Il n’y a cette fois plus de doute avec les propos de Jean-Luc Mélenchon le 15 mars 2026 au soir, à la suite de l’annonce des premiers résultats du premier tour des municipales.
C’est indéniable : sa stratégie est celle du « front unique » des trotskistes. Tout le monde doit s’allier à gauche sans principes, dans un vaste front, où naturellement une petite fraction minoritaire cherche à tirer les ficelles, au nom d’un futur « tournant » où elle se révélera l’aile véritablement révolutionnaire.

Voici les propos de Jean-Luc Mélenchon, diffusés sur ses réseaux sociaux :
« Une stratégie et un projet ont correspondu à un état du pays et de ses attentes populaires.
Ils ont permis à la France Insoumise d’effectuer une magnifique percée dans les élections municipales.
Tous les types de villes sont concernés.
Les insoumis peuvent l’emporter à Lille, Roubaix, Limoges, Saint-Denis, Toulouse. Nos listes sont incontournables à Paris, Lyon, Marseille.
D’autres villes viendront confirmer cette percée de la Nouvelle France incarnée par nos équipes : jeunes, féminisées, populaires.
Il est temps d’agir en responsabilité. Les mises en cause personnelles, les oukases combinés aux tambouilles locales doivent cesser.
De son côté, la France Insoumise travaille pour former un front unique et mettre en échec la droite et l’extrême droite.
La main tendue doit être saisie. Les coalitions de la gauche traditionnelle doivent se placer à hauteur des enjeux historiques de ce moment politique.
Elles doivent se rapprocher de nous pour assurer une victoire digne et forte des principes qui rendent possible une Nouvelle France pour la paix et une vie digne pour tous. »
Si auparavant, il était question d’un front contre l’extrême-Droite (ce qui est le classique front antifasciste du type socialiste-communiste), on a désormais un « front unique » contre la Droite et l’extrême-Droite.
La France Insoumise, qui n’est pas un parti mais un conglomérat d’organisations, serait ce front unique en œuvre et, partant de là, il n’y aurait pas d’autre solution que de participer au mouvement.

Tout cela est très bien expliqué dans l’article de la revue pdf Crise consacré au sujet et au rôle du Parti Ouvrier Indépendant. Et on ne saurait suffisamment dénoncer un tel chantage, qui nie les idées et les valeurs au profit d’un « front » de type populiste et démagogique.
On a bien vu, d’ailleurs, comme Jean-Luc Mélenchon cherche à tout prix le scandale, afin de se faire remarquer, d’apparaître comme un contestataire. Et rien ne relève du hasard : c’est une stratégie délibérée pour faire de La France Insoumise le pôle incontournable.
Le noyau dur trotskiste vit en son sein, tranquillement à la manœuvre, au nom d’un prétendu basculement qui viendra en son temps. C’est absolument typique, cela fait pratiquement cent ans maintenant que le trotskisme explique qu’il faut faire urgemment du réformisme « dur » afin de pouvoir accompagner les masses lorsqu’elles deviendront révolutionnaires.
Léon Trotski a théorisé cela dans le « programme de transition » et c’est la stratégie commune à tous les trotskistes, au-delà de leurs différences (Lutte Ouvrière qui est également un « front », Révolution permanente, les deux Nouveaux Partis Anticapitalistes qui se définissent comme tels, etc.).
Face à la crise, une démarche qui s’astreint à nier la bataille pour le contenu ne peut amener qu’à la défaite. Ce « front unique » n’est qu’un prétexte à l’union sans principes, à l’abandon de la production de valeurs, à l’opportunisme.
Nous avons besoin d’une vraie Gauche, celle fondée sur ses principes historiques : les idées et l’organisation, le programme et les valeurs, l’objectif révolutionnaire et la démarche rationnelle, scientifique.
Il ne faut pas céder au chantage au « front unique ». Il faut produire !
