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Le Covid-19 et les critiques écologistes du mode de vie

La gauche « alternative », au sens le plus large, insiste particulièrement sur une remise en cause nécessaire à la suite de la crise sanitaire actuelle. Elle ne se contente pas de vouloir un système de santé plus performant, elle attend une critique d’aspects qu’elle considère comme prévalents dans le monde aujourd’hui.

Il y a évidemment les écologistes récents, pour qui l’écologie n’est qu’une camelote prétexte à des discours anticapitalistes relookés. Il y a tout un discours de « front uni » qui est hautement révélateur d’une tendance au bric-à-brac masquant avec difficulté une incapacité à combiner le fait d’être de gauche et d’être écologiste (ou encore vegan, ou les deux).

L’un des exemples les plus marquants, c’est la revue en ligne Reporterre, qui a été littéralement incapable d’analyser la crise suivant un point de vue autre que anti-État. Le discours zadiste assumé (avec également une bande dessinée réussie mais caricaturale) témoigne d’une indigence intellectuelle concernant les points les plus fondamentaux de l’écologie.

Il y a heureusement des initiatives cohérentes, car portées de véritables réflexions. Il va de soi que ces réflexions ne datent pas d’une semaine, ni même d’un an ; elles représentent un véritable travail de fond, obscur alors, mais qui apparaît en pleine lumière.

L’Analyse politique de la pandémie de Covid-19 de Génération écologie est ici exemplaire, il est d’un très haut niveau et il cogne extrêmement fort. Il est parlé de rupture historique et il est appelé à une véritable révolution intellectuelle. Tout se résume d’ailleurs lorsqu’il est expliqué que :

« La pandémie n’est donc pas un perturbateur « extérieur » à notre monde, mais le produit d’une époque, l’Anthropocène »

On reconnaît là l’approche globale, systémique, planétaire, qui cherche à mettre les choses en perspective. C’est un positionnement qu’on a déjà pu voir dans le document du PCF(mlm), La maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) : un produit du mode de production capitaliste. Dans les deux cas, on a une lecture catastrophiste – ou réaliste, ou les deux -, avec l’idée que tout le monde doit changer de mode de vie et que c’est cela, une révolution. Il va de soi que cela change justement de ceux qui disent que tout est la faute des gens au pouvoir et qui s’arrêtent à cela.

On a quelque chose de moins puissant, de moins nouveau, mais inversement de particulièrement ancré dans la culture de la seconde gauche des années 1970 avec les propos de Guillaume Balas, de Génération-s. Dans L’Humanité, il reprend le discours qui fut celui du PSU et plus particulièrement d’un de ses prolongements politiques, l’AREV (l’Alternative Rouge et Verte). L’AREV disposait d’une vraie capacité d’initiative au début des années 1990, mais n’est pas parvenu à réaliser une synthèse écologiste de gauche.

Guillaume Balas reprend ce discours « post-capitaliste » :

« C’est l’ensemble des sociétés humaines telles qu’elles fonctionnent qui doit être remis en cause. Une phase de l’histoire de la mondialisation s’achève. On ne peut plus continuer avec des interconnexions sans contrôle, ni avec un modèle qui étend sans cesse les activités humaines sans respecter les territoires naturels.

Mais, nous ne pouvons pas rompre avec le productivisme sans remettre en cause la doctrine néolibérale du libre-échange absolu, voire le modèle capitaliste et son exaltation de la propriété privée comme valeur première.

Il nous faut réfléchir à des sociétés postcapitalistes à la fois démocratiques – face à la tentation de l’autoritarisme et du nationalisme –, écologiques, et avec une nouvelle forme de répartition des richesses et de la protection sociale. »

Julien Bayou, le secrétaire national d’EELV, tient un discours tout à fait similaire, le contenu en moins. On a pareillement un appel à changer tout de fond en comble, mais il n’est pas dit comment.

« La pandémie en cours nous appelle à reconstruire l’ordre du monde. Ni plus ni moins. L’enjeu, pour les écologistes, est immense.

Il s’agit de démontrer que le coronavirus n’est pas qu’une crise sanitaire, mais qu’il est le nom du dérèglement du monde. Le coronavirus démontre de manière paradigmatique l’ampleur des transformations que nous allons devoir engager pour faire face au réchauffement climatique. Il nous faut réinventer nos valeurs, modifier nos priorités (…).

Nous devrons proposer un imaginaire post-crise qui ouvre d’autres solutions que le dogme de la croissance, que la priorité donnée au court terme sur le long terme, que l’obsession pour la rentabilité. »

Il y a tout en cas deux positions qu’on peut cerner ici. Une logique post-crise, ou post-capitaliste, en tout cas « post », avec EELV et Génération-s. Et un appel au dépassement de toute une époque avec Génération Écologie et le PCF(mlm). Au-delà des différences, on a en tout cas bien quelque chose qui sonne authentiquement comme étant du 21e siècle.

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«Le réacteur n°1 de Fessenheim s’arrête enfin: un arrêt qui doit ouvrir le bal des autres fermetures!»

Voici le communiqué commun du Réseau « Sortir du nucléaire » et des associations Stop Fessenheim, CSFR, Stop Transports-Halte au Nucléaire et Citoyens Vigilants des Environs de Fessenheim :

« Le réacteur n°1 de Fessenheim s’arrête enfin : un arrêt qui doit ouvrir le bal des autres fermetures !

Enfin ! Après 8 ans de reports et de marchandages, le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim doit fermer ce 22 février, suivi le 30 juin par le réacteur n° 2. Nous nous réjouissons de cette avancée, résultat de plus 50 ans de mobilisation dans la vallée du Rhin et partout en France.

Vieille, enchaînant les pannes, vulnérable par son implantation en zone sismique et en contrebas du grand canal d’Alsace : la centrale nucléaire de Fessenheim cumulait les risques. Sa fermeture était un impératif pour éviter un accident. À la mi-2020, l’Alsace sera enfin débarrassée du risque nucléaire actif [1] et pourra aborder l’avenir avec plus de sérénité… sans pour autant être plongée dans le noir (comme le rappelle RTE), ni voir ses émissions de CO2 monter en flèche ! Cette fermeture rendra d’ailleurs la région plus résiliente face au changement climatique, les eaux du Rhin cessant d’être réchauffées par les rejets de la centrale.

Si nous nous réjouissons de cette fermeture imminente, nous dénonçons vivement l’attitude d’EDF, qui a tout fait pour la repousser et s’est livrée à tous les marchandages. Il est indécent que l’entreprise reçoive à ce titre, aux frais du contribuable, une compensation pour des dépenses dont elle aurait déjà dû provisionner le montant, ainsi qu’une indemnisation pour une électricité qu’elle n’aurait certainement pas pu produire [2]. Cette affaire a fait l’objet d’une plainte devant la Commission Européenne. EDF a par ailleurs pratiqué le fait accompli et prétexté de cette fermeture pour ne pas réaliser certains travaux de mise aux normes, qui restaient pourtant nécessaires une fois la centrale arrêtée. Coûteux travaux évités et indemnisation juteuse : l’entreprise a obtenu le beurre et l’argent du beurre !

Nous attendons avec impatience la fermeture du 2ème réacteur. Mais cette perspective ne doit pas faire oublier le sort des autres réacteurs français, à peine plus récents. A la fin de cette année, 49 réacteurs auront dépassé les 30 ans de fonctionnement, et 13 les 40 ans. Si 12 réacteurs pourraient être arrêtés d’ici 2035, 44 autres sont censés continuer à tourner, un fonctionnement à 50 ans, voire plus, étant désormais considéré comme la norme ! Nous dénonçons fermement cette prolongation de l’ensemble du parc nucléaire, au mépris de la sécurité des populations et de la sûreté des installations.

L’arrêt de Fessenheim ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt ! Il est nécessaire et urgent que d’autres fermetures suivent, pour engager enfin la sortie du nucléaire et une transition énergétique digne de ce nom. »

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Communiqué du collectif «Zone Humide Sallanches» en Haute-Savoie

Entre septembre 2017 et mars 2019, un collectif a lutté contre la destruction d’une zone humide par un projet de centre commercial à Sallanches en Haute-Savoie. Nous en avions déjà parlé ici. À l’occasion de la 39e journée mondiale des zones humides initiée par la conférence de Ramsar en Iran en 1971, ce collectif a publié un communiqué très intéressant de part l’arrière-plan qu’il sous-tend.
Ce communiqué est à la fois très concret, abordable, et en même temps d’une grande radicalité, nécessaire face à la catastrophe écologique en cours. En effet, cette zone humide est une énième passée sous le rouleau compresseur du capitalisme, puisque le centre commercial va être inauguré dans quelques mois.
Voici le communiqué :

« Journée Mondiale des Zones Humides 2020 : retour sur l’année écoulée

Ce dimanche 2 février 2020 se déroule la 39ème journée mondiale des zones humides (JMZH). Cette journée est dédiée à la découverte des zones humides afin de mieux comprendre leurs fonctionnements et leurs utilités essentielles dans le cycle de l’eau et au sein d’écosystèmes fragiles, donc précieux. Cet événement est l’occasion pour nous de revenir sur ce qu’il s’est passé durant cette année.

Depuis la Journée Mondiale des Zones Humides de 2019 que nous avons célébré par un rassemblement et le déploiement d’une banderole sur la zone de la Paccoterie, les travaux ont connu une avancée plus que significative. Les différents rassemblements populaires et les différentes actions n’ont malheureusement pas suffit à enrayer de manière décisive le projet.

Cela nous montre que la reconnaissance de la Nature ne suffit pas à la protéger. Depuis la conférence de Ramsar en Iran en 1971 amenant à la reconnaissance des zones humides comme bien commun avec une journée leur étant dédiée, jamais autant de zones humides n’ont été détruites dans le monde, et particulièrement en France.

L’Etat montre ici son incapacité à agir de manière forte : les zones humides jusque là protégées deviennent destructibles sous condition de compensation, au moment même où les scientifiques disent que chaque jours compte dans la lutte mondiale contre l’écocide.

Grace à l’arsenal législatif mis au point par l’Etat, les préfets et les maires ne se privent pas pour mettre en place toute sorte de projets plus fous les uns que les autres sur des zones humides ; centre commercial, centre de vacances, centre de loisir… C’est une défaillance à tous les étages.

