Lorsque ce sont des réactionnaires qui dominent, les masses sont toujours perdantes, car elles forment le butin. La superpuissance américaine est réactionnaire et il en va de même de la République islamique d’Iran. Par conséquent, l’accord signé le 17 juin 2026 entre les deux est hostile aux masses.
Celles-ci peuvent néanmoins souffler, relativement, après des mois de conflit. 93 000 bâtiments et immeubles ont été détruits en Iran ; la reconstruction va être longue. Et le secteur du BTP relève d’entreprises appartenant au Corps des Gardiens de la Révolution ; c’est cette force criminelle qui va décider de tout.
Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, est dans leur camp également ; le malheur est terrible pour le peuple iranien, qui a un besoin existentiel de révolution. Car même si une bonne partie de la gauche de la Gauche française s’imagine que le régime iranien joue un rôle anti-impérialiste, c’est en réalité du terrorisme anti-populaire qui est à l’oeuvre.
Il faut placer sa confiance dans les masses, pas dans des forces réactionnaires maniant la démagogie sans commune mesure. Il ne faut pas chercher des leviers pragmatiques ou machiavéliques ; il ne faut pas avoir l’orgueil de s’imaginer faire du billard à trois bandes.
Il n’y a aucune raison de considérer que l’échec de la superpuissance américaine à changer le régime serait une bonne chose ; quelle importance que dans la bataille de repartage du monde, ce soit la superpuissance américaine ou son challenger chinois qui ait le dessus ? Il faut se débarrasser des deux.
Il ne faut pas non plus se leurrer sur le rôle de la France. Emmanuel Macron est passé sur France 2 le 18 juin 2026 et il a expliqué que la France n’avait pas participé au conflit, car les objectifs n’étaient pas clairs. Cela ne veut pas dire du tout que la France soit un facteur de paix ou qu’elle puisse à l’avenir avoir un tel rôle.
On est, tout le temps et partout, dans la bataille de repartage du monde. On est aussi dans le story-telling, dans la narration, comme avec Donald Trump qui signe l’accord avec l’Iran en plein dîner au château de Versailles dans le cadre d’une réunion du G7 en France.

La Gauche iranienne à ce sujet (dont les documents sont publiés dans la revue pdf Crise n°48) est très claire : il faut savoir se placer correctement, ne pas se laisser manipuler par les uns ou par les autres. Le camp du peuple doit être notre camp !
Surtout que l’accord est déjà mis à mal par l’offensive ininterrompue d’Israël dans le sud-Liban, menée clairement dans l’objectif d’établir une colonisation, même si c’est sous prétexte de se confronter au Hezbollah, qui lui entend mettre le Liban entier sous sa coupe.
Les peuples palestinien et libanais sont, comme toujours, les premières victimes proche-orientales de la compétition entre puissances ; le drame iranien qui lui est lié montre à quel point les choses s’enlisent, prennent un tournant guerrier toujours plus fort.
Face à cela, il nous faut le camp du socialisme. Nous avons besoin d’intelligence et de culture, pour diffuser la vision du monde de la Gauche historique. L’Histoire est l’histoire de la lutte des classes ; il faut l’affrontement révolutionnaire, il faut que le pouvoir revienne aux masses !
