Les Français paient le prix de leur étroitesse d’esprit

25 mai 2026

En septembre 2025, la tension était palpable et la crise sociale affleurait. Chacun a attendu que son voisin commence en premier à agir, et il ne s’est rien passé. En mai 2026, les Français en paient le prix, ils sont déboussolés.

Ils constatent que le monde ne s’est pas arrêté avec eux et que les transformations vont de plus en plus vite. Intelligence artificielle, impérialisme de Donald Trump, inflation, sans parler de la guerre en Ukraine qui n’en finit pas, du malheur de Gaza devenu un drame permanent, des tensions dans le monde qui se durcissent.

Les Français paient ici leur étroitesse d’esprit, et à quoi tient-elle ? Elle tient à leur mentalité petite-bourgeoise, à leur conception de la vie qui est celle du petit propriétaire.

Pour chaque Français, posséder un logement est l’alpha et l’oméga de l’existence sociale. Sur ce socle se construit la vie de famille. Ensuite vient l’emploi. Et seulement après, au bout de la file, se pose la question du rapport éventuel à la société.

C’est précisément cette conception de la vie qui a transformé le Parti Communiste Français en appendice ouvrier du capitalisme moderne. Et qui encore aujourd’hui transforme des millions et des millions de travailleurs exploités en individus tournés vers leur obsession sociale : devenir propriétaire, ou le rester.

Il va de soi qu’aucune révolution n’est possible avec des gens aux conceptions petites-bourgeoises : déjà, parce que la révolution, ils ne la veulent pas. Ensuite, parce que quand on a quelque chose à perdre, ou qu’on pense qu’on a quelque chose à perdre, on ne se sacrifie pas.

Qui veut mourir pour la révolution ou risquer vingt ans de prison si est possible une petite vie tranquille, permettant de relativement profiter des choses, au sein d’un des pays les plus riches du monde ?

C’est précisément ça qui a tout bloqué en septembre 2025. Des décennies d’existence petite-bourgeoise dans le pays ont tout simplement paralysé les esprits. Même une contestation sociale est apparue comme impossible, en raison de la pesanteur de chaque personne habituée à se replier sur elle-même.

Naturellement, vu comment les villes sont surchargées, comment trouver et conserver son logement si on est locataire est difficile, il y a beaucoup de raisons objectives qui poussent à essayer d’être propriétaire.

Mais là n’est pas du tout la question. Il faut savoir s’orienter en termes de classe, de socialisme et de révolution. Et on voit très bien comment la mentalité de petit propriétaire converge et soutient le capitalisme.

Aucun rapport constructif n’est possible avec des gens qui pensent qu’en dernier ressort, ils peuvent se replier sur eux-mêmes. De tels gens relativiseront tout et, même s’ils comprennent le sort des animaux utilisés par l’industrie, participeront forcément au barbecue merguez en famille.

C’est par la petite propriété que le capitalisme se rattrape, tout le temps et partout, à petite échelle. Et il en va de même lorsque quelqu’un utilise les applications de rencontre en faisant de son corps une propriété, proposée à la location ou à l’achat, en quelque sorte.

Voilà le panorama et il faut bien le dire : les Français sont échec et mat. Ils doivent se remettre en cause partout, tout le temps, à tous les niveaux. En ce moment, ils commencent à comprendre qu’ils paient le prix de leur étroitesse d’esprit.

Quelle conclusion en tireront-ils ?