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Abolition de la corrida : honte sur LFI

Ce jeudi 24 novembre, une discussion était très attendue lors de la session parlementaire de LFI : l’abolition de la corrida. Toutes les structures « antispécistes », « animalistes » étaient mobilisées derrière Aymeric Caron et LFI. En fin d’après-midi, le sujet a été présenté et LFI a rapidement décidé de retirer l’abolition de la corrida de l’ordre du jour. Pire, elle l’a remplacée par la réintégration des soignants non-vaccinés.

C’est une honte de ne pas avoir assumé la confrontation jusqu’au bout et de se cacher derrière l’obstruction parlementaire (des centaines d’amendements ridicules déposés et qui auraient dû être discutés) de partisans de la corrida.

Et c’est immonde de choisir de remplacer cette abolition par la réintégration des soignants non-vaccinés. Voilà où mène le populisme. Cela aura au moins le mérite de montrer, encore une fois, le véritable visage de LFI.

Et s’il est impératif de dénoncer la lâcheté et le populisme de LFI, il ne faut pas non plus oublier l’opportunisme dont a fait preuve tout le secteur « antispécistes » / « animalistes ». Car il est faux de s’imaginer que cette abolition était portée par un large élan démocratique. Il y a certes eu beaucoup de bruit à l’intérieur de certains cercles mais les masses français n’ont à aucun moment pris part au débat.

Pour bien s’en rendre compte il suffit de revenir en arrière, au week-end dernier.

Deux cents militants ont manifesté à Paris samedi contre la corrida, pour une dizaine de structures… Le tout pour une énième mise en scène médiatique militante, loin des masses, loin de la France de 2022.

Des événements portés par les mêmes organisations, les mêmes militants qui changent de structures tour à tour, sans valeurs et sans culture propres. Les mêmes actions annoncées sur Facebook. Et toujours le même spectacle vain.

Pour avoir une idée de l’ampleur du désastre, il suffit de comparer ces deux cents manifestants (parfois venus de très loin), aux huit cent pro-corrida du même jour à… Mont-de-Marsan, dans le sud-ouest.

On a ici toute une mouvance qui a fait croire que l’abolition de la corrida était imminente.

Comment ces gens peuvent-ils s’imaginer que quelques sondages agités dans tous les sens, des likes sur les réseaux sociaux et des mises en scène médiatiques vont changer le monde ?

Sans surprise, la réaction à la déprogrammation de l’abolition de la corrida a été toute aussi nulle politiquement.

Cela se comprend aisément : on parle ici d’un milieu totalement corrompu dans lequel baignent nombre d’opportunistes qui n’ont que faire des animaux. Tous ces élus, conférenciers, influenceurs, activistes médiatiques, youtubers, etc. et aspirants ont une position de parasite : leur vie quotidienne dépend de l’enfer actuel. Ils ne veulent pas le renverser et encore moins s’y confronter : comment pourraient-ils alors se mettre en avant ?

L’opulence de la France capitaliste leur permet de gonfler leur ego lors d’actions médiatiques puis de se retrouver autour de fausse viande et d’une bouteille de vin étiquetée « vegan » dans un nouveau restaurant vegan de la capitale. Avec toute une série de tweets, selfie instagram et autres réalisations ô combien politiques tout du long. Pourquoi voudraient-ils du socialisme ? Le capitalisme leur convient si bien.

Cet épisode montre une nouvelle fois à quel point l’opportunisme et le populisme sont des poisons pour la planète, pour les animaux, pour le socialisme. Les opportunistes de tous bords s’allient, réduisent la politique à du bruit et se défilent dès qu’ils se retrouvent face à l’ancien monde.

Il n’y a absolument rien à attendre tant du parti animaliste etc d’un côté et de LFI de l’autre. Aucune de ces mouvances ne souhaite changer quoi que ce soit : elles ne sont que des avatars d’un monde en pleine décadence qui entraîne toute la Nature avec lui dans sa chute.

A la gauche historique de relever le drapeau de la civilisation face à l’opportunisme et au cynisme.

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Les atteintes envers les animaux domestiques enregistrées par la police et la gendarmerie en 2016-2022

Un document incontournable.

La police et la gendarmerie sont des acteurs incontournables, même si indirects, de la protection animale. Même s’ils ne sont pas formés en ce sens et si les dirigeants ne sont intéressés que par la stabilité du pays, il y a des gens dans ces structures œuvrant à un esprit d’intervention pour les animaux en danger.

Le panorama pour 2016-2022 ne relève pas de cette dignité ; c’est un document administratif. Il est néanmoins fondamentalement utile pour une vue d’ensemble malheureusement si difficile à avoir… Même si on sait, en se fondant sur l’universel qu’on voit dans le particulier, qu’on est en plein cauchemar et que c’est toujours pire.

Le capitalisme qui coule, qui sombre dans la décadence, déchire toute dignité et toute empathie.

anim-gen-pol-2016-2021

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Indignations suite à des études barbares sur des macaques à Harvard

C’est du terrorisme.

Une publication soi-disant scientifique de septembre dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) a suscité de nombreuses réactions : plus modérées de la part de scientifiques et incendiaires de la part de PeTA (People for the Ethical Treatment of Animals). Il est ici question de séparer des mères macaques de leurs nouveaux-nés, les remplacer par des peluches, et de suturer les yeux de certains !

Note : nous ne publierons pas ici des images des mères et leurs enfants, en souffrance, dont il est question ici. Par respect de leur dignité.

Arracher des nouveaux-nés de leurs mères… et les remplacer par des peluches

Dans un article intitulé « Triggers for mother love » (déclencheurs de l’amour maternel), publié le 19 septembre 2022, Margaret Livingstone explique que des mères à qui l’on a retiré l’enfant s’attachent à des peluches de remplacements. De même pour les nouveaux-nés.

Disons ici les choses clairement : il s’agit de terrorisme. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire l’horreur de non seulement arracher un petit à sa mère, mais en plus d’essayer de proposer à chacun une peluche afin de les tromper et de voir leurs réactions.

La perversité de ces gens va jusqu’à retirer un enfant mort-né des bras de sa mère. Pourquoi ? Parce qu’il était nécessaire d’examiner l’enfant… Même le deuil d’un enfant est interdit. Comment peut-on aller aussi loin dans la perversité ? Tout cela pour étudier… l’amour maternel ?

Sans surprise, la mère a dû être anesthésiée et est devenue très énervée à son réveil. Afin de réduire le stress, Margaret Livingstone a décidé de placer une peluche de quinze centimètres dans sa cage : celle d’une souris… sans visage. Elle note que la mère s’est calmée, a tenu la peluche près d’elle durant les deux semaines suivantes et s’est montré très protectrice : les signes d’une mère avec son enfant observe fièrement la soi-disant scientifique.

D’autres mères et d’autres enfants ont été victimes de la perversité de cette personne. Tout cela au nom de la science.

Ceci a mis en lumière d’autres études de cette même personne impliquant aussi de jeunes macaques… dont on a suturé les paupières.

Britches

Il faut bien comprendre que ceci renvoie à l’histoire tristement célèbre du singe Britches, aux États-Unis.

Ce jeune macaque né en mars 1985 a été arraché des bras de sa mère le jour de sa naissance, ses yeux ont été suturés et une sonde placée sur sa crâne afin de réaliser diverses expériences sadiques.

En avril 1985, une cellule de l’ALF s’introduit dans un laboratoire de l’université de Californie et vient sortir Britches de cet enfer, ainsi que 467 autres animaux. L’affaire prendra une ampleur considérable lorsque la PeTA diffusera un film monté grâce aux images tournées par l’ALF en avril 1985.

Le symbole est ici très fort. Cette affaire a mis en lumière que d’autres jeunes macaques ont connu un sort similaire à celui de Britches, dans le cadre de travaux menés par cette soi-disant scientifique au cours des vingt, trente dernières années.

D’autres jeunes macaques ont été arrachés des bras de leurs mères et ont vu leurs paupières suturées… d’autres Britches, d’autres mère de Britches ont connu l’enfer des laboratoires de vivisection.

En 1985, l’affaire avait suscité un vif haut-le-cœur : comment rester de marbre lorsque l’on apprend , lorsque l’on voit ce que certains terroristes sont capables de faire ?

Des réactions officielles en défense de l’indéfendable

En 2022, ces crimes crimes continuent et restent impunis. Face aux attaques, documentées, de la PeTA, l’université a été contrainte de prendre une position officielle à la mi-octobre. S’en est suivi un communiqué de la principale concernée.

L’université commence par expliquer que les images et vidéos des articles de PeTA ne proviennent pas de recherches menées par l’équipe de Margaret Livingstone. Ce qui est juste : l’article rappelle l’histoire du jeune Britches qui a connu un sort similaire. La PeTA ne cherche à aucun moment à faire passer ces images pour celles des expériences de la terroriste Livingstone.

S’ensuit le grand classique récit pompeux des découvertes fondamentales réalisées par cette dame au niveau de la vision, du développement cérébral et de troubles neuronaux. Le communiqué évoque fièrement la découverte de traitements contre Alzheimer et certains cancers très agressifs – chacun au stade expérimental. Celui de l’intéressée reprendra également l’argument des traitements dont la découverte aurait été impossible sans expérimentation animale.

Le problème ? Il semblerait que ces communiqués exagèrent légèrement la réalité.

La neuroscientifique Katherine Roe a vivement réagi, dans un article relayé par PeTA, a ce sujet. Elle y dit, entre autres :

« Si la moindre de ses expériences dépravées a permis de découvrir des traitements contre Alzheimer, le glioblastome ou les tremblements – comme elle le prétend dans son communiqué – elle n’a publié aucun de ces travaux, donc ne la croyons pas sur parole. Nous demandons des preuves. »

https://www.peta.org/media/news-releases/peta-demands-proof-of-human-benefits-claimed-by-harvards-margaret-livingstone/

Et effectivement, les liens proposés ne renvoient pas vers des études ou des publications scientifiques, mais vers un article de presse ou un vague communiqué d’un autre département de l’université.

