L’affaire Nadav Lapid, emblématique du pseudo-soutien à Gaza

9 juin 2026

Nadav Lapid est un cinéaste israélien, du genre intellectuel de gauche influencé par Jean-Luc Godard réalisant des films que personne ne regarde en Israël. Naturellement, dans ses films, il dénonce la société israélienne et le militarisme ; les Arabes sont bien sûr présents.

Comme il se doit, les institutions européennes l’apprécient beaucoup et lui-même prône depuis longtemps des sanctions contre l’État d’Israël. Forcément, il habite depuis plusieurs années en France et il a même été fait chevalier des Arts et des Lettres.

Le festival international de cinéma de Marseille de juin 2026 l’a poussé à se retirer, alors qu’il devait faire partie du jury et présenter un film. Officiellement, il l’a fait de lui-même, mais on aura compris que le festival a été très dérangé par les appels au boycott visant Nadav Lapid.

Dans un grand élan de naïveté confondante, Tsveta Dobreva, directrice de ce festival, a expliqué aux médias :

« J’ai commencé à recevoir des appels demandant sa désinvitation. Au début, je ne réagissais pas, parce que j’assumais complètement. Mais les pressions continuaient et elles se sont aggravées. »

J’assume tout, mais en fait non : comme il est facile de comprendre de quelles couches sociales relèvent ces gens !

La raison de ce boycott est que le dernier film de Nadav Lapid, « Oui », aurait été en partie financé par le fond israélien du cinéma. Maintenant il faut connaître le synopsis de ce film, qui dénonce l’armée israélienne et les massacres génocidaires à Gaza. Le voici proposé par wikipédia :

« Le musicien de jazz Y. lutte pour sa survie pure et simple. Lui et sa femme Jasmine, danseuse et professeur de danse hip-hop, vivent avec leur jeune fils Noah dans un modeste appartement en ville.

Ils vendent leur art, leur âme et leur corps à l’élite de Tel Aviv et apportent, avec leurs spectacles de danse, lors de soirées privées, de la joie et un peu de réconfort à une nation abattue après l’attaque du Hamas contre Israël d’octobre 2023. Ce faisant, ils acceptent n’importe quel spectacle pour s’en sortir. Ils ne peuvent tout simplement pas dire « non ».

Bientôt, Y. se fait blondir les cheveux et se voit confier une mission de la plus haute importance, la mise en musique d’un nouvel hymne national aux paroles belliqueuses. Il est payé par un oligarque russe qui attend un éloge de Tsahal et des barbaries commises au cours des 18 derniers mois dans une bande de Gaza promise à la destruction. Avec son ex-petite amie Leah, qui travaille pour Tsahal, Y. entreprend un voyage dans la région frontalière. »

Parmi les détracteurs de Nadav Lapid, on a Narimane Mari, réalisatrice algérienne. Qui, bien entendu, vit à Paris depuis longtemps, et qui fait partie de la crème de la crème niveau cinéma bobo, ses œuvres étant présentées au Centre Pompidou à Paris, au MoMA de New York, au musée espagnol Reina Sofia, au musée danois d’art moderne Louisiana, à la Biennale of Shanghai…

Voici ses propos relatés par Le Monde :

« Ce n’est pas parce que Nadav Lapid est israélien. Mais, aujourd’hui, je ne peux plus entendre cette idée qu’on “lutte de l’intérieur”. Qu’est-ce que cela veut encore dire ? Dire qu’on est contre le génocide, très bien, mais pour moi cela ne suffit plus. »

Cela ne suffit plus, dit la réalisatrice bobo adoubée par toute la haute bourgeoisie internationale. Et, naturellement, Nadav Lapid est d’accord avec tout, même s’il ne comprend pas trop ce qu’on attend de lui.

C’est qu’il est pétri de bonnes intentions, comme certainement Narimane Mari, ce qui ne sert strictement à rien, à part flatter leur ego et leur permettre d’obtenir des financements de l’industrie du cinéma qui, comme on le sait, relève de la bourgeoisie « moderniste », de « gauche ».

On se souvient d’ailleurs de la récente pétition de gens du cinéma contre Bolloré, « Zapper Bolloré », réalisée en mai 2026. Cette pétition, ce n’est pas rien : un peu plus de la moitié des films produits ces cinq dernières années en France comportent au moins un signataire de la pétition.

Mais comme on le sait, les signataires se sont vite dégonflés, comme d’ailleurs ceux ayant signé une pétition en soutien à Nadav Lapid (« Le cinéma n’est pas une ambassade »), qui dit qu’il faut s’opposer intelligemment « à la logique génocidaire déployée actuellement contre le peuple palestinien à Gaza » et qui a rapidement disparu (on peut la lire ici).

C’est que tous ces réalisateurs, acteurs, producteurs, etc. vivent par et pour l’industrie capitaliste du cinéma ; ils touchent beaucoup d’argent, ils vivent très bien, avec une large partie des médias qui les met en valeur.

Bien sûr, aux marges de cette industrie, on vit de manière précaire, mais cela relève aussi du choix de tourner le dos aux masses et de faire partie d’un circuit où on peut réussir. Il est d’ailleurs bien connu que l’opportunisme règne en maître, qu’il faut coucher pour réussir, ce qui amène forcément les masses à regarder le mouvement « me too » avec un réel scepticisme.

Tous ces gens sont carriéristes, décadents, rêvant du festival de Cannes et d’une reconnaissance individuelle. Leur sentimentalisme possède un fond de dignité, mais cela reste pathétique tellement c’est hors-sol.

Et pendant ce temps-là, Gaza continue de souffrir et de mourir, loin des paillettes et de la vanité de tous ces gens.