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Fabien « Astérix » Roussel, chasseur de sangliers

Changer le monde, ou fantasmer le passé ?

Pendant près d’un demi-siècle, après la Seconde Guerre mondiale, le PCF a eu une portée immense en France, tant numériquement que politiquement. Sa base populaire et son assise dans le pays étaient gigantesques : pourtant il n’a jamais été en mesure ne serait-ce que de bousculer le régime. Le plus grand échec du PCF a d’ailleurs été son opposition à la vague de grèves et contestations en mai-juin 1968. La raison est simple, elle est culturelle.

En fait, le PCF ne visait pas à changer le monde, mais simplement à le prendre tel qu’il est pour le rendre plus « juste » avec la CGT dirigeant les entreprises et quelques artistes et intellectuels parisiens dirigeant les affaires publiques. Il ne s’agit pas ici de « radicalité » plus ou moins grande, d’être plus ou moins « gauchiste », mais d’un véritable sujet de fond.

Fabien Roussel, son actuel dirigeant, est un très bon exemple de ce problème, il en est même caricatural. Cela avait déjà été évoqué ici récemment avec sa sortie ironique beauf sur la « libération » des poulets. C’est encore plus flagrant avec deux exemples tout récents, qui vont ensemble.

Sur France info le 18 octobre, le candidat « communiste » à la présidentielle 2022 a expliqué :

« J’en ai un peu marre de ces intellectuels condescendants qui n’arrêtent pas de nous donner des leçons sur nos pratiques, sur nos manières de faire, qui nous disent ce qu’il faut manger et comment il faut conduire ».

Sans même parler du contenu, il y a déjà que la forme est incroyablement rétrograde. Dire cela est ultra-régressif, à peine digne d’un Eric Zemmour : il faudrait donc laisser les gens vivre leur petite vie tranquille, comme avant, sans rien questionner, sans rien bousculer. Drôle de vision du monde pour un prétendu partisan de Karl Marx…

Mais le problème se pose surtout sur le fond, évidemment. Fabien Roussel répondait ici à la question des chasses dites « traditionnelles », en fait surtout particulièrement barbares. Il s’agit de pratiques de piégeage d’oiseaux qui ont été jugées illégales par le Conseil d’État (et par l’Union européenne) tellement c’est atroce, mais que le gouvernement continue quand même d’autoriser.

Ce genre de pratiques ne concerne que quelques énergumènes arriérés, qui se prétendent représentant de la ruralité mais qui ne sont en réalité qu’une minorité de furieux ennemis de la nature et des animaux. Il est évident que la société doit écraser de telles pratiques pour aller de l’avant. C’est le sens de l’Histoire, réfutant la barbarie, allant vers plus de civilisation : au 21e siècle cela signifie évidement de prendre en compte les animaux.

Mais cela, Fabien Roussel en est incapable, car il ne veut pas du 21e siècle, simplement d’un 20e siècle fantasmé. C’est exactement comme Eric Zemmour.

Le pire, c’est que Fabien Roussel sait très bien qu’au fond sa position sur les chasses « traditionnelles » est intenable. Alors il convoque un matérialisme historique passé à la moulinette beauf pour assumer qu’il ne veuille rien changer :

« Il y a un sens de l’histoire qui fait que petit à petit, ces pratiques vont disparaître naturellement, et donc il faut laisser faire la vie »

Cela est évidemment faux. Le vieux monde ne s’effondrera jamais de lui-même si la société ne se soulève pas contre lui ! C’est cela que les communistes nomment révolution… Apparemment, il n’est pas au courant. Et surtout, en l’occurrence, il s’agit effectivement de laisser faire la vie quand on est de Gauche, et donc ne pas laisser faire en France des massacres organisés d’oiseaux comme simples « loisirs ».

Fabien Roussel n’est pas du bon côté dans cette histoire, car il est un partisan de la chasse et des chasseurs. Selon lui, les chasseurs seraient mêmes « essentiels à la préservation de notre environnement » ! Il connaît en effet par cœur toute la propagande du lobby de la chasse et récite leurs arguments, avec le fameux sujet des sangliers :

« Je sais que chez moi, il y a une surpopulation de sangliers et donc tous les ans, c’est la préfecture qui fait appel aux chasseurs pour réguler cette surpopulation de sangliers ».

N’importe qui connaissant les campagnes françaises sait que c’est là un gros mensonge. Déjà car les chasseurs nourrissent les sangliers et en lâchent eux-même dans la nature pour préserver leur loisir. Mais surtout, il ne faut pas se moquer du monde : un pays comme la France aurait déjà liquidé depuis longtemps les sangliers s’ils représentaient un « problème », comme cela a été fait avec le loup. Le capitalisme sait très bien massacrer la nature quand il a besoin.

Le « problème » des sangliers est surtout celui de l’étalement urbain. A un moment donné, à force de construire partout, forcément qu’il y a des sangliers pour « oser » s’aventurer dans des emprises humaines. Alors il y a ensuite les chasseurs pour dire « voilà regardez, nous sommes utiles, notre loisir sert à vous protéger des sangliers ».

La chasse aux sangliers, voilà en tous cas l’horizon de Fabien Roussel… ce grand fan d’Astérix et Obélix, comme le montre cette publication du 21 octobre avec une photo prise dans les locaux du siège du PCF à Paris avec le nouvel épisode de la BD.

Même les gens de droite sont pourtant lassé par Astérix et Obélix, à en croire le Figaro qui trouve ce 39e épisode très ennuyant. Mais Fabien Roussel, lui, adore, et prétend qu’il s’agit là de la culture populaire ! Quelle ringardise, quel populisme, et surtout : quelle arriération culturelle !

Fabien Roussel a tout faux quand il s’affirme « gaulois réfractaire », car c’est tout l’inverse de ce que la Gauche doit viser. Ce qu’il faut, ce n’est pas un village isolé et replié sur lui-même, à la Eric Zemmour. Ce qu’il faut viser, c’est une nouvelle Rome avec sa perspective universelle et sa volonté de civilisation.

Le futur, ce n’est pas la vieille Gaule, c’est une nouvelle Rome sociale, avec la classe ouvrière au pouvoir, avec les femmes aux cœur des décisions, avec la culture au centre de la vie des gens, avec la nature chevillée au corps et l’avenir de la planète Terre comme horizon principal, avec le véganisme d’ailleurs comme exemple de solution pour changer les gens de l’intérieur et changer enfin le sort des animaux.

Le futur se construit dans le débat démocratique populaire et la Gauche historique comme moteur des idées et de la culture, pas avec Astérix, Obélix et autres nostalgies d’un passé idéalisé, que ce soit avec les « ZAD » ou avec Eric Zemmour. Le seul romantisme doit être celui de l’avenir!

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« Morts, violences et abus liés à la chasse: plus jamais ça! »

Le collectif Un jour Un chasseur mène un travail démocratique de fond sur un sujet de première importance.

La vie dans les campagnes l’automne et l’hiver est profondément abîmée par la chasse. Il ne s’agit pas ici que des animaux, persécutés et assassinés en masse pour le loisir de quelques-uns, mais aussi des habitants et des promeneurs.

Le collectif Un jour Un chasseur parle de cela avec beaucoup de justesse et de conviction, pour réclamer des droits démocratiques fondamentaux aux habitants des campagnes et aux promeneurs amoureux de la nature.

Le collectif parle juste, car ce qu’il a à dire est tout à fait concret et tristement réel : Un jour Un chasseur est né après la mort Morgan Keane, victime d’une balle de chasseur alors qu’il coupait du bois à côté de chez lui.

Depuis, la mission est de recueillir et relayer des témoignages de comportements abusifs liés à la chasse. Voici des exemples terrifiants en vidéo :

Ce n’est pas tout, car il y a également une pétition qui a été lancée récemment. Celle-ci a la particularité d’être une pétition citoyenne sur le site du Sénat : l’objectif est donc d’obtenir 100 000 signatures en six mois, pour que les parlementaires soient obligés légalement de la prendre en compte. La date butoir est le 10 mars 2022.

Voici les 5 modifications de la loi qui sont revendiquées :

  • Dimanche et mercredi sans chasse ;
  • Formation plus stricte et renforcement des règles de sécurité ;
  • Contrôle et suivi des armes de chasse et des comportements à risque ;
  • Des sanctions pénales à la hauteur des délits commis ;
  • Libération de la parole et reconnaissance des victimes de la chasse par l’État.

Naturellement, ces modifications de la loi espèrent en fin de compte une modernisation de la chasse et des chasseurs. Ce n’est pas possible (ni d’ailleurs souhaitable). La chasse est substantiellement une démarche réactionnaire de masse. Le collectif, né sur le tas, n’a ici pas un positionnement adéquat ; il est une expression immédiate d’un des aspects sombres de la chasse.

Un jour Un chasseur est présent sur Instagram, Twitter et Facebook ; pour la pétition, voici la page où se rendre sur le site du Sénat : petitions.senat.fr/initiatives/i-742

Voici le texte complet de la pétition citoyenne.

« Morts, violences et abus liés à la chasse : plus jamais ça !

Texte législatif

Le 2 décembre dernier, en plein confinement, Morgan Keane, 25 ans, a été abattu par un chasseur alors qu’il coupait du bois dans son jardin. Le tireur l’aurait “confondu” avec un sanglier. Morgan. Un prénom qui vient s’ajouter à ceux de Gaël, Annie, Mark, Samuel, Frank, Marcel, et tant d’autres.

En 20 ans, les “accidents” de chasse ont provoqué la mort de plus de 400 personnes. À ces 400 “accidents” mortels, il faut ajouter les 158 accidents par an (en moyenne) déclarés à la gendarmerie. Un chiffre qui ne signifie rien, si l’on considère que la majorité des incidents ne sont pas déclarés, et que ceux qui le sont ne font que très rarement l’objet d’une enquête.

Nous refusons d’accepter la banalisation de ces drames, que le terme “d’accident” vise à normaliser et à rendre supportables. Qu’ils provoquent la mort, des blessures physiques, ou entraînent des séquelles psychologiques, il est de notre devoir, de celui des autorités et du gouvernement de les dénoncer, de leur faire face et de ne surtout pas tolérer l’intolérable.

Le collectif Un jour un chasseur, créé à la suite de la mort de Morgan, qui collecte et relaie des témoignages de violences et d’abus liés à la chasse, exige la mise en place des mesures ci-dessous et la modification en profondeur de lois qui, de toute évidence, ne garantissent ni notre sécurité, ni notre bien-être.

I – Dimanche et mercredi sans chasse

Nous demandons l’interdiction de la chasse le dimanche et le mercredi, sur l’ensemble du territoire français et sans possibilité aucune de dérogation. L’inquiétude et l’insécurité ressenties en période de chasse par les usagers de la nature non-chasseurs est intolérable. Nous demandons un juste partage de nos campagnes.

