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Société

Le vélo devant son ordinateur, solution pour éviter la violence routière?

Le réalisme virtuel de Zwift est une respiration.

Le cyclisme est un sport et un loisir formidable. Être performant sur des petites courses de village au printemps après s’être entraîné méticuleusement l’hiver durant procure une joie indescriptible. Parcourir des kilomètres et des kilomètres l’été, tout simplement parce qu’on adore rouler et qu’on est très en forme à force de rouler, est une des plus douces passions du monde.

Mais il y a un grand « mais », c’est qu’il faut subir les automobilistes sur la route. De nos jours, cela devient insupportable, et surtout dangereux. La société française se décompose de l’intérieur et les comportements anti-sociaux sont légion sur la route. À la ville, à la campagne, c’est pareil, de pire en pire.

La violence routière n’est pas nouvelle, certes. D’ailleurs, les automobiles, les motos et les scooters, sont en soi dangereux, même avec des conducteurs vigilants et bien formés. Cependant, la situation s’est largement dégradée dans les années 2010, puis encore plus avec la crise sanitaire.

N’importe quel cycliste régulier est formel là-dessus : de plus en plus d’automobilistes impatients, agressifs, doublant dangereusement, insultants même les plus jeunes. L’actualité des accidents mortels est terrifiante. Saluons ici le combat de l’association « Mon vélo est une vie » qui s’est donné pour mission de changer les choses… et qui relaie régulièrement des accidents, encore des accidents, toujours des accidents.

Voici ce que dit son président, avec beaucoup de réalisme :

« Pendant toutes ces années, lorsque je montais sur mon vélo, je redevenais le petit garçon que j’étais. Le vélo a pendant très longtemps été une échappatoire de la vie de tous les jours. Désormais, quand je monte sur mon vélo, mes rêves ont laissé place à la peur et à la tragique réalité des accidents de la route. La démarche initiée vise à faire comprendre à tout le monde que la route se partage. »

La presse quotidienne régionale se fait presque tous les jours l’écho de ces drames. Et les chiffres sont formels : l’année 2021 a été une année noire pour les cyclistes avec une augmentation de 21% des morts par rapport à 2019 (avant la pandémie).

Sans compter que tout cela ne dit rien des accidents n’entraînant que des traumatismes considérés comme bénins et des blessures a priori superficielles. Tout cela ne dit rien non-plus de la violence que subissent les cyclistes lorsqu’ils ne sont pas percutés. Car se faire doubler de près à toute vitesse est quoi qu’il arrive une violence. Cela traumatise, cela plombe.

Il y a à ce sujet un immense manquement de la part des autorités qui se focalisent sur l’accidentalité grave pour communiquer, mais négligent totalement l’insécurité routière la plus banale, pourtant la plus courante. A propos, on peut lire une réflexion très intelligente faite par le rédacteur en chef de la revue de la Ligue contre la violence routière dans un édito de juin 2022, publié en ligne en août 2022 :

« Le paradoxe est saisissant. Grâce au développement du numérique, nous n’avons jamais disposé d’autant de données sur le sujet de la sécurité routière. Cette masse d’information, aussi dénommée data, devrait théoriquement améliorer la connaissance, la compréhension et la capacité à évaluer les mesures prises.

Pourtant, la désinformation n’a jamais été aussi massive.

Pourtant, l’État semble désormais prendre ses décisions au seul regard du baromètre de l’acceptabilité. »

En effet, c’est typique de l’époque. Il y a de grands moyens matériels et sociaux, on pourrait faire des choses formidables, mais pourtant tout se casse la figure et le monde devient de plus en plus insupportable.

Cette question des données permises par le numérique est essentielle. Ce devrait en effet être le support à une prise de conscience générale de la situation, entraînant forcément les moyens de changer les choses. Parce que le réel ne ment pas, parce que quand on regarde en face les problèmes, on trouve forcément des solutions. Mais c’est l’inverse qui se produit et notre époque est celle du triomphe des apparences, de la superficialité, des raccourcis, du grotesque, de la mise en scène. Le numérique en général et internet en particulier, à notre époque, est surtout un véritable gâchis.

Il y a toutefois de rares espaces qui échappent à cette règle. C’est le cas avec la musique, si l’on creuse bien, avec quelques artistes authentiques ayant une démarche profondément populaire, qui profitent justement des immenses possibilités techniques offertes par le numérique et la facilité de diffusion d’internet.

C’est aussi le cas pour le vélo avec la généralisation des applications de cyclisme en ligne. Cela date déjà d’il y a quelques années, puis avec le confinement de 2020 il y a eu un véritable décollage. La plus intéressante et utilisée d’entre-elles est Zwift.

Il faut un home-trainer à entraînement direct qui puisse être connecté à un ordinateur en Bluetooth. On enlève sa roue arrière et l’on vient poser directement la chaine à une sorte de « roue » fixe, intégrant directement différents niveaux de résistance au niveau du moyeu. La révolution numérique vient du fait que le logiciel choisisse les différents niveaux de résistances auxquels le cycliste doit s’adapter.

On le comprend tout de suite, cela permet de simuler des pentes, des descentes et des parties plates. Ensuite, il suffit de relier tous les home-trainers entre-eux sur internet, de proposer un décors virtuel, et voilà la possibilité de sortir à vélo depuis son salon !

C’est très efficace, et vraiment réaliste en termes de sensations. On trouve ainsi des sorties en groupe (le phénomène d’aspiration en se mettant à l’abri derrière d’autres cyclistes est très bien reproduit) qui sont très agréables. D’autant plus qu’on peut rouler avec des gens du monde entier (on voit le drapeau du pays des cyclistes que l’on croise). Il y a bien sûr la possibilité d’interagir, de discuter, de garder le contact.

Il existe de nombreux groupes avec des sorties à heures fixes, ainsi qu’un leader donnant des instructions pour l’allure. Les plus costauds sur une sortie étant invités, comme en vrai, à venir chercher ceux en difficulté à l’arrière du groupe pour les faire remonter grâce à l’aspiration.

Logiquement, on peut également suivre des séances d’entraînement très précises, seul ou en groupe. Un des grands intérêts est de pouvoir s’entraîner avec des niveau de puissance à respecter (en watt), alors que c’était auparavant réservé aux professionnels et aux élites amateurs (le dispositif de mesure sur un vélo en extérieur coûte extrêmement cher). Là, sur ce type de home-trainer et avec le logiciel, c’est directement intégré.

Cela reste une dépense importante, mais largement accessible vu l’utilisation qui peut en être faite. Il faut compter 400 euros pour ce type d’home-trainer, puis un abonnement de 15 euros en ce qui concerne Zwift.

Cela permet par exemple de gravir régulièrement des cols, reproduits de manière très intéressante et praticable. C’est une véritable révolution quand on sait à quel point ces ascensions sont adorées par les cyclistes, sportifs ou de loisir, alors qu’elles sont par définition difficiles d’accès, à moins d’habiter au pieds des montagnes, et encore que l’hiver ce n’est pas possible.

Enfin, il est évidemment possible de participer à des petites courses, très amusantes et réalistes, avec différentes catégories pour trouver un niveau équitable. Il y a là un côté « jeu vidéo », mais dans une version « simulation » très réaliste plutôt qu’un simple amusement type « arcade ».

Le cyclisme en ligne n’en est de surcroit qu’à ses débuts et il y a d’immenses possibilités d’évolution. La prochaine sera probablement le fait de pouvoir être mobile sur la route en choisissant sa direction de manière réaliste. Pour l’instant, il n’est possible que de suivre mécaniquement une route, comme sur un rail, avec aux intersections soit une touche du clavier, soit un pression sur le téléphone portable relié à l’application, pour choisir basiquement de tourner ici plutôt que là. Cela peut être frustrant, et c’est probablement ce qui entache le plus le réalisme d’une telle application.

De toute manière, cela est très loin de remplacer le cyclisme en extérieur. Il manquera toujours beaucoup de sensations. Mais en attendant, le plaisir des kilomètres avalés est bel et bien là. Et surtout, il y a la sécurité. Au moins, on ne risque pas dans son salon d’être percuté ou agressé par un salopard à la mentalité exterminatrice envers les cyclistes se trouvant sur son chemin. C’est là le grand intérêt de ce cyclisme virtuel, mais bien réel.

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Culture

Le magnifique vélodrome urbain de Kiev

Un monument d’architecture urbaine et de culture populaire.

Le vélodrome de Kiev a été construit en 1913, au cœur de la ville. Il se situe ainsi à quelques centaines de mètres de la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, l’un des monuments les plus connus d’Ukraine, juste derrière la rue Bogdan Khmelnitski, du nom d’une figure nationale ukrainienne.

Le cyclisme, venu de France, était alors extrêmement tendance dans l’empire russe. On trouvait à l’époque sur le site un service de location et de réparation de bicyclettes, ainsi qu’au centre de la piste un théâtre d’été nommé Polar Star, avec un orchestre et une cabine de cinéma quelques années plus tard.

Après la Révolution de 1917 et l’avènement de la nation ukrainienne, l’installation sportive a bien entendu été maintenue et utilisée. Juste avant le déclenchement de la Seconde guerre mondiale, un grand projet de rénovation était en cours avec l’idée d’un rattachement du bâtiment de la Maison de la Culture Physique à la piste.

La ville de Kiev fut très touchée par la guerre et la piste sérieusement endommagée. Mais les autorités soviétiques de la ville décidèrent rapidement de la restauration de l’installation, avec notamment un revêtement en béton moderne dès 1949. Différents bâtiments et installations furent construits dans les années suivantes, contribuant à moderniser au fur et à mesure l’édifice qui était très populaire.