Ceci est un grand classique : les défenseurs de la vivisection prétendent qu’elle est un mal nécessaire. Face à de la barbarie pure et simple, des prestigieuses instances évoquent alors fièrement tel ou tel traitement en cours de validation… peu importe que cela débouche sur quoi que ce soit derrière, peu importe l’absence d’études scientifiques, peu importe l’absence totale de conscience, peu importe les résultats faussés dès le début, peu importe la réalité…

Enfin, tout le monde s’accorde pour dire qu’il serait idéal de se passer des animaux mais que cela est impossible aujourd’hui. Avec bien évidemment, des longues phrases au sujet du respect du bien-être animal, des normes en vigueur, etc.

Et même là, les communiqués parviennent à mentir en minimisant les horreurs commises au cours des dernières années. Un article de PeTA, en anglais, relève ces mensonges, preuves à l’appui.

Ces gens torturent quotidiennement des animaux dans leurs établissements et viennent parler de respect des animaux ? Ces gens travaillent pour l’expérimentation animale qui est d’une opacité sans nom, qui n’hésite pas à mentir et faire du chantage affectif immonde et s’inventent une conscience qu’ils ont perdu depuis des lustres ?

Car aucun des ces soi-disant scientifiques n’assumera la réalité de la vivisection. Aucun n’assumera le nombre d’animaux tués et torturés chaque loin des regards. Si c’était le cas, qu’ils assument !

Qu’ils expliquent concrètement au grand public ce qui se passe dans leurs laboratoires. Qu’ils arrêtent d’inventer des découvertes fracassantes qui donnent rien. Qu’ils donnent un aperçu réel de ce que représente la vivisection, au quotidien.

Qu’ils assument de mener des expériences dans lesquelles on arrache des nouveaux-nés à leurs mères. Des expériences dans lesquelles des jeunes macaques sont brisés à vie pour que des scientifiques aient des données à publier dans des revues prestigieuses. Peu importe les avancées réelles de la science : il ne s’agit que d’accumuler, tâtonner, sans jamais rien expliquer.

Qu’ils assument d’être des terroristes et des sadiques.

La question de la vivisection est une question brûlante. C’est une question de civilisation fondamentale, la devise « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » doit être défendue et appliquée partout. L’humanité doit se relever de la barbarie dans laquelle elle s’enfonce chaque jour davantage.

A la Gauche de relever le drapeau de la civilisation, de libérer tous les animaux des laboratoires de vivisection et de traîner leurs bourreaux devant des tribunaux qui les jugeront pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils portent : des démons de l’ancien monde.

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En Chine, l’usine de l’horreur

L’humanité persiste à basculer dans l’horreur.

Touchée par une épidémie de fièvre porcine africaine (FPA) depuis 2019, la Chine a investi des millions d’euros pour la construction de gratte-ciels d’élevage monstrueux pouvant contenir 650 000 cochons sur 26 étages, afin de reconstituer son cheptel de porcs et garder sa place de premier producteur de viande porcine.

Si celui-ci était auparavant en grande majorité réparti sur des exploitations paysannes, la filière chinoise prend un virage entièrement industriel sur le modèle européen. Un modèle porté à son paroxysme dans la négation de la vie des animaux et sans aucune garantie d’être épargné par l’épidémie qui continue à se répandre dans le monde.

L’immeuble-usine est ainsi climatisé à chaque étage pour aérer les salles, de la même manière que chaque porc verra sa température suivie à la trace numérique afin de détecter au plus vite tout cas de fièvre porcine. Avec ces immeubles-usines, on est dans le pire du capitalisme avec sa mentalité infâme qui veut qu’on pourrait « produire » de la matière vivante comme bon nous semble, sans se soucier d’aucune sensibilité.

Les épidémiologistes annonçaient en 2019 qu’un quart du cheptel mondial pourrait être menacé, la chine ayant sur son sol 400 millions de porcs destinés à la consommation et à l’exportation, c’est près de 100 millions d’individus en moins que la filière cherche à compenser dans ces élevages hyper-concentrés. L’idée est de garder les animaux confinés pour défier le virus et ainsi préserver le marché de la viande porcine.

Même si les cas se multiplient en Europe, la France a vu ses exportations vers la Chine augmenter de 55 %. À ce titre la coopérative agricole et agroalimentaire du Grand Ouest revendique être passée de 70 000 tonnes de porc exportée vers la Chine en 2020 à 85 000 en 2021. En 2021 également, un accord a été signé entre la Chine et la France pour pouvoir continuer ces exportations même si un élevage en France venait à être touché par la FPA.

Rien que cela montre à quel point mentent tous ceux qui parlent d’avancées pour les animaux puisque de grandes entreprises proposent des gammes de nourriture végétale… Au contraire, les animaux subissent une situation toujours plus infâme, toujours plus dégradante, toujours plus insoutenable.

Tout est fait pour que les choses continuent comme si de rien était, tant en France qu’en Chine alors que de nombreux rapports pointent la responsabilité de la concentration de l’élevage associé à la déforestation comme source des zoonoses.

Notons que dans le cas de ces « porcheries gratte-ciel » on se trouve à Ezhou non loin de Wuhan. Une ville à l’expansion galopante, mordant sur les forêts alentours et où la proximité entre animaux d’élevage et animaux sauvages a été pointée dans le cadre du covid-19. Bref, l’Humanité n’a décidément aucune envie d’apprendre de ses erreurs, pire elle persiste à basculer dans l’horreur.

Le seul moyen de sortir du cercle vicieux menant aux pandémies et aux ignobles abattages préventifs d’animaux d’élevage, c’est évidemment d’arrêter la consommation d’animaux et de produits d’origine animale. Non seulement parce que c’est ignoble moralement de considérer des animaux comme des objets-marchandises, mais aussi parce que les épidémies de zoonose en sont le revers tout comme les émissions de gaz à effets de serre.

Que de telles choses soient encore possibles en 2022 révèle bien que l’Humanité a besoin d’une grande vague morale qui soit en mesure de la purifier de toutes les horreurs qu’elle commet…

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Super Cow

Un clip saisissant.

Moby, musicien et artiste renommé ayant adopté une démarche démocratique, socialement consciente au sujet de la question animale au point de devenir vegan, a sorti une nouvelle vidéo réalisée avec l’écrivain et réalisateur Dustin Brown et l’organisation Last Chance for Animals sur laquelle il est impossible, en 2022, de faire l’impasse.

Tout y est. Tout brûle d’empathie pour les vaches victimes des abattoirs, dans un clip dont le style artistique très réussi et le message véhiculé par le scénario et son « twist final » ne peuvent laisser personne indifférent si ce ne sont les individus sans conscience ayant déjà depuis longtemps perdu la capacité de s’émouvoir de quoi que ce soit.

Ce clip rappelle un fait que tout le monde préfère ignorer pour éviter d’avoir à y faire face : les animaux sont des êtres sensibles, capables d’émotions, de construction sociale et qui, rongés par la terreur, préféreraient évidemment fuir les couloirs froids d’un lieu de mort pour rejoindre l’herbe et la chaleur du soleil à l’air libre s’ils en avaient la possibilité.La musique accompagnant le clip est une reprise de sa propre chanson « Why does my heart feel so bad ? » de 1999, que l’on pourrait traduire par « Pourquoi ai-je si mal au coeur ? (et à l’âme, dans la suite des paroles) ». Déjà à l’époque associée à son clip original, cette chanson était d’une mélancolie arrachante… La reprise est ici est donc très pertinente, et compte tenu de la scène qui se déroule au long de ces 2 minutes et 33 secondes, la mélancolie est décuplée et se mue en véritable sentiment de tristesse face à une porte scénaristique qui se referme violemment, exactement comme le rideau métallique menant à l’enclos de mise à mort du début de la vidéo.

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Aider les chats du boulonnais

L’école du chat du boulonnais est une importante association qui s’occupe des chats dans le pays boulonnais (autour de Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais). Elle vient de publier un long communiqué sur sa page Facebook au sujet de sa situation critique à la sortie de l’été. Celui-ci n’a malheureusement rien d’étonnant. D’autres en ont déjà publié des semblables et des publications similaires vont continuer à arriver d’un peu partout en France.

Les constats sont :

* baisse des dons de 20 % ;

* charge de travail de plus en plus lourde pour gérer les familles d’accueil ;

* augmentation des frais vétérinaires (3 à 5%) et d’alimentation (presque 10%) ;

* besoin criant de familles d’accueil ;

* manque de bénévoles d’une manière générale.

L’association fait alors ce que toutes sont obligées de faire dans ce cas-là : arrêter les nouvelles prises en charge. Personne ne monte une association pour arrêter les prises en charge à la première difficulté. Personne ne prend une telle décision de gaieté de cœur. Seulement, quand la situation devient intenable, il faut faire des choix difficiles afin de tenir ses engagement envers les animaux qui sont actuellement sous sa responsabilité.

La première chose frappante ici est la baisse conséquente des dons. Certes, l’inflation se fait ressentir, mais… nous ne sommes même pas au cœur de la crise, les français continuent de partir en vacances, de consommer à tout va, etc.

Si c’est 20 % aujourd’hui, combien ce sera cet hiver ? Au printemps 2023 ? Ou lorsque Taïwan, la mer Égée et le Caucase seront le théâtre de guerres impérialistes ?

Qu’en période de crise les dons baissent est inévitable. Mais à ce point alors que le tremblement de terre qui s’annonce n’a même pas commencé ? D’autant que les comportements anti-sociaux, anti-Nature et barbares vont s’amplifier et les animaux vont en payer le prix fort. Ce qui va encore augmenter le nombre d’abandons et la cruauté. Donc plus de chats vont se retrouver dans une situation critique, avec une plus forte proportion de chats nécessitant des soins (très) coûteux… La situation était déjà très mauvaise et l’avenir s’annonce catastrophique.

Du côté des familles d’accueil, le manque n’est pas nouveau en soi. Combien d’associations peuvent affirmer qu’avant 2022 elles n’avaient les moyens d’occuper leurs innombrables familles d’accueil (sérieuses et fiables depuis toujours, bien entendu) ?

Seulement lorsque les adoptions stagnent et que les animaux à prendre en charge arrivent d’un coup, il faut soit plus de monde, soit arrêter les nouvelles prises en charge et lancer un énième appel à l’aide.

Et cela peut devenir encore plus compliqué lorsque des personnes qui postulent pour devenir famille d’accueil font perdre un temps fou à l’association. Parce qu’on ne devient pas famille d’accueil en trois clics. Il faut que l’association s’assure que la personne est fiable et qu’elle est en mesure d’accueillir un animal : appartement ou maison sécurisé (en particulier les fenêtres aux étages), pièce disponible pour la quarantaine, etc.

