Le soulèvement populaire commencé en Iran le 29 décembre 2025 n’est pas près de se terminer. Il n’y a désormais plus de manifestations, c’est vrai. Il y a trois raisons pour cela :
– la fermeture d’internet à partir du 8 janvier, et ce sans doute au minimum pour plusieurs mois encore ;
– la violence, notamment par armes à feu, de la répression ;
– le « soutien » de Donald Trump et la mise en avant par les médias occidentaux de Reza Pahlavi, le fils du Shah.

Comme le soulèvement iranien a été surtout spontané, il n’y a pas eu les moyens de se confronter à ces trois formes d’expression contre-révolutionnaires. Car, évidemment, Donald Trump et les capitalistes du monde entier ont autant peur de la révolution iranienne que les mollahs.
Heureusement, rien ne peut bloquer la roue de l’Histoire. Le régime des mollahs impose une vie quotidienne insupportable. Le pays est devenu un capitalisme monopoliste d’État, où les religieux forment une bureaucratie contrôlant la très grande majorité de l’économie, qu’ils mènent à la faillite à travers la misère pour les masses et la corruption généralisée.
En Iran, le salaire moyen est de 200 euros environ, pour des prix qui sont pareils à ceux en France. C’est intenable, surtout si on ajoute à cela l’oppression religieuse, l’asphyxie intellectuelle et culturelle imposée par le féodalisme qui engloutit les esprits.

La révolution iranienne a donc reculé, pour avancer de nouveau par la suite. Il faut la comprendre et la soutenir ; rien ne va en ligne droite et il est normal qu’il en soit ainsi. Ce qui serait grave, c’est de penser que c’est sans importance ou bien que c’est totalement secondaire.
La révolution iranienne a une importance cruciale. De manière flagrante, elle se confronte au féodalisme, avec la dimension religieuse qui pourrit une très grande partie du tiers-monde et en particulier les pays musulmans.
Si le régime des mollahs tombe, les masses du monde entier verront des masses en action contre le féodalisme ; les femmes du monde entier verront qu’il est possible de rejeter le voile et les injonctions patriarcales.

Aucune révolution ne peut plus se produire, de toute façon, sans une présence centrale des femmes, tant au niveau du contenu de la révolution qu’à celui de la forme, c’est-à-dire politiquement.
Le monde sera meilleur lorsque les femmes d’Argentine, du Mali, d’Afghanistan, d’Afrique du Sud, de Bolivie ou de Grèce verront que leurs sœurs en Iran se révoltent et font la conquête à la fois de leur dignité et de leur liberté.
Rappelons au passage ici ce point important : nombreux sont en France les groupes et organisations à « gauche de la gauche » qui n’ont rien dit sur l’Iran, au nom de « l’anti-impérialisme ». Leur masque est tombé : ils convergent avec l’Iran « anti-impérialiste », ou bien la Chine, ou bien la Russie, et bien souvent leur discours fait l’éloge de « l’anti-impérialisme » du Venezuela, voire de l’Algérie ou encore du Hamas.

C’est à la fois moralement honteux et politiquement lamentable ; cela révèle une incompréhension de la Cause des femmes, de la nature nécessairement démocratique des révolutions dans le tiers-monde, du besoin essentiel de l’autonomie populaire par rapport aux puissances grandes et petites.
Voilà pourquoi il faut d’autant plus soutenir la révolution iranienne. Elle fait peur, elle est seule, parce qu’elle est vraie et nouvelle. Elle est comme le peuple : seule face à l’Histoire.
Mais le peuple vaincra, le Socialisme s’imposera sur toute la planète. Le triomphe de la révolution iranienne est inéluctable.
