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Un 8 mars placé sous le signe de la guerre en Ukraine

La décadence capitaliste ruine la Cause des femmes.

Le premier article traitant de l’Ukraine sur agauche.org date de février 2018 est intitulé La « sexualisation agressive » et iconique de la femme ukrainienne. Depuis l’effondrement de l’URSS en effet, l’Ukraine est un bastion de la prostitution en raison de l’effondrement tant de l’économie (et du niveau de vie) que de la destruction générale des tissus sociaux. Une des principales contre-réponses a également été une sorte de féminisme dévoyé pro-nazi, qui n’existe d’ailleurs plus aujourd’hui, les femmes étant totalement réduites au statut de gestionnaire d’intendance, et ce d’autant plus avec la guerre.

Car l’armée ukrainienne n’est pas populaire et de ce fait n’accueille pas les femmes, en faisant encore moins des dirigeantes. C’est évidemment la même chose du côté russe et c’est une catastrophe car on a ici un grand vecteur patriarcal. Et avec la tendance à la guerre qui se généralise, ce vecteur va devenir toujours plus prégnant. Le féminisme bourgeois et petit-bourgeois des pays occidentaux, qui vise simplement à réimpulser le capitalisme en installant des femmes dans des fonctions auparavant trustées par des hommes, va tout simplement s’incliner devant les nécessités patriarcales-militaristes du moment, il va tomber le masque.

Et il le fera de gré ou de force, car la tendance est d’ailleurs déjà installé de la logique comme quoi il faut des troupes prêtes à l’attaque et le consumérisme hédoniste turbocapitaliste à la LGBT ne satisfait pas cela, il faut donc le mettre de côté. C’est la ligne politique d’Eric Zemmour et Marion Maréchal.

Pour assumer la Cause des femmes, il n’y a donc plus que le Socialisme, parce que seul le Socialisme réfute tant le conservatisme conférant à la femme une place subordonnée que le turbocapitalisme qui ne considère que des individus et rejette même l’existence des femmes (être femme serait un choix qu’une personne ayant un corps d’homme pourrait faire, etc.).

Seul le Socialisme comprend dans quelle mesure les femmes sont opprimées depuis le patriarcat triomphant du matriarcat au début des sociétés humaines, avec l’agriculture et l’élevage, et ce que cela signifie dans les rapports aux animaux et à la Nature, et inversement dans les rapports aux aventures militaristes d’esprit patriarcal.

La guerre en Ukraine est en ce sens un tournant historique pour le féminisme, car dans la bataille pour le repartage du monde, il n’y a aucune autre place que dans la convergence avec la guerre, avec l’esprit de conquête, de soumission, alors que le capitalisme en décadence accentue encore plus les traits déjà présents de la violence matérielle à l’encontre des femmes. Soit la Cause des femmes se fait emporter par la guerre, soit elle triomphe dans le Socialisme. Entre les deux, tout s’efface.

On a un sinistre exemple de cela avec Arthur do Val, député de droite de l’État de Sao Paulo au Brésil. Parti soi-disant pour aider la population en Ukraine, et bien entendu se faire valoir en fabriquant des cocktails molotov et en le médiatisant, il a tenu des propos qui ont fuité car il les avait envoyés par messages. Cela donne :

« Elles te regardent et elles sont faciles, parce qu’elles sont pauvres. Quand elles ont vu mon compte Instagram plein d’abonnés, ça a super bien marché. »

« Je viens de traverser la frontière entre la Slovaquie et l’Ukraine à pied et je n’ai jamais vu autant de jolies filles. Dans la file d’attente des réfugiés, il n’y avait que des beautés. Si tu prends la file d’attente de la meilleure boîte de nuit de Sao Paulo, ça n’arrive pas aux chevilles de cette file des réfugiés. »

C’est exemplaire de comment des « bonnes intentions », s’inscrivant hors du Socialisme, basculent immanquablement dans la décadence. Un autre exemple concerne la GPA, dont l’Ukraine est un bastion de la GPA (Les horribles coulisses de la GPA en Ukraine, article d’octobre 2020). Les médias se sont lentement attardés sur le sort des « pauvres » parents ayant des soucis pour récupérer « leur » enfant acheté en Ukraine. Cela a été absolument ignoble.

