Un mois après une vague de chaleur historique sur la France, voilà que l’ouverture de l’été 2026 se solde par une canicule tout aussi historique. On ne compte plus les records absolus de températures enregistrés en France, particulièrement dans le centre-Ouest du pays.
Le mardi 23 juin 2026, la France a compté 54 départements en vigilance rouge pour canicule, c’est-à-dire trois journées consécutives à plus de 30°C, ainsi que les nuits ne repassant à moins de 18°C.
Lundi 22 juin, la température moyenne nationale a atteint les 29,2°C, avec des records effrayants tels que 43,3°C à Châteaumeillant dans le Cher, 42°C à Saintes, 41,9 °C à Bordeaux… Sans même parler des nuits où, dans certaines zones, la température n’est pas descendue au-dessous de 27-28°C.

Plus terrible, à Beauvoir-sur-Mer, la moitié des poulets d’une exploitation agricole sont décédés, étouffés par la chaleur. C’est clairement l’enfer sur terre… sans même parler également des pics de pollution à l’ozone engendrés par la conjugaison de la chaleur et des émissions des véhicules thermiques.
Cette canicule frappe les esprits car elle vient s’ajouter déjà à la vague de chaleur de mai 2026, mais aussi à des canicules de plus en plus rapprochées depuis la fin des années 2010. Il y avait bien eu les canicules de juin et juillet 2019, mais on était précisément en 2019 et cela paraissait encore un phénomène isolé, d’un point de vue strictement empiriste… C’était avant la pandémie de Covid-19.
Depuis la crise sanitaire historique qu’a vécue l’humanité entre 2020 et 2022, engendrée par un virus produit, que cela soit directement ou indirectement, de l’écocide, cette canicule de juin 2026 sonne comme un coup de massue sur la tête des gens.
Historiquement, la pandémie de Covid-19 apparaît comme une sonnette d’alarme tirée par la Biosphère face à l’humanité. Une humanité qui a décidé de ne pas s’en saisir, et même de se détourner de la question, conformément au mode de pensée bourgeois dominant qui fait voir les choses séparément et faisant primer les questions individuelles immédiates (et anthropocentrées) plutôt que de corriger la trajectoire collective. Mais malgré ça rien n’y fait, le réel est implacable.
La canicule de juin 2026 vient ainsi rappeler le cadre du monde actuel : un monde en crise, en défaillance totale avec une bourgeoisie en décadence qui, en plus d’amener l’humanité à la guerre générale de repartage, précipite le monde vivant dans l’abîme.
De plus, chacun peut constater à tous les niveaux, que ce soit au travail ou au niveau politique que la bourgeoisie ne maîtrise rien du tout, ne sait absolument pas gérer les choses autrement qu’avec un coup de retard. Elle en vient à un point que par court-termisme, certains secteurs du capital doivent se mettre à l’arrêt et sont tellement ponctués de dysfonctionnements liés à la chaleur que les profits ne peuvent qu’en être diminués. Cela devrait paraître évident qu’il n’y a plus rien à en attendre.
Les Français choisissent pourtant de ne pas faire face au problème : derrière la sidération face à la violence du phénomène, pourtant prévu et prévisible, il y a une incapacité complète à regarder les choses en face.
Depuis la pandémie de Covid-19, il y a bien eu une remontée du climato-scepticisme, mais là n’est pas l’enjeu principal. Non, le souci numéro un est dans la majorité des gens qui comprennent qu’il y a un problème mais évitent bien d’aller plus loin dans la réflexion… Une réflexion qui appelle inéluctablement une (immense) remise en question.
Alors, on évite par cynisme, on joue au dédaigneux par une misanthropie de façade. Il suffit de voir le chaos dans les grandes villes lors des fêtes de la musique du 21 juin, sous des températures entre 35°C et 40°C, pour se convaincre de la défaillance collective… D’ailleurs, les Français font bien peu de cas du fait que la maison individuelle est la première cause d’artificialisation des sols ou que la consommation de viande soit responsable d’un tiers de l’émission de gaz à effet de serre…
Il y a une incapacité collective criante, irresponsable, à se saisir des enjeux de l’époque. Que cela soit le cas dans les années 2000-2010, c’est une chose, encore que c’était pourtant là qu’il fallait mettre les coudées franches pour espérer changer les choses à court terme. Mais en 2026, rien n’y fait, cela sonne comme la fin du monde.
Seule chose positive dans cette affaire, c’est la disparition de l’activisme petit-bourgeois bruyant mais sans perspective des années 2010, la pandémie étant passée par là. Reste donc le peuple, rien que le peuple confronté à ses renoncements… ce qui ne peut durer qu’un temps.
À ce titre, il est clair qu’il est trop tard, bien trop tard pour avoir un changement dans la tranquillité : moins les choses avancent dans le bon sens, plus les nécessités écologiques vont imposer, que les Français le veuillent ou non, une transformation brutale, sans concessions.
C’est le prix à payer pour des Français confrontés de plein fouet aux conséquences des agissements d’une humanité qui refuse de critiquer son développement contre la nature. Un développement unilatéral qu’elle continue d’ériger en fétiche.
Il faut tout changer de fond en comble, de l’urbanisation à l’agriculture en passant par le transport, le logement… Il faut tout autant abolir le triptyque pavillon-voiture-viande qu’arrêter l’urbanisation anarchique et le déni envers les animaux, tous les animaux.
Oui, il faut la Révolution ! Celle qui impose le Socialisme pour collectiviser l’ensemble des activités humaines, y faire le tri nécessaire et ainsi mieux les réintégrer de manière pacifiée dans la Nature. C’est la seule perspective qui permette enfin de ne plus considérer la Terre comme un caillou, une ressource épuisée, mais comme un organisme vivant qui a produit la vie et se doit d’être défendu, protégé, reconnu à part entière.
Il n’en reste pas moins certain que les Français sont au cœur du cyclone car, en plus du fait que les dômes de chaleur, accentués par le réchauffement climatique, surviennent plus régulièrement et intensément en Europe, ils touchent souvent massivement la France.
C’est un pays qui ne s’est pas encore émancipé de ses tares idéologiques, coincé entre le pragmatisme paysan féodal et le rationalisme bourgeois des Lumières. Un pays qui croit encore à ses fables, celle de la solution technique façon de Gaulle des années 1960, tel que l’illustre le débat consternant sur la climatisation, ou bien celle de l’éclosion de mille petits paysans « néo-ruraux » dans des zones qui n’ont plus rien de paysannes…
La canicule sidère les esprits : elle doit surtout enclencher le terrain à la grande remise en question spirituelle des Français, pour paver la voie au changement révolutionnaire.