Le résultat est là : l’immonde centre commercial « The Snow » est bien avancé. Cela fait plusieurs mois que les entreprises de BTP s’acharnent à terrasser la zone humide, à se battre par tous les moyens possibles contre l’eau ; des mois que quiconque a un minimum de sensibilité a le cœur déchiré en passant devant la Paccoterie.

Mais tout cela est si peu face aux dizaines ou peut être même aux centaines d’espèces d’animaux qui ont dû fuir leur habitat pour échapper aux travaux. Des milliers de petits animaux du sol ont certainement péri. Les grenouilles, symbole de notre résistance, ont dû trouver de nouveaux endroits où pondre.

Malgré tout ce désastre, nous restons optimiste pour l’avenir. Nous n’avons pas pu empêcher cette zone humide de se faire détruire mais nous ou les générations futures pourront, devront la délivrer du béton qui l’enserre. Et d’ici là, œuvrons pour que les mots de Martha Rojas Urrego la secrétaire générale à la convention des zones humides ne soient pas vains : « Plus aucune Zone Humide ne doit disparaître » !

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Migration des amphibiens: la LPO appelle à ouvrir l’œil sur les routes

Voici un communiqué de la LPO rappelant que la migration des amphibiens commence bientôt et qu’il convient d’être prudent sur les routes pour ne pas contribuer au massacre qui s’annonce comme chaque année… En effet, l’humanité s’imagine seule sur Terre et que tout lui appartient, alors les routes sont partout est les crapauds, grenouilles, tritons ou salamandres doivent risquer leur vie pour se reproduire dans les zones humides (quand celles-ci n’ont pas été bétonnées par des entrepreneurs).

Une bonne nouvelle est toutefois annoncée dans ce communiqué avec une route temporairement fermée pour l’occasion en Bretagne. La LPO propose également de rejoindre une des nombreuses opérations locales destinées à aider ces animaux à traverser les routes.

Ouvrez l’œil : il arrive souvent que la faune aquatique doive traverser une route pour atteindre son site de reproduction.

Comme chaque année, crapauds, grenouilles, tritons et salamandres se préparent à quitter les forêts où ils ont passé l’hiver à l’abri du froid, terrés au fond d’un trou ou d’une mare. Durant les mois de février et mars, quelques millions d’amphibiens vont tenter de rejoindre les zones humides qui les ont vus naître pour s’y reproduire à leur tour : c’est la période de migration.

Une route semée d’embûches

C’est une étape essentielle pour assurer la prochaine génération de ces espèces, pourtant la migration devient meurtrière pour les amphibiens quand ils croisent nos routes inadaptées à leur passage. Nombre d’entre eux périssent sous les roues des voitures en tentant de traverser les voies de circulation pour rejoindre les mares et les étangs…

En l’absence de mesure pour les protéger, le déclin de ces petits organismes aquatiques pourrait provoquer un fort déséquilibre au sein des écosystèmes qu’ils occupent. En effet, les amphibiens jouent un rôle central dans la chaîne alimentaire, car ils sont à la fois proie et prédateur. Les adultes mangent des petits invertébrés (moustiques, limaces, vers, fourmis…) et entrent à leur tour dans le régime alimentaire de divers prédateurs tels que les hérons cendrés, couleuvres à collier, renards roux… Les têtards quant à eux se nourrissent d’algues durant toute leur croissance et sont chassés par de nombreux animaux aquatiques (larves de libellules, dytiques, punaises, poissons).

Des opérations de sauvetage

En attendant de trouver des solutions pérennes pour sécuriser la traversée des animaux, des mesures existent pour réduire la mortalité lors des flux migratoires. Un exemple se déroule actuellement en Bretagne, à Lamballe, dans les Côtes-d’Armor. Tous les ans, des milliers d’amphibiens traversent la route départementale 28 pour atteindre les mares des landes de La Poterie. Pour la première fois, l’axe a été fermé à la circulation pour la période couvrant la migration de la faune aquatique et une déviation contourne le site.

À la LPO nous mettons en place depuis plusieurs années des opérations de sauvetage des amphibiens un peu partout en France. Les équipes installent des barrières-pièges le long des routes pour les intercepter avant qu’ils ne traversent et les relâchent de l’autre côté afin de leur permettre de poursuivre leur migration en toute sécurité. Vous pouvez participer à ces opérations ou nous informer si vous repérez des cas de collision. Pour cela il suffit de prendre contact avec l’association locale la plus proche de chez vous. Dépêchez-vous, les amphibiens sont en route !

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Journée mondiale des zones humides dimanche 2 février 2020

Comme chaque année, le 2 février marque l’anniversaire de la convention de Ramsar (en Iran) en 1971, qui a établi un traité international censé protéger les zones humides et une organisation internationale permanente à ce sujet. Dans les faits, cette convention n’a que peu de valeur tant les zones humides ont été souillées partout dans le monde ces 49 dernières années. Ainsi, la journée mondiale des zones humides est chaque année un événement passant inaperçu, alors que ce devrait être une date majeure du calendrier écologiste.

Le thème de cette année pour la journée mondiale des zones humides qui aura lieu ce dimanche 2 février 2020 est «  zones humides et biodiversité ». Voici la vidéo présentée par la Secrétaire générale de la convention Ramsar pour l’occasion :

Ce discours est forcément intéressant et positif. On ne peut cependant qu’être mal à l’aise quant au décalage qu’il y a entre la gravité ainsi que l’urgence du propos exprimé ici, notamment au sujet de la feuille de route mondiale de la biodiversité en 2020, et le déni total dans laquelle se déroule la journée mondiale des zones humides.

Ce déni est à l’image de la convention de Ramsar elle-même, qui est piétinée par les États censés la reconnaître. En France, c’est la loi sur l’eau qui applique les engagements de cette convention sur les zones humides : cette loi est contournée presque chaque jour, pour construire sur des zones humides tel pont de quatre voies ou tel centre commercial, alors que cela ne devrait même plus être possible légalement.

L’affirmation de la Secrétaire générale de la convention de Ramsar Martha Rojas Urrego disant « plus aucune zone humide ne doit disparaître » devrait être un mot d’ordre indiscutable pour l’écologie pour les nouvelles générations de défenseurs de la terre qui forcément vont émerger durant ces années 2020.

C’est, avec la lutte contre le réchauffement climatique et la question animale, un des trois piliers de l’écologie. C’est quelque chose de concret, à la fois global mais aussi très local, car il y a partout dans le pays des zones humides qu’il faut défendre.

On retrouvera sur le site gouvernemental zones-humides.org, qui ne fait pas grand-chose pour promouvoir cette journée, une liste d’événements ayant lieu partout dans le pays :

> zones-humides.org/agir/ramsar-et-la-journee-mondiale-des-zones-humides/espace-visiteurs-carte

Les événements recensés n’ont pas forcément lieu ce dimanche 2 février 2020, mais également dans les semaines à venir.

La journée mondiale des zones humides est organisée par les associations et organisations suivantes :

Association Ramsar-France ;

Agence française pour la biodiversité ;

Pôles-relais zones humides ;

Ligue pour la protection des oiseaux ;

Société nationale de protection de la nature ;

Réseau Ecole et nature.

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Écologie

L’entraide dans la vie naturelle mise en avant dans un documentaire diffusé par France 2

France 2 a diffusé un très joli documentaire ce 24 décembre 2019 montrant la vie sauvage à travers la chaîne de montagne des Alpes. On y suit notamment la trace d’une louve dont la vie entre deux hivers est incroyablement bien montrée avec des images d’une grande qualité. Le film a ceci de particulièrement intéressant qu’il assume un parti pris très fort : la vie sauvage a une valeur en elle-même qu’il faut apprécier dans son ensemble et défendre, alors que l’entraide est une réalité naturelle puissante et fascinante.

Le film proposé par France 2 pour la soirée de Noël est un marqueur culturel significatif : notre époque connaît un tournant indiscutable, on ne peut plus continuer à nier et écraser la nature. Les mentalités évoluent et ce n’est franchement pas rien de voir ainsi mis en avant sur la télévision du « service public » un documentaire concluant sur l’entraide comme réalité naturelle et forme d’adaptation de la vie.

Cette réalité n’est pas quelque chose de nouveau pour les scientifiques et les personnes les plus éclairées sur l’écologie, qui connaissent par exemple les contributions scientifiques de Lynn Margulis à propos de la symbiose.

C’est quelque chose de nouveau cependant pour un reportage animalier, alors qu’ils sont systématiquement fascinés par la prédation, en diffusant le mensonge de la « loi du plus fort ».

La prédation est une réalité naturelle bien sûr et d’ailleurs le documentaire réalisé par Frédéric Fougea ne la cache pas. Cependant, elle n’est pas la norme, seulement un aspect de la vie sauvage qu’il faut de toutes manières considérer dans son ensemble et pas seulement dans ses particularités.

La mentalité bourgeoise, qui a largement dévoyé les travaux de Charles Darwin, a tout fait pendant des années pour mettre en avant la prédation, en prétendant que cette « loi du plus fort » est la seule qui vaille. Il s’agit bien sûr d’un parti pris culturel reflétant et justifiant la concurrence capitaliste.

Heureusement donc, les mentalité changent, même en France ! Il ne s’agirait pas d’être naïf cependant : ces changements en cours et à venir charrient avec eux une opposition réactionnaire de plus en plus rude et offensive.

Il n’y a qu’à voir comment la chasse à courre est défendue de manière acharnée, pour comprendre qu’il y a deux camps qui se forment : un qui veut la guerre à la nature, l’autre qui veut la protéger.

> Le film est disponible sur le site de France 2 jusqu’au 31 décembre 2019 : france.tv/france-2/le-plus-beau-pays-du-monde/904567-le-sanctuaire.html

Voici la bande-annonce du documentaire :

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ASPAS: «SI PRÈS DU BUT!» pour le rachat de 500 hectares de nature sauvage dans le Vercors

L’ASPAS – Association pour la protection des animaux sauvages, a un projet de grand envergure dans le Vercors consistant en le rachat d’un territoire de 500 hectares pour constituer une nouvelle Réserve de Vie Sauvage®. Le budget total de 950 000 € est en grande partie financé, mais il manque encore 17 % de la somme à récolter avant le 30 novembre 2019.

Voici le récent communiqué de l’ASPAS appelant à un dernier élan afin de concrétiser le projet :

« SI PRÈS DU BUT !

