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Refus de l’hégémonie

États-Unis: 95 milliards de dollars pour la guerre

La Chambre des représentants, l’équivalent américain de l’Assemblée nationale en France, a voté samedi 20 avril 2024 un plan gigantesque de 95 milliards de dollars, dont 61 milliards présentés comme étant en faveur de l’Ukraine, par 311 voix pour et 112 voix contre.

Cela faisait des mois que la situation était bloquée par l’opposition républicaine, particulièrement par sa frange la plus radicale organisée autour de Mike Johnson, réputé proche de Donald Trump.

Il est le président de cette assemblée et prônait une ligne dure consistant en le fait de se focaliser uniquement sur l’affrontement contre la superpuissance chinoise (via Taïwan), en laissant de côté l’affrontement avec la Russie (via l’Ukraine).

Finalement, il a fait voter le plan de Joe Biden à propos de l’Ukraine en déclarant :

« Pour parler franchement, je préfère envoyer des munitions à l’Ukraine plutôt que des soldats américains. Mon fils va entrer à l’Académie navale cet automne. Pour moi comme pour de nombreuses familles américaines… ce n’est pas un jeu, ce n’est pas une plaisanterie ».

D’ici quelques jours, les formalités devraient être réglées après un passage du texte devant le Sénat, puis une validation par le Président Joe Biden lui-même.

En fait, les 61 milliards pour le régime ukrainien seraient ainsi répartis :

  • environ 10 milliards de dollars pour de l’assistance économique dédiée aux secteurs de l’énergie et des infrastructures, sous la forme d’un prêt ;
  • près de 14 milliards de dollars pour former, équiper et payer l’armée ukrainienne ;
  • le reste pour les usines d’armement américaines.

Par ailleurs, le plan d’aide autorise le Président Joe Biden à confisquer et à vendre des actifs financiers russes, pour qu’ils servent à financer la reconstruction de l’Ukraine.

Autrement dit, tout cela consiste essentiellement en deux choses : d’une part l’asservissement économique de l’Ukraine (ou de ce qu’il en restera) à l’issue de la guerre, d’autre part en la mise en branle de l’économie de guerre aux États-Unis en vue de l’affrontement avec la Chine.

Le plan consiste également en 13 milliards d’aide à Israël, qui profite du massacre du 7 octobre pour procéder à la destruction meurtrière de Gaza, et surtout en 8 milliards d’investissement dans des sous-marins pour venir en aide au régime de Taïwan contre la Chine.

À la manière d’une film hollywoodien (il faut imaginer ici une musique mièvre et lancinante pour accompagner la lecture), le président ukrainien Zelensky a immédiatement déclaré à l’issue du vote :

« Je remercie la Chambre des représentants des États-Unis, les deux partis, ainsi que le président Mike Johnson personnellement pour cette décision qui maintient l’histoire sur la bonne voie.

La démocratie et la liberté auront toujours une importance mondiale et n’échoueront jamais tant que les États-Unis contribueront à les protéger. Le projet de loi vital sur l’aide américaine adopté par la Chambre aujourd’hui empêchera la guerre de s’étendre, sauvera des milliers et des milliers de vies et aidera nos deux nations à devenir plus fortes.

Une paix et une sécurité justes ne peuvent être obtenues que par la force.

Nous espérons que ces projets de loi recevront le soutien du Sénat et seront envoyés au bureau du président Biden. Merci l’Amérique ! »

En plus d’être pathétiques, ces propos sont odieux, car bien évidemment ils n’aideront en rien à sauver des milliers de vies. Ce qui se prépare, concrètement et directement, c’est un emballement guerrier meurtrier avec les millions de victimes que fera la grande bataille pour le repartage du monde, qui ne fait que s’élargir, chaque jour.

L’Ukraine, la nation ukrainienne, n’est malheureusement qu’un prétexte à tout cela, son peuple servant de chair à canon pour ce qui n’est qu’un prologue à la troisième guerre mondiale.

Concrètement, la régime nationaliste et corrompu de Kiev va pouvoir, grâce à l’aide américaine, tenir tête encore quelques temps au rouleau compresseur russe. Mais l’Ukraine est déjà condamnée depuis longtemps, n’étant qu’un pion, une case, un passage sur le chemin historique du véritable conflit : l’affrontement entre la superpuissance américaine et son challenger, la superpuissance chinoise.

D’ailleurs, le président Joe Biden ne s’est pas trompé en expliquant très justement la nature de ce plan de 95 milliards :

« un message clair sur la puissance du leadership américain à travers le monde ».

Ce n’est pas pour rien que le même jour, le secrétaire d’État américain Antony Blinken (l’équivalent d’un ministre des Affaires étrangères) expliquait que selon lui la Chine alimente indirectement le conflit en Ukraine en fournissant des composants pour son industrie de défense, permettant ainsi à Moscou de « continuer son agression ». Un voyage en Chine est d’ailleurs annoncé de sa part.

C’est en effet de cela dont il s’agit en priorité pour les représentants américains : affronter indirectement la Chine et se préparer à affronter directement la Chine.

Tout le reste n’est que du cinéma, de la narration, pour légitimer le fait de faire tourner l’économie de guerre américaine. Personne n’en a rien à faire ni de l’Ukraine, ni des Ukrainiens.

Forcément, la Russie ne se prive pas de le dénoncer et c’est très habilement que le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov a déclaré :

« La décision de fournir une aide à l’Ukraine était attendue et prévisible. Elle enrichira davantage les États-Unis et ruinera encore plus l’Ukraine, en tuant encore plus d’Ukrainiens à cause du régime de Kiev ».

Il faut préciser également une chose très importante, qui pourrait paraître anecdotique au premier abord mais qui ne l’est pas du tout. Le plan voté ce samedi 20 avril 2024 contient également un texte prévoyant la possibilité de l’interdiction de l’application TikTok.

Cette application est directement liée au régime chinois, via sa maison-mère ByteDance, pour ce qu’il est convenu d’appeler à notre époque la guerre hybride.

TikTok est d’abord un gigantesque aspirateur à intelligence : sur le plan culturel et moral, l’application est un véritable désastre, abrutissant une génération entière de part son fonctionnement qui rend les cerveaux hostiles à tout effort, à toute réflexion. Il est évident que la Chine a intérêt à abrutir la jeunesse américaine (et la jeunesse occidentale en générale).

Mais il y a également le fait, plus concret et facile à voir, que l’application est accusée par les représentants américains d’être utilisée par la Chine pour espionner et manipuler ses 170 millions d’utilisateurs aux États-Unis.

Il y a là un enjeu immense, un affrontement de la plus haute importance, entre les deux puissances rivales. C’est la bataille pour le repartage du monde, c’est la 3e guerre mondiale comme perspective immédiate.

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Culture & esthétique

« Exalté par l’espoir du triomphe prochain »

« — Mais comment nous décider à faire la guerre à la France, prince ? demanda Rostoptchine. Comment nous lèverions-nous contre nos maîtres, contre nos dieux ? Voyez notre jeunesse, voyez nos dames ! Les Français sont leurs idoles, Paris est leur paradis ! »

La guerre est une chose d’autant plus abominable qu’elle exalte les esprits et fait puiser en les hommes ce qu’ils ont de plus profond, de plus total, pour leur faire perdre toute raison.

Pour gagner une guerre, il faut de la ferveur, il faut des gens ayant non pas seulement compris qu’ils allaient mourir, mais qui sont eux-mêmes d’accord pour mourir, même contre leurs frères, même contre leurs amis d’hier.

Si Guerre & Paix de Léon Tolstoï est un monument de la littérature, c’est en grande partie parce qu’il décrit cela avec une finesse et une précision extraordinaire.

Un extrait, seul, n’apportera jamais la même profondeur que la lecture de ce même passage au milieu de l’ouvrage, alors que l’on connait les personnages, alors que le décor est solidement implanté et que les événements ont été déjà minutieusement décrits depuis des pages.

Cela vaut toutefois la peine, et nous le faisons ici. Cela a d’autant plus de signification à notre époque en 2024 que la France est pratiquement en guerre avec la Russie, et que c’est de cela qu’il s’agit dans ce passage.

On y voit comment un jeune officier, initialement terrorisé par sa présence sur le front, s’en trouve finalement exalté, jusqu’à souhaiter mourir par ferveur.

Que cette ferveur soit patriotique, ou bien issue d’une loyauté pour l’empereur, ou n’importe quoi d’autre, cela ne change en réalité pas grand-chose, et c’est cela qu’à voulu montrer Léon Tolstoï.

La guerre est une abomination qui se suffit à elle-même, qui s’auto-alimente, qui broie les esprits et les cœurs, qui annihile la raison. Les gens qui sous-estiment la guerre, qui ne croient pas en la guerre, ont tort, et ils se rendent finalement coupables de laisser-faire.

Au contraire, nous dénonçons la guerre ! Opposez-vous à la guerre à la Russie et lisez Guerre & Paix de Tolstoï, voilà le mot d’ordre de gauche à notre époque en France !

Voici le chapitre 10 de la 3e partie du Livre 1, d’après la traduction de Boris Schloezer. Les passages en italique sont en français dans le texte original.

À l’aube du 16, l’escadron de Dénissov, auquel appartenait Nicolas Rostov et qui faisait partie du détachement du prince Bagration, quitta son bivouac pour entrer en action, à ce qu’on disait ; ayant parcouru près d’une verste à la suite d’autres colonnes, il reçut l’ordre de s’arrêter sur la grand-route. Rostov vit passer devant lui des cosaques, le 1er et le 2e escadron de hussards, des bataillons d’infanterie avec de l’artillerie et les généraux Bagration et Dolgoroukov avec leurs aides de camp.

La peur qu’il ressentait comme toujours avant l’action, la lutte intérieure grâce à laquelle il parvenait à dominer cette peur, sa résolution de se conduire en vrai hussard au cours de ce combat, tout cela se révéla vain : l’escadron resta en réserve et Nicolas Rostov passa une journée ennuyeuse et triste. 

Vers neuf heures du matin, il entendit une fusillade quelque part devant lui et des “hourras”, vit des blessés que l’on ramenait vers l’arrière (ils n’étaient pas nombreux) et enfin, au milieu d’un détachement de cosaques, un groupe de cavaliers français. 

Le combat évidemment était terminé, un combat peu important mais victorieux. Les soldats et les officiers qui en revenaient parlaient d’une éclatante victoire, de la prise de Wischau, de tout un escadron français fait prisonnier. Le temps était clair, ensoleillé, après la forte gelée nocturne, et la gaie lumière de cette journée d’automne était en accord avec la nouvelle de la victoire que répandaient non seulement ceux qui y avaient pris part, mais aussi les visages joyeux des soldats, des officiers, des généraux, des aides de camp qui passaient devant Rostov, se rendant aux lieux du combat ou en revenant. 

Il en avait le cœur serré, lui qui avait lutté douloureusement contre la peur précédant la bataille pour ensuite passer toute cette magnifique journée dans l’inaction. 

– Rostov ! Viens ici, buvons pour nous consoler ! cria Dénissov s’installant sur le rebord de la route devant une gourde et un casse-croûte.

Des officiers formaient cercle autour de la cantine de Dénissov, mangeant et bavardant.

– En voilà encore un, dit un des officiers en désignant un dragon français à pied entre deux cosaques. 

L’un d’eux conduisait par la bride la monture du prisonnier, un grand et beau cheval français. 

– Vends-moi le cheval ! cria Dénissov au cosaque. 

– Volontiers, Votre Noblesse…

Les officiers se levèrent et entourèrent les cosaques et le prisonnier. C’était un jeune Alsacien qui s’exprimait en français avec un accent allemand. Il était rouge et haletait d’émotion. Entendant parler français autour de lui, il se mit à expliquer aux officiers en toute hâte, s’adressant tantôt à l’un, tantôt à l’autre, qu’on n’aurait jamais réussi à le faire prisonnier, que ce n’était pas de sa faute s’il avait été pris, que la faute en était au caporal qui l’avait envoyé chercher des housses, qu’il lui avait dit pourtant que les Russes étaient là. 

Et à chaque phrase, il ajoutait : Mais qu’on ne fasse pas de mal à mon petit cheval, et il caressait sa bête. On voyait qu’il ne comprenait pas très bien où il se trouvait. Tantôt il s’excusait d’avoir été pris, tantôt, supposant qu’il se trouvait devant ses chefs, voulait prouver son zèle et sa ponctualité. Il apporta avec lui à notre arrière-garde, dans toute sa fraîcheur, l’atmosphère de l’armée française qui nous était si étrangère. Les cosaques cédèrent le cheval pour deux pièces d’or, et ce fut Rostov, maintenant le plus riche des officiers, qui l’acheta.

Mais qu’on ne fasse pas de mal à mon petit cheval, dit l’Alsacien avec bonhomie à Rostov, lorsque le cheval fut remis au hussard.

Rostov rassura en souriant la dragon et lui donna de l’argent.

– Allez, allez ! dit le cosaque en touchant le bras du prisonnier pour le faire avancer. 

– L’empereur ! l’empereur ! crièrent soudain des hussards. 

Tout le monde s’affaira, se mit à courir et Rostov s’étant retourné vit approcher des cavaliers empanachés. En une minute tous avaient gagné leur place et attendaient. Rostov s’était précipité et avait sauté en selle sans savoir ce qu’il faisait. Ses regrets de n’avoir pu participer au combat, l’humeur morose où l’avait plongée l’inaction au milieu de visages trop bien connus, tout cela s’évanouit instantanément. 

Complètement submergé par la vague de bonheur que soulevait en lui l’approche du souverain, il ne pouvait plus penser à lui-même. Cette seule approche suffisait à le dédommager de sa journée perdue. Il était heureux comme un amant qui obtient le rendez-vous tant désiré. N’osant se retourner dans les rangs et ne se retournant pas, il sentait son approche dans une sorte d’extase.

Il la sentait non seulement au bruit toujours plus distinct des sabots des chevaux, mais parce qu’à mesure que les cavaliers avançaient tout autour de lui, devenait plus clair, plus joyeux, acquérait un nouveau sens, prenait un air de fête. 

Il se rapproche de Rostov, ce soleil qui répand une lumière splendide. Et voilà que Rostov se sent plongé dans son rayonnement, il entend déjà sa voix, cette voix si douce, si calme, si majestueuse et si simple à la fois. Comme il se devait et comme le pressentait Rostov, un silence de mort tomba et dans ce silence retentit la voix de l’empereur.

Les huzards de Pavlograd ? dit-il d’un ton interrogateur.

La réserve, Sire, répondit une autre voix qui parut si humaine après celle, non humaine qui avait dit : les huzards de Pavlograd ? 

L’empereur arriva à la hauteur de Rostov et s’arrêta. Son visage était encore plus beau que trois jours auparavant, lors de la revue. Il rayonnait d’une telle gaieté, d’une telle jeunesse, d’une jeunesse si innocente qu’on songeait à sa vue à un enfant espiègle ; et c’était tout de même le visage empreint de majesté d’un empereur.

En parcourant des yeux l’escadron, le regard d’Alexandre rencontra par hasard celui de Rostov et s’arrêta sur lui deux, secondes, pas davantage. L’empereur comprit-il ce qui se passait dans l’âme de Rostov ? (Il avait tout compris, sembla-t-il à Rostov.) Toujours est-il que pendant deux secondes il fixa de ses yeux bleus (la lumière en coulait douce et pure) le visage de l’enseigne. Puis, soudain, il releva les sourcils, frappa brusquement son cheval du pied gauche et partit au galop.

Le jeune empereur n’avait pu résister au désir d’assister à la bataille et en dépit des objurgations des courtisans, à midi il avait dépassé la troisième colonne qu’il suivait et avait galopé vers l’avant- garde. Mais avant même qu’il eût rejoint les hussards, des aides de camp venus à sa rencontre lui avaient annoncé l’heureuse issue de la bataille.

Cette bataille s’était réduite en fait à la capture d’un escadron français, mais elle fut présentée comme une brillante victoire sur l’armée française. C’est pourquoi l’empereur et toute l’armée, surtout tant que la fumée ne se fut pas dissipée au-dessus du lieu du combat, s’imaginèrent que les Français étaient vaincus et reculaient contre leur gré.

Quelques minutes après le passage de l’empereur, la division à laquelle appartenaient les hussards de Pavlograd reçut l’ordre de se porter en avant. À Wischau même, petite ville allemande, Rostov revit encore une fois l’empereur. Sur la place de la ville où avait eu lieu une fusillade assez nourrie, gisaient quelques morts, quelques blessés qu’on n’avait pas eu le temps de relever. 

L’empereur accompagné d’une nombreuse suite civile et militaire montait encore une jument alezane demi-sang, mais ce n’était pas celle de la revue. Ayant porté à ses yeux d’un geste gracieux son face-à-main en or, il regardait, penché de côté, un soldat étendu sur le ventre, sans shako, la tête ensanglantée. 

Le soldat blessé était tellement crasseux, grossier, affreux, qu’à le voir si proche de l’empereur Rostov se sentit offusqué. Il vit les épaules légèrement voûtées d’Alexandre tressaillir comme parcourues d’un frisson glacé, il vit son pied gauche éperonner convulsivement le flanc du cheval qui, bien dressé, tourna la tête avec indifférence et ne bougea pas. Un aide de camp mit pied à terre, prit le blessé sous les bras et l’étendit sur une civière qu’on venait d’apporter. Le soldat gémit.

– Doucement, doucement ! ne peut-on faire plus doucement ? dit l’empereur qui apparemment souffrait plus que le soldat mourant, et il s’éloigna.

Rostov vit les larmes qui remplissaient ses yeux et il l’entendit dire en français à Czartoryski, tout en s’éloignant :

Quelle terrible chose que la guerre, quelle terrible chose !

Les troupes formant l’avant-garde s’établirent au-delà de Wischau, en vue des lignes de l’ennemi qui, au cours de toute cette journée, recula et céda du terrain à la moindre fusillade.

L’empereur remercia l’avant-garde, on annonça de prochaines récompenses et les hommes reçurent une double ration de vodka. Les feux des bivouacs crépitaient plus gaiement encore que la nuit précédente et les chants des soldats retentissaient. Denisov feta cette nuit-là sa promotion au grade de major, et Rostov, qui avait déjà pas mal bu, proposa à la fin du festin un toast à l’empereur, non pas “à Sa Majesté l’empereur, comme aux banquets officiels, dit-il, mais à la santé de l’homme bon, séduisant et grand. Buvons à la santé de l’empereur et à sa victoire certaine sur les Français !“.

– Si nous nous sommes bien battus jusqu’à présent, si, comme à Schængraben, nous ne nous sommes pas laissé faire par les Français, que ne ferons-nous pas maintenant qu’il est à notre tête ! Tous nous mourrons, nous mourrons pour lui avec bonheur ! Est-ce bien ainsi, messieurs ? Peut-être que je ne m’exprime pas comme il faut, j’ai beaucoup bu, mais c’est ce que je sens, et vous aussi. À la santé d’Alexandre Ier ! Hourra !