Une nouvelle grande étape de rénovation-amélioration eu lieu plus tard en vue des Jeux olympiques de 1980 à Moscou. Le vélodrome avait alors le statut de piste de réserve pour les Jeux olympiques et son revêtement a été entièrement démantelé pour être remplacé par du bois, du mélèze de Sibérie, permettant une vitesse maximale autorisée de 85 km/h. La capacité de l’enceinte fut portée à 5000 places.

À partir des années 1990, le vélodrome de Kiev est progressivement tombé en décrépitude, à l’image de l’Ukraine elle-même, gangrenée par la pauvreté et la corruption. Le revêtement en bois laissé à l’air libre fût sérieusement endommagé, puis remplacé en 1996 par du béton. Le classement du vélodrome comme monument d’histoire et d’architecture en 1998 ne changea rien à la décadence du site et les dernières compétitions se tinrent en 2004.

Le 27 août 2007, par le décret 983/0/16, le ministère de la Culture de l’Ukraine se couvrit d’une honte immense en privant le vélodrome de son statut de monument historique, pour le soumettre à l’appétit féroce des promoteurs immobiliers. Ce qui devait arriver arriva et le 20 mars 2009, une partie de la piste fut démolie dans le cadre de la construction d’un immeuble de luxe.

Cela ne se fit toutefois pas sans heurt et une formidable mobilisation démocratique et populaire s’est mise en place dans la ville pour défendre l’édifice, et surtout le réhabiliter. Portée à la base par une communauté de cycliste liée à des architectes, la mobilisation a été victorieuse.

La rénovation a commencé en 2016, avec au cœur du projet une piste extérieure en béton de qualité conforme à des compétitions de niveau professionnel. Le Vélodrome fut à nouveau inauguré le 20 mai 2017, en présence du maire de Kiev  lui-même.

En juin 2015, un « velokino » (cinéma-vélo) par des cyclistes activistes : l’alimentation électrique était généré en direct en pédalant !

Aujourd’hui, la piste accueille des cyclistes de niveau mondial, régional ou local pour des compétitions, mais est également ouverte à tous, en accès libre. De nombreux événements culturels y ont lieu, comme par exemple des projections de films gratuits en plein air ou des apprentissages au cyclisme pour les enfants.

C’est devenu, en plein cœurs de la ville de Kiev, un bastion populaire, fruit d’un combat démocratique pour la culture, le sport, l’architecture, l’histoire. C’est évidement un modèle à suivre.

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Société

Pourquoi il faut parler cyclisme

Un sport de riches pratiqué par des pauvres, un symbole du socialisme.

Il n’y a rien de plus français que le Tour de France, il n’y a rien de plus populaire que le Tour de France. Et si l’on regarde bien, il y a dans le cyclisme quelque chose qui est par définition même ce qui est la Gauche historique.

De quoi s’agit-il ? Tout simplement de ce fait capital que le cyclisme est un sport de riches pratiqué par des pauvres. Et ça, ça change tout.

En effet, le football, par exemple, a un profond travers, c’est son immédiateté. Cela lui confère une base de masse qui, en fait, est fictive. Si tout le monde aime taper dans un ballon ou jouer avec une balle, il apparaît très vite que le football, on en fait vite le tour. Les Français ne sont pas les Brésiliens et leur affection pour le jeu de balles.

Et si supporter un club est une forte tradition en France parfois, il n’y a pas de réel public de masse à grande échelle pour autant en France et une des preuves de cela est qu’il n’y a pas réellement plusieurs clubs par ville contrairement à beaucoup d’autres pays. Le football est présent, mais il n’est pas validé et il n’existe d’ailleurs pas dans notre pays sans faire face, tel un yin et yang, au rugby.

Car les Français aiment l’esprit et le style, ce que le football ne permet pas dans une large mesure, le rugby étant son inverse. Le cyclisme le permet par contre par la grâce de ses courbes, ses codes et surtout son esprit. Mais ce trait national-démocratique français – qu’aucun nationaliste ou cosmopolite d’ultra-gauche ne comprendra jamais en raison de leur incapacité à fournir des efforts culturels prolongés – a un contenu socialiste de par un aspect substantiel.

Le cyclisme a ceci ici en effet de très différent par rapport au football que c’est une activité qui exige un investissement financier et intellectuel. C’est accessible sans réellement coûter quelque chose, puisqu’on peut rouler ici ou là gratuitement, même si parfois il faut se déplacer en voiture ou en train pour y accéder.

Par contre, le matériel coûte cher, très cher. 1500 euros un vélo correct, 150 euros le cuissard cycliste long et 90 euros pour le haut, 60 euros le casque, 30 euros pour des gants mi-saison et 150 euros pour des chaussures, sans parler des chaussettes, de la pompe à vélo, un lubrifiant pour la chaîne, des pneus à changer régulièrement, etc.

Et faire du vélo c’est se préoccuper de savoir que faire en cas de crevaison, c’est faire l’effort de chercher les routes où l’on peut rouler, etc. Ce n’est pas taper dans un ballon en bas de chez soi. Le football, c’est d’ailleurs accepter l’urbanisation, la ville, alors que le cyclisme, c’est la fuir tout en l’assumant sur le plan matériel au niveau de la modernité et de la culture.

Cela fait que le cyclisme pratiqué par les pauvres implique une exigence socialiste, car c’est dire: nous sommes pauvres, mais nous voulons la richesse matérielle afin de pouvoir nous épanouir, développer nos facultés, pour nous tourner vers la nature depuis la culture.

Phénomène récent devenant de masse, le gravel bike est grosso modo un vélo de course avec des roues valables pour le gravier, le sable, les chemins… permettant des parcours plus marquants que ceux purement routiers et sans la lourdeur des VTT

Seul le capitalisme développé permet d’ailleurs une telle démarche. Il y a une incroyable montée en puissance du cyclisme en France : dès les années 1920-1930 il y a des comptes-rendus en première page de l’Humanité, puis les années 1960 marquent le début d’une consécration culturelle nationale.

La pandémie a, de manière marquée, encore plus renforcé la présence du vélo, mais cela est par contre vrai dans tous les pays occidentaux, comme d’ailleurs l’expansion des pistes cyclables et marquages cyclables sur les routes. C’est un aspect important, mais là n’est pas l’essentiel.

L’essentiel, c’est que le cyclisme implique des pauvres ne s’enfermant pas dans l’immédiateté, faisant des efforts prolongés et conscients pour vivre mieux. Il y a là tout un symbole.

Et puis bien sûr il y a la dimension sportive, prolétaire, bien loin des pouilleux zadistes ou des syndicalistes toxicomanes. La Gauche historique a toujours souligné l’importance de la santé, du bien-être physique et mental.

Voilà pourquoi il faut parler cyclisme, car le cyclisme parle de lui-même à l’esprit français, tout comme le font le Varzesh-e Pahlavani en Iran, le tennis de table en Chine, le hockey sur glace en Tchéquie, le ski en Autriche, le cricket au Pakistan et en Inde, le volleyball au Sri Lanka…

Et cela, c’est de la culture, démocratique : c’est avec cela qu’on écrase le fascisme, et avec rien d’autre.

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Société

Le Tour de France, une éternelle arnaque?

Une société corrompue produit inlassablement de la corruption.

Le Tour de France 2021 s’est couru à 41,2 km/h de moyenne. C’est la deuxième plus haute moyenne historique derrière celle du Tour 2005 « remporté » par Lance Armstrong…

Cela ne passe pas, et personne ne peut croire sincèrement non plus en les performances du jeune slovène Tadej Pogacar qui écrase tout sur son passage, alors qu’il a à peine 23 ans. Le visage ne montrant aucune trace de fatigue, il a à de nombreuses reprises, en montagne ou sur contre-la-montre, produit des accélérations surclassant tout le monde. Battant au passage deux records d’ascension détenus par Lance Armstrong. Comme si ses muscles ne produisaient pas d’acide lactique, cette substance qui donne l’impression d’avoir les jambes qui brûlent lors d’un effort de haute intensité. 

Tadej Pogacar est slovène, et là encore personne dans le cyclisme ne croit sincèrement en le miracle national venu de Slovénie. Ce petit pays, comptant moins d’habitants que le ville de Paris (2 millions), connaît depuis quelques années son lot de “surdoués” du vélo. 

C’est le cas de Primož Roglič, initialement favori du Tour et dominant outrageusement le cyclisme depuis quelques années. C’est aussi le cas de Matej Mohoric, double vainqueur d’étape sur cette édition 2021 et qui a eu l’audace d’un geste incroyable…

Alors que son équipe était perquisitionnée le matin même pour des soupçons de tricherie, il a franchi la ligne d’arrivée (en vainqueur) en faisant « chut » avec l’index sur la bouche… puis mimant le geste de la fermeture éclaire sur la bouche.

Indigne geste de mafieux, arrogant et menaçant. Mais c’est justement l’omerta dans le cyclisme, et personne (ou presque) ne dénonce ces encadrants d’équipe corrompus, anciens dopés avérés, ou anciens impliqués dans des affaires de dopage. 

Le directeur de l’équipe de Matej Mohoric, Milan Erzen, a un lourd passif avec plusieurs de ses coureurs slovènes suspendus pour dopage. Ce n’est pas mieux du côté de l’équipe de Tadej Pogacar, dont le directeur a aussi un sombre passif. Lui-même victime d’une malaise très grave en 1998 pour avoir consommé une substance équivalente au fameux EPO de synthèse… et par le passé manager d’un dopé notoire tel Riccardo Ricco. 