Vous êtes très nombreux à nous soutenir dans cette aventure unique, et nous sommes très très touchés par ce vaste élan de solidarité. Mais une aventure ne serait pas une aventure sans quelques rebondissements ! Et quand un des mécènes principaux annonce devoir se retirer (pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la pertinence du projet), notre souffle est un peu coupé… mais pas éteint pour autant !

De plus, la date limite pour recueillir les fonds doit être avancée d’un mois (pour remplir les formalités administratives).

Nous avons donc avancé la date de fin de la collecte au 30/11/2019 et rehaussé le seuil à atteindre : 955 000€.

Le projet a encore besoin d’un coup de pouce pour se CONCRÉTISER.

Merci pour votre soutien !

Budget total : 2 350 000 €
Collecte HelloAsso : 777 648 €
Collecte HelloAsso des éco-influenceurs (collecte terminée le 19/09/19) : 15 777 €
Autres dons perçus (Hors HelloAsso) : 483 181 €
Promesse de dons : 900 000 €
Reste à financer à ce jour :  173 394 €

Merci à France 2 pour la diffusion de ce reportage au JT du 04 octobre dernier qui a permis de nouveau une belle mobilisation citoyenne. Merci ! 🍃🐾 »

> Voici la page sur laquelle faire un don : helloasso.com/associations/aspas-association-pour-la-protection-des-animaux-sauvages/collectes/vercors-vie-sauvage/

Voici une vidéo présentant la situation :

Une brochure présentant de manière détaillée le projet est également disponible ici : Présentation Vercors Vie Sauvage

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Écologie

Montagne d’or en Guyane: la réaction du chef coutumier Eric Louis

Voici la réaction d’Eric Louis, chef coutumier du village Kuwano de Kourou en Guyane. Elle fait suite aux différentes annonces préfectorales afférentes aux concessions pour les compagnies minières, rendant très floues les véritables motivations du gouvernement quand au projet Montagne d’or. La méfiance est donc encore de mise en Guyane, il ne s’agit pas de crier victoire trop tôt.

> Lire également : Non au méga-projet de mine d’or « Montagne d’or » en Guyane !

 

« La Compagnie Montagne d’Or reste sur sa position, l’État qui joue un double rôle ne peut trancher pour un Oui, c’est tout un mécanisme politique et juridique qu’il faut contourner, donc en l’état des différents éléments et surtout de la réforme du code minier tant attendu, au jour d’aujourd’hui il serait simplement inconcevable et incompréhensible de la part de l’état après tant d’interventions au plus haut niveau.

Dans tout les cas nous maintenons notre position négatif contre ce projet et revendiquant trois fois plus nos problèmes quotidiens en Termes de préservation et de réparation sur trois générations.

Pourquoi l’état devrait-il financer un tel projet alors qu’il ferme les yeux sur les problèmes quotidien des Guyanais en particulier les PEUPLES AUTOCHTONES de ce territoire. Nous devons faire-valoir nos droits de vie jusqu’à l’obtention de nos droits de réparation pour avoir détourné nos destins aux profits des différents gouvernements de l’état français qui se sont succédés dans le mépris et l’indifférence face à nos problèmes. La Guyane fait partie de l’Amazonie donc il fait maintenant parti d’un problème de préservation mondial, n’était-ce pas les mots des différents chefs et représentants d’état à l’ONU concernant l’Amazonie ?

Le président de CMO ne mérite tout simplement pas sa place et l’air qu’il respire en Guyane.

Frères et sœurs face à tant de mépris et d’indifférence dans le monde nous restons vigilants et déterminés pour un avenir meilleur pour notre territoire et la planète.

Le chef Eric Louis »

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Écologie

AVA: rassemblement à Saint-Jean-Aux-Bois en Picardie samedi 2 novembre

Voici le communiqué d’AVA Compiègne :

« Protégeons la Nature face à la chasse à courre

Dans le département de l’Oise, depuis maintenant plusieurs années, la Saint-Hubert est l’occasion pour les défenseurs de la nature et de ses habitants de se regrouper et de s’opposer à la chasse à courre à Saint-Jean-Aux-Bois.

Cette année, il en sera de même et nous vous proposons de nous réunir autour de plusieurs stands qui vous présenteront et vous parleront de la forêt, des plantes et des animaux qui y vivent.

C’est donc une promenade familiale que nous vous proposons au cœur d’un des plus beaux villages de la forêt de Compiègne pour découvrir une partie des mystères de la nature et rencontrer ceux qui la défendent face à la barbarie.

Voici le lien de l’événement : https://www.facebook.com/events/478719676051991/?ti=as

Participez, partagez et likez 😉

Venez-nombreux ! »

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Société

Quelques questions au président des Poissons roses, chrétiens de gauche opposés à l’extension de la PMA

Nous avons interrogé Patrice Obert, le président des Poissons roses, une plateforme de réflexion de chrétiens à Gauche. Il nous livre ici un point de vue très intéressant, très engagé sur la question de l’humanisme et du refus de la marchandisation du corps.

Les Poissons roses ont participé à un rassemblement dimanche à la Sorbonne avec des féministes liées à la Gauche et opposées à la GPA, puis à la grande manifestation contre « la PMA sans père » où ils sont intervenus en début et fin de parcours sur la grande scène.

Vous vous êtes mobilisés contre le projet gouvernemental de « PMA pour toutes », pouvez-vous préciser le sens de votre engagement ?

Nous considérons que la gauche humaniste doit s’opposer à l’extension de la PMA pour des raisons qui tiennent justement à notre positionnement à gauche : refus de la marchandisation du corps consécutif au manque de gamètes, refus d’un glissement vers un nouvel esclavagisme qui découlera de la régularisation inévitable de la GPA, nécessité d’une Écologie intégrale qui lie économie, social, environnement et éthique, car « tout est lié » ( cf. encyclique Laudato Si).

Que répondrez-vous à des critiques vous reprochant de vous mettre à la remorque des milieux catholiques conservateurs à l’occasion de la grande manifestation qui vient de se dérouler ce dimanche 6 octobre 2019 ?

Nous sommes conscients d’être sur une ligne de crête. Certains nous reprochent notre décision, mais beaucoup louent notre courage. Nous avons fait ce choix en pleine connaissance de cause. Mais nous ne voulons pas laisser ce champ à la droite. Une gauche humaniste est fondée à participer à cette protestation. Nous assumons notre positionnement de gauche ET de chrétiens.

Selon vous, qu’est-ce qui fait que la Gauche est, pour beaucoup,
largement tombée dans une vaste impasse en se mettant à la remorque des exigences individualistes « sociétales », telles la « PMA pour toutes », voire la GPA ?

La Gauche s’est ralliée à l’économie de marché de façon radicale. La PMA exprime magnifiquement cette reddition qui cumulera dans la GPA. La Gauche a abandonné la défense « sociale » et s’est rabattue sur les sujets sociétaux. C’est une lourde responsabilité, historique.

Quelles sont selon vous les apports, les exigences que peuvent apporter les chrétiens de gauche à la Gauche, mais également à la conscience humaine en général ?

Le respect de la personne humaine, la prise en compte que toutes les dimensions sont reliées ( cf. plus haut), la non-violence, le respect dans le débat, l’écoute.

Le refus d’une démesure qui symbolise le projet de PMA, le refus du « c’est techniquement possible, donc il faut le faire ».

Vous appartenez justement à un courant de critique de la vie quotidienne qui s’est développée dans les années 1930, notamment avec Emmanuel Mounier et le personnalisme. C’était une époque où la Gauche chrétienne et la Gauche marxiste assumaient toutes deux l’optimisme, l’espérance et l’imbrication de l’humanité dans la nature, à l’opposé de ce qui sera après Guerre le pessimisme de l’existentialisme, hantise tant des
chrétiens que des marxistes. Comment, en ce début du 21e siècle, assumer que la vie a un sens dans une société façonnée par le consumérisme ?

Notre analyse est que se clôt la parenthèse de la Modernité occidentale technicienne, née au 17ème siècle quand l’homme a compris que « la nature s’écrit en langage mathématique » ( Galilée). Depuis cette date, nous vivons dans les plis de cette pensée. La technique est devenue le pôle moteur de la société, et malheureusement de la planète, puisque la civilisation européenne, devenue occidentale, s’est répandue par toute la Terre. Cette civilisation a apporté beaucoup de choses positives, ne les nions pas . Mais elle se fracasse aujourd’hui sur des impasses majeures : écologique, financière, individualiste.

C’est en ce sens qu’il faut remettre au cœur la Personne, reliée aux autres humains, à la Nature, à Dieu.

Ceci conduit à remettre en cause la société de consommation ( ce que vous nommez le consumérisme), qui est devenue une société de frustration qui alimente notre désir par une publicité incessante qui nous laisse insatisfaits.

En ce sens, la situation actuelle est très intéressante : un monde ancien s’effondre et plein de jeunes pousses, encore peu visibles, émergent. Il ne faut donc pas être pessimistes, mais volontaires. Sans doute, la transition sera difficile, voire dramatique. Mais la lecture de l’histoire nous montre que l’humanité a survécu à la chute de Ninive, de Jérusalem et de Rome, qui ont été des traumatismes énormes. Aujourd’hui, la situation est encore plus grave mais la grâce a toujours surabondé là où le péché abondait.

Nous avons développé ces thèmes dans notre Manifeste, paru en 2016 au Cerf A CONTRE COURANT et dans nos publications récentes, disponibles sur notre site poissonsroses.org, notamment nos rapports sur :

– la famille durable, au-delà des fascinations biotechniques ;
– Pour une renaissance de l’Europe.

Nous publierons prochainement une « Enquête sur les Invisibles de la République ».

Par ailleurs nous ne manquons pas de noter la convergence de trois faits ( cf la vidéo sur ce sujet sur notre site 3′) :

– la montée des femmes dans la société ;
– la crise de la pédocriminalité dans une église catholique ( universelle) faite d’hommes ;
– la crise écologique.

En tant que chrétiens, bien souvent catholiques, nous lisons que cette convergence n’est pas un hasard mais qu’elle signifie la fin d’un ancien monde, le nouveau, en cours d’émergence devant être finalement « plus humain ».

