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L’armée ukrainienne toujours plus bandériste

Il faut souhaiter sa déroute la plus complète.

Le régime ukrainien est un satellite américain porté par une oligarchie ukrainienne et les nationalistes. Son idéologie est totalement anti-communiste et anti-socialiste, tout ce qui est de « gauche » est d’ailleurs formellement interdit.

Le régime se situe très clairement dans la perspective du fasciste Stepan Bandera, comme le montre la publication du Parlement ukrainien sur le média Twitter le 1er janvier 2023, afin de fêter l’anniversaire de celui-ci.

On y voit Valeri Zaloujny, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, devant un portrait de Stepan Bandera. Sur le selfie d’origine, il lève le pouce.

Surrout, il y est dit que « les directives de Stepan Bandera sont bien connues du commandant en chef des forces armées », ces directives étant présentées au moyen de plusieurs citations, dont : « la victoire totale et suprême du nationalisme ukrainien aura lieu quand l’empire russe cessera d’exister. »

Tout cela est on ne peut plus clair sur la nature du régime ukrainien. Naturellement, le message sur Twitter a fait scandale en Pologne dans la foulée, en raison du rôle des bandéristes pendant la seconde guerre mondiale.

Le parlement ukrainien a alors supprimé le message. Tout comme le maire de Lviv, Andrii Sadovyi, a supprimé son message du même jour. On le voit prendre une pose typiquement fasciste devant un monument à Stepan Bandera, dans cette ville de l’Ouest de l’Ukraine formant le bastion du nationalisme.

Dans son message, il dit que « à l’exemple de Bandera, une nouvelle génération a grandi, qui est allée à la bataille contre la nouvelle horde moscovite. Une génération de vainqueurs. Gloire à l’Ukraine! [slogan bandériste auquel on répond par « Gloire aux héros ! »] ».

Ces autocensures ne changent rien à l’affaire. Au fond, ce qui compte, c’est que toute l’idéologie nationaliste ukrainienne vise à la destruction de la Russie et à établir un régime ultra-réactionnaire. C’est le point de vue du régime, c’est le point de vue du commandant en chef de l’armée ukrainienne.

Ce dernier n’est pas forcément antisémite, d’ailleurs, car il a salué il y a quelques jours avant la fête juive de Hanoucca. Encore que ce soit totalement ambigu, puisqu’on peut trouver des photos de lui, comme en janvier de l’année dernière, avec des néo-nazis intégrés dans l’armée ukrainienne.

Telle est l’extrême-Droite, prête à tout pour exister du moment qu’elle a l’aval des grands capitalistes, quels qu’ils soient.

En haut on a le portrait de l’infâme bourreau bandériste Roman Choukhevytch, à droite celui de Stepan Bandera

L’armée ukrainienne constitue en permanence des forces au moyen de volontaires néo-nazis, comme par exemple la 67e brigade mécanisée formée en novembre 2022 sur la base des néo-nazis du Pravy Sektor et du Corps des volontaires ukrainiens. Cela ne veut pas dire que tous les gens qui rejoignent soient néo-nazis, mais que l’armée ukrainienne est encadrée dans une optique bandériste.

Qui plus est, les troupes d’élites sont toujours portées par des activistes néo-nazis, comme le bataillon Kraken, qui utilise une rune nazie comme symbole.

Tous les pires réactionnaires d’occident rejoignent d’ailleurs l’armée ukrainienne : les aventuriers, les romantiques nihilistes, les néo-nazis notamment français, les mercenaires de l’Otan et même des djihadistes (surtout Tchétchènes) qui sont organisés de manière autonome dans l’armée ukrainienne !

Un soldat avec un totenkopf nazi à côté d’un soldat « djihadiste »

Si le régime ukrainien gagne la guerre, on aura un État ultra-réactionnaire entièrement subordonné à l’Otan, servant de fer de lance du dépeçage de la Russie. Déjà le régime ukrainien sert de « modèle » aux États les plus réactionnaires d’Europe, comme la Tchéquie et les pays baltes.