Il faut effectuer un premier tri entre les entretiens téléphoniques et les visites. Cela demande du temps et de la coordination. A cela s’ajoute bien évidemment le suivi : prévoir les visites des potentiels adoptants, échanger avec la famille d’accueil, avoir son ressenti sur eux, etc. Tout cela demande aussi beaucoup de temps.

Et enfin, il y a ces personnes qui se révèlent vite indignes de confiance. Et il faut alors intervenir, discuter, négocier afin de récupérer les animaux et leur trouver un nouveau foyer. Cela demande beaucoup de temps lorsque cela arrive, ainsi que beaucoup de pressions et de déceptions : « cette personne semblait parfaitement correcte au début, comment a-t-on pu ne pas s’en rendre compte ? ».

Tout cela demande énormément d’implication. Et il y a de quoi perdre espoir très vite. Terminons donc sur une note positive avec la fin de l’appel à l’aide de l’école du chat boulonnais :

« Aidez-nous ! likez, taggez, aimez, commentez, partagez notre appel à l’aide, Interpelez les personnes (Élus, Entreprises, Amis), qui peuvent nous aider avec des dons, un local, du bénévolat ou une adoption réfléchie. Et surtout ne doutez à aucun moment, l’École du Chat du Boulonnais a les reins solides et des membres actifs investies et motivées. Elle doit simplement prendre des mesures pour pérenniser son action dans les années à venir. »

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Ceux qui s’en prennent aux animaux sont des dangers pour tout le monde

La barbarie entraine la barbarie.

L’homme interpellé ce week-end près de Cannes pour le meurtre présumé de sa compagne, dont il avait caché le corps dans un réfrigérateur avec celui d’un de ses chiens, avait été pris en flagrant délit par les policiers dans la nuit du 7 au 8 septembre alors qu’il était en train de tabasser violemment sa chienne, une petite bull-terrier de trois mois seulement, sur un parking.

Les caméras de la ville avaient enregistré la scène d’une violence inouïe : soulevée par le collier, jetée au sol, rouée de coups, la tête tapée contre le bitume. Rose, la chienne, avait été saisie et prise en charge par l’Association Au Service des Animaux 06 (ASA06). Elle souffrait d’une fracture à la patte datant de plus de dix jours avant les faits, de nombreux hématomes, d’une anémie …

Le détenteur, un riche ressortissant danois louant une villa luxueuse dans les hauteurs de Mandelieu-la-Napoule, avait pourtant écopé dune simple contravention pour maltraitance !

Aucun fait d’exercer « des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique » n’a été retenu contre lui.

La petite chienne a pourtant vécu un enfer depuis qu’elle est venue au monde alors qu’elle n’a que trois mois ! Achetée par cet homme trois semaines auparavant pour 6000 euros sur une plate forme hongroise, la société Euro Puppy, elle avait déjà subi le transport depuis la Hongrie jusqu’en France, les coups, la maltraitance, le stress … quelle tristesse que tout cela soit passé inaperçu et quelle honte que de telles « transactions » puissent avoir lieu. Mais qu’est ce qu’on pourrait attendre à la fin de tout un système où les animaux sont de simples objets commandables sur internet ?

Le procureur, loin de prendre conscience du danger que représente un concentré de violence comme celui-ci, a autorisé l’homme à sortir mais l’a aussi autorisé à récupérer la chienne ! Le monde à l’envers. Cette décision avait été jugée inacceptable par l’association ASA06 et le maire de Mandelieu-la-Napoule qui avaient fait bloc pour ne pas rendre Rose à son tortionnaire.

Si le procureur avait pris cette affaire au sérieux, le meurtre de la jeune femme aurait peut-être pu être évité. Mais la justice ne prend que très rarement en considération le fait que les violences sur les animaux vont de pair avec les violences sur les humains. Pourtant, la barbarie c’est la barbarie, il n’y a pas de barrière, ou de frontière qui ne soit poreuse.

C’est ainsi qu’un homme peut passer son chien à tabac, être relâché avec une toute petite tape sur les doigts, une amende ridicule au regard de la somme que cette personne a versée pour acheter le chien, puis ressortir, tuer sa concubine, placer leurs corps respectifs dans un frigo pour l’acheminer ensuite dans une déchetterie.

Combien de personnes et d’animaux cet homme a t-il déjà tués ? Son autre chien, un staffordshire avait disparu du jour au lendemain d’après ses voisins peu avant l’été. Une voisine se souvient d’avoir entendu un coup de feu à cette période et un autre chien serait également enterré dans le massif de l’Esterel, à quelques kilomètres de Mandelieu-la-Napoule. On sait que cet homme a acheté plusieurs chiots sur le site Euro Puppy : où sont-ils passés ?

Entre ce déchaînement de violence d’un côté et cette indifférence de l’autre, il y a Rose qui est toujours en vie aujourd’hui grâce à une association qui n’a pas cédé face à la pression : si elle l’avait restituée à son bourreau, elle serait morte. Mais si lui avait été interpellé pour l’acté de cruauté qu’il a commis, peut-être que la jeune femme serait encore en vie, tout comme le chien.

Le mouvement pour la défense des animaux est porté essentiellement par des femmes parce qu’il y a refus du virilisme et de tous ces actes profondément barbares qui en découlent. Les personnes qui s’en prennent aux animaux sont dangereuses pour tout le monde ! On en a régulièrement l’exemple avec les chasseurs et les « accidents de chasse » où des personnes se font blesser, tuer …

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La vague d’abandons de l’été 2022 et la maltraitance non réprimée

La justice ne fait rien contre la maltraitance, de par sa base sociale.

L’été n’est pas fini mais bientôt arrive l’heure du sinistre bilan des abandons, de la vague terrifiante d’abandons, particulièrement intense. Il faudra bien enquêter, car s’activant au jour le jour, les gens des refuges, plein d’abnégations, n’auront pas forcément le temps, ni le recul, ni le courage de se replonger dans cette horreur.

L’écho estival de la vague a en tout cas été déjà marquant, au jour le jour. Si l’on prend de nouveau les nouvelles des journaux locaux concernant les refuges dans les dernières 24 heures, la vague d’abandon de l’été 2022 est confirmée dans son ampleur. Le refuge de Buigny-Saint-Maclou appelle à l’aide nous raconte Le Journal d’Abbeville. Record d’abandons d’animaux cet été, le refuge SPA de Bayonne saturé nous explique France 3 Nouvelle Aquitaine ; le refuge SPA d’Essuiles est saturé suite à une vague record d’abandons nous dit le Courrier Picard. Abandons à la SPA de Lorient : « En juillet, nous avons été débordés » établit Le Télégramme, se faisant également écho de la multiplication des cas de maltraitance.

Et pour comprendre cet aspect justement, on peut se tourner vers L’info-journal de la Fondation Brigitte Bardot du second trimestre 2022, où l’on trouve des exemples significatifs et nullement uniques en leur genre. Près de Béthune, un locataire parti du jour au lendemain de son logement accroche au préalable son chien à un robinet de la salle de bains. Le chien est retrouvé mort trois semaines après, la personne écope… d’un mois de prison… avec sursis ! Et de 800 euros d’amendes… seulement ! Et d’une interdiction de détenir un animal domestique… pendant trois ans seulement !

Quand on se lit cela, on se dit qu’il faut mettre tout le monde en prison pour longtemps, le « condamné » comme le juge.

Mais c’est typique. Dans la Haute-Vienne, une personne tabasse un chat et commence à le noyer, son propriétaire le sauvant in extremis. Le chat a perdu des dents et un oeil, une patte a été trouée et est devenu sourd. Le juge a considéré que ce n’était pas de la cruauté mais des mauvais traitements, et le type a été condamné à… une amende de 150 euros, et en plus aux frais vétérinaires et à 301 euros pour la Fondation Bardot.

En prison le criminel, et le juge avec !

Près de Roquebrune-sur-Argens, le propriétaire de trois chiens les maintenait enfermé 24 heures sur 24 dans un chenil sans eau ni nourriture. On retrouve les chiens divaguant sur la voie publique. Le propriétaire ne se présente pas au procès, les chiens sont confisqués, l’amende est de… 100 euros. Avec 600 euros à la Fondation Bardot qui s’était portée partie civile.

A Aubervilliers, un maître-chien frappe violemment son chien puis l’égorge dans les parties communes de l’immeuble, maltraitant un autre chien enfermé sur le balcon. Il écope de 18 mois de prison… avec sursis. Il ne peut plus être maître-chien ni détenir un animal, devant payer 400 euros à la Fondation Bardot.

A Elancourt, un chien est enfermé dans une pièce, vivant dans ses excréments et faisant le 1/5 de son poids normal. Le propriétaire est condamné à quatre mois de prison… avec sursis, la Fondation Bardot recevant 800 euros.

Tout cet arrière-plan est très important pour comprendre la vague d’abandons. La maltraitance reste largement invisible en France, et de toutes manières impunie. Dans un tel contexte, les abandons relèvent une démarche qui est le prolongement cohérent d’une situation ignoble à la base. Toute la situation est substantiellement mauvaise – les abandons sont une expression traumatisante, une superstructure d’un cauchemar s’amplifiant avec l’effondrement du capitalisme, produisant la décadence à tous les niveaux.

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L’assassinat du morse Freya à Oslo est le symbole du caractère de notre époque

La négation de la Nature est au service du marché.

C’est plié ! Quand on voit un événement pareil, on comprend qu’il faut tout changer, ou bien on capitule. Car si même là cela se termine comme ça, c’est que tout est bloqué.

Le capitalisme a en effet besoin d’élargir son marché, par conséquent il dynamite tout ce qu’il peut comme valeurs et normes naturelles. Un homme qui s’imagine être une femme, ou l’inverse, ça lui va très bien, car cela individualise et cela ouvre de nouveaux marchés. On s’éloigne de la Nature, on la nie, tout passe par la consommation : très bien !

Un morse qui fréquente un port, comme à Oslo, c’est inacceptable, cela nuit au marché car cela dérange la tranquillité consommatrice, c’est directement naturel et cela ramène au premier plan le fait que les êtres humains sont des animaux aussi. C’est mal !

