L’hebdomadaire L’Express a publié une tribune de l’ambassadeur ukrainien Vadym Omelchenko. Cela vaut le coup de la mentionner, car elle relève d’une construction artificielle, au point que c’en est choquant.
Avec des amis pareils, l’Ukraine n’a pas besoin d’ennemi. On est dans une sorte de narration propagandiste où, en fait, même l’Ukraine a disparu comme réalité historique et culturelle. Et où l’ambassadeur est prêt à raconter absolument n’importe quoi pour vendre l’Ukraine au plus offrant.
Voici le début, où l’ambassadeur reprend l’expression utilisée par Emmanuel Macron lors de son interview ultra-belliciste à TF1-LCI le 19 août 2025.
» ‘L’ogre à nos portes.’ Une expression brillante et percutante du président Emmanuel Macron dans une interview à Darius Rochebin.
Nous, Ukrainiens, avons déjà ressenti la présence de l’ogre venu pour nous détruire, torturer, violer, piller. S’il pouvait avaler l’Ukraine, nul doute qu’il irait plus loin.
Comme l’a justement remarqué le président de la France, il ne peut pas ne pas dévorer.
Enfin, cette compréhension apparaît chez nos alliés, tout comme celle que l’Ukraine est le dernier bastion entre l’invasion des barbares et l’Europe. »
Jusqu’à présent, rien de nouveau, même si l’image d’ogre déshumanise au maximum. Emmanuel Macron a franchi un palier avec l’emploi de ce mot, mais le régime ukrainien a adopté cette ligne depuis bien longtemps, ligne qui va de l’interdiction de Tolstoï et Dostoïevski à la destruction en général des livres en russe.
La suite est par contre hallucinée. Ce n’est même plus une narration dont les traits sont tirés, les aspects forcés. C’est simplement du délire.
« Ce n’est (presque) un secret pour personne : pour le président Poutine et son entourage, l’idole suprême est Adolf Hitler.
Des études existent déjà sur la similarité des idéologies, de la propagande et du modus operandi entre l’Allemagne hitlérienne et la Russie poutinienne : depuis la justification de l’annexion et du génocide par la « protection » des populations germanophones (russophones), jusqu’à la destruction de toute norme du droit international et de la morale – humaine, sociale, universelle.
Et tout commençait de la même façon : par le mensonge total.
Et l’essentiel – c’est une idéologie identique qui porte un seul nom : « fascisme ».
Les psychiatres américains, qui en 1946 menaient des recherches sur la société allemande d’après-guerre (dans la ville de Dachau, où se trouvait l’un des plus terribles camps de la mort), en sont arrivés à la conclusion suivante : le fascisme est une maladie de la société.
J’ajouterais : ‘oui, mais une maladie virale’. »
L’ambassadeur est prêt à raconter absolument n’importe quoi pour faire passer son message. Il pourrait dire bien des choses sur Vladimir Poutine, mais dire qu’il a comme « idole suprême » Adolf Hitler est aberrant.
En France, on a un adage qui dit que ce qui excessif est insignifiant. Mais là, ce n’est même plus excessif. C’est absolument caricatural, au-delà de l’absurdité grotesque quand on sait que l’idéologie néo-nazie est massivement présente dans certains bataillons ukrainiens (notamment le fameux Azov, mais pas seulement).
Notons d’ailleurs que la référence à Dachau avec « l’un des plus terribles camps de la mort » est également erronée : on parle ici d’un camp de concentration, pas d’un camp d’extermination. Le camp a accueilli 200 000 détenus, dont plus de 40 000 sont morts.
On n’a pas ici une anecdote : cela montre que l’ambassadeur ne sait pas du tout de quoi il parle. N’importe qui connaissant un tant soit peu les massacres nazis de masse sait que Dachau, un lieu absolument terrible, ce n’est pas Chełmno, Bełżec, Sobibór, Treblinka, Auschwitz-Birkenau, Majdanek.
Preuve encore du scandale de cette tribune, l’ambassadeur le « fascisme » russe comme un virus. Or, seule l’extrême-Droite assimile justement des phénomènes sociaux à des maladies ou des virus. C’est une approche typiquement employée dans la propagande des nazis historiquement.
L’ambassadeur empile le grotesque sur l’absurde, pour même arriver à un parallèle à la pandémie de 2020.
« En mars 2022, lorsque j’étais sur le plateau d’une chaîne française, j’ai qualifié d’ ‘actes fascistes’ ceux de la Fédération de Russie. Les animateurs étaient choqués.Mais en 2024, lors des débats au Sénat et à l’Assemblée nationale, le mot ‘fascisme’ revenait presque dans chaque discours en parlant de la Russie.
Nous voyons de nombreux signes de la propagation des métastases du fascisme russe à travers les pays d’Europe.
Avons-nous conscience que le virus du fascisme est plus dangereux par ses conséquences que la Covid-19 ? La communauté mondiale a-t-elle un vaccin ? »
La conclusion est tout aussi délirante, puisque l’ambassadeur cite… un des dirigeants des communistes tchèques assassiné par les nazis pendant la seconde guerre mondiale. Rappelons que le communisme est interdit en Ukraine et que les propos suivants seraient juridiquement condamnés dans ce pays, car il y a une valorisation d’une figure communiste.
« Cela commencera probablement par des critiques des gouvernements : « vous entraînez notre peuple dans la guerre », « il faut négocier avec Poutine », « assez de nourrir l’Ukraine », et ainsi de suite.
Les derniers fonds restants d’une économie russe en faillite seront dirigés vers l’Europe même, pour la propagande et pour créer le chaos et la division, comme cela fut fait à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Je voudrais conclure par une citation peut-être sentimentale de l’écrivain tchèque Julius Fučík, exécuté par les « libérateurs hitlériens » : ‘Hommes, soyez vigilants !’ »
Totalement inconnu aujourd’hui, le Reportage écrit sous la potence de Julius Fučík fut par contre très largement diffusé de par le monde après 1945. Julius Fučík y raconte sa captivité ; ses écrits furent sauvés alors qu’il sera exécuté par les nazis en 1943.
L’ambassadeur ukrainien fait référence aux dernières lignes de cet écrit :
« Je n’ai pas décrit la fin. Je ne la connais pas encore. Ce n’est plus un jeu. C’est la vie. Et dans la vie, il n’y a pas de spectateurs. Le rideau tombe. Humains, je vous appréciais. Soyez vigilants ! »
L’ambassadeur ukrainien, né en 1963, témoigne ici de sa grande connaissance de la culture… soviétique.
Tout cela serait risible, si cela n’était pas terriblement dramatique. Et c’est là qu’on voit que les Ukrainiens sont en premier lieu les victimes du nationalisme ukrainien, fanatique et stupide, incohérent et agité.
C’est cela qui fait perdre pied aux Ukrainiens, qui s’imaginaient que les Américains allaient les « sauver », qui s’imaginent que les Européens vont les sauver, qui pensent n’avoir strictement rien à voir avec les « Moscovites » à la fois « barbares » et « asiatiques »…
Les masses, lorsqu’elles sont happées par le nationalisme, vont toujours au-devant de terribles drames. Le rôle de la Gauche historique est d’empêcher de telles choses !