Et, catastrophe encore, la Droite mène depuis une semaine une grande offensive sur ce thème, dénonçant avec raison ces gens indignes abandonnant la (vraie) mère ukrainienne dans un pays en guerre. La revue ultra-réactionnaire Valeurs Actuelles dénonce par exemple violemment la clinique ukrainienne de GPA BioTexCom qui après avoir proposé des bébés « Black Friday » met en ligne une vidéo d’un abri anti-aérien pour accueillir les clients. La manif pour tous a organisé un happening au pied de la Tour Eiffel le 5 mars, tout en faisant la promotion de Marion Maréchal qui bien entendu pourfend la GPA sur une base conservatrice révolutionnaire.

Il y a également une pétition contre la GPA en Ukraine. Et cet impact de l’Ukraine, de la guerre en Ukraine, sur la Cause des femmes, rappelle qu’il n’existe pas de porte de sortie individuelle, que la question est à la fois historique et mondial. Le monde doit changer de base, entièrement. La question de la guerre est devenue centrale et le féminisme doit être en première ligne dans la bataille pour le Socialisme.

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Agressions de féministes: le communiqué d’« Osez le féminisme »

Voici le communiqué du collectif « Osez le féminisme », dénonçant les agressions de féministes opposées à la prostitution lors des manifestations autour du 8 mars 2021. Il se forme maintenant un front démocratique contre les agresseurs d’ultra-Gauche « antifa », et c’est une chose absolument nécessaire.

« Non, on ne peut pas être « féministe » et agresser des survivantes de la prostitution et des féministes le 8 mars.

Lors des manifestations autour du 8 mars, à Tours, Montpellier, Toulouse, Paris, des survivantes de la prostitution et des féministes ont été insultées, menacées, agressées, leurs pancartes arrachées. C’est inadmissible !

Des “féministes” adoptent les stratégies des agresseurs et agressent dorénavant d’autres féministes. Nous connaissons bien ces stratégies contre lesquelles nous nous mobilisons lorsque nous soutenons toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles. Mais, comment supporter que des féministes soient désormais les cibles de ces mêmes violences commises par des personnes qui se déclarent féministes ?

Les violences s’aggravent de manifestation en manifestation. Cela a commencé avec des bousculades. Les pancartes qui dénonçaient la violence de la prostitution étaient violemment arrachées et dégradées.  D’autres violences ont suivi, dans plusieurs villes, à Toulouse, Marseille, Paris, Strasbourg en 2019, puis en 2020, des manifestantes bousculées et attaquées, des rassemblements féministes perturbés, des campagnes virulentes en ligne, de la diffamation ou encore des appels au viol et au meurtre.

Le 7 et 8 mars 2021, lors de rassemblements féministes à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, à Paris, à Tours, à Toulouse et à Montpellier, des militantes pour l’abolition du système prostitueur et pornocriminel ont été insultées, bousculées, attaquées, menacées de mort.

A Paris, les pancartes affichaient un simple rappel des faits : “Jacquie et Michel, accusé de viols, proxénétisme et traite humaine”, d’autres dénonçaient le proxénétisme ou la pédocriminalité : “Mineure prostituée, adulte responsable”. Elles ont été arrachées. Certaines des militantes attaquées sont des survivantes de la prostitution. Elles étaient là pour dénoncer les viols qu’elles ont subi, commis par des proxénètes et des “clients” prostitueurs. La prostitution est un système de viol tarifé, l’acmé de la violence masculine, elles étaient là pour en témoigner.

Dans le contexte #METOO de libération de la parole des femmes, il est déjà inacceptable de ne pas les écouter, alors que dire des agressions qu’elles ont subi au sein même d’une manifestation féministe !

Des groupes “antifascistes” qui défendent le libre « choix » de se prostituer et “l’émancipation par la prostitution”, attaquent désormais toute femme qui aura un avis différent du leur, même une femme qui aura elle-même été directement concernée, victime du système prostitueur ou pornocriminel. Leur déni des violences exercées par le système prostitueur est total. Et dans une ultime inversion des rôles, les victimes  du système prostitueur ainsi que les travailleuses sociales qui accompagnent au quotidien les personnes en situation de prostitution sont accusées de « putophobie »… 

Le refus de débattre est patent. Il n’y a plus de nuance, il ne reste que le souhait d’imposer leur dogme par la violence. Leur violence a pour objectif de confisquer la parole des femmes. Nous ne l’acceptons pas !

