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8 mars 2020 à Paris: des féministes agressées par l’ultra-gauche libérale-libertaire

Un collectif d’ultra-gauche s’en est pris à un petit regroupement d’extrême-Droite lors de la marche des femmes du 8 mars… Agressant au passage le petit cortège du Collectif Abolition PornoProstitution. Voulue sciemment ou pas, l’agression correspond en tout cas tout à fait à la démarche postmoderne de légitimer la prostitution et de démolir ceux qui la combattent.

Voici le témoignage d’une militante membre du Collectif Abolition PornoProstitution (CAPP), racontant l’agression (qui a été interrompue par les forces de l’ordre) :

Le CAPP défend le point de vue suivant : la pornographie et la prostitution relèvent d’une industrie du viol liée au patriarcat, tout comme la GPA (gestation pour autrui), qui relève du « sexclavagisme ».

C’est là un point de vue qui, il y a trente, quarante ans, dans les rangs de la Gauche historique, était une évidence. Inversement, pour la Gauche « post-historique », post-industrielle, postmoderne, c’est inacceptable : selon elle, les prostituées sont des « travailleuses du sexe ».

L’agression du collectif le 8 mars à Paris était-elle ainsi volontaire, menée juste « en passant », ou un ratage ? Il apparaît en tout cas que c’est clairement le discours abolitionniste par rapport à la prostitution qui a amené l’agression, les « abolos » étant dénoncés lors de celle-ci, le CAPP étant depuis quelques temps déjà la cible de dénonciations pour sa position censée être « putophobe et transphobe ».

Car pour les postmodernes, toutes les personnes opposées à la prostitution sont des fachos. Pour les postmodernes, toutes les thèses culturelles de la Gauche historique relèvent de la réaction. Les postmodernes valorisent la prostitution, l’art contemporain, l’amour libre, la PMA pour toutes, la GPA, la banalisation de l’avortement, la vente libre de drogues, le porno « libre », les rapports sado-masos… Les postmodernes, c’est le capitalisme personnifié, le libéralisme complet, c’est Emmanuel Macron puissance 10.

Menée délibérément ou pas, l’attaque d’ultra-gauche contre le Collectif Abolition PornoProstitution est donc objectivement tout à fait cohérente. Elle représente toutefois un saut réel dans l’agression physique contre les valeurs de la Gauche historique, ce qui ne va pas sans problèmes, d’ailleurs. Ainsi, le groupe (lyonnais) ayant mené l’action a revendiqué d’abord celle-ci au moyen d’une photo montrant deux banderoles arrachées : celle du groupe d’extrême-Droite Némésis, celle du CAPP. Puis, la photo a été changée pour qu’on ne voit plus celle du CAPP.

Le changement de la photo s’explique simplement : les postmodernes se prétendent très radicaux, « antifas », mais en réalité ils ne sont ni radicaux, ni antifascistes. Ils représentent une ultra-gauche libérale libertaire manipulant les esprits démocratiques.

Les gens désirant réellement combattre le fascisme sont déviés vers des actions ne servant, en réalité, que l’agenda du libéralisme libertaire, et donc en fin de compte la conquête de domaines toujours plus grands par le capitalisme.

Ces errements sont inévitables tant qu’on ne se fonde pas sur la lutte des classes, sur une analyse de la réalité capitaliste, sur un engagement réellement populaire, en assumant la Gauche historique. Il est vrai que cela exige des mœurs pas du tout en phase avec la décadence urbaine des centre-villes, ni avec le style « étudiant » ou « ultra » des stades de football.

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Communiqué du Collectif Abolition PornoProstitution – CAPP suite à leur aggression

Voici le message communiqué par le Collectif Abolition PornoProstitution – CAPP suite à leur agression hier lors de la marche du 8 mars à Paris.

> Lire également : 8 mars 2020 à Paris: des féministes agressées par l’ultra-gauche libérale-libertaire

« Joana et une alliée survivante de la prostitution ont été tabassées par des antifas femmes ET HOMMES. Les CRS nous ont sauvé d’une mafia de 15 personnes qui sont arrivés d’un coup pour tabasser « les abolos »

On cite  » c’est ici l’assaut contre les abolos ? » #8mars

Nous étions repérées, elles sont arrivées de suite, m’ont mit un coup de pied direct dans le dos, et nous ont frappées, coup de pied, coup de poing. Nous ont volées notre banderole.