– Hourra ! crièrent les officiers enthousiasmés. 

Et le vieux capitaine Kirsten criait avec autant de ferveur et non moins sincèrement que le jeune Rostov. Quand les officiers eurent bu et cassé leurs verres, Kirsten en remplit d’autres et en manches de chemise et culotte de cheval, il s’approcha, le verre à la main, des feux de camp des soldats. Le bras levé, il se dressa majestueusement dans la lueur des feux avec sa longue moustache grise et sa poitrine blanche que laissait voir sa chemise entrouverte.

– À la santé de l’empereur, les enfants ! À notre victoire ! Hourra ! cria-t-il de sa voix martiale, la voix barytonnante d’un vieux hussard.

Les hussards attroupés autour de lui répondirent par de violentes acclamations.

Tard dans la nuit, quand tout le monde se fut dispersé, Dénissov tapota de sa courte main l’épaule de Rostov, son préféré.

– Voilà ce que c’est, dit-il. Personne de qui s’amouracher en campagne, et alors le voilà qui tombe amoureux de l’empereur !

– Dénissov, ne plaisante pas avec ça ! cria Rostov. C’est un sentiment si élevé, si admirable, si…

– Je te crois, je te crois, mon petit, et je partage, et j’approuve… 

– Non, tu ne comprends pas ! 

Et Rostov se leva et alla errer parmi les feux de camp, rêvant au bonheur de mourir non pas pour le salut de l’empereur (de cela il n’osait pas rêver), mais simplement de mourir sous ses yeux. Il était en effet amoureux du tsar, et de la gloire des armes russes, et exalté par l’espoir du triomphe prochain. 

Et il n’était pas le seul à éprouver de tels sentiments dans les jours mémorables qui précédèrent la bataille d’Austerlitz : les neuf dixièmes de l’armée russe, en ce temps-là, étaient amoureux, bien qu’avec moins de ferveur, et de leur empereur, et de la gloire des armes russes.

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Culture & esthétique

Comment lire Guerre & Paix de Tolstoï ?

C’est une œuvre majeure de la littérature mondiale, un joyau universel qu’on se doit d’avoir lu comme il faut avoir vu La flûte enchantée de Mozart.

Guerre & Paix, ou La guerre et la paix, consiste en un gigantesque tableau d’art littéraire, écrit avec une finesse marquante et beaucoup de profondeur, de relief. On en sort aussi satisfait que grandi et meilleur. Autrement dit, plus cultivé.

L’œuvre a une résonance toute particulière pour les Russes, car c’est l’une de leurs fiertés nationales, mais aussi pour les Français, car il y est beaucoup question de la France. D’ailleurs, il y a énormément de passages en français dans le texte original, les personnages étant des aristocrates parlant régulièrement le français, la langue des cours européennes de l’époque. Les éditions françaises impriment normalement ces passages en italique pour les différencier du reste qui est traduit.

Guerre & Paix est un roman historique, de type réaliste, dont le cœur de l’intrigue est la guerre de la France, à travers la figure de Napoléon, contre la Troisième coalition (l’Empire russe, l’Empire d’Autriche, le Royaume-Uni et la Suède).

On dit le cœur de l’intrigue, car c’est de cela dont il s’agit, mais on peut tout aussi bien considérer que ce n’est que prétexte ; en fin de compte, Lev Nikolaïevitch Tolstoï parle de bien plus que de cela dans son roman. Il y sonde l’âme russe, c’est bien connu, mais aussi l’Humanité en général, dans son rapport intime et particulier à la guerre, à cette horreur transcendante et bouleversante qu’est la guerre. Mais cela est fait de manière complexe, assumant toute la subtilité de la politique, jamais avec mièvrerie.

En 2024, alors que la France assume pratiquement ouvertement son intention de faire la guerre à la Russie, et que la Russie assume encore plus ouvertement de tuer en priorité tous les soldats français qui se dresseraient sur son chemin, le roman a une résonance encore plus particulière. Il faut lire ou relire Guerre & Paix de Tolstoï !

Seulement voilà, ce n’est pas une œuvre facile à aborder. D’abord quantitativement : pour une édition classique en français, c’est grosso modo deux milles pages ! Mais aussi qualitativement, car la lecture de ce livre demande un certain effort, particulièrement pour suivre la longue et précise suite de personnages qui se succèdent et s’entremêlent, tout cela au milieu de beaucoup d’autres qui ne font que passer.

Il faut donc trouver une méthode. La première chose, c’est d’assumer l’effort. Il faudra pour lire ce livre de la concentration. Le plus souvent, on sera porté par l’intrigue et les pages se succéderont avec délice. Mais parfois, on se retrouvera plusieurs minutes sur la même page, car il aura fallu réfléchir un peu plus en profondeur ou relire plusieurs fois, pour s’y retrouver, quitte à aller chercher ailleurs des informations, du vocabulaire.

Une fois cela su et assumé, c’est bien plus facile.

La seconde chose à faire, en tous cas pour la plupart des gens, c’est de dresser au fur et à mesure une liste précise et rigoureuse des protagonistes, d’autant plus qu’ils changent souvent d’appellation (qu’ils soient désignés avec ou sans le nom de famille, ou bien par un des nombreux diminutifs typiquement russes). Seuls les lecteurs les plus aguerris peuvent s’en dispenser. Nous allons proposer ici un exemple pour les premières pages.

Mais avant cela, une présentation de l’intrigue et du contexte historique est nécessaire.

En juin 1805, l’aristocratie mondaine de Saint-Pétersbourg (capitale de l’Empire) est obnubilée par Napoléon, devenu « Empereur ». La guerre est de toutes les conversations, avec en arrière plan la question de la révolution démocratique bourgeoise française qui chamboule l’élite russe et les émigrés français qui se sont réfugiés dans le pays.

Le monde change littéralement de base à cette époque, des centaines d’années d’Histoire féodale européenne étant renversées par la modernité bourgeoise.

On suivra d’abord quelques mondanités, dans la capitale puis à Moscou. La deuxième partie du Livre 1 (au bout d’un peu moins de 200 pages) sera ensuite consacrée au front, avec bientôt la fameuse bataille d’Austerlitz.

Les premières lignes servent à introduire quelques principaux protagonistes, au moyen d’une soirée organisée chez elle par Anna Pavlovna Schérer (favorite de l’impératrice).

Voici le début de la liste des personnages à connaître dans un premier temps, et à garder sous la main, par exemple sur une feuille cartonnée qui fera office de marque-page.

  • Le Prince Basile Kouraguine, très installé dans le monde. Il a trois enfants, jeunes adultes.
  • Anatole Kouraguine (fils du Prince Basile), intenable.
  • Hippolyte Kouraguine (fils du Prince Basile), mondain.
  • Hélène Kouraguine (fille du Prince Basile), mondaine et courtisée.
  • Pierre, fils illégitime du Comte Cyrille Vladimirovitch Bézoukhov (mourant), personnage principal du roman, souvent considéré comme la « voix » de Tolstoï lui-même. Il est hébergé par le Prince Basile à Saint-Pétersbourg.
  • André Bolkonski, proche de Pierre, s’apprête à partir au front comme aide du camp du Général Koutouzov (figure historique réelle).
  • Lise Meinen, femme d’André Bolkonski, enceinte.
  • Princesse Anna Mikhaïlovna Droubetskoï, ancienne du monde, cherche à placer son fils Boris.
  • Boris Droubetskoï, jeune adulte, se place habilement dans la société moscovite.
  • La famille Rostov avec le père le Comte Ilia, la mère la Comtesse Natalia Rostov, née Chinchine, les enfants Véra, Natacha et Nicolas, ainsi que leur cousine Sonia.

C’est normalement une très bonne base, pour appréhender l’œuvre confortablement, en mettant de côté beaucoup de personnages relativement secondaires. Cela dépendra de chacun, mais on peut considérer que cette liste suffira pour les deux cents premières pages.

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Refus de l’hégémonie

12 mars 2024, la question ukrainienne à l’Assemblée

Quelques jours après la convocation des chefs de groupes parlementaires à l’Élysée, les députés ont été invités par le gouvernement mardi 12 mars 2024 à donner leur avis sur l’accord de sécurité franco-ukrainien du 16 février 2024.

Ils ont donnés un avis largement positif sur cet accord militaire, même si ce vote n’a absolument aucune signification légale. C’était une simple consultation pour la forme, alors qu’en pratique tout a déjà été réglé par le Président depuis un mois, conformément à la nature de la Ve République.

Le Premier ministre Gabriel Attal, sur un ton monotone et lisse, carrément insipide, a donc récité par cœurs tous les éléments de langage occidentaux depuis deux ans à propos de l’Ukraine.

La Russie serait barbare et massacrerait volontairement des civils en mode génocide : « [ils] tuent femmes et enfants sans état d’âme ».

C’est là du bourrage de crâne digne de la guerre de 1914-1918. Et Gabriel Attal se sent donc « obligé » de faire la guerre à la Russie. Alors il vante ce que la France et l’Union européenne ont fait pour aider au massacre entre peuples frères d’Ukraine et de Russie :

« Dès les premiers moments de la guerre, nous avons livré des matériels déterminants. »

En détail, il a rappelé les canons César, les lance-roquettes, les missiles SCALP. Pour l’avenir, il prévoit des milliards et des milliards d’euros. Et plus concrètement : une livraison de 150 drones, 100 munitions téléopérées, 6 canons César, ainsi que la production de 3 000 obus par mois pour l’Ukraine.

Les volontés d’Emmanuel Macron sur la possibilité d’escalade ont bien évidemment été réitérés par Gabriel Attal :

« Nous n’excluons par principe aucune option. Nous ne nous fixons pas de limite face à une Russie qui elle n’en fixe aucune ».

« Nous n’abandonnerons pas l’Ukraine, et nous n’excluons par principe aucune option. »

La France veut et prépare la guerre contre la Russie, cela ne fait plus l’ombre d’un doute.

Gabriel Attal a été particulièrement outrancier également en expliquant que tous les maux de la France seraient la faute du méchant russe Vladimir Poutine.

Toute la politique intérieure du gouvernement tient ainsi en cette phrase : si les choses vont mal, c’est la faute à la Russie.

C’est grotesque, mais totalement assumé :

« Une victoire de la Russie,[…] c’est le danger constant des cyberattaques qui se multiplient. Une victoire de la Russie, c’est la plus grande vague migratoire de l’histoire sur le continent européen. »

« Une victoire de la Russie, c’est un danger direct pour notre sécurité alimentaire »

« Moscou serait libre de faire monter les prix comme bon lui semble. »

« Si elle se trouvait en position de force, la Russie serait en mesure de déstabiliser encore davantage le marché énergétique. Avec à la clef un cataclysme pour le pouvoir d’achat des Français, une explosion des prix de l’énergie puissance 10 »

Pour ce qui est des « oppositions », les choses sont très simples. Les libéraux à tendance conservatrice de Les Républicains sont d’accord avec le gouvernement, tout comme les pseudo « socialistes » de la fausse gauche (le PS), qui ont voté « POUR ».

Le centre et toutes les forces libérales gravitants de près ou de loin autour d’Emmanuel Macron ont aussi voté « POUR ».

De leur côtés, les nationalistes à tendance sociale du Rassemblement national n’ont pas été capable de voter « CONTRE », se contentant d’une abstention, tellement ils sont soumis à l’Otan et aux injonction de la superpuissance américaine pour soutenir l’Ukraine.

Seuls les populistes sociaux de la France insoumise et la Gauche républicaine (le PCF) ont été obligé de voter « CONTRE », tellement la tendance à la guerre est flagrante. Ils n’auraient jamais pu tenir par rapport à leur propre base.

Ils ont expliqué, en fin de compte, qu’ils ne veulent pas ajouter de l’huile sur le feu, qu’il faut être plus prudent, chercher une solution négociée, etc.

Mais c’est hypocrite, car tant les uns que les autres, malgré ce vote « CONTRE », ne se sont jamais opposés à l’envoi d’armes au régime ukrainien, ne dénoncent pas la marche à la guerre de la France.

En fait, La France insoumise et le PCF sont des forces conservatrices, représentant les intérêts du prolétaire syndicaliste propriétaire de son pavillon et qui ne veut surtout pas que quoi que ce soit change. Alors, pour les initiatives pro-guerre du capitalisme, il n’y a pas de soutien, mais pas d’opposition non plus.

Il suffit de regarder : ni La France Insoumise ni le PCF ne parlent jamais de la guerre en Ukraine (ni le NPA, ni l’Union Communiste Libertaire, ni les PCRF, UC, CDP, et tout ce qu’on voudra encore).

Arnaud Le Gall, député de La France Insoumise, a pris la parole pour rappeler que La France Insoumise avait soutenu la cession d’armes au régime ukrainien. Fabien Roussel, du PCF, a rappelé que « Oui, il faut donner les moyens à l’Ukraine de se défendre comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant ».

Comment peuvent-ils maintenant prétendre être contre l’escalade? C’est de la poudre aux yeux pour tromper leur base. Leur opposition est fictive et ils savant très bien qu’en agissant ainsi, cela ne change rien. Ils se placent dans le système capitaliste, qu’ils évitent soigneusement la confrontation.

En fin de compte, le vote a été un succès pour le régime, puisqu’il y a eu 372 voix pour, 101 abstentions et 99 voix contre, avec une opposition qui est pour le soutien militaire au régime ukrainien et exprime seulement ses craintes d’une « escalade ».

Le régime a les mains libres et va aller toujours plus loin.

Cela montre bien que la seule opposition possible, désormais, c’est celle qui fait face à la guerre. Ce qui est évident, si on est révolutionnaire, est que ce qui se joue, c’est la bataille contre la guerre, et que bien évidemment cela sera un combat rude, acharné, très difficile, avec un Etat pratiquant la répression.

C’est une réelle lutte de classes qui se profile, pas des négociations au sein d’un capitalisme français occidental riche et protégé, profitant de masses corrompues par le niveau de vie et le style de vie libéral.

Depuis le 26 février 2024, la ligne s’impose d’elle-même. C’est la révolution ou la guerre, et c’est le défaitisme révolutionnaire qu’il faut appliquer! C’est l’Histoire qui s’écrit!

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Refus de l’hégémonie

La convocation sur l’Ukraine à l’Elysée

Après avoir jeté un pavé dans la mare en assumant la possibilité de l’engagement militaire directe de la France contre la Russie, le Président Emmanuel Macron a reçu jeudi 7 mars 2024 les chefs de partis politiques représentés au Parlement.

Nonobstant le fait qu’il n’y a pas de réelle opposition parlementaire – l’alignement sur l’Otan – et la propagande anti-russe – est total en France-, le chef de l’État entend bien encadrer les choses. Le régime français a besoin d’une nouvelle Union sacrée pour faire la guerre à la Russie, alors il doit s’assurer d’un soutien sans faille des partis, et neutraliser toute possibilité d’opposition démocratique et populaire.

La convocation avait donc pour but de préparer les députés et sénateurs au débat et au vote du 12 mars à l’Assemblée nationale et du 13 mars au Sénat.

« Le Président de la République a demandé au gouvernement de faire devant le Parlement une déclaration en application de l’article 50-1 de la Constitution, relative à l’accord bilatéral de sécurité conclu avec l’Ukraine le 16 février 2024 et à la situation en Ukraine, suivie d’un débat et d’un vote ».

On ne saura rien précisément de cette réunion organisée par le président, qui aurait duré trois heures. Aucun article de fond, ni aucune présentation détaillée n’a été faite par qui que ce soit ; il n’y a absolument aucune transparence démocratique sur le sujet.

Les élus convoqués se sont contentés de descriptions vagues et générales sur le fait qu’il y aurait eu des cartes de montrées, un bilan de la situation militaire compliquée en Ukraine, avec l’idée que la France pourrait intervenir si la Russie approchait Odessa ou Kiev.

Le secret-défense a probablement été de mise. Mais ce qui compte, et qui est systématiquement relayé, c’est le fait qu’Emmanuel Macron n’envisage absolument aucune limite à l’intervention militaire, ni aucune « ligne rouge ».

C’est Fabien Roussel du PCF qui en a dit le plus, et surtout qui a dit l’essentiel. Selon lui, « toutes les forces politiques » sont d’accord sur l’objectif qui est « que nous ne voulons pas que la Russie gagne, que tout doit être fait ». Seulement, ajoute-t-il, « notre seul sujet de divergence, ce sont les moyens que nous y mettons ».

Voilà. Tout le monde est d’accord pour suivre les plans de la superpuissance américaine, qui sous-traite maintenant à l’Union européenne la guerre contre la Russie. La France est le nouveau chef de file de ce bellicisme, avec à sa tête Emmanuel Macron qui ne souffre d’aucune opposition réelle dans son pays.

La situation est d’autant plus idéale pour Emmanuel Macron que les fausses oppositions prétendent en toute hypocrisie avoir des divergences, des inquiétudes.

Fabien Roussel du PCF a dit :

« Je trouve ça extrêmement grave et extrêmement dangereux. C’est ce qui s’appelle l’escalade guerrière comme on en a connu en Europe. »

Jordan Bardella du Rassemblement national a dit :

« Nous sommes en faveur, sur le principe, d’un accord bilatéral avec l’Ukraine, mais il faut placer des lignes rouges. »

Eric Ciotti pour Les Républicains rappelle :

« le soutien total des Républicains à l’Ukraine, à une aide financière et à des équipements militaires. Nous le dirons mardi à l’Assemblée, mais en revanche, j’ai redit notre totale opposition à un engagement de troupes au sol. C’est une position inopportune, irresponsable. »

Pour la France insoumise, Manuel Bompard a joué un peu plus la comédie que les autres :

« Je suis arrivé inquiet, et je suis ressorti encore plus inquiet. »

La secrétaire nationale des « écologistes » Marine Tondelier a dit que :

« C’était une réunion utile et nécessaire. »

Du côté du Parti socialiste avec Olivier Faure, c’est un véritable plébiscite en faveur d’Emmanuel Macron :

« Nous avons besoin de maintenir une pression forte sur Vladimir Poutine, lui dire que nous sommes derrière la résistance ukrainienne et que nous ne la lâcherons pas ».

La bourgeoisie française maitrise parfaitement sa partition et encadre minutieusement la préparation de la guerre directe à la Russie, qui est maintenant l’objectif à l’horizon des prochaines années.

Les pseudo-inquiétudes des uns et des autres sont d’autant plus utiles à Emmanuel Macron qu’il peut s’en servir, inversement, pour se montrer lui « réaliste », ayant accès à telle ou telle information, voyant directement les choses, prenant les responsabilités qu’il faut, rejetant le bal des hypocrites, etc.