Nous nous inquiétons de voir chaque année les violences s’aggraver. Cette fois, les survivantes de la prostitution ont du être “exfiltrées”. Sans cette protection entre féministes, comment cela se serait-il terminé? 

Nous refusons la silenciation imposée par ces groupes, nous condamnons fermement leurs violences. Les attaques verbales, les agressions, jeter des projectiles sur des femmes, les bousculer, les menacer de viol et de mort : ces pratiques masculinistes sont intolérables et doivent être dénoncées par l’ensemble du mouvement féministe.

On ne peut pas être féministe quand on menace et agresse d’autres féministes.

On ne peut pas être féministe quand on ne pas condamne pas toutes les violences subies par les femmes et par les féministes.

Aux féministes victimes de ces violences, nous renouvelons toute notre solidarité et notre sororité. « 

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8 mars 2020 à Paris: des féministes agressées par l’ultra-gauche libérale-libertaire

Un collectif d’ultra-gauche s’en est pris à un petit regroupement d’extrême-Droite lors de la marche des femmes du 8 mars… Agressant au passage le petit cortège du Collectif Abolition PornoProstitution. Voulue sciemment ou pas, l’agression correspond en tout cas tout à fait à la démarche postmoderne de légitimer la prostitution et de démolir ceux qui la combattent.

Voici le témoignage d’une militante membre du Collectif Abolition PornoProstitution (CAPP), racontant l’agression (qui a été interrompue par les forces de l’ordre) :

Le CAPP défend le point de vue suivant : la pornographie et la prostitution relèvent d’une industrie du viol liée au patriarcat, tout comme la GPA (gestation pour autrui), qui relève du « sexclavagisme ».

C’est là un point de vue qui, il y a trente, quarante ans, dans les rangs de la Gauche historique, était une évidence. Inversement, pour la Gauche « post-historique », post-industrielle, postmoderne, c’est inacceptable : selon elle, les prostituées sont des « travailleuses du sexe ».

L’agression du collectif le 8 mars à Paris était-elle ainsi volontaire, menée juste « en passant », ou un ratage ? Il apparaît en tout cas que c’est clairement le discours abolitionniste par rapport à la prostitution qui a amené l’agression, les « abolos » étant dénoncés lors de celle-ci, le CAPP étant depuis quelques temps déjà la cible de dénonciations pour sa position censée être « putophobe et transphobe ».

Car pour les postmodernes, toutes les personnes opposées à la prostitution sont des fachos. Pour les postmodernes, toutes les thèses culturelles de la Gauche historique relèvent de la réaction. Les postmodernes valorisent la prostitution, l’art contemporain, l’amour libre, la PMA pour toutes, la GPA, la banalisation de l’avortement, la vente libre de drogues, le porno « libre », les rapports sado-masos… Les postmodernes, c’est le capitalisme personnifié, le libéralisme complet, c’est Emmanuel Macron puissance 10.

Menée délibérément ou pas, l’attaque d’ultra-gauche contre le Collectif Abolition PornoProstitution est donc objectivement tout à fait cohérente. Elle représente toutefois un saut réel dans l’agression physique contre les valeurs de la Gauche historique, ce qui ne va pas sans problèmes, d’ailleurs. Ainsi, le groupe (lyonnais) ayant mené l’action a revendiqué d’abord celle-ci au moyen d’une photo montrant deux banderoles arrachées : celle du groupe d’extrême-Droite Némésis, celle du CAPP. Puis, la photo a été changée pour qu’on ne voit plus celle du CAPP.

Le changement de la photo s’explique simplement : les postmodernes se prétendent très radicaux, « antifas », mais en réalité ils ne sont ni radicaux, ni antifascistes. Ils représentent une ultra-gauche libérale libertaire manipulant les esprits démocratiques.