D’ailleurs, les équipes de ces deux coureurs appartiennent à des États du Golfe totalement corrompus, richissimes à coup de pétrodollars, qui se servent du sport pour tenter d’exister sur la scène internationale. En l’occurrence, les Émirats arabes unis et le Bahreïn.

Au final, sur le Tour 2021, 4 équipes se partagent 14 victoires d’étape, et ce fut pareil pour la course au classement général. Cela laisse un goût amer, d’autant plus que les instances internationales ne semblent rien faire contre. Et alors que la lutte antidopage en générale ne cesse de reculer, faute de moyen, toujours à la traîne face à la course à l’armement lourd des tricheurs. 

Transfusions, corticoïdes, cétones, produits masquants, moteurs cachés, microdoses d’EPO ou encore ACE, la liste des inquiétudes est très longue. 

Mais qu’attendre d’un sport dont l’instance mondiale, l’UCI, est dirigée par un politicien opportuniste de Droite ? En l’occurrence David Lappartient, qui est maintenant également Président du conseil départemental du Morbihan et qui est candidat (incontesté) à sa propre succession à la tête de l’UCI… 

Car c’est précisément de cela qu’il s’agit. Le Tour de France n’est pas pire qu’ailleurs, il n’est malheureusement qu’à l’image de la société dans laquelle il s’inscrit. Peut-être que cela se voit plus, que cela heurte plus les consciences qu’ailleurs, mais cela n’a en soit pas grand chose d’extraordinaire. 

La triche est partout, le business et la corruption sont partout, les valeurs et la morale populaire, nulle part. Il n’y a qu’une société authentiquement démocratique et populaire qui sera suffisamment forte et coercitive pour laminer les tricheurs.

Il faudra s’employer pour cela, et si on veut un Tour de France “propre” il n’y aura pas d’autre choix que de contrôler strictement les coureurs. De publier publiquement les profils de puissances, enregistrées de manière indépendante. De publier publiquement les données physiologiques des coureurs. De fournir des vélos neutres en toute indépendance des équipes elles-mêmes, seul moyen de se prémunir du dopage mécanique. 

Sans ça, le Tour restera une éternelle arnaque, un simple divertissement ayant le sport comme prétexte…

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Vélo: une pétition pour changer la loi contre les «voyous sur la route»

Le cyclisme est un sport dangereux et la randonnée cycliste est un loisir dangereux. Non pas en tant que tels, mais à cause de la circulation automobile en général et du comportement de certains chauffards en particulier. L’association « mon vélo est une vie » mène un travail très approfondi d’information et de sensibilisation à ce sujet. Les récits d’accidents graves, voire de décès, sont effroyablement nombreux.

Voici une pétition lancée par l’association sur un thème très particulier : celui de gens utilisant leur voiture comme arme par destination pour s’en prendre à des cyclistes. On y apprend en effet que ceux-ci risquent moins en termes de suspension de permis qu’une personne responsable d’un accident involontaire. C’est inacceptable !

« UN « VOYOU DE LA ROUTE » PERCUTE VOLONTAIREMENT DES CYCLISTES… CHANGEONS LA LOI ! »

Le 21 avril 2021 sur la commune de Bourg en Bresse, éclatait une vive altercation entre un automobiliste et trois coureurs cyclistes en division Nationale du club de Charvieu Chavagneux Isère Cyclisme, affiliés à la Fédération Française de Cyclisme (FFC).

L’automobiliste n’hésitait pas alors à les menacer de représailles tout en appelant un ami.


Les cyclistes prenaient alors un chemin différent pour éviter toute nouvelle altercation alors que l’automobiliste continuait à les suivre. Voilà qu’un autre véhicule qui croisait les cyclistes réalisait alors une manœuvre de demi-tour pour se placer dans le même sens de circulation et pour aller in fine, se placer en manœuvre de dépassement tout en les faisant chuter.


L’automobiliste, sans aucun doute complice du premier, s’est enfuit après la chute des cyclistes. Les jeunes cyclistes ne sont pas morts, fort heureusement, mais ont été blessés physiquement et psychologiquement.


Néanmoins…

Saviez-vous qu’un automobiliste qui percute involontairement un cycliste (blessures involontaires ou homicide involontaire) risque une suspension, voir une annulation automatique de son permis de conduire en fonction des circonstances aggravantes retenues pouvant aller jusqu’à 10 ans ?
 
Alors que, contre toute attente, celui qui utilise volontairement son véhicule pour percuter un cycliste (violences aggravées avec ITT ou Violences aggravées ayant entrainées la mort sans intention de la donner) ne risque qu’une simple suspension qui ne saurait être supérieure à 5 ans.
 
La loi doit donc changer car elle est actuellement injuste, et surtout incomprise.


Il faut à minima, fixer une durée de suspension du permis pour un acte volontaire (actuellement de 5 ans) au même niveau que qu’un acte involontaire (actuellement de 10 ans).
 
Comment expliquer aux cyclistes que l’auteur de ces faits volontaires risquent moins, en terme de suspension de permis, que s’ils n’avaient pas eu l’intention de les heurter ?


L’association Mon Vélo Est Une Vie souhaite être reçue par le gouvernement et en particulier par le Garde des sceaux afin que ce dernier appuie la demande de l’association vis à vis de la modification de l’article 221-5 du code pénal sur les violences volontaires avec une arme par destination pour augmenter la suspension de permis de conduire encourue et la porter à 10 ans au plus au lieu des 5 ans.


Association « Mon Vélo Est Une Vie » – Teodoro Bartuccio, président
Relation presse : 0609046486
Commission Juridique – Michel Benezra, avocat

monveloestunevie.org

>> Pour signer la pétition, cliquez ici.

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Tour de France: le maire EELV de Lyon méprise les classes populaires

Le nouveau maire EELV de Lyon, à l’image de son parti, n’a rien à voir avec la Gauche. Il fait partie d’une frange de la bourgeoisie violemment hostile aux classes populaires et sa critique méprisante du Tour de France en est un bel exemple.

Dans un pays, il y a des monuments. Cela peut être un bâtiment, une sculpture, un tableau, de la musique, une façon de faire certaines choses, ou bien encore un événement sportif. Le Tour de France fait partie des monuments français, du patrimoine de la France.

Cela ne veut pas dire que cela est figé et qu’il est interdit de le faire évoluer. Mais cela nécessite de connaître les choses de l’intérieur, en étant lié de manière organique au peuple, car le patrimoine par définition est porté par le peuple.

C’est tout le contraire d’EELV, qui représente la bourgeoisie cosmopolite vivant dans de riches appartements de centre-villes et s’imaginant écologiste en allant chercher son pain à bicyclette le dimanche matin.

Ainsi, quand Grégory Doucet le nouveau maire EELV de Lyon critique le Tour de France de manière méprisante, cela ne passe pas, car on ne peut pas s’en prendre au patrimoine populaire sans susciter de la réprobation.

Alors que la 14e étape de l’édition 2020 de l’épreuve arrive à Lyon samedi 12 septembre, il a en effet qualifié le Tour de « machiste et polluant ». Sa critique est ici typique du bourgeois de grande métropole, vivant dans sa petite bulle, raisonnant avec des concepts universitaires hors-sol et méprisant la vie quotidienne du peuple.

Cela est particulièrement flagrant quand il interroge de manière hautaine :

« Combien de véhicules à moteur thermique circulent pour faire courir ces coureurs à vélo ? »

En France, ainsi que dans de nombreux pays, des millions de gens adorent le Tour de France. Et comme à chaque fois qu’il y a quelque chose de populaire et massif, cela est fait avec beaucoup de sérieux.

Les coureurs sont donc des professionnels et ils ont logiquement avec eux tout un staff, lui aussi professionnel, engagé de manière très aboutie sur la course, qui est préparée pendant de longs mois.

Comme celle-ci a lieu sur la route, en parcourant une très grande distance quotidienne, cela nécessite des voitures pour suivre les coureurs, afin de leur porter assistance, les ravitailler, changer de roue en cas de crevaison, etc. C’est aussi simple que cela et il faut vraiment tout le mépris du bobo de centre-ville pour ne pas comprendre la raison de la présence de ces « véhicules à moteur thermique » pour suivre « ces coureurs ».

C’est la même chose pour les autres voitures et motos, que ce soit de l’organisation, des médias, des médecins, de la publicité, etc. Tout cela s’explique pour une raison simple : le professionnalisme de l’événement, d’autant plus important en raison de son caractère massif, extrêmement populaire.

Mais le peuple, les gens d’EELV n’en ont rien à faire. Tout ce qui compte pour eux est de calquer des concepts sur la réalité, pour se donner un genre moderne. Là encore, c’est particulièrement flagrant quand Grégory Doucet affirme de manière délirante :

« D’abord, le Tour de France continue à véhiculer une image machiste du sport. Quand on défend les valeurs du sport, on défend l’égalité femmes-hommes. Il devrait y avoir un Tour de France féminin depuis longtemps. C’est la dernière épreuve d’envergure à ne pas avoir franchi le pas. »

Qu’est-ce que cela peut bien lui faire qu’il n’y ait pas de Tour de France féminin ? Et d’ailleurs, pourquoi n’y a t-il pas d’équivalent féminin du Tour de France ? Tout simplement car il n’y a pas beaucoup de femmes cyclistes pratiquant ce sport avec le même niveau de professionnalisme que les hommes cyclistes. Point. Ce n’est ni bien, ni mal, c’est une simple réalité historique, un simple cheminement de l’évolution de la vie du peuple.