C’est une question d’intérêts et le capitalisme, qui décide de tout, fait ses choix comme il l’entend, les gens pouvant penser ce qu’ils veulent : ils oublieront car ils consommeront, et inversement.

Par conséquent, le morse qui avait fait du port d’Oslo son lieu de vacation estivale a été assassiné en cette mi-août 2022 – « euthanasié » comme le prétendent les autorités norvégiennes, ainsi que les médias français. Car le justificatif, c’est que les êtres humains auraient été en danger : le morse s’installant sur les bateaux de plaisance du port et surtout attirant bon nombre de curieux.

A l’arrière-plan, on retrouve le principe bourgeois comme quoi nous serions extérieurs à la Nature : tout animal sauvage nous fréquentant d’une manière ou d’une autre doit par conséquent être liquidé. Il aurait été « dénaturé » donc il faut, pour son propre bien, le tuer! D’où le mot euthanasie. Ce principe est appliqué en France dans toute sa brutalité, on en entend régulièrement parler avec telle ou telle personne ayant sauvé un jeune animal sauvage et se retrouvant avec les institutions exigeant sa mise à mort.

Comme en plus Freya avait été remarqué dans des ports en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et au Danemark, cette logique meurtrière est d’autant plus prégnante. Un haut responsable de l’Agence norvégienne pour l’environnement, Espen Fjeld, a même eu le cynisme de dénoncer un « effet Bambi », expliquant dédaigneusement que :

« Prendre soin de cet individu n’a vraiment rien à voir avec prendre soin de la population des morses. »

C’est la ligne capitaliste de la séparation totale de la Nature et de la culture, qu’on apprend par exemple au lycée en philosophie. C’est ainsi au nom de sa… protection que le morse a été assassiné. La Direction norvégienne de la pêche a expliqué que :

« Nous avons examiné attentivement toutes les solutions possibles. Nous avons conclu que nous ne pouvions garantir le bien-être de l’animal par aucun des moyens disponibles. »

Il est évident que les curieux au port d’Oslo n’ont pas bien agi, car ils ont précipité les choses en se rassemblant en masse et sans discernement. Cependant, il faut bien saisir qu’en Norvège le morse est devenu une Cause nationale, son parcours le long de côté norvégienne ayant largement attiré l’attention, au grand dam du capitalisme qui était dérangé dans ses activités maritimes par la présence d’un animal protégé.

L’animal, jeune et de sexe féminin, a même été nommé Freya, en référence à la grande déesse de la mythologie germanique et nordique, indéniablement une déesse-mère dont le culte a réussi à se prolonger. Ce choix culturel en Norvège reflète, de manière romantique, le respect et la vénération pour le morse. Freya torpillait la séparation avec la Nature!

C’est cela l’aspect principal de gens fascinés par Freya et, se comportant de manière inadéquate indéniablement, mais cherchant un nouveau rapport à la Nature. Il y a ici un besoin de retour à la Nature qui s’exprime, et il est explosif. Qui ne comprend pas que le socialisme est l’affirmation de la nature animale de l’être humain – d’animal politique, social, ayant évolué historiquement de manière particulière, tout en restant naturel – n’a rien compris à notre époque et son enjeu.

L’assassinat du morse Freya à Oslo est le symbole du caractère de notre époque. Reste que l’humanité, pour avancer, doit non seulement être révoltée par la mise à mort de Freya, mais doit également admirer Freya vivante dans son espace naturel respecté – c’est cela la véritable conscience nouvelle.

De pures négations misanthropes – nihilistes comme « l’anti-spécisme » ne portent pas quelque chose de positif (ni d’ailleurs quelque chose de véritablement négatif au sens de transformateur – révolutionnaire). Seul le socialisme, comprenant la nature collective des choses dans leur ensemble, peut porter la conception selon laquelle l’humanité est une composante de la biosphère – ce dont nous avons besoin pour entrer dans une nouvelle époque !

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Écologie

Les animaux subissent massivement la sécheresse

Les animaux paient déjà la facture.

Le réchauffement climatique est une catastrophe écologique d’aujourd’hui, pas de demain. C’est une chose tout à fait concrète et immédiate pour beaucoup d’animaux sauvages et d’insectes qui subissent la sécheresse de plein fouet en Europe de l’Ouest.

Si pour les humains, la contrainte (normalement) pour l’instant est de ne pas laver sa voiture et, pour les moins individualistes, de limiter le temps sous la douche, pour nombre d’animaux sauvages en revanche, c’est déjà la survie qui se joue.

Il faut penser aux petits animaux, tels les campagnols, les hérissons, les écureuils, qui sont attachés à un petit territoire et qui ne peuvent pas forcément parcourir des distances importantes ou du moins suffisantes. Trouver de l’eau en cette période et échapper à la chaleur devient un problème vital.

Tous les animaux ne sont pas aussi vulnérables, comme l’explique par exemple un technicien forestier de l’ONF à Ouest-France. Mais il y a forcément des conséquences d’une manière ou d’une autre :

« Les grands animaux, comme les cerfs, les chevreuils ou les sangliers sont plus résistants. Ils vont se cacher, trouver des astuces et manger de l’herbe. En revanche, les petits faons de chevreuil ou de biche peuvent trouver des carences, car le lait de la mère ne sera pas assez nutritif si elle ne trouve pas assez de nourriture. En ce moment, c’est la période de croissance et le risque de carence est élevé. »

En plus de la sécheresse, la chaleur devient elle-même un problème, provoquant un stress physiologique très important chez la plupart des espèces. Les arbres et la végétation en général maintiennent normalement des écosystèmes locaux produisant des îlots de fraîcheurs et d’humidité, mais cela fonctionne très mal lors d’épisodes de canicule. Surtout s’ils sont répétés. Les arbres développent une sorte d’auto-protection (en arrêtant la photosynthèse) et l’écosystème garantissant une certaine fraîcheur est perturbé.

Il en est de même pour l’alimentation : non seulement des végétaux meurent asséchés, mais même avant cela, ils ne contiennent plus en ces temps de sécheresse la quantité d’eau qui permet habituellement l’hydratation d’animaux.

En fait, il y a à chaque fois des réactions en chaîne lorsque la nature est perturbée. Autre exemple : fin juillet dans les Alpes-Maritimes, le centre local de soin de la faune sauvage explique recueillir nombre de martinets et chauves-souris dénutris. Non pas déshydratés à cause de l’eau manquante, mais bien dénutris, car les insectes qu’ils mangent, eux manquant d’eau, meurent ou ne naissent pas. C’est d’ailleurs un problème déjà bien connu à cause des pesticides, et chaque années les campagnes victimes de l’agriculture intensive sont bien trop silencieuses en l’absence d’oiseaux.

La sécheresse des sols est également un problème pour beaucoup d’insectes, comme l’explique à la presse locale une bénévole de Indre Nature :

« Beaucoup d’espèces faisant leur chrysalide en terre et lorsqu’il ne pleut pas, celles-ci se dessèchent. On assiste ainsi à beaucoup moins d’émergences que par le passé. Même pour des espèces aussi communes que l’argus bleu-nacré, dont je n’ai vu aucun spécimen cette année. »

Il est évident par ailleurs que les espèces d’amphibiens et de batraciens, qui vivent entre terre et eau, sont directement touchées par l’asséchement des plans et cours d’eau.

Il faut penser aussi, bien qu’ils soient souvent oubliés, aux poissons. En la matière, c’est une catastrophe dans les cours d’eau français en ce mois d’août 2022. Il suffit de lire n’importe quel titre de presse local pour voir un ou des articles terrifiants à ce sujet, avec des rivières desséchées, des bout de la Loire se traversant à pied, et donc des poissons agonisants par manque d’eau ou d’oxygène, ou en raison de la température trop élevée de l’eau, ou encore à cause de la prolifération d’algues toxiques permise par le réchauffement climatique.

Il faut penser aussi aux animaux domestiques qui subissent pour beaucoup un grave stress en raison de la chaleur, surtout pour ceux vivant enfermés dans des appartements mal isolés. Mais le pire concerne évidement les animaux des refuges, qui déjà vivent une situation terriblement difficile là où ils sont, mais en plus subissent encore plus la chaleur, car les infrastructures ne sont malheureusement pas adaptées, faute de moyen et de bénévoles.

Le pire, c’est que tout cela ne résulte pas seulement d’un (grave et long) épisode saisonnier de canicule en France. En fait, la sécheresse dure depuis l’hiver, avec en moyenne en France un déficit de précipitations de 20% par rapport à ce qui était attendu. Le printemps à été particulièrement sec, le troisième le plus sec depuis l’établissement des relevés et statistiques météorologiques.

La question n’est plus de limiter ou de sauver quelques meubles face au réchauffement climatique. C’est déjà bien trop tard, la donne a entièrement changé et la planète sur laquelle nous vivons n’est d’ores et déjà plus la même.

L’écocide est en cours, avec les animaux en première ligne. Il faut maintenant une nouvelle génération d’humains faisant table rase du passé et la première étape pour cela est de se tourner vers les animaux. Pour reconnaître les gens qui valent la peine, il y a donc un critère très simple aujourd’hui : il y a ceux qui sont révoltés jusque dans leur chair par la situation des animaux face à la sécheresse, et puis il y a les autres, minables résidus d’une civilisation qui se meurt.

Et ces résidus minables forment pour l’instant encore la quasi totalité de la population.

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Écologie

A suivre la presse régionale, la vague historique d’abandons se confirme

L’ampleur est bien historique.

Il y a lieu de se pencher sur la presse locale, car elle est encline à parler de tel ou tel refuge, d’autant plus que c’est l’été et qu’il y a une tendance à élargir la gamme des sujets afin de trouver quelque chose à dire.

La question des abandons y est bien présente. Rien que pour les dernières 24 heures, on trouve de nombreuses choses. A Toulouse une femme criminelle fait attacher son chien à un portail isolé de la SPA avec une laisse de un mètre et une muselière, résultat personne ne le voit et il meurt de soif. Un abandon fait « discrètement » qui est une règle bien connue : pour n’avoir rien à régler en frais administratifs, les animaux sont abandonnés devant les locaux voire balancés au-dessus des grillages.

