17 véhicules frigorifiques d’un abattoir incendiés à Houdan

10 mai 2026

Début avril 2026, 17 véhicules frigorifiques ont été incendiés. Ils appartenaient à « Paris Terroirs », nouveau nom de l’abattoir Harang, basé à Houdan, depuis son rachat de la coopérative agricole bretonne Cooperl.

Houdan, qui a un peu plus de 3 000 habitants, se situe à une soixantaine de kilomètres de Paris, dans les Yvelines, mais juste à côté de l’Eure-et-Loir. Historiquement, les éleveurs connaissent la poule de Houdan, connue également sous le nom de poule de Normandie, qui a connu un « succès » local dans la première partie du 20e siècle.

L’incendie est, on l’aura deviné, motivé par des raisons idéologiques, et a été revendiqué comme suit.

« Le porc francilien a de mauvais jours devant lui !

Dans la nuit du 4 au 5 avril 2026, une association de bienfaiteurses antispécistes a incendié une quinzaine de camions frigorifiques de l’abattoir Paris Terroirs (anciennement Guy Harang) à Houdan.

En ciblant la logistique de la traite animale, iels s’attaquent aux rouages du spécisme et du capitalisme.

Les cochons, comme tout les autres animaux, ne veulent pas participer à cette société mortifère !

Feu aux abattoirs, fin aux oppressions !

ALF (Anarchistes Lance Flamme)

[Ps : Organisation réformistes, ne tombez pas dans le panneau de l’acceptabilité. Ces actions sauvent les vies que vous défendez.] »

Il n’y a guère eu d’écho à cette action, très certainement surtout de par l’approche anarchiste des auteurs de l’action. Au-delà de la nature de l’action en elle-même, il y a une approche de nature anarchiste qui se décale franchement de la démarche populaire de l’ALF historiquement.

Néanmoins, il serait erroné de considérer que c’est l’aspect principal d’un tel événement. Car qui s’intéresse aux animaux sait bien que les années 2010 ont été un cauchemar du point de vue militant.

Des structures comme L214 et 269 libération animale, pour ne citer que les plus importantes, ont provoqué un désastre, soit par un réformisme complet, soit par des attitudes « ultras » et racoleuses comme l’occupation d’abattoirs.

Dans les deux cas, l’ALF était considéré comme une ennemie assumée, quand il en était parlé, bien sûr. Aussi, ce qu’il est important de constater ici, c’est que le sigle a été repris, comme il l’est d’ailleurs de nouveau dans de nombreux pays, dans une nouvelle vague, encore faible, mais réelle.

Le site unoffensiveanimal.is publie les communiqués au sujet des actions menées, alors que le site historique directaction.info a disparu. Il y a eu, en un sens, une transmission générationnelle.

Mais au-delà de la question de l’ALF au sens strict, il s’est passé une chose évidente, en France et dans de nombreux pays.

Tout au long des années 2010, une large partie de la gauche de la Gauche a fait semblant d’être ouverte à la question des animaux. Même Jean-Luc Mélenchon s’y est mis, tout comme son mouvement La France insoumise en général.

En 2026, on peut aisément constater que cela n’avait aucun contenu et que tous ces gens n’en ont strictement rien à faire des animaux.

Le thème démocratique des animaux a été utilisé à des fins démagogiques, et une fois la crise venue en 2020, ces gens s’en sont débarrassés.

Les mentalités beaufs dominent très largement la gauche de la Gauche au sujet des animaux, pour ne pas parler de comportements en fait absolument ignobles, d’un cynisme outrancier et d’une prétention sans limites.

Cela reflète une incapacité à assumer l’utopie, à produire des valeurs positives. Il est pourtant évident qu’apprécier les animaux relève de la sensibilité, de la vie elle-même.

En ce sens, il n’est pas acceptable d’avoir une gauche de la Gauche qui fait semblant de soutenir la Cause animale, ou qui l’accepte, ou qui la tolère. Il faut qu’elle l’assume. Et il ne saurait y avoir absolument aucun compromis à ce sujet.

Il en va de tout un état d’esprit, des mentalités, de la reconnaissance de la vie elle-même.