Depuis quand d’ailleurs l’horizon des femmes serait de faire forcément la même choses que les hommes ?

De toutes façons, cela ne signifie pas que les femmes sont en dehors du cyclisme masculin. Mais pour savoir cela, il faut faire partie du peuple et s’être déjà rendue sur une course cycliste amateur… où les femmes sont extrêmement nombreuses. Ce sont par exemple presque toujours des femmes qui prennent les photos sur les courses amateurs, de manière très sérieuse. Les mères des coureurs sont très présentes et impliquées, tout comme les femmes qui sont bénévoles dans l’organisation, pour distribuer les dossards par exemple ou servir à la buvette, ou encore dans l’arbitrage où il y a très souvent des femmes, etc. Il y a également les podiums où la tradition veut que ce soient des jeunes femmes qui donnent un bouquet au vainqueur de la course et lui fassent la bise, même sur la plus petite course de village.

On peut trouver cela ringard éventuellement, ou bien déplacé, caricatural, etc. mais cela ne donne pas pour autant le droit de critiquer avec mépris, et encore moins celui de prétendre pouvoir parler à la place des femmes participant à cela.

Mais nous ne vivons pas dans une société démocratique, et donc le peuple n’a jamais la parole. À la place, ce sont des bourgeois comme Grégory Doucet qui s’arrogent la prétention de savoir ce qui est bon ou mauvais. Les bourgeois comme Grégory Doucet d’EELV représente ici tout l’inverse de la Gauche historique, qui au contraire est liée organiquement au peuple en incarnant le meilleur de la tradition populaire dans tous les domaines.

Et on voit que le masque d’EELV tombe de plus en plus, alors que son espoir est de démolir définitivement la Gauche, de la cannibaliser pour devenir un parti politique majeur. Outre que son écologie est toujours plus au service d’un renouveau du capitalisme, son opposition à ce qui est le noyau de la Gauche populaire est toujours plus agressive.

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Un étrange 14 juillet sans Tour de France

La vie de la société française, depuis des dizaines d’années, est particulièrement réglée, routinière. Le Tour de France est l’événement qui marque le début de l’été, dont on entend parler même si on ne le suit pas vraiment, qui entonne une petite musique de fond, cette musique qui dit en générale quelque chose d’agréable.

Le Tour, c’est souvent une histoire entre les grand-parents et leurs petits-enfants, ce sont des après-midi calmes dans le salon, au frais, à scruter le pays en se laissant bercer par l’allure routinière des coureurs, qui avalent les kilomètres avec la rigueur de l’ouvrier, sans en faire trop, ni trop peu. Puis vient le 14 juillet, en général avec une étape de montagne particulièrement alléchante. Sportivement, c’est là où la course s’emballe, où les jeux se font. On passe alors à autre chose et l’on rentre dans l’été pour de bon.

Quelque chose a été rompu dans la société française avec la crise sanitaire (et il en est probablement de même dans beaucoup de pays). Ce 14 juillet sans « étape de montagne du Tour » donne un goût étrange à l’été. C’est comme s’il n’avait pas lieu et, d’une certaine manière, il n’a pas vraiment lieu.

Le printemps a été gâché par le confinement, puis la sortie hasardeuse du confinement. L’été semble, lui, confisqué. Le président Emmanuel Macron a d’ailleurs probablement fini de casser l’ambiance en étant contraint d’annoncer, finalement, que le masque allait être obligatoire dans les lieu publics clos.

Si la France avait cru pouvoir échapper à la crise, en faisant somme toute comme si le virus n’était plus là, c’est la crise qui rattrape le pays. « Nous avons des signes que ça repart quand même un peu » a expliqué le président dans son allocution du 14 juillet, en jouant de la litote pour ne pas trop affoler, tant il sait que ce qu’il dit est affolant.

C’est affolant sur le plan sanitaire évidemment, car personne ne veut de milliers de morts supplémentaires. C’est affolant surtout pour toute cette « bulle » de la société de consommation depuis la fin de la seconde guerre mondiale, qui recommence chaque année la même chose, dans un version censée être mieux quantitativement, sans esprit qualitatif.

Ce n’a jamais été entièrement faux d’ailleurs et il faut bien reconnaître que chaque année le Tour de France était toujours plus agréable à suivre, avec la télévision, puis la télévision couleur, puis les images d’hélicoptères, puis l’incrustation d’informations en direct, pour les images en haute définition. Rien ne semblait pouvoir ébranler cet éternel recommencement, pas même les scandales à répétition concernant le dopage.

Et voilà qu’une « gripette », comme l’avait honteusement qualifiée certains cet hiver, a fini de gripper la machine, qui était en fait déjà bien rouillée. Le Covid-19 marque un bouleversement d’une ampleur gigantesque, car c’est la fin de tout un tas d’illusions.

La rentée sera terrible, parce qu’il n’y aura pas eu vraiment d’été et surtout en raison d’une crise économique nouvelle, entièrement nouvelle, qui va finir le travail de sape du train-train quotidien. Le Tour de France, prévu pour septembre, s’il a lieu, aura dans ce contexte un goût très amer. De toutes façons, ce ne sera pas le Tour de France. Non pas seulement à cause des mesures empêchant le public d’approcher les coureurs, mais parce que le Tour, c’est le ronronnement de la France tranquille, vivant son éternel recommencement estival. Cette fois, tout change.

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Les incroyables et scandaleuses exigences de la Fédération française de cyclisme

Dans un communiqué publié ce samedi 25 avril, la Fédération française de cyclisme exige qu’on lui autorise les entraînements à vélo, puis la reprise rapide des compétitions. C’est un mépris scandaleux de la crise sanitaire en cours, avec le risque d’une deuxième vague de l’épidémie de Covid-19.

Le pays traverse une crise sanitaire historique doublée d’une crise économique qui s’annonce sans précédent. Il y a des milliers de morts, d’autres à venir, des personnes guéries mais avec des séquelles lourdes, des services de santé encore très chargés, des personnes âgées bloquées seules chez elles ou dans leur chambre d’Ephad depuis plusieurs semaines. Mais, mais, la Fédération française de cyclisme (FFC) exige par contre qu’on autorise les quelques milliers de compétiteurs cyclistes à reprendre l’entraînement sur route le 11 mai, puis les compétitions rapidement.

Le communiqué de la FFC n’y va pas par quatre chemins : « se réinventer oui, disparaitre (sic) non ! ». Son discours est simple, revenant à dire on a joué le jeu, mais tout ceci à assez durer, laissez nous reprendre comme avant.

Pour justifier cette incroyable exigence, qui relève carrément du caprice dans un tel contexte sanitaire, la FFC ment éhontément.

Le premier mensonge, particulièrement cynique, c’est celui de l’intérêt collectif :

« Il serait impensable que les restrictions de pratique individuelle du cyclisme puissent perdurer au-delà de cette date [du 11 mai], à l’heure où de plus en plus de voix, comme celle de l’OMS, s’élèvent pour souligner les bienfaits de la pratique du vélo sur la santé publique. Cela constituerait une véritable discrimination vis-à-vis de notre sport alors, qu’au contraire, le vélo présente une opportunité sans précédent de transformer en profondeur et de manière pérenne la mobilité dans notre pays. »

Très bien, mais quel est le rapport ? Il n’y a aucun rapport. Le monde du cyclisme de compétition n’a pas de lien avec celui de la pratique de loisir, de la balade, etc. Et c’est bien normal, car ce sont deux choses différentes. La Fédération française de football ne s’occupe pas des gens jouant au ballon dans un parc ou à la plage, cela n’aurait aucun sens.

La FFC prend donc les gens pour des imbéciles quand elle parle de santé publique et de mobilité dans le pays, car ce n’est pas de son ressort. Les gens prenant leur vélo pour aller au travail ou se balader n’ont que faire de la FFC, et inversement. Ce qui compte pour la FFC, c’est son sport, elle le reconnaît elle-même à la fin du communiqué :

« Le Cyclisme est un sport de plein air, qui trouve son meilleur terrain de jeu pendant l’été. »

Il s’agit donc de retrouver son terrain de jeu. C’est une préoccupation légitime, mais qui ne saurait induire quelque exigence en cette situation particulièrement compliquée pour la société toute entière.

Le second mensonge, bien plus grave, est celui du respect des règles sanitaires. La FFC prétend ainsi :

« Nous travaillons sur un plan d’accueil et notre objectif est de démontrer clairement qu’avec des gestes barrières facilement applicables et en respectant des mesures de distanciation sociale, il est possible de pratiquer le cyclisme, sans s’exposer soi-même ou exposer les autres à un risque de contamination. »

Cela n’a aucun sens. Soit chacun roule seul et ne contamine personne, soit il y a une activité de club, d’accueil, quelle qu’elle soit, et il n’y a pas de distanciation sociale. La FFC prétend « démontrer », mais elle ne démontre rien, car il n’y a rien à démontrer.

Le cyclisme, par définition, est un sport de promiscuité sociale. Chacun a en tête les images de pelotons cyclistes, que ce soit en course ou à l’entraînement par petits groupes sur les routes de campagne. Rien n’est plus important dans le sport cycliste que l’abri, c’est-à-dire le fait de pouvoir s’abriter du vent derrière ou à côté d’un adversaire, un coéquipier, un partenaire d’entraînement. Cela exige une proximité immédiate, faisant que l’on se touche régulièrement le coude, la roue, le guidon, que les gouttelettes de transpiration, de salive, circulent de manière particulièrement importante entre les coureurs.

