Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, le livre le plus abominable qui ait jamais été écrit

Le roman Notre-Dame de Paris. 1482 connaît un nouveau succès. C’est fort dommage, car l’approche de Victor Hugo relève du syncrétisme républicain – catholique propre à la France.

Le roman de Victor Hugo Notre-Dame de Paris. 1482 a connu un intense regain d’intérêt à la suite de l’incendie partiel de cette cathédrale. Le roman prend ainsi la première place sur le monopole Amazon.fr, et même les onze premières places dans différentes éditions, si l’on omet que la huitième place est prise par un ouvrage collectif sur l’édifice lui-même. Rappelons au passage que l’œuvre est dans le domaine public et qu’on trouve aisément une version epub pour les liseuses ; il est vrai toutefois que le roman est assez long et qu’on peut apprécier de le lire en version papier.

Cela étant, c’est une lecture qui ne plaira qu’aux esprits qui, à l’instar de Game of thrones, se complaisent dans la fantaisie coupée de tout lien avec la réalité, de toute culture historique. Victor Hugo est un mythe littéraire, façonné par l’alliance des catholiques et des républicains, qui l’ont sacralisé comme un immense auteur, Victor Hugo, initialement monarchiste, relève du romantisme français, c’est-à-dire de l’idéalisme réactionnaire.

Voici au sujet de son roman ayant la cathédrale Notre-Dame de Paris comme centre d’orientation le point de vue de Johann Wolfgang von Goethe, le chef de file du romantisme allemand.

« J’ai lu, ces jours derniers, Notre-Dame de Paris, et j’ai dû m’armer d’une bonne dose de patience pour supporter les tourments que m’infligea cette lecture.

C’est le livre le plus abominable qui ait jamais été écrit.

Encore le supplice qu’on endure n’est-il nullement contrebalancé par la joie qu’on pourrait ressentir à la vue de quelque trait véridique de la nature humaine, de quelque caractère humain.

Son livre est au contraire sans naturel et sans vérité. Ses soi-disant personnages ne sont pas des hommes en chair et en os, mais de pauvres marionnettes en bois que l’auteur remue à son gré, en leur faisant faire toutes sortes de contorsions et de grimaces en vue d’obtenir l’effet qu’il se propose.

Quelle drôle d’époque, où non seulement un livre pareil est possible mais où on le trouve supportable et même divertissant ! »

Ces lignes retracent les propos de Goethe en 1831, juste après la publication du roman. Elles témoignent de l’énorme décalage, du fossé absolu même entre le romantisme français et le romantisme allemand. Le premier est ultra-réactionnaire, soutenant le roi et les monarchistes, regrettant un moyen-âge idéalisé. Le second est progressiste et représente la défense des sentiments contre le formalisme du conformisme aristocratique.

Les personnages des romans de Victor Hugo sont justement fictifs, ce sont des abstractions. Victor Hugo les utilise sans aucun effort de réalisme, pour parvenir à ses fins : chercher l’effet du grotesque, faire ressortir du sublime, c’est-à-dire impressionner le lecteur avec des moyens irrationnels.

On est là dans une logique opposée au naturel, une logique religieuse, qui est également celle de René Descartes. Chez Victor Hugo, on a des figures qui n’ont aucun rapport avec la nature humaine, avec la réalité sensible. Les personnages d’Esmeralda et de Quasimodo sont des fantasmagories, des caricatures d’êtres vivants dont les traits grossiers ne font que répondre au besoin de Victor Hugo d’occuper les esprits avec du pittoresque.

Au moins, il y a la volonté de faire passer des bons sentiments. Cependant, c’est lié justement à l’idéologie sociale-catholique, qui est pareillement le noyau idéologique des Misérables, et de l’initiative de Victor Hugo en faveur de la cathédrale au milieu du XIXe siècle. Afin, justement, d’en faire le symbole d’une sorte de syncrétisme français d’un catholicisme social, voire républicain.

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