Les gens désirant réellement combattre le fascisme sont déviés vers des actions ne servant, en réalité, que l’agenda du libéralisme libertaire, et donc en fin de compte la conquête de domaines toujours plus grands par le capitalisme.

Ces errements sont inévitables tant qu’on ne se fonde pas sur la lutte des classes, sur une analyse de la réalité capitaliste, sur un engagement réellement populaire, en assumant la Gauche historique. Il est vrai que cela exige des mœurs pas du tout en phase avec la décadence urbaine des centre-villes, ni avec le style « étudiant » ou « ultra » des stades de football.

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8 mars, la Cause des femmes: une exigence culturelle

C’est la Gauche politique qui a posé la date du 8 mars. C’est la Gauche politique qui fait vivre cette date. Car la condition féminine est réelle et par conséquent dépend du capitalisme. Promouvoir la libération de la femme implique de passer par le dépassement du capitalisme pour exiger un changement culturel réel.

Le 8 mars est la journée internationale des femmes, qui a été conceptualisée et mise en avant par le mouvement ouvrier, à travers l’Internationale socialiste des femmes. L’URSS, en reconnaissant officiellement cette date en 1921, lui a donné un élan général. La date précise du 8 mars a d’ailleurs été choisie par Lénine, en référence à une grève d’ouvrières du textile au tout début des révolutions russes de 1917.

Tout cela n’est pas que symbolique ou une question de mémoire. C’est une question de culture. Car tout passe pour les femmes par la culture, cette dernière déterminant que tel ou tel comportement soit valorisé, dévalorisé, légal, interdit.

Or, il y a une culture de la violence sexiste, dont la prostitution et la pornographie sont des vecteurs – et en même temps des fondements. Le capitalisme véhicule cette culture, comme toutes celles qu’il peut transformer en monnaie sonnante et trébuchante. Le capitalisme produit même des poupées sexuelles « enfant ». Car le capitalisme vend n’importe quoi.

Le féminisme bourgeois admet que le capitalisme est une bourse aux cultures et tente de renverser les tendances, comme les Femen en manifestant torse nue. C’est une conception totalement erronée, à la fois car jouant sur la sexualisation et admettant qu’il y aurait une « bourse aux idées ».

En réalité, il faut une culture fondée sur la civilisation, une culture féministe fondée sur la civilisation, écrasant la culture non féministe fondée sur le capitalisme. La Cause de la femme est toujours concrète : elle est celle des femmes dans la réalité. Et cette réalité n’est pas un « patriarcat » abstrait, mais une culture individualiste où les hommes tirent leur épingle du jeu en profitant des restes du vrai patriarcat ayant existé dans le passé.

Dans une société individualiste, pourquoi les hommes feraient-ils des efforts, si en plus les femmes sont encore largement aliénées par les valeurs du passé elles-mêmes ? Il suffit de regarder les femmes en France en 2020 pour voir que la très grande majorité, voire pratiquement la totalité, accepte les règles du jeu beauf, ne comptent aucunement se remettre en cause pour devenir féministe.

Elles préfèrent savoir dans quelle mesure leur partenaire est beauf pour le manœuvrer individuellement. Le premier ennemi des femmes, c’est elles-mêmes aliénées, car le capitalisme aliène tout le monde, individualise tout. L’enterrement de vie de jeune fille est typiquement une tradition petite-bourgeoise de femmes qui, par définition même, est totalement anti-féministe de par sa dimension régressive.

Seules des femmes offensives, assumant la cause démocratique de l’égalité hommes-femmes, peuvent taper du poing sur la table et exiger une transformation culturelle concrète, car portée par le peuple.

Les mesures institutionnelles comptent, mais tout le monde sait que sans la dimension culturelle, cela ne va pas assez loin, cela s’effrite, cela disparaît. La Cause des femmes peut reculer. Elle recule d’ailleurs dans le monde, comme toute la Cause démocratique, la Cause du Socialisme.

Qui veut la Cause des femmes sait que c’est une Cause démocratique, liée à la question démocratique en général, donc au Socialisme. Le seul féminisme possible porte la culture – et donc se fonde sur la classe ouvrière, qui elle seule peut porter une culture en rupture avec les modèles dominants.