Il est donc complément mensonger de la part de la FFC de prétendre ensuite :

« C’est pourquoi, il nous paraît fondamental de pouvoir organiser nos compétitions, dans le respect des mesures sanitaires définies par l’État, le plus rapidement possible. »

Ou encore :

« Aussi, pour la reprise, et lorsqu’il sera temps, nous travaillons à trouver de nouveaux formats d’épreuves qui pourront intégrer les contraintes sanitaires. »

Cela n’a aucun sens, il est impossible d’organiser une course cycliste en respectant les règles de distanciation sociale… à moins de n’organiser que des épreuves de contre-la-montre ou de poursuite individuelle sur piste, mais dans ce cas autant le faire sur home-trainer depuis chez soi sur une plateforme numérique… Ce qui est en fait déjà fait par beaucoup de cyclistes pendant le confinement.

La compétition sportive est une activité sociale d’une importance majeure et cela mérite des décisions claires, rapides, précises de la part des autorités, dans l’intérêt des sportifs et par respects pour toutes les structures sportives. La FFC par contre, avec ses mensonges, avec ses exigences d’enfant gâté, n’aide en rien.

Elle ne fait qu’ajouter de la frustration, de la confusion, elle participe pleinement à la décomposition du corps social, au profit de l’individualisme le plus méprisable. En assumant vouloir reprendre les compétitions le plus vite possible, elle assume le refus de la distanciation sociale et banalise ce refus. C’est très grave, presque criminel tant on sait qu’un tel scenario généralisé engendrerait forcément une seconde vague épidémique, avec son lot de mort et de malades graves dans des régions très peu touchées encore.

Le discours des dirigeants de la FFC est en fait l’expression d’une petite-bourgeoisie paniquée, sombrant dans le mensonge, la mauvaise foi et le mépris de toute perspective sociale, collective.

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Décès du cycliste Raymond Poulidor, figure populaire française

Raymond Poulidor, décédé ce 13 novembre 2019 à l’âge de 83 ans, est de ces figures françaises ayant traversé les générations et représentant quelque chose d’important dans le pays et au-delà. Champion cycliste, il incarne une tradition populaire des campagnes françaises où le cyclisme a été si important.

Raymond Poulidor, c’est une figure affable, appréciée comme une sorte de représentant de la France populaire et de ses valeurs. Si l’on parle souvent de lui comme un « éternel second » pour ses trois deuxième place (et cinq troisième place) au Tour de France, ce n’est pas par fascination pour la défaite.

Ce qui a plu en lui, c’est la volonté et l’abnégation qu’il représente, tout en restant une personne considérée comme simple, généreuse et ayant un sens moral. Il faut noter également sa fidélité à son équipe, qu’il n’a jamais quitté en 17 ans, chose qu’on imagine impossible de nos jours.

Raymond Poulidor n’est pas qu’un second du Tour de France : il a un très beau palmarès de coureur cycliste, sport trop souvent réduit à « la grande boucle ». Il a été champion de France, il a remporté des courses prestigieuses comme les classiques Milan-San Remo et la Flèche wallonne, les courses d’une semaine Paris-Nice et le Critérium du Dauphiné ou encore la course de trois semaines le Tour d’Espagne.

Issu d’une famille de métayers dans le Limousin, il représente tout à fait cette France des campagnes de l’après-guerre, qui filait vers la modernité. Le cyclisme, qui a d’abord été un sport urbain, s’est ancré dans les campagnes à mesure que les routes devenaient de plus en plus praticables.

Les fameuses courses de clocher, c’est-à-dire des courses cyclistes amateurs ou de jeunes organisées sur un petit circuit passant à de nombreuses reprises devant la place de l’Église d’un bourg, ont largement rythmé la vie des campagnes françaises durant la seconde moitié du XXe siècle. Il en existe encore de nombreuse dans l’Ouest de la France, surtout dans les régions Bretagne et Pays-de-la Loire.

Ailleurs dans le pays, les courses sont beaucoup plus rares du fait d’une grande érosion des effectifs. Le cyclisme a beaucoup souffert de la diversification de l’« offre » sportive, contrairement au football qui a sur rester énormément populaire chez les jeunes.

En plus de cela, il est de plus en plus difficile d’organiser des courses cyclistes, du fait des aménagements urbains – notamment les ralentisseurs en dos-d’âne ou des « haricots », et du nombre important de bénévoles requis.

Pour une course en circuit (en général des circuits de 5 km environ), il faut au moins une voiture suiveuse et une voiture ouvreuse, ainsi que des signaleurs à chaque intersection, pour arrêter les voitures et ne les autoriser à passer qu’entre les coureurs. Pour une course en ligne, c’est-à-dire partant d’un point A et arrivant à un point B sans rester sur un circuit (comme une étape du Tour de France par exemple), c’est encore pire : non seulement il faut des signaleurs aux principaux carrefours et dans chaque village traversé, mais en plus il faut des motards, qui anticipent la course en arrêtant les voitures en face, puis doivent doubler le peloton des coureurs pour de nouveau être disponibles pour arrêter les voitures en face ou signaler un danger sur la route, etc.

Il faut également une voiture ambulance, un médecin, des voitures pour transporter les commissaires (arbitres), des assistants sur le bord des routes pour passer les bidons et les voitures des équipes des coureurs, pour les dépanner ou les embarquer en cas d’abandon. Il faut ensuite sécuriser l’arrivée, un podium et un protocole, etc.

C’est une logistique énorme, bien plus que pour un simple match de football. Cela demande l’implication de nombreuses personnes bénévoles. À part pour les arbitres qui touchent une indemnité comme dans de nombreux sports, tout le reste de l’organisation est du travail gratuit. Même pour les courses de niveau national.

À une époque de replis sur soi et de délitement du tissu social, notamment dans les campagnes et les périphéries des villes, on comprend qu’il soit de plus en plus difficile de mobiliser ces gens, héros ordinaires donnant de leur temps pour le plaisir des jeunes et de la vie collective.

Raymond Poulidor, au-delà de la figure sportive médiatique, représente en fait beaucoup cela. On ne peut pas comprendre pourquoi il est encore si apprécié, si on ne connaît pas cet arrière-plan populaire lié au cyclisme, directement ou non.

Le Tour de France maintient en partie cette tradition, d’ailleurs Raymond Poulidor y était présent chaque année jusqu’à cette année et il disait sans hésiter qu’il en était accros, « comme une drogue » ! Cependant, l’engouement du Tour n’est qu’une exception épisodique du début de l’été, pour un sport qui intéresse très peu le reste de l’année, surtout dans sa pratique amateur (de haut niveau, pas de loisir) et jeune.

Aujourd’hui le sport cycliste (sur route) connaît une phase évidente de modernisation, mais qui ne vient pas de France. Il est en effet flagrant de voir à quel point en France ce qui relève de la culture populaire des campagnes (ou d’un ancrage ancien dans les quartiers anciennement populaires des villes, mais liés aux campagnes) est largement ostracisé.

Ailleurs, le cyclisme n’a pas cette image rurale et ringarde culturellement. Il est mis en avant de façon moderne, notamment par des marques ou différentes entreprises qui en font un vecteur de valeurs.

Finissons donc pour illustrer par cette jolie vidéo de la marque de vélo Canyon, qui met en scène justement le petit-fils de Raymond Poulidor, Mathieu Van Der Pool.

Les images le lient à son grand-père et à son père le néerlandais Adrie Van der Pool, lui aussi un champion cycliste. Mathieu Van Der Pool, 24 ans, est déjà bien connu par les suiveurs du cyclisme, notamment pour ses exploits hivernaux en cyclo-cross, sport extrêmement populaire dans les campagnes flandriènnes. Il est d’ailleurs champion du monde 2019 de cyclo-cross (également de VTT cross-country). Sur route, Mathieu Van Der Pool a déjà remporté la classique Amstel Gold Race et n’est pas passé très loin du titre de champion du Monde pour lequel il était un grand favoris.

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Pourquoi le cyclisme sur piste n’intéresse plus grand monde ?

La semaine prochaine du 12 au 17 novembre auront lieu Les six jours de Gand en Belgique, un des derniers grands événements massifs du cyclisme sur piste en Europe. Mais pourquoi ce sport si spectaculaire, jadis si populaire, n’est aujourd’hui plus que l’ombre de lui-même ?

Les six jours de Gand est une sorte de spectacle figé hors du temps. Pendant 6 jours, sous la clameur d’un stade bondé, chaque soir des cyclistes s’affrontent sur plusieurs épreuves pour cumuler des points avant de se départager sur l’épreuve ultime le dernier soir, la course à l’américaine.

Aucun vélodrome au monde ne réunit encore une telle ferveur. C’était pourtant légion au XXe siècle. Le Vélodrome d’hiver à Paris par exemple, tristement célèbre en raison de l’horrible rafle antisémite des 16 et 17 juillet 1942, était avant ça un stade très populaire, comme on le voit sur cette image :

La course à l’américaine, dont le nom officiel en anglais est la Madison, tiens son nom du Madison Square Garden, où là aussi se déroulaient des épreuves de cyclisme sur piste très populaires.

Aujourd’hui, à part aux Jeux Olympiques tous les quatre ans, le cyclisme sur piste n’intéresse presque plus personne. Les différentes épreuves de courses en peloton ou de sprints sont pourtant très spectaculaires et peuvent être sportivement très intéressantes.