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Société

Succès de la manifestation du 6 octobre 2019 contre la «PMA sans père»

Des dizaines de millier de personnes ont manifesté ce dimanche 6 octobre 2019 à Paris pour s’opposer à la « PMA sans père », c’est-à-dire l’extension de l’aide « médicale » à la procréation aux couples de femmes et aux femmes seules. Organisée par les milieux activistes liées à l’Église catholique, la manifestation a été une réussite indéniable.

Le succès de manifestation s’explique par le fait que la société française s’avère en général rétive aux grandes réformes sociétales du libéralisme, étrangère à son exigence historique d’humanisme et d’universalisme, au moins en apparence.

La France n’est pas un pays façonné directement par le capitalisme dans ses fondements comme le sont les États-Unis : le libéralisme n’est accepté massivement qu’à travers le filtrage de l’État. Là, il y a l’impression tout à fait juste qu’il y aura une absence totale de cadre.

« Liberté, égalité, paternité », « Un vrai daron pas des échantillons », « Il est où ton papa ? », « La médecine ? C’est fait pour soigner ! », « Maman tu es unique, papa tu es fantastique ». Tels ont été les principaux mots d’ordre – savamment choisis – de la manifestation rassemblant autour de 74 000 personnes selon la presse ce 6 octobre 2019 à Paris (et même 600 000 personnes selon les organisateurs, 42 000 selon la préfecture).

La cible, c’est donc ce qui est appelé la « PMA sans père », c’est-à-dire l’extension de l’aide « médicale » à la procréation aux couples de femmes et aux femmes seules.

À l’arrière-plan, il y a toute une critique de l’évolution ultra-libérale de la société, pratiquement en confrontation avec le capitalisme… Mais pour faire de la Droite catholique le bastion romantique formant une prétendue solution. Voici la liste des principaux organisateurs :

Les Associations Familiales Catholiques, Alliance VITA, Les Veilleurs, Les Sentinelles, EVeilleurs d’espérance, Juristes Pour L’Enfance, La Manif Pour Tous, Générations Avenir, La Voix des Sans Pères, Vigi Gender, Maires pour L’Enfance, Institut Famille & République, Les Familles Plumées, Trace ta route, Collectif pour le respect de la médecine, CPDH – Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine, Agence Européenne des Adoptés – European Agency for Adoptees et Les Gavroches.

On a donc la mouvance, grosso modo, qui s’est mobilisée il y a sept ans en opposition au mariage homosexuel (qui représente seulement 3,5 % des mariages environ), avec une tonalité alors très familiale-bourgeoise et une hégémonie ouvertement de la Droite.

Les enjeux sont cette fois totalement différents, ils n’ont même franchement rien à voir, mais la Droite catholique compte bien présenter la lutte contre la « PMA pour toutes » comme un prolongement logique de l’initiative d’il y a sept ans. Il s’agit bien entendu d’ôter le terrain à toute critique de la part de la Gauche.

Comme la Gauche post-moderne a le dessus en ce moment, la Droite catholique se dit qu’elle aurait tort de ne pas en profiter pour se donner le monopole de la rébellion contre l’ultra-modernité capitaliste.

Cela se voit très bien lorsqu’on comprend qu’à l’arrière-plan, ce n’est pas le caractère naturel du couple hétérosexuel faisant des enfants qui est mis en avant. C’est évidemment là une thématique de la Gauche historique.

La défense de l’altérité biologique comme base de la vie est le fondement même de la critique de la « PMA pour toutes » et de la GPA de la part d’une Gauche assumant son parcours historique. C’est en ce sens qu’il faut lutter !

La Droite catholique ne compte pas du tout s’attarder sur cette dimension. Elle insiste plutôt sur la thématique du père, avec une part de justesse, mais évidemment une vraie orientation patriarcale en filigrane. Ludovine de la Rochère, la présidente de La Manif Pour Tous, a très bien résumé cela en expliquant que :

« Depuis 1917 la République française accompagne et soutient les pupilles de la nation car elle sait que l’absence de père, le vide que cause cette absence, sont difficiles. La PMA sans Père signifie que la république française ferait sciemment des orphelins de père. »

Elle a également précisé ainsi son propos :

« L’adoption n’a rien à voir avec la PMA sans Père. L’adoption vient réparer une situation. La PMA sans Père, c’est volontairement faire un enfant sans père. »

À la tribune, Pascale Morinière de la Confédération nationale des Associations Familiales Catholiques a formulé cela de la manière suivante :

« Nous ne voulons pas de votre révolution de la filiation ! Monsieur Touraine, les enfants ont vraiment besoin d’un père ! »

Nicolas Bay, du Rassemblement National, a tourné cela ainsi :

« Créer de toutes pièces une situation où un enfant serait privé de son père, et privé même de la possibilité de connaître un jour son père, ça nous paraît être une régression absolument majeure »

Encore est-il que la bataille pour la critique adéquate de la « PMA pour toutes » n’a lieu pour l’instant que dans de faibles proportions, puisque la Gauche commence seulement à se mobiliser (de manière assumée on a un secteur du féminisme, ainsi que les Poissons roses rassemblant des chrétiens de gauche).

Mais il est encore temps de se mobiliser, les organisateurs de la manifestation du 6 octobre prévoyant déjà quatre grandes mobilisations au cours de l’année, les 1er décembre, 19 janvier, 8 mars, 17 mai et 14 juin.

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Chasse à courre : l’audience du procès de l’ONF contre AVA

Voici le compte-rendu de l’audience du procès engagé par l’Office national des forêts contre AVA, un collectif d’opposants à la chasse à courre.

> Pour plus d’informations sur les origines de ce procès, voir notre article : L’ONF réclame 55 000 € à trois opposants à la chasse à courre

« 👩‍⚖️ PROCÈS ONF vs AVA : Une bataille démocratique pour la Nature!

Alors que simultanément se discutait au Sénat une nouvelle mesure de répression contre les opposants à la chasse, au Tribunal de Compiègne se tenait une audience capitale pour l’avenir d’AVA : l’ONF assigne trois militants pour « entrave au droit de chasse » des équipages de vénerie locaux.🗡

Pris parmi la masse des personnes opposées à la chasse à courre dans notre pays (82% selon le dernier sondage One Voice IPSOS), ces personnes se voient réclamer une somme astronomique en réparation de « dommages » reprochés à notre collectif.

Car pour l’avocat de l’ONF, Rémi-Pierre Drai, AVA est l’ennemi principal de la chasse, cette « pratique fondamentale et d’intérêt public » :

« Un collectif clandestin, le perturbateur principal des chasses à courre en France ! ».

« Si vous enlevez AVA, si vous enlevez ses portes-paroles, la chasse se passe convenablement. S’il n’y a plus le collectif AVA, alors il n’y a plus de problème de chasse. »

L’objectif annoncé est donc de décapiter l’opposition.

Assimilant AVA au mouvement ouvrier, il justifie le choix des trois personnes assignées, plutôt que d’autres :

« Quand on essaie d’expulser des grévistes d’une usine, le juge ordonné l’expulsion des piquets et de toutes personnes de leurs faits. On assigne les piquets de grève, c’est la même chose ici. » 👩‍🔧👨‍🔧

Mais quelles sont les raisons de l’ONF pour se mettre ainsi directement au service des chasseurs à courre, pour se laisser instrumentaliser de cette façon ? Un choix politique bien sûr, mais pas seulement :

« L’ONF est en difficulté, il est important que ces loyers tombent, et ces deux équipages représentent 103.000€ de revenus par an. […] Chaque euro compte ! Si nous n’avions pas procédé à ce geste commercial envers eux, les équipages auraient demandé la résiliation de leur bail de chasse. Or il en existe 400 en France. »💰

Face à cette déferlante de cynisme, se tient Maître Jean-Robert N’Guyen Phung, le ténor dépêché par Rémi Gaillard pour soutenir les membres d’AVA :
« L’ONF n’est pas là pour spolier le portefeuille des citoyens. On demande à ces trois personnes de financer un « geste commercial » demandé par les veneurs, c’est surréaliste ! »

Pour lui, le préjudice est fabriqué de toutes pièces par l’ONF et les veneurs :
« Le seul élément présent dans ce dossier : des lettres de veneurs se lamentant d’être dérangés pendant qu’ils décapitent des cerfs… Soyons sérieux. »

Il pointe le vide abyssal du dossier présenté par l’ONF contre les trois assignés :
« Maintenant, parlons de la faute qui leur est reprochée. En droit civil français, dieu merci, nul n’est responsable que de son fait personnel… Sont-ils responsables de tous ceux qui sont animés par la cause animale ?

Messieurs de l’ONF, quelles sont leurs fautes ?

Je met au défi ce tribunal de trouver le moindre fait reproché personnellement à ces trois personnes dans cette affaire !

Toute cette année en forêt, des gendarmes, des agents de l’ONCFS , des huissiers, des agents de votre propre Office étaient présents, pourtant aucun n’a rien constaté d’autre que des gens qui courent en forêt…».

📆 Le verdict sera rendu le 3 décembre prochain, et en attendant, ces échanges nous permettent de rappeler haut et fort ceci :

Avec plusieurs centaines de personnes impliquées tous les ans, AVA est tout sauf une poignée de fauteurs de trouble isolés.

AVA est l’outil de tous ceux qui refusent cette cruauté intolérable infligée aux animaux sauvages. AVA est l’outil des habitants qui ne supportent plus les usages féodaux dans leurs forêts et leurs villages. 🦌🐗🐰

Tant qu’il y aura de la chasse à courre, une résistance existera sous une forme ou sous une autre.

Aujourd’hui, cette forme c’est AVA, et la question de notre survie pose aussi en soi une question de démocratie. Il nous faut faire front ensemble. 🤝🌍

Merci à Rémi GAILLARD et Anymal pour leur aide décisive ! »

 

 

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Les déjections d’abeilles, le maire du village, l’industrie

Des gens se plaignent qu’il y a trop de déjections d’abeilles dans leur village. Ces gens sont des anti-écolos, des anti-nature, comme on en trouve tant ? Justement pas : la situation est la conséquence de l’élevage industriel d’abeilles. Sous prétexte de défendre les abeilles, le maire se fait ainsi le serviteur zélé d’une industrie toujours plus mortifère.

Christophe Georges

Le maire Christophe Georges a joué les interloqués, comme c’est la saison. Le Figaro a raconté comment une société a été appelée pour qu’elle débarrasse des habitants d’un village… des cigales faisant trop de bruit, et on sait comment l’urbanisation provoque un choc des cultures entre les gens provenant de zones vraiment urbaines et ceux anciennement présents.