Rappelons que nos voisins européens ont, pour la plupart, adopté au moins un jour hebdomadaire sans chasse.

Par exemple, au Royaume-Uni, la chasse est interdite le dimanche depuis 1831. Aux Pays-Bas, la chasse est également interdite le dimanche, ainsi que dans plusieurs États d’Allemagne, cantons suisses et régions espagnoles.

II – Formation plus stricte et renforcement des règles de sécurité

Le permis de chasser permettant l’acquisition et la détention d’armes de catégorie C et leurs munitions, son obtention ne peut en aucun cas être considérée comme anodine.

La formation du permis de chasser doit être revue (âge minimum, difficultés des épreuves, renouvellement du permis chaque année avec certificat médical et test psychologique).

D’autre part, les règles de sécurité sont actuellement insuffisantes.

Nous demandons un renforcement général de ces règles : instauration d’une zone de protection autour des habitations égale à la portée maximale des armes utilisées, interdiction de l’alcool à la chasse, encadrement strict des battues et amélioration de la communication à leur sujet, mise en place de contrôles fréquents par des personnes étrangères aux fédérations de chasseurs pour faire respecter les règles de sécurité et rapporter les incidents en gendarmerie.

III- Contrôle et suivi des armes de chasse et des comportements à risque

Le 11 juin dernier, une mère de famille a été abattue par son ex-compagnon sur un parking public à Monéteau. Celui-ci, titulaire d’un permis de chasse, a utilisé son arme de chasse pour perpétrer cet homicide, et était déjà connu de la justice pour violences conjugales. En avril 2018, à Aurillac, un homme qui avait effectué un séjour en hôpital psychiatrique quelques mois plus tôt, a abattu son ex-femme avec son arme de chasse.

Combien de faits divers similaires ? Combien d’homicides et de féminicides commis avec des armes de chasse par des personnes qui les détenaient de manière complètement légale ?

Nous demandons un réel contrôle et suivi des armes sur le territoire national. Étant donné la facilité d’acquisition et de détention d’armes en France via le permis de chasse, celles-ci doivent être contrôlées et leurs détenteurs suivis.

Par exemple, il existe déjà le fichier FINIADA, censé recenser les personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes. La mise à jour régulière de ce fichier, et la possibilité d’y faire inscrire une personne suite à une infraction constatée, si elles étaient respectées, pourraient permettre la diminution des incidents liés à l’utilisation d’une arme de chasse, pendant et hors actions de chasse (suicides, règlements de compte, féminicides, homicides volontaires…).

IV- Des sanctions pénales à la hauteur des délits commis

Nous remarquons, à travers les témoignages reçus par le collectif Un jour un chasseur, que les plaintes déposées par les victimes se voient généralement refusées ou classées sans suite. Les victimes doivent pouvoir porter plainte facilement pour dénoncer tout comportement abusif.

D’autre part, nous demandons des sanctions pénales systématiques en réponse à tout incident survenu lors d’une action de chasse : la possibilité du retrait immédiat du permis de chasser, l’interdiction de détenir ou d’acquérir une arme, des dédommagements et intérêts conséquents et des peines d’emprisonnement strictes et fermes.

Rappelons qu’un homicide involontaire commis par un conducteur est puni jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Ces peines peuvent être alourdies en cas de circonstances aggravantes.

Cependant, l’auteur d’un homicide involontaire d’un autre genre, dont les chasseurs, peut être sanctionné jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

Dans certains cas, le tribunal peut prononcer une ou plusieurs peines complémentaires, comme l’interdiction de porter une arme soumise à autorisation pendant 5 ans au plus, la confiscation d’armes ou le retrait temporaire du permis de chasser.

Quelques questions se posent. En quoi est-ce moins condamnable d’abattre quelqu’un dans son jardin que de le tuer sur la route ? Comment se fait-il que le permis de chasser ne soit pas retiré à vie à l’auteur d’un homicide involontaire ? Ces lois traduisent encore une fois la banalisation de la mort par arme à feu, une banalisation inacceptable dans notre pays, au 21ème siècle.

V- Libération de la parole et reconnaissance des victimes de la chasse par l’État

Il est primordial et nécessaire de laisser un espace d’expression aux victimes et/ou proches des victimes des chasseurs. Tous les parents, les enfants, conjoints et amis des victimes mortelles de la chasse sont aussi des victimes collatérales qui doivent continuer à vivre avec le traumatisme d’une mort violente et injuste, à laquelle ils ont parfois assisté.

Nous demandons une reconnaissance officielle et publique des victimes de la chasse par l’État ainsi que la mise en place systématique d’un soutien psychologique et financier. »

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Enfin ! La chasse à la glu est déclarée illégale en France

Le Conseil d’État a rendu lundi 28 juin 2021 une décision qui était très attendue. La chasse à glu est enfin reconnue comme illégale, conformément au jugement du 17 mars de la Cour de justice de l’Union européenne ayant donné raison à One Voice et la Ligue française pour la protection des oiseaux (LPO) qui mènent un combat de longue haleine à ce sujet.

C’était une barbarie d’un autre temps, qui n’était plus pratiqué qu’en France… Rappelons que cela consiste en le fait de piéger des oiseaux sur des branches au moyen d’une colle. C’est aussi abject que lâche, et enfin la société française reconnaît officiellement qu’une telle chasse est inadmissible.

Voici une vidéo de la LPO documentant cette pratique qui appartient maintenant au passé (à condition que la légalité soit reconnue en pratique, ce qu’il faudra surveiller bien entendu) :

Et comme le rappel très bien One Voice dans sa communication, il s’agit maintenant de continuer la bataille pour les animaux, car il y a encore énormément à faire :

« La chasse à la glu, c’est T-E-R-M-I-N-É ! On continue le combat contre les autres chasses traditionnelles: quatre ans que nous attaquons systématiquement les arrêtés devant le @Conseil_Etat. Pour les oiseaux, nous irons jusqu’au bout. #LaChasseUnProblèmeMortel »

Voici enfin le communiqué de la LPO du lundi 28 juin 2021 :

« C’est la fin de la chasse à la glu !

Le Conseil d’Etat vient de donner raison à la LPO et d’annuler les derniers arrêtés ministériels autorisant le piégeage à la glu d’oiseaux sauvages en France. 

Le 29 novembre 2019, pour la première fois depuis des années, le Conseil d’Etat ne déboutait pas la LPO de son recours sur la légalité du piégeage des oiseaux à la glu (1) et décidait d’interroger la Cour de Justice de l’Union Européenne. Le 17 mars 2021, cette dernière confirmait l’illégalité de cette pratique au regard de la Directive européenne de protection des oiseaux. Comment aurait-il pu en être autrement puisque l’Espagne et Malte avaient déjà été condamnées pour les mêmes pratiques ?

Par un jugement rendu ce 28 juin 2021, le Conseil d’Etat vient donc d’annuler les derniers arrêtés ministériels accordés pour les saisons 2018-2019 et 2019-2021 et confirme ainsi que la chasse à la glu est illégale.

Des procédures juridiques longues et fastidieuses.

La LPO a mené la bataille pendant plus de 5 ans avant de finir par gagner : cette pratique odieuse et non sélective dont furent victimes des milliers d’oiseaux chaque année (quelques 40 000 oiseaux), et qui laisse libre cours à tous les trafics (2) est définitivement abolie. Plus aucun gouvernement français ne pourra désormais utiliser le levier des dérogations pour contourner la Directive européenne de protection des oiseaux. Déjà, pour la saison 2020-2021, le Président de la République lui-même avait suspendu la signature dans l’attente du jugement du Conseil d’Etat. 

Pour la Cour de Justice de l’Europe comme pour le Conseil d’Etat, plus haute juridiction française, le piégeage à la glu ne respecte pas la Directive Européenne pour les Oiseaux parce qu’il n’est pas sélectif (des oiseaux protégés se font également capturer), et parce qu’il existe d’autres solutions pour imiter le chant des oiseaux utilisés comme appelants. La CJUE va même plus loin en reconnaissant pour la première fois la nécessité de respecter la sensibilité animale. Ces attendus confirment que d’autres piégeages dits traditionnels sont de fait tout aussi illégaux : dans le Sud-Ouest on continue de piéger des oiseaux avec des filets et des matoles (cages métalliques) ; dans le Massif Central on les écrase avec des pierres plates ; dans les Ardennes on les étrangle avec des collets et on leur tire la queue pour les faire appeler… Dans tous les cas ces modes de piégeage ne sont pas sélectifs, et les alternatives existent. 

La LPO a obtenu cette victoire contre l’Etat français qui a toujours défendu ces pratiques. Elle exige désormais de sa part :

* l’abrogation de l’arrêté cadre du 17/8/1989(3)sur l’emploi des gluaux; 

* l’inscription de l’interdiction de la chasse à la glu dans la loi

* la libération des centaines d’oiseaux capturés illégalement et encore détenus aujourd’hui dans la perspective de les utiliser comme d’appelants ;

* la destruction des huttes de chasses construites bien souvent illégalement sur le domaine public de l’ONF et des collectivités ;

* l’interdiction de la commercialisation et de l’utilisation de la glu comme méthode de destruction des animaux, y compris pour les insectes et les rongeurs compte tenu de l’absence de sélectivité et des souffrances ainsi infligées(4)

Allain Bougrain Dubourg en appelle désormais à la responsabilité du gouvernement français :

« A la veille d’accueillir le Congrès Mondial de l’UICN en septembre à Marseille, la France, qui se veut exemplaire en matière de biodiversité, serait cohérente en mettant un terme définitif à ces piégeages d’un autre temps qui conjuguent la capture d’espèces parfois protégées et la maltraitance de la faune sauvage. »

(1) Le piégeage à la glu consiste à encoller des baguettes pour attraper des oiseaux censés rester vivants, afin de s’en servir comme appelants. Après être restés des semaines dans le noir, les oiseaux placés dans des cages accrochées aux arbres se mettent à chanter à la lumière, attirant ainsi leurs congénères qui sont tirés à bout portant. Tous les oiseaux, protégés ou non, se font ainsi piéger : ils se débattent dans la glu, avant d’être détachés par aspersion de diluants type essence F4. A l’aide de caméras, la LPO a pu prouver que non seulement cette pratique n’est pas sélective, mais que de nombreux oiseaux, y compris protégés, sont blessés voire tués pendant ces manipulations voir la vidéo ICI.

(2) Toutes ces pratiques qui perdurent sous prétexte de « traditions » permettent la vente libre des pièges et masquent de nombreux actes de braconnages et trafics de petits oiseaux tantôt pour la bouche (brochettes de pinsons et autre rouge-gorge) tantôt pour le chant (chardonnerets et autres linottes mélodieuses).