Il ne s’agit plus du tout là de nation ukrainienne à protéger, mais d’un projet artificiel, nationaliste agressif, directement au service de l’Otan. Le régime ukrainien est bandériste, il doit tomber, il faut lutter contre tout soutien français à ce régime !

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Le régime ukrainien veut qu’on interdise Tchaïkovski

Comme d’ailleurs toute la musique russe.

Le régime ukrainien est aux mains de fanatiques pour qui l’Ukraine n’aurait jamais rien eu à voir avec la Russie. Ce qui ne tient pas du tout debout.

D’un part, parce que l’Ukraine paysanne orthodoxe était martyrisée par la Pologne catholique et les Tatars musulmans, avant de se tourner vers la Russie. Ensuite, parce que c’est l’URSS qui a permis la génération d’une presse et de livres en langue ukrainienne, d’une éducation ukrainienne, d’une culture nationale ukrainienne reconnue comme principale.

C’est tellement vrai que les bâtiments principaux de l’Etat ukrainien relèvent de l’architecture « stalinienne » d’esprit national ukrainien le plus classique. Tant le bâtiment présidentiel que le parlement et le siège du ministère des Affaires étrangères (anciennement du Parti Communiste d’Ukraine) datent de l’époque de Staline et relèvent du style national local, une démarche obligatoire dans le réalisme socialiste.

En raison de ce rapport historique à la Russie (et à l’URSS), le nationalisme ukrainien a une obsession, celle de détruire la Russie, celle de prétendre que la Russie n’a jamais existé, que l’Ukraine a été colonisée et n’a jamais eu rien à voir avec elle. Le régime ukrainien dénonce ainsi régulièrement que de la musique classique russe soit jouée dans les pays occidentaux.

C’est vrai depuis le début de la guerre, et même avant, puisqu’en Ukraine tout ce qui est russe est interdit à la base, au point que Ihor (ou Igor) Terekhov, le maire de Kharkiv, une ville russophone, a eu une amende fin novembre 2022 pour avoir parlé russe dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Mais le régime ukrainien étant dans sa phase de pré-effondrement, il est d’autant plus agressif. La Scala de Milan avait décidé il y a trois ans de commencer sa saison 2022 le 7 décembre avec l’opéra Boris Godounov du compositeur russe Modeste Moussorgski. C’est un grand classique.

Le consul ukrainien de Milan Andrii Kartysh a exigé que ce soit annulé, ce que le surintendant Dominique Meyer a heureusement refusé. Ce Français, qui a auparavant géré l’opéra de Vienne et est donc une des plus grandes sommités de la culture mondiale, a affirmé avec justesse que :

« Je suis contre attaquer la culture russe parce qu’elle est russe, et les artistes russes parce qu’ils sont russes. »

C’est démocratique, et très courageux. L’opéra de Londres a par exemple supprimé le ballet de Bolchoï de sa programmation, la Philarmonie de Paris a supprimé l’orchestre du théâtre Marinski de Saint-Pétersbourg, l’opéra de Cardiff (au Pays de Galles) a déprogrammé le compositeur russe Tchaïkovski.

Et justement, le ministre ukrainien de la culture Oleksandr Tkachenko a fait une tribune le 7 décembre 2022, bien entendu dans la presse britannique si fanatiquement anti-Russie, exigeant de bannir Tchaïkovski le temps de la guerre, et pas seulement Tchaïkovski : toute la culture russe. De toutes façons, on pourrait la remplacer par la culture ukrainienne et bien mieux.

Voici un exemple de ce fanatisme hypocrite en ce qui concerne la durée de cet effacement, comme on le devine très bien :

« Le boycott de la culture russe est une étape importante.

Nous ne parlons pas d’annuler Tchaïkovski, mais plutôt de suspendre les représentations de ses œuvres jusqu’à ce que la Russie cesse son invasion sanglante.

Les lieux culturels ukrainiens l’ont déjà fait avec lui et d’autres compositeurs russes.

Nous appelons nos alliés à faire de même. Déjà, de nombreux théâtres et lieux culturels qui refusaient auparavant de jouer de la musique russe ou de coopérer avec des artistes russes qui soutiennent la guerre ont depuis renouvelé leurs liens.