Face à la guerre mondiale pour le repartage du monde, il ne s’agit pas de faire dans la demi-mesure. Il n’y a que deux camps : celui du peuple, fermement contre l’Otan et contre la guerre mondiale, donc contre tout soutien au régime ukrainien, et celui de la superpuissance américaine qui utilise la question ukrainienne contre la Russie (et indirectement contre la superpuissance chinoise).

Cela n’a rien d’une nuance, c’est une ligne de démarcation très nette et très claire. Car la France est maintenant impliquée au plus haut point dans la guerre face à la Russie, en préparation d’un affrontement militaire direct.

En effet, le même jour la France organisait une nouvelle réunion de ministres des Affaires étrangères et de ministres de la Défense pour l’offensive contre la Russie.

Là encore, c’est très opaque, mais la presse relaie toutefois quelques informations pour assurer la propagande de guerre.

Vingt-huit pays auraient été représentés, dont l’Ukraine, des États membres de l’Union européenne, les États-Unis et le Canada.

Il y aurait été question de huit chantiers, aux contenus très explicites : munitions, principes de déstockage, cyber, protection de la frontière, protection des États vulnérables, déminage, production industrielle sur place en Ukraine et une « 9e coalition » sur les missiles.

Une « source diplomatique » a résumé la chose à la presse en évoquant un « sursaut collectif et un sentiment d’urgence qu’il faut faire plus, faire mieux, faire autrement pour l’Ukraine ».

Toujours via « source diplomatique », il est expliqué dans la presse une chose également très importante, même fondamentale. Il est question directement de l’opinion publique et du fait que nous sommes actuellement à « un moment de bascule » :

« Il y a un travail d’explication très important sur les conséquences que cela provoque en termes de sécurité, de conséquences en termes de marché agricole, de conséquences migratoires et autres… »

Il n’y a donc aucune « inquiétude » à avoir… on est déjà à l’étape d’après. La guerre à la Russie n’est plus une hypothèse, une « ligne rouge », une « escalade ». C’est une opération en préparation.

La France se prépare à la guerre à la Russie et mène en ce moment (pour le compte des États-Unis) une coalition mondiale contre la Russie.

La seule position à avoir est donc aussi claire que nette : il faut saboter les plans français de guerre à la Russie. Il faut dénoncer non pas l’escalade, mais la préparation concrète et pratique de la guerre contre la Russie.

Pour bien appuyer les choses, ont notera également cette tribune le même jour, jeudi 7 mars 2024, dans le journal Le Monde qui est un des principaux relais de propagande du régime français.

Elle est signée par Dmytro Kuleba, le ministre ukrainien des affaires étrangères, qui appelle à une multiplication de la production d’armes et surtout à la fourniture à l’Ukraine d’obus d’artillerie.

Il va extrêmement loin dans la propagande de guerre et l’appel à un engagement forcené contre la Russie.

« Si aujourd’hui l’Ukraine se trouve dans cette situation, c’est parce que nos alliés en Europe et aux États-Unis ont mis des mois à débattre avant de prendre la décision de nous fournir des munitions d’artillerie en quantité suffisante.

Parce qu’ils n’ont pas accéléré à temps leur production d’armement, qu’ils ont traîné les pieds avant de se procurer du matériel militaire auprès de pays tiers et qu’ils ont exporté des obus produits en Europe vers d’autres régions du monde. »

Il explique également, montrant l’importance du rôle de la France dans la nouvelle phase de la guerre :

« Toutes les capitales européennes doivent comprendre cette vérité simple et dure à la fois, que l’on semble déjà avoir comprise à Paris : soit nos alliés (…) aident pleinement les soldats ukrainiens dans leurs batailles pour défendre les villes et les villages d’Ukraine, soit, un jour, ce sera au tour de vos soldats de sacrifier leurs vies dans des batailles pour défendre les villes et les villages des pays d’Europe centrale d’abord et du reste de l’Europe ensuite ».

La population ukrainienne est donc tenue de tenir quelques années, comme chair à canon, en attendant que l’Europe (pour le compte des États-Unis), avec la France à sa tête, s’arme et se prépare militairement à l’affrontement à la Russie.

Il faut mettre à bas ce plan impérialiste : le socialisme doit renverser la 3e guerre mondiale. C’est cela, la réelle actualité historique !

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Refus de l’hégémonie

Zelensky à Paris pour l’accord France-Ukraine

Le 16 février 2024 après-midi, la France a signé un accord militaire historique avec le régime ukrainien, alors que le matin un accord du même type a été signé entre l’Ukraine et l’Allemagne. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a tout fait dans la journée.

Cela est décidé en toute opacité, sans que le Parlement français ne s’en émeuve d’ailleurs. Tout le monde est aligné sur la superpuissance américaine.

Si la France était déjà largement engagée dans l’hostilité à la Russie, elle est maintenant officiellement liée au régime nationaliste ukrainien, et surtout à un accord militaire ouvertement dirigé contre la Russie.

Il s’agit ni plus ni moins que d’une préparation politique et juridico-pratique à un engagement militaire direct de la France contre la Russie.

Cet engagement se produira très certainement en partenariat avec la Roumanie (des accords étant déjà signés), alors que l’Allemagne s’engagera au niveau de la Pologne. Un accord pour un « corridor » militaire entre l’Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne, facilitant le passage des troupes et du matériel, a déjà été signé le 30 janvier 2024 (l’armée néerlandaise est également déjà un satellite de l’armée allemande).

Lors du discours qui a suivi immédiatement cette signature, Emmanuel Macron a eu des mots très forts contre la Russie, racontant au passage n’importe quoi sur la situation de ce pays (catastrophe économique, émigration massive, absence de crédibilité internationale, volonté d’agresser d’autres pays, etc.).

Il a en tous cas affirmé plusieurs choses, aux conséquences très graves diplomatiquement, indiquant un changement radical de posture de la part de la France.

La première (nous soulignons) :

« La Russie a durci ses postures agressives pas seulement contre l’Ukraine mais contre nous tous.

Aujourd’hui, c’est une nouvelle phase.

La Russie de Vladimir Poutine est devenue un acteur méthodique de la déstabilisation du monde ».

La seconde :

« Ces derniers mois des manœuvres de désinformation, de manipulation de l’information et des attaques cyber se sont systématisées et intensifiées.

La Russie a franchi plusieurs seuils à l’égard des démocraties européennes.

Ce changement de posture marque une volonté d’agression à notre endroit.

L’intensification des agressions, leur changement de nature et les seuils franchis exigent un sursaut collectif. »

Emmanuel Macron affirme donc que la Russie agresse la France. C’est là le discours d’un dirigeant préparant une guerre, c’est typiquement ce que disent tous les dirigeant avant de lancer une guerre.

Plus loin dans son discours, d’ailleurs très court, il a évoqué ouvertement le sujet de l’engagement militaire français (sous l’égide de l’Europe et de l’Otan, car la France n’est qu’une colonie américaine bien entendu).

« Si on voit les choses advenir, une nouvelle phase s’ouvrir, il faut avoir la lucidité d’ouvrir une phase de réflexion stratégique et opérationnelle. »

Une réflexion « opérationnelle », cela signifie la guerre.

Et comme pour souligner cette possibilité tout à fait concrète de la guerre française contre la Russie, Emmanuel Macron a cru bon de préciser que ce n’est actuellement pas le cas, sous-entendant que ça pourrait devenir le cas.

« Que les choses soient claires, la France n’est pas en guerre contre la Russie, ni le peuple russe ».

Toutefois, il a précisé après des engagements très fermes contre la Russie. Il a eu cette phrase particulièrement hostile, mais qui ne consiste en rien de nouveau depuis 2022 :

« Nous sommes décidés à faire échec à la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine ».

Par contre, radicalisant sa position, il a dit que la France est maintenant prête à « bousculer les habitudes », à « en faire davantage », appelant à un « effort de réarmement ».

Dans cette optique, 3 milliards d’euros doivent donc officiellement être distribués à l’Ukraine en 2024, après 1,7 milliards en 2022 et 2,1 milliards en 2023 d’après le Président français.

Précision ici une chose très importante. Cette prise de position française (qui est la même que celle des deux autres grands vassaux américains que sont le Royaume-Uni et l’Allemagne), intervient à un moment très particulier où l’Ukraine connaît une situation très difficile sur le plan militaire.

L’annonce le 17 février 2024 de la prise d’Avdiïvka par la Russie (l’Ukraine parle de son côté d’un retrait volontaire et sans conséquence…) est un moment marquant. C’était une position stratégique de l’armée ukrainienne depuis 2014, contre les régions séparatistes. La stratégie russe d’attrition, d’encerclement minutieux et de pilonnages de cibles très précises porte ses fruits, alors que le matériel occidental offert à l’Ukraine ne permet pas de faire de différence.

Il ne peut maintenant plus y avoir que deux solutions : soit l’Ukraine périclite rapidement, et il y aura des négociations, soit ce sera l’escalade, avec un engagement militaire directe de l’occident.

C’est précisément ici qu’intervient l’accord militaire signé entre la France et l’Ukraine, avec ses conséquences immenses. Pour dire les choses très simplement, cet accord consiste à faire comme si l’Ukraine était membre de l’Otan, tout autant qu’elle prépare son adhésion.

On l’aura compris, cela engage mutuellement les deux pays en cas de conflit futur, ou d’escalade. C’est plus qu’une alliance, c’est la formation d’un bloc militaire. On sait ici très bien qu’il s’agit du bloc occidental, dirigé par la superpuissance américaine, avec en ligne de mire la superpuissance chinoise.

L’Allemagne et le Royaume-Uni ont signé le même type d’accord avec l’Ukraine.

Toujours est-il que cela est maintenant très concret, avec des engagements signés noir sur blanc. De manière générale, il est question du soutien militaire mutuel entre les deux pays, dans la perspective de l’Otan, ainsi que d’une dénonciation aussi forte que systématique de la Russie.

Ce passage est typique :

« Le Participant français contribuera au développement des capacités de protection des infrastructures critiques de l’Ukraine, y compris par des moyens militaires, en donnant la priorité, sans s’y limiter, aux capacités modernes de défense aérienne.

Les Participants envisageront des programmes conjoints d’enseignement et de formation pour les spécialistes de la protection des infrastructures critiques. »

Surtout, l’alliance militaire totale pour l’avenir est gravée dans le marbre, obligeant pratiquement l’engagement directes des deux partie en cas de nouveau conflit :

« En cas de future agression armée russe contre l’Ukraine, à la demande de l’un ou l’autre des Participants, les Participants mèneront des consultations dans les 24 heures pour déterminer les mesures nécessaires pour contrer ou dissuader l’agression.

Dans ces circonstances, et conformément à ses obligations légales et constitutionnelles, le Participant français fournira à l’Ukraine une assistance rapide et soutenue en matière de sécurité, des équipements militaires modernes dans tous les domaines, selon les besoins, et une assistance économique ; il imposera des coûts, économiques notamment, à la Russie et consultera l’Ukraine sur ses besoins dans le cadre de l’exercice de son droit à la légitime défense consacré par l’article 51 de la Charte des Nations unies. »

Forcément, il n’est pas précisé en quoi consisterait une « nouvelle agression armée russe contre l’Ukraine »… Au passage, il est bien préciser que l’assistance doit se faire dans les deux sens.

« Les Participants s’efforceront de faire en sorte que les capacités militaires de l’Ukraine soient d’un niveau tel qu’en cas d’agression militaire extérieure contre la France, l’Ukraine soit en mesure de fournir une assistance militaire efficace. Les modalités, le format et la portée de cette assistance seront déterminés par les Participants. »

Enfin, ou surtout, l’accord interdit de faire à l’Ukraine toute négociation de paix. L’Ukraine est entièrement vassalisées par la France (qui est elle-même un vassal américain) pour servir de chair à canon contre la Russie.

Il s’agit du point 14, intitulé « Redevabilité ».

« Les Participants réaffirment leur engagement à tenir la Fédération de Russie pour responsable des pertes ou des dommages causés à des personnes et à des entités, ainsi qu’à l’État ukrainien, du fait des actes internationalement illicites qu’elle a commis en Ukraine ou contre l’Ukraine, y compris son agression en violation de la Charte des Nations Unies.

Les Participants réaffirment qu’il ne doit pas y avoir d’impunité pour les crimes de guerre et autres atrocités et que la Fédération de Russie doit en assumer la responsabilité juridique, notamment en réparant tout dommage causé par de tels actes, ce qui contribuera également à dissuader de futures agressions et à soutenir la résilience de l’Ukraine. 

Les Participants s’efforceront de demander des comptes aux responsables de crimes de guerre et d’autres crimes internationaux, commis en Ukraine ou contre l’Ukraine dans le contexte de la guerre d’agression de la Russie, conformément au droit international, notamment en soutenant les travaux du bureau du procureur général de l’Ukraine et de la Cour pénale internationale afin de garantir que les allégations de crimes de guerre fassent l’objet d’enquêtes complètes et équitables menées par des mécanismes juridiques indépendants, efficaces et robustes.

Les Participants poursuivront leur engagement au sein du « Groupe sur les options pour la création d’un tribunal sur le crime d’agression contre l’Ukraine ». »

Nous sommes à l’aube d’une troisième guerre mondiale, et la France, notre pays, participe activement à l’escalade menant à ce conflit. Il faut dénoncer l’escalade militaire, il faut dénoncer l’Otan, il faut saboter les plans militaire français de guerre contre la Russie !

Telle est l’actualité réelle, principale, essentielle de notre époque. Tout se définit par rapport à ça !

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Refus de l’hégémonie

Vaste opération de censure sur Telegram en France

La guerre, c’est aussi une guerre de l’opinion, donc de l’information. La France est ouvertement opposée à la Russie depuis maintenant pratiquement deux ans, alors elle censure massivement les sources d’informations russes, ou pro-russes, ou considérées comme tel. Rien ne doit s’opposer au déferlement de propagande de la part de l’Otan qui entraîne l’occident dans l’abîme de la guerre contre la Russie.

Du jour au lendemain en 2022, beaucoup de gens se sont rendu compte qu’internet n’avait rien de « libre » et que la France pouvait tout autant que la Chine décider de ce que les gens ont le droit de lire, voir ou écouter en ligne. Il y avait eu une première vague de censure à l’époque, avec notamment le bannissement de la chaîne d’État russe destinée à l’international : RT (et donc RT-France).

Il reste toutefois assez facile de contourner cela pour qui le veut, avec tout simplement un VPN (qui permet de simuler une connexion depuis un autre pays qui ne censure pas).

Un autre canal très efficace pour les gens soutenant la Russie (ou en tous cas ne soutenant pas l’Otan) est Telegram, où l’on peut poster des messages. De nombreuses chaînes ont été ouvertes, avec une optique très sérieuse et un contenu très dense. De manière générale, ces chaînes sont alignées sur le régime russe, mais pas toujours, ou pas directement et avec des nuances.

Il y a eu en tous cas pendant deux ans un réseau très solide et massif d’informations quotidiennes sur la guerre et son actualité, largement relayé par la fraction des nationalistes français non aligné sur l’Otan (une toute petite minorité donc).

Cela est fait sur un mode « géopolitique », avec une forte inclination pour la théorie sino-russe du monde multipolaire et une large dénonciation de l’occident et de sa décadence. Ce milieu consiste, si on veut, en l’équivalent de la gauche « tiersmondiste » du 20e siècle, mais cette fois en version de droite, avec une approche politico-culturelle très conservatrice et libérale.

Jeudi 15 février 2024, tout cela a volé en éclat avec une vaste opération de la part du ministère français des Affaires étrangères de censure de ces chaînes.

Elles sont inaccessibles pour les personnes ayant un compte Telegram fonctionnant avec un numéro français, en « +33 » (c’est probablement le cas pour tous les numéros européens). Les VPN ne servent ici à rien. Et comme il est relativement fastidieux de contourner cela avec un numéro virtuel pour créer un nouveau compte, cette vague de censure va s’avérer très efficace.

Officiellement, il y a toute une communication avec la mise en avant du service « VIGINUM » qui aurait mené une vaste enquête et découvert un réseau russe de diffusion de fausses informations. Le rapport d’enquête, qui est public, est d’un ridicule sans nom, avec pour titre :

« PORTAL KOMBAT, un réseau structuré et coordonné de propagande prorusse »

C’est une allusion au jeu vidéo « Mortal Kombat ». L’enquête, montée de toute pièce pour la communication du gouvernement français, fait comme s’il existait un énorme bot (un robot, ou programme automatisé) de diffusion massive d’informations directement pilotée par la Russie.

Il s’agit alors de le dénoncer et de le débrancher, en prétendant qu’il ne s’agit pas de censure, mais simplement d’une défense technique, contre un dispositif technique.

Le ministre Sébastien Séjourné y va d’ailleurs franco sur ce mode, se moquant littéralement du monde :

« Je m’adresse directement à vous car nous avons découvert hier une nouvelle opération de manipulation de l’information en ligne (…).

 Nous sommes un pays libre et la liberté en ligne est un principe essentiel. La censure n’a pas sa place chez nous. »

Ben voyons !

En réalité, ce sont de véritables personnes, dont beaucoup de Français, avec des véritables opinions, qui sont censurées.

Que ces opinions soient largement alignés sur la Russie, c’est une chose. Néanmoins, leur expression ne relève pas directement d’une opération russe.

La fermeture des chaînes Telegram francophone « pro-russe » est une censure contre l’opinion public français, dans le cadre de la guerre. Il s’agit clairement et directement d’une censure de type fasciste, de la part d’un État français en pleine décrépitude, devenu l’instrument de la superpuissance américaine.

En fait, « l’astuce » gouvernemental française pour censurer ces chaînes a été de censurer une liste de 20 chaînes Telegram utilisée par le site pravda-fr[.]com (le fameux bot russe, version française) comme source d’information ! Sont donc censurées non pas les chaînes dépendantes de ce prétendu programme russe, mais au contraires celles qu’il citerait le plus comme source !

C’est absolument anti-démocratique, ne reposant sur aucune base légale ; c’est un acte relevant d’un régime français ne reposant plus sur le droit, mais sur les besoins de l’Armée. Et dire qu’il n’y a pratiquement personne à gauche pour dénoncer cela, ni aucun parlementaire prétendument de gauche qui s’y intéressera…

L’Union sacrée pour la guerre de l’Otan contre la Russie est totale en France.

Voici une partie des chaînes censurées. On notera au passage que beaucoup de ces chaînes ont participé à relever l’identité des deux prétendus humanitaires français morts récemment en Ukraine, ou encore la liste de mercenaires français également tués en Ukraine.

  • Erwan Kastel
  • Chroniques conflit Ukraine
  • Kompromatmedia
  • Ukr leaks fr
  • Dombass insider
  • Russosphere
  • Actualité Fr
  • Info Defense France
  • Russie en live
  • Tass fr
  • Géopolitique profonde

Voici la version officielle, présentée dans un communiqué gouvernemental :

« Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Stéphane Séjourné, a dénoncé publiquement le 12 février un réseau de propagande pro-russe, baptisé « Portal Kombat », détecté suite à l’enquête menée par le service VIGINUM. 