Seulement, les campagnes françaises ne sont plus naturelles depuis longtemps, elles sont dépendantes de la propriété, de l’industrie agricole et donc des élevages aussi.

Rien que la photographie de profil du maire en dit ainsi long sur son profil culturel. Ses propos sur Facebook sont donc de la haute démagogie. Voici ses propos :

Impressionnant, stupéfait !!!
Étant maire de ma commune et fatigué de porter cette fonction à cause du comportement et de l’évolution de la mentalité de certains de nos concitoyens !!!
Ayant soutenu l’installation d’un couple d’apiculteur sur ma commune :
Commune rurale de 320 habitants aux portes de Clermont-Ferrand et Issoire au cœur de la comté aux portes du Livradois-Forez, une commune à caractère rural dont l’activité d’origine était simplement Agricole et qui accueille depuis quelques années de nouveaux habitants tous ne sont pas à mettre dans le même panier je le précise !!!
J’en aurais entendu pendant plus de 10 ans en tant que maire mais celle-ci pour moi dépasse beaucoup de limites!
Des habitants de notre commune habitants à proximité de la miellerie de la comté se plaignent, se sont plaints des déjections d’abeilles !!!!!
De quoi est composé la d’éjection d’abeille purement et simplement de pollen ! Le pollen ni plus ni moins que le spermatozoide de la fleur l’essens de la vie !
De quoi se plaint-ils : des petits dépôt de pollen sur des l’infrastructure de la vie volet table de salon de jardin, spa….
Il y en a même qui se sont plaints ded abeilles dévoreuse de fruits sur les arbres à savoir les seuls insecte qui dévore les fruits sont les guêpes les frelons et autres insectes.
Aidez-moi à soutenir Dominique et Stéphanie Pineau fraîchement installer en apiculture ayant pris le risque de quitter leur emploi pour créer une activité je vous demande de partager au maximum ce message en soutien à ce couple aujourd’hui car ils ont le moral au plus bas.
Je n’ai pas pour habitude de manifester ma stupéfaction ainsi mais cette fois-ci c’en est trop encore une fois merci de partager ce message en espérant que ce qui sont à l’origine de cela se remettre franchement en question

C’est là de l’escroquerie, le maire jouant simplement sur la corde du bon paysan qui sait et qui est confronté à des gens des villes n’y connaissant évidemment rien et dérangeant une activité « ancestrale ».

Dans les faits, le maire défend simplement de manière corporatiste une actualité industrielle, puisqu’une miellerie, telle que celle dénommée La Miellerie Comté, n’est rien d’autre qu’une exploitation massive d’abeilles travaillent pour leur ruche, avec naturellement plusieurs ruches.

Rien de moins naturel, cependant on se doute que le maire ne va pas expliquer cela. S’il proteste, c’est au nom d’une tradition fictive, d’un pseudo-terroir en réalité totalement façonné par le capitalisme. La France est devenue un pays de paysage, où la nature a été encadrée, déformée, tronçonnée, harcelée, détruite.

Et avec cela, les professeurs de français font bien souvent étudier chaque année au bac français le fameux texte de Montaigne tiré des Essais où il défend la nature sauvage contre les déformations de la civilisation. C’est une bien triste ironie.

Et cette affaire, au-delà de l’anecdote assez triste, témoigne d’un vrai problème de fond. La France est totalement à côté de la plaque niveau écologie. Les discours tendent inéluctablement à une sorte de défense du « terroir » et de ses savoirs-faire, des traditions, tout cela pour masquer la progression toujours plus grande de l’industrie massacrant l’environnement et utilisant des animaux avec une ampleur toujours plus grande.

Le fossé de la France s’imaginant paysanne encore et la réalité économique, est immense. C’est une véritable plaie culturelle qui fausse encore bien trop de choses !

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Aspas : « URGENT : L’état s’apprête à autoriser le massacre de 2 millions d’animaux ! »

L’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) lance un message d’alerte contre le projet d’arrêté du gouvernement fixant les listes et les modalités de massacre des animaux considérés comme nuisibles. Il y a la possibilité de donner son avis sur la consultation publique officielle jusqu’à ce jeudi 27 juin 2019 à minuit.

L’association dénonce des mesures autant cruelles qu’inutiles, qui sont en fait directement réclamée par les chasseurs pour justifier leur « loisir » morbide.

Voici le communiqué de l’Aspas qui contient le lien pour participer à la consultation :

« URGENT : L’Etat s’apprête à autoriser le massacre de 2 millions d’animaux !

Le ministre de la Transition écologique et solidaire consulte le public sur le nouveau projet d’arrêté fixant pour les 3 prochaines années les listes et les modalités de « destruction des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (anciennement dits « nuisibles ») dans chaque département de France.

Envoyez votre avis avant le 27 juin minuit via le formulaire situé en bas de la page qui présente le projet d’arrêté.

JE PARTICIPE

Les nouveaux condamnés à mort

Renards, fouines, martres, putois, belettes, corneilles, corbeaux freux, étourneaux, pies, geais : tous ont le malheureux point commun de figurer malgré eux sur la nouvelle « liste de la mort » du Ministère, établie tous les 3 ans. Si l’on se fie aux bilans de piégeage réalisés de 2015 à 2018, ce seraient plus de 2 millions d’animaux sauvages qui pourraient être à nouveau tués, piégés, déterrés d’ici le 30 juin 2022 !

Selon la loi, une espèce peut être classée « susceptible d’occasionner des dégâts » dans un département pour protéger la santé et la sécurité publiques, la faune et la flore sauvages, les activités agricoles, forestières et aquacoles et la propriété en général.

Mis à part une légère amélioration du sort de la fouine, dont le piégeage serait autorisé dans 68 départements (contre 79 précédemment), de l’étourneau (36 départements contre 44) et dans une moindre mesure du corbeau freux (56 contre 58) et de la corneille noire (82 contre 84), le projet d’arrêté est un quasi copier-coller de l’arrêté en vigueur depuis le 1er juillet 2015… Les choses sont même pires pour le renard, puisqu’il redeviendrait « destructible » en Savoie, ainsi que dans… 90 autres départements de France !

Le Ministère de la Transition (de l’Immobilisme) écologique, n’a décidément d’yeux et d’oreilles que pour le lobby chasse, et continue à tourner le dos aux associations de protection animale qui ne cessent de dénoncer l’absurdité de tels classements, qui vont à l’encontre de toutes les études scientifiques sérieuses.

Seule bonne nouvelle : le nombre de piégeurs et de chasseurs diminue d’année en année, et les Français sont de plus en plus sensibilisés à la cause animale et au respect de la biodiversité en général, une pression citoyenne qui finira bien par faire éclater la petite bulle de destructeurs qui lutte pour la survie de ses intérêts macabres.

Les positions de l’ASPAS

L’ASPAS s’oppose de manière générale à la destruction illimitée d’espèces animales autochtones. En plus d’être inutiles, ces abattages portent atteinte aux équilibres écosystémiques et sont à l’origine de souffrances eu égard aux modes d’abattage et aux périodes d’abattage autorisées (pièges non sélectifs et mutilants, déterrage pour le renard, abattage en période d’élevage des jeunes, etc.).

Concernant ce projet en particulier, l’ASPAS demande :

  • l’interdiction du déterrage du renard,
  • l’arrêt total du piégeage et du tir de la belette et du putois dans les rares départements qui l’autorisent encore,
  • la reconnaissance du rôle bénéfique de toutes ces espèces dans les écosystèmes et vis-à-vis des activités humaines,
  • une refonte de la procédure de classement qui est une instruction à charge menée par les chasseurs et dont les données sont invérifiables,
  • l’impossibilité de tuer ces espèces pour satisfaire les intérêts liés à la chasse,
  • la mise en œuvre de méthodes alternatives à la destruction pour toutes les espèces,
  • un zonage beaucoup plus précis de l’interdiction de tuer ces espèces en dehors des activités sensibles à leur présence.

Une refonte de notre rapport à la faune commune

Si la notion de « nuisible » a enfin définitivement disparu de nos textes en 2018, ce projet démontre que dans les faits, rien n’a changé. Ce projet reprend mot pour mot les termes de l’arrêté de 2015 qu’il est censé remplacer. Les abattages pourront continuer avec les mêmes méthodes dans quasiment les mêmes départements. Naturellement présentes dans le milieu naturel, ces espèces participent aux équilibres des écosystèmes, et sont bénéfiques aux activités humaines en prédatant d’autres espèces animales ou en disséminant des végétaux. Pour la plupart, elles jouent un rôle de police sanitaire en débarrassant la nature de cadavres d’animaux, évitant ainsi la propagation de maladies.

Des modes de destruction barbares, non sélectifs, aux conséquences non contrôlées

Ce projet d’arrêté continue à autoriser le piégeage de l’ensemble des espèces toute l’année ainsi que le déterrage du renard. Or les pièges tuants, qui provoquent la mort de l’animal dès sa capture ou après de longues minutes de souffrance, sont toujours autorisés en France malgré les risques que cela fait courir aux espèces non ciblées, potentiellement protégées, et aux animaux domestiques.
Le déterrage, quant à lui, engendre des heures de souffrances pour le renard traqué, et pour sa portée lorsque le déterrage a lieu en pleine période d’élevage des jeunes. Ces pratiques barbares et non sélectives devraient être interdites.

En outre, les destructions induisent nécessairement une réponse comportementale des animaux visés : ceux-ci peuvent se déplacer, adapter leur fécondité ou encore laisser une place libre que d’autres animaux vont rapidement occuper. Ces réponses rendent les destructions inutiles, voire contre-productives (propagation de maladies du fait du déplacement d’animaux porteurs d’un germe fuyant les destructions, élevage des jeunes rendu plus facile du fait de l’élimination d’animaux parasites augmentant ainsi les populations, etc.). Les pouvoirs publics, conseillés par le monde cynégétique, continuent d’appliquer des méthodes d’apprenti-sorcier, sources de grande souffrance, sans en étudier les conséquences sur le comportement des animaux.