Et la culture ukrainienne a tant à offrir. Nos compositeurs ont produit des chefs-d’œuvre, et nos écrivains ne devraient pas être moins estimés que leurs homologues russes. La littérature ukrainienne a des racines profondes et continue de se développer activement. Nos beaux-arts et nos arts décoratifs partagent leurs origines avec la riche histoire culturelle de l’Europe. »

Toute culture nationale mérite démocratiquement le respect, mais oser dire que la culture ukrainienne a le degré de développement, l’ampleur de la culture russe… c’est de la folie pure. La Russie fait partie d’un cercle très restreint de nations ayant développé à très haut niveau tant les différents arts que les différents secteurs de la science.

On a ici affaire au fanatisme ukrainien, qui précipite l’Ukraine dans l’abîme. 15 millions d’Ukrainiens ont quitté le pays, il en reste 29 millions vivant une situation terrible avec les infrastructures énergétiques détruites… Il n’y a pas de chiffres officiels des soldats tués, mais la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré mercredi 30 novembre que 100 000 militaires ukrainiens avaient été tués, avant que ce passage mis en ligne soit très rapidement censuré de son discours appelant à créer un « tribunal spécial pour juger les crimes » de la Russie.

La nation ukrainienne est en train d’agoniser, assassinée par un régime nationaliste la manipulant pour en faire une machine de guerre anti-Russie, et ainsi une marionnette de la superpuissance américaine. Les impérialistes russes se frottent les mains d’une telle folie qui ne peut que les aider dans leurs desseins.

Seule une Ukraine démocratique et populaire aurait pu faire face, en parvenant à mobiliser tout le monde dans le pays et en obtenant l’appui des masses démocratiques mondiales !

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L’Ukraine tente de mettre le feu à sa frontière polonaise

Une provocation criminelle.

Le régime ukrainien est en totale décomposition et il tente d’attirer avec lui le monde entier dans l’abîme. C’est ni plus ni moins le sens des accusations de Vladimir Zelenski et de son entourage envers la Russie, qui aurait selon eux volontairement bombardé la Pologne le 15 novembre 2022.

Cette accusation s’est propagée méthodiquement le 16 novembre, avec en soirée les médias occidentaux qui se sont déchaînés dans la foulée, accusant l’armée russe.

L’arrière-plan, c’est l’envoi par l’armée russe de cent missiles sur l’Ukraine le 15.

L’Ukraine a en fait tenté une provocation afin de chercher à se sortir de sa situation désespérée à terme. D’où l’accusation d’un missile russe tombé en Pologne, alors que factuellement il était facile de savoir qu’il était ukrainien.

L’objectif du régime ukrainien était l’escalade militaire. La Pologne étant dans l’Otan, une attaque russe signifierait le déclenchement de l’article 5 du traité de l’Alliance atlantique, donc l’intervention des alliés contre la Russie, et donc la 3e guerre mondiale.

Évidemment, tout cela n’a pas de sens, du moins pour l’instant ; la Russie n’a aucun intérêt à tirer sur un tracteur dans une ferme polonaise pour tuer deux personnes. Mais le ridicule n’effraie pas les dirigeants d’un régime aux abois, qui ont été livrés en pâture à la Russie par les Américains, et qui maintenant se rendent compte de l’immense pétrin dans lequel ils sont. L’Ukraine est terrassée par ce conflit qui tue des vagues entières de mobilisés sur le front et envoie des vagues encore plus grandes d’Ukrainiens se réfugier à l’étranger – y compris en Russie.

Sur le plan militaire, c’est une Bérézina pour l’Ukraine, malgré les propos ridicules que l’on peut entendre dans les médias français décrivant une armée russe connaissant revers sur revers, et une Russie au bord de l’effondrement… Alors qu’il est en même temps expliqué que l’armée russe risque d’envahir toute l’Europe de l’Est. La propagande est ininterrompue, afin de préparer les opinions publiques occidentales à accepter l’intervention de l’OTAN pour sauver le régime ukrainien.