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Le féminisme authentique et la question décadente des «trans»

Le mouvement féministe est décomposé et ce pour une raison simple : il est séparé de la Gauche historique. Ce sont donc des femmes bourgeoises qui choisissent les revendications, comme l’égalité hommes-femmes des salaires pour les cadres. Le mouvement est également pourri de l’intérieur par les courants de pensée postmoderne, avec l’idéologie « transgenre » comme fer de lance.

J.K. Rowling, l’auteure de la série des Harry Potter, est devenue richissime et elle vient d’installer pour plus de deux millions d’euros de clôture autour de sa résidence écossaise. La raison en est ses propos considérés comme « transphobes » par les groupes activistes surfant sur l’idéologie postmoderne LGBTQ+.

Elle a en effet soutenu Maya Forstater, une femme licenciée d’une structure de réflexion sur l’inégalité et la pauvreté au niveau international, avec l’appui de la justice britannique, pour avoir affirmé que « les hommes ne peuvent pas se transformer en femmes ».

Le message sur Twitter de J.K. Rowling a été le suivant :

« Habillez-vous comme vous voulez. Appelez vous comme vous voulez. Couchez avec n’importe quel adulte consentant qui vous veut. Vivez votre meilleure vie, dans la paix et la sécurité. Mais éjecter des femmes de leurs jobs pour affirmer que le sexe est réel ? »

Ici, tout est résumé. J.K. Rowling représente tout à fait le féminisme bourgeois, qui veut le libéralisme le plus complet, tout en exigeant l’égalité hommes-femmes. Or, l’égalité hommes-femmes implique qu’il y ait des hommes et des femmes.

Mais le libéralisme authentique exige l’individu et donc la négation de tout universalisme. Tout relève du choix, aucune « catégorie » ne peut exister au sens strict, même pas sur le plan biologique. Le féminisme bourgeois, focalisé sur les salaires des femmes des couches supérieures, rentre donc en conflit avec les courants postmodernes.

L’épisode Marguerite Stern en est un bon exemple. Les arguments de Marguerite Stern sont aussi posés que son style est non agressif. C’est là typique du féminisme bourgeois, qui refuse l’affrontement avec les courants postmodernes, car refusant de combattre le libéralisme en général.

Or, le féminisme bourgeois est coincé, comme toute la bourgeoisie. Soit les bourgeoises encore un peu rationnelles comprennent que tout va trop loin – mais alors elles doivent abandonner leur esprit bourgeois et se tourner vers la classe ouvrière. Soit elles acceptent que cela va trop loin et c’est la capitulation.

L’alternative se présente même à toutes les femmes en France, mais si elles ne le savent pas. Elles n’ont pas conscience que « parent 1 parent 2 », formule de l’administration française, implique la négation de la mère, de la différence homme-femme. Les femmes françaises ne pensent pas à cela, si elles le remarquent elles trouvent cela secondaire. Elles ne s’aperçoivent pas que leurs droits se font liquider par le libéralisme au moyen de la politique des identités.

D’ailleurs, tout le monde voit sa réalité sociale anéantie par la politique des identités. On le voit bien avec la division religieuse. En multipliant les identités à l’infini, le capitalisme rêve d’un marché total, avec des individus tous « différents » les uns des autres, faisant vivre la consommation par leurs « différences ».

Les femmes en seront les premières victimes. Les « trans », un phénomène décadent propre à un capitalisme plus que malade, sont le vecteur de la négation de l’existence réelle, matérielle, des femmes. C’est un pas vers la négation des hommes et des femmes, au profit des individus.

Et si les femmes sont ciblées davantage que les hommes, c’est parce que les femmes représentent une menace : elles sont moins beaufs, elles ont un aperçu plus concret de la vie de par leur capacité de donner la vie, elles sont historiquement coupées du militarisme. Le capitalisme vise à supprimer la possibilité d’un matriarcat moderne qu’est, bien entendu, le Socialisme. C’est cela qui rend la question si brûlante.

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8 mars : les femmes, une question démocratique

Le 8 mars est la journée internationale des femmes, ce qui forme un événement politique. Il ne s’agit pas simplement d’affirmer les droits des femmes, au sens de droits purement individuels. Il s’agit d’affirmer l’égalité : à l’égalité économique et sociale doit répondre l’égalité entre hommes et femmes.

