Jean-Luc Mélenchon est quelqu’un de très intelligent et de très cultivé ; s’il dit quelque chose, s’il fait quelque chose, c’est en pleine connaissance de cause. Il est ainsi évident qu’il a joué sur l’antisémitisme lors d’un meeting à Lyon, le 26 février 2026.
Voici ses propos, qui ont provoqué un tollé général :
« Sauf s’il s’agit de l’affaire [èpchtaïne]. Ah, je voulais dire [èpstine], pardon. Ça fait plus russe, [èpstine], hein… Alors maintenant vous direz [ènnstine]au lieu d’[ènnchtaïne], [frankenstine] au lieu de [frankenchtaïne]. Eh beh voilà, non ? Tout le monde comprend comment il faut faire… »
Jean-Luc Mélenchon fait référence au fait que les médias ont décidé de prononcer Epstein à l’américaine, dans une sorte de snobisme étrange. Et il sous-entend clairement que c’est un choix effectué afin que le nom sonne moins juif.

Comme en plus Jeffrey Epstein était au cœur d’un réseau de pédophilie, de crimes sexuels et de prostitution dans les milieux américains les plus aisés, on a à l’arrière-plan toute la logique anticapitaliste romantique du « nous contre eux », de la dénonciation du complot des puissants invisibles, etc.
Il n’est pas bien difficile de savoir pourquoi Jean-Luc Mélenchon fait ça. Il le fait parce que l’affaire Quentin Deranque a semé le trouble de par la brutalité de la mort de ce jeune militant catholique intégriste.
Il le fait, car il cherche à se donner une image anticapitaliste populiste, ce qui conduit toujours à l’antisémitisme et ses fantasmes.
Il le fait, enfin, très clairement, en cherchant à profiter de l’antisémitisme qui existe traditionnellement chez les musulmans, là encore comme anticapitalisme mais également comme logique faussement communautaire universaliste (les Juifs seraient ceux qui n’acceptent pas l’unité générale).
Bref, le type est ignoble et c’est pour cela qu’agauche.org ne considère plus La France insoumise comme de gauche depuis longtemps. Les socialistes sont des réformistes ignobles, mais au moins ils savent se tenir, alors que La France insoumise c’est l’écœurement permanent.
Il n’est d’ailleurs pas un secret qu’à gauche de la gauche, l’antisémitisme est une vraie réalité, le plus souvent sous le masque d’un antisionisme totalement artificiel. C’est que, quand on est pas sur les bases de la Gauche historique, on pratique un anticapitalisme fictif, et là on tombe immanquablement dans l’antisémitisme, dans la dénonciation de « l’argent » (à quoi sont rattachés de manière fantasmée les Juifs) au lieu de l’exploitation capitaliste.
On notera au passage que la démarche de Jean-Luc Mélenchon s’inscrit, plus généralement, dans la tentative de constitution d’un « front » de la révolte, comme l’expose le dernier numéro de Crise, et on voit bien que ce « front » doit être constitué de manière populiste et démagogique, contestataire et provocatrice, etc.

On sait très bien, à ce titre, que tout ce que nous disons ici relève de la politique, de la conscience, et que c’est totalement en décalage avec une gauche de la gauche qui fonctionne en s’appuyant sur les réseaux sociaux, la consommation de slogans, l’utilisation d’idées en mode modèles réduits, le populisme et l’anticapitalisme romantique.
Cela nous va très bien : nous sommes très contents de ne rien avoir à faire avec tous ces gens-là, qui ne sont que le produit d’une France qui a profité du capitalisme dans les années 1989-2020 pour se gaver.
L’Histoire reprend ses droits, la révolution est au programme, la conscience révolutionnaire est ce qui compte et ce qui détermine tout. Nous voulons une nouvelle civilisation et nous n’avons rien à voir avec des produits pseudo-« rebelles » du capitalisme.



