Des prédateurs naturels tués pour satisfaire le plaisir des chasseurs

L’ASPAS l’a longtemps dénoncé, et certains tribunaux l’ont même sanctionné. Pourtant, aujourd’hui, le ministère l’assume et l’écrit noir sur blanc : les prédateurs naturels peuvent être tués pour protéger le gibier des chasseurs. Cet arrêté prévoit en effet que renard, pie bavarde, belette et autres mustélidés peuvent être tués à proximité des enclos destinés aux lâchers de gibier et dans les territoires où les chasseurs mènent des actions pour favoriser leur gibier préféré. Autant de zones dans lesquelles nos prédateurs naturels sont inévitablement attirés par une nourriture abondante et facilement accessible car peu habituée à la vie sauvage. Un simple loisir, qui plus est aussi funeste que la chasse, ne devrait pas primer sur la préservation de notre patrimoine naturel.

Protéger les activités plutôt que détruire une espèce animale

Les mustélidés peuvent être piégés uniquement à proximité de certaines activités, mais tirés en tout lieu. Le renard peut être tiré partout, mais uniquement près des élevages avicoles à partir du 31 mars. L’étourneau sansonnet peut être tiré uniquement près de certaines cultures, mais être piégé partout. Le geai des chênes peut être piégé dans les vergers et vignobles mais tiré partout, etc. Exceptée la pie bavarde qui ne peut être tuée qu’à proximité de certaines activités quel que soit le mode de destruction choisi, les espèces peuvent être détruites indépendamment des activités à protéger, même dans des lieux où aucun dégât n’a été causé, et même dans des lieux où aucun dégât n’est susceptible d’être causé. L’objectif est donc de détruire un spécimen de l’espèce parce qu’il appartient à cette espèce, et non de trouver une solution à un problème posé par la présence de cet individu. Il est temps de recentrer les réflexions sur les moyens techniques à développer pour protéger efficacement et dans la durée certaines activités, plutôt que de privilégier le recours au fusil, facile mais inutile et dénué de toute éthique.

Des méthodes alternatives obligatoires mais incontrôlables

Les oiseaux sont protégés par la directive « Oiseaux », la martre et le putois par la directive « Habitats ». À ce titre, leur destruction ne peut être autorisée qu’après recherche, étude et mise en œuvre infructueuse de méthodes alternatives qui permettraient de protéger les activités humaines au moins aussi efficacement que leur destruction. Pourtant, ce projet n’impose pas que la réalité de cette mise en œuvre soit constatée par une personne indépendante, laissant à chacun la responsabilité de respecter les dispositions européennes. Or la difficulté à initier ces alternatives et la facilité de recourir aux armes n’incitent pas les acteurs à préférer la méthode douce, pourtant plus efficace que la destruction.

Campagnols : une lutte naturelle reconnue mais non exploitée

Ce projet entérine l’interdiction de tuer des renards et des mustélidés dans les zones où sont mises en œuvre des luttes chimiques contre les campagnols, reconnaissant ainsi le rôle d’auxiliaires que peuvent jouer ces petits prédateurs. Cependant, la lutte chimique est toujours de rigueur, ce qui présente le problème de l’utilisation de substances nocives en pleine nature et favorise l’ingestion de poisons par les prédateurs de campagnols. En outre, lutte naturelle et lutte chimique coexistent alors que la lutte naturelle est bien plus efficace en amont des pics de pulluation, soit avant que la lutte chimique ne soit engagée.

Interdire l’utilisation des armes en pleine ville

La destruction à tir des mustélidés est interdite dans les zones urbanisées. Pour des questions de sécurité évidentes, cette interdiction devrait être étendue à toutes les espèces.

Le renard, une espèce classée partout en France

Le renard est classé dans 91 départements (contre 90 la saison précédente, contrairement à ce qu’écrit le ministère). Cette espèce autochtone peut donc être détruite par piégeage et déterrage sur la quasi-totalité du territoire français. Pourtant, cette espèce joue un rôle utile sur les populations de certains micro-mammifères et contre la propagation de maladies en éliminant cadavres et animaux malades.

Les dégâts causés aux poulaillers interviennent en général sur des installations vétustes qui ne sont pas correctement protégées, et ne justifient pas le classement du renard partout en France.

Le tort réel de cette espèce prédatrice et opportuniste est de s’attaquer un peu trop souvent au « gibier » des chasseurs, qui voient en elle une concurrente insupportable.

Vous pouvez exprimer votre opinion en vous inspirant de ces éléments, mais un point de vue personnalisé aura plus de poids que plusieurs avis reprenant le même modèle, au mot près. 

JE PARTICIPE

Nous comptons sur votre mobilisation, merci d’avance pour votre participation !

L’équipe de l’ASPAS

Tout dysfonctionnement du site internet du ministère n’est pas du fait de l’ASPAS. Nous vous invitons à renouveler ultérieurement votre participation en cas de message d’erreur.

Aller pour loin pour protéger les animaux sauvages

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« Pendons les écolos tant qu’il reste des arbres »

Les chasseurs n’hésitent pas à employer la manière forte, car ils se considèrent comme porteurs des vraies valeurs, celles du terroir. Inextricablement liés au pétainisme comme idéologie de la territorialisation du conservatisme le plus poussé, ils assument ouvertement qu’ils sont prêts à détruire leurs opposants.

« Pendons les écolos »

Que cette photographie ait été prise à un rassemblement organisé par des partisans de la chasse à courre, le 30 mars 2019, n’étonnera nullement. La chasse à courre a été le prétexte pour les chasseurs à un branle-bas de combat à la fois général et agressif. Les troupes sont motivées et le slogan « Pendons les écolos tant qu’il reste des arbres » témoigne bien de leur agressivité.

On a donc de l’humour noir. Résumant l’écologie à une panique parce que les arbres disparaîtraient en France (ce qui est une réduction sciemment stupide), il y a l’idée de pendre les écologistes, de les supprimer physiquement. L’image du pendu est très clair et l’ensemble est indubitablement un appel à la violence.

Ce n’est pas une simple « provocation ». Dans les forêts, contre les activistes anti-chasse à courre, la violence est déjà de mise. Voitures aux pneus crevés, personnes menacées (y compris de violences sexuelles), tabassées… les forces réactionnaires de notre pays sont très vivaces. Elles savent frapper, elles le font. Et leur public, arriéré dans tous les domaines de l’épanouissement personnel en termes culturels, suit.

Cela ne surprendra personne ayant une compréhension de ce qu’est une civilisation. La grossièreté, la brutalité, le refus complet de l’intelligence, le rejet total de la culture, le mépris pour la civilisation, la dénonciation de la compassion, l’hostilité à l’empathie… Voilà ce qui caractérisent les chasseurs, à différents degrés. Cela affleure dès qu’ils s’expriment, dès qu’ils ont quelque chose à dire.

Si on laisse ces personnes prendre le contrôle total du pays, on ferme les musées, on ferme les opéras, on fume où on veut quand on veut dans un pays où la limitation de vitesse sur les routes est supprimé. On supprime les impôts et toutes les taxes sur l’essence. Les chasseurs, ce sont nos Donald Trump à nous, et les gilets jaunes correspondent directement à cet état d’arriération de la société française.

Une arriération déjà moquée par les Inconnus il y a de cela quelques décennies déjà…

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« Montagne d’or en Guyane: la politique de l’enfumage continue »

Voici le communiqué du collectif Or de question à propos des annonces du gouvernement sur le projet Montagne d’or en Guyane. Il est suivi par les réactions en vidéo de Michel Dubouillé, le porte-parole du collectif ainsi que de celle de Christophe Yanuwana Pierre, le porte parole des Jeunesses autochtones.

« Montagne d’or en Guyane: la politique de l’enfumage continue

Après l’annonce du Ministre de la Transition Écologique et Solidaire, suite à la première réunion du Conseil de défense écologique, le collectif Or de question exprime sa profonde déception. M. de Rugy n’a fait que réitérer les propos tenus par le Président Emmanuel Macron deux semaines auparavant, sans pour autant enterrer définitivement le projet de la compagnie Montagne d’or.

Le gouvernement le sait, beaucoup lui reprochent de ne pas aller assez vite ni assez loin. Messieurs Édouard Philippe et De Rugy n’ont cessé de le répéter comme pour prévenir les critiques qu’ils ne peuvent manquer de voir venir suite à l’annonce des premières décisions du Conseil de défense écologique.

Le collectif Or de question attendait de la part du gouvernement une réponse ferme et définitive. Au lieu de quoi, les ministres ont rappelé que le “projet actuel” ne semblait pas compatible avec les objectifs fixés en terme de biodiversité. Or de question craint que ces déclarations ne laissent la possibilité à la compagnie minière, voyant la porte fermée, de rentrer par la fenêtre en modifiant son projet.

Creuser une mine d’or à ciel ouvert à coup d’explosif entre deux réserves de biodiversité est, de facto, incompatible avec la préservation de la nature ! Le collectif rappelle qu’en Guyane ce sont aujourd’hui près de 360.000 ha de terres qui sont directement concernées par des activités d’extraction ou des projets de recherches minières, alors même que ce territoire représente à lui seul 50% de la biodiversité française.

Encore une fois le grand enfumage continue donc, avec l’annonce lointaine d’une révision du code minier, patate chaude que les gouvernements successifs se refilent à chaque nouveau mandat. Quand bien même le projet Montagne d’or serait écarté, d’autres demandes de permis miniers sont en cours d’examen et rien ne présage de l’aboutissement de la réforme de la législation française.

A quelques jours des élections européennes, il est permis de douter que ce gouvernement ait convaincu quiconque quant à son engagement pour la protection du climat et de la biodiversité.

Pour les membres du collectif Or de question le combat continue jusqu’à l’abandon définitif de tous les projets industriels miniers en cours ; nous attendons M. le ministre de pied ferme lors de son déplacement en Guyane. »

> Lire également : Non au méga-projet de mine d’or « Montagne d’or » en Guyane !

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« Emmanuel Macron a fait plus pour la chasse française qu’aucun de ses prédécesseurs »

La fédération nationale de la chasse a tenu son congrès. Étaient présents non pas simplement deux ministres, voire trois, mais carrément quatre membres du gouvernement. C’est qu’il s’agit de maintenir la France profonde enfermée dans ses traditions réactionnaires.

Le président de la République Emmanuel Macron est un ardent ami des chasseurs, il leur a promis beaucoup de choses avant les élections, notamment l’organisation d’un tourisme cynégétique. Alors que l’opposition à la chasse à courre est devenue populaire grâce à AVA – Abolissons la Vénerie Aujourd’hui, il a mis tout son poids pour appuyer la contre-offensive, couvrant de ce fait la violence des partisans de la chasse à courre.

