La crise commencée en 2020 est généralisée à tous les domaines de la vie : il est facile de voir qu’en six années, la société française a très profondément changé. Les mentalités sont très différentes, les styles de vie se sont modifiés, les états d’esprit ne sont plus les mêmes.
Le capitalisme tourne désormais autour de lui-même, et ce dans le monde entier ; les grandes puissances commencent à se manger entre elles, les gens deviennent de plus en plus des cannibales les uns pour les autres.
Et la France, qui se targue d’être différente, connaît le même processus que partout ailleurs, avec le libertarianisme qui devient le mode opératoire des gens, que ce soit dans un transport en commun ou un emploi, un rapport sentimental ou une interaction émotionnelle.
C’est la fin d’une civilisation, sous couvert de l’émergence d’une nouvelle. Tout s’accélère, car tout freine ; tout freine, car tout s’accélère. Il n’y a plus personne de stable ; tout devient marchandise et aucune norme n’apparaît comme ayant un sens réel et profond.
La décadence l’emporte sur tous les plans, au point qu’on se demande même si ce n’est pas une dégénérescence de l’espèce humaine tellement c’est le basculement dans le nihilisme et le cynisme.
Si on prend les différents modes de production définis par Karl Marx, on a l’impression que le capitalisme fait revivre en lui-même ce qui l’a précédé : le féodalisme, l’esclavagisme, le tribalisme.
Il suffit de voir la situation sociale en France pour le constater et être horrifié.
Alors, que faire ? Il faut déjà voir que la question doit être posée en termes de civilisation. La bourgeoisie est une classe décadente et relativiste ; elle refuse catégoriquement de poser la question ainsi.
Pour elle, il faut tout accepter de manière libertarienne, ou bien sinon s’appuyer sur l’égoïsme nationaliste et l’esprit de compétition pour pratiquer un meilleur pillage.
La petite-bourgeoisie voit en tout des leviers pour parasiter : les milieux de la culture se veulent de gauche, car ils veulent un État interventionniste leur payant de bons salaires, les syndicalistes veulent la cogestion, les petites-bourgeoisies immigrées font du lobbying par l’intermédiaire de discours victimaires, etc.
Seuls les travailleurs peuvent assumer un véritable grand projet de nouvelle civilisation. Quand on les voit, on se dit que c’est absurde : les travailleurs sont dignes, mais déboussolés et essorés, mis à l’écart et pratiquement fiers de leur marginalisation politique et culturelle.
Il faut les mettre devant le fait accompli en affirmant l’idéologie du Socialisme, de la lutte des classes qui va jusqu’à la révolution. Il faut que soit faite cette proposition stratégique et que, constatant les contradictions existantes, ils saisissent qu’ils ne peuvent pas faire autrement que mettre en place une grande séparation entre ce qui relève des problèmes et ce qui relève des solutions.
Il ne faut pas faire dans la demi-mesure ; il n’y a pas à composer avec un monde en perdition. Il faut proposer concrètement et noir sur blanc l’utopie : qui ne le fait pas se retrouve propulsé hors de l’Histoire à une époque comme la nôtre.
