2022: Jean-Luc Mélenchon candidat tente de doubler la Gauche

Dimanche 8 novembre 2020, Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature pour l’élection présidentielle de 2022. C’est une façon de s’imposer dans le débat et d’essayer de prendre de cours la Gauche, qu’il espère bloquer dans son processus de reconstruction. C’est l’aboutissement de la ligne populiste anti-Gauche produite par son organisation La France insoumise.

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Jean-Luc Mélenchon n’y est pas allé par quatre chemin pour annoncer sa candidature à la présidentielle de 2022. Il s’est fait inviter au 20h de TF1 et il a expliqué qu’il était une « lumière au bout du tunnel », en mesure de « déconfiner les esprits », qu’il fallait lui faire entièrement confiance pour enfin changer les choses.

Peu importe qu’il ait déjà échoué deux fois à cette élection (en 2012 et en 2017), il faudrait le suivre et même signer pour sa candidature. Il a en effet exigé que celle-ci soit validée par 150 000 signatures (sur un site internet) et que cela lui suffirait à prouver… sa « légitimité populaire » ! C’est fort de café, d’ailleurs il a immédiatement été moqué pour cette annonce, mais cela n’embarrassera pas celui qui tente de passer en force en se la jouant sauveur suprême.

Jean-Luc Mélenchon est en dehors de la Gauche

La déclaration si tôt de sa candidature, ainsi que sa plateforme internet censée récolter des signatures constituant un « parrainage populaire », sont un moyen pour lui de torpiller les débats, les structures, les partis à Gauche. Il a donc répondu à la journaliste l’interrogeant à propos de l’unité de la Gauche que tout cela était du « temps perdu », que les discussions ne pourraient aboutir qu’à un consensus visant au « moins pire », alors que lui serait d’ores et déjà un « pôle de stabilité ».

En fait, cela fait déjà des années que la France insoumise (et la dynamique qui l’a précédé) n’a de cesse d’enfoncer la Gauche (tout en profitant de son patrimoine en mode pillage), avec un populisme anti élite moitié-social, moitié-chauvin. Le problème, c’est que cela commence à se voir et Jean-Luc Mélenchon et son entourage ont tout à craindre de l’unité de la Gauche et du débat à Gauche.

Prenons par exemple l’épisode des gilets jaunes. Cela aurait dû être l’apothéose pour Jean-Luc Mélenchon, car c’était tout à fait conforme à ce qu’il prône. Mais cela a été insignifiant dans le pays, malgré une résonance médiatique immense et même complètement démesurée. Si la Gauche se met sérieusement autour de la table avec l’idée de se tourner vers les classes populaires, elle ne peut qu’en arriver à la critique du mouvement des gilets jaunes, pour affirmer la primauté du niveau de conscience et d’organisation… et donc à rejeter le bricolage populiste de Jean-Mélenchon qui justement a tout du « gilet jaune ».

La Gauche doit rejeter le populisme de Jean-Luc Mélenchon

La première chose dont a parlé Jean-Luc Mélenchon sur TF1 juste avant d’annoncer sa candidature, c’est du confinement. Ses propos en disent long sur son populisme : bien malin celui qui aura compris sa position, tellement il sait ne rien dire pour que chacun interprète librement ce qui l’intéresse, avec des propos qui n’engagent jamais à rien. Il a dit que le Covid-19 est une maladie grave et qu’il fallait respecter les mesures sanitaires… tout en disant dans la foulée que le confinement est une prison pour les Français et qu’il ne faudrait surtout pas y rester trop longtemps à cause du gouvernement.

La Gauche doit fermement rejeter la candidature de Jean-Luc Mélenchon et son prétendu parrainage populaire de 150 000 signature. Il faut au contraire du débat politique, sur le fond, car la discussion politique de fond est la seule manière démocratique de fonctionner quand on est à Gauche. On discute, puis on choisit. Mais certainement pas l’inverse, comme tente de l’imposer le populiste Jean-Luc Mélenchon en vue de la présidentielle de 2022.

Voici ou revoici, comme contribution au débat de la Gauche, plusieurs de nos articles à propos de Jean-Luc Mélenchon :

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