L’ensemble des personnalités du centre – notamment le président Emmanuel Macron, le futur candidat à la présidentielle Gabriel Attal – a demandé l’arrestation des gens d’extrême-Gauche ayant participé à la bagarre de rue à Lyon le 12 février 2026, avec la mort de Quentin annoncée le 14 février.
La vidéo de cette bagarre est sortie, diffusée notamment par TF1. Le côté désorganisé et hargneux de la bagarre, avec jusqu’à de l’acharnement le plus direct, ne donne guère d’illusion sur l’approche employée.

Et nous en avons déjà parlé. Il y a un immense problème à gauche de la gauche en France. La culture « ultra » du football l’a largement pénétrée, avec sa démarche viriliste, son culte des slogans raccourcis et son usage des fumigènes, son idéologie du squadrisme c’est-à-dire des petits groupes de bagarreurs, par ailleurs repris au fascisme italien des années 1920.
Il y a aussi un aspect ignoble, qui tient à la reprise de ce qui est à l’extrême-Droite, afin de lui « voler ». Cela va de la police d’écriture aux vêtements, en passant par les slogans et les mots d’ordre, jusqu’aux fameuses séances photos pour la diffusion sur les réseaux sociaux.
Il fallait le dire, car voilà ce qui mène à la catastrophe lyonnaise du 12 février 2026. Quand on agit de manière dispersée, sans conscience politique, dans le mépris des valeurs de la Gauche historique, en suivant des modes empruntant au virilisme et au culte bien français de la brutalité « radicale » depuis Georges Sorel.
Et il faut ajouter ici que Lyon est un désastre politique en France depuis longtemps. C’est un lieu qui produit une extrême-Gauche folklorique particulièrement prétentieuse et déconnectée (de « l’Église marxiste réaliste » à « Unité Communiste »), l’une des raisons étant une grande particularité nationale : l’existence d’un quartier de la ville, le Vieux-Lyon, où l’extrême-Droite est hyperactive.
Mais encore une fois, il faut être concret. Il ne s’agit pas de l’extrême-Droite, car celle-ci a une idéologie et vise la conquête des masses. Ce qu’on a, comme en France en général si on omet le Rassemblement national qui lui veut une base populaire, c’est une Droite dure, adepte de la provocation et utilisant le coup de poing pour attirer l’attention et troubler les esprits.
Nous sommes en 2026, cette ultra-minorité d’identitaires, de racialistes, de nationalistes, de catholiques intégristes… est totalement déconnectée de la société française, elle n’a d’ailleurs aucun programme, ni même une idéologie.
Le rôle de ces gens, c’est de perturber les esprits pour les empêcher de mener un travail sérieux, sur les bases de la Gauche historique. Et cela marche, puisqu’une attention disproportionnée leur est accordée.
Quelques centaines de ces gens sont présentées depuis dix ans comme une réelle menace, alors qu’en même temps la majorité des ouvriers vote Marine Le Pen et Jordan Bardella ! C’est absurde.
Mais il ne s’agit pas ici de faire le procès de ce qui se passe à Lyon : c’est l’Histoire qui va s’en charger. Car là, la mort de quelqu’un est quelque chose d’une haute signification morale et politique. Et il est trop tard pour dire « on ne voulait pas », « on ne savait pas », etc.
Toute cette affaire va demander d’assumer la politique. Et l’assumer de manière révolutionnaire, sur la base de la Gauche historique. Tout le reste n’a aucun sens. On voit notamment déjà comment La France insoumise se dédouane de tout et appelle aux condamnations.
Parce qu’il y a aussi ça qui compte : de nombreux jeunes à gauche de la gauche ont convergé vers La France insoumise, se faisant utiliser à la marge pour donner une image activiste et radicale. On voit très bien comment ils se font lâcher une fois que les choses se passent mal.
Ce qui fait souligner que nous ne devons pas agir ainsi. Si des personnes liées à cette affaire se font arrêter et si elles se réclament de la Gauche, alors il ne faudra pas se dissocier d’elles. Il faudra exprimer une solidarité avec elles, à la fois symboliquement et dans les faits.
On peut regretter ce qu’on veut et critiquer comme on l’entend, mais personne sincèrement de gauche ne peut se dédouaner, se défausser, abandonner ses responsabilités.
La mort de Quentin ne sert en rien la révolution, ni l’antifascisme, même son éventuel tabassage n’aurait strictement rien changé au cours de l’Histoire et aurait relevé de l’anarchisme petit-bourgeois.
Mais en aucun cas elle ne doit aider les forces qui justifient, légitiment, soutiennent le capitalisme et le nationalisme, le patriarcat et la logique de guerre.
