Le front réactionnaire dans les campagnes pour défendre la chasse à courre

Nous publions quelques extraits d’interventions diffusés par l’Association de défense de la ruralité et de ses traditions (ADRT), qui se réunit aujourd’hui contre le rassemblement anti-chasse à courre à Paimpont, en Ille-et-Vilaine.

L’association a été créée pour l’occasion, tandis qu’un autre rassemblement « festif et solidaire des amis de la chasse et de la ruralité » est prévu en forêt de Rambouillet, dans la même otique de faire front contre AVA.

> Lire également : « Bye bye la chasse à courre », le samedi 30 mars 2019

Ces extraits sont très intéressants, car ils montrent comment la Droite se recompose, affine ses discours, ancre ses idées réactionnaires. À la Gauche d’être en première ligne sur le front culturel pour briser ce qui s’oppose aux causes démocratiques, comme ici le refus de la chasse à courre !

Un agriculteur, porte-parole de l’association :

« Depuis quelques temps l’agri-bashing est devenu le sport national pour une bande de bobos désœuvrés relayé par une presse en mal de scoop.

Il n’y a pas une semaine sans que moi ou un de mes voisins agriculteurs ne se fassent copieusement insulter par des ignares abreuvés de réseaux sociaux et qui viennent nous faire des leçons d’agronomie sans vergogne dès qu’il voit une vache dans une stabulation ou pire un pulvérisateur dans un champ. Par contre rassurez-vous, pas un ne viendra vous envahir le soir ou le WE pour désherber vos champs à la main ou veiller une vache prête à vêler aux milieux de la nuit !

Si j’ai rejoint l’ADRT ce n’est finalement pas vraiment pour combattre ces zozos mais pour avoir l’occasion d’affirmer ma fierté de faire mon métier. J’en ai marre du politiquement correct qui consiste à faire croire aux gens que c’est en mangeant du quinoa à tous les repas qu’on allait ralentir la fonte des glaces et préserver les ours blancs !

Tous les jours de la semaine, toutes les semaines de l’année je travaille, non pas contre la nature mais bien avec la nature pour participer à mon modeste niveau à nourrir les français et à entretenir nos campagnes. Cela me semble important de pouvoir enfin le redire.

Le 30 mars prochain se sera pour moi l’occasion de rappeler qu’à force de vouloir tolérer toutes les utopies marginales on finit par donner au bon sens et à l’opinion silencieuse majoritaire le rôle du paria ! Il est temps de réaffirmer comme le dit l’affiche de notre manifestation du 30 mars que le réel restera le réel, les utopies bobos, les délires antispécistes …. Basta ! ».

Un élagueur grimpeur, membre de l’association :

« Un élagueur, c’est un rural à qui l’on demande d’intervenir en ville. Si l’on considère que les arbres font partie de la ville c’est parce qu’on les maitrise. Mais à l’état naturel, sans aucune intervention humaine, un arbre en ville serait beaucoup trop dangereux.

Et pour concilier la ville et ce morceau de campagne que l’on y plante, il faut un connaisseur, un spécialiste. Et on ne forme pas un spécialiste en arbres dans un bureau.

Si je suis ici aujourd’hui, c’est parce trop souvent, j’ai affaire à des demandes complètement délirantes de citadins qui n’y connaissent rien. Je ne leur en veux pas tant qu’ils font appel à un spécialiste pour les sujets qu’ils ne maitrisent pas.

Je suis ici pour qu’on n’oublie pas que c’est à la campagne que doivent naître les steaks qui se retrouvent dans les supermarchés, que c’est à la campagne que doivent murir les tomates qui deviendront votre ketchup, et que c’est aussi à la campagne que l’on apprend à travailler avec la nature pour pouvoir vivre. Et s’il n’y a plus de campagnard, de ruraux, il n’y a plus de vie en ville, c’est aussi simple que cela !

[…] Ces activistes « écolo » sont avant tout des ignares. C’est l’ignorance des choses de la nature qui fonde leur comportement et leur délire. La nature ça ne s’apprend pas sur Wikipedia, ça se ressent, ça s’apprivoise, ça s’observe, il faut avant tout beaucoup d’humilité au contact de la nature. Leur arrogance est à la mesure de leur ignorance. Ce sont des groupuscules de marginaux, antispécistes, la plupart du temps végans, et anti-tout finalement.

[…] Je pense que ce qui réuni tous ces groupes c’est l’irrationnel de leurs convictions, leur déconnection du réel, ils sont sans doute porteurs de traumatismes cognitifs et psychologiques. Ces groupes très opaques dans leur organisation et dans leur financement ne sont mus que par la seule ambition de détruire une tradition sempiternelle de bonne gestion de la terre.

Je plains le monde qui verrait s’accomplir leur desseins et l’anarchie chaotique générale qu’impliquerai la mise en place du moindre chapitre de leurs volonté utopiste de Licence soi-disant salutaire. Aucun crédit ne doit être accordé à ce sabir d’organisation qui ne tient réellement que sur les élucubrations calomnieuses, délétères et nauséabondes de manipulateurs égocentriques. »

Un « éleveur breton » :

« Nous les éleveurs et les agriculteurs sommes constamment harcelés par des associations en rupture avec le monde agricole et rural. Bien souvent, ces ONG militantes ont le soutien médiatique de personnalités qui leur permettent de relayer leurs opinions, par exemple Elise LUCET (Cash investigation), Remi GAILLARD, une espèce de comique qui oublie qu’il se moque de pauvres paysans ou d’autres personnalités qui parlent du véganisme à la télévision et l’effet est immédiat sur le grand public.

Dans ces associations, les plus dangereux sont les abolitionnistes : nous avons l’exemple avec les antispécistes qui attaquent des boucheries traditionnelles mais surtout pas des HALLAL sous peine de passer pour des islamophobes ! et le paysanphobe alors ? Ainsi que les L 214 qui pénètrent dans les élevages sans autorisation et font des montages videos truqués et détruisent la réputation d’éleveurs sans défense et sans savoir faire médiatique.

C’est pour cela que nous devons réagir en montrant que le monde rural a besoin de sérénité et je pourrais reprendre ce titre du PAYSAN BRETON : « un besoin de contre-leader d’opinion courageux ». Je pense que l’Association pour la Défense de la Ruralité et de ses Traditions répond justement à cette nécessité de réaffirmer notre fierté, de reprendre enfin l’initiative.

Nous, les agriculteurs, les amoureux de la nature, chasseurs, pêcheurs, tous les passionnés du monde rural, reprenons notre droit d’y vivre sereinement ! »

Une « maman, « inquiète mais déterminée » :

« Leur unique objectif est de détruire tout ce que nous avons appris, tout ce que nous aimons, tout ce qui nous a été transmis. Ils sont sectaires, loin du réel, loin des lois de la nature, de ses équilibres fragiles, de son exigence. Ils ne sont ni tolérants ni à l’écoute, ils cherchent juste à imposer leur idéologie. Pour eux, vous êtes soit un ennemi à abattre, soit un esclave soumis à la cause. La personne doit s’effacer au profit du collectif ; les slogans et la haine ont remplacé la réflexion et le doute.

Nous ne pensons pas être meilleurs, nous avons nos faiblesses et nous devons en effet nous améliorer. Mais nous ne cherchons pas à endoctriner les autres. Chacun est LIBRE. LIBRE de pratiquer le loisirs de son choix dès lors qu’il est légal. Libre d’avoir le métier de son choix dès lorsqu’il est légal. LIBRE de manger ce qu’il veut dès lors que cela est légal.

C’est dans ce contexte de défense et de survie que je souhaite me joindre à votre rassemblement. Nous ne pouvons plus subir toutes ces attaques sans réaction. NON, nous ne sommes pas morts ! OUI, nous sommes affectés. Si nous sommes conscients que l’union fait la force et que seuls, nous ne pourrons rien, nous sommes aussi conscients de nos limites face à cette déferlante de haine et d’ignorance. Nous avons un DEVOIR auprès de notre jeunesse. Quel monde lui laisser ? Unis, ensemble, nous pouvons sauvegarder notre patrimoine, nos traditions, notre culture.

Il faut nous défendre contre cette pensée unique et déconnectée du réel et bien rappeler que ces groupuscules extrémistes qui s’en prennent à nos traditions et notre mode de vie ne se préoccupent ni de notre environnement, ni de la nature, ni des animaux… Ils instrumentalisent la cause animale et environnementale comme vecteur de leur idéologie délirante.

Qui habite à la campagne ? Qui se lève le matin pour nourrir ses animaux, pour s’en occuper ? Qui entretien les terres, les cultures, les potagers… ?

Non nous ne sommes pas ces « méchants » que dépeignent nos détracteurs, nous revendiquons juste ce « bon sens paysan », enraciné sur des territoires que nous chérissons, dans lesquels nous vivons et que nous aimons depuis toujours. Comment nous défendre dans cette société d’où la mort est bannie, où le poisson est carré et pané et où la viande est hachée !

Redonnons des valeurs simples à des moments simples et sauvegardons les traditions de nos campagnes comme l’unique héritage à transmettre à nos enfants ».

Une jeune « chasseresse » :

« Comme un agriculteur passionné qui offre sa force à la terre,
Comme un artisan qui façonne et perfectionne son œuvre,
Comme un chasseur et son limer qui remonte la voie de l’animal,
Comme le vent prit dans les voiles d’un bateau,
Comme la patience aux aguets du pêcheur du matin,
L’adrénaline
La culture ancestrale,
La force de la tradition,
Transmettre l’art du savoir et le geste aux plus jeunes
Partager ses racines et donner de ses tripes,
Un devoir, une devise sans censure, sans rancœur,
Défendre, maintenir et garder c’est le plus important,
La liberté du cœur, le réel comme univers, la passion de la transmission, le sens de l’amitié et l’amour de la terre…

Jeanne »

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