Il n’y a pas besoin de faire un constat des multiples expressions de fête et de la casse qui a eu lieu dans tout le pays à la suite de la seconde victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions le 30 mai 2026. Les médias s’en sont chargés ; rappelons simplement le bilan d’un mort, de 219 blessés (dont 8 grièvement) et de 780 personnes interpellées.
Cependant, il y a un nombre très important de choses à dire pour établir un bilan lourd de sens. Qui veut comprendre les gens doit s’y intéresser, comprendre leurs actions bonnes et mauvaises.

Alors qu’y a-t-il à dire ?
a) Déjà, le phénomène a été national. Même des villes de haute tradition footballistique locale comme Lyon et Nantes ont été touchées. Même des villes, on va dire plus marginalisées de par leur taille, comme Agen et Orléans, ont été touchées.
b) Ensuite, c’est totalement patriarcal. Même le député macroniste des Yvelines Karl Olive s’est retrouvé sur le capot d’une voiture en plein Paris. La victoire du PSG a été le prétexte à des expressions d’affirmation virilistes d’hommes jeunes le plus souvent, naturellement toujours en bande.

c) Un autre aspect tient à la dimension irrationnelle. Le PSG fait office d’opium du peuple, avec un soutien clairement sans réels fondements, de la part de gens qui se précipitent sans vraiment connaître.
d) Il faut remarquer que le soutien institutionnel est total. Tour Eiffel aux couleurs du PSG, défilé au Champ-de-Mars, réception par Emmanuel Macron… la reconnaissance par l’État est absolue.
e) La dimension ethnique est largement soulignée, de manière indirecte. Dans les années 1980, le PSG se voulait le club de la petite-bourgeoisie laborieuse de Paris, avec une dimension nationaliste prononcée et un côté racialiste « blanc » très marqué. Dans les années 2020, le Qatar n’a cessé de jouer sur le côté « fierté retrouvée » des « noirs et des Arabes ».

f) Le PSG est à la fois un club national et une marque transnationale et internationale. Il y a plusieurs couches qui s’entremêlent et le championnat de France sert de support capitaliste concurrentiel pour une entreprise monopoliste elle-même en concurrence avec d’autres monopoles du même genre.
g) La colère sociale s’est exprimée de manière déformée, irrationnelle et stupide en s’appuyant sur la dimension festive de la victoire du PSG.
Tout cela pour dire quoi ? Que l’esprit de protestation sociale de septembre 2025 s’est évaporé, que les Français sont tous hors service sur le plan du mental et que la colère sociale reste dans la jeunesse, mais de manière éparpillée, sans conscience et profondément patriarcale.

C’est un désastre absolu. On ne peut pas dire que cela soit mauvais, que ce soit déjà quelque chose et que cela va se transformer en autre chose. Ce serait du populisme que de voir du positif dans ce qui est justement une expression de l’absence du positif.
Le peuple doit apprendre beaucoup de choses ; en fait, quasiment tout. Il doit arrêter de se précipiter stupidement lorsque certaines pseudos brèches apparaissent ; bref, il faut une conscience de classe et ça ne peut se produire qu’avec une Gauche historique, celle dont les fondements sont la lutte de classe, la Révolution et le Socialisme.
Que d’ombre, que d’ombre, et toujours pas de lumière encore !