L’objectif de sa dénonciation est d’alerter, à titre préventif, l’opinion publique française sur les menaces informationnelles posées par des acteurs russes, notamment dans la perspective des élections européennes.

En poursuivant ses investigations sur ce réseau, VIGINUM a mis en évidence le rôle majeur joué par une entreprise russe domiciliée en Crimée, TigerWeb, dans la création et l’administration des sites du réseau « Portal Kombat ».

Créée en 2015, TigerWeb est une entreprise de développement web dont l’un des fondateurs, Evgueni Chevtchenko, développe et maintient des sites web depuis au moins 2013. VIGINUM a également noté que certains modes opératoires ou contenus diffusés présentaient de fortes similarités avec ceux du réseau Inforos, mis sous sanctions européennes en juillet 2023, permettant ainsi de formuler l’hypothèse selon laquelle la société TigerWeb servirait de prestataire de services au dispositif d’influence russe.

Ces nouveaux éléments techniques sont disponibles dans le rapport publié par VIGINUM hier soir : https://www.sgdsn.gouv.fr/publications/portal-kombat-suite-des-investigations-sur-le-reseau-structure-et-coordonne-de

La France réitère sa condamnation ferme de ces pratiques et partage ces informations avec ses partenaires et les acteurs de la société civile pour analyser et caractériser ces opérations d’ingérences étrangères et ces manipulations de l’information. Les rapports de VIGINUM ont pour objet de partager des données de manière transparente pour nourrir un débat démocratique sur ces menaces.

Aucune de ces manœuvres n’est de nature à entamer le soutien de la France à l’Ukraine dans la défense de son intégrité territoriale. »

C’est une étape dans le verrouillage généralisé en vue de la guerre contre la Russie. Sabotez cette guerre américaine ! Pour la défaite de l’Otan et la déroute de l’occident !

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Événements significatifs

La contestation agricole de janvier 2024

Il n’y a plus de paysans en France. Il n’existe au 21e siècle plus que des entrepreneurs travaillant dans le domaine agricole, systématiquement au service de l’agro-industrie. Si les paysans ont été le pilier du pays, en tous cas numériquement, pendant des siècles, le capitalisme a tout changé au 20e siècle.

Il y a eu l’exode rural, c’est-à-dire de la main-d’œuvre devenant ouvrière allant massivement vers les villes. Puis il y a eu l’industrialisation des campagnes et plus récemment la tertiarisation des campagnes, alors que dans le même temps les aires urbaines se sont étendues loin à la campagne.

En 2020, la France métropolitaine comptait 389 800 exploitations agricoles, environ 100 000 de moins qu’en 2010. Cinquante ans auparavant, en 1970, il y en avait encore 1,6 millions, alors qu’en 1900, près d’un Français sur deux travaillait encore dans les champs…

Les agriculteurs d’aujourd’hui sont ceux qui ont racheté petit à petit les terres des autres, arrachant au passage les haies et utilisant allégrement tout ce que l’industrie leur a vendu comme produits chimiques et engins agricoles. Il y a bien sûr des exceptions, mais c’est à la marge. Et il ne s’agit pas de paysans, mais plutôt de petits entrepreneurs en mode artisanal, avec souvent initialement une vie urbaine ou intellectuelle.

L’aspect positif, c’est que dans un pays comme la France, la population est sortie de la précarité alimentaire. Les risques de maladies végétales et animales, les intempéries, les crises économiques sont relativement maîtrisés et en tous cas ils sont couverts par la quantité de production (concentrée à l’échelle nationale avec des interactions mondiales).

L’aspect négatif, c’est que l’agriculture ne sert plus à nourrir la population, mais à fournir de la matière première pour que l’agro-industrie fabrique des marchandises alimentaires. Ces marchandises sont généralement de très mauvaise qualité nutritives, voire franchement nocives, en plus d’être le plus souvent issue d’une souffrance animale abominable.

Les agriculteurs d’aujourd’hui n’ont pas subi ce système : ils sont dans leur très grandes majorité de droite, c’est-à-dire qu’ils sont réactionnaires sur le plan des mœurs et libéraux économiquement. Ils ont allègrement participé à ce système tout autant qu’ils l’ont promu. Le salon de l’Agriculture de Paris exprime parfaitement cette mentalité.

Les plus mesquins d’entre eux s’en sont très bien sortis financièrement et sont devenus de riches entrepreneurs, roulant en 4×4 flambant neuf et employant une myriade de petites-mains, souvent étrangères pour mieux les exploiter. On imaginera ici un riche viticulteur prenant régulièrement l’avion pour négocier de nouveau marchés à l’export.

Les plus naïfs d’entre eux travaillent sans merci chaque jour de la semaine, ne prennent jamais de vacances et sont l’otage des banques, pour un bénéfice commercial très maigre, offrant une vie à la limite de la précarité. On imaginera ici un éleveur de vaches laitières complètement asphyxié par la multinationale Lactalis à qui il vend tant bien que mal sa marchandise.

Bien entendu, ce sont les premiers qui dirigent les organismes représentatifs des agriculteurs, mais ce sont les seconds qui sont mis en avant pour faire pleurer dans les chaumières.

C’est exactement ce qui se passe en janvier 2024 avec les différents mouvements de contestations et de blocages/manifestations. Deux organisations portent le mouvement, plus ou moins en concurrence.

Il y a la FNSEA (et sa succursale Les jeunes agriculteurs), l’organisation majoritaire qui a recueilli plus de 55 % des voix lors des dernières élections des chambres d’agriculture et qui revendique 212 000 membres. Elle est libérale sur un mode moderniste et turbo-capitaliste, avec une intégration totale à la politique agricole de l’Union européenne.

Et puis il y a la Coordination rurale, qui a recueilli environ 20 % des voix lors des dernières élections des chambres d’agriculture et qui revendique 15 000 membres. Elle est libérale aussi, mais sur un mode plus traditionnel et conservateur ; elle puise son origine dans la critique de la politique agricole de l’Union européenne, avec une tendance au nationalisme.

La 3e organisation est la Confédération paysanne, qui a recueilli un peu moins de 20 % des voix lors des dernières élections des chambres d’agriculture et qui revendique 10 000 membres, mais elle est en retrait de l’origine du mouvement en janvier 2024. Elle est aussi libérale, mais avec une prétention sociale et écologiste, et surtout un conservatisme romantique (d’où l’utilisation abusive du terme « paysan » dans son nom).

La FNSEA est depuis plusieurs semaines à l’origine de la mise à l’envers des panneaux d’entrées d’agglomérations dans les campagnes. La coordination rurale est plutôt à l’origine de blocages importants dans le sud de la France. Tout ce petit monde converge maintenant dans l’idée de bloquer Paris et le marché international de Rungis.

De manière générale, ils dénoncent des charges en hausse, des normes contraignantes (en général des normes écologiques, parfois quelques normes sanitaires), des prix bas, une pression de l’agro-industrie, une concurrence européenne ou mondiale inéquitable ainsi que des négociations insatisfaisantes avec la grande distribution.

Il y a ici forcément les effets de la crise du capitalisme, qui touche tous les secteurs et impose une pression toujours plus forte sur les petites et moyennes entreprises de la part des monopoles, les grands groupes internationaux. Les entreprises agricoles même les plus importantes restent en fait des PME, elles ne pèsent que très peu face aux monopoles.

C’est pour cela qu’il y a une crise dans ce domaine, une crise propre au capitalisme, qui nécessite une analyse approfondie.

Néanmoins, la question se pose aujourd’hui pour la Gauche de savoir s’il faut soutenir ce mouvement, en tous cas les plus petits agriculteurs subissant une pression accrue. Ceux-ci sont l’équivalent rural des immigrés livreurs Uber dans les villes : ils sont indépendants sur le papier, mais sont totalement soumis à un grand groupe en pratique ; leur indépendance ne signifie que précarité, sans aucune garantie propre au salariat.

Le problème réside précisément ici : les petits agriculteurs s’imaginent pouvoir maintenir leur indépendance, ils croient en la fiction d’une meilleure négociation des prix agricoles pour assumer leur rémunération de chef d’entreprise. Ils nient totalement la crise du capitalisme. Ils n’imaginent aucunement s’émanciper des plus gros capitalistes agricoles, ni s’affronter aux monopoles de l’agro-industrie.

S’il y avait des agriculteurs voulant produire une nourriture saine et de qualité, avec une perspective démocratique, avec l’ambition de respecter mieux l’environnement et les animaux… Mais il y a là des gens déversant du lisier, brûlant des pneus, revendiquant de manière racoleuse et outrancière.

Il y a des agriculteurs qui n’en ont en réalité pas grand-chose à faire de ce qu’ils vendent, du moment qu’ils peuvent le vendre sans trop de contraintes administratives, ni de normes écologiques et sanitaires. Et puis, voire surtout, il y a en fait là-dedans énormément de gens qui sont des éleveurs ayant mis en place un système carcéral pour exploiter des animaux servant de matière première à l’agro-industrie.

La Gauche ne peut certainement pas apprécier cela. La contestation agricole de janvier 2024 est clairement et largement de droite. L’image d’Épinal de l’agriculteur qui serait un paysan aimant nourrir les gens est une escroquerie digne des pires films publicitaires. L’agriculture en France en 2024 est monstrueuse, entièrement soumise à une agro-industrie destructrice.

À notre époque, c’est tout ou rien. Soit on change tout en faisant table rase du passé, soit rien ne change en bien, seulement en pire. La crise est bien trop profonde.

Le problème, c’est que personne ne voit ça, ou plutôt ne veut voir ça. Les sondages ne sont pas du tout étonnants : ce serait près de 90 % des Français qui soutiennent la contestation des entrepreneurs agricoles. Avec un tel panorama, la France est mûre pour une victoire de l’extrême-Droite, cela ne fait aucun doute. Nous aurons bientôt notre Donald Trump, notre Jair Bolsonaro, notre Javier Milei.

Des gilets jaunes aux agriculteurs en passant par le mouvement contre la réforme des retraites, les Français veulent simplement maintenir leur niveau de vie et rien d’autre. Ils n’ont ni conscience, ni envergure ; ils se ratatinent à l’image de l’occident.

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Nouvel ordre

La révolution dans le sport !

Dopage, corruption, machine à faire de l’argent : le sport est souillé par le capitalisme… Si la France était un État démocratique et populaire, l’organisation du sport dans le pays n’aurait plus rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui.

Voici un programme détaillé et précis montrant à quoi pourrait ressembler l’organisation du sport si la classe ouvrière prenait le pouvoir.

1/ Principes généraux

a) L’intégrité physique, morale et sociale des personnes est le critère principal déterminant leur pratique sportive. L’épanouissement physique personnel et la réussite sportive collective sont des critères secondaires, liés organiquement au premier critère.

b) La connaissance et la pratique de l’arbitrage, des méthodes d’entraînement et des réflexions doctrinaires régissant la compétition font partie inhérente de la pratique sportive, quelle que soit la discipline et quel que soit le niveau.

c) Dans la jeunesse, le sport scolaire est la norme, avec une association nationale du sport scolaire pour chaque discipline, sous la supervision du Conseil national des sports et sous tutelle du Conseil national de l’éducation intellectuelle et manuelle de la jeunesse.

d) Le sport amateur adulte est le prolongement du sport scolaire. Il fonctionne par des clubs associatifs sur une base territoriale, organisé par les communes populaires et encadré par une association nationale du sport amateur adulte dans chaque discipline, sous tutelle du Conseil national des sports.

e) Le sport élite professionnel et le sport élite de niveau international sont organiquement liés au sport scolaire et au sport amateur adulte, avec en plus un lien de subordination moral et social à ceux-ci.

f) Toutes les organisations sportives sont mixtes ; les hommes ont interdiction de participer aux compétitions féminines, les femmes sont autorisées à participer aux compétitions masculines.

g) Aucune matière d’originale animale (cuir, laine, plumes, etc.) ni aucun produit testés sur les animaux ne sont utilisés pour le sport ; la protection animale est valorisé par le sport (il n’y a pas d’équitation, les installations sportives respectent les animaux sauvages, etc.)

2/ La voie principale du sport scolaire (le parcours normal)

a) La pratique d’une activité sportive principale, sérieuse et sur le long terme, est encouragée pour chaque jeune, quel que soit le niveau. L’objectif est que cette pratique soit largement majoritaire dans la jeunesse, sans jamais être obligatoire.

La formation scolaire intellectuelle et manuelle est l’aspect principal de la vie des jeunes du parcours normal, mais elle doit être organisée de manière à permettre la pratique sérieuse et aboutie du sport.

Chaque discipline est organisée en une association sportive scolaire locale, subordonnée à la direction de l’établissement scolaire et organisée par l’association nationale du sport scolaire de la discipline.

Chaque association sportive scolaire locale doit échanger régulièrement avec les autres associations sportives scolaires locales de l’établissement, dans le but de former les jeunes physiquement et moralement de manière complète.

Les établissements scolaires doivent mettre à dispositions l’encadrement et les équipements nécessaires à l’entraînement et aux compétitions. Ces dernières sont des deux sortes :

  • les compétitions par discipline, organisées localement et régionalement par les associations sportives scolaires locale, avec l’aide du sport amateur adulte et de manière subordonnée aux établissements scolaires. Un championnat national scolaire normal est organisé soit chaque année, soit tous les deux ans, dans chaque discipline ;
  • les compétitions interdisciplinaires et pluridisciplinaires, organisées régulièrement par les établissements scolaires. Les pratiquants de chaque discipline sont nécessairement exclus de la participation aux épreuves de leur discipline respective, mais doivent participer à l’organisation et l’encadrement de celles-ci.

b) Les jeunes n’ayant pas une pratique sportive principale dans laquelle ils s’inscrivent de manière sérieuse et sur le long terme sont encadrés deux fois par semaine pour une activité physique adaptée, sans compétition mais en favorisant le jeu, dans le but de les former physiquement et moralement de manière complète. Une attention particulière est portée au respect de l’intégrité physique et morale de ces jeunes, ainsi qu’au respect de leur intimité.

3/ La voie minoritaire du sport scolaire (parcours élite)

Le parcours élite vise à la formation de sportifs élites professionnels (salariés par un club franchisé) et de sportifs élites de niveau international (indemnisés et encadrés au sein d’un pôle public sportif).

Les jeunes ayant un parcours élites fréquentent les mêmes établissements que ceux de la voie principale, avec un maximum de cours et de travaux pratiques en commun.

Les critères d’accès au parcours élite et le nombre de personnes concernés sont déterminés chaque année par le Conseil national des sports. Le Conseil national de l’éducation intellectuelle et manuelle de la jeunesse et le Conseil national de la planification économique et du travail ont un devoir de regard et un droit de veto sur la détermination des critères et du nombre.

La formation scolaire intellectuelle et manuelle est l’aspect principal de la vie des jeunes du parcours élite, mais elle doit entièrement être aménagée par rapport à l’activité sportive et notamment les compétitions.

Les compétitions sont organisées directement par le Conseil national des sports, avec une portée nationale, indépendamment des établissements scolaires et des différentes associations nationales du sport de la discipline.

4/ Le sport élite professionnel

Le sport élite professionnel fonctionne en clubs franchisés, sur une base nationale, organisés et encadrés par une association nationale du sport élite professionnel dans chaque discipline (dépendante à parts égales de l’association nationale du sport scolaire et de l’association nationale du sport amateur adulte de la discipline), sous la supervision du Conseil national des sports et sous tutelle du Conseil national de la planification économique et du travail.

Les associations nationales du sport élite professionnel de chaque discipline déterminent annuellement le nombre de clubs franchisés ainsi que la nature et le nombre de leurs effectifs. Elles organisent et dirigent une agence de placement des sportifs élites professionnels pour chaque discipline.

Les clubs franchisés sont les employeurs des sportifs élites professionnels ; ils leur fournissent un contrat de travail à durée déterminée pour une, deux ou trois saisons sportives. Les grilles salariales sont strictement équivalentes à celles des ouvriers qualifiés d’usine.

Le sport élite professionnel est interdit avant 18 ans. Les sportifs élites professionnels sont liés jusqu’à au moins 23 ans soit à une formation professionnelle ou une activité professionnelle à raison de 15 heures par semaine, soit à une formation universitaire.

L’association nationale du sport élite professionnel de chaque discipline organise une équipe nationale pour les compétitions internationales. Les jeunes du parcours élite peuvent être convoqués en équipe nationale avec les sportifs élites professionnels. Refuser ou saboter une convocation en équipe nationale est un délit.

5/ Le sport élite de niveau international

Le sport élite de niveau international concerne les disciplines dont les compétitions élites sont disputées uniquement au niveau international. Il fonctionne en un pôle public unique pour chaque discipline (dépendant à parts égales de l’association nationale du sport scolaire et de l’association nationale du sport amateur adulte de la discipline), sous tutelle du Conseil national des sports.

Les pôles publics de chaque discipline déterminent annuellement la nature et le nombre de leurs effectifs. Ils ne sont pas employeurs des sportifs élites de niveau international, ceux-ci étant indemnisés directement par le Conseil national des sports.

Le sport élite de niveau international est possible de 16 ans à 32 ans et chaque sportif élite de niveau international est lié soit à une formation professionnelle ou une activité professionnelle à raison de 15 heures par semaine, soit à une formation universitaire.

Les pôles publics de chaque discipline sont l’équivalent de l’équipe nationale de la discipline.

6/ Le sport de haut niveau amateur

Un statut intermédiaire de sportif de haut niveau amateur est possible pour les sports amateurs adultes les plus populaires et les plus riches en effectifs. Les clubs et compétitions sont spécifiques à ce statut et sont organisées par l’association nationale du sport amateur adulte dans chaque discipline, sous la supervision du Conseil national des sports et sous tutelle du Conseil national de la planification économique et du travail.

Le sport de haut niveau amateur est interdit aux moins 18 ans et aux jeunes de plus de 18 ans n’ayant pas fini leur formation scolaire ou professionnelle. Les sportifs de haut niveau amateur sont liés soit à une activité professionnelle à raison de 25 heures par semaine et avec une semaine de congés supplémentaire, soit à une formation universitaire. Ils sont soit rémunérés en tant que travailleur avec un salaire équivalent à un temps-plein, soit indemnisés en tant qu’étudiant.

Une sanction disciplinaire au travail ou à l’université ou une condamnation pénale engendrent la révocation immédiate du sportif. Le Conseil national de la planification économique et du travail peut suspendre sans préavis et sans limitation de durée le statut de sportif de haut-niveau amateur.