Le refuge SPA du Dauphiné est surchargé, la situation est dans le rouge niveau abandons dans le Nord, le nombre d’abandons explose dans la Drôme, le refuge du Versoud en Isère est déjà saturé tout comme celui de la SPA Marseille Provence et deux de l’Allier,

La situation est pareille au Luxembourg et là-bas aussi l’origine du problème est présentée comme les achats compulsifs de chiens et de chats pendant la pandémie.

Tout ce phénomène doit encore bien être étudié, les processus bien cernés. Il faudra notamment étudier l’impact sur les refuges, qui ne pourront jamais continuer comme cela alors qu’ils étaient déjà tous dans une situation limite.

Cependant, il faut bien saisir que l’aspect principal est celui d’une faillite historique. Les gens auraient pu, auraient dû profiter de la situation de pandémie pour aller dans le sens d’une remise en cause du capitalisme et du mode de vie qui va avec. Ils ne l’ont pas fait et se sont comportés comme de misérables consommateurs égocentriques aux tendances criminelles.

Cela se lit évidemment aussi dans les comportements anti-sociaux qui se généralisent. La question animale sert toutefois de grand révélateur et elle montre la faillite d’une génération, l’incapacité à réponde à un défi historique. La facture va être immensément salée pour une telle régression. Le monde pourrait être un paradis, chaque jour on apporte davantage de bûches au brasier infernal qui rend ce monde invivable, rempli de tourments et de souffrances.

La question animale montre que tout le fond est pourri. Ce n’est même pas que la question collective est incomprise ou niée, c’est carrément la reconnaissance même de la sensibilité qui est niée. Des êtres vivants se voient ôtés toute dignité avec une froideur terrifiante. La société fabrique des criminels en série.

Comment alors espérer que les choses partent dans le bon sens si tout se tend en raison d’une crise mondiale qui ne peut que s’approfondir et s’amplifier? Et quel dégoût, et quelle colère, et quel sentiment d’impuissance face à tout cela.

Cela témoigne du fait que face au capitalisme il faut un esprit de rupture à la hauteur, que sans cela, on est happé dans l’indifférence et le relativisme. On laisse passer une chose, deux choses, trois choses… Et on est happé par le capitalisme, sans vraiment le remarquer, puis en l’acceptant.

Le bilan de cette vague d’abandons va être odieux et cela va être un choc, tout comme sera un choc l’effondrement de nombre de refuges. Déjà que la situation était mauvaise, là on va dans le sens d’une régression à grande échelle.

Et en fermant la porte à la question animale alors qu’il fallait l’ouvrir en grand, la société française choisit le camp de maintenir les choses en état coûte que coûte. Elle se précipitera d’autant plus aisément dans le militarisme et le bellicisme, dans la guerre pour le repartage du monde.

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Écologie

Abandon d’animaux : l’été 2022 s’annonce terrifiant

Il faudra absolument analyser le phénomène.

Il n’y a en soi rien de nouveau dans le phénomène de l’abandon durant l’été des animaux définis comme animaux de compagnie. Cependant, l’époque a changé ; à moins d’être aveugle, on voit bien, on sent bien qu’une séquence historique totalement nouvelle s’est ouverte au début de l’année 2020. Pour cette raison, il serait erroné de ne pas voir en l’accroissement du nombre d’animaux abandonnés cet été 2022 autre chose qu’un simple ajout quantitatif.

On en a une preuve d’ailleurs avec le fait que les refuges connaissent déjà une saturation au tout début du mois d’août, un aspect essentiel qu’il faudra bien analyser. Il y a un saut qualitatif, une digue qui a cédé, un changement fondamental de la situation des animaux de compagnie. Il y a, tout simplement, une crise.

Il faudra impérativement que, durant le mois de septembre, il y ait une étude approfondie de ce phénomène. Il le faut, parce qu’une situation nouvelle exige une compréhension nouvelle, sans quoi on perd tous les enjeux. Qui veut aider les animaux doit comprendre la nature du processus en cours, sans compter que c’est un processus de portée générale par ailleurs, puisque pour le dire simplement, tout se casse la gueule.

Ce qu’on risque en tout cas déjà, c’est l’effondrement structurel des refuges. Cette tendance était déjà apparue concrètement ces derniers mois, car les gens des refuges sont à bout et sans le sou. Mais là il est possible que ce soit le coup de grâce et que la situation soit celle d’un effondrement de grande portée, avec la disparition de nombreuses structures, dans des proportions marquantes.

Il faut noter aussi que la vague d’abandons est un échec complet de toutes les campagnes pédagogiques effectuées en ce sens depuis plusieurs années. Il n’y aucune avancée concrète alors que le problème est connu, médiatisé, dénoncé. Et non seulement il n’y a aucune avancée, mais on recule. Il y a un problème de fond, mais encore une fois la situation a changé et on ne peut pas regarder les choses avec les lunettes du passé, ne serait-ce que celles d’il y a deux ans.

La question de fond est très vraisemblablement, mais justement il faut le vérifier, que les abandons sont liés aux achats compulsifs des périodes de confinement. Il faut absolument savoir si c’est le cas. SI c’est le cas, alors il faut partir du principe que les gens n’ont rien compris à la signification mondiale de la pandémie, à sa signification écologique, et ont décidé de se comporter comme des barbares individualistes ultra-capitalistes. Cela veut dire que c’est le désastre.

SI ce n’est pas le cas, alors il faut voir dans quelle mesure ce n’est pas le cas et si les gens ayant pris des animaux de compagnie pendant le confinement ont établi un nouveau rapport aux animaux. Après tout, cela pourrait être possible : les gens auraient alors compris que la pandémie était l’expression du dérèglement de l’équilibre naturel sur Terre par une humanité au mode de vie capitaliste destructeur… et ils comprendraient l’importance des animaux.

Il ne faut toutefois pas se faire d’illusions, c’est bien plus le désastre qui semble être l’arrière-plan d’une situation de crise sans pareil pour les refuges pour animaux. Car là on semble atteindre la situation où il n’est plus possible de s’en sortir et où l’effondrement des structures, telles des dominos, semble inéluctable. Il est évident que la situation des refuges d’ici décembre 2022 aura totalement changé en France.

C’est un tournant et un mauvais tournant, un de plus !

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Écologie

Laisser mourir de soif et de faim un chien en été = une amende

Cette société est ignoble, sa justice une injustice.

Un chien de type malinois

C’est une décision de justice à l’image de la « justice » dans la société française : coupée du peuple, formelle, se désintéressant de pousser les choses dans le bon sens, froide, indigne, etc.

Et si une telle chose est vraie au sujet des animaux, c’est aussi à cause des gens comme L214, le Parti animaliste, Aymeric Caron et autres affabulateurs prétendant que la cause animale progresse alors que leur propre obsession, c’est leur propre plan de carrière et rien d’autre.

Car qui connaît réellement la situation sur le terrain sait que l’indifférence prédomine, alors que la barbarie continue de s’installer. Le capitalisme végétalien n’est qu’un marché de plus, qui ne change rien à l’affaire. Et l’affaire de Carrières-sous-Poissy est emblématique de ça.

Elle est ignoble. Il s’agit d’un chien dénomme Pixel, qui a trois ans. C’est un Malinois, c’est-à-dire un chien de berger qui a été récupéré par l’armée, la police et le sociétés de gardiennage. Et on sait que dans ce dernier milieu, les chiens sont un outil de travail, les actes de maltraitance sont innombrables, car les chiens sont simplement « stockés » en-dehors des heures de travail.

C’est là ce qui s’est passé. Le maître-chien « stockait » le chien dans une voiture, puis il a fini par ne plus venir. L’animal est alors mort de soif et de faim en plein été. La police avait été prévenue entre-temps, mais elle s’est dédouanée sur une association de la protection animale, et rien n’a été fait pour sauver l’animal.

Il a fallu l’odeur du cadavre en plein été pour que quelque chose soit fait. Et le procès a été pareillement indifférent et expéditif : le coupable, qui n’est même pas venu au procès, a écopé… d’une amende. Elle s’élève à 12 euros par jour durant 150 jours. Cela fait 1800 euros à payer en cinq mois.

Il a également, pour la forme encore, été condamné à une interdiction à vie de posséder un animal. Autrement dit : on met une amende au type pour le « calmer » et on le met de côté, circulez il n’y a rien à voir. Voilà comment cela se passe à la toute fin juillet au tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes.

Et des exemples comme ça, il y en a d’autant plus que, la plupart du temps, l’injustice passe inaperçue. Les associations de protection animale peuvent manquer de tout, les centres de soins ne pas exister ou fermer, c’est la même totale indifférence de la part d’une société qui ne pense qu’à consommer.

Il n’y a, de fait, rien à sauver dans une telle civilisation en perdition. Il faut se confronter à elle de manière complète et élaborer un contre-projet civilisationnel, le Socialisme. La situation des animaux montre bien que sans changement total, rien n’est possible.

La question animale est d’ailleurs brûlante, c’est cela aussi qui explique l’indifférence à la question animale – et dans cette indifférence il faut placer ceux qui veulent juste avoir la conscience tranquille et se mettent à l’écart des McDonald’s, sans vouloir les supprimer. Avec les animaux, pour les animaux, on est une partie du problème ou de la solution, il n’y a rien entre les deux et ceux qui ne sont pas à la hauteur se démasquent impitoyablement de par l’ampleur des faits, de la réalité.

Les générations futures, après un inévitable bouleversement d’immense ampleur, nous regarderont comme des barbares, des criminels, des monstres.

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Écologie

Pétition européenne pour des cosmétiques sans expérimentation animale

La barre du million n’est pas loin.

Agauche.org a le triste privilège d’être le seul média à gauche qui dénoncé régulièrement l’expérimentation animale, dans un pays où l’indifférence pour les animaux est massive. Il y a ici pour cet aspect précis quelque chose d’étrange et de logique en même temps.

Étrange, car la France n’a jamais connu d’opposition d’envergure à l’expérimentation animale, contrairement à l’Allemagne, l’Angleterre ou l’Italie. Au pays de Claude Bernard, l’utilisation des animaux pour « essayer » de trouver quelque chose est considéré comme tout à fait dans l’ordre des choses. Il y a ici une particularité française très marquée.

Logique, car l’Union européenne a prétendu depuis plusieurs années avoir mis fin à l’expérimentation animale au niveau des cosmétiques, ce qui a servi de poudre aux yeux induisant énormément de gens en erreur.