(3) L’arrêté du 17 août 1989 est celui par lequel la France a dérogé illégalement à la Directive européenne de protection des oiseaux en autorisant l’emploi des gluaux pour la capture des grives draines, litornes, mauvis et musiciennes et des merles noirs, destinés à servir d’appelants à des fins personnelles, dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse et dans les conditions strictement contrôlées définies ci-après afin de permettre la capture sélective et en petites quantités de ces oiseaux, puisqu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante.

(4) La LPO a reçu de nombreux témoignages y compris photographiques d’oiseaux insectivores comme les mésanges victimes de pièges à insectes utilisant de la glu. »

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Pétition: « Justice pour Hercule! »

C’est un exemple encore d’injustice meurtrière à l’égard de la Nature, avec qui plus est la procureure de Melun qui récuse toute réouverture d’enquête en donnant comme raison qu’il s’agit d’un animal sauvage qui a été tué. Un choix résolument politique de sa part qui en dit long. La pétition que voici a déjà récolté 116 000 signatures.

« Justice pour Hercule !

Auteur(s) : Baptiste Dogliani Suivre cet auteur Destinataire(s) : Emmanuel Macron (Président de la République) Gérald Darmanin (Ministre de l’Intérieur) Eric Dupond-Moretti (garde des Sceaux, Ministre de la Justice )

Hercule, un sanglier âgé de 10 mois, qui avait été domestiqué en Seine-et-Marne, a été lâchement abattu à bout portant par un groupe de chasseurs en 2019.

L’animal est allé à la rencontre de ce groupe de chasseurs, sans aucune agressivité et demandait de l’affection. Sur la vidéo filmée par l’un des chasseurs et postée sur le compte Twitter d’Hugo Clément dans le cadre de son émission « Sur le Front », on voit que l’animal cherchait simplement de l’attention de la part de ces personnes, mais au bout de quelques secondes nous pouvons voir un des chasseurs tirer à bout portant sur l’animal qui tombe aussitôt à terre. Pendant que certains chasseurs protestent contre l’acte.

Cet animal ne demandait rien, mis à part un peu d’affection !

La vidéo est choquante, mais vous pouvez la visionner ici si vous le souhaitez : https://twitter.com/hugoclement/status/1364476000705409024

Alain Martin est propriétaire du domaine de Monceau, à Liverby-en-Brie, situé en Seine-et-Marne, il est aussi le propriétaire d’Hercule. La volonté d’Alain Martin est de constituer un véritable sanctuaire pour les animaux, mais il est victime de nombreux « actes de braconnage à répétition » par des chasseurs et braconniers. Il a déposé plainte à la gendarmerie.

Berangere Abba, secrétaire d’Etat à la biodiversité, et Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, demandent à l’Office français de la biodiversité de lancer dans l’immédiat une enquête, rapporte-t-elle sur son compte Twitter.

Les images de l’abattage d’Hercule m’ont profondément choqué ! Il faut que justice soit faite, pour l’animale, pour son propriétaire, pour la cause animale. Je ressens en effet beaucoup d’émotions en visionnant cette vidéo et le discours d’ A. Martin.

On ne peut plus cautionner de tels actes de cruauté ! Il faut qu’il y ait des poursuites, pour que ces agissements ne restent pas en toute impunité. Pendant combien de temps notre pays tolérera de telles pratiques ? Hercule ne méritait en aucun cas d’être abattu ainsi ! Et aucun animal ne le mérite !

Dans la vidéo, A. Martin décrit avec émotions son ancien animal de compagnie et souhaite que « le meurtrier d’Hercule soit condamné afin que ce genre d’incident ne se produise plus », et justice doit être faite. Soutenons-le dans ce combat !
Pour Hercule,

Merci à tous, ensemble faisons avancer la cause des animaux ! »

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Chasse à courre: un cerf traqué jusque dans une gare

Voici le communiqué d’AVA suite à cet énième incident concernant la chasse à courre, où un cerf traqué s’est réfugié… sur les voies de la gare de Chantilly dans l’Oise, interrompant le trafic pendant plusieurs heures. Ce genre de scène n’a rien de nouveau, mais la différence est que maintenant, grâce au travail d’AVA, la population a la parole et lors de tels événement, la juste colère populaire contre de la chasse a courre a un écho.

 » 🏰📯 CHASSE À COURRE : TRAQUÉ JUSQUE DANS LA GARE 🚈🦌⚠

Mardi 12 janvier. Comme chaque année, le Rallye Trois Forêts a de nouveau poussé un cerf jusqu’en centre ville. Cette fois, c’est sur les voies de la gare de Chantilly que l’animal épuisé s’est réfugié, encerclé par les chiens.

🦌 Il est 16 h quand les Cantiliens assistent à cette scène épouvantable. Par une chance incroyable, la traversée du cerf, des chiens et des valets leur courant après n’a pas causé d’accident. 20 minutes plus tôt, les premiers signalements nous arrivaient déjà car la chasse se rapprochait dangereusement de l’hippodrome, ce qui n’a pas arrêté l’équipage.

🕑 Le trafic SNCF, lui, s’est retrouvé perturbé pendant deux heures : des dizaines de trains ont été supprimés ou retardés sur les axes Paris-Creil, Paris-Amiens et Paris-Saint-Quentin, et les quais de la Gare du Nord se sont retrouvés bondés à une heure de grande affluence, en pleine crise sanitaire.

🚒🚓 Pendant ce temps, les pompiers, les gendarmes, le poste à cheval, les policiers municipaux, l’OFB et un vétérinaire ont été mobilisés pour encadrer l’intervention. Il s’agissait d’endormir l’animal pour le déplacer en forêt. Dès la première fléchette hypodermique, le cerf s’est enfui en direction de la forêt par les voies ferrées.

🏛 La maire de Chantilly, qui s’est rendue sur place, n’a pas trouvé les mots pour qualifier les évènements, qui sont pourtant réguliers dans la région. Il y a quelques années, un cerf s’était d’ailleurs déjà retrouvé dans la gare de Chantilly, dans les mêmes conditions. Elle souligne, dans un communiqué, le danger et les perturbations générés par cet incident et annonce vouloir prendre les décisions utiles pour éviter que cela ne se reproduise. Nous restons à son entière disposition pour mettre en place un arrêté municipal strict comme celui pris à Pont-Sainte-Maxence, dans l’attente d’un moratoire sur la chasse à courre au niveau du département. Dans le même temps, il nous paraît primordial d’organiser enfin la réunion publique promise en 2019 suite à un précédent incident.

🚈 Du côté de la SNCF et du responsable des transports à la région, ces perturbations, ces traversées de voie et la mise en danger des personnes pourraient donner lieu à une plainte. Nous espérons qu’elle aboutira, car les précédents avertissements, comme dans l’Aisne où les veneurs chassent régulièrement sur les voies, n’ont rien changé.

🏰 Enfin, les chasseurs à courre, eux, retiendront de cette histoire que ce fût une belle chasse et que les chiens ont bien chassé, puisqu’ils ont réussi à forcer leur proie jusqu’à l’épuisement total. Ils se félicitent d’avoir eu la bonté de « gracier » l’animal puis minimisent la situation en s’excusant d’avoir provoqué de simples « retards de train », décidément incapables de la moindre introspection malgré l’évidence. Certains dénoncent même l’urbanisation, ce fléau qui a créé cette gare… il y a plus de 160 ans. D’autres revendiquent l’héritage du Duc d’Aumale, eux qui sont figés dans cet Ancien Monde pourtant déjà exposé dans les musées depuis bien longtemps.N’oublions pas que ce cerf aurait été abattu si cette même scène s’était déroulée en forêt, et que c’est parce-qu’il s’est réfugié là où la barbarie n’est plus tolérée qu’il a trouvé son salut.

🚫 Cette chasse dangereuse et cruelle doit cesser, et vite ! Abolissons la Vénerie Aujourd’hui !

🙅‍♀️🙅‍♂️🙅📩 Rejoignez-nous tous les mardis et samedis en forêt pour documenter ces scènes ! »

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Société

Accidents de chasse: il faut faire le procès de la chasse elle-même

Mardi 1er décembre avait lieu un procès important en Haute-Savoie, à l’issue duquel un chasseur a été condamné pour l’homicide involontaire d’un vététiste en 2018. Rien n’a changé depuis ce terrible accident et, terrible coïncidence, dès le lendemain mercredi 2 décembre, c’est à nouveau un jeune homme qui a été tué par un chasseur dans le Lot, alors qu’il coupait du bois à côté de chez lui.

Cinq personnes comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains mardi 1er décembre suite à la mort de Mark Sutton, un Britannique de 34 ans qui se promenait à VTT sur la commune de Montriond.

L’auteur du tir, qui a 24 ans cette année, était poursuivi pour homicide involontaire par imprudence et a écopé d’un an de prison ferme (ainsi que trois ans avec sursis). La peine est accompagnée d’une interdiction de chasser pendant dix ans et de détenir une arme pendant cinq ans.

À ses côtés, deux jeunes chasseurs ainsi que le père de l’un d’entre eux et sa compagne ont été reconnus coupables d’avoir maquillé la vérité sur l’homicide et ont écopé de peines allant de 6 mois à 18 mois de prison… avec sursis, avec interdiction de chasser et de détenir une arme pendant cette période.

Les heures du procès ont établi que, ce jour d’octobre 2018, l’auteur du tir et ses compagnons de chasses avaient manqué gravement à leurs obligations de sécurité, alors que le cycliste tué a été décrit comme « parfaitement identifiable » sur un chemin fréquenté, pentu et difficile d’accès.

Le coup de feu d’abord, était illégal puisqu’il était oblique, c’est-à-dire non dirigé vers le sol comme ce doit être le cas en théorie. Mais c’est la partie de chasse elle-même qui a été décrite comme « désorganisée », ainsi que le rapporte la rédaction locale de France 3 :

« La battue se serait déroulée sans responsable identifié, sans secteur de chasse établi, sans carnet de battue prérempli et à moins de 150 mètres des habitations. La jeunesse des chasseurs a aussi été invoquée. »

Pourtant, le plus âgé des chasseurs a expliqué que selon lui, « cela s’est toujours passé comme ça » à propos des règles de sécurité. Avec toute sa condescendance bourgeoise, le président du tribunal s’est alors permis de manière odieuse de répondre en le traitant « d’abruti », puis la Fédération des chasseurs de Haute-Savoie, partie civile, est intervenue via son avocat pour se défausser entièrement en pointant des « erreurs absolues ».