7/ La reconversion et l’engagement des sportifs élites

Avant leur 30 ans révolus, les sportifs élites professionnels et les sportifs élites de niveau international doivent intégrer l’Agence publique de reconversion des sportifs élites, sous tutelle du Conseil national de la planification économique et du travail. Ils disposent d’une année après la fin de leur carrière sportive pour entamer une nouvelle carrière professionnelle.

Les sportifs élites professionnels et les sportifs élites de niveau international, sauf dérogation pour raison médicale, doivent intégrer le sport amateur en tant qu’encadrant ou pratiquant durant minimum 3 années consécutives et ce avant la 10e année suivant la fin de leur pratique élite. Cet engagement est annulé pour les sportifs élites devenant encadrant professionnel dans le sport scolaire, dans le sport amateur adulte ou dans le sport élite.

La formation des encadrants professionnels dans le sport scolaire, dans le sport amateur adulte ou dans le sport élite est assurée par des agences dépendantes du Conseil national de la planification économique et du travail. Il n’y a pas de formation scolaire à l’encadrement professionnel du sport ; il faut être âgée au minimum de 30 ans pour devenir encadrant professionnel du sport, à temps partiel ou à temps complet. Il n’est pas nécessaire d’avoir été sportif élite.

8/ L’économie des clubs franchisés

Les clubs franchisés ne doivent pas avoir de déficit comptable. Le cas échéant, celui-ci doit être rectifié au plus tard deux ans après le premier bilan négatif, sous peine de cessation immédiate d’activité. Les installations sportives des clubs franchisés et les stades appartiennent soit aux communes, soit à l’État, qui les mettent à disposition contre paiement des frais d’utilisation et d’entretien. Les clubs franchisés sont bénéficiaires des revenus de billetteries, mais les tarifs sont fixés annuellement et nationalement par le Conseil national des sports pour chaque discipline.

Les modalités de financement (hors billetterie) des clubs franchisés sont déterminées chaque année par le Conseil national de la planification économique et du travail.

Les transactions économiques entre les clubs franchisés ou avec n’importe quelle structure étrangères sont strictement interdites. Les transferts ne sont possibles qu’après la fin d’un contrat ou la rupture concertée d’un contrat avec l’accord de l’agence de placement des sportifs élites professionnels de la discipline.

9/ Le sport international

Pour chaque discipline, c’est l’association nationale du sport amateur adulte qui adhère à une ou plusieurs fédérations sportives internationales, avec l’accord du Conseil national des relations internationales. L’équipe nationale de chaque discipline ne peut concourir à l’internationale que sous couvert de cette adhésion.

Les sportifs sélectionnés en équipe nationale ont un devoir rigoureux de représentation patriotique à l’international : leur comportement doit être exemplaire et les enjeux de la compétition sportive doivent toujours être subordonnés à la valorisation de l’amitié entre les peuples et au respect mutuel entre les pays.

Aucun sportif ne peut faire valoir son statut pour s’exempter de ses obligations à l’égard de l’Armée populaire pour la défense nationale. Celle-ci, de son propre chef, peut toutefois organiser des aménagements en décalant les obligations.

10 / Le dopage et la santé

L’Agence nationale anti-dopage dispose de tous les pouvoirs de police ; elle fonctionne sous la supervision du Conseil national des sports et sous tutelle du Conseil national de la justice populaire. Elle est adhérente et membre active d’au moins une agence mondiale anti-dopage.

Le dopage constitue un délit grave. Le dopage lors d’une sélection nationale constitue un crime.

L’Agence nationale pour la santé des sportifs défend dans toutes les disciplines et à tous les niveaux un programme vigoureux de promotion de la nutrition équilibrée et des bonnes pratiques de prévention des blessures ; elle dépend directement du Conseil national de la santé.

L’Association nationale des soignants du sport organise dans toutes les disciplines et à tous les niveaux le soin des sportifs ; elle a autorité, sous tutelle du Conseil national de la santé, pour obliger les sportifs au repos afin d’assurer le respect de leur intégrité physique, à court ou long termes. Elle supervise l’ensemble des tests à l’effort et valide les visites médicales de recrutements.

11/ Les associations sportives nationales

Tous les sports autorisés disposent d’une association nationale scolaire et d’une association amateur adulte.

Les sports suivants disposent d’un pôle public national pour les sportifs élites de niveau international :

(le pôle est équivalent à l’équipe nationale)

– athlétisme

– aviron

– badminton

– canoë-kayak

– cyclisme sur piste (sprint)

– cyclisme VTT

– escalade

– gymnastiques

– haltérophilie

– handisport

– natation (bassin)

– natation (eau vive)

– ski alpin

– ski de fond

– sports de glace

– tennis

– tennis de table

– voile

Les sports suivants disposent de clubs franchisés avec une ligue pour les sportifs élite professionnels :

(une équipe nationale sélectionne les sportifs de ces disciplines)

– basketball

– cyclisme sur piste (endurance)

– cyclisme sur route

– football

– handball

– volleyball

Les sports suivants disposent d’un championnat national amateur de haut-niveau :

– athlétisme

– basketball

– football

– handball

– tennis

Les sports de combats et de tir sont strictement interdits. Les différents arts martiaux et le tir relèvent uniquement de l’Armée populaire pour la défense nationale et des polices des assemblées générales.

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Événements significatifs

Les Jeux olympiques, une affaire française

Les Jeux olympiques modernes sont une invention française, avec la figure de Pierre de Coubertin qui en est directement l’instigateur. C’est à l’université de la Sorbonne à Paris qu’il a pour la première fois présenté publiquement son idée d’une grande compétition mondiale et pluridisciplinaire entre différentes nations.

C’était à la fin de l’année 1892, lors d’une conférence internationale de l’Union des sociétés françaises des sports athlétiques, sous le parrainage du Président de la République Marie François Sadi Carnot et la présidence du Grand Duc Vladimir de Russie.

La France était alors une grande puissance mondiale, dont l’Angleterre était la grande rivale, ou plutôt la concurrente. Cette dernière était tournée surtout son propre empire, avec une domination directe et totale ; la France, par opposition, prétendait à une vocation universelle, pour une domination plus épurée, plus diffuse.

Les Jeux olympiques modernes ont été inventés dans ce contexte et précisément pour servir le jeu de grande puissance de la France, c’est-à-dire sa propre influence dans le développement du grand marché capitaliste mondial.

Bien sûr, les choses n’étaient pas formulées (ni même comprises) ainsi et c’est par le prisme de la culture que Pierre de Coubertin est passé pour diriger son œuvre. La mode était à l’hellénisme (la fascination pour la Grèce antique) et le sport était en plein développement : l’idée était alors évidente de proposer de nouveaux jeux « olympiques ».

Le baron Pierre de Coubertin n’était pas le seul à avoir eu l’idée, son grand rival Paschal Grousset prétendait également restaurer sous une forme moderne les olympiades antiques. Seulement, ce dernier était tourné vers le peuple et considérait la nation de manière progressiste, dans une tradition républicaine française typiquement de gauche. Il imaginait donc des « JO » scolaires et nationaux, autrement dit une grande fête populaire de la jeunesse française.

Au contraire, Pierre de Coubertin servait la grande bourgeoisie française, de culture aristocratique, ayant une vision de la nation ouvertement impérialiste. Les « JO » devaient pour lui servir le rayonnement mondial de chaque puissance, a fortiori celle de la France puisqu’elle était une grande puissance parmi les plus grandes.

C’est précisément pour cela que Pierre de Coubertin était attaché à la question de l’amateurisme dans le sport et que l’amateurisme est historiquement lié à l’olympisme moderne.

La chose est très simple à comprendre. À la fin du 19e siècle, c’est l’ensemble de la société française qui se modernise et le sport pénètre toutes les classes. L’aristocratie (liée et mélangée à la grande bourgeoisie) opte alors pour une position défensive (mais agressive) pour préserver son influence et sa domination dans le sport : l’interdiction du professionnalisme dans le sport.

C’était une attaque directe contre les couches populaires et la classe ouvrière en particulier, pour qui il était impossible de combiner une activité quotidienne éprouvante (le travail) avec le sport pratiqué de manière intense.

C’est avec le cyclisme, sport populaire français par excellence, qu’est né le professionnalisme dans le sport, avec d’un côté des industriels embauchant des sportifs et de l’autre des jeunes se faisant embaucher par des industriels pour pratiquer le sport à plein temps.

L’amateurisme devait être un rempart, une fortification contre les influences populaires dans le sport, à une époque où la lutte des classes s’exacerbait de part le développement commun, mais antagonique, de la classe ouvrière et de la bourgeoisie.

La conférence de 1892 à la Sorbonne avait été un échec, la proposition de jeux « olympiques » modernes, trop confuse, y faisant un flop. C’est justement avec la question de l’amateurisme dans le sport que Pierre de Coubertin revint à la charge deux ans plus tard, toujours à la Sorbonne à Paris, pour proposer à nouveaux ses Jeux olympiques.

Le baron le dit ouvertement plus tard, la question de l’amateurisme était un « précieux paravent » pour introduire à nouveau sa proposition, lors d’une conférence internationale sur justement la question de l’amateurisme dans le sport. Toutefois, c’était là la clef : sans l’amateurisme, qui garantissait un contrôle bourgeois, l’idée était impossible à soutenir. Sans l’amateurisme comme garde-fou, les Jeux olympiques devenaient directement un événement populaire avec une portée internationaliste.

Toujours est-il que l’entreprise fût cette fois un succès, en tous cas un premier succès. Pierre de Coubertin, qui avait rédigé le programme de la conférence de 1894, avait habilement introduit ce point à la fin des débats :

« De la possibilité du rétablissement des Jeux Olympiques. – Dans quelles conditions pourraient-ils être rétablis ? »

Le principe en fût voté le 23 juin, avec la perspective d’une première édition à Paris en 1900, puis d’une nouvelle édition dans une nouvelle ville tous les quatre ans. C’est peu ou prou ce qui se passa, à ce détail près que Pierre de Coubertin dût concéder à la Grèce, nation alors en formation (sous influence française), l’organisation d’une première édition du 5 au 15 avril 1896 à Athènes.

Pierre de Coubertin nomma lui-même le premier Comité international olympique (CIO), qui porte aujourd’hui encore ce nom en français, avec la langue française comme langue officielle. Il était composé d’un Grec, de deux Français, d’un Russe, d’un Suédois, d’un Américain, d’un représentant de Bohème, d’un Hongrois, de deux Anglais, d’un Argentin et d’un Néo-zélandais.

Après l’édition d’Athènes, ce fut donc au tour de Paris en 1900, comme prévu. Cela est peu connu, mais c’était en vérité un échec : ces « JO » n’eurent lieu que de manière confidentielle, éparpillés à différents endroits de la ville, entièrement dans l’ombre de l’exposition universelle (connue sous le nom d’Exposition de Paris 1900).

C’était toutefois un tremplin, qui permit au projet de rebondir quatre ans plus tard aux États-Unis à Saint-Louis, puis en 1908 à Londres, puis en 1912 à Stockholm, puis en 1920 à Anvers (la guerre ayant interrompu la chronologie olympique en empêchant l’édition de 1916), puis à nouveau à Paris en 1924, pour un véritable succès mondial français, imprimant définitivement les Jeux olympiques dans l’histoire mondiale moderne.

Le nombre des Comités nationaux passait de 29 pour la précédente à 44 pour cette édition 1924, avec un millier de journalistes sur place, 625 000 spectateurs pour les épreuves et 3 089 athlètes, dont 135 femmes. La cérémonie de clôture et l’établissement d’un « village olympique » furent introduits puis systématiquement repris ensuite.

Les premiers Jeux olympiques d’hiver eurent lieu la même année, également en France, à Chamonix. Cent ans plus tard, en 2024, les Jeux olympiques à Paris n’auront évidemment plus la même portée, ni historique, ni en terme de rayonnement.

C’est là une réalité qu’il faut bien comprendre.

Il est flagrant de voir à quel point le monde à changé au 21e siècle ; la France est n’est plus qu’une puissance de second rang, en pleine décadence et surtout totalement inféodée aux États-Unis et à sa culture « occidentale », en fait cosmopolite. Si les Jeux olympiques sont historiquement une affaire française, ceux de Paris 2024 n’auront plus grand-chose de français culturellement, Paris n’étant d’ailleurs plus vraiment « Paris », mais un simple « endroit » de l’occident en pleine décomposition.

Il faut toujours regarder l’histoire pour saisir quelles sont les tendances à l’œuvre, et ce que cela révèle.

[Illustrations : série de cartes postales publicitaires de 1924 commandée par la marque « Pautauberge » à l’affichiste H.L. Roowy] 

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Planète et animaux

L’hécatombe animale sur les routes

Les animaux sauvages ne traversent pas les routes, ce sont les routes qui découpent les campagnes en long, en large et en travers. Les animaux sauvages ne font que vivre là où ils vivent, ce sont les routes qui se trouvent sur leurs passages.

Le problème d’ailleurs n’est pas tant les routes elles-mêmes, que le fait qu’elles soient empruntées par des bolides en ferraille qui foncent tous azimuts. Comme ces bolides sont nombreux, alors le bilan est terrifiant.

Au crépuscule, à l’aube ou au milieu de la nuit, c’est une hécatombe quotidienne sur les routes des campagnes françaises. Y passer le matin fait froid dans le dos tellement les cadavres d’animaux y sont nombreux, systématiques.

À ces cadavres visibles, d’animaux relativement grands tels les renards, il faut ajouter bien sûr ceux qu’on ne voit pas. Les petits qui, aplatis, se confondent avec le bitume. Ceux qui ont pu avancer jusqu’au fossé avant que l’hémorragie ou les plaies ne les déciment, ou pire qui ont survécu avec une blessure grave leur promettant une lente agonie. Et il y a ceux qui ont été projetés loin de la route, comme les oiseaux. Ceux dont c’est la mère qui est morte et qui, trop jeunes, sont condamnés à une mort lente et douloureuse, après des jours de détresse.

Quelques études sont menées et on peut trouver des chiffrages, qui valent ce qu’ils valent. Une synthèse a été faite de 90 enquêtes menées dans 24 pays : elle estime que chaque année en Europe, ce sont 194 millions d’oiseaux et 29 millions de mammifères qui sont tués sur les routes.

En ce qui concerne la France, il y a les assurances auprès desquelles sont déclarées 65 000 collisions chaque année (donc forcément des collisions conséquentes), avec pour près de la moitié des cas un véhicule inutilisable suite à la collision.

Dans les Deux-Sèvres, chaque année les chouettes percutées sont recensées : elles sont plus d’une centaine, en générales des jeunes peu expérimentés, surpris par la hauteur d’un poids-lourd.

On peut trouver aussi le chiffrage de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) qui estime entre 1 et 3 millions le nombre de hérissons tués chaque à années sur les routes du pays.

C’est un carnage. C’est aussi une atteinte grave à la biodiversité.

Les espèces particulièrement menacées par cette hécatombe sur les routes sont les lynx, les blaireaux, les porcs-épics, les tortues, les hérissons et les hiboux. Sinon, on retrouve parmi les victimes de la route essentiellement des chouettes, faucons, milans, chauve-souris, merles, éperviers et passereaux ainsi que des renards, blaireaux, écureuils, martres, lapins, lièvres, sangliers et chevreuils ou encore des salamandres, couleuvres et crapauds.

En Haute-Garonne, l’association environnementale Via Fauna a fait quelque chose de très intéressant, très éclairant. Un sanglier a été équipé d’un GPS, pour suivre sa trace. En un an, il a fait pas moins de 3 300 franchissements de route, une dizaine par nuit !

Le chiffre est éloquent. Souvent, les automobilistes, coupés de la nature, ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez, s’imaginent que l’animal qu’ils viennent d’écraser ou de percuter est stupide, car il aurait dû faire attention à son bolide fonçant plein phare. En pratique, on voit bien que la question ne se pose pas comme ça.

Les animaux sauvages passent en fait beaucoup de temps à traverser les routes ; ils ne peuvent tout simplement pas tout éviter. Surtout sur les petites routes de campagne où le trafic n’est pas dense, où des véhicules surgissent littéralement après des dizaines de minutes ou des heures de calme.

D’autres facteurs expliquent également ce désastre, notamment la physionomie des campagnes transformées par le capitalisme. La disparaissions des haies, qui se concentrent en général maintenant seulement en talus le long des routes, explique logiquement que les animaux se concentrent le long des routes.

Il y a aussi la chasse, qui stresse et chamboule énormément les animaux sauvages, même quant ils ne sont pas ciblés eux-même. Cela engendre directement des grands mouvement, y compris la nuit, et donc des risques de collision.

L’honneur et le devoir d’une société nouvelle, tournée vers la nature et découvrant enfin les animaux, sera de freiner massivement cette hécatombe. Le sujet doit être posé sur la table dès le début d’un nouveau pouvoir en place, de manière démocratique, c’est-à-dire en impliquant absolument tout le monde.

Il y a déjà de nombreuses choses à mettre en place. La première est de faire un recensement systématique et minutieux de ces collisions. On découvre alors forcément des points noirs (ce genre d’étude est déjà pratiquée et éprouvée), ce qui permet de découvrir des passages particulièrement fréquentés.

Il est alors possible de mettre en place un système de clôture, au mieux un kilomètre en amont et en aval du dit point. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cela ne reporte pas forcément le problème plus loin, mécaniquement. Parfois, tout simplement, les animaux sont dirigés naturellement vers un passage plus sûr.

Il est possible également d’organiser des passages. Soit sous les routes, soit au dessus, pour les plus grandes infrastructures. Cela existe déjà et cela doit devenir absolument systématique et généralisé, avec l’idée d’organiser des corridors écologiques efficaces avec un maillage sur toute la France.

Il faut également de la signalisation et des mesures de restriction ou d’encadrement de la circulation, pour protéger au mieux ces points noirs.

De manière générale, la vitesse doit être réduite à 70 km/h sur les routes secondaire dès la tombée de la nuit et à 50 km/h dans les zones particulièrement à risque. Les automobilistes doivent également être formés pour apprendre à mieux anticiper les risques de collision.

Certaines zones doivent être sanctuarisées la nuit, c’est-à-dire que ces routes doivent être interdites dès le crépuscule et jusqu’à l’aube. Aussi, cela va de soit si l’on réfléchit ainsi : de nombreuses routes doivent être ni plus ni moins que fermés tout le temps aux véhicules motorisés, en y autorisant que les engins agricoles, les secours et les cyclistes.

Enfin, il faut une mobilisation générale et massive pour replanter et générer des haies et des arbres dans les campagnes, loin des routes, dans les champs, en cherchant à favoriser le développement de corridors écologiques nouveaux et sécurisés.

Des systèmes d’effarouchement légers peuvent être envisagés pour les cas où il est estimé que la circulation nocturne doit être maintenue malgré tout, en équipant directement les véhicules.