Beaucoup de gens peuvent regarder le Tour de France pendant 5 heures à la télévision alors qu’il ne se passe rien… mais ils ne s’intéressent pas à des courses en peloton sur vélodrome. C’est là quelque-chose d’étonnant. Ces courses sont pourtant palpitantes, variées, avec un grand enjeu tactique immédiatement perceptible et analysable, comme au football, du fait que l’on puisse suivre l’ensemble de la compétition dans les moindres détails.

Comment est-il possible qu’il n’y ait pas en France, pays du vélo, un championnat hivernal professionnel de cyclisme sur piste, avec des courses en peloton qui seraient d’autant plus palpitantes qu’on connaîtrait bien les coureurs, les suivant tous les week-ends pendant une saison ? Avec les moyens techniques d’aujourd’hui, on imagine très bien ce que cela pourrait rendre en vidéo, avec en plus des belles ambiances sur place.

En attendant, les six jours de Gand font ici office de relique du passé. Les coureurs, qui sont parfois parmi les plus célèbres du cyclisme professionnel, sont stationnés  face au public dans des mini-boxes de la taille d’un banc de touche de football avec un petit rideau, héritage d’une époque où les courses de « 6 jours », avaient lieu durant 6 jours… non-stop, 24 heures sur 24 ! Les cyclistes, qui courraient par paire, se relayaient pour y dormir, alors que tout le monde criait, fumait et buvait autour d’eux. On imagine très bien les drogues qu’ils devaient ingurgiter pour tenir.

Cela a évolué depuis bien longtemps heureusement, mais il reste à Gand beaucoup de ce passé, avec ces fameux masseurs qui ne sont pas des kinés (qui sont pour autant très doués) ou ces préparateurs attitrés au ravitaillement des coureurs et ce public massé furieusement au milieu de la piste, que l’on appel la pelouse en référence aux vélodromes extérieurs.

Symbole de cette attitude à l’ancienne, les courses sont en grande partie arrangées à Gand, bien que cela ne soit jamais officiel. C’est la même chose que pour les critériums d’après Tour de France au moins d’août dans les campagnes françaises.

C’est fort dommage et c’est probablement une des raisons expliquant l’abandon du public, bien que la performance sportive n’en soit pas moins réelle et intéressante, malgré cet éternel problème du dopage.

Voici par exemple le show de Mark Cavendish et Bradley Wiggins qui avaient marqué les esprits en 2016 en reportant l’épreuve, avec leur magnifique maillot de champions du monde de la course à l’américaine (titre officiel, contrairement à cette épreuve gantoise donc…) :

Les cyclistes courent par paire et se passent régulièrement le relais à volée, au milieu des autres coureurs, avec une grande dextérité. Voici, la même année, la victoire de la star belge Iljo Keisse gagnant la (folklorique) course derrière derny (une sorte de mobylette) :

Les six jours de Gand se courront encore cette année à guichet fermé, car il ne reste déjà presque plus de places. La star belge Iljo Keisse fera équipe avec le sprinteur britannique Mark Cavendish. Ils s’opposeront notamment à la paire belge Kenny De Ketele – Moreno De Pauw, détenteurs de nombreux titres officiels et spécialistes de la course à l’américaine.

Il existe encore quelques épreuves de 6 jours à travers l’Europe, avec des tentatives de modernisation du côté de Londres et de Berlin. Mais tout cela n’a rien de très palpitant et reste sur ce principe du show surfait. Ce n’est pas ce genre de spectacle qui attirera un public populaire très attaché à la performance sportive réelle et l’analyse tactico-stratégique poussée, tant sur le moment que sur le long terme, comme au football !

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L’évolution de la figure du livreur «Deliveroo» dans les grandes métropoles

Le livreur « Deliveroo », du nom de la principale plateforme de livraison de plat à domicile, est devenu une figure incontournable du centre-ville des grandes métropoles. Elle a cependant très vite évoluée, passant en quelques années d’une image très moderne et branchée à ce qu’il y a de plus terrible en termes d’exploitation capitaliste.

Il y a quelques années, cinq ans peut-être, Deliveroo se payait des livreurs-ambassadeurs pour promouvoir sa plateforme. C’était des jeunes, forcément branchés, avec du style sur le vélo, de préférence en pignon-fixe, si possible brakeless (sans frein). Ceux-ci recrutaient dans leur entourage en promouvant des conditions de travail et de rémunération attrayantes pour de jeunes urbains au mode de vie libéral. Être payé à faire du vélo en ville en choisissant ses horaires à la carte, sans un chef sur le dos et en pouvant partir en vacances quand on veut : le rêve ! C’est en tous cas ce que se sont dit de nombreux jeunes dont beaucoup d’étudiants et il y a eu un afflux pour ce nouveau job.

Le petit-bourgeois urbain, trop content d’avoir une nouvelle application à utiliser sur son iphone, a lui aussi pleinement répondu à l’appel. Il s’est mis à commander des hamburgers végétariens ou un petit plat asiatique très sympa, sans bouger de chez lui.

Les livreurs étaient un peu des copains, ou s’ils ne l’étaient pas, ils auraient très bien pu l’être, car ils avaient toujours l’air cool et ils avaient du style. D’ailleurs, cela payait relativement bien à ce moment d’être livreur par rapport à d’autres jobs. Il y avait une rémunération fixe qui était majorée à chaque livraison et même une petite prime les jours de pluie.

Rapidement cependant, on a vu apparaître des livreurs d’un tout autre style. C’était ce trentenaire un peu perdu, lassé de l’intérim, qui a ressorti son vieux VTT pour essayer un job qui a l’air moins ennuyeux. Ou encore cette étudiante fraîchement arrivée de la campagne, un peu perdue dans la grande ville où elle n’a pas eu le temps de trouver mieux. Elle aussi avait un VTT et c’est là quelque-chose de très marquant : les urbains branchés portent en horreur ce VTT qui n’a rien à faire en ville, symbole du périurbain, de gens pas hype.

Forcément, le livreur n’est alors plus un pote, juste un prestataire lambda à qui ont fait appel par habitude. On a vite pris cette habitude. Le profil des clients a changé aussi puisqu’il s’est élargi, comme c’était prévu. Le livreur en VTT a de plus en plus livré des plats basiques, le plus souvent froids et renversés dans le sac, à monsieur et madame tout le monde.

Les livreurs-ambassadeurs sont en général passés à autre chose. Il faut dire que les conditions de rémunération des plateformes se sont dégradées, petit à petit. Il a fallu se connecter chaque semaine à une heure très précise sur le serveur pour avoir la chance d’obtenir les créneaux de livraison les plus intéressants, tellement il y a de monde. Il n’y a plus de rémunération fixe. Depuis quelques mois, les livraisons courtes sont même encore moins bien payées.

Une poignée d’« historiques » tentent de s’organiser contre cela, ou plutôt s’imaginent pouvoir peser en s’y opposant. On a entendu parler de quelques « grèves » cet été, bien relayées par la presse, probablement parce que les journalistes sont eux-mêmes des grands clients de ces plateformes.

Cela ne représente cependant rien du tout face à la grande machinerie que sont devenues ces plateformes. Déjà, parce qu’on ne peut pas vraiment faire grève quand on a soi-même accepté de devenir auto-entrepreneur à la base. Mais surtout, car il y a des dizaines et des dizaines d’autres livreurs qui acceptent ces nouvelles conditions.

Tout le monde l’a remarqué tellement c’est flagrant : le profil des livreurs a bien changé ces deux dernières années, d’abord à Paris puis maintenant dans toutes les villes. Ils sont de plus en plus des immigrés fraîchement arrivés, dans des situations très précaires.

Quelques jeunes prolétaires de banlieue ont également rejoint le cortège des livreurs, mais en scooter par contre, avec l’idée de pouvoir optimiser bien plus les livraisons par la vitesse. C’est complètement absurde, car l’amortissement d’un scooter (complètement à sa charge) rend vraiment ridicule la possibilité de rémunération avec ce travail dans ces conditions. Mais ce n’est qu’une absurdité de plus dans la folie des grandes métropoles.

En quelques années, la figure du livreur « Deliveroo » a complètement changé. C’était un jeune urbain branché, faisant quelque-chose ayant l’air moderne et sympa. C’est maintenant un africain sans-papier sur un vélo en piteux état, qui sous-loue le compte de quelqu’un d’autre s’octroyant une partie de sa rémunération. C’est quasiment de l’esclavage, c’est absolument ignoble et tout le monde le sait. Mais tout le monde s’en fiche, ou prétend ne pas le savoir.

Les restaurants eux aussi sont devenu complètement dépendant de ces plateformes, qui changent totalement la nature de leur travail le rendant de plus en plus industriel. Le comble de l’horreur en ce domaine consiste même, à Paris, en des entrepôts en banlieue pour des restaurants uniquement dédiés à la production de plats pour la livraison via ces plateformes.

Voilà à quoi ressemble aujourd’hui la pseudo-modernité dans les grandes métropoles. C’est du capitalisme, toujours plus de capitalisme et encore plus de capitalisme, partout, tout le temps…

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Tour de France : quand les Français gagnent, on ne parle plus de dopage

Les performances de l’équipe Sky (devenue Ineos) sur le Tour de France ont été l’objet de nombreuses critiques ces dernières années, avec des soupçons formulés plus ou moins ouvertement de dopage. Cette année, ce sont surtout deux Français qui réussissent sur le Tour, alors les doutes s’évaporent de manière tout à fait chauvine.