La pétition européenne contre l’expérimentation animale dans le domaine des cosmétiques est donc une contribution à faire avancer les choses ; son nom officiel est Initiative Citoyenne Européenne Save Cruelty Free Cosmetics et elle se terminera le 31 août 2022, avec 857 509 signatures sur le million nécessaire.

L’association One Voice, historiquement très active en France à ce niveau, donne trois raisons de signer la pétition.

1. Garantir et renforcer l’interdiction de l’expérimentation animale pour les cosmétiques

En effet, d’après une analyse publiée en 2021, plus de 60 ingrédients exclusivement cosmétiques ont fait l’objet de tests sur des animaux dans l’Union européenne malgré les interdictions de ces tests depuis 2009 et 2013. Et c’est compter sans les milliers d’ingrédients à usages multiples. Nous vous avions fait part de nos inquiétudes sur ce retour en arrière dramatique

2. Réformer la réglementation de l’UE relative aux produits chimiques.

Cette réglementation oblige régulièrement les entreprises à pratiquer des tests sur les animaux concernant notamment les plastiques et autres produits du pétrole, mais aussi les métaux, les colorants, les huiles essentielles, et ainsi de suite.

Établir une feuille de route pour sortir de l’expérimentation animale.

Le Parlement européen a adopté à l’unanimité, en septembre 2021, une résolution pour sortir de l’expérimentation animale.

C’est une lecture qu’on peut partager – ou on peut la considérer comme trop optimiste, faisant trop confiance aux capacités du capitalisme à se moderniser de manière démocratique ou humaniste. D’ailleurs, autant l’Union européenne pouvait encore faire illusion en de tels domaines avant la crise ouverte en 2020, autant là c’est le sauve qui peut et la course à la guerre.

Si on regarde les choses sérieusement, si on se met au niveau historique, la pétition européenne est un vœu pieux, qui a le mérite d’exister, mais les animaux ont besoin d’un changement fondamental de la vision du monde de l’humanité.

Rien n’empêche d’ailleurs d’avoir accès de manière facile à des cosmétiques non testés sur les animaux en 2022, par exemple dans les magasins bios, en cherchent les logos vegans. Les gens ne le font pas pour autant, car ils restent emprisonnés dans une démarche de société de consommation, alors que l’expérimentation animale les horrifie forcément.

C’est là une contradiction typique entre une société façonnée par le capitalisme et des gens pleins de bonne volonté mais incapables de se prendre en mains, entre une société qui maintient un certain cadre et certains principes, et des gens se précipitant sans réflexion sur ce que la consommation capitaliste leur propose. Un sacré piège !

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Culture

« Que des animaux fassent la guerre, c’est la plus grande abomination qui soit »

« Je voudrais savoir le mal qu’ont fait ces bêtes. »

La scène se déroule pendant la première guerre mondiale.

Enfin, le calme se fait ; le bombardement s’est porté plus loin que nous et maintenant il donne sur les dernières positions de réserve. Nous risquons un coup d’œil. Des fusées rouges vacillent dans le ciel. Probablement, il va y avoir une attaque.

Chez nous, tout reste tranquille. Je me lève et je tape sur l’épaule du jeune soldat. « C’est fini, mon petit. Ça s’est encore bien passé. » Il regarde autour de lui, d’un air égaré.

Je lui dis, pour le rassurer : « Tu verras que tu t’y habitueras. » Il aperçoit son casque et le met sur sa tête… Il revient à lui, lentement. Soudain, il rougit et a l’air embarrassé. Avec précaution, il dirige sa main derrière lui et me regarde douloureusement ; je comprends aussitôt : la colique du feu.

En réalité, ce n’est pas pour cela que j’avais posé son casque à cet endroit, mais je le console quand même : « Il n’y a pas à en avoir honte. Déjà d’autres gaillards que toi s’en sont mis plein les culottes
lorsqu’ils ont reçu le baptême du feu. Va derrière ces arbustes et ôte ton caleçon. Tu m’as compris… »

Il se trotte. Le calme est devenu plus grand, cependant les cris ne cessent pas. Je questionne Albert.

« Que se passe-t-il ?
– Là-bas, quelques colonnes ont écopé en plein. »

Les cris continuent. Ce ne sont pas des êtres humains qui peuvent crier si terriblement. Kat dit : « Des chevaux blessés. » Je n’ai encore jamais entendu crier des chevaux et je puis à peine le croire. C’est toute la détresse du monde.

C’est la créature martyrisée, c’est une douleur sauvage et terrible qui gémit ainsi. Nous sommes devenus blêmes. Detering se dresse : « Nom de Dieu ! achevez-les donc ! » Il est cultivateur et il connaît les chevaux. Cela le touche de près.

Et, comme par un fait exprès, à présent le bombardement se tait presque. Les cris des bêtes se font de plus en plus distincts. On ne sait plus d’où cela vient, au milieu de ce paysage couleur d’argent, qui est maintenant si calme ; la chose est invisible, spectrale. Partout, entre le ciel et la terre ces cris se propagent immensément.

Detering se dresse, furieux : « Nom de Dieu ! achevez-les ! mais achevez-les donc, nom de Dieu !
– Il faut d’abord qu’ils aillent ramasser les hommes », dit Kat.

Nous nous levons pour tâcher de découvrir l’endroit. Si nous voyions les animaux, nous supporterions mieux la chose. Meyer a une jumelle. Nous apercevons un groupe sombre d’infirmiers avec des brancards et de grandes masses noires qui s’agitent. Ce sont les chevaux blessés. Mais ils ne sont pas tous là. Quelques-uns continuent de galoper, s’abattent et reprennent leur course.

L’un d’eux a le ventre ouvert ; ses entrailles pendent tout du long. Il s’y entrave et tombe, mais pour se relever encore. Detering lève son fusil et vise. Kat le détourne vivement : « Es-tu fou ? »

Detering tremble et jette son fusil à terre. Nous nous asseyons et nous nous bouchons les oreilles, mais ces plaintes, ces cris de détresse, ces horribles gémissements y pénètrent quand même, pénètrent tout. On peut dire que nous sommes tous capables de supporter beaucoup ; mais, en ce moment, la sueur nous inonde.

On voudrait se lever et s’en aller en courant, n’importe où, pourvu qu’on n’entende plus ces plaintes.
Et, pourtant, ce ne sont pas des êtres humains, ce ne sont que des chevaux.

De nouveau, des brancards se détachent du sombre peloton. Puis, quelques coups de feu crépitent. Les grosses masses vacillent et s’aplatissent. Enfin ! Mais ce n’est pas encore fini. Les gens ne peuvent pas s’approcher des bêtes blessées qui s’enfuient dans leur angoisse, en portant dans leur bouche large ouverte toute la souffrance.

Une des silhouettes se met à genoux. Un coup de feu : un cheval s’abat, un autre encore. Le dernier se campe sur les jambes de devant et tourne en cercle comme un carrousel. Assis, il tourne en
cercle sur ses jambes de devant raidies ; il est probable qu’il a la croupe fracassée.

Le soldat court vers lui et lui tire un coup de feu. Lentement, humblement, la masse s’abat sur le sol. Nous ôtons les mains de nos oreilles. Les cris se sont tus. Il ne reste plus, suspendu dans l’air, qu’un long soupir mourant. Puis il n’y a plus que les fusées, le sifflement des obus et les étoiles, – et cela nous semble presque étonnant.

Detering va et vient en pestant. « Je voudrais savoir le mal qu’ont fait ces bêtes. » Ensuite, il revient sur le même sujet. Sa voix est émue, elle est presque solennelle lorsqu’il lance : « Je vous le dis, que des animaux fassent la guerre, c’est la plus grande abomination qui soit ! »

Erich Maria Remarque, À l’Ouest, rien de nouveau, 1928
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Écologie

Terrible incendie dans un refuge à Villeneuve-lès-Béziers : appel à soutien

Il faut aider ces animaux et les bénévoles qui s’en occupent de toute urgence.

C’est absolument terrifiant. Vendredi 15 juillet en fin d’après-midi, un feu a pris vendredi dans les alentours du refuge de l’association des chats libres de Béziers. La propagation de l’incendie a fait des dégâts terribles, tuant plusieurs de dizaines d’animaux par les flammes ou le gaz.

Il a fallut l’intervention rapide des policiers municipaux de la ville, premiers arrivés sur les lieux pour ouvrir avec bravoure des enclos et sauver la vie de la plupart des chats. Les pompiers sont ensuite intervenus, mais les dégâts étaient déjà immense. Le site a été littéralement ravagé par les flammes.

En urgence, le refuge a besoin de grillage à poules, de piquets, de fil de fer, de liteaux, de palettes, panneaux contre plaqué marine, parasols, voiles d’ombrage. Attention, les bénévoles ont besoin de temps pour s’organiser lundi et mardi, et aucun don ne pourra être reçu avant mercredi 20 juillet.

Surtout, il y a une cagnotte en ligne :

https://www.helloasso.com/associations/chats-libres-de-beziers/formulaires/3/widget

Voici la page de l’association pour être au courant des besoins et des possibilités d’aide :

https://www.facebook.com/associationleschatslibresdebeziers/

Rappelons qu’il existe de nombreux refuges partout en France, qui ont tous besoin d’aide de manière régulière et prolongée. Car la situation des refuges animaliers en France est un drame permanent, surtout en période estivale. Il y a beaucoup à faire, énormément à faire, pour changer la donne. La société française n’est clairement pas à la hauteur en ce domaine. Il faut que cela change !

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Écologie

Canicule : double peine pour les animaux d’élevage

Au sens propre, c’est l’enfer pour les animaux.

Les chaleurs extrêmes et le renouvellement de plus en plus rapproché des canicules sollicitent énormément les organismes terrestres. Le cas du mois de juin dernier a été marquant car une alerte à été lancée en direction des éleveurs concernant les risques importants de stress thermiques. Si tous les animaux ont des systèmes de refroidissement efficace par température sèche, le niveau d’humidité dans l’air, lui, met à mal tous les organismes.

Pour évacuer le surplus de chaleur, le métabolisme de la plupart des mammifères régule la température corporelle grâce à plusieurs dispositifs. Les « habituels » et principaux sont essentiellement la transmission de chaleur dans l’environnement immédiat par radiation, conduction ou contact.