Forcément une multitude d’autres solutions est à découvrir grâce à l’ingéniosité populaire. Quand on cherche, on trouve ! Alors il faut chercher, il faut s’intéresser aux animaux et ne plus tourner les yeux face à l’hécatombe sur les routes.

L’humanité doit savoir reculer, s’effacer quand il le faut, et surtout se mettre au service de la nature et des animaux. Elle doit aimer et servir la biosphère dans laquelle elle vit et dont elle fait partie.

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Vie quotidienne

Même Noël est devenu moche

Dans l’imaginaire, Noël c’est encore l’image d’Épinal de la personne arpentant les boutiques et scrutant les vitrines à la recherche du cadeau idéal pour chacun de ses proches. Ce serait une ambiance, chaleureuse et réconfortante ; ce que d’aucun nomment la « magie » de Noël.

En pratique, cela est de moins en moins vrai. Le capitalisme n’en finit plus de tout lessiver et même Noël est devenu moche. Le problème n’est pas tant que Noël n’est plus une fête populaire et familiale, mais d’abord et surtout une orgie de consommation. Cela fait déjà longtemps que c’est comme ça, au moins 30 ou 40 ans.

Viggo Johansen, Glade jul (1891)

Le problème, c’est que même cette orgie de consommation n’a pratiquement plus de valeur, plus aucune « magie ». Le comble en effet, c’est que Noël consiste maintenant bien plus en une ruée vers les points relais pour retirer des objets commandés à la chaîne sur internet.

On ne choisit rien, on colle à des listes, comme pour les enfants gâtés. Une tireuse à bière pour lui, un sèche cheveux connecté pour elle. Une PlayStation 5 pour un autre qui s’identifie comme un gamer, un K-way horriblement cher pour une autre qui se rêve bobo.

Alors on part au plus pressé sur internet, en s’imaginant parfois faire une bonne affaire grâce aux prix agressifs de certaines plateformes sur certains produits d’appel. Plus de boutiques à faire donc, simplement du temps, beaucoup de temps sur internet, puis la queue dans des points relais bondés et débordant de colis jetés en vrac, sens dessus dessous.

Les cadeaux ne voyagent plus dans la hôte en osier du Père Noël (historiquement mis en avant par Coca Cola d’ailleurs), mais dans la hotte en tissu délavée et trouée du livreur pressé qui balance ça à la chaîne, de boutique point relais en boutique point relais.

Les commerçants se rendent alors compte alors qu’ils ne sont plus des commerçants, mais des supplétifs mal rémunérés des plateformes en ligne. Quelques centimes par colis ! Certains râlent un peu pour passer leurs nerfs et la presse locale ou nationale, papier ou internet, télé ou radio, est très contente de relayer ça. « Les points relais d’Avignon débordés », « Nancy : à l’approche de Noël, les relais colis saturent », « On ne sait plus où donner de la tête », etc.

Le Télégrame raconte très bien cette scène devenu typique :

« Des colis par terre, des colis sur le guichet, par dizaines. Il en arrive quasiment une centaine par jour au bar La Barrière à Saint-Martin-des-Champs (29) et une grande pièce leur est aménagée. En fin de matinée, ce mercredi, un flux incessant de clients va et vient. En cinq minutes, trois d’entre eux réclament un colis. Et malgré un large sourire affiché, les trois employés se marchent dessus et ne s’arrêtent jamais. »

Les prévisions de La Poste pour la période du Noël 2023, c’est 106 millions de Colissimo, en hausse de 6 % par rapport à 2022. Pour Chronopost (filiale de La Poste), c’est 50 millions (+12%) dont la moitié en point relais.

Du coté de Mondial relay, spécialiste de la livraison en point relais avec 12 000 commerçants affiliés en France, ainsi que 4000 armoires « Lockers », 1 500 intérimaires ont été recrutés pour la période. La plateforme flambant neuve de Harnes près de Lens (Pas-de-Calais), fleuron affiché du groupe, évoque jusqu’à 400 000 colis traités par jour contre 250 000 en temps normal.

Il y aussi DHL, UPS, Relais colis, Fedex, GLS. Et puis il y a Amazon qui gère directement une grande partie de ses acheminements. Ce sont des dizaines de millions de colis qui s’amoncèlent, dans une course effrénée et aliénée à la consommation.

Voilà à quoi ressemble le capitalisme absolument généralisé et systématisé à notre époque. Il n’y a plus aucune saveur, il n’y a même plus vraiment de Noël ; il est grand temps de renverser la vapeur, d’instaurer de nouvelles valeurs.

Là c’est vraiment flagrant : le capitalisme a gagné, et donc… il a perdu. Il n’a plus de contenu du tout, il tourne sur lui-même.

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Rapport entre les classes

Symbolique: la CGT perd EDF

Quel coup de tonnerre ce fut !Le lundi 13 novembre 2023, la CGT s’est fait ravir la première place des organisations syndicales représentatives chez EDF, son bastion parmi les bastions.

Avec 30,31 % des voix, elle est passée derrière la CFE-CGC qui en a recueilli 33,08 %. C’est indéniablement une page de l’Histoire de France qui se tourne, la fin de toute une époque.

En pratique, on peut dire que c’est la CGT qui a fait EDF depuis sa fondation en 1946 par Marcel Paul, et à laquelle était rattachée GDF.

On parle ici de quelque chose de très particulier, une expérience sociale extrêmement puissante. Cela a consisté en deux aspects.

D’abord, sur le lieu de travail, la CGT avait son mot à dire sur toutes les grandes décisions et sur toutes les affaires courantes, à commencer par les embauches. Rien ne pouvait être fait sans la CGT et comme la CGT était partout, c’est en fait elle qui faisait tout.

Chaque travailleur, chaque « électricien » ou « gazier » pouvant très facilement rejoindre la CGT, cela faisait que des ouvriers embauchés très jeunes et sans diplômes pouvaient très rapidement et facilement gravir les échelons (tout en restant ouvrier, d’ailleurs). L’intégration des ouvriers à l’entreprise a donc été immense, voire totale. Bien au-delà du corporatisme d’ailleurs, car il y avait de manière sous-jacente toute une vision de la société et du « service public ».

L’autre chose, c’est le comité d’entreprise, la CCAS. Dès l’origine en 1946, il a été négocié quelque chose de fondamental : la CCAS (Caisse centrale des activités sociales) ne devait pas être financée à hauteur d’1 % de la masse salariale, comme c’est le cas partout ailleurs, mais avec 1 % du chiffre d’affaires. Qui plus est, c’est exclusivement aux représentants du personnel, donc à la CGT, qu’en est revenue la gestion.

On comprend toute de suite la manne que cela a pu représenter durant toute la seconde moitié du 20e siècle. La Caisse centrale d’activités sociales a été extrêmement puissante, proposant un accompagnement social exceptionnel aux travailleurs, en plus de gigantesques services de loisirs et de vacances .

Être ouvrier chez EDF ou GDF, c’était l’assurance de trouver un logement, d’être aidé pour les enfants, en cas de coup dur ou de handicap, de partir à la mer chaque été et d’envoyer les enfants au ski chaque hiver, etc.

C’était des « arbres de Noël » (fêtes de Noël) avec de grands moyens culturels en termes de spectacles et de jolis cadeaux pour les enfants, à choisir dans un large catalogue. Pour ce qui est de la culture, il y avait (il y a encore, d’ailleurs), des œuvres culturelles toute l’année, que ce soit des sorties sportives ou touristiques, ou bien des spectacles. À la fin du 20e siècle, à son apogée, la CCAS était devenue l’un des plus gros programmateur culturel estival de France, avec au moins un spectacle gratuit et de qualité par semaine dans chaque centre de vacances.

Dès 1950, la CCAS accueillait 20 000 jeunes répartis dans 62 colonies de vacances. Dès les années 1970, elle mettait en place les premières expériences d’intégration d’enfants handicapés. Depuis, elle a acquis un savoir-faire important et avec des moyens pour accueillir les enfants et adultes handicapés en vacances.

Au tournant des années 2000, la CCAS était propriétaire de plus de 200 centres de vacances, tous de qualité, dont beaucoup situés dans des endroits parmi les plus prisés de France.

Seulement voilà, cela n’a jamais consisté en le Socialisme et la lutte des classes, mais uniquement en de la cogestion du capitalisme. La CGT à EDF, c’était pour la bourgeoisie française un compromis très intéressant : des miettes en or contre la paix sociale, ainsi qu’une productivité électrique énorme et fiable.

La CGT a en ce sens entièrement et consciemment participé à cette horreur qu’est le nucléaire.

Au 21e siècle, tout cela n’a évidemment plus de sens. Le capitalisme est maintenant à son apogée, la consommation est partout, la classe ouvrière est broyée psychologiquement et éparpillée socialement. La CGT est devenue un boulet au pied d’EDF, elle-même un monstre.

Alors il y a eu la dérégulation du marché, puis l’ouverture aux capitaux privés (puis la re-nationalisation en raison de la crise). Tout ce en quoi la CGT a cru pendant plus de 50 années, ou fait semblant d’y croire pour justifier sa corruption, a fini par s’effriter.

La CGT chez EDF a donc perdu sa raison d’être, malgré un ancrage gigantesque. Les employés, qui sont maintenant surtout des cadres supérieurs et des ingénieurs, ont acté le tournant, en reléguant la CGT derrière la CFE-CGC, le « syndicat » des cadres par nature.

Pour ce qui est des ouvriers restant chez EDF, ils sont surtout chez Enedis (filiale d’EDF) et ont un travail en général très qualifié et bien payé, avec du bon matériel, des bonnes conditions. Ce sont ceux par exemple qui escaladent les pylônes pour rétablir le courant après une tempête.

Ces ouvriers sont bien loin de la CGT et de son style gueulard, merguez-saucisse et sa pratique odieuse des coupures volontaires de courant en cas de protestation.

La CGT chez EDF est maintenant clairement une relique du passé, un passé d’autant plus proche qu’il est fui à tout prix. C’est vraiment un contre-exemple sur le plan moral et culturel, et un véritable exemple de comment le capitalisme a une incroyable force de corruption.

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Rapport entre les classes

Le «ticket resto» comme moyen de baisser les salaires

Initialement, les titres restaurant, sont une aide au repas du midi de la part d’entreprises qui ne fournissent pas un service de restauration, mais qui veulent proposer quelque chose aux employés. Il était donc prévu de les dépenser dans un restaurant, ou bien un snack ou une boulangerie, lors d’une pause repas.

Le principe est que l’entreprise paie la plus grosse partie du titre et l’employé n’en paie qu’une petite partie. Ainsi se fait l’aide, mais donc directement pour le repas de la pause lors des jours travaillés. Les « tickets resto » ne peuvent être octroyés que pour les jours effectivement travaillés et avec une pause repas (pas seulement une coupure) ; il n’y a donc pas de titres restaurant délivrés pour les jours de congé ou d’arrêt maladie.

Les restaurateurs ont beaucoup apprécié ce principe. En effet, les détenteurs de ces « tickets resto » y voyaient une sorte de bons gratuit pour le restaurant et se permettaient des repas qu’ils n’auraient pas pris avec leur propre salaire. D’ailleurs, il y avait parfois l’idée de devoir liquider ses « tickets resto » avant qu’ils ne périment, et donc encore plus l’idée d’un repas pas cher, qui n’aurait pas été pris autrement. Cela a largement profité aux petits restaurants surtout, c’est-à-dire des fast-food et autres kebab.

On peut dire déjà qu’à l’origine, ces titres restaurants ont été un cadeau empoisonné, car encourageant la malbouffe.

En raison de la crise et particulièrement de l’inflation, il y a eu toutefois un grand changement. En 2022, une loi a permis l’utilisation de ces titres restaurant pour l’ensemble des courses alimentaires. En fait, il y avait déjà l’habitude prise par certains de payer une partie de ses courses avec ces titres, mais cela pouvait s’avérer très aléatoire en raison du fait que seuls les produits prêts à manger étaient pris en compte.

Avec cette loi, cela devenait beaucoup plus facile et cohérent de se servir de ces titres lors de ses courses, car tout l’alimentaire est devenu directement éligible. Par exemple, le sel et le poivre, l’huile d’olive, le beurre de cacahuète, la farine, etc.

Parallèlement se sont développés les cartes à puce (type carte bancaire) en remplacement des tickets classiques, détachables dans un carnet type chéquier.

Ces derniers avaient en effet le grand inconvénient d’être plafonnés par en haut et par en bas. C’est-à-dire qu’avec un ticket d’une valeur de 9 euros, il fallait forcément avoir une note supérieure, au risque de perdre la différence. Et inversement, il fallait faire le complément directement pour une somme supérieure. Cela était peu pratique à la caisse, alors que cela restait acceptable au restaurant (avec cette idée d’un ticket de réduction).

Avec les cartes de titres restaurant, c’est beaucoup plus simple : le plafond maximal est de 25 euros par jour (sauf jours fériés) et on utilise directement le crédit utile.

Si on fait 14 euros et 22 centimes de courses, on paie directement avec sa carte « tickets resto », et ce sans contact qui plus est. Si l’on fait 74 euros de courses, on paie d’abord 25 euros avec la première carte (sans contact) puis 49 euros avec la carte bancaire habituelle (toujours sans contact). C’est simple et rapide.

Ainsi, les titres restaurant ont largement changé de nature. D’une aide, tel un service concernant les pauses repas au travail, ils sont devenus directement un élément de rémunération.

En 2023, plus de la moitié des sommes titres restaurant sont utilisées ainsi.

La dérogation pour l’éligibilité de l’ensemble des produits alimentaires aux titres restaurant devait prendre fin en janvier 2024, mais cela a été repoussé. Il a donc été officiellement et durablement entériné cette utilisation détournée des titres restaurant, qui va se généraliser.

Maintenant, venons-en à la question des salaires et de leur baisse. C’est très simple : avec une rémunération normale, il y a un salaire dit brut, qui est le vrai salaire, ainsi qu’un salaire net, qui correspond à la somme que l’on reçoit sur son compte en banque.

Avant, jusqu’au début des années 2000 peut-être, les ouvriers et les employés avaient une conscience sociale élevée en France. Ils connaissaient très bien le salaire brut et considéraient que la différence avec leur salaire « net » leur revenait, comme salaire socialisé, différé. Les cotisations et contributions salariales obligatoires étaient considérés comme un acquis et une chose à défendre.

Après les années 2000, le capitalisme s’est tellement développé, il est tellement devenu un rouleau compresseur faisant que tout est marchandise et consommation, que cette conscience du salaire brut a disparu. Seul compte donc le « net », que l’on peut dépenser soi-même en tant que consommateur. Le salaire « brut » est quant à lui considéré comme une chose étrange, à laquelle on ne s’intéresse pas, si ce n’est pour critiquer « l’État » qui « se sert ».

Si on faisait un référendum en 2023 pour demander aux salariés s’ils veulent la disparition du salaire brut en le transformant en net à payer, pratiquement tout le monde serait pour ! Ce serait bien sûr une grande catastrophe sociale, mais personne n’en aurait conscience et il serait très dure de convaincre du contraire.

Eh bien c’est exactement ce qu’il se passe avec les titres restaurant. Puisqu’ils servent maintenant à faire ses courses, il sont devenus directement un élément de rémunération. Et c’est une rémunération brute, sans cotisation sociale ni prélevèrent obligatoire.

Il ne faut pas regarder que du côté du salarié. Pour l’employeur également, cela change la donne : il y a des charges à payer à côté d’un salaire brut, pas pour des titres restaurant (ou très peu) !

On ne parle pas ici de sommes anecdotiques, mais de 150 euros à 250 euros par mois. C’est extrêmement conséquent dans la rémunération.

Les titres restaurants sont donc du salaire défiscalisé, échappant largement aux cotisations sociales. C’est un moyen pour le capitalisme de baisser directement les salaires (en n’augmentant pas suffisamment en raison de l’inflation) tout en le cachant à court terme avec une rémunération nette qui semble faire l’affaire.

Même s’ils ne servent plus à aller au kebab ou au tacos, c’est encore un cadeau empoisonné !

Ainsi, les titres restaurants sont un moyen de la grande restructuration économique dans le cadre de la crise du capitalisme. Il s’agit d’augmenter la pression sur les ouvriers et les employés, pour garantir les bénéfices capitalistes ; la baisse des salaires est une forme incontournable de cette pression.

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Vie quotidienne

Non au sac à dos à vélo!

Partir se balader ou faire du sport à vélo demande quelques équipements. Par facilité, par manque d’autres solutions, il est parfois opté pour le sac à dos afin de tout emporter. C’est dommage, car cela n’est pas agréable, surtout à cause de la transpiration. Il existe vraiment beaucoup d’autres solutions !

1/ La boite à outil

On y met une chambre à air, un jeu de démonte-pneu, une petite pompe, un jeu de clef Allen.

On peut en acheter dans le commerce, pas cher, étanche et résistant. On peut aussi la fabriquer avec un vieux bidon que l’on découpe. Mais c’est moins étanche !

Inconvénient : il faut mobiliser un des deux porte bidon, ce qui est dommage si on a besoin de beaucoup boire.

Sur les vélos type gravel ou randonnée, il existe souvent la possibilité de fixer un 3e porte bidon sous le tube oblique du vélo. Contrairement aux apparences, ça ne risque pas de frotter au sol, même lors d’une sortie sportive en chemin !

Le Z Box de la marque française Zéfal coûte environ 5 euros.

2/ La sacoche à outil

Il existe de nombreux modèles, souvent pas chers, qui se fixent sous la selle. C’est pratique et on y met l’essentiel.

Attention, il faut de la bonne qualité, car c’est sujet à secousses et frottement ; le risque est d’abîmer vite une sacoche de mauvaise qualité ou qui se fixe mal.

Pour environ 15 euros, la marque allemande de chambre à air Schwalbe propose une sacoche déjà équipée !

3/ Le maillot cycliste

Outre qu’il soit doté d’une matière idéale pour évacuer la transpiration et qu’il permet d’être très à son aise en roulant, le maillot cycliste a un autre avantage très grand : il dispose de grandes poches à l’arrière !

Il faut éviter les modèles deux poches. Celles-ci sont trop larges et les affaires ont tendance à se balader. L’idéal sont les modèles avec trois poches. Certains ont même une quatrième petite poche avec fermeture éclair pour les clefs.

Toutefois, si l’on glisse bien ses clefs au fond d’une des poches, elles ne risquent pas de partir !

On met typiquement dans ses poches une compote en tube, un barre de céréale, une banane et pourquoi pas une chambre à air !

La marque espagnole Siroko propose des modèles esthétiques à un très bon rapport qualité/prix. Par exemple ce modèle manche longue de bonne qualité est vendu environ 50 euros.

4/ La veste de pluie

De nombreuses marques proposent des vestes de pluie spécifiques pour le cyclisme. Elles sont légères et compactes, ce qui permet de les ranger en boule dans une poche arrière.