En clair, il s’agit de protéger la chasse et c’est ce qui s’est passé au procès du mardi 1er décembre à Thonon-les-Bains. Ce sont  officiellement quelques chasseurs, considérés simplement comme fautifs individuellement, qui ont été condamnés en dehors de toute mise en perspective sociétale à propos de la chasse et de la façon dont elle est pratiquée dans notre pays.

Les propos du tireur plaidant sa bonne foi posent pourtant la question de l’existence de la chasse en général :

« Il n’y avait pas vraiment de poste défini. Je me suis posté, j’ai tiré et j’ai raté un chevreuil. Quinze minutes après, j’ai entendu un autre chien et j’ai vu un sanglier sortir. Je l’ai suivi dans la croix de ma lunette, il n’y avait aucune erreur possible ».

Comment se fait-il que d’aussi jeunes gens puissent se balader avec autant de légèreté dans la nature avec des armes aussi puissantes ? Il est bien trop facile ici de résumer l’homicide de Mark Sutton à seulement des manquements individuels, de la part de gens menés par un « abruti » selon les mots du juge.

Ce même juge qui d’ailleurs a été bien moins sévère que le procureur, qui avait requis cinq ans de prison dont deux ferme pour le principal accusé. C’est qu’il fallait protéger la chasse en général, tout en résumant le drame à un acte isolé.

Steve Downs, un ami du cycliste tué, a fondé l’Union des victimes de la chasse et a très bien saisi tout l’enjeu de cette affaire, qui n’est pas seulement le produit d’un manquement individuel, mais bien liée à la pratique de la chasse en général. Voici ce qu’il explique avec une très grande justesse :

« Ce cas a mis en lumière le côté toxique de la culture des chasseurs ainsi que le fait qu’ils mettent en danger chaque jour des vies pendant la saison de la chasse. Les chasseurs ont montré une indifférence totale au regard de la sécurité des autres.

 1.  Ils avaient bu de l’alcool au déjeuner avant d’aller chasser, armés dans un endroit public. Un des groupes a reconnu avoir bu une bouteille de vin , 2 bières et avoir fumé du cannabis.

Pourquoi n’existe-t-il pas une loi contre la consommation d’alcool pendant la chasse ? Comme boire et conduire ?

Il est autorisé pour les chasseurs de boire pendant la chasse, et cette tradition doit être remise en question.

 2. Ce groupe de chasseurs n’avait pas mis de panneau avertissant une  “chasse en cours” donc personne ne pouvait savoir qu’il circulait dans une zone de tirs.

 3. Ils n’avaient pas rempli le carnet de battue et ont donc ignoré la sécurité des marcheurs, des cyclistes et des habitants proches de la zone de tirs.

 Ce sont les fédérations et le gouvernement qui autorisent cette culture dangereuse à  perdurer, en oubliant de revoir les règles de sécurité et les lois après chaque mort ou chaque accident.

Il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites aujourd’hui pour essayer de s’assurer que cela ne se reproduise jamais .

 1. Rendre chaque membre responsable en cas d’accident, pendant une session de chasse, ce qui encouragerait à contrôler le comportement de chacun.

 2. Punir la consommation d’alcool pendant la chasse et en faire une infraction pénale.

 3. Changer progressivement  les règles du permis de chasse  , en fonction de l’âge et de l’expérience.

Ne plus avoir autant de jeunes chasseurs portant des armes très puissantes si près des habitations après avoir bu, ce qui a été la cause de cette tragédie.

 4. Revoir entièrement l’utilisation du carnet de battue et la façon dont les associations locales contrôlent chaque chasse, afin que l’évaluation des risques soit bien gérée et vérifiée à chaque fois.

 La mort de Mark à fait prendre conscience à notre communauté de l’attitude dangereuse des chasseurs. Beaucoup  de gens vivent dans la peur pendant la saison de la chasse, et ne peuvent pas profiter de la campagne près de chez eux puisqu’ils courent le risque d’être victime d’une balle perdue la plupart des jours de la semaine et tout les weekend.

De nombreuses personnes à travers la France nous ont contactés pour nous signaler de dangereux comportements de chasseurs, ou ont été victimes d’un incident eux-mêmes.

Nous demandons à chacun d’entre eux de raconter leur histoire pour l’ajouter au site internet de notre campagne www.victimeschasse.fr pour que nous puissions montrer la multiplication de ce fléau et comment il impacte les gens à travers la campagne chaque année.

Rien ne pourra ramener Mark et tout ce que nous pouvons faire maintenant est d’essayer de protéger les autres et de faire en sorte que cela ne se reproduise jamais, en sa mémoire. . 

Nous n’essayons pas d’arrêter la chasse , nous essayons d’éviter les morts. »

Mercredi 2 décembre, c’est donc un nouvel accident qui a donné, malheureusement, raison au fondateur de l’Union des victimes de la chasse, avec la mort d’un jeune homme victime d’une balle perdue, alors qu’il coupait du bois à proximité de son habitation sur la commune de Calvignac dans le Lot.

L’auteur du tir a été interpellé pour homicide involontaire et un nouveau procès se tiendra forcément, avec la même individualisation sans mise en perspective sociétale, avec la même focalisation mensongère, malhonnête, sur un particulier, sans considération du contexte général. Pourtant, c’est bien le procès de la chasse en général qu’il faut faire, car les accidents sont nombreux et réguliers.

C’est là une question démocratique très importante en ce qui concerne la vie quotidienne dans les campagnes en France et ce doit être une préoccupation de la Gauche.

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Écologie

Lutte Ouvrière prend position de ne pas prendre position sur la chasse

Lutte Ouvrière fait un exposé sur la chasse, mais repousse le problème à après la révolution.

Dans son organe théorique Lutte de classe, du mois de novembre 2020, Lutte Ouvrière aborde une question très importante, celle de la chasse. L’article, très documenté, est intitulé « La chasse, son business, les chasseurs et leur défense de la nature ». Il fournit de nombreuses informations intéressantes sur la chasse depuis 1789 et donc il vaut le détour.

Il est par contre incompréhensible dans son positionnement. On a en effet ici un exemple de contorsion typique de la Gauche rejetant la vie quotidienne. Le ton est toujours le même : il y a de la vérité de part et d’autre, tout est mal fait, ce n’est qu’après la révolution que etc.

Cela n’a évidemment aucun sens, comme le révèle ce court extrait, qui est trompeur car le document de Lutte Ouvrière est le fruit d’un vrai travail, mais enfin il faut quand même une vision du monde. On lit ainsi :

« Concernant la chasse, la question n’est pas d’en être partisan ou adversaire, de même qu’il est stupide de se positionner, comme le font les porte-parole de l’écologie politique, en défenseurs de la nature en l’opposant aux activités humaines.

Comme l’écrivait Engels, « nous ne régnons nullement sur la nature comme un conquérant règne sur un peuple étranger ».

Et il ajoutait, en citant plusieurs exemples des conséquences désastreuses du mode de production capitaliste sur l’environnement : « Ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature, elle se venge sur nous de chacune d’elles. » (Dialectique de la nature, 1883). »

Intellectuellement, déjà, il est absurde pour des trotskistes de citer la « Dialectique de la nature », œuvre dont le concept élémentaire est à la base de l’approche du marxisme propre à l’URSS de Staline dans son interprétation de Lénine. Mais surtout la citation semble dire le contraire de ce que dit Lutte Ouvrière, car plutôt que de considérer que la chasse n’a pas d’impact sur la nature si forte, on peut très bien en déduire à l’inverse que la chasse est une prétention humaine qui va très mal terminer.

D’ailleurs, en cette période de pandémie, il est fort regrettable de ne pas aborder cette question des animaux sauvages pour chassés, sans parler des questions sautant aux yeux de l’humanité actuelle, mais apparemment pas de Lutte Ouvrière : la question de la valeur en soi de la vie sauvage, des forêts, etc.

De toutes manières, au-delà même de toutes ces questions, il y a celle de la dénonciation des beaufs, en bref de la vie quotidienne, et cela Lutte Ouvrière n’en veut pas. Pour elle, toute réponse est faussée car le capitalisme contamine tout. Il faudrait donc analyser les choses de manière neutre et se tourner vers la seule question, celle de la révolution.

Mais qu’est-ce que la révolution si ce n’est le fruit des contradictions d’une société ? Et comment peut-on être de Gauche sans considérer que le refus de la chasse est justement le produit d’une contradiction entre le passé et l’avenir ?

Lutte Ouvrière refuse d’être partisan, au nom d’une position « objective » qui n’existe pas, qui est une négation de l’existence de la société, des Français, de l’existence de ceux-ci dans leur rapport à la réalité, notamment naturelle. Exister, c’est forcément être partisan, parce que le moindre acte s’inscrit dans des rapports, positifs ou destructeurs. En refusant de prendre partie Lutte Ouvrière s’exonère d’une analyse des rapports dans la vie quotidienne… C’est une grossière erreur.

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Écologie

30 millions d’amis: sauvetage de chiens de chasse

Lundi 9 novembre, la fondation 30 millions d’amis a publié une vidéo émouvante au sujet de sept chiens de chasse qu’elle a recueilli dans l’un de ses refuges. Ces chiens sont arrivés dans un état misérable, témoin du mépris que leur portaient leurs anciens maîtres.

Les images du premier chien descendant du camion montrent à quel point ces animaux n’étaient considérés que comme de vulgaires outils pour les chasseurs : perte de poil massive (vermine), rougeurs, pus autour des yeux, maigreur, puces, inflammations aux oreilles… Ils ont littéralement la peau sur les os ! Un des chiens ne pèsent que 27 kilogrammes alors qu’il devrait en peser entre 35 et 40.

chien, peau abîmée

Ces chiens vivaient dans des conditions déplorables : pas d’abris pour les protéger du vent, de la pluie et du soleil, sur de tout petit terrains… Malheureusement, de telles conditions de vie réduisent sensiblement leur espérance de vie : aucun ne peut vivre longtemps sans d’abris, sans soins vétérinaires, et sans nourriture suffisante. Mais l’enfer c’est arrêté à temps pour ceux-là.

« Il n’y a aucun entretien de chien. On leur donne juste de quoi survivre et c’est tout »

Et pourtant, les personnes de 30 millions d’amis constatent tout de suite :

« Ce sont des chiens qui n’ont aucune rancune envers l’Homme, c’est ça qui est terrible. C’est l’Homme qui les fait devenir comme ça, mais ils n’ont aucune rancune. »

Terrible et en même temps cette attitude montre encore une fois à quel point l’humanité est corrompue moralement. L’humanité est capable de se déchiqueter à coups de sabre, de fusils et de bombes parce que l’Autre a le malheur d’être né du mauvais côté d’une frontière, tandis que ces chiens ne cherchent qu’à vivre une vie heureuse et donner leur confiance.