Le cyclisme est un sport abîmé, usé par les affaires de dopage. Non pas que ce phénomène n’existe pas ailleurs comme dans le football où il est tout simplement nié, mais plus que tout autre sport, le vélo est inéluctablement associé à cette corruption de l’esprit et du corps.

La succession de l’affaire Festina en 1998 puis de l’ère Armstrong dans les années 2000 a fait de grands dégâts, à tel point par exemple que la télévision allemande avait pendant un temps arrêté la diffusion du Tour. Les masses populaires ont relativement réglé ce problème du dopage avec un certain fatalisme, en se disant que de toutes manières cela ne change pas grand-chose à la course.

Qu’il y ait des tricheurs est dommage pensent les amateurs de vélo, mais dans tous les cas il y a toujours des coureurs plus forts que d’autres et de toutes manières, à peu près tout le monde doit se doper… Ce n’est pas idéal comme point-de-vue, c’est même regrettable, mais à défaut d’autre chose, cela a une certaine dignité. Et cela permet en tous cas de continuer à apprécier ce sport malgré un arrière-plan détestable.

L’apparition de l’équipe anglaise Sky ces dernières années a quelque peu changé la donne. Elle a en effet montré une puissance collective hors-norme, écrasant littéralement le Tour d’une manière très froide et calculée, presque mécanique. Cela a heurté l’esprit petit-bourgeois français qui au contraire aime le « panache » individuel, les grandes embardées « héroïques », quitte d’ailleurs à ce qu’elles aient une issue tragique.

De nombreuses personnes ont alors pris le prétexte de la critique morale et populaire du dopage pour en fait formuler surtout une critique chauvine envers les coureurs anglo-saxons. Christopher Froome en particulier a été l’objet d’une farouche hostilité, alors que de nombreux autres coureurs à la réputation non-moins suspecte ont été largement épargnés par la critique.

Ce chauvinisme est un poison et aucun grand changement démocratique ne pourra avoir lieu dans le pays sans une grande remise en cause culturelle sur ce plan. Mais quand on voit l’emballement qu’il peut y avoir aujourd’hui à propos des performances de Thibaut Pinot et Julian Alaphilippe sur le Tour depuis deux semaines, on se dit qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

Le problème n’est pas bien-sûr que le public français puisse être content du succès de coureurs français. Il y a une proximité plus immédiate et palpable avec les coureurs français qui conduit assez logiquement à un soutien, là n’est pas la question. Le problème est quand les doutes disparaissent et que ceux qui pointaient du doigt le dopage ne le font plus, alors que les performances sont tout autant exceptionnelles, si ce n’est plus.

Disons-le franchement, si Julian Alaphilippe était britannique, les commentaires incendiaires à son sujet ne manqueraient pas. Lui qui vient d’une équipe à la réputation douteuse, qui suit les meilleurs grimpeurs du monde et écrase le contre-la-montre individuel alors qu’il est censé n’être qu’un puncheur ayant déjà eu son pic de forme sur les grandes classiques du printemps, qu’il avait survolé (il est en tête du classement UCI des meilleurs coureurs du monde).

On ne peut pas accuser sans preuve, évidemment. C’est précisément ce qui protège les tricheurs d’ailleurs, puisque le business qui corrompt le sport n’a aucunement envie qu’on mette les moyens pour enrayer le dopage. Mais il faut au moins avoir l’honnêteté de ne pas accepter aussi facilement ce qui est du même ressort que ce qu’on a critiqué auparavant.

Il faut donc en dire autant des performances de Thibaut Pinot, qui survole jusqu’à présent en montagne avec des performances largement comparables à ce qui a été critiqué les années précédentes.

Il ne s’est rien passé sur le plan de la lutte anti-dopage (qui n’a quasiment aucun résultat) pour expliquer un changement de situation. Les micro-transfusions ou l’usage détourné de corticoïdes et tous les autres artifices para-médicaux destinés à améliorer le rapport poids/puissance des coureurs n’ont pas disparus du jour au lendemain du peloton.

Pourtant, certains n’hésitent pas à faire de grandes déclarations triomphantes, comme Antoine Vayer, chroniqueur au Monde, qui explique sans détours que Thibaut Pinot roule à l’eau claire et qu’il n’y a rien de suspect chez lui.

Et pourquoi donc ? Sous prétexte qu’il le suit depuis son adolescence, alors il faudrait lui faire confiance. Dans une chronique au Monde, absolument détestable quand on connaît l’arrière-plan chauvin, il affirme ni plus ni moins que « le Tour 2019 va peut-être se jouer à vitesse réelle ». Aucune explication ne vient corroborer cela, il faudrait simplement le croire quand il dit que les performances sont plus normales qu’avant, alors qu’en réalité elles n’ont pas diminuées.

On peut d’ailleurs citer ici le coureur champion de France 2019 Warren Barguil qui a affirmé, données à l’appuie :

« Il est clair que ça roule beaucoup plus qu’en 2017 et 2018. Mon capteur de puissance en atteste. Je pense aussi qu’une équipe comme Ineos est au niveau des autres années, mais ça roule plus vite et en même temps le niveau est plus homogène. »

Le journal l’Équipe ou bien les commentateurs télévisés ne sont pourtant pas en reste pour aduler Julian Alaphilippe et Thibaut Pinot en oubliant toute méfiance rationnelle quand au dopage, la fierté chauvine justifiant à peu près tout.

Cette « crise de mauvaise foi collective », comme l’a justement dénoncé le journaliste Stéphane Thirion du quotidien Belge Le Soir, n’est pas seulement exaspérante. Elle est surtout le reflet d’une tendance nauséabonde dans la société, très bien ancrée, qui n’augure rien de bon pour les temps à venir.

À la Gauche de démasquer ce chauvinisme, pour s’y opposer frontalement dans une perspective démocratique et populaire, pour empêcher l’irrationnel de triompher, pour enrayer la perspective nationaliste et guerrière qui se dessine de plus en plus clairement.

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Réflexions

Le cycliste, un beauf comme un autre

Faire du vélo, c’est bien et c’est mieux que prendre la voiture, si on peut éviter. Mais croire qu’avec cela on évite l’agressivité, le fétichisme, l’individualisme, c’est lourdement se tromper.

bicyclettes

Ah, le vélo ! Quel plaisir de plonger dans les rues de la ville, libre de tout souci de transport en commun, en se précipitant à coups de pieds sur le pédalier ! « A bicyclette… » On se sent comme grisé, et cette euphorie n’a pas seulement un lien avec l’endorphine produit par l’effort donné. Il y a également ce sentiment, à la fois snob et rassurant, de faire quelque chose de bien pour l’environnement. On ne pollue pas, on ne contribue pas à la toute-puissance de l’automobile.

Et puis, les automobilistes, quelle bande de cons ! Entre leur agressivité, leur irresponsabilité, leur fétiche de la voiture, leur confiance aveugle en la route, l’autoroute, le pied sur le champignon comme vecteur du déplacement ! Quelle joie alors d’être cycliste, au cœur de la ville, loin des beaufs et de leur style de vie !

Ce dernier point de vue est-il une caricature ? Pas tant que cela, finalement. Car les cyclistes ressemblent finalement sur beaucoup de points aux automobilistes. Ils ont le même fétichisme complet de leur propre activité. Ceux qui relativisent celle-ci sont des ennemis et le mépris du cycliste pour le piéton vaut bien celui de l’automobiliste. Quant à l’agressivité, elle devient rapidement la même.

Il ne faut pas croire non plus que le vélo soit quelque chose de simple, du type on monte dessus et hop c’est parti. Il faut en effet aller d’abord le chercher, dans la rue ou dans le local à vélos. Il faut le décadenasser. Ah mais voilà que faire des antivols ? Alors, là, il faut soit l’accrocher sur le vélo, ce qui est une opération hautement intellectuelle, car il faut bien le caser pour pas que cela ne dérange quant on roule. Ou bien on le met dans un sac : ah, il faut un sac à dos! Mais quel type de sac ? Et il faut toujours l’avoir sur soi, même quand on s’est garé et qu’on n’a plus l’antivol ?

Ce n’est pas tout : il faut regarder la météo. La pluie exige un certain habillement. Et puis on a vite chaud quand on pédale, on est en sueur, il faut prévoir le coup pour ne pas être trop dérangé après coup. Il y a le vent également, à prendre en compte.

Et puis il ne faut pas oublier les lumières ! C’est une question de sécurité. Là évidemment on peut la jouer à la française, avec le style nonchalant. Toutefois une véritable sécurité, c’est une lumière fixe devant, une lumière clignotante derrière, des réfléchissants à la fois devant et derrière, ainsi que plusieurs sur chaque roue pour les côtés, et sur chacun des deux côtés de chaque pédale.

Ouf ! Tout cela pour dire que c’est une intendance. Que le côté spontané et libre du cycliste relève de la mythomanie. Que même si on prend un vélo empruntable sur abonnement, il reste la question de la conduite, de l’habillement, de le trouver, de le garer au bon endroit, etc.

Tout cela fait que le cycliste a une démarche complexe, que lui imagine simple, et c’est pourquoi il devient aussi bien un beauf, sans même s’en apercevoir, dans ses attitudes avec les autres, en particulier les piétons, mais aussi les autres cyclistes, ou bien les automobilistes.

Somme toute, le cycliste, c’est un peu le motard mais avec une moto sans moteur. Ce qui lui accorde une dimension écologiste indubitable, et puis cet aspect sportif. C’est plutôt bien ! Mais cela se retourne aussi bien en son contraire, avec la même pose que le motard, le même individualisme, la même attitude qui est celle de la caricature exposée dans les films américains, avec ce motard sans casque roulant à fond la caisse sur une route traversant le désert.