Astuce : avec un maillot cycliste bien ajusté, on peut tout à fait glisser dans son dos, sous son maillot, une veste non pliée dont on veut se débarrasser tout en roulant. Celle-ci ne risque pas de tomber et on oublie sa présence en quelques minutes.

Le problème des vestes de pluie par contre est qu’elles sont très peu ventilées. Si elles protègent de la pluie, elles donnent souvent très chaud. Évitez de vous encombrer avec si c’est pour quelques gouttes probables ! Mieux vaut la pluie ! Par contre, si les averses sont menaçantes, c’est un accessoire indispensable.

On en trouve à tous les prix, plus ou moins résistantes, plus ou moins imperméables, plus ou moins ventilées.

Si on veut et peut y mettre le prix, on peut se tourner vers du haut de gamme comme la marque italien Ale qui propose un modèle Guscio Clever de très bonne qualité, que l’on ne trouve pas à moins de 80 euros.

5/ Les manchettes et le chasuble (gilet)

Pour se prémunir contre la fraîcheur éventuelle lors d’une sortie, pas besoin de s’encombrer d’un gros sweat shirt dans son sac à dos ! On peut emmener une paire de manchette ainsi qu’un chasuble (gilet) ajusté. La combinaison des deux accessoires est très efficace, et surtout cela ne prend pas de place et se glisse facilement dans une poche de maillot cycliste ou une sacoche.

La marque italienne Castelli propose en général des produit à un bon rapport qualité/prix, comme ce gilet (environ 35 euros) et ces manchettes (environ 25 euros).

6/ La mini sacoche de tube de cadre

Très pratique, il existe différentes tailles et formes. Les petits modèles sont idéales pour mettre un téléphone (sauf s’il est trop gros comme beaucoup de smartphone de nos jours) et des clefs ainsi qu’une barre de céréale.

Encore une fois, la marque française Zéfal propose de la qualité à des prix très abordables. Voici quelques modèles de différentes tailles, tous à environ 20 euros.

Le Z FRAME PACK (1,5 litres) :

Le Z Aero (0,4 litre) :

Le Z ADVENTURE (1 litre) :

7/ La pochette étanche

Si l’on met son téléphone dans la poche arrière d’un maillot cycliste, gare à l’humidité avec la transpiration ou la pluie ! Il vaut mieux une pochette étanche. On peut également y mettre ses papiers, sa carte de crédit, ses clefs !

La marque anglaise Muc-Off en propose toute une gamme d’excellente qualité, parfaitement étanche, pour environ 20 euros.

8/ La petite et grande bagagerie

Pour les expéditions plus importantes, ou bien si l’on veut pouvoir s’arrêter et donc disposer par exemple de son appareil photo, d’un sweat, d’un cadenas, etc., il existe toute une gamme de bagagerie. Même sans porte bagage !

Il faudrait un article à part entière, tellement il existe de possibilités et de produits. On retiendra ici la marque anglaise Restrap qui propose une gamme très intéressante et inspirante. Tout est fait main au Royaume-Uni et la plupart des produits (probablement tous) sont certifiés vegan.

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Refus de l’hégémonie

Ni Hamas, ni Israël : ni Pékin, ni Washington

On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels : c’est une vérité qu’on sait bien vraie, lorsqu’on est loin des nationalismes et de l’aveuglement causé par le sang versé. L’affrontement entre le Hamas et Israël le montre bien ; plus on est loin de tout ça, plus on se dit que c’est de la folie, de la folie furieuse, de la folie sanglante.

Oui mais, diront avec justesse les soutiens d’Israël, le Hamas a causé des massacres dont le caractère ignoble dépasse l’entendement. Impossible de ne pas vouloir venger des femmes et des enfants coupés en morceaux et assassinés, et encore est-ce là un euphémisme pour ne pas décrire les horreurs commises.

Oui mais, diront en étant dans le vrai les amis des Palestiniens, en quoi la population de Gaza bombardée serait-elle responsable des agissements du Hamas ? En quoi les enfants, qui forment une bonne proportion des 10 000 morts (au moins) à Gaza, sont-ils coupables ? En quoi la destruction de Gaza rattrape-t-elle les 1300 morts israéliens et ramène-t-elle les 300 otages pris par le Hamas ?

Eh oui, tout cela est vrai, et les Russes et les Ukrainiens pourraient dire des choses tout à fait similaires. Et tout cela est irrattrapable, car c’est l’engrenage, un engrenage qui dépasse bien les Palestiniens et les Israéliens, les Ukrainiens et les Russes.

Car les Palestiniens sont sous la coupe du Hamas, le Hamas est financé par le Qatar et armé par l’Iran, deux pays en pleine logique expansionniste et en phase avec la Chine qui veut remettre en cause l’ordre mondial, à son profit bien sûr. Quant aux Israéliens, ils servent de jouet à la politique américaine dans la région, d’où viendraient sinon tout cet argent et cet armement fournis ?

Nikolay Beliaïev, Les heureux. 1949

L’Ukraine est de son côté devenue une colonie américaine pour mener la guerre à la Russie, et cette dernière est passée sous la coupe chinoise. Même si l’Ukraine et la Russie voulaient s’arrêter, ils ne le pourraient pas, pris dans l’élan d’une mécanique inexorable happant les pays les uns après les autres. Il faut d’ailleurs s’attendre à ce que le Venezuela soit le prochain foyer de tension ?

En vérité, l’affrontement Hamas-Israël, celui Ukraine-Russie, et tous ceux à venir, ne sont rien d’autre, dans leur substance, qu’un aspect du grand affrontement mondial entre la superpuissance américaine et son challenger, la superpuissance chinoise.

Croire qu’on défend les Palestiniens en parlant de la Palestine ou qu’on défend les Israéliens en parlant d’Israël est une fiction : dans les faits, on rentre dans un agenda, celui des superpuissances.

Il n’est bien entendu pas facile de se séparer d’un tel agenda, d’agir en toute indépendance. Mais c’est un préalable, qui doit être conscient, assumé, affirmé. Sans cela, on meurt pour bien autre chose que ce pour quoi on croit mourir. Comme les paroles d’Anatole France, écrites dans L’Humanité en 1922, sonnent justes un siècle après !

« Ceux qui moururent dans cette guerre [de 1914-1918] ne surent pas pourquoi ils mouraient.

Il en est de même dans toutes les guerres. Mais non pas au même degré.

Ceux qui tombèrent à Jemmapes [dans les rangs de la République française en 1792 contre l’invasion de la monarchie autrichienne] ne se trompaient pas à ce point sur la cause à laquelle ils se dévouaient. Cette fois, l’ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. »

Heureusement, on peut être certain que la majorité des Français a compris cela et voit d’un très mauvais œil les agitations des uns et des autres afin d’embrigader dans une démarche nihiliste. On reproche souvent aux Français d’être passifs, avec raison, mais cette passivité fondé sur le scepticisme rationaliste à la française a parfois son bon.

Il ne faut pas se laisser piéger par les romantismes irrationalistes faisant qu’on se retrouve à la traîne d’aventures nationalistes dont la seule issue est la catastrophe. Le nationalisme, c’est la guerre.

Et il faut lui opposer le romantisme du Socialisme, le romantisme de la paix correspondant avec le progrès, le collectivisme avec l’épanouissement personnel… L’objectif véritable, c’est la République socialiste mondiale, c’est le phare qui doit guider toute action et tout ce qui ne s’accorde pas avec ça doit être rejeté !

Alexandre Samokhvalov, Sergueï Kirov revoit la parade athlétique, 1935
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Vie quotidienne

Les fast-foods ont entièrement conquis la France

Le succès de McDonald’s a accompagné la généralisation de l’industrie de la viande. McDonald’s est une entreprise qui a des milliards de dettes, et qui peut se le permettre, car elle achète des locaux. Ceux-ci sont loués pour une somme élevée à des franchisés vendant des burgers. McDonald’s est ainsi une entreprise immobilière qui a accompagné la disponibilité de la viande.

Le capitalisme des fast-foods des années 1989-2021 est relativement différent, car il procède lui d’un petit capitalisme profitant de l’expansion massive de l’industrie de la viande. En vingt ans, le nombre de fast-food est passé de 13 000 à 52 500 en France.

Ce qui souligne bien l’expansion du capitalisme dans ce domaine, c’est que ce ne sont pas simplement les très grandes villes qui sont visées. On n’est pas dans une consommation conviviale superflue, allant avec un style de vie urbain. On est dans la vie quotidienne, dans le 24 heures sur 24 du capitalisme.

Prenons Dole dans le Jura. On y trouve 27 fast-foods. La plupart des Français ne savent pas où est Dole. Pareil pour Blagnac, avec 28 fast-foods, Givors avec 26. Et si on touche à des villes plus connues, mais de dimension très restreinte, on a 53 fast-foods à Tarbes, 63 à Valenciennes, 45 à Bourg-en-Bresse, 43 à Melun, 56 à Narbonne.

Et que dire pour les 175 fast-foods à Saint-Étienne, les 236 à Lille, les 178 à Grenoble, les 136 à Perpignan, les 122 à Nancy, les 138 à Rouen ?

Rouen, c’est… 110 000 habitants. On y trouve 147 médecins généralistes libéraux. Il y a à Rouen autant de médecins que de fast-foods. Rien qu’avec cela, vous avez un constat de débâcle civilisationnel.

Conformément au style de cette débâcle, les fast-foods se divisent en trois tiers.

Le premier consiste en les vendeurs de burgers ; grosso modo, plus il y a des fast-foods, plus la part des burgers est grande en proportion, mais ce n’est pas une règle absolue. On est ici dans la malbouffe rassurante, conventionnelle, d’orientation familiale.

Un autre tiers tient les vendeurs des kebabs. On est ici dans le pseudo exotisme et parfois le vrai communautaire, avec en vue un empiffrage à visée amicale.

Le dernier, ce sont les vendeurs de tacos, avec à l’arrière-plan le « French tacos », qui n’est pas du tout un tacos mexicain d’ailleurs. On parle ici d’une bombe calorique (trois fois un burger!), une sorte de monstre de Frankenstein de la malbouffe mêlant le wrap, le kebab, le panini, le burrito, avec des variantes allant jusqu’à 800 grammes, pleines de matières grasses, acides gras saturés, sucre, sel…

Pas étonnant que la chaîne O’Tacos ne diffuse aucune information nutritionnelle ; on parle ici d’un monstre capitaliste, avec pratiquement 300 restaurants, dont toutes les viandes sont halal, contrairement au KFC par exemple. C’est un point important, car les fast-foods visent toujours un public bien délimité, à part McDonald’s qui vise tout le monde (« venez comme vous êtes »).

Les fast-foods jouent une fonction sociale, ils sont en un certain sens parallèle aux réseaux sociaux. Les lieux de socialisation ont toujours existé bien sûr, tel le fameux café français, avec son comptoir en zinc. Mais les fast-foods sont un lieu de passage, de refuge, où les gens ont les mêmes attitudes individualistes et de repli sur soi qu’avec les réseaux sociaux.

C’est le même esprit turbocapitaliste de pseudo-convivialité, ici bien entendu sur le dos en particulier des animaux car les prix des fast-foods reposent ni plus ni moins que sur la tyrannie industrielle pratiquée sur les animaux d’élevage.

Il est évident qu’aucun changement n’aura lieu en France tant que l’idéologie des fast-foods ne sera pas brisée, et ce tant pour les burgers, les French tacos que les kebabs. En un sens, on peut dire que le panorama politique tient aux partisans des burgers (les pro-Américains), des French tacos (les nationalistes), des kebabs (les « post-modernes »). Qu’ils aillent tous au diable !

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Refus de l’hégémonie

Automne 2023 : la mort du Karabagh arménien

L’agonie tragique du Karabagh arménien a pris fin le 20 septembre 2023, presque 9 mois jour pour jour après la mise en place d’un blocus militaire total du régime azerbaïdjanais sur ce qui restait de territoire aux mains des séparatistes. Selon les autorités arméniennes du Karabagh, unilatéralement appelé « République d’Artsakh », ce blocus criminel a causé la mort de 213 personnes, majoritairement des civils, dont notamment des enfants, morts des suites de l’affaiblissement ou de manques de soin, comme conséquence directe du blocus.

Durant 9 mois, l’armée azerbaïdjanaise a entretenu un état de siège meurtrier, en verrouillant la seule route d’accès encore ouverte vers l’Arménie, dans l’indifférence totale de l’armée russe censée la garantir, en asséchant le réservoir qui alimentait la principale centrale électrique, fonctionnant de part une turbine hydroélectrique, et en restreignant à leur strict minimum les entrées de marchandises dans le Karabagh arménien.

Les pénuries se sont très rapidement installées et durant des mois et des mois la population civile a subi un effondrement des services publics, notamment d’éducation et de soin, et un rationnement très strict de sa consommation alimentaire et énergétique.

Le sentiment d’abandon et d’étranglement a progressivement gagné la population, alors que jour après jour, les provocations militaires de l’armée azerbaïdjanaise se multipliaient de manière toujours plus menaçante.

La partie était en fait perdue depuis l’écrasante défaite arménienne en novembre 2020. Depuis lors, les autorités arméniennes n’ont fait que se précipiter toujours plus loin dans une suicidaire fuite en avant, prises au piège dans l’étau de la bataille pour le repartage du monde, dont le peuple arménien est ici une victime malheureuse.

Pour le régime azerbaïdjanais, cela n’est pas encore suffisant toutefois : sa seule issue, de par sa nature même, est nécessairement la fuite en avant génocidaire : tout le régime d’Ilham Alyiev s’est littéralement construit sur la promotion d’un nationalisme raciste anti-arménien tourné vers la « reconquête du Karabagh (Qarabagh en turc azéri) et sur l’écrasement de l’État arménien.

Devant ses partenaires internationaux, le régime peut se payer le luxe de promettre officiellement d’intégrer pacifiquement les Arméniens du Karabagh à « l’État multinational » azerbaïdjanais. Mais il le fait en affirmant qu’il poursuivra et condamnera tous les « terroristes » ayant eu maille à partir avec les autorités séparatistes. C’est-à-dire en soi potentiellement l’ensemble de la population arménienne du Karabagh.

De toute façon, il suffit de suivre, ne serait-ce que quelques minutes, n’importe quelle chaîne ou média d’information lié au régime pour se faire une idée de ce que valent ces engagements, au vu de la propagande nationaliste, brutalement militariste, jouant sur la fibre du pantouranisme, pour subjuguer les masses azerbaïdjanaise dans la nasse d’une haine délirante contre les Arméniens.

De leur côté, les autorités arméniennes du Karabagh comme de l’État arménien en tant que tel n’ont rien été capable de faire en direction des masses turques, d’Azerbaïdjan ou même de Turquie. Tenues à bout de bras par la Russie, elles ont même encore jugé bon de jeter leurs dernières maigres forces pour tenter de se dégager de l’emprise de Moscou en se jetant aux pieds de l’Occident.

Il a été par exemple hallucinant de voir au début du mois de septembre le gouvernement arménien annoncer la programmation de manœuvres avec (mais c’est-à-dire sous le commandement de) l’armée des États-Unis, impliquant 175 militaires arméniens et 85 militaires américains, dans le cadre d’une opération de 10 jours, modeste mais significative, appelée Eagle Partner.

Cela au même moment où l’épouse de Nikol Pashinyan, Premier ministre arménien, a été vue à Kiev, où elle a participé a une rencontre des « premières dames et premiers gentlemen » soutenant l’Ukraine, organisées par la femme du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, alors que son mari prononçait un discours inédit déclarant très ouvertement que l’Arménie devait diversifier ses partenaires stratégiques et mettre fin à la dépendance envers Moscou

Ce rapprochement avec l’Occident, et notamment les États-Unis, est un alignement complet sur les « conseils » de American Armenian National Security Institute (AANSI), dirigé par le général, à la retraite, MacCarley et Appo Jabarian, dirigeant de médias arméniens à Los Angeles, qui a été très actif auprès des autorités dirigeantes de l’État arménien depuis le début du blocus azerbaïdjanais.

C’est d’ailleurs en plein déroulement de l’opération Eagle Partner que l’Azerbaïdjan a déclenché son attaque finale, forcément avec le feu vert de Moscou, qui n’a pas levé le petit doigt bien sûr. Exactement comme en 2020, c’est par le Karabagh que Moscou puni les autorités arméniennes.

C’est ainsi que meurt tragiquement la nation arménienne d’Azerbaïdjan, dont le Karabagh arménien était le dernier noyau. Nous avons été les seuls à documenter ce conflit, sur la base d’une juste compréhension de la période soviétique, et en particulier celle de la Grande Révolution, puis celle de l’URSS conduite par Joseph Staline, comme ayant été la seule expérience démocratique et unitaire, malgré des insuffisances, qui a permis l’existence et le développement de la nation arménienne d’Azerbaïdjan.

Il est en soi significatif que la clique des Alyev s’est installé au pouvoir dès les années 1960, profitant du révisionnisme pour tisser sa toile empoisonnée du nationalisme pantouranien et étrangler implacablement les Arméniens, jusqu’aux massacres génocidaires de Soumgaït et de Bakou, et jusqu’à la guerre de 2020 et la fin définitive de la nation arménienne d’Azerbaïdjan en septembre 2023.

On ne peut que sentir le cœur se soulever de voir l’immonde Ilham Alyiev, ce traitre à l’Azerbaïdjan démocratique, à genou embraser le drapeau des nationalistes azerbaïdjanais dans la ville de Stepanakert, débaptisée « Xanxendi » selon une fantaisiste toponymie raciste.

Rien que cet acte résume à quel point l’Azerbaïdjan est offensé dans son histoire par les pantouraniens comme Alyev : comme nous l’avons dit et répété, Stepanakert porte le nom du plus grand révolutionnaire d’Azerbaïdjan, Stepan Chahoumian, le « Lénine du Caucase », héros de la Commune de Bakou (1917-1918), que le réalisateur soviétique de nationalité géorgienne, Nikolaï Chenguelaia (1903-1943), a notamment célébré dans un film qui a fait sa notoriété : Les 26 commissaires.

On se demande qui peut parler sérieusement des peuples la Transcaucasie sans connaître justement les œuvres de ce réalisateur, dont les films illustrent si puissamment toute la charge démocratique de cette époque. Le film Elisso par exemple, aborde très justement la tragédie de la déportation meurtrière des Tcherkesses du Caucase en 1864, événement dont la brutalité ouvre dans le Caucase l’ère des impérialismes, dont le génocide des Arméniens en 1915 sera le paroxysme, mais non la fin.

En effet, sorti de la période révolutionnaire et stalinienne de l’URSS, l’histoire de la Transcaucasie comme proie des impérialismes se poursuit à nouveau, et se poursuivra aussi longtemps que ne se lèvera pas une nouvelle étoile rouge de la Révolution, balayant les magouilles impérialistes et les régimes nationalistes de la Caspienne à la mer Noire.