Affiche de la social-démocratie allemande, 1932

Le 8 mars est une date incontournable, en tant que symbole, mais aussi en tant qu’expression historique de tout un patrimoine de lutte. C’est la conférence internationale des femmes socialistes qui a affirmé en 1910 la nécessité d’une telle date, et la première manifestation eut lieu le 19 mars 1911, date anniversaire de la révolution de 1848 et de la Commune de Paris, avec un million de personnes défilant dans les bastions sociaux-démocrates qu’étaient l’Allemagne et l’Autriche, ainsi notamment qu’en Danemark, en Suisse, aux États-Unis.

C’est ensuite la Russie soviétique qui instaura le 8 mars comme journée internationale des femmes, en 1921, Lénine faisant un discours pour exposer le sens d’un tel combat, voyant en « l’esclavage domestique » le fondement de ce qui opprime les femmes. La date était quant à elle choisie pour souligner le rôle de la manifestation d’ouvrières le 8 mars 1921 à Petrograd.

La Gauche historique n’a ainsi jamais affirmé le féminisme comme moyen de promotion sociale individuelle dans un cadre capitaliste par définition honni. Le féminisme, c’est un aspect particulier de l’aspect universel du Socialisme comme affirmation de l’égalité absolue. C’est le sens d’une bataille démocratique : il n’y a pas de féminisme sans Socialisme et inversement, car c’est un seul et même combat, celui pour l’égalité entre tous les êtres humain.

En ce sens, le féminisme dépend du mouvement ouvrier, du socialisme, de la Cause démocratique. Il ne saurait flotter comme une sorte d’à-côté, de lutte autonome, indépendante, ayant ses propres critères, sa propre dynamique, ses propres valeurs, etc. L’Histoire est l’histoire de la lutte des classes, pas l’histoire du rejet des « oppressions ».
Ainsi, si le Socialisme ne se développe pas politiquement, il n’y a pas de féminisme ; inversement, un Socialisme authentique ne peut qu’affirmer la Démocratie, donc l’égalité, donc le féminisme.

Il serait dégradant pour cette dimension démocratique, par ailleurs, de réduire le féminisme à un « levier » pour « la révolution », d’y voir simplement un moyen de faire en sorte que les femmes « rejoignent » la Cause. C’est là une conception totalement anti-démocratique. Le sens du féminisme est de permettre l’égalité hommes-femmes dans les faits, de supprimer tout asservissement intellectuel, morale, physique, financier, social, etc.

Cela, tout le monde peut le comprendre. Si seulement les femmes peuvent promouvoir le féminisme, tous les hommes peuvent en même temps le soutenir, car y reconnaissant la valeur démocratique. Il suffit pour cela que les hommes abandonnent leurs privilèges. Le 8 mars, en tant que journée internationale des femmes, est en même temps aussi celui de la Cause de la démocratie, un marqueur politique concernant tous les hommes.

Et cette dialectique hommes-femmes doit être non seulement bien cernée, mais également protégée des attaques de la gauche post-industrielle qui nie qu’il y ait des hommes et des femmes, rejetant l’existence des différences naturelles pour raisonner en termes de « genre » et affirmer que tout serait dans la tête, que tout serait une question de choix.

La Gauche historique doit savoir préserver et reconquérir ses valeurs face à ces tentatives de négation de l’existence des hommes et des femmes, et donc de la bataille démocratique. Cela signifie raisonner en termes de peuple, de démocratie, et non pas en termes d’individus. Il y a un féminisme qui sert les individus, mais il ne sert que quelques individus, en l’occurrence les femmes faisant carrière dans le capitalisme. Cela n’a rien à voir avec la démocratie.

Le 8 mars est pour cette raison une date essentielle, de par son contenu, de par son appartenance à la tradition de la Gauche historique. Cette date vient de la Gauche historique, elle lui appartient, et c’est son contenu même.

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Lénine, le 8 mars 1921

C’est en Russie soviétique que le 8 mars fut instauré comme journée internationale des femmes. Voici le discours de Lénine lors de sa mise en place, en 1921.

