Cela fait depuis 2017 que le peuple iranien se soulève régulièrement contre le régime théocratique de la République islamique d’Iran et ce mouvement est désormais indissociable de la lutte des femmes pour leur émancipation.
C’est la grande actualité révolutionnaire, tandis que l’actualité de la bourgeoisie est la troisième guerre mondiale de repartage. C’est ce qui explique l’offensive israélo-américaine.

Le 18 février 2026, les mobilisations avaient en effet repris en utilisant de manière politique le 40ᵉ jour de deuil pour se rassembler de manière contestataire, l’offensive impérialiste en Iran est venue tenter de paralyser les masses.
Pour les impérialistes, toute issue par en haut est préférable à une révolution populaire. Et les premières victimes sont les femmes, pour qui rien ne changerait dans le cas d’un changement par en haut, au lieu de par en bas.
En ce 8 mars 2026, il est donc important de saluer le combat des femmes iraniennes qui, à chaque 8 mars bravent les interdits et se font durement réprimer.

C’est aussi ce qui permet d’affirmer que la situation est révolutionnaire, c’est que les femmes et leurs revendications sont au centre des événements.
La société iranienne sous le régime des mollahs est étouffante et misérable pour les classes laborieuses et en particulier les femmes. C’est pour cela que les hommes se joignent aux femmes dans la lutte et que les femmes sont là à chaque occasion d’affaiblir le régime.
La cause des femmes est au-dessus de tout car même si elle n’atteint pas son expression la plus révolutionnaire, elle pousse la réaction le plus loin dans ses retranchements. Ce ne sont d’ailleurs pas les mots d’ordre qui permettent la présence des femmes, mais la présence des femmes qui change la nature des mots d’ordres et des perspectives.

Pourquoi cela ? Parce que dans un pays comme l’Iran, les impérialistes craignent par-dessus tout que le soulèvement populaire porté par les femmes n’aille jusqu’à destituer le clergé, les traditions rétrogrades, les mentalités étriquées… Tout un tas de choses qui permettent de soumettre les gens grâce à la passivité, la fatalité, le « ça va de soi », tout autant qu’elles facilitent grandement la corruption à tous les étages.
Les réactionnaires trompent les femmes en masquant leur idéologie derrière une apparence de modernité, mais les femmes iraniennes ont déjà la double expérience de cela. D’une part on leur a dit que l’Islam serait une protection contre les hommes, mais c’était pour mieux les soumettre et les avilir. De l’autre, on leur dit que l’Occident les libérera vraiment alors que ces puissances ne font même pas confiance dans la capacité populaire féminine pour renverser le régime honni.
Si les femmes mènent une révolution victorieuse, c’est un changement de mentalité total qui va s’imposer et battre en brèche le féodalisme et ses différentes expressions (chefs de guerre, loi religieuse, propriétaires terriens, seigneurs…). Or, la Gauche historique sait à quel point les intérêts impérialistes reposent notamment sur ces piliers réactionnaires pour contrôler des zones à son avantage.

À ce titre, il faut mentionner le scénario, qui semblerait être envisagé par Donald Trump et Benyamin Netanyahou, d’un renversement du régime actuel par un morcellement du pouvoir local en fonction des différentes ethnies, à l’aide de milices, dont notamment celles issues de la minorité kurde.
Si ce projet ne rencontre pas d’opposition massive, les aspirations des femmes seront sacrifiées. Les milices, les logiques de clans et de fractions religieuses, qui plus est utilisées par des forces impérialistes : c’est la chape de plomb patriarcale !
La lutte anti-impérialiste sans lutte contre le féodalisme est une lutte contre-révolutionnaire. Honte aux soutiens du régime religieux ou des divisions ethniques, honte à ceux qui font passer leur haine suspecte d’Israël avant le mouvement des masses, avant la lutte des femmes. Ils servent les plans de sape de la bourgeoisie.

C’est pourquoi la lutte anti-impérialiste passe d’abord par le soutien aux masses iraniennes, dirigées par les revendications des femmes iraniennes, avec notamment le mouvement « femme, vie, liberté ».
Il faut aider les masses iraniennes, prises en étau entre le récit du régime théocratique sanguinaire et les mirages du sauveur occidental, à trouver la voie du peuple, la voie du Socialisme. Il faut soutenir et encourager les femmes iraniennes dans leur rôle de direction et relayer leur voix.
Si cela n’est pas fait, la sanction sera terrible car il n’y a que deux choix : soit la Révolution, soit la barbarie de la guerre mondiale ! Cette opposition a déjà commencé en Iran.