Et cela, il sera impossible de le faire sans les femmes. Qui connaît les Arméniens et leur mobilisation sait à quel point, y compris en France, l’engagement des femmes est déterminant, structurant, à la base même de toute organisation. En France, les mobilisations sont très largement organisées, structurées, élancées par des femmes, qui vont ensuite chercher des hommes pour exprimer, se mettre en avant, parler ou prononcer les discours.

De même, en Arménie et spécifiquement au Karabagh, les femmes ont tenu le pays. Pour prendre un exemple, n’importe qui connaissant Stepanakert et son marché a forcément discuté avec les femmes qui préparaient les succulents Jingalov hats, cette spécialité typique des Arméniens du Karabagh, dont les recettes sont l’objet de discussion effrénée et d’échanges enjouée entre familles, les femmes tenant les ficelles et le haut de la scène sur le sujet. On avait là un aspect significatif dont le pittoresque exprimait de manière touchante les ressorts de la psychologie des Arméniens du Karabagh en tant que peuple.

Ce sont aussi largement les femmes qui se sont impliquées dans la pacification du pays après la guerre de séparation avec l’Azerbaïdjan, s’occupant des enfants et des nombreux mutilés de guerre et surtout des innombrables blessés par les mines, très souvent encore les enfants. Le Karabagh reste un des endroits les plus minés au monde, et ce sont des femmes qui se sont formées pour identifier les zones dangereuses, les isoler et désamorcer petit à petit les engins une fois ceux-ci prudemment localisés.

Le Karabagh arménien a existé et tenu de manière objective par les femmes et leur engagement. Mais celles-ci n’étaient pas au poste de commande, leur vision du monde n’a jamais pu affronter celles des nationalistes qui tenaient les institutions et le pouvoir, et qui ont perdu le pays au bout du compte.

Sans participation des masses au pouvoir, sans femmes au poste de commande, rien ne tient, rien ne peut exister. Le Karabagh arménien est mort sous les coups des nationalistes pan-turcs criminels, qui paieront pour leurs crimes devant l’Histoire. Mais il est mort aussi de ne pas avoir su exister comme nation authentiquement populaire et démocratique. Il est mort de s’être laissé intoxiqué à ses propres illusions nationalistes, il est mort de s’être vendu aux uniformes bellicistes des nationalistes, qui ont infesté son imaginaire et sa culture en le coupant de ses autres peuples-frères du Caucase au lieu de cultiver les gigantesques acquis de l’expérience soviétique et le doux sourire de Nina (jouée par l’actrice Natalia Varleï) dans le film La prisonnière du Caucase, à la valeur si suggestive pour qui regarde le Caucase et ses peuples avec le cœur.

Voici donc la situation maintenant que la nation arménienne d’Azerbaïdjan a été liquidée :

  • La Russie a envoyé un message clair aux autorités arméniennes : l’Arménie sera écrasée par l’Azerbaïdjan sans que Moscou ne bouge si les Arméniens ne reviennent pas immédiatement et complètement dans l’orbite russe. Tout rapprochement avec l’Occident, et notamment avec les États-Unis sera vu comme une provocation, avec l’idée aussi que l’Occident n’interviendra pas de toute façon en faveur de l’Arménie.
  • L’Azerbaïdjan a satisfait une partie importante de ses objectifs, profitant du rapprochement de l’Arménie avec l’Occident pour intervenir de manière écrasante avec l’assentiment de Moscou au Karabagh, et cela avant que l’hiver ne transforme le blocus arménien en catastrophe humanitaire. Car c’est là ce sur quoi l’Arménie comptait pour prendre prétexte à une intervention humanitaire de l’Union européenne, et notamment de la France, avec la bénédiction de Washington, qui se serait ainsi implantée dans la région au détriment de Moscou. Le coup est stratégiquement une leçon d’opportunisme, puisque Bakou réussi à occuper un Karabagh vidé sans violence directe de sa population civile, en se débarrassant de Moscou et en empêchant les Occidentaux éventuellement d’y prendre pied, tout en étant soutenu militairement et économiquement par l’Occident et ses alliés, notamment l’État d’Israël.
  • L’Occident échoue a prendre pied dans la région, à l’exception relative des États-Unis, mais continue à entretenir une pression sur l’Azerbaïdjan et indirectement sur la Turquie afin de clarifier de manière conflictuelle les divergences d’intérêts entre ces États et l’Occident sous hégémonie américaine, dans la perspective du conflit gréco-turc qui est la ligne de mire occidentale dans le secteur. La seule place de l’Arménie dans ce dispositif est de ne pas être un complet satellite de Moscou et de rester au maximum possible un coin dans l’expansion turco-azérie, au moindre coût pour les Occidentaux.
  • L’Iran dévolue à l’Arménie finalement le même rôle stratégique de coin à l’expansion turco-azérie, à laquelle elle s’oppose pour d’autres raisons. Pour l’Iran, la ligne rouge est la question du Syunik, qui s’ouvre directement désormais, c’est-à-dire la revendication de l’Azerbaïdjan à ouvrir a minima un corridor à travers cette région arménienne vers son enclave du Nakhitchevan, afin de se relier quasiment directement à la Turquie, voire à annexer cette région, peuplée de 100 000 habitants, selon un scénario de l’étranglement identique à celui du Karabagh. Toutefois, l’Iran a décidé d’ouvrir en octobre 2022 un consulat général, inauguré par Hossein Amir-Abdollahian, le ministre des affaires étrangères en personne, à Kapan exactement sur la route imaginée de ce futur « corridor » par le régime d’Azerbaïdjan. En alternative à celle-ci, l’Iran a même proposée que le « corridor » soit construit sous son contrôle, en passant par le territoire de l’Iran et non de l’Arménie, ce qui permettrait à l’Iran à la fois de garantir le rôle de glacis sacrificiel à l’Arménie, tout en contrôlant directement les échanges turco-azéris.

Pour ce qui est de la France, à part s’aligner sur les États-Unis en soutenant l’Arménie de par son propre appareil de propagande orientaliste, autant dire qu’elle est inexistante. Le régime arménien compte, ou comptait, un peu quand même sur son engagement, dans le cadre de l’Union européenne, au moins pour une intervention humanitaire au Karabagh, qui n’aura pas lieu désormais.

Mais de toute façon, l’empressement français est très relatif. On n’a même pas vu ne serait-ce que quelques propositions d’accueil ou d’envoi d’une aide humanitaire sérieuse pour les plus de 100 000 réfugiés du Karabagh. On se dit tout de même qu’il est bien loin le temps du romantisme du Moussa Dag.

Mais qui, même dans la Gauche française, comprend sérieusement cette question ? Qui l’a sérieusement étudié, et publié des analyses démocratiques sur ce sujet ?

Par contre, la France a promis une aide militaire, dans l’opacité la plus totale, puisque le conflit gréco-turc, que le régime de France a clairement en ligne de mire, n’est pas encore ouvert. À ce stade, il s’agit encore de poser des jalons, mais des jalons dans l’escalade. L’Arménie est écrasée au Karabagh pour les intérêts de la Russie ? Préparons la à un nouvel écrasement, cette fois pour les intérêts de l’Occident.

Voilà la proposition de l’appareil militaro-industriel de l’État bourgeois en France à l’Arménie.

La tâche de la Gauche en France est d’organiser la vengeance des masses arméniennes du Karabagh, en organisant les masses françaises, notamment turques et arméniennes, sur une base démocratique dénonçant l’étau des haines nationalistes, terreau des guerres impérialistes de repartage du monde qui embrassent le Caucase et étranglent les peuples, en Ukraine, en Arménie, en Palestine… et bientôt encore ailleurs aussi longtemps que les masses ne lèveront pas le drapeau rouge.

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Rapport entre les classes

L’inflation comme moyen de pression capitaliste

La grande actualité économique de l’année 2023 est évidemment l’inflation. Celle-ci est gigantesque, particulièrement si l’on regarde en détail les postes de dépenses majeurs des familles : logement, énergie, alimentation, carburant.

L’indice des prix à la consommation de l’INSEE en France donne environ 5 % d’inflation sur un an en septembre 2023. Mais ces chiffres sont donnés de manière statistique et pondérée, en incluant une grande variété de choses. Cela ne donne qu’une idée vague de la réalité et cela minimise en général la pression financière réelle pour les familles les plus modestes, et même celles au niveau de vie moyen.

Il faut donc regarder plus en détail pour voir apparaître la réalité. Celle-ci est brutale, marquant un changement évidemment d’époque et de situation.

En septembre 2023, les prix des produits de grande consommation vendus dans la grande distribution augmentent de 10,2 % sur un an. C’est une pression constante : +14,6 % en mai, +10,9 % en août, +12,5 % en juillet, +13,8 % en juin…

En considérant l’ensemble des points de vente (pas uniquement la grande distribution), les prix des produits de grande consommation en septembre 2023 sont en hausse de 10,3 % sur un an, après +11,2 % en août.

En ce qui concerne les loyers pour le logement, les augmentations sont plafonnées par la loi à 3,5 % (ce qui est déjà beaucoup) ; sans ça, ce serait la catastrophe pour les locataires. Dans une ville comme Paris, un ouvrier ne peut tout simplement pas se loger, à moins d’accéder à un HLM.

Il en est de même pour le carburant, dont l’augmentation à été plafonnée par l’État en dessous des deux euros par litre, pour éviter des envolées stratosphériques, qui se produiront quand même à un moment.

En ce qui concerne l’électricité (la plupart des familles en France se chauffent et chauffent leur eau chaude à l’électricité), la facture va être salée pour l’hiver : les prix ont augmenté de 10 % en août 2023.

Mais pour les familles qui se chauffent au gaz, la situation n’est pas meilleure : l’augmentation est de 15 %, et encore cela est-il freiné par l’État.

Il est souvent expliqué que tout cela est la faute des Russes avec la guerre en Ukraine, ou encore de la pandémie de Covid-19. En réalité, ce sont les grandes entreprises, qui sont des conglomérats monopolisant leur secteur d’activité, qui mettent une pression gigantesque sur les prix.

Il y a une pression pour maintenir ou développer des marges immenses et garantir un niveau de vie très élevé à toute une armée de cadres dirigeants. On parle ici de millions de gens vivant dans des grandes appartements et des grandes maisons, roulant dans de grosses voitures, dépensant sans compter dans le luxe, les restaurants, les voyages, etc.

Il ne s’agit pas ici de faire dans la caricature et le populisme anti-riche de bas étage, mais bien de décrire la réalité. C’est de cela qu’il s’agit : la pression sur les prix pour les familles est inversement la possibilité de revenus immenses pour tout un tas de gens déjà riches.

Pour comprendre les choses plus en détail, on peut aller lire du côté des communistes du PCF (mlm) une analyse poussée et scientifique de la question, avec la nouvelle série d’articles « Karl Marx et l’inflation ». Il est expliqué comment les monopoles exercent et maintiennent une pression artificielle sur les prix.

« L’exemple le plus fameux de hausse artificielle est naturellement Apple, dont les produits voient leur prix ne cesser de croître, sous prétexte d’améliorations plus ou moins fictives. L’inflation s’appuie clairement sur un marché captif et la mode sert de masque pour un « progrès » provoqué artificiellement.

Ce phénomène est présenté par certains philosophes, dont Martin Heidegger est le plus connu, comme une conquête du monde par la technique. La technique envahirait la société humaine et la déformerait. En réalité, c’est l’idéologie de la technique qui est à l’œuvre, avec des modifications artificielles ou relevant de la mode pour « justifier » une inflation.

Et il y a une dimension commerciale dans la démarche qui consiste très clairement en une régression. Ce jeu sur la hausse des prix reflète une tendance au monopole associé à une logique commerciale, ce dont tout le monde s’aperçoit bien – et cela montre que d’un côté on est arrivé au monopole, et qu’en même temps le capitalisme ramène en arrière, à une logique féodale d’arrachage forcé.

Le capitalisme est mûr pour l’effondrement, à un tel stade. »

En 2023, les Français sont loin d’être pauvres. Ils ont une marge gigantesque avant de se soucier réellement de devoir se nourrir et se chauffer. Il n’en reste pas moins que le niveau de vie baisse et va baisser drastiquement. La grande promesse capitaliste de la consommation à outrance pour tous s’effrite très clairement.

On ne va pas regretter le vieux monde. Qu’il s’effondre ! Tant mieux ! Mais soyons clairs : ce sont les prolétaires ayant cru en les mirages capitalistes, avec leur pavillon de banlieue (ou de campagne devenue banlieue), leur deux voire trois voitures par foyer… qui vont payer l’addition. Et plus ils seront dans l’amertume, pour ils se tourneront vers le nationalisme et les fausses promesses populistes (de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen), et moins ils s’en sortiront.

C’est tout qui est à revoir, et pas seulement les salaires pour compenser l’inflation. Il faut chambouler la vie quotidienne, il faut renverser les grands monopoles du capitalisme. Pour cela, il faut des mentalités nouvelles, assumant ouvertement le Socialisme. Et c’est historiquement inévitable !

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Refus de l’hégémonie

Joe Biden en Israël contre Vladimir Poutine en Chine

L’actualité mondiale est la conquête de l’hégémonie de la part des grandes puissances. Cela donne en pratique une guerre larvée, d’influence, en plus des théâtres strictement militaires en Ukraine, en Arménie ou en Palestine. Le 18 octobre 2023 était un jour particulièrement marquant pour la grande bataille pour le repartage du monde, avec le dessin toujours plus net de deux grands blocs opposés.

Le premier, celui mené par la superpuissance américaine, tente de maintenir à tout prix ses acquis et ses positions. C’est pour cela que le président américain Joe Biden était en Israël, afin d’y affirmer son autorité au Conseil de guerre israélien.

Pour la forme, il est fait comprendre que les États-Unis soutiennent fermement Israël… et que ce dernier lui est soumis stratégiquement. Joe Biden a dit :

« À la suite de l’attaque terroriste du Hamas, qui était brutale, inhumaine, inimaginable, ce conseil s’est rassemblé, solide et uni. Je veux que vous sachiez que vous n’êtes pas seuls. Comme je l’ai déjà souligné, nous continuerons de soutenir Israël, alors que vous travaillez à la défense de votre peuple. Nous continuerons de travailler avec vous et les partenaires régionaux pour protéger des civils innocents d’autres tragédies. »

Israël est concrètement une base américaine au Proche-Orient, une base militaire, mais aussi politique et culturelle. Tout doit se définir par là. Alors Israël est prié de ne pas trop faire de vague, pour assurer les intérêts américains.

En début de semaine, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken avait déjà assisté à l’intégralité du Conseil de sécurité israélien… qui s’était déroulé en bonne partie en anglais, et pas en hébreu moderne. Jamais un pays réellement indépendant ne pourrait accepter une telle supervision, bien entendu.

Et mercredi 18 octobre, pour affirmer sa main-mise, Joe Biden a expliqué notamment qu’il fallait l’entrée d’une aide humanitaire dans la bande de Gaza « au plus vite ». Il veut surtout limiter au maximum la portée politique néfaste mondialement d’un massacre de masse de la part d’Israël à Gaza.

L’armée américaine, qui a fait de grosses livraisons d’armes et de systèmes militaires à Israël, est donc sur le qui-vive dans la région pour faire en sorte que tout reste sous contrôle… et assumer l’escalade au besoin, mais selon les intérêts américains.

Après s’être rendu à Tel-Aviv, Joe Biden devait se rendre à Amman, en Jordanie pour y rencontrer le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ainsi que le roi Abdallah de Jordanie et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Il s’agit là de pays et d’une entité largement alignés en pratique sur les États-Unis, mais qui peuvent vite vaciller dans le contexte international. Et que s’est-il passé justement ? La visite a été annulée au dernier moment, officiellement en raison de l’explosion meurtrière survenue l’avant-veille sur le parking de l’hôpital al-Ahli, à Gaza. Il y a eu plusieurs centaines de morts et blessés graves selon le Hamas, quelques dizaines selon l’Union européenne.

Il y a eu tout un battage médiatique mondial pour accuser Israël, alors qu’en pratique l’attaque dans ces conditions d’une telle cible n’était pas cohérente. Israël explique de son côté qu’il s’agirait d’un tir de roquettes (ciblé ou manqué) de la part des brigades al-Qods, c’est-à-dire la branche armée du Djihad islamique palestinien (JIP), une organisation plus ou moins concurrente du Hamas (et liée à l’Iran, bien que sunnite).

Ce qu’il se passe en tous cas, c’est que les forces réactionnaires du monde arabe poussent de manière forcenée pour provoquer coûte que coûte un embrasement et se servent allégrement de cette tragédie autour d’un hôpital. Il y a notamment d’importants remous à Ramallah en Cisjordanie.

Pendant ce temps, la Chine assumait toujours plus clairement et ouvertement sa concurrence au bloc américain. Le 18 octobre 2023, elle recevait encore une fois Vladimir Poutine, le président russe. En l’occurrence pour des questions économiques, mais il a été rabâché à quel point les deux pays sont alignés, s’entendent sur les questions mondiales et veulent continuer leurs coopérations internationales.

Le président chinois a particulièrement insisté sur le « partenariat stratégique global de coordination sino-russe », expliquant que celui-ci est fondé sur un bon voisinage durable et une coopération mutuellement bénéfique, avec un engagement à long terme.

Le président russe a expliqué de son côté que :

« l’évolution du paysage international prouve pleinement le jugement stratégique du président Xi selon lequel le monde subit des changements sans précédent depuis un siècle. La Russie est prête à travailler avec la Chine pour renforcer la communication et la coordination au sein des BRICS et d’autres mécanismes multilatéraux, défendre le système international fondé sur le droit international et promouvoir la construction d’un système de gouvernance mondiale plus juste et équitable. »

Bien entendu, il a été question de la situation palestino-israélienne. Vladimir Poutine n’y est pas allé de main morte pour critiquer indirectement les États-Unis soutenant Israël, en leur opposant la création d’un État palestinien totalement « souverain et indépendant » et « avec Jérusalem comme capitale ».

Le même jour, mercredi 18 octobre 2023, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov arrivait à Pyongyang en Corée du Nord pour deux jours et la Chine recevait les présidents du Kenya, du Nigeria et de l’Indonésie. La veille, elle recevait les dirigeants de Hongrie, du Chili, d’Éthiopie et du Kazakhstan.

La situation mondiale se tend clairement drastiquement, la guerre mondiale se dessine toujours plus nettement avec la concurrence pour l’hégémonie des deux grandes superpuissances que sont les États-Unis et la Chine (et son premier allié la Russie).

Rien n’échappe à la satellisation par les deux superpuissances à moins d’une ligne d’indépendance, fondée sur les principes de la Gauche historique. On n’y est pas, nulle part, et il le faut pourtant à tout prix pour indiquer le vrai chemin à suivre !