les forces dirigeantes afin qu’on se mobilise en faveur du « changement » par en haut.
On ne saurait converger avec cette démarche du capitalisme français. Bien au contraire, il faut la contrarier. Si cela ne saurait avoir une quelconque importance aujourd’hui, malheureusement, cela aura une grande importance demain.
Lorsque la guerre montrera son visage, il faudra pour être accepté avoir été à la hauteur pour toute la période. Les masses regarderont et ne feront confiance qu’à ceux n’ayant pas participé à cette mascarade.
Elles sauront que quiconque soutient l’initiative électorale du régime aura contribué, d’une manière ou d’une autre, à la mobilisation générale vers la guerre qui se met en place à l’arrière-plan.
Même participer aux élections municipales en disant « non à la guerre » n’a, en soi, aucun sens, car cela apparaît comme incompréhensible et « ultra », totalement éloigné des thèmes municipaux et de la logique de la soumission aux municipalités et à leur administration.
Soit on est une partie du problème, soit une partie de la solution. Il n’y a rien entre les deux, car dans une situation de crise, on a vite fait de se disqualifier aux yeux de l’Histoire.
