L’armée de Terre vient d’annoncer la création d’une 3e division, principalement composée de réservistes. C’est le chef d’état-major de l’armée de terre, Pierre Schill, qui a diffusé cette information en marge d’un colloque sur la pensée militaire sans plus de détails.
L’information n’a été relayée que par des blogs spécialisés, ce qui dénote le caractère anti-populaire de la démarche pour préserver le calme social.
Dans les faits, cette annonce s’inscrit dans la démarche militariste initiée par Emmanuel Macron depuis plusieurs mois, et plus précisément dans le sillage de son discours de novembre 2025 sur le rétablissement d’un service national militaire.
Pour faire la guerre, il faut s’en donner les moyens et l’enjeu principal reste d’avoir des hommes et des femmes à mobiliser. Rappelons ici que le rétablissement d’un service militaire de volontaires vise à recruter les éléments les plus dociles dans la jeunesse pour ensuite en extraire vers la réserve opérationnelle.
C’est dans ce même vivier de réservistes que viendra puiser cette (nouvelle et troisième) division territoriale de l’armée de Terre. Un vivier conséquent puisque l’armée vise pas moins de 100 000 réservistes d’ici 2030 (pour environ 40 à 50 000 aujourd’hui).
C’est-à-dire qu’on est là à mi-chemin entre l’armée et le monde civil, principalement la jeunesse, et cela n’est pas dû au hasard : cela répond précisément à l’enjeu de pacification du territoire.
Faire la guerre à l’extérieur dans le cadre d’une guerre de haute intensité exige d’avoir une force pour faire la guerre préventive à l’intérieur tout en laissant la liberté de mouvement aux forces engagées dans la guerre à proprement parler. Les exercices militaires de haute intensité, tels Orion 2026, intègrent toujours les manières de contrôler le territoire national, de surveiller les agitations, les troubles, etc.
Concrètement, jusqu’à aujourd’hui, il n’y avait qu’une division d’armée affiliée à l’Otan, la seconde devant être déployée pour la sécurité nationale en cas de crise majeure. Dans le cadre de la guerre de repartage mondial qui se prépare, cela n’est évidemment plus suffisant… Avec cette 3ᵉ division de l’armée de Terre, le régime français continue son travail de mise sur pied des bases organisationnelles pour se lancer dans la guerre mondiale à venir, sous l’égide de l’Otan, donc pour le compte de la superpuissance américaine en Europe.
Voici ce qu’a relevé un blog spécialisé auquel s’est adressé le chef d’état-major Pierre Schill pour présenter cette 3ᵉ division :
« Si on allait dans la situation extrême dans laquelle on projette toutes nos forces vives dans une intervention ou un pré-positionnement, par exemple, de type ‘centre-Europe’, cette troisième division serait mobilisée sur le territoire national pour la protection des intérêts vitaux et éventuellement la défense opérationnelle. »
Cette nouvelle division devra, cela va sans dire, sécuriser les sites militaires et industriels stratégiques français. Mais surtout, elle devra assurer la « défense opérationnelle », ce qui n’est rien d’autre que la traque permanente des opinions ou attitudes considérées comme « suspectes » dans la population civile.
C’est l’esprit de caserne qui va tout bonnement gagner les institutions dans les années à venir car, évidemment, la population doit quant à elle rester à l’écart, passive et piégée dans la société de consommation, meilleure force de prévention de toute envie de rébellion.
La création d’une telle division armée territoriale doit être comprise dans le cadre de la mise en œuvre des moyens militaires de la puissance française dans la guerre de repartage mondiale. On a affaire ici à une réorganisation stratégique de l’armée dans son rapport à la population, à l’opinion publique, aux futurs contestataires, etc.
Que cette 3ᵉ division soit majoritairement composée de réservistes montre l’impact que va progressivement avoir cette armée sur l’état d’esprit de la population, jusqu’à ce qu’éclate la « crise majeure », c’est-à-dire l’implication ouverte de la France dans la guerre de repartage mondiale face à un adversaire à sa taille (la Russie, bien évidemment).
Notons ici qu’a eu lieu le 13 avril 2026 un colloque de la pensée militaire intitulé « 2030, l’armée de la victoire » dans lequel ont été présentées des cartes de l’Europe de l’Est, avec notamment les forces de l’Otan dans les pays baltes et les forces russes ennemies.


Ce colloque a été introduit par une vidéo sensée démontrer le « lien organique et charnel qui unit la France à son armée de Terre », véritable cas d’école de propagande militaire pour notre époque. À la vue de la thématique abordée, il est permis de considérer que les annonces de Pierre Schill sont issues de ce colloque.
Par conséquent, la 3ᵉ division devra agir telle une brigade de surveillance et de contrôle, tant de l’appareil militaire que de tout le complexe militaro-industriel, à l’instar de ce que furent les régiments territoriaux lors de la première guerre mondiale. De fait, le prétendu nouveau modèle présenté par l’état-major militaro-politique n’en est rien : il est globalement un retour à ce qui s’est fait avant 1914. Cela devrait suffire à provoquer une révolte dans le pays, pour qui veut ne pas avoir à faire face à la même barbarie du siècle passé.
Depuis 2022, les transformations stratégiques du régime français n’ont été soulignées régulièrement, détail par détail, que par agauche.org, marquant ici son ancrage concret dans le pays et ses capacités révolutionnaires. Aux changements stratégiques établis par la bourgeoisie française doit répondre une réponse stratégique de haut niveau, pour affronter les luttes des classes à venir.
Cela commence par assumer le mot d’ordre stratégique évident : soit la Révolution empêche la guerre, soit la guerre provoque la Révolution !




















