Raphaël Arnault a, enfin, pris la parole, le premier avril 2026. Rappelons que Quentin Deranque est décédé le 14 février 2026. Cela s’appelle prendre son temps et la motivation est assumée dès le départ au cours d’une longue interview : il est député et il veut reprendre son travail.
Au moins, c’est clair ! Sa carrière personnelle prime sur tout le reste. Et tout le monde a été très méchant avec lui aussi, lui n’a rien à voir avec rien, et l’extrême-Droite c’est mal. Voilà le niveau.
C’est le média Blast qui l’a interviewé, avec une mission très claire : le sauver politiquement. Ce média vit justement d’un public de gauche, contestataire mais surtout pas révolutionnaire ; il y a ici une convergence d’intérêts évidente et ce n’est pas tant une interview qu’une sorte de mise en scène bien élaborée.
Les questions sont posées de telle manière qu’il puisse dénoncer toute violence, qu’il soit en mesure de se promouvoir comme un grand tenant de la paix civile.
S’il n’avait pas pris la parole jusque-là, c’est selon lui qu’il y avait le risque que cela fasse prétexte pour des affrontements dans le pays, etc. Il a donc pris ses responsabilités afin de maintenir le calme.
C’est qu’il existerait une extrême-Droite violente extrêmement puissante et extrêmement nombreuse à travers tout le pays. Il y aurait donc un risque immense, le fascisme serait une menace imminente, etc.
Il faudrait donc l’antifascisme et – cela tombe bien – La France Insoumise a choisi de se lancer dans cette bataille, comme l’explique la journaliste à la fin de l’interview.

Le tour est alors joué : Raphaël Arnault est le martyr d’une opération médiatique contre lui, l’antifascisme se résume à être « contre » l’extrême-Droite, La France insoumise est le cœur de ceux qui en ont un.
Il faut regarder cette interview – au moins quelques dizaines de secondes, car il est dur de tenir – pour vraiment avoir un exemple de petit-bourgeois faisant carrière au moyen de tout un narratif démagogique.
Et il ne faut pas sous-estimer comment le système capitaliste a besoin de gens comme lui, afin de légitimer par la gauche les institutions.
Car si, dans l’interview, il fait l’éloge de la « démocratie américaine » menacée par Donald Trump, c’est pour bien montrer qu’il fait allégeance à la démocratie bourgeoise. Il veut sa place au soleil capitaliste, dans les institutions !