Malgré la peur qu’ils doivent ressentir face à ce changement de décor, l’arrivée de nouvelles personnes, ils se laissent caresser et emmener vers l’infirmerie puis leur nouveau box sans aucun problème. L’équipe arrive à leur faire un shampoing afin de traiter une peau abîmée et leur offrir l’amour qu’ils n’ont probablement pas ou très peu connu.

chien jouant

L’un des chiens avait la peau tellement fragile que lui passer un shampoing l’a fait saigner, très légèrement certes mais il faut essayer de s’imaginer l’état de sa peau pour en arriver là. Dans le même ordre d’idée, le personnel du refuge ne leur donne pas des doses de nourriture complète d’un coup pour éviter qu’ils ne mangent trop d’un coup et que cela leur cause des soucis de santé… Une première ration à leur arrivée, une autre plus tard dans la journée, ceci afin que leur corps s’habitue au changement à recevoir suffisamment de nourriture. Ils peuvent commencer à vivre une vie de chien épanouie, et plus seulement essayer de survivre entre deux périodes de chasse.

Bien entendu, les chasseurs ont vite réagi dans les commentaire de la vidéo pour expliquer que tous les chasseurs ne sont pas comme ça, qu’il s’agit d’une minorité, qu’eux aiment leurs chiens, etc. Ils les aiment tellement que les histoires de chiens maltraités sont loin d’être exceptionnelles. Et ils les aiment tellement qu’ils préfèrent prendre la défense de la chasse plutôt que de se montrer ferme envers ceux qui les maltraitent.

Mais qu’attendre de ces gens pratiquant un loisir barbare ? Il est grand temps que l’ancien monde disparaisse. Que les chasseurs qui ne sont pas capables d’une prise de conscience disparaissent avec. À la Gauche d’être à la hauteur en ce XXIe siècle !

chien en train de manger

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Politique

Une de Valeurs Actuelles sur la chasse: les Donald Trump à la française

La chasse est de plus en plus remise en cause et le magazine Valeurs Actuelles tente de mobiliser en sa faveur sur un mode populiste, afin de galvaniser la Droite.

Valeurs Actuelles, c’est la Droite qui se prétend relever d’un héritage, d’une tradition française, alors qu’en fait ce sont surtout des beaufs aisés, dont le credo est « ne m’emmerdez pas ». Ce sont nos Donald Trump à nous et ils se lâchent de plus en plus ; le polémiste Éric Zemmour relève de cette sphère à la fois inculte, provocatrice et arrogante. D’ailleurs il est cité par « VA » à propos de la chasse dans ce numéro.

Tous ces gens se donnent une image de traditionaliste, mais ils relèvent en fait du beauf dans son SUV qui fonce à toute allure sur les routes et vient se coller à une voiture qui a le malheur de doubler, en pestant et exigeant que celle-ci se rabatte immédiatement pour le laisser passer !

Il n’y a qu’à lire régulièrement Valeurs Actuelles pour s’en rendre compte : c’est très bien fait, très lisse, très propre, mais ce n’est même plus conservateur, tout est tellement pourri par le libéralisme que ce n’est même plus possible. C’est la bourgeoisie décrite par Balzac en encore plus décadente, relativiste, opportuniste… beauf. D’ailleurs, le niveau de Valeurs Actuelles, intellectuellement, culturellement, est terriblement faible. Il n’y a rien du raffinement à la Française, de la littérature française, de la gastronomie française, de la mode française, etc.

Tout n’est que caricature, paraître, et grossièreté… et surtout propriété. Or, il faut savoir mobiliser le peuple pour défendre la propriété et cela ne peut être fait que sur une base beauf. Aussi, pour son numéro du 1er au 7 octobre 2020, le magazine titre « arrêtez d’emmerder les chasseurs » et propose un dossier à ce sujet.

Le titre est bien trouvé, car naturellement « chasseurs » pourrait être remplacé par fumeurs, automobilistes, pollueurs, machos, etc. Dans le prolongement de cette approche, la Jeanne d’Arc en couverture est une égérie Instagram utilisée massivement par les chasseurs ces derniers temps. C’est un excellent exemple de populisme à la Trump et cela en dit long que des « traditionalistes » utilisent ce genre de personnage vide et totalement surfait, typique de la « modernité » capitaliste.

Aussi ne faut-il pas s’étonner que le dossier en question soit vide, sans aucune analyse de fond, avec seulement des diatribes et la tentative de parvenir à vendre du rêve au « petit homme » à qui on donne l’espoir d’un jour, lui aussi, faire comme les beaufs riches. Willy Schraen, président de la Fédération des chasseurs, résume cela ainsi :

« Pour beaucoup de gens, rouges dedans et verts dehors, la chasse à courre, c’est la chasse des rois. Sauf que, depuis le 4 août 1789, le Français lambda a le droit de la pratiquer. »

Plus fort que le rêve américain, le rêve français : toi aussi tu peux devenir riche et pratiquer la chasse à courre à cheval ! Voilà le sens de la République bourgeoise ! Cette rhétorique « 1789 » traverse l’esprit du dossier : avec la Révolution française, la chasse se serait démocratisée, elle ne serait plus l’apanage des aristocrates, désormais tout est possible, pour tout le monde ! Liberté, propriété, chasse en gilet !

C’est une manière de gommer, en ce qui concerne la chasse à courre, qu’elle est en fait très prisée au XIXe siècle par toute une frange de la bourgeoisie française s’imaginant une filiation aristocratique. En 1854, dans le Sport à Paris, une sorte d’annuaire mondain qui a préfiguré l’arrivée du sport moderne en France, on peut par exemple lire toute un éloge de la chasse à courre, très prisée alors des bourgeois parisiens les plus modernes.

Et c’est une manière de faire un contre-feu au désintérêt croissant pour la chasse, voire un mépris. Car les choses apparaissent clairement : la chasse ne relevait pas de la démocratie, du peuple dans ce qu’il est civilisé, mais de mœurs arriérées d’une société arriérée. Or, nous sommes désormais au 21e siècle. La société évolue, le raffinement prend toujours plus de place, l’exigence culturelle populaire se fait chaque jour plus grande et comme le peuple aime les animaux, alors ceux-ci sont forcément intégrés à l’évolution de la société toute entière.

Valeurs Actuelles se place à rebours de cette direction et en ce sens elle tente de renforcer la Droite… À nous de renforcer la Gauche, en assumant de se tourner comme il faut vers les animaux.

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Écologie

Communiqués d’AVA suite à l’arrêté de la Préfecture de l’Oise

AVA Compiègne a publié deux communiqués dans la journée du 26 septembre, que voici :

« CHASSE A COURRE : LA RÉSISTANCE CONTINUE 🏡✊

Malgré l’arrêté révoltant de la Préfecture, autorisant la Gendarmerie à disperser par la force toute opposition à la chasse à courre chez nous, jamais les habitants désireux de sortir veiller sur la faune sauvage n’ont été si nombreux ! Et comme d’habitude, dans le calme et sans provocation.
🦌 Aujourd’hui aucun cerf n’a fait les frais de cette pratique barbare en forêt de Compiègne ! Bravo à tous ! 👏

📅 A mercredi pour la suite ! »

« 🚫 L’ETAT EMPLOIE LA FORCE POUR PROTÉGER LA CHASSE A COURRE ! 🚨

🦌 Une semaine après le scandale national provoqué par une chasse à courre en pleine ville, l’État annonce sa position : toute manifestation d’opposition est interdite par la Préfecture de l’Oise pendant toute la saison de chasse !
Face à l’émoi et le rejet unanime de la population devant cette pratique, ce n’est pas la chasse à courre, responsable de nombreux troubles à la sécurité publique (reconnus comme tels par la Justice), accidents et invasions de propriété privée qui est jugulée, mais bien la population locale opposée à cette barbarie.
👮 🚔 Désormais, suite à un arrêté publié le 25 septembre, les forces de Gendarmerie et de Police seront déployées en forêt « pour décider de l’emploi de la force après sommations » afin de « disperser tout attroupement qui se constituerait dans les forêts de Compiègne, Ourscamp-Carlepont, Halatte, Laigue, Chantilly et Ermenonville les mercredis et samedis de 6h à 20h durant la saison de chasse ».

« L’usage de la force par les représentants de la force publique comporte l’usage des armes ».

Le présent arrêté préfectoral, en plus de se fonder sur des mensonges répugnants, accusant notre collectif de violences que nous avons au contraire toujours subies et documentées sans répondre (« s’en prennent physiquement aux chiens et aux chasseurs »), ou d’« obstructions à la chasse » jamais caractérisées, est d’un arbitraire absolu, les définitions d’attroupement et de trouble n’étant pas clairement prédéfinies.

Alors que la chasse à courre est au plus mal, rejetée par tous après un Nième scandale, l’État prend la décision politique d’écraser l’opposition pacifique portée par les habitants qui subissent cette pratique. Plutôt que de toucher à la source du problème, les institutions rognent toujours plus sur les possibilités d’exprimer le mécontentement, la désapprobation, la critique.

Il s’agit ici clairement de protéger des intérêts particuliers aux dépens de l’intérêt général. Cette position est une injure directe aux habitants du lotissement compiégnois qui se sont « attroupés » samedi dernier pour sauver un animal traqué. C’est une injure aux 8 français sur 10 qui se prononcent contre la chasse à courre par tous les sondages depuis 10 ans.

⚔🏰 Cette décision révoltante met en lumière encore un peu plus l’aspect anti-démocratique du maintien de cette chasse dans notre pays. Elle intervient alors que l’équipage récidiviste a déjà obtenu la privatisation d’un partie de la forêt de Compiègne par le biais d’un autre arrêté préfectoral.
📣✊ Contre vents et marées, face à tous les coups tordus, AVA a porté avec abnégation la voix de l’opposition à la barbarie. Cette voix doit-elle s’éteindre ? AVA doit-elle cesser d’exister, comme le souhaitent les tenants de la chasse à courre ? Bien sûr que non.

Il appartient à l’opinion publique, à toutes les forces démocratiques, de pointer du doigt la décision de la Préfecture de l’Oise et de dire : cet appel de la Préfète à la mobilisation militarisée contre AVA, cette légalisation de l’emploi des armes contre AVA, cette scandaleuse soumission aux franges les plus jusqu’au-boutistes des obscurantistes prônant et pratiquant la chasse à courre… tout cela est inacceptable et les institutions doivent reculer !

La décision de la Préfète de l’Oise doit être révoquée, maintenant !
🦌🦊🐰🐗🐶🐴💚 »

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La Préfète de l’Oise exige contre AVA l’emploi de la force, y compris la force armée

La Préfète de l’Oise a décidé qu’il fallait supprimer AVA dans l’Oise. La gendarmerie et les forces de police doivent dissiper tout « attroupement », quitte à employer… les armes. Oui, les armes, pas moins, la Préfète de l’Oise a légitimé l’emploi des armes !