Lors de grosses chaleurs ou lors d’efforts physiques, c’est la sudation qui va compléter cela mais tous les mammifères n’ont pas le même nombre de glandes responsables de la transpiration qui va permettre de dépenser le surplus de chaleur en évaporant.

Les humains par exemple en ont beaucoup, ils évacuent par la sudation jusqu’à 25 % de chaleur au repos et 80 % pendant un effort. Les vaches, elles, n’ont pas d’aussi grandes capacité de sudation, elles n’ont que 10 % du taux de sudation humain et compensent par la respiration.

Quant aux cochons, ils ne transpirent pas du tout, c’est pour ça qu’ils aiment se rouler dans la boue et produisent une évaporation également avec la respiration.

Le métabolisme des oiseaux est complètement différent. L’évacuation de la chaleur ne se fait pas du tout par la peau, uniquement par la respiration, ainsi en cas de hautes températures, les poules peuvent évacuer jusqu’à 60 % de la chaleur par halètement, elles évacuent aussi en écartant les ailes et en provocant un changement dans l’irrigation sanguine.

Dans tous les cas c’est une bonne hydratation qui permet de maintenir le corps à une température normale. Or, quand l’air chaud se charge d’humidité, la sueur ou la respiration ne peuvent plus s’évaporer, c’est le même principe pour tous, avec des seuils plus ou moins élevés d’acceptabilité de chaleur sèche, le stress apparaît vite à mesure que l’humidité augmente.

Pour évaluer le stress thermique que peuvent subir les animaux d’élevage, on s’appuie sur le THI (Température Humidity Index) qui prends en compte la température corrélée au taux d’humidité dans l’air.

Pour une vache, l’inconfort apparaît entre 68 et 72 THI, « stress léger » ;

entre 72 et 80 c’est un « stress fort » ;

entre 80 et 90 un « stress majeur », et au-delà, un risque de mort subite.

Si on parle en terme de températures, à 32°c (une température courante en été désormais), avec 0 % d’humidité on est à 72 THI ;

avec 45 % d’humidité on passe le palier de stress suivant avec 80 THI.

Avec 40°c, on atteint 80 THI dès 5 % d’humidité dans l’air et avec 45 %, c’est le risque de mort subite.

C’est d’ailleurs ce qui s’est produit aux États-Unis dans le Kansas avec des températures de 42°c atteintes alors qu’il faisait humide, des conditions qui ont coûté la vie à 2 000 bovins lors de la vague de chaleur précoce du mois de juin dernier.

Exposés à ces chaleurs, les animaux luttent pour réduire leur activité physique au minimum afin de ne pas créer de chaleur supplémentaire, cela entraîne fatigue et perte d’appétit. Il existe d’autres risques comme les fausses couches, l’inflammation des glandes mammaires et du déséquilibre hormonal.

Ces situations de stress thermique sont de plus en plus souvent présentes. À ce titre, en 2020 c’est durant 5 mois que les animaux d’élevage ont été exposés à des températures et taux d’humidité supérieurs à ce que tolère leur constitution physiologique.

95 % des cochons sont élevés dans des bâtiments fermés, de manière intensive, avec une promiscuité morbide, et c’est également le cas de 83 % des poules. Les vaches ont elles-mêmes un accès limité à l’extérieur, et quand c’est le cas, de nombreux pâturages ne présentent pas d’ombre rafraîchissante.

Les espaces clos ne sont naturellement pas des endroits isolés de la chaleur, au contraire et la seule solution pour rafraîchir l’atmosphère revient à humidifier l’air via des brumisateurs couplés à un système de ventilation. Mais cela est risqué car ça revient à renforcer un des facteurs aggravant de la chaleur si tout n’est pas bien dosé.

La question première pour le monde de l’élevage c’est avant tout le rendement de lait et de viande qui se trouve impacté, on trouve très peu d’information sur l’impact sur les animaux en terme de bien-être.

On peut ainsi se questionner sur la capacité de ces animaux, sélectionnés génétiquement pour leur rendement laitier ou de viande, à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques. L’exploitation est déjà un calvaire qui dépasse l’entendement, c’est une vie qui n’en est pas vraiment une, multipliée par des milliards d’êtres mutilés, dès leur génétique, dès la fécondation et puis à la naissance et le restant de leur courte vie.

La question du stress thermique vient donc s’ajouter au mal-être structurel des animaux enfermés sur cette planète.

De toute manière, continuer comme cela c’est s’exposer à un cercle vicieux puisque pour atténuer le stress thermique, il faut mettre à disposition plus d’eau pour des animaux qui en consomment déjà beaucoup. Alors même que les canicules s’accompagnent de sécheresses majeures qui mettent en danger la production agricole végétale. Cette dernière étant elle-même en grande partie dédiée au nourrissage des animaux d’élevage.

L’humanité va donc devoir remettre en question le fait de continuer à utiliser les animaux comme ressource. C’est un choix civilisationnel et moral qui s’impose dans sa profondeur.

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Un secrétariat d’État à la Condition animale ?

C’est du charity-business qui n’a honte de rien.

Une dizaine d’artistes de variété et de personnalités liés à la télévision ont écrit une lettre ouverte à la nouvelle premier ministre Élisabeth Borne pour demander « un secrétariat d’État à la Condition animale ».

La lettre n’a aucun contenu, elle ne porte aucune valeur, elle ne dit absolument rien. Elle est à l’image de notre époque : aussi vide que prétentieuse. On a des gens qui, sous prétexte qu’ils sont connus, exigent que le gouvernement réponde à leur préoccupation pour les animaux, une préoccupation n’allant bien entendu pas très loin.

Éventuellement, ces gens pourraient user de leurs moyens financiers et de leur notoriété pour faire des campagnes en faveur de l’adoption dans les refuges, pour mettre en valeur les gens donnant de leur temps et de leur vie pour enquêter sur le sort des animaux dans les cirques, dans des fermes, ou même chez des particuliers.

Mais non, toutes ces gens sont des consommateurs comme les autres et exigent donc que cela tombe du ciel : ils ont quelques sentiments pour les animaux, alors ils « réclament » à la premier ministre un secrétariat d’État. Mais pour faire quoi ? Pour y mettre qui ? Nul ne le sait. Mais par magie, il suffirait de quelqu’un dans un bureau à Paris avec son cabinet dédié pour que soit saisie « l’opportunité extraordinaire de nous réconcilier avec le monde animal ». Quelle mauvaise blague.

Avoir des hauts-le-cœur quand à la situation des animaux dans notre société, c’est bien. C’est même quelque-chose de naturel, tellement leur sort est ignoble. Personne ne peut décemment prétendre être une personne civilisée et pacifique sans avoir une sentiment de colère immense, ou de rage, ou les deux, à la vue d’un camion remplis d’animaux entassés pour l’abattoir. Pareil pour l’idée d’un chien abandonné, d’un chat frappé, d’un cheval vivant seul dans un champ minuscule.

Très bien, très bien, mais tout cela ne donne pas le droit de se prétendre légitime pour parler au nom des animaux et distribuer de la poudre à mettre dans les yeux des gens pour faire croire que les choses avancent.

D’ailleurs, il faut un toupet immense, et un décalage incroyable d’avec le réel, pour avoir accepté parmi les signataires quelqu’un venant du monde de l’exploitation animale :

« Fabienne Thibeault, chanteuse – commandeur du Mérite agricole, ambassadrice des Races agricoles menacées et des Bonnes Pratiques d’élevage »

Cela en dit très long, cela dit même tout. On est là dans une tentative d’instaurer un capitalisme à visage humain, pour neutraliser les contradictions. La question animale porte en elle celle du rapport général à la Nature et il s’agit d’occuper le terrain de manière artificielle, avec des pseudos réformes. Il s’agit de faire semblant d’aimer les animaux, pour être contre les animaux en définitive.

Voici le document, paru dans Le Parisien.

« Lettre ouverte à Madame Élisabeth Borne, Première ministre de la République

« Madame la Première ministre,

Nous avons l’honneur d’intervenir auprès de vous, persuadés que vous disposez pour les cinq années à venir d’une opportunité extraordinaire de nous réconcilier avec le monde animal.

Il semble nécessaire de mettre en place une politique animale efficace et moderne.

C’est la raison pour laquelle les signataires figurant au bas de cette lettre vous prient instamment de réfléchir à la création d’un secrétariat d’État à la condition animale.

Ce serait la preuve d’une grande avancée, pour que la France, pays des droits de l’Homme, devienne aussi le pays des droits de l’animal.

En effet, toute réforme, projet de loi, dans quelque domaine que ce soit, doivent veiller à ce que dans tous leurs aspects, les principes énoncés ci-dessus soient pleinement respectés.

C’est donc une réflexion politique au sens noble du terme qu’il est urgent de faire, et nous vous lançons un appel à cet égard.

La grandeur d’une nation et son progrès moral peuvent être jugés à la manière dont les animaux sont traités. Mohandas K. Gandhi.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Première ministre, en l’expression de notre profonde considération »

Les signataires

Raphaël Mezrahi, humoriste et acteur ; Jean-Jacques Debout, compositeur – chanteur ; Chantal Goya, chanteuse ; Jean-Marie Bigard, humoriste ; Laurent Baffie, humoriste ; Vincent Lagaf’, humoriste ; Mikelangelo Loconte, chanteur ; Francis Lalanne, poète auteur – compositeur – interprète ; René Manzor, scénariste et auteur ; Emmanuel Laureau, éditeur ; Fabienne Thibeault, chanteuse – commandeur du Mérite agricole, ambassadrice des Races agricoles menacées et des Bonnes Pratiques d’élevage ; Sophie Darel, artiste de scène – présentatrice TV ; Marc Menant, journaliste – écrivain ; Gavroche, chanteur ; Delphine Wespiser, Miss France 2012 et chroniqueuse TV, Stone, artiste ; Mario d’Alba, artiste ; Emmanuel Ludot – avocat à la cour d’appel de Reims. »

Ce ne sont pas ces « personnalités » qui libéreront les animaux de leur sort. C’est au peuple de le faire, en puissant la force dans ce qu’il a de plus profond mais aussi de plus puissant en lui : son antagonisme avec la société bourgeoise, qui est dénaturée, corrompue, égocentrée et de plus en plus barbare.