Un des traits essentiels du bolchévisme et de la Révolution russe a été d’attirer à la politique ceux qui étaient le plus opprimés sous le capitalisme. Dans les monarchies et les républiques démocratiques bourgeoises, la majorité de la population est opprimée, trompée, pillée par les capitalistes. Cette oppression, cette tromperie, ce pillage du travail populaire sont inévitables tant que subsiste la propriété du sol, des fabriques, des usines.

L’essence du bolchévisme, du pouvoir des Soviets, consiste en ce qu’il dévoile le mensonge et l’hypocrisie de la démocratie bourgeoise, abolit la propriété privée de la terre et des usines et réunit tout le pouvoir entre les mains des masses travailleuses et exploitées. Ce sont ces masses elles‑mêmes qui prennent en mains la politique, c’est‑à‑dire l’édification de la société nouvelle. L’oeuvre est difficile, mais il n’est pas d’autre issue à l’esclavage du salariat.

Pour entraîner les masses dans la politique, il faut y entraîner les femmes. Car, sous le régime capitaliste, la moitié du genre humain est doublement opprimée. L’ouvrière et la paysanne sont opprimées par le capital ; en outre, même dans les plus démocratiques des républiques bourgeoises, elles restent devant la loi des êtres inférieurs à l’homme ; elles sont de véritables « esclaves domestiques », car c’est à elles qu’incombe le travail mesquin, ingrat, dur, abrutissant de la cuisine et du ménage.

La révolution bolchévique a coupé les racines de l’oppression et de l’inégalité de la femme, ce que n’avait encore osé faire aucun parti, aucune révolution. De l’inégalité de la femme devant la loi, il ne reste pas trace chez nous. L’inégalité odieuse dans le mariage, le droit familial, la question des enfants a été totalement abolie par le pouvoir de Soviets.

Ce n’est là qu’un premier pas vers l’émancipation de la femme. Mais pas une seule République bourgeoise, même parmi les plus démocratiques, n’a osé le faire, et cela de crainte d’attenter au principe sacro‑saint de la propriété individuelle.

Le second, (le plus important) a été la suppression de la propriété privée sur la terre et les usines. Voilà ce qui ouvre la voie à l’émancipation effective et intégrale de la femme et à son affranchissement de « l’esclavage domestique » par la substitution de la grande économie collective à l’économie domestique individuelle.

Cette émancipation est chose difficile, car il s’agit de transformer des coutumes, des mœurs enracinées depuis des siècles. Mais nous avons déjà un début, le branle est donné et nous sommes engagés dans la vole nouvelle.

Aujourd’hui, journée internationale des ouvrières, dans tous les pays du monde d’innombrables réunions d’ouvrières voteront des adresses de félicitation à la Russie des Soviets, qui a inauguré l’œuvre difficile, mais grande et féconde, de leur libération ; les leaders du mouvement féminin exhorteront à ne pas perdre courage devant la sauvage réaction bourgeoise. Plus un pays bourgeois est « libre » ou « démocratique », plus les capitalistes répriment avec cruauté le mouvement ouvrier. Nous en avons un exemple dans la République démocratique des États‑Unis. Mais les travailleurs se réveillent. La guerre impérialiste a tiré de leur torpeur les masses laborieuses d’Amérique, d’Europe et même d’Asie.

Le monde entier est en effervescence. La libération des peuples du joug de l’impérialisme, la libération des ouvriers et des ouvrières du joug du capital progresse irrésistiblement. Elle s’accomplit, grâce à la poussée de dizaines et de centaines de millions d’ouvriers et d’ouvrières, de paysans et de paysannes. C’est pourquoi la cause de l’émancipation du travail triomphera dans le monde entier.

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Célébration des femmes du 8 mars 2018

Les femmes ne sont pas présentes partout. Soit parce qu’elles sont exclues, soit parce qu’elles décident de ne pas être présentes. Prenons la chasse à courre. Le site venerie.org décrit la participation de la femme à la chasse comme un « apport chaleureux dans les équipages ».