Que dire devant une telle décision ? À part, bien entendu, qu’elle n’a pas été prise par la Préfète en tant que tel, celle-ci n’a forcément fait que relayer une décision au plus haut lieu, au niveau du président lui-même d’ailleurs. Emmanuel Macron n’a en effet cessé d’appuyer les chasseurs, tant avant les élections présidentielles que, bien entendu, après celles-ci.

L’alliance entre Emmanuel Macron et les chasseurs est en fait une convergence, car au fond les intérêts sont les mêmes : la stabilité de la vie quotidienne des Français sur un mode beauf. Il faudrait accepter les traditions portées par les notables, les people ou directement par le marché ; il faudrait se tenir à l’écart de toute critique de la condition animale, de tout engagement démocratique en général impliquant tout son être.

Parce qu’au fond, c’est de cela qu’il s’agit. Soit on est indifférent aux salauds qui empoisonnent les chats, qui traquent les cerfs, qui tirent sur les oiseaux, qui capturent et tuent les pigeons… ou bien on refuse l’indifférence et on décide d’être réellement humain, c’est-à-dire sensible et intelligent.

Il y a deux mondes et chaque jour qui passe, les deux mondes se séparent. La décision de la Préfète de l’Oise relève de l’ancien monde ; aux personnes ayant compris qu’un nouveau monde se lève de se soulever et de faire disparaître l’ancien : il y en a assez des chasseurs, il y en assez de l’écocide, il y en a assez de la Droite et de tous ceux qui convergent avec.

Voici l’arrêté préfectoral :

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Un cerf sauvé de la chasse à courre à Compiègne

C’est un épisode de plus dans la bataille contre la barbarie.

Ce sont toujours des vidéos éprouvantes, même si tout se termine bien, que celles où l’on voit un animal apeuré, épuisé, se faire traquer par des barbares jouant à exercer une domination allant jusqu’à la mise à mort. Celle-ci montre comment à Compiègne, très proche de la forêt, non loin du lycée Jean-Paul II, des habitants d’un lotissement voisin et les courageux activistes d’AVA permettent à un cerf traqué jusqu’à la ville de retourner en forêt.

Naturellement, l’équipe de chasse à courre a prétendu que le cerf aurait été « gracié » parce qu’il était rentré en ville, les institutions sont intervenues pour chercher à le neutraliser, etc. C’est bien entendu de la poudre aux yeux de par des gens qui vivent dans un monde parallèle. Alain Drach, maître d’équipage de l’équipage de la Futaie des amis, ne cache d’ailleurs même pas que :

« Nous l’avons chassé pendant environ 1 h 30. Il a fait tout un parcours, parfois plusieurs fois le même. »

C’est la traque tout à fait assumée, un plaisir malsain ouvertement étalé, comme ici dans Oise hebdo, pressé de lui donner la parole pour qu’il explique, à son habitude, que le cerf ce n’est pas « le papa de Bambi », que les anti-chasse à courre ne connaissent rien à rien, etc. Ces gens d’esprit grand bourgeois sont tellement déconnectés du réel qu’ils suintent le mépris et ne comprennent toujours pas qu’ils récoltent toujours plus de haine.

C’est toute la question de la civilisation qui se pose en effet ici, le rapport à la nature, aux animaux, l’exigence d’une vie en harmonie complète, sans compromis aucun avec la barbarie. L’humanité a vraiment un grand saut à effectuer !

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Le tournant raté de la Gauche à propos de la chasse à la fin des années 1990

Dans les années 1990, les chasseurs ont été secoués par la mise en place de nouvelles directives européennes modifiant leur pratique. En 1997, le gouvernement de la « gauche plurielle » allait se trouver confronter à cet enjeu, ratant le coche d’une résolution démocratique et populaire d’un problème décisif pour le XXIe siècle.

En 1979, l’Union européenne édictait une directive sur la protection des oiseaux sauvages. Pays de paysans, attachés à la chasse « populaire », la France n’a pas véritablement respecté la règle de transposition de cette directive pendant les années 1980. Jusqu’à ce que des associations écologistes mènent des actions juridiques et finissent par faire appliquer la directive, bousculant la pratique de la chasse au gibier d’eau. La date d’ouverture de cette chasse fut par exemple progressivement reculée du 14 juillet au 1er septembre.

Or, on le sait, si la chasse à courre est une pratique élitiste, portée par des grand bourgeois sur un mode aristocratique, la chasse au gibier d’eau est plus largement populaire. Depuis les années 1960, les zones populaires étaient confrontées à une urbanisation croissante et une forte suspicion naissait quant à une perte de ce « droit » face aux privatisations de vastes domaines de chasse par de grandes fortunes… Cela allait fournir une base pour une contestation pro-chasse de la part du PCF.

Dès le départ donc s’entremêlaient des enjeux démocratiques et populaires, si bien qu’autour des fameuses A.C.C.A, les chasseurs de gibier d’eau s’appuyèrent sur l’association nationale des chasseurs de gibier d’eau (ANCGE), présente dans la façade maritime de l’Ouest et du Nord, et sur l’union nationale de défense des chasses traditionnelles françaises (UNDCTF), devenue l’ « union nationale des associations de chasseurs d’oiseaux migrateurs » en 1999, plutôt implantée dans le sud ouest.

À la directive européenne de 1979 s’en ajouta une nouvelle en 1992 à propos de l’ « habitat-faune-flore », s’appuyant notamment sur les réserves Natura 2000 dans lesquelles la chasse est limitée.

Face à ces législations encadrant les activités de la chasse, une partie des chasseurs, principalement des notables ruraux, fondent en 1989 le parti « chasse, pêche, nature et traditions » afin de défendre ce qu’ils nommaient déjà « l’identité des ruraux ». Ce parti n’aura jamais vraiment de bases militantes, étant plutôt un outil de « lobbying » électoral pour la chasse, avec en arrière plan une idéologie réactionnaire sur un mode rural. Il n’en reste pas moins qu’un cap fut franchi dans la contestation pro-chasse.

Le « tournant » se situe en 1997 avec la victoire de la coalition dite de « gauche plurielle » aux élections législatives, rassemblant le PS, PCF, Les Verts, le Mouvement des Citoyens de Jean-Pierre Chevènement et le Parti radical de gauche. C’est la seconde cohabitation avec un gouvernement de gauche et Jacques Chirac, président de la République depuis 1995.

Issue des Verts, Dominique Voynet devient alors la ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Une de ses missions va être de mettre la France en conformité avec les directives européennes de 1979 et 1992, peu respectées au niveau local. En 1996, l’ASPAS et la SNPN (société nationale de protection de la nature) assignaient en justice le président « Comité pour la défense et l’organisation de la chasse à la tourterelle », Georges Riboulet, pour non respect des réglementations en matière de protection de ces oiseaux (pas encore totalement respectée aujourd’hui).

Et c’est à travers ce procès que l’on voit tous les enjeux de la Gauche et de la chasse à cette époque. Si l’un des avocats de Georges Riboulet était Daniel Piquotin, également conseiller régional d’Aquitaine de l’UDF (ancêtre du Modem), le chasseur pouvait également compter sur la défense d’Alain Anziani, président du PS en Gironde. Le Parti socialiste était en effet grand défenseur des chasseurs en Gironde, de part la forte présence des chasseurs à la palombe dans les réseaux de pouvoir. En 1992, le conseil général d’Aquitaine comptait même 10 conseillers CPNT.

Face aux directives européennes, aux mises en justice et à une ministre issue des Verts, la contestation montante des chasseurs devait finir par se manifester au grand jour devant tout le pays. Ce fut le cas le 14 février 1998 où 150 000 chasseurs venus de toute la France par auto-car manifestaient sur les Champs-Élysées à Paris, appuyés par des cors de chasse, des défilés de chiens et des lâchages d’oiseaux.

Dans la manifestation, on retrouvait toutes les associations de chasse, mais aussi des figures de la droite, du Front National ainsi que du PCF. Une partie des bases du PCF étaient acquises à la défense de la chasse dans la perspective de défense de la Révolution française ayant aboli le privilège des « nantis ». Maurice Rocher, responsable PCF Loire-Atlantique de 1963 à 1983, n’était-il pas lui-même un pratiquant de chasse dans sa propriété de Saint-Joachim dans le marais de Brière ?

Point culminant de la contestation : lors des élections européennes de 1999, Jean Saint-Josse, président de CPNT obtenait 1 195 863 voix, soit 6,5 % des suffrages exprimés.

Il n’empêche qu’en mars 2000, la loi portée par Dominique Voynet finit par être votée. Elle instaura notamment le mercredi « jour sans chasse », la protection des oiseaux migrateurs avec la fermeture de leur chasse au 31 janvier et un encadrement hebdomadaire de la chasse en général. Le droit de chasser la nuit, avec de la glu et de pénétrer dans les propriétés privées furent toutefois maintenues. C’est que la Droite avait pu compter lors des débats à l’Assemblée nationale sur le soutien non négligeable des élus du PCF et de la majorité des députés PS du sud-ouest.

Minée par ses renoncements idéologiques, la Gauche n’a pas été en mesure d’assumer une mobilisation démocratique et populaire sur la question de la chasse, des campagnes et des animaux dans les années 1990. Cela a d’ailleurs contribué à marquer la différence entre les « écologistes » et la « gauche », alors même qu’un espace était ouvert, avec une opinion publique favorable à des campagnes tournées vers la nature et les animaux.

Les années 2020 seront les années du dépassement de ces renoncements, avec une recomposition générale de la Gauche sur ses bases historiques en tenant compte de la nature et des animaux comme aspects centraux de la cause du Socialisme.

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Victimes de la chasse: l’Aspas lance un appel à témoignage durant toute la saison

La chasse, en plus d’être cruelle pour les animaux, engendre de nombreux dangers pour les habitants des campagnes ou les promeneurs. L’association environnementaliste Aspas lance pour cette saison de chasse un appel à témoignage, afin de compiler toutes les situations où des personnes sont victimes de la chasse.

Il suffit d’envoyer son récit et ses images, ou bien des articles de presse locale, à : temoignage@aspas-nature.org

Voici la vidéo publié par l’Aspas pour lancer l’appel à témoignage :

 

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Communiqué de One Voice sur la suspension de la chasse aux tourterelles des bois

Après la suspension de la chasse à la glu, voici une nouvelle victoire de la protection animale : la chasse à la tourterelle des bois est elle aussi suspendue ! L’État prétend qu’il y a là seulement un enjeu juridique avec la réglementation européenne à respecter. C’est en partie vrai, mais ce qu’il y a surtout, c’est le travail démocratique des associations de protection animale qui mettent sur la table ces pratiques dépassées et écocidaires. La France change et tout cela devient maintenant indéfendable.

Voici le communiqué de One Voice, qui résume très bien tout l’enjeu qu’il y a derrière la suspension de cette chasse en particulier :

« Les tourterelles des bois graciées !

Pour les tourterelles des bois, faire suspendre cet arrêté était bel et bien une urgence. Surtout quand on sait que leur espèce est en grand danger d’extinction (perte d’habitat, disparition des insectes, bruit, braconnage, et… chasse) ! Quel est le sens des priorités de ce ministère censé protéger la nature et qui se fait déjà taper sur les doigts par l’Union européenne car la France ne respecte pas la directive « oiseaux » ? Suite à notre recours et à celui de la LPO, le Conseil d’État a rendu sa décision, et elle va dans le sens des tourterelles, sauvées du massacre!

Un lobby si puissant qu’il s’insinue jusque dans les décisions préfectorales et ministérielles

Le jour de l’audience, nous apprenions que 68% des vertébrés avaient disparu de la surface terrestre en moins de 50 ans… Pourtant, nous interpellions justement le Conseil d’État une fois de plus sur une question concernant le droit ou non de tuer des dizaines de milliers de ces oiseaux, peuplant pacifiquement notre pays.

Des milliers de tourterelles déjà mortes, et des données toujours pas fiables!

En ce 10 septembre au matin et depuis sa publication, déjà 6287 tourterelles des bois avaient péri dans le cadre de cet arrêté. Au sortir de l’audience, ce chiffre mis à jour quotidiennement était passé à 6368 ! Mais ce qu’on ignore souvent, c’est que ces données déjà astronomiques sont bien en deçà de la réalité, de l’aveu même des intéressés, car elles sont déclaratives : les chasseurs doivent entrer eux-mêmes leurs prises dans l’application « ChassAdapt ». Autant dire, une révolution informatique… pas gagnée d’avance.

L’arrêté du ministère n’avait ni queue ni tête, les tourterelles vont vivre!

Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice, déclare :

« Comment l’Etat pouvait-il exposer les tourterelles des bois, au bord de l’extinction, aux chasseurs qui, rappelons-le, les tuent pour leur récréation ? Les données fournies ne sont pas fiables, nous l’avons démontré. La chasse – ce passe-temps – ne fait qu’aggraver une situation très préoccupante pour ces oiseaux qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité. Au-delà des mentalités, il est grand temps de faire évoluer les actes ! Aujourd’hui le Conseil d’État nous a donné raison, c’est un immense soulagement. »

Notre équipe sur place a souligné les moments forts du procès et les incohérences du ministère et les a retranscrits sur notre fil Twitter. Après avoir analysé les éléments et les deux avis contradictoires, le Conseil d’Etat a tranché en défaveur du ministère public, donc en faveur des tourterelles!

Le combat pour les oiseaux continue. Que les préfets et ministres se le disent avant de publier de nouveaux arrêtés concernant la chasse quelle qu’elle soit, au tir, à la glu ou la vénerie : nous serons là. À tel point que nous serons d’ailleurs de retour au Conseil d’Etat pour l’audience contre les chasses traditionnelles (six arrêtés sur le piégeage des oiseaux) le 16 septembre 2020 à 10h. »

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Vidéo «chasse à courre, les animaux traqués », par AVA

Dans le cadre de la mobilisation en vue d’obtenir un référendum pour les animaux, AVA a publié une vidéo sur la chasse à courre. De manière très simple et tout à fait efficace, il est rappelé en quoi consiste cette pratique et pourquoi elle est particulièrement barbare, arriérée. L’abolition de la chasse à courre fait partie des propositions du référendum pour les animaux.

 

 

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«Zone300»: l’impossible tentative de modernisation de la chasse

La plateforme de vidéos à la demande (VOD) « zone300 » a lancé une campagne de publicité dans les grandes villes, pour ce qui se veut un « Netflix de la chasse ». Il y a là une contradiction intenable pour la chasse, qui d’un côté cherche à se moderniser pour ne pas disparaître, alors que de l’autre elle n’existe que comme « tradition », c’est-à-dire en fait comme un vestige du passé.

Composée d’une douzaine de personnes professionnelles de l’audiovisuel, « zone300 » vise à souder la communauté des chasseurs et des pêcheurs autour de « l’ éthique et de l’esthétique de nos trois passions » (la « chasse sous-marine », étant la troisième « passion »…)

On y retrouve ainsi toutes les semaines des vidéos tournées par des professionnels des « trois chasses », et l’on peut même y envoyer ses propres vidéos amateurs et recevoir un montage gratuit à montrer à son entourage.

C’est tout le monde de la chasse, des entreprises d’équipementiers au simple chasseur en passant par les revues spécialisées, qui sont tournés vers un but : s’unir pour défendre non pas un simple « loisir », mais un style de vie fondé sur l’ « instinct » et la « prédation » animale. Ce n’est pas pour rien qu’on retrouve même des « tutos » pour apprendre à cuisiner « ses prises » de chasse.

Le problème, c’est que tout cela est franchement dépassé. La France est bel et bien sortie du 20e siècle et les campagnes se sont largement modernisées depuis les années 1990. Cela fait bien longtemps que les chasseurs n’étaient pas appréciés, y compris dans les campagnes. Mais en 2020, ils sont ouvertement décriés. Leurs pires pratiques sont même dénoncées sur la place publique, comme les immondes élevages d’oiseaux pour la chasse, le nourrissage des sangliers, l’horrible chasse à la glu, que le gouvernement vient de suspendre sous la pression, la très féodale et aristocratique chasse à courre, etc.

Il y a là quelque chose de nouveau qui fait que la chasse n’est plus seulement « pas approuvée », mais ouvertement critiquée, avec de nombreuses personnes voulant l’interdire, ou en tous cas la faire reculer le plus possible.

Face à cela, le monde de la chasse réagit, en prétendant être dans l’air du temps. C’est le sens de la campagne publicitaire de « zone300 », qui s’affiche jusque dans le métro parisien. À l’affiche, il y a Johanna Clermont, cette grande bourgeoise étalant sa richesse et son mode de vie sur les réseaux sociaux, promouvant systématiquement la chasse et posant devant des « trophées » d’animaux assassinés.

Étudiante en droit à Perpignan, elle a été recrutée il y a quelques années par l’entreprise de chasse Browning Europe pour être son ambassadrice. Suivie par des centaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux, protagoniste d’une série disponible sur « zone300 », Johanna Clermont est ici l’outil de communication des « beaufs » de la chasse.

Le problème, c’est que ces mêmes « beaufs » la rejettent. Ces derniers se veulent attachés à la vie « authentique », au style « à l’ancienne », figés dans un monde dont les traditions sont révolues. Mais ce « monde », cette vision du monde plutôt, n’est plus possible en France. La popularité du sketch des Inconnus diffusé en 1991 annonçait déjà la mort culturelle des chasseurs.

Il n’y a donc plus que deux options pour les chasseurs.

Soit arrêter d’être « beauf » justement, et rejoindre le camp démocratique. Cela signifie poser le fusil et découvrir la nature des campagnes autrement, en se mettant réellement à son service. Avec un appareil photo pour un rapport non assassin avec les animaux par exemple (et naturellement sans les déranger), et finalement mieux les connaître, les apprécier, et apprendre à habiter la campagne avec eux.

Soit assumer la beauferie, ce qui à notre époque revient à se mettre à la botte d’une partie de la grande bourgeoisie, qui avec un style post-aristocratique se donne une raison d’être grâce à la chasse. La chasse n’est plus dans ce cas qu’une fascination pour la mort, la domination et la destruction.

« zone300 » représente précisément cette classe sociale et cette vision de la chasse. Tout comme Willy Schraen d’ailleurs, le président de la Fédération nationale des chasseurs, qui déclarait ce lundi 24 août sur le plateau de BFMTV :

« la quête de l’animal, effectivement le fait de le tuer, le fait de le manger, dans un cadre raisonnable et bien clair et bien structuré, oui il y a une notion de plaisir »

« Zone300 », c’est le reflet de l’isolement de la chasse, de son repli sur elle-mêmes face à une opinion publique réclamant sa mise au pas. En prétendant être moderne, la chasse assume maintenant ce qu’elle est vraiment : non pas une « tradition » au sens strict, mais une véritable barbarie.

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L’alliance d’EELV et d’Éric Dupond-Moretti contre la Gauche et les pro-animaux

Cherchant à racoler, les responsables d’EELV ont invité le ministre de la Justice à leurs journées d’été. Celui-ci a été très content de chercher à diviser les anti-chasse. On devine l’arrière-plan : un accord politique.

Un accord, un partage des discours, au profit des uns et des autres, aux dépens d’autres. Le principe est le suivant : Éric Dupond-Moretti vient le 22 août 2020 aux journées d’été d’EELV pendant trente minutes, juste le temps de poser quelques mots et qu’il n’y ait pas de réels débats.

EELV, avec Julien Bayou et Sandra Regol, se la joue force d’opposition face à lui, posant des questions qui fâchent mais sans qu’on aille dans le contenu, avec un public applaudissant ou huant de manière irrationnelle. Éric Dupond-Moretti, lui, apparaît comme posé, démocratique, sérieux, constructif, ouvert aux propositions. C’est du donnant donnant.

Aux dépens de qui ? Aux dépens des « extrémistes » dénoncés par Éric Dupond-Moretti avec le soutien tacite d’EELV.

Qui sont ces extrémistes ? Ce sont, on l’aura compris, ceux qui posent la question animale dans le sens contraire de la Droite, sans rentrer pour autant dans le cadre d’EELV. C’est, pour nous, la Gauche de demain, la Gauche historique reconstituée.

Tant la Droite qu’EELV ne le veut pas. Leur objectif commun est ainsi d’isoler, de criminaliser, de dénoncer.

Le but direct d’Éric Dupond-Moretti, c’est d’isoler le plus possible les tenants de la cause animale. C’est un partisan complet de la chasse, de la ruralité ; c’est un populiste et il a été nommé ministre pour s’insérer dans un mouvement de « casse » des tenants de la cause animale.

> Lire également : Le ministre de la justice Eric Dupond-Moretti en duo avec le chef des chasseurs Willy Schraen

Le but d’EELV, c’est de ratisser le plus largement possible, d’avoir une image d’opposition à la chasse, d’opposition à la situation de la condition animale, d’opposition aux écocides. Mais EELV n’a aucun système de valeurs, aucune utopie à proposer ; c’est une association de bobos n’ayant que des objectifs électoraux et cherchant à un capitalisme à visage humain, une chose absurde en général, et d’autant plus alors que la crise est là.

Il faudrait être naïf pour croire qu’il n’y a pas eu, en amont, une savante discussion entre EELV et le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, pour que la première invite le second et que le second accepte. Pour que le ministre vienne, il a d’ailleurs obligatoirement fallu l’acceptation du premier ministre Jean Castex, et vue l’affaire forcément également celle du président Emmanuel Macron. On est ici dans l’orchestration, la mise en scène. Il est évident qu’il y a eu un accord.

Ce n’est même plus un accord, d’ailleurs, mais bien une alliance. Qui est le plus ignoble dans tout cela ? C’est difficile à dire. Éric Dupond-Moretti a été lors de ses interventions un excellent avocat, c’est-à-dire un comédien efficace. Il n’aurait jamais insulté tous les écologistes, il serait pour la discussion, il invite d’ailleurs à relire la préface qu’il a faite pour l’ouvrage du chef des chasseurs Willy Schraen, il n’a jamais fait que dénoncer une petite minorité d’extrémistes et des extrémistes il y en a partout, etc.

C’est ignoble. Mais est sans doute encore plus ignoble le metteur en scène ayant invité ce comédien, et c’est un metteur en scène lui-même comédien. EELV n’est en effet pas anti-chasse, elle ne soutient pas concrètement les initiatives anti-chasse. Ce thème n’est pas un drapeau pour elle. Ce qu’elle veut, c’est comme le dit son programme :

« l’instauration a minima du dimanche sans chasse chaque semaine assortie de la création d’espaces forestiers sans chasse et de zones de tranquillité »

Mais EELV a besoin des anti-chasses afin de se donner une image écologiste. C’est nécessaire non seulement au niveau national, mais également au sein d’EELV, composé de petits-bourgeois croyant en leurs propres mensonges.

On a ainsi eu les représentants d’EELV reprochant à Éric Dupond-Moretti sa fameuse préface pro-chasse de l’ouvrage du chef des chasseurs, Willy Schraen… mais sans jamais aborder la question de la chasse, à part pour dire que, tout de même, ce n’était pas normal qu’on ne puisse pas se balader en forêt en raison des risques causés par une minorité désireuse de chasser. Les chasseurs avec leur démarche, leur idéologie ? Pas un mot !

Les représentants d’EELV ont tout fait pour ne surtout pas se poser comme anti-chasse, tout en donnant l’image d’une contestation anti-chasse. Même lorsque la question de la chasse à la glu a été brièvement posée, EELV s’est cachée derrière les règlements de l’Union Européenne. C’est d’une extrême hypocrisie.

Mais EELV ne parviendra pas à son but de dévoyer les forces anti-chasse. Car dans la question animale, on ne peut pas faire semblant. C’est une question de mode de vie et d’ailleurs ce qui s’affirme toujours davantage, c’est le besoin d’une réelle alternative dans le mode de vie et pas un capitalisme modernisé dans un sens ou dans un autre, en admettant que cela soit possible.

Cela signifie la Gauche contre la Droite. L’opposition entre EELV et Emmanuel Macron n’est qu’une querelle entre libéraux plus ou moins modernistes, elle est artificielle.

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Des éleveurs et des chasseurs s’opposent au sanctuaire de l’Aspas

Une large coalition d’éleveurs et de chasseurs s’est rassemblée ce vendredi 21 août à Crest contre la nouvelle « Réserve de Vie Sauvage » fondée par l’Aspas en novembre 2019.

C’est l’une des plus importantes réserve de ce genre en France. C’est après un long combat, notamment par un financement co-participatif, que l’Aspas a pu constituer ce sanctuaire de nature sauvage sur le domaine de Valfanjouse à Léoncel dans le Vercors.

D’une superficie de 700 hectares, cet espace de ré-ensauvagement offre un havre de paix pour les animaux et la nature en général. C’est déjà un grand atout écologique, à quoi s’ajoute la perspective de mieux comprendre les dynamiques de la Biosphère en dehors des perturbations humaines.

Mais évidemment, à l’opposé, il y a la Droite rurale qui ne supporte pas de voir un ancien « terrain » se substituer à leur emprise. Avant la sanctuarisation de la zone, la chasse y était autorisée et des espèces exogènes comme le cerf Sika y avaient été par exemple introduites.

Ainsi, entre 500 à 700 personnes se sont rassemblées ce vendredi 21 août à Crest, en réponse à l’appel d’une coalition unissant les chasseurs de Léoncel, ILOUPEDV (Impact du Loup sur le Développement durable), la Coordination rurale, la FDSEA, les Jeunes Agriculteurs, et l’Association des éleveurs et bergers du Vercors. Dans ce panorama, il n’est pas étonnant que la maire Les Républicains de Crest, Hervé Mariton soit venu apporter son soutien aux chasseurs et aux éleveurs.

C’est Frank Reynier, président de l’ILOUPEDV, qui a tenu le discours lançant la manifestation. Une association qui a lancé début août une pétition contre le référendum pour animaux et développe un discours qui révèle la bataille d’envergure qui est en cours : 

« Pourquoi l’aspas ? Ce n’est pas que l’aspas, c’est un mouvement national, européen, qui est en train de naître, qui nous submerge qui est composé d’antispécistes, de végans (…) Aujourd’hui, dans nos campagnes, les chasseurs baissent la tête, les éleveurs baissent la tête, les agriculteurs baissent la tête.

Aujourd’hui faut réagir, y en a marre de ça. Je vous signale qu’il y a référendum d’initiative partagé qui a déjà été voté par 125 parlementaires qui vise derrière, faut pas se leurrer, à interdire toutes nos pratiques rurales, toutes nos traditions qui sont en train de disparaitre »

Il y a là un discours offensif qui se double d’une manifestation de rue avec défilés d’animaux domestiques et pancartes allant jusqu’à qualifier l’Aspas de « fascistes ». Cette manifestation est sûrement un premier jalon posé par la Droite la plus réactionnaire en vue de contrer la naissance d’une opinion publique en faveur des animaux. Ce contre-feu est lancé sur la base de la défense des « traditions » rurales, de la « campagne » éternelle, le tout servant à l’exploitation de la nature vue comme une ressource ou espace de « jeu ».

A l’inverse, l’Aspas propose à travers ce sanctuaire de 700 hectares représentant 0,1 % de la superficie de la Drôme, une toute autre vision du monde. Dans son communiqué de réponse à la manifestation des chasseurs et éleveurs, l’association dit très justement :

« II ne s’agit pas pour l’ASPAS de réensauvager chaque recoin de France, ou de la Drôme, mais de garantir à la nature un maillage d’espaces vraiment protégés, alliés à des formes d’exploitations forestières non violentes, des agricultures paysannes hospitalières pour la vie sauvage, au sein d’un projet de société sobre et solidaire »

Se plaçant du point de vue de « l’intérêt de la seule vie sauvage », ce sanctuaire est un projet porteur d’une perspective écologique authentique qui annonce là une bataille démocratique à propos de la reconnaissance des campagnes comme espace de nature à protéger.

Ce sont deux visions antagonistes, irréconciliables, de la nature qui se font face, avec au centre une opinion publique largement favorable à la cause animale qui préfigure un changement complet d’époque.

Cette unification locale du monde de la chasse et de l’élevage est un signal d’alerte pour les écologistes sur l’inévitable clash qui va se réaliser dans les mois à venir, un clash d’autant plus dur que chasseurs et éleveurs sont de plus en plus isolés par l’opinion publique.

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Politique

Oui, Willy Schraen, la «guerre civile»!

Dans son interview au Journal du Dimanche, le président des chasseurs Willy Schraen menace : on va vers la « guerre civile » s’il continue à y avoir les graines de la « grande révolution animaliste ». Ce qu’il exprime ici, c’est sa terreur devant la lutte de classes, qui ne peut que renverser le régime.

Willy Schraen est un bourgeois comme on en fait plus, un bourgeois capable de flairer la menace subversive, à l’ancienne, comme les gaullistes savaient le faire. C’est que les gaullistes étaient cultivés, très cultivés même, alors que la bourgeoisie d’aujourd’hui est simplement utilitariste ; sa culture s’est ratatinée, ses connaissances sont factices et il n’y a plus que l’idéologie de la consommation débridée, dont l’art contemporain avec toute sa vacuité est le plus grand symbole.

Willy Schraen, lui, a compris que hors du gaullisme point de salut : il faut une Droite populaire, solidement appuyée sur le conformisme de la France profonde, pour que le régime capitaliste puisse avoir en France de solides fondements. Alors, il est en grand stress, car il est en train de s’apercevoir que ce que Mai 1968 avait échoué à faire, notre époque le réalise. C’est tout le mode de vie français « à l’ancienne » qui se voit ébranlé, voire remis en cause.

De par son sens de l’Histoire, Willy Schraen a compris que tout est alors une question de vision du monde. Et pour lui il est encore temps, urgemment temps même, d’assécher l’émergence d’une vision du monde raisonnant en termes de planète et ne considérant pas les animaux comme des ressources. Si on ne le fait pas… le conflit est inévitable.

En ce sens, il a tout à fait raison, et la Gauche, s’appuyant sur ses fondamentaux historiques, doit simplement reprendre à l’inverse, ses propos au Journal du Dimanche du 16 août 2020 :

« Aujourd’hui, ses tentatives malsaines [à Nicolas Hulot] de rattrapage en essayant de faire passer le Covid pour un cri d’alerte de la biodiversité, c’est du racolage idéologique.

C’est semer les graines d’une tempête qui emportera tout. A ce rythme, on aura une guerre civile (…).

Elle [= l’écologie] va s’essouffler car à un moment on ne pourra pas toucher au pré carré vital des Français. Le bon sens et la raison vont revenir.

Cette grande révolution animaliste n’aura pas lieu.

Quand ils iront mieux, on pourra se poser autour d’une table. Je serai heureux d’y participer car j’ai une vraie vision écologique. »

Il est évident que le Covid-19 est le produit d’une crise de la biodiversité, que les chasseurs sont des figures du passé, que le rapport aux animaux doit être changé, que le « pré carré vital des Français » n’est que le masque d’un mode de vie individualiste consommateur toujours plus vide dans son contenu culturel et toujours plus empli d’exploitation, d’aliénation, de souffrances morales, psychologiques et physiques.

Alors, oui, Willy Schraen, la « guerre civile », ou plus exactement la révolution est inévitable. Car le monde ne restera pas tel qu’il est, car le changement complet des mentalités est nécessaire, car la planète est malade d’une humanité qui a totalement perdu toute orientation intellectuelle, culturelle, morale.

Et pour cette guerre civile, il y a deux camps qui s’appellent simplement : la Gauche et la Droite.

> Lire également : Le ministre de la justice Eric Dupond-Moretti en duo avec le chef des chasseurs Willy Schraen