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Sauvés du massacre, les bouquetins du Bargy restent prisonniers des gestionnaires

Les bouquetins du Bargy échappent temporairement à un sort funeste sans pour autant être pleinement reconnus.

Les bouquetins étaient une espèce qui avait disparu en France, chassée pendant longtemps et faisant office de véritable trophée pour les populations alpines.

Une politique de protection et de réintroduction dans les années 1960 a changé la donne et permis à l’espèce de reprendre ses droits dans les massifs alpins, et notamment en Haute-Savoie dans le massif du Bargy au-dessus de la vallée de l’Arve où vivent un peu plus de 300 bouquetins.

Mais voilà, les Alpes ne sont pas un écosystème où l’Homme aurait décidé de reculer en raison d’une prise de conscience des enjeux écologiques de notre temps. Bien au contraire, et tout le problème se situe là.

De manière complémentaire à l’extension du capitalisme aux villages d’altitude pour la rente de « l’or blanc », l’élevage laitier et ovin a bénéficié d’une connivence avec le business touristique : rester sur place et « entretenir » l’été les prairies qui sont utilisées l’hiver comme pistes de ski. En effet, les troupeaux domestiques vivent l’hiver en vallée et montent l’été en altitude (estive) pour paitre.

De plus, la production laitière bénéfice d’un label AOP qui repose en partie sur la durée de pâturage en altitude, et permet de valoriser des traditions qui alimentent l’imaginaire touristique. On connaît l’image de la journée de ski l’hiver conclue par une raclette ou une tartiflette.

Or le problème, c’est que ce modèle de l’agropastoralisme intégré au tourisme vit mal la proximité des animaux domestiques avec les animaux sauvages, tels que les bouquetins qui peuvent évoluer sur certaines prairies d’estive.

Cette promiscuité a pour conséquence de transmettre certaines bactéries aux animaux domestiques, puis aux êtres humains. C’est le cas de la brucella, une bactérie qui n’était pas à l’origine présente chez les bouquetins, mais plutôt chez les animaux d’élevage. Au fil du temps, les bouquetins sont devenus un réservoir de cette bactérie qui leur cause des lésions génitales, ainsi que de l’arthrite.

Et depuis c’est un cycle vicieux sans fin qui est lancé… En effet, pour continuer à bénéficier de l’AOP, les éleveurs laitiers et bovins doivent être reconnus indemnes de brucellose, car cette bactérie peut ensuite se transmettre à l’homme et provoquer des symptômes grippaux, voir de l’arthrite.

A cela s’ajoute le fait que les fromages basés sur du lait cru, comme l’emblématique reblochon, est le vecteur principal de transmission de la brucella à l’homme, contrairement aux fromages de lait pasteurisé. Et les vallées qui bordent le massif du Bargy sont justement le berceau du reblochon…

À chaque période d’estive, les éleveurs craignent donc de voir une de leurs vaches être contaminée par la brucella, « laissée » par des bouquetins simplement au contact des prairies servant de pâturages d’estive.

C’est ce qui s’était passé en janvier 2012 lorsqu’un enfant du Grand-Bornand fut détecté positif à la brucellose après avoir mangé du lait cru provenant d’un élevage laitier local. Il s’avéra ensuite que les vaches de l’exploitation avaient pâturé dans le massif du Bargy, là où vivent les bouquetins, qui furent identifiées comme porteur de la bactérie.

Depuis, le massif du Bargy vit au rythme des annonces de la préfecture et de ses déboires judiciaires. La préfecture de Haute-Savoie souhaite reconstituer un « noyau sain » de bouquetins pour mieux préserver les intérêts de l’agropastoralisme et de tout ce qui va avec. Cela passe le plus souvent par des arrêtés préfectoraux d’abattages indiscriminés.

Depuis 2012, ce sont 476 animaux qui ont été abattus, malgré l’abnégation de quelques activistes montant régulièrement dans le massif pour empêcher les tirs par leur simple présence. Il faudra attendre l’acceptation en mai 2020 par le tribunal de Grenoble d’un recours suspensif émis par l’association Animal Cross contre un arrêté préfectoral qui prévoyait l’abattage indiscriminé de 60 bouquetins entre 2020 et 2022.

Mais cette suspension vue comme un espoir ne fut que courte durée, car dès l’automne 2021 une vache d’une exploitation de lait cru dont les animaux paissent dans le massif du Bargy fut détectée positive à la brucella, entraînant l’abattage des 240 vaches et veaux de l’exploitant.

Cela mit le feu aux poudres, avec une sorte de front constitué d’éleveurs, de chasseurs et de représentants de la Droite vent debout contre les bouquetins du Bargy, un sénateur centriste demandant carrément l’abattage complet de l’espèce, le siège de la FNE Haute-Savoie subissant un coup de pression à la fin du mois de novembre 2021.

Rappelons que l’on parle ici d’un élevage dont les vaches ont été soigneusement croisées génétiquement par un éleveur n’étant rien d’autre qu’un capitaliste cherchant à grandir sur le marché du reblochon. Ce qui n’a pas empêché certains représentants EELV d’apporter soutien à un entrepreneur pleurant la perte d’un capital.

À la suite de cet abattage de vaches laitières, le préfet Alain Espinasse avait remis l’idée d’un abattage indiscriminé sur le devant de la scène, cette fois-ci massif puisqu’incluant 170 animaux (sur les 320 individus qui restent dans le massif). On parle là d’une action qui vise à faire abattre au hasard 170 animaux, sans savoir s’ils sont positifs à la maladie !

Fort heureusement une coalition de sept associations environnementales et animalistes ont, tout comme en mai 2020, obtenu la suspension de l’arrêté des tirs indiscriminés par le tribunal de Grenoble ce 17 mai 2022.

Toutefois, cela n’empêche pas qu’une gestion moins massive et plus « chirurgicale » de l’épidémie de brucellose chez les bouquetins va continuer à s’effectuer, avec la capture puis l’euthanasie de tout cas positifs, toujours dans l’optique de reconstituer un « noyau sain ».

De fait, c’est la solution médiane qui perdure, et si les bouquetins sont sauvés d’un massacre général, ils n’en restent pas moins toujours les otages d’activités humaines incapables d’être remises en question. Car si l’on en croit les scientifiques, la brucellose est en train de s’éteindre progressivement, avec plus de 90 % de bouquetins sains.

À quoi bon continuer une telle gestion si ce n’est pour faire perdurer un modèle agricole, ainsi qu’une production laitière qui participe à tant sur le plan touristique-capitaliste ?

Il faudrait pourtant en finir avec la production de lait cru qui relève d’une tradition alimentaire obsolète et ouvrir un débat démocratique général à propos de l’agropastoralisme et de ses conséquences écologiques. De la même manière que les bouquetins devraient pouvoir être accompagnés sanitairement contre la brucellose…

L’affaire des bouquetins du Bargy est concrètement une brèche ouverte pour enfin faire reconnaitre la vie sauvage dans son droit absolu à vivre paisiblement sans être prisonnière d’une gestion d’humains eux-mêmes otages de traditions maintenues par un capitalisme tout-puissant.

Mais pour saisir cette brèche, faut-il encore avoir une lecture en terme de Gauche historique et comprendre les méfaits de la société de consommation, de l’aliénation qu’elle implique par rapport à la Nature…

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Il faut aider l’Hirondelle et tous les centres de soin pour animaux sauvages

Les structures d’aide aux animaux sauvages doivent être valorisées et soutenues.

Ouvert en 1998, l’Hirondelle est un centre de soin pour animaux sauvages basé initialement à Saint-Forgeux dans le Rhône, comptant aujourd’hui deux autres sites de soins à Dardilly dans le Rhône et à Crest dans la Drôme.

Ces sites permettent de venir en aide aux animaux trouvés dans le département du Rhône, de la Drôme, de l’Ardèche, de la Loire et de la Haute Loire. Fondé au départ pour venir en aide spécifiquement aux oiseaux, sa popularité l’a amené petit à petit à s’adapter pour prendre aussi en charge les mammifères.

Depuis sont ouverture, ce ne sont pas moins de 40 000 animaux sauvages de 220 espèces différentes qui ont été aidés, des hérissons aux faons en passant par les blaireaux ou encore des cigognes. En 2021, ce sont 6 825 animaux qui ont été reçus, un nombre sans précédent alors qu’aucun n’a été refusé.

Le site de Saint-Forgeux est le principal lieu d’accueil des animaux qui en ont besoin car il dispose de plusieurs grandes volières indispensables pour l’apprentissage ou le réapprentissage du vol par les oiseaux. Des oiseaux qui sont tous destinés à retourner à la vie sauvage, sauf lorsque leurs blessures ont engendré des handicaps trop important rendant leurs libération impossible.

Or, l’Hirondelle tire la sonnette d’alarme car la quantité d’animaux à aider est de plus en plus importante, et l’Hirondelle comme toutes les structures qui viennent en aide aux animaux souffrent d’un manque récurent de moyens, tant sur le plan financier que sur le plan humain.

En effet venir en aide à plus de 6 000 animaux par an représente tout un tas de frais tels que l’entretien des salles de soins, des volières, l’achat de la nourriture pour les animaux, les soins vétérinaires, un salaire pour les soigneurs qui travaillent au centre, etc…

Aussi, tout le travail d’entretien des structures comme les volières qui sont régulièrement cassées par la neige durant l’hiver, le nettoyage des locaux et des espaces dédiés aux animaux , le rapatriement des animaux depuis leurs lieux de sauvetage ou pour aller chez les vétérinaires, le nourrissage et les actions de sensibilisation, tout cela demande énormément de travail qui serait impossible sans l’implication des bénévoles qui donnent de leurs temps pour venir en aide au animaux .

Nous invitons toutes les personnes qui le peuvent à aider aujourd’hui financièrement l’Hirondelle pour assurer la continuité de leur travail auprès de la faune sauvage.

Voici le lien vers le site de don  :Faire un don à L’Hirondelle, centre de soins pour animaux sauvages (helloasso.com). Lien vers le site : L’Hirondelle, Centre de Soins pour Animaux Sauvages

Et plus largement aider les centres de soin et les refuges près de chez vous, l’argent et le temps manque de partout, l’implication sur le long terme de gens dévoués pour les animaux et une nécessité urgente et historique.