Les femmes représentent 20% des veneurs. Les seules femmes participant à la chasse à courre sont issues des milieux grands-bourgeois le plus souvent parisiens. Pourtant, c’est d’une pratique féodale dont il s’agit ici. Les rôles de chacun durant la chasse sont immuables, tout est ritualisé, codifié, hiérarchisé à la manière des castes : le maître d’équipe, noble le plus souvent, les piqueurs, hommes influents triés sur le volet et les suiveurs appartenant aux classes populaires.

Il n’y a pas de suiveuses. Chacun doit tenir sa place dans ce qui est la traque d’un animal, sans relâche et à mort. Le spectacle est sanguinaire. Le système de valeurs est réactionnaire.

Les femmes refusent la violence gratuite. C’est pour cela qu’elles sont aussi rarement présentes dans les tribunes des supporters ultras de football. Pourtant, les femmes aiment le football. Elles pratiquent le jeu, mais rejettent le côté beauf « apéro-barbecue » d’avant match !

Voilà un exemple de la clairvoyance des femmes et de leur aptitude à trancher. Contrairement aux hommes qui se laissent entraîner, par faiblesse morale, de la tribune à la bière et de l’insulte à la ratonnade, les femmes coupent court. Dans le fatras de la culture foot, elles prennent le sport, le spectacle éventuellement, mais elles rejettent massivement le hooliganisme et la culture beauf.

D’ailleurs ce côté beauf, elles le fuient également dans les milieux syndicaux et leurs cortèges bières-merguez. Les femmes ne sont présentes qu’à hauteur de 7,5% dans les syndicats français.

Ces derniers prétendent négocier l’égalité entre hommes et femmes. Ils ne s’intéressent qu’aux salaires. C’est bien, mais cela ne remet pas du tout en cause la base sociale ! Les syndicats ont brillé par leur absence dans le mouvement #balancetonporc, qu’ils n’ont pas compris, alors qu’il concernait en premier lieu les violences sexistes au travail.

Un grand nombre de femmes s’est emparé de ce hashtag, et au-delà des réseaux sociaux, un véritable élan s’est amorcé pour dénoncer ce qu’elles subissent au quotidien, au boulot ou dans la rue. Ce n’est pas grâce aux syndicats si la peur a, partiellement et pour un temps seulement, changé de camp.

La barbarie est omniprésente. Et moins les femmes s’expriment et moins les femmes sont là, et plus la barbarie s’affirme. La société entretient les lieux de la barbarie et étouffe la voix des femmes, la voix sensible.

Prenons les relations sentimentales. Soit elles n’existent pas et les rapports entre les individus sont voués à la brutalité, soit elles sont d’une pauvreté lamentable. Même s’il n’y a pas toujours violence physique, la violence émotionnelle est bien là. Du fait d’un isolement causé par le mode de vie, une solitude qui détruit moralement se répand. Les rencontres se réduisent alors aux coups d’un soir, la drague à Tinder et l’amoureux n’est qu’un sexfriend. C’est toute notre sentimentalité qui se trouve ratatinée à la mode 50 nuances…

Cela la bourgeoisie semble ne pas l’avoir perçu.

Son indignité est à l’image d’Aurore Bergé, député La République en Marche, qui s’est illustrée dernièrement à la télévision. Elle s’est présentée dans un talk-show dans une toilette qui a fait polémique.

Il est évident que, vu de gauche, le problème n’est pas de savoir si une femme peut apparaître dénudée en public. La femme doit pouvoir se vêtir comme elle le souhaite, y compris en public, sans subir aucune violence quelle qu’elle soit. Mais les gens qui font de la politique à ce niveau savent que leur carrière est en partie déterminée par leur popularité. Aurore Bergé a choisi son image en conscience, pour « se vendre ». Elle a tout raté.

Car le corps des femmes est engagé politiquement. Pour les sentiments véritables, pour la dignité, contre la violence gratuite, les femmes veulent changer la vie parce qu’elles en connaissent la valeur.

Les femmes du 8 mars 2018, ce sont ces femmes de l’Oise qui comptent parmi les opposants à la chasse à courre. Après la journée de travail, leur corps se fait barricade, elles s’unissent par conviction à des actions, parfois violentes, afin de protéger un autre être, de la violence barbare. Ces femmes doivent gagner le pouvoir politique.