Les motards et les cyclistes se croient bien dans un désert, ne portant plus leur attention qu’envers eux-mêmes surtout…

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Société

Un plan vélo abstrait oubliant les zones périurbaines et les campagnes

Le gouvernement a présenté la semaine dernière un plan vélo censé faire passer la part du vélo de 3% à 9% dans les déplacements. Il propose quelques mesures pour les centres-villes, mais il n’y a pas de réflexion globale quant à la nature des grandes aires urbaines et des campagnes en France, largement façonnées par l’automobile et difficilement praticables en vélo.

Le vélo est un moyen de transport qui doit être soutenu, tant pour des raisons culturelles que pour des raisons écologiques. Seulement, les choses ne se décrètent pas d’en haut de manière unilatérales, en disant aux Français qu’il faut utiliser son vélo. Cela est abstrait.

Le Premier ministre Édouard Philippe a eu raison dans son discours prononcé à Angers de dire qu’il faut diffuser « la culture du vélo », évoquant un effort culturel nécessaire.

Une pratique difficile

Le chef du gouvernement a certainement bien vu les choses aussi quand il introduit son propos en parlant de la contradiction entre la faible pratique du vélo, et le fait que notre pays est celui de son invention et celui du Tour de France, l’une des principales manifestations sportives mondiales.

Mais justement, on ne peut pas comprendre cela si l’on ne considère pas les choses de manière globales et concrètes. La réalité de la configuration des villes et des campagnes à notre époque rend forcément anecdotique la pratique du vélo.

Si elle ne représente que 3% des déplacements aujourd’hui, il est difficile d’imaginer que cette pratique triplera en moins de dix ans avec quelques mesures. En l’occurrence, il s’agit surtout d’une enveloppe de 350 millions répartie sur sept années, soit 50 millions par an pour toute la France, alors que rien que la ville de Paris consacre déjà aujourd’hui 25 millions d’euros par an au vélo.

Ces sommes doivent servir à des aménagements cyclables et à côté de cela il y a la mise en place d’un forfait de 400 euros annuels pour les personnes se rendant au travail à vélo, mais à la charge des entreprises et sans caractère obligatoire. Autant dire donc qu’il s’agit d’une mesure à la marge, qui servira surtout les prétentions modernistes de quelques entreprises dans les centres-villes.

Des infrastructures pour l’automobile

Pour que le vélo soit utilisé en masse, il ne suffit pas de le décréter, il faut qu’il satisfasse à une réalité pratique. Concrètement, si le vélo triple le temps d’un trajet, il faut une conviction personnelle absolument immense pour le préférer à sa voiture. On ne peut pas imaginer compter uniquement là-dessus.

Si l’on ajoute à cela le fait que l’usage du vélo est très dangereux, tant les infrastructures, les mentalités et les règles n’existent que par et pour l’automobile, on comprend pourquoi la grande majorité des travailleurs ne l’utilisent pas au quotidien.

Autant il est possible pour un cadre vivant au coeur d’une grande métropole d’enfourcher sa bicyclette pour se rendre tranquillement au bureau à 9h ou à 10h le matin sans vraiment d’impératif horaire, autant cela est très difficile pour un ouvrier ou un salarié qui a des horaires très précises et qui habite souvent loin en banlieue ou à la campagne. D’autant plus quand on ajoute à cela la nécessité de prendre en charge les enfants, dont les établissements scolaires peuvent-être loin de l’habitation, sauf encore dans les centres-villes.

En France, les habitants des périphéries des grandes villes ainsi que ceux des villes moyennes et des campagnes représentent la grande majorité de la population. Le plan vélo du gouvernement est pour eux quelque-chose de très abstrait. Il ne correspond aucunement à leur réalité quotidienne faite, globalement, d’autoroutes reliant des zones pavillonnaires et des zones d’activités commerciales ou industrielles.

Que ce soit dans les campagnes ou à la périphérie des grandes villes, quasiment rien n’est possible aujourd’hui sans une voiture, à moins de se résigner à un isolement culturel et social, ainsi qu’économique, absolument immense.

Le plan vélo du gouvernement ne prend pas en compte cela, car il n’envisage nullement de bouleverser la réalité économique et sociale de la France. Si l’on considère l’Île-de-France notamment, on ne peut pas rationnellement dire autre chose que c’est un monstre absolument invivable qui devrait être rapidement et largement démantelé. Ce que n’envisage nullement ce gouvernement, au contraire.

L’organisation et l’aménagement du territoire est strictement conforme aux besoins du capitalisme, dont l’automobile est un vecteur et un produit indispensable.

Un choix individuel limité

D’un point de vue culturel, le vélo est souvent saisi comme totem par des gens critiquant l’automobile, de manière romantique, voire réactionnaire. Il s’agit souvent gens fades, se disant « décroissant », voir des « zadistes », méprisant le football et le Tour de France. C’est-à-dire en fin de compte des figures souvent détestables d’un point de vue prolétarien.

Si la fascination pour l’automobile est un marqueur terrible d’aliénation et de soumission au capitalisme, la fétichisation du vélo n’en est que le pendant. Un strict équivalent inversé ne permettant pas une remise en cause de la réalité matérielle.

De la même manière, le vélo est aujourd’hui utilisé comme symbole « lifestyle » pour une imagerie moderne et tendance pour des gens aisés vivant dans les centres-villes. Cela est largement issu de la culture « fixie », qui est un apanage jeune et branché du libéralisme ultra à la mode new-yorkaise.

Le plan vélo ne répond absolument pas aux exigences de notre époque. Il n’est que vaines prétentions, totalement conformes d’ailleurs aux exigences des associations d’usager souvent en dehors des réalités des classes populaires.

Cela est bien dommage, et c’est la preuve encore une fois que la Gauche n’est pas à la hauteur en France. Elle ne s’est jamais approprié la question du vélo, qui n’est abordé aujourd’hui que comme un choix individuel, laissant place éventuellement à une indemnité forfaitaire comme récompense, mais pas à une pratique correspondant à un choix de société.

Le vélo serait pourtant un très bon outil, parmi d’autres, pour façonner une organisation nouvelle du territoire et de la vie, plus conforme aux besoins sociaux et naturels.

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Politique

Le cycliste Romain Bardet à propos du sport sur France Inter

Le coureur cycliste Romain Bardet était l’invité de l’émission Par Jupiter sur France Inter jeudi dernier. C’est une émission satirique mais néanmoins sérieuse, typique de l’esprit de la gauche française.

Voici une retranscription d’un échange intéressant concernant certaines pratiques liées au sport.

On peut l’écouter à partir de 44min 30 secondes sur ce lien.

« Charline Vanhoenacker : Voici un sujet sur le sport extrême où les gens veulent se surpasser.

Il y a de plus en plus de salles et d’adeptes de cross-fit, de sports inspirés des méthodes de l’armée américaine et aussi beaucoup de vélo en salle où les gens cherchent à flirter avec le rouge.

Quasiment parfois à la suffocation, certains rendent sur le parquet après le sport. Est-ce que vous comprenez cette démarche de vouloir se surpasser ?

Romain Bardet : Non j’ai un peu de mal je vous avoue. Cela m’est un peu étranger, ce n’est pas la conception que j’ai originel du sport. C’est vrai que le sport m’a été inculqué par mes parents, c’était les grandes randonnées le dimanche à vélo, finir le col avec mon père, profiter des paysages, faire un pic-nique dans l’herbe tout simplement.

C’est découvrir des lieux, être au grand air et pour moi les séances, voilà quand faut rester à l’intérieur, c’est de la véritable torture mentale, parce que ce n’est pas la conception que j’en ai.

On a la chance d’avoir une grosse diversité des paysages en France et pleins de choses à découvrir et je pense que le sport amène aussi ce lâcher prise, quand on va dans des grandes étendues, des grands espaces, les montagnes, moi les volcans en Auvergne, justement propice à découvrir des choses et être en communion avec la nature.

Et voilà vous en parliez c’est vrai qu’il y a une grosse tendance pour ces sports un petit peu extrêmes où les gens dans un temps imparti doivent faire le maximum, un peu à l’image de la société dans laquelle on vit, dans la vie de tous les jours…

Charline Vanhoenacker : c’est vrai dans l’instantané, peu de temps pour le faire…

Romain Bardet : mais aussi il y a un vrai tendance retour à la nature avec le phénomène trail qui se développe énormément où des gens aussi ont besoin de rechercher une certaine quiétude que la nature peut apporter. »

Ceci est très intéressant. D’abord à propos de la nature, mais aussi à propos du sport. À la base du sport, il y a le plaisir et le jeu.

Les sportifs, notamment les cyclistes mais c’est aussi le cas des footballeurs, insistent très souvent dans les interviews sur le fait que cela soit une passion pour eux.

La souffrance n’est pas le but. Ce qui est valorisé par contre est l’effort, la rigueur pour arriver à ses buts. Mais toujours avec à l’esprit le plaisir.

Le plaisir est d’ailleurs collectif, y compris dans l’adversité, puisque l’adversaire dans la grande majorité des cas est respecté et salué pour ses performances, que l’on soit gagnant ou perdant.

Au contraire, les pratiques dénoncées dans l’émissions et qui sont à la mode à Paris et dans les grandes villes françaises sont typiques de la décadence de notre société.

Cela n’a aucun sens et reflète un grand malaise chez les personnes riches et branchées qui vivent dans ces grandes villes.