Ukraine : un charity business au service du nationalisme

L’escroquerie est totale.

« L’Ukraine se bat pour toute l’Europe » : voilà bien un slogan tout à conforme aux franges nationalistes qui décident de l’idéologie de l’État ukrainien. Et il n’y a nul hasard à le retrouver dans une campagne en « soutien » à l’Ukraine, en fait prétexte au nationalisme le plus outrancier, le plus belliciste. Car le camp démocratique et populaire a totalement failli, la question ukrainienne est entièrement sous la coupe à la fois des nationalistes ukrainiens, comme on a pu le voir tout récemment avec les rassemblements avec Yannick Jadot, soit des partisans directs de l’OTAN et de l’Union européenne, comme avec le meeting parisien du premier mars 2022, dont d’ailleurs personne n’a rien eu à faire (on peut lire ici un compte-rendu lyrique des organisateurs).

Une des propagandistes les plus acharnées est Inna Shevchenko, la fondatrice des Femen, qui pratique amalgame sur amalgame, dramatisation forcée sur dramatisation forcée. On se demandait ici dans un article le 4 avril 2021 pourquoi elle ne disait rien alors, maintenant on sait pourquoi elle a attendu la guerre : étrangère aux principes démocratiques et populaires, elle ne s’active que lorsqu’elle peut converger avec des gens pour la valoriser. Et pour cela elle est prête à tout, même à un abject relativisme historique faisant de l’invasion russe un strict équivalent du nazisme génocidant les Slaves.

Un autre exemple parlant est le squat d’artistes légalisé à Paris au 59 rue de Rivoli, avec une façade « esthétisé » qui s’est vue ajouter une banderole en ukrainien avec le slogan des fascistes ukrainiens « Gloire à l’Ukraine, Gloire aux héros ». C’est lamentable. Ces gens ne connaissent rien à rien, ils agissent pour leur bonne conscience, ils ne s’écoutent qu’eux-mêmes, ne découvrant la réalité qu’en fonction de leur subjectivisme, ils n’en ont rien à faire de l’Ukraine.

Il en va de même bien entendu pour les gens se précipitant dans les journaux pour raconter qu’ils vont partir en Ukraine, qu’ils vont accueillir des réfugiés ukrainiens. Quel cinéma, quelle orchestration. On nous demande de nous mobiliser face à la souffrance des ukrainiens : collectes de vêtements, site organisant les volontaires, manifestations jaunes et bleues… Tout comme si la guerre n’avait pas été anticipée et préparée de longue date, comme si Poutine avait pété les plombs du jour au lendemain et que les gens étaient jetés au dehors de chez eux, à demis nus, leurs enfants braillards sur les bras. Avec leur charrette comme à l’exode.

Notons d’ailleurs qu’il y a actuellement 600 000 réfugiés ukrainiens. Et que 600 000, c’est le nombre d’Ukrainiens quittant leur pays chaque année depuis 20 ans, devenant des migrants. Mais cela évidemment n’intéresse personne, car l’Ukraine n’intéresse pas ces gens « solidaires », qui n’agissent que parce que le régime le demande et parce qu’ils convergent avec leur propre capitalisme triomphant.

Ce triste théâtre du charity business qu’on nous diffuse là, c’est en fin de compte la queue de la comète de l’industrie de guerre. Un autre ordre de mobilisation générale. Les honnêtes gens qui ont peur de la guerre ne se mobiliseront pas pour la Paix, contre la guerre, encore moins contre le capitalisme passé à l’impérialisme. Ils vont se mobiliser au travers d’institutions de la classe dominante, au travers des propositions du capitalisme, pour soutenir les victimes ukrainiennes directement utilisées dans ce processus comme les soldats ukrainiens sont utilisés par l’OTAN comme chair à canon.

D’ailleurs, ne soyons pas naïfs. La Pologne, la Roumanie, l’Allemagne, la France, toute l’Union européenne et la superpuissance américaine avec, tous ces États achètent du missile depuis des semaines. Alors, pourquoi n’auraient-ils pas eu les moyens de préparer des vêtements, des tentes, des médicaments et des jouets pour les enfants ?

La vérité est que l’Ukraine est prise dans le feu du repartage du monde. Il n’y a plus personne dans le camp de la Paix, même les bonnes intentions servent directement, à leur niveau, le bellicisme du camp capitaliste occidental. Et l’Ukraine comme nation se voit disparaître sous les coup de boutoir de l’envahisseur russe et des pro-occidentaux et ultra-nationalistes le façonnant de manière fictive, identitaire, vassalisée au capitalisme occidental.

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