Nous vivons un tournant historique, puisque la superpuissance américaine cherche toujours plus à faire la démonstration de force de son hégémonie. Donald Trump se déchaîne, il a même publié une image de lui où il apparaît tel un Jésus-Christ américain moderne.

Et il y a une chose très grave dans un tel contexte : les réactions de la Gauche française. Soit elles consistent à dire qu’on ne peut rien faire, que Donald Trump est simplement un fou furieux et que les Européens aimeraient faire différemment, mais sont trop faibles encore.
Il faudrait donc, somme toute, s’aligner sur les « bons » capitalistes européens.
Soit elles se résument à fantasmer sur une « résistance iranienne » ; on lit couramment à gauche de la gauche que la République islamique d’Iran aurait même réussi à provoquer la défaite des États-Unis.
C’est une position absurde et criminelle. Pourquoi ? Parce que les États-Unis veulent renverser le régime des mollahs, mais empêcher à tout prix la révolution iranienne. Voilà pourquoi ils agissent ainsi.
Y voir une « faiblesse » américaine, c’est se voiler la face sur le drame des masses iraniennes prisonnières entre les mollahs et l’armée américaine.
D’ailleurs, de quelle faiblesse parle-t-on ? Les Américains et les Israéliens ont bombardé des milliers de cibles, affaiblissant un « ennemi » et entraînant leurs armées, renforçant leur complexe militaro-industriel au passage.
Qui plus est, on assiste désormais, depuis le 13 avril 2026, au blocus américain du détroit d’Ormuz.
L’objectif est d’empêcher l’exportation du pétrole iranien, qui va à 90 % en Chine par des moyens semi-clandestins. C’est la bataille entre les superpuissances pour l’hégémonie mondiale et les États-Unis prennent l’initiative.
C’est ça, la faiblesse de la superpuissance américaine ? C’est au contraire un rouleau compresseur. On peut le constater dans tous les domaines, depuis l’intelligence artificielle jusqu’à l’espace où la mission Artémis II vient de faire le tour de la Lune. Ce qui a donné bien entendu à Donald Trump le prétexte d’encore publier un message mégalomane.

Il faut donc oser poser la question : en va-t-il de la réalité, ou bien le but est de façonner une narration pour valider telle approche « révolutionnaire » de tel ou tel groupe ?
Quel est l’intérêt de raconter n’importe quoi sur la réalité des rapports de force et sur ce qui se passe ? Pourquoi mentir sur l’offensive généralisée du capitalisme américain ?
Et il en va de même pour Israël qu’on dit affaibli comme jamais, alors que Gaza a été détruit, qu’une pression génocidaire est exercée sur les Gazaouis encore aujourd’hui, que la colonisation de la Cisjordanie a repris comme jamais et que maintenant on a même le Sud-Liban comme objectif colonial assumé, avec déjà un exode de centaines de milliers de Libanais.
Jamais il n’y a eu autant de mobilisations pour la Palestine que depuis deux ans ; jamais ces mobilisations n’auront eu aussi peu d’impact pour les Palestiniens.
Il est donc clairement temps de voir l’Histoire et son parcours, et d’avoir une lecture intelligente des choses. Et pour l’Iran, on a la chance de disposer d’une Gauche qui, si elle n’est pas forte, a une puissante tradition et un regard concret sur les choses.
La revue Crise d’avril 2026 lui donne la parole ; il faut en profiter. Il faut étudier ce qu’elle dit, l’appuyer. Car l’objectif de la Gauche, cela doit être d’affirmer l’utopie, la proposition révolutionnaire. Il faut être capable de montrer qu’il y a autre chose que les mollahs et Donald Trump.
Ce qui se joue, c’est la capacité à affirmer une voie révolutionnaire. Pour cela, il faut refuser de « choisir un camp » de manière opportuniste en abandonnant tout principe.
Il faut arrêter le pragmatisme et le machiavélisme, il faut choisir le camp du peuple !





















