Après la convocation des principaux chefs des partis représentés au Parlement le 18 septembre 2026, le président de la République Emmanuel Macron a réalisé, dans la soirée du jeudi 24 septembre, un entretien avec des journalistes pour y expliquer sa vision de la situation nationale et internationale.
Retransmis sur les principaux journaux télévisés du 20h, l’exercice avait pour but de rappeler à l’ordre les français.
En effet, après le rappel à l’ordre par en haut via les principaux chefs de partis, il s’agissait ici de rappeler le cadre acceptable dans lequel doit penser l’opinion publique.
De la réunion des chefs de partis à l’allocution télévisée, il y a un objectif simple : s’assurer, en vue de l’élection présidentielle de 2027, de la stabilité et de la continuité institutionnelle des engagements français pris dans le cadre de la guerre à la Russie énoncés et mis en œuvre depuis le 26 février 2024.
Car Emmanuel Macron a été très clair sur la situation générale : la guerre est le moteur direct des évènements en cours, et les français n’ont d’autre choix que de l’accepter avec fatalité. C’est la raison pour laquelle il a battu en brèche toute volonté de contestation sociale contre l’envolée des prix des carburants en dépolitisant entièrement la situation :
« Si là, il y a un mouvement, on va pas faire un mouvement contre la guerre qui est lancée par la Russie en Ukraine et Ormuz.
En tout cas, dans ces cas-là, je je peux y participer parce que moi aussi je suis contre ces guerres. Donc, je pense pas que ce soit une action utile. À l’inverse, on doit rester uni. »
À cela s’est ajoutée une mise en garde des Français sur la tentation populiste de la baisse des taxes sur les carburants comme solution miracle au problème pour en faire baisser le prix à la pompe.
Les Français ont enchaîné leur mode de vie aux crédits en tous genres et il faut maintenant l’assumer en se remettant pieds et poings liés à la bourgeoisie qui tente de maintenir le capitalisme français à flot :
« Si vous êtes dans la démagogie budgétaire, vous le payez au carré.
Et donc ceux qui proposent de baisser des taxes sans le financer, ils vous feront payer tout de suite le coût dans vos crédits, dans vos crédits consommation, vos crédits automobiles ou vos emprunts. »
Au contraire de baisser les taxes dans un contexte d’endettement massif de la France, Emmanuel Macron propose la guerre pour ramener la sécurité du transport, et ainsi faire baisser les prix à la pompe :
« Aujourd’hui, ceux qui vous disent de manière démagogique, baissons les taxes parce qu’ils veulent même pas essayer de baisser les prix. Moi je leur dis d’abord essayons de baisser les prix. C’est mon boulot, c’est notre action internationale. »
Voilà posée la ligne conductrice vis-à-vis de laquelle tout le monde doit se soumettre : celle de l’acceptation de la crise du capitalisme et de l’horizon de la guerre comme solution pour le relancer.
Il y a là un chantage dans le quotidien des Français en vue de leur faire accepter la participation de la France à la guerre de repartage mondial dans l’espoir qu’ils bénéficient de miettes sociales en retour. C’est une intimidation social-impérialiste et les oppositions politiques qui prétendent diriger la France en 2027 n’y changeront rien, malgré leurs prétentions populistes.

Car Emmanuel Macron peut bien jouer le naïf et le dirigeant responsable qui se démène sur la scène internationale, il a lui-même rappelé les causes de l’escalade en cours contre la Russie :
« Aujourd’hui, il faut être très clair, la Russie considère que l’Europe, c’est la profondeur stratégique de l’Ukraine. »
De tels propos justifient bien évidemment la stratégie de mise sous tension des principales puissances européennes par la Russie. Rien n’est donc plus faux que de dire que la France est une puissance neutre, qui subirait les « attaques hybrides » de la Russie de manière purement unilatérale.
C’est d’ailleurs la nature même de l’affaire du drone de l’aéroport de Leipzig mise en avant sur tous les médias et qui, rappelons-le, concerne l’explosion d’un drone à proximité d’un avion cargo ukrainien stationné sur une plateforme logistique utilisée par l’Otan pour le transfert de matériel militaire vers l’Ukraine.
Depuis 2025, il y a bel et bien une escalade savamment entretenue par les puissances européennes contre la Russie, France en tête, notamment par l’autorisation et l’aide technologique pour les frappes en profondeur sur la Russie.
Par exemple, lors du salon de l’armement Eurosatory en juin dernier, l’entreprise ukrainienne de fabrication des missiles à longue portée Flamingo affirmait le fait que son système de guidage était fourni par l’entreprise Safran qui est au cœur du complexe militaro-industriel français.
De fait, la France est pleinement protagoniste de l’escalade en cours.
De la même manière que la France est un partenaire militaire de longue date de l’ignoble pétromonarchie autoritaire, l’Arabie saoudite, vis-à-vis de laquelle Emmanuel Macron a déclaré se porter garant de la protection de ses infrastructures logistiques pétrolières ciblées par les milices Houthis soutenues par l’Iran.
Le 24 septembre 2026, un accord de défense a été signé autour de l’envoi de troupes, de radars et de batteries de défense aérienne, sans que tout cela ne soit évidemment passé par un vote au Parlement et que l’opinion publique ait été informée en amont.
La séquence de cette rentrée 2026 est un pas supplémentaire en faveur de l’engagement de la France dans la guerre de repartage mondial. Il n’y aura pas de retour en arrière et le changement de ton envers la Russie du Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella en est le témoin historique.
En pleine tourmente intérieure, tant économiquement que socialement et moralement, la France ne peut plus se permettre que d’aller à la confrontation militaire contre la Russie.
Si entre 2022 et 2026, Emmanuel Macron a été en quelque sorte un « lanceur d’alerte » pour le compte de la haute bourgeoisie française, il apparaît en cette rentrée 2026 comme l’agent belliciste de la stabilité à tout prix de la Ve République en vue de sauver le capitalisme français.
Il est temps que les Français prennent conscience que ce chantage est contre leurs intérêts. Il est temps qu’ils comprennent que, non, le capitalisme n’a jamais été pour tout le monde, pas plus qu’il n’a un visage humain.
À l’horizon de ce mode de production, il y a toujours la crise, la guerre, la barbarie, en plus d’un quotidien toujours plus décadent, injuste, intolérable…
Il faut briser le régime décadent de la bourgeoisie française pour le remplacer par un nouvel ordre, le Socialisme, débarrassé de la guerre et de son fondement, la compétition mondiale et ses antagonismes entre puissances.
Ou bien la Révolution empêche la guerre, ou bien la guerre provoque la Révolution !




