JOANA « J’ai suivi les femmes voleuses, qui m’ont encore frappé, coups de poings dans le visage, coups de pieds. Personne ne nous aide. Ne m’aide. »

Attaque violente à la manif #8mars #Paris de militantes de
@CAPP_Radfem
par un groupuscule mafieux pro-prosti et de transactivistes d’une 15aine de personnes. Tabassage et banderole volée. Un groupe de CRS est intervenu assez rapidement. ABOLITION PORNOPROSTITUTION »

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8 mars, la Cause des femmes: une exigence culturelle

C’est la Gauche politique qui a posé la date du 8 mars. C’est la Gauche politique qui fait vivre cette date. Car la condition féminine est réelle et par conséquent dépend du capitalisme. Promouvoir la libération de la femme implique de passer par le dépassement du capitalisme pour exiger un changement culturel réel.

Le 8 mars est la journée internationale des femmes, qui a été conceptualisée et mise en avant par le mouvement ouvrier, à travers l’Internationale socialiste des femmes. L’URSS, en reconnaissant officiellement cette date en 1921, lui a donné un élan général. La date précise du 8 mars a d’ailleurs été choisie par Lénine, en référence à une grève d’ouvrières du textile au tout début des révolutions russes de 1917.

Tout cela n’est pas que symbolique ou une question de mémoire. C’est une question de culture. Car tout passe pour les femmes par la culture, cette dernière déterminant que tel ou tel comportement soit valorisé, dévalorisé, légal, interdit.

Or, il y a une culture de la violence sexiste, dont la prostitution et la pornographie sont des vecteurs – et en même temps des fondements. Le capitalisme véhicule cette culture, comme toutes celles qu’il peut transformer en monnaie sonnante et trébuchante. Le capitalisme produit même des poupées sexuelles « enfant ». Car le capitalisme vend n’importe quoi.

Le féminisme bourgeois admet que le capitalisme est une bourse aux cultures et tente de renverser les tendances, comme les Femen en manifestant torse nue. C’est une conception totalement erronée, à la fois car jouant sur la sexualisation et admettant qu’il y aurait une « bourse aux idées ».

En réalité, il faut une culture fondée sur la civilisation, une culture féministe fondée sur la civilisation, écrasant la culture non féministe fondée sur le capitalisme. La Cause de la femme est toujours concrète : elle est celle des femmes dans la réalité. Et cette réalité n’est pas un « patriarcat » abstrait, mais une culture individualiste où les hommes tirent leur épingle du jeu en profitant des restes du vrai patriarcat ayant existé dans le passé.

Dans une société individualiste, pourquoi les hommes feraient-ils des efforts, si en plus les femmes sont encore largement aliénées par les valeurs du passé elles-mêmes ? Il suffit de regarder les femmes en France en 2020 pour voir que la très grande majorité, voire pratiquement la totalité, accepte les règles du jeu beauf, ne comptent aucunement se remettre en cause pour devenir féministe.

Elles préfèrent savoir dans quelle mesure leur partenaire est beauf pour le manœuvrer individuellement. Le premier ennemi des femmes, c’est elles-mêmes aliénées, car le capitalisme aliène tout le monde, individualise tout. L’enterrement de vie de jeune fille est typiquement une tradition petite-bourgeoise de femmes qui, par définition même, est totalement anti-féministe de par sa dimension régressive.

Seules des femmes offensives, assumant la cause démocratique de l’égalité hommes-femmes, peuvent taper du poing sur la table et exiger une transformation culturelle concrète, car portée par le peuple.

Les mesures institutionnelles comptent, mais tout le monde sait que sans la dimension culturelle, cela ne va pas assez loin, cela s’effrite, cela disparaît. La Cause des femmes peut reculer. Elle recule d’ailleurs dans le monde, comme toute la Cause démocratique, la Cause du Socialisme.