Du côté de l’état-major américain par contre, là où se décide véritablement le sort de l’Ukraine, le discours est très clair. Le général Mark Milley a tenu une conférence de presse dans la journée du 16 novembre pour dire qu’il est peu probable que l’Ukraine déloge bientôt la Russie de l’ensemble des territoires occupés :

«La probabilité d’une victoire militaire ukrainienne, expulsant les Russes de tout l’Ukraine y compris (…) la Crimée, la probabilité que cela se passe de sitôt n’est pas très élevée militairement. »

L’Ukraine est également terrassée par la campagne massive de bombardements russes visant ses infrastructures électriques et stratégiques, au point que des millions de gens sont régulièrement coupés du réseau. Malgré la fourniture d’armes et de missiles occidentaux, l’armée ukrainienne n’a pour ainsi dire aucune défense anti-aérienne.

L’armée ukrainienne utilise des missiles sol-air avec les moyens du bord, ceux-ci atterrissent parfois sur des civils et c’est justement ce qui s’est passé à Przewodow en Pologne, comme l’ont confirmé tant les Américains que les Polonais. Bien sûr, c’est surtout l’Otan, directement concernée, qui devait réagir pour calmer le jeu, à moins d’assumer dès aujourd’hui la 3e guerre mondiale.

Jens Stoltenberg a donc mis fin à toutes les spéculations en déclarant le 16 novembre, après avoir lui-même mis de l’huile sur le feu en disant qu’il fallait attendre, que l’OTAN se réunissait, etc. :

« Notre analyse préliminaire suggère que l’incident a été probablement causé par un missile de système ukrainien de défense anti-aérienne tiré pour défendre le territoire ukrainien contre les missiles de croisière russes. »

Mais les dirigeants ukrainiens sont tellement furieux dans leur nationalisme fanatique qu’ils accusent encore la Russie pour faire monter la pression, quitte à déformer les faits comme ce fut le cas à Bucha et à la gare de kramatorsk, d’ailleurs.

Vladimir Zelenski expliquant dans une vidéo aux dirigeants du G20 à Bali que ce missile en Pologne ne serait « rien d’autre qu’un message de la Russie adressé au sommet du G20 » ayant eu lieu en même temps à Bali en Indonésie, alors que le ministre ukrainiens des Affaires étrangères qualifie de « théories du complot » toutes les affirmations contredisant son récit quant à un missile russe.

Malgré les explications américaines, et celles de l’Otan, récusant la thèse ukrainienne, le président ukrainien continuait d’ailleurs ses accusations hystériques dans la soirée du 16 novembre :

« Je n’ai aucun doute que ce missile n’était pas à nous. Je crois que c’était un missile russe conformément au rapport des militaires. »

Cet acharnement en dit long sur l’état de délabrement du régime ukrainien, au bord de la faillite.

On aura remarqué aussi le niveau hallucinant de bellicisme en France, où cette information a été dans un premier temps traitée en assumant totalement la possibilité de la thèse ukrainienne du missile russe, contre toute vraisemblance. Jusque tard dans la journée du 16 novembre, Emmanuel Macron était encore très timoré sur les faits, laissant planer le doute quant à la possibilité d’un tir de missile russe et donc d’un emballement vers la 3e guerre mondiale.

Il ne faut pas s’attendre à ce qu’il en soit toujours ainsi et que les choses ne s’emballent pas, bien au contraire. Cet épisode fait encore monter les choses en gamme !

Voici, pour documentation, la déclaration le 16 novembre 2022 du Canada, de la Commission européenne, du Conseil européen, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, des Pays-Bas, de l’Espagne, du Royaume-Uni et des États-Unis, en marge du Sommet du G20 à Bali.

Aujourd’hui, les dirigeants du Canada, de la Commission européenne, du Conseil européen, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, des Pays-Bas, de l’Espagne, du Royaume-Uni et des États-Unis se sont réunis en marge du Sommet du G20 à Bali et ont publié la déclaration suivante :

Nous condamnons les attaques de missiles barