Jacques Toubon, figure de la Droite, héraut de la «Gauche» libérale

Le libéralisme mène au libéralisme et la fausse Gauche, vraie libérale, adore Jacques Toubon, le « Défenseur des droits ». Il est pourtant une figure de la Droite et ses positions ne relèvent aucunement d’un revirement, mais sont le prolongement d’une vision libérale plaçant l’individu et ses « droits » au centre de tout, au-delà même de la société.

La fausse Gauche, celle qui est libérale et métropolitaine, adore Jacques Toubon. Elle ne manque pas de le saluer depuis longtemps, et particulièrement en ce moment alors qu’il quittera bientôt sa fonction de « Défenseur des droits ». Il a été nommé à ce poste par François Hollande en 2014, ce qui fut approuvé par les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Rien que l’intitulé de sa fonction en dit très long sur l’idéologie qu’il porte. Son rôle, inventé de toute pièce lors de la révision constitutionnelle de 2008 (mise en place par la Droite), consiste à être une sorte de super-veilleur, au-dessus des institutions elles-mêmes et de tout processus démocratique. Il ne peut recevoir d’instruction de qui que ce soit, bien qu’il rende compte de son activité au Parlement et au président. Au sens strict cependant, il n’a pas réellement de pouvoir, si ce n’est celui d’interpeller, de mettre son nez un peu partout, et de saisir telle ou telle autorité.

Sur le plan politico-culturel, son rôle consiste en fait à tout considérer du point de vue de l’intérêt individuel (ou de ce qu’il semble être), et surtout pas celui de la société. C’est, au sens strict, une démarche de Droite, qui considère l’individu, avec ses réussites et ses échecs, mais aussi ses « droits », c’est-à-dire en fin de compte surtout ses intérêts, comme devant l’emporter sur l’intérêt collectif. Cela revient, par exemple, à justifier le fait qu’il y ait des individus riches, et d’autres pauvres, au nom du relativisme propre à chaque parcours.

C’est ainsi que Jacques Toubon s’est beaucoup illustré pour sa défense des « droits » des migrants présent illégalement sur le territoire. Dès 2015, il se faisait remarquer en « enquêtant » sur l’expulsion d’un bidonville de migrants à Paris. En 2018, il s’écharpait avec des élus de la majorité présidentielle (pourtant déjà très libérale), en leur reprochant un projet de loi « Asile et immigration » qui selon lui mal traitait les demandeurs d’asile (alors que ce droit d’asile est littéralement pris d’assaut et détourné au nom du libéralisme).

La fausse Gauche, qui adore l’immigration qu’elle idéalise et piétine sans cesse le droit d’asile dans sa substance, a donc adoré Jacques Toubon. Quelqu’un comme Ian Brossat l’a régulièrement salué, par exemple en 2018 en affirmant faire « partie de son fan club » ! Peu importe que celui-ci n’ait jamais renié ses convictions, en participant par exemple à l’organisation des primaires de la Droite en 2016 pour battre François Hollande.

Il faut savoir que Jacques Toubon a une longue et dense carrière au sein de la Droite française, bien qu’il ne soit pas forcément très connu. Il a été député RPR (l’ancêtre de l’UMP, puis de LR) dès 1981, alors qu’il était secrétaire général adjoint de ce parti depuis 1978 et qu’il en devint secrétaire général en 1984, étant un très proche de Jacques Chirac. Dans les années 1990, il a été ministre de la culture et ministre de la Justice de gouvernements de la Droite, puis député européen, avec de nombreuses responsabilités à différents postes et une riche actualité au sein de sa famille politique jusque dans les années 2000.

Récemment, Jacques Toubon, en tant que « Défenseur des droits », a publié un rapport dans lequel il reprend mot pour mot tout le discours identitaire-communautaire faisant du prétendu racisme de la police une actualité. Il a ainsi pu affirmer qu’un « profil Noir ou Arabe a 20 fois plus de probabilités d’être contrôlé [par la police] », ce qui n’a pas de sens formulé ainsi.

C’est donc toute la fausse Gauche, vraie libérale, qui déroule le tapis rouge à celui qui se décrit comme le « démineur des discriminations du quotidien ». Benoît Hamon lui dresse carrément des louanges, pour un discours strictement similaire à celui des Indigènes de la République :

« Il faut écouter et faire écouter la parole sobre et solide de Jacques Toubon qui dénonce le caractère systémique du racisme en France. »

C’est ainsi une grande victoire de la Droite sur le plan des valeurs, qui a totalement torpillé toute une frange liée à la Gauche, s’imaginant représenter la vraie Gauche, trustant publiquement l’idée même de « Gauche » et ne manquant jamais d’enfoncer la Gauche historique.

En faisant de Jacques Toubon leur héraut, ces gens tombent pourtant les masques, insultant profondément le fondement même de la Gauche : la primauté de l’intérêt collectif, qui n’est pas une addition d’intérêts individuels mais au contraire une question sociale en elle-même.

Il faut dire que tous ces gens ont une grande ressemblance. Ils gagnent en général beaucoup d’argent, comme Jacques Toubon dont le Canard Enchaîné affirmait que ses revenus cumulent à presque 30 000 euros mensuels. Il est vrai que c’est bien plus intéressant pour eux de promouvoir la création d’un «  observatoire des discriminations », plutôt que de laisser se développer la lutte des classes, renversant l’ordre dominant et confisquant les richesses et le pouvoir de la bourgeoisie…

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