> Lire également : AVA : une force démocratique contre la chasse à courre

Rappelons également qu’à partir du premier juillet, le permis de chasser va coûter moitié moins cher, que les espèces vont dépendre de « gestions adaptatives » (pour faire sauter les éventuelles protections), qu’à partir de janvier 2020 il y aura une « police de la nature ».

Là, au congrès de la fédération nationale de la chasse à Paris, à la salle de la Mutualité, Emmanuel Macron a envoyé quatre membres du gouvernement. Il y avait ainsi trois ministres : celui de l’agriculture, Didier Guillaume, celui des Collectivités locales, Sébastien Lecornu, celui de la Transition écologique, François de Rugy. À cela s’ajoute la secrétaire d’État à la Transition écologique Emmanuelle Wargon.

On peut être certain que c’est bien le choix du président de la République : l’arrière-plan ne laisse aucun doute à ce sujet. Willy Schraen, le pittoresque président de la fédération des chasseurs, pour ne pas dire grotesque aux yeux de gens de Gauche, a tenu des propos dénués d’ambiguïté à ce sujet :

« Le président de la République, Emmanuel Macron, a fait plus pour la chasse française qu’aucun de ses prédécesseurs. »

François de Rugy a tenu lui aussi, à la fin du congrès, des propos résolument clairs :

« Je veux sortir des débats théoriques, même théologiques, des postures. Il y a un autre climat qu’il y a quelque temps. »

Mais c’est là un vœu pieux. AVA – Abolissons la Vénerie Aujourd’hui a littéralement fait briser la chape de plomb concernant la chasse à courre et ce faisant a révélé la nature des chasseurs en général. Il est vrai qu’avec les gilets jaunes, ce thème est passé au second plan de l’actualité et de la réflexion de beaucoup. Mais c’est désormais un marqueur très fort, qui restera.

> Lire également : Les chasseurs doivent comprendre le sens de la chasse à courre

Et justement par rapport au caractère improductif des gilets jaunes, il y a lieu de voir l’importance de la culture, et donc notamment de la chasse, ce pilier de la réaction y compris dans une large partie du peuple. Tout est faux dans la chasse : l’esprit communautaire, la volonté de destruction, le rapport dévoyé à la nature, pour ne pas dire terroriste… La liste serait trop longue.

Les chasseurs peuvent donc être très heureux du fait qu’ils aient désormais le soutien ouvert du régime ; effectivement vu ainsi, c’est un triomphe pour eux. Mais c’est d’une valeur faible et uniquement temporaire ; ni Emmanuel Macron, ni le gouvernement, pas même l’État français ne peuvent faire face à l’opposition à la chasse qui est désormais cristallisée et grandit.

On peut même dire que l’opposition à la chasse grandit dans cette adversité, ce qui est inévitable, car elle ne peut être que portée par la Gauche, dans un grand combat pour les valeurs, pour se débarrasser notamment aussi de tous ces restes du passé qui portent la barbarie.

Il n’y a pas au 21e siècle de place pour la chasse, cette activité immorale, dont on ne sait pas s’il faut dire qu’elle est avant tout grossière ou vulgaire. Et on sera toujours étonné de voir Emmanuel Macron, qui s’est toujours voulu si moderne, soutenir corps et âme une telle monstruosité passéiste. Cela en dit long sur ce qu’est la modernité pour lui : un prétexte au libéralisme partout et tout le temps.

À ce titre, la Gauche doit se débarrasser de tout libéralisme culturel et être en mesure de faire des choix assumés. Que le combat contre la chasse, sans même parler de la chasse à courre, ne soit pas au programme de toute la Gauche, est une trahison sur le plan des idées et une capitulation face aux tendances réactionnaires de notre pays.

> Lire également : le dossier chasse à courre

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Politique

Emmanuelle Wargon défendait cet été le lait infantile à l’huile de palme contre la nature

Dans une vidéo qui a beaucoup circulé, ont peut entendre la nouvelle secrétaire d’État à la transition écologique Emmanuelle Wargon défendre l’huile de palme cet été. Elle représentait alors les intérêts du groupe Danone dont le lait infantile est un produit phare, qu’il veut généraliser contre la pratique naturelle de l’allaitement.

Plus un produit alimentaire est transformé, plus il génère de plus-value et donc de bénéfices pour les industriels. Un groupe comme Danone vit précisément et particulièrement de cela.

Son rôle consiste à remplacer des produits simples par des produits transformés, très rentables. C’est pour cela que le groupe est implanté dans le secteur de l’eau, avec sa marque phare Evian. C’est pour cela aussi qu’il est très implanté dans le secteur du lait infantile. Emmanuelle Wargon a d’ailleurs été elle-même en charge de superviser la commercialisation du lait infantile en Afrique pour le groupe Danone.

On touche ici avec ces produits pour les nourrissons à quelque-chose de tout à fait dramatique et scandaleux d’un point de vue sanitaire. Ces produits sont présentés comme équivalents au lait maternel, ce qui n’est pas vrai, au moins pour la raison qu’ils ne contribuent pas efficacement au système immunitaire des nourrissons.

Une véritable politique de santé publique, libérée des intérêts privés, ferait largement la promotion de l’allaitement, voire interdirait les substituts avant un certain âge.

Même pour les femmes qui ont un empêchement sanitaire, il est tout à fait possible, et cela existe déjà en partie, de mettre en place une solidarité organisée cliniquement pour que d’autres femmes partagent leur excédent de lait maternel.

Seulement voilà, des grands groupes comme Danone existent et il en en va de leur propre existence de ne pas laisser des pratiques aussi simples et populaires. La nomination d’Emmanuelle Wargon auprès du Ministère de l’écologie est donc extrêmement significative de ce point de vue. C’est une expression de l’offensive gigantesque du capitalisme contre la Nature, ici par le biais de l’alimentation des nourrissons.

L’allaitement recule en France à mesure que des grands groupes comme Danone ou Lactalis accentuent leur emprise sur les nouveaux-nés. Les propos Emmanuelle Wargon défendant ouvertement l’huile de palme pour le lait infantile lors des rencontres économiques d’Aix-en-Provence en juillet 2018, vont pleinement dans ce sens :

« L’huile de palme, on en a besoin pour les laits infantiles. C’est l’un des produits essentiels pour les laits infantiles. Pourtant c’est un ingrédient qui fait l’objet de plus en plus de méfiance, à la fois pour des raisons environnementales, à cause des ravages que ça peu causer dans certaines parties du sud-est asiatique, et aussi pour une forme de défiance d’absence de naturalité. Et pourtant l’huile de palme est le meilleur ingrédient pour les laits infantiles et donc on en a besoin et on est tout à fait capable d’expliquer pourquoi. »

Au-delà du cynisme, puisqu’elle reconnaît ouvertement la destruction de la forêt tropicale indonésienne , on comprend qu’il y a ici un enjeu immense pour l’agro-industrie capitaliste. L’huile de palme est une matière première très intéressante commercialement pour de nombreuses entreprises qui n’envisagent aucunement de s’en passer.

Quand elle parle de « naturalité », il faut donc comprendre qu’elle attaque ici directement l’intérêt sanitaire des nourrissons, puisque le besoin naturel est celui du lait maternel, pas de substituts industriels.

Le mot « naturalité » est prononcé comme un euphémisme de manière prudente, mais il n’en est pas moins très violent quant à la négation de la réalité naturelle. Car si le lait de vache généralisé pour des bébés humains est bien sûr une absurdité en soi, personne ne peut croire qu’il faille absolument de l’huile de palme pour les nourrissons.

À moins justement de considérer que la nature est quelques choses de relatif et secondaire, et de critiquer la défense de la réalité naturelle comme relevant de la superstition, d’un point de vue qui serait arriéré ou réactionnaire de la part des classes populaires.

On voit ici d’ailleurs à quel point les discours postmodernes et ultralibéraux contre l’allaitement (qui serait un asservissement de la femme), pour la PMA, pour la GPA, etc., n’ont rien de Gauche, mais servent au contraire pleinement le capitalisme.

Il est significatif qu’il n’existe pas de statistiques précises au sujet de l’allaitement en France, alors que les observations montrent un recul de cette pratique depuis de nombreuses années, malgré les recommandations de l’Organisation mondiale pour la santé et toutes les connaissances à ce sujet.

C’est clairement la confiscation démocratique d’une question qui concerne pourtant l’essence de la vie, que les capitalistes veulent soumettre dès le premier jour.

Voici donc où l’on en est en France en 2018 sous la Présidence d’Emmanuelle Macron :

Emmanuelle Wargon a été nommée Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire alors qu’elle assume ouvertement une critique de la nature ayant pour but de soumettre les nourrissons à une grande entreprise, ce partout dans le monde, et qu’elle défend l’huile de palme dont la production industrielle est l’une des choses la plus absurde et néfastes pour la planète.

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Écologie

Non au méga-projet de mine d’or « Montagne d’or » en Guyane !

La Montagne d’or est un immense projet de mine d’or à ciel ouvert dans le nord-ouest de la Guyane, en pleine forêt amazonienne. Ce « monstre industriel » est dénoncé par le collectif citoyen Or de question comme étant une catastrophe écologique.

Or de question ! Contre la méga-industrie minière en forêt guyanaise

Le plan prévoit une phase de construction de 2019 à 2021, une phase d’extraction de 12 ans  puis une dernière phase de fermeture du site pendant 30 ans. Le rendement espéré est de 6,7 tonnes d’or par an, pour 4 500 000 tonnes de minerai extraits chaque année en tout.

On l’aura compris, le projet est gigantesque. Avec une emprise totale de 190km2 et une fosse de 2,5km de long sur 500m de large pour 400m de profondeur, la Montagne d’or constituerai la plus grande mine de France. Ce projet est soutenu pas deux grandes entreprises du secteur, Colombus Gold (Canada) et Norgold (Royaume-Uni).

la construction de la mine

Le projet se situe en pleine forêt amazonienne, qui présente comme tout le monde le sait une très grande richesse naturelle. Cela occasionnera forcément de grands dégâts.

Il est expliqué que le mal est déjà en partie fait car l’activité minière aurait déjà façonné le site depuis 140 ans. Il est vrai que l’orpaillage illégale, c’est à dire la recherche d’or dans les rivières, est en fléau environnemental en Guyane. Cela avait d’ailleurs été largement dénoncé par la population lors du mouvement social en 2017.