Qui veut la Cause des femmes sait que c’est une Cause démocratique, liée à la question démocratique en général, donc au Socialisme. Le seul féminisme possible porte la culture – et donc se fonde sur la classe ouvrière, qui elle seule peut porter une culture en rupture avec les modèles dominants.

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8 mars : les femmes, une question démocratique

Le 8 mars est la journée internationale des femmes, ce qui forme un événement politique. Il ne s’agit pas simplement d’affirmer les droits des femmes, au sens de droits purement individuels. Il s’agit d’affirmer l’égalité : à l’égalité économique et sociale doit répondre l’égalité entre hommes et femmes.

Affiche de la social-démocratie allemande, 1932

Le 8 mars est une date incontournable, en tant que symbole, mais aussi en tant qu’expression historique de tout un patrimoine de lutte. C’est la conférence internationale des femmes socialistes qui a affirmé en 1910 la nécessité d’une telle date, et la première manifestation eut lieu le 19 mars 1911, date anniversaire de la révolution de 1848 et de la Commune de Paris, avec un million de personnes défilant dans les bastions sociaux-démocrates qu’étaient l’Allemagne et l’Autriche, ainsi notamment qu’en Danemark, en Suisse, aux États-Unis.

C’est ensuite la Russie soviétique qui instaura le 8 mars comme journée internationale des femmes, en 1921, Lénine faisant un discours pour exposer le sens d’un tel combat, voyant en « l’esclavage domestique » le fondement de ce qui opprime les femmes. La date était quant à elle choisie pour souligner le rôle de la manifestation d’ouvrières le 8 mars 1921 à Petrograd.

La Gauche historique n’a ainsi jamais affirmé le féminisme comme moyen de promotion sociale individuelle dans un cadre capitaliste par définition honni. Le féminisme, c’est un aspect particulier de l’aspect universel du Socialisme comme affirmation de l’égalité absolue. C’est le sens d’une bataille démocratique : il n’y a pas de féminisme sans Socialisme et inversement, car c’est un seul et même combat, celui pour l’égalité entre tous les êtres humain.

En ce sens, le féminisme dépend du mouvement ouvrier, du socialisme, de la Cause démocratique. Il ne saurait flotter comme une sorte d’à-côté, de lutte autonome, indépendante, ayant ses propres critères, sa propre dynamique, ses propres valeurs, etc. L’Histoire est l’histoire de la lutte des classes, pas l’histoire du rejet des « oppressions ».
Ainsi, si le Socialisme ne se développe pas politiquement, il n’y a pas de féminisme ; inversement, un Socialisme authentique ne peut qu’affirmer la Démocratie, donc l’égalité, donc le féminisme.

Il serait dégradant pour cette dimension démocratique, par ailleurs, de réduire le féminisme à un « levier » pour « la révolution », d’y voir simplement un moyen de faire en sorte que les femmes « rejoignent » la Cause. C’est là une conception totalement anti-démocratique. Le sens du féminisme est de permettre l’égalité hommes-femmes dans les faits, de supprimer tout asservissement intellectuel, morale, physique, financier, social, etc.

Cela, tout le monde peut le comprendre. Si seulement les femmes peuvent promouvoir le féminisme, tous les hommes peuvent en même temps le soutenir, car y reconnaissant la valeur démocratique. Il suffit pour cela que les hommes abandonnent leurs privilèges. Le 8 mars, en tant que journée internationale des femmes, est en même temps aussi celui de la Cause de la démocratie, un marqueur politique concernant tous les hommes.

Et cette dialectique hommes-femmes doit être non seulement bien cernée, mais également protégée des attaques de la gauche post-industrielle qui nie qu’il y ait des hommes et des femmes, rejetant l’existence des différences naturelles pour raisonner en termes de « genre » et affirmer que tout serait dans la tête, que tout serait une question de choix.

La Gauche historique doit savoir préserver et reconquérir ses valeurs face à ces tentatives de négation de l’existence des hommes et des femmes, et donc de la bataille démocratique. Cela signifie raisonner en termes de peuple, de démocratie, et non pas en termes d’individus. Il y a un féminisme qui sert les individus, mais il ne sert que quelques individus, en l’occurrence les femmes faisant carrière dans le capitalisme. Cela n’a rien à voir avec la démocratie.

Le 8 mars est pour cette raison une date essentielle, de par son contenu, de par son appartenance à la tradition de la Gauche historique. Cette date vient de la Gauche historique, elle lui appartient, et c’est son contenu même.

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Lénine, le 8 mars 1921

C’est en Russie soviétique que le 8 mars fut instauré comme journée internationale des femmes. Voici le discours de Lénine lors de sa mise en place, en 1921.

Un des traits essentiels du bolchévisme et de la Révolution russe a été d’attirer à la politique ceux qui étaient le plus opprimés sous le capitalisme. Dans les monarchies et les républiques démocratiques bourgeoises, la majorité de la population est opprimée, trompée, pillée par les capitalistes. Cette oppression, cette tromperie, ce pillage du travail populaire sont inévitables tant que subsiste la propriété du sol, des fabriques, des usines.

L’essence du bolchévisme, du pouvoir des Soviets, consiste en ce qu’il dévoile le mensonge et l’hypocrisie de la démocratie bourgeoise, abolit la propriété privée de la terre et des usines et réunit tout le pouvoir entre les mains des masses travailleuses et exploitées. Ce sont ces masses elles‑mêmes qui prennent en mains la politique, c’est‑à‑dire l’édification de la société nouvelle. L’oeuvre est difficile, mais il n’est pas d’autre issue à l’esclavage du salariat.

Pour entraîner les masses dans la politique, il faut y entraîner les femmes. Car, sous le régime capitaliste, la moitié du genre humain est doublement opprimée. L’ouvrière et la paysanne sont opprimées par le capital ; en outre, même dans les plus démocratiques des républiques bourgeoises, elles restent devant la loi des êtres inférieurs à l’homme ; elles sont de véritables « esclaves domestiques », car c’est à elles qu’incombe le travail mesquin, ingrat, dur, abrutissant de la cuisine et du ménage.

La révolution bolchévique a coupé les racines de l’oppression et de l’inégalité de la femme, ce que n’avait encore osé faire aucun parti, aucune révolution. De l’inégalité de la femme devant la loi, il ne reste pas trace chez nous. L’inégalité odieuse dans le mariage, le droit familial, la question des enfants a été totalement abolie par le pouvoir de Soviets.

Ce n’est là qu’un premier pas vers l’émancipation de la femme. Mais pas une seule République bourgeoise, même parmi les plus démocratiques, n’a osé le faire, et cela de crainte d’attenter au principe sacro‑saint de la propriété individuelle.

Le second, (le plus important) a été la suppression de la propriété privée sur la terre et les usines. Voilà ce qui ouvre la voie à l’émancipation effective et intégrale de la femme et à son affranchissement de « l’esclavage domestique » par la substitution de la grande économie collective à l’économie domestique individuelle.

Cette émancipation est chose difficile, car il s’agit de transformer des coutumes, des mœurs enracinées depuis des siècles. Mais nous avons déjà un début, le branle est donné et nous sommes engagés dans la vole nouvelle.

Aujourd’hui, journée internationale des ouvrières, dans tous les pays du monde d’innombrables réunions d’ouvrières voteront des adresses de félicitation à la Russie des Soviets, qui a inauguré l’œuvre difficile, mais grande et féconde, de leur libération ; les leaders du mouvement féminin exhorteront à ne pas perdre courage devant la sauvage réaction bourgeoise. Plus un pays bourgeois est « libre » ou « démocratique », plus les capitalistes répriment avec cruauté le mouvement ouvrier. Nous en avons un exemple dans la République démocratique des États‑Unis. Mais les travailleurs se réveillent. La guerre impérialiste a tiré de leur torpeur les masses laborieuses d’Amérique, d’Europe et même d’Asie.

Le monde entier est en effervescence. La libération des peuples du joug de l’impérialisme, la libération des ouvriers et des ouvrières du joug du capital progresse irrésistiblement. Elle s’accomplit, grâce à la poussée de dizaines et de centaines de millions d’ouvriers et d’ouvrières, de paysans et de paysannes. C’est pourquoi la cause de l’émancipation du travail triomphera dans le monde entier.