Cependant, l’envergure du projet fait que l’impact sur la faune et la flore sera encore plus grand. Il est admis dans le document de synthèse de la compagnie minière que 45 % du site minier nécessitera de déboiser une partie de forêt « à caractère primaire » et la ligne électrique 30 %.

Il est bien entendu dit, conformément à la loi, que l’impact est minimisé et qu’il y aura des compensations. Ce sont des logiques absurdes ! Les animaux délogés et dont la la vie aura été plus ou moins impactée se fichent bien de savoir que des arbres seront plantés plus loin, « pour compenser ».

Une fois les dégâts faits, il n’y a pas de retour en arrière possible. Et encore moins de compensation. Cette mentalité d’ingénieur étriqué est de la folie pure.

Le déboisement n’est qu’une partie du problème. La profondeur de la mine pose aussi des questions sur des pollutions possibles de l’eau et l’impact sur les nappes phréatiques. La région est sujette à d’importantes pluies qui pourraient disséminer des éléments présents dans les roches par ruissellement.

Le cyanure

L’or ne peut être extrait du minerai avec une très bonne efficacité qu’avec du cyanure. C’est une question très sensible car son utilisation n’est pas anodine et sans risque, loin de là. Les résidus de l’extraction devront être traités afin que le taux de cyanure soit inférieur à un seuil légal de 10 ppm (partie par million), et seront stockés dans un important dispositif de traitement. La crainte est celle d’un écoulement de ces résidus et donc de cyanure dans l’environnement. Ceci pourrait engendrer une véritable catastrophe écologique

Il faut se rappeler la catastrophe de Baia Mare (nord-ouest de la Roumanie) en 2000. De grandes quantités de cyanure (et de métaux lourds) se sont déversés dans la nature suite à un accident. Un barrage a cédé et l’eau contaminée s’est déversée dans l’environnement. A proximité du site, presque toute la vie a disparu. Plus au sud, en Serbie, on estime que 80% de la vie aquatique a été décimée. Cette catastrophe est souvent considérée comme la pire après Tchernobyl, en Europe de l’est. Voici donc ce qui peut se produire lorsqu’une exploitation aurifère tourne mal.

L’énergie

Aux problèmes liés à la construction de la mine, s’ajoutent ceux de son fonctionnement. La consommation électrique pour commencer, est estimée à 20MW. Cela représentera un peu moins de 10 % de la capacité de production de la Guyane en 2023, et 20 % de la consommation.

A ces chiffres bruts s’ajoutent toutes les question d’infrastructures. Comment acheminer l’énergie nécessaire au fonctionnement de ce projet en pleine forêt ? La construction de lignes électriques nécessitera de nouvelles agressions envers l’environnement. De plus, ces lignes impliquent qu’EDF soit en mesure de mettre en place les infrastructures nécessaires à temps. Dans le cas contraire, le promoteur indique qu’il faudra se tourner vers des solutions alternatives comme «  des turbines ou groupes électrogènes alimentés au fuel ». Ce qui pose encore d’autres questions sur la pollution.

La compagnie Montagne d’or peut bien installer des panneaux solaires sur les toitures des bâtiments pour avoir l’air de se soucier de l’environnement : les estimations des promoteurs ne donnent une production que de 440 kW… presque 1/40e des 20MW.

Pourquoi il faut dire non au projet Montagne d'or (Or de question !)
Pourquoi il faut dire non au projet Montagne d’or (PDF)

Détruire l’environnement pour relancer l’économie ?

Comme toujours, la destruction de l’environnement est minimisée et l’argument fort est celui de la création d’emplois. Le projet avance la création de 750 emplois directs et 3000 indirects. La Guyane étant une région détenant le taux de chômage le plus élevé de France, l’argument économique est ici tout trouvé.

Pourtant, tous ces emplois ne dureront pas quarante ans, de la construction à la fermeture de la mine. Les chiffres avancés correspondent au nombre d’emplois créés au plus haut. Certains emplois ne seront plus nécessaires une fois la mine construite et opérationnelle au bout de deux ans. Et tous les emplois liés à l’extraction n’auront sûrement plus de raison d’être tout au long des trente années de fermeture du site.

Le but est surtout d’enrichir quelques personnes déjà riches, pas de servir l’économie locale et la population.

Un projet sans vision sur le long terme

Le projet s’étend sur un peu plus de quarante ans de la construction à la fermeture de la mine. Il va nécessiter énormément d’explosifs et de cyanure. Des quantités d’eau phénoménales seront aussi nécessaire. Les boues contaminées devront être traitées dans des lieux parfaitement hermétiques. Il faudra ensuite s’assurer, une fois l’extraction terminée, que plus rien de nocif ne subsiste sur le site.

Au vu de la taille du projet, toutes ces précautions sont autant d’investissements lourds pour l’entreprise. Toutes les parties de ce projet peuvent signer autant d’accords et s’engager à respecter toutes les conventions du monde, cela ne changera rien à sa nature même. C’est une aventure capitaliste, donc destiné à faire du profit à court ou moyen termes, mais pas à servir la société à long terme.

Les entreprises ne savent raisonner qu’en terme de probabilité lorsqu’il s’agit de gestion de risque. Nous avons vu ce que ce genre de raisonnement peut donner à Fukushima…

Et quand bien même tous les intervenants de ce projet respectaient à la lettre les conventions les plus strictes dans les premières années du projet, qui nous dit que cela sera toujours vrai à la fin des douze années d’extraction ? Pendant les trente années de fermeture du site ?

Comment espérer que des entreprises capitalistes qui n’ont souvent aucun scrupule à détruire l’environnement soient exemplaires, toutes proportions gardées, durant les quarante ans du projet ?

Comment être certain que les changements de direction, les évolutions des cours des matières premières ou encore les différentes politiques locales et nationales n’influent pas sur le respect scrupuleux des normes et des consignes de sécurité ? Qui peut garantir que toutes ces entreprises seront prêtes à tous les sacrifices financiers afin d’assurer la sécurité du site ?

Non à la Montagne d’or !

Le projet de la Montagne d’or est une aberration et est tout simplement indéfendable. L’enjeu ici est de savoir si des grands groupes doivent dicter leurs lois ou si nous voulons une humanité capable de prendre conscience des enjeux de son époque et des les assumer. Il ne peut et il ne doit pas y avoir de place pour la recherche du profit à tout prix, pour les calculs de risques probabilistes, pour des engagements sur des dizaines d’années avec des entités dont le seul but et d’engranger toujours plus de bénéfices. L’environnement n’est pas à vendre. La vie n’est pas une ressource dont l’on peut disposer à sa guise ou que l’on peut compenser.

Ce projet est de plus une insulte au Guyanais et aux peuples autochtones, en faisant miroiter quelques emplois à défaut d’une véritable planification économique.

Si ce projet devait avoir lieu, chaque personne qui l’a défendu devra répondre de son choix devant les générations futures qui ne pourront qu’être abasourdies par une telle folie.

Le projet de la Montagne d’or ne doit pas avoir lieu !

Pour en savoir plus sur  le projet minier, consultez le site du collectif citoyen Or de question !

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Politique

Le cycliste Romain Bardet à propos du sport sur France Inter

Le coureur cycliste Romain Bardet était l’invité de l’émission Par Jupiter sur France Inter jeudi dernier. C’est une émission satirique mais néanmoins sérieuse, typique de l’esprit de la gauche française.

Voici une retranscription d’un échange intéressant concernant certaines pratiques liées au sport.

On peut l’écouter à partir de 44min 30 secondes sur ce lien.

« Charline Vanhoenacker : Voici un sujet sur le sport extrême où les gens veulent se surpasser.

Il y a de plus en plus de salles et d’adeptes de cross-fit, de sports inspirés des méthodes de l’armée américaine et aussi beaucoup de vélo en salle où les gens cherchent à flirter avec le rouge.

Quasiment parfois à la suffocation, certains rendent sur le parquet après le sport. Est-ce que vous comprenez cette démarche de vouloir se surpasser ?

Romain Bardet : Non j’ai un peu de mal je vous avoue. Cela m’est un peu étranger, ce n’est pas la conception que j’ai originel du sport. C’est vrai que le sport m’a été inculqué par mes parents, c’était les grandes randonnées le dimanche à vélo, finir le col avec mon père, profiter des paysages, faire un pic-nique dans l’herbe tout simplement.

C’est découvrir des lieux, être au grand air et pour moi les séances, voilà quand faut rester à l’intérieur, c’est de la véritable torture mentale, parce que ce n’est pas la conception que j’en ai.

On a la chance d’avoir une grosse diversité des paysages en France et pleins de choses à découvrir et je pense que le sport amène aussi ce lâcher prise, quand on va dans des grandes étendues, des grands espaces, les montagnes, moi les volcans en Auvergne, justement propice à découvrir des choses et être en communion avec la nature.

Et voilà vous en parliez c’est vrai qu’il y a une grosse tendance pour ces sports un petit peu extrêmes où les gens dans un temps imparti doivent faire le maximum, un peu à l’image de la société dans laquelle on vit, dans la vie de tous les jours…

Charline Vanhoenacker : c’est vrai dans l’instantané, peu de temps pour le faire…

Romain Bardet : mais aussi il y a un vrai tendance retour à la nature avec le phénomène trail qui se développe énormément où des gens aussi ont besoin de rechercher une certaine quiétude que la nature peut apporter. »

Ceci est très intéressant. D’abord à propos de la nature, mais aussi à propos du sport. À la base du sport, il y a le plaisir et le jeu.

Les sportifs, notamment les cyclistes mais c’est aussi le cas des footballeurs, insistent très souvent dans les interviews sur le fait que cela soit une passion pour eux.

La souffrance n’est pas le but. Ce qui est valorisé par contre est l’effort, la rigueur pour arriver à ses buts. Mais toujours avec à l’esprit le plaisir.

Le plaisir est d’ailleurs collectif, y compris dans l’adversité, puisque l’adversaire dans la grande majorité des cas est respecté et salué pour ses performances, que l’on soit gagnant ou perdant.

Au contraire, les pratiques dénoncées dans l’émissions et qui sont à la mode à Paris et dans les grandes villes françaises sont typiques de la décadence de notre société.

Cela n’a aucun sens et reflète un grand malaise chez les personnes riches et branchées qui vivent dans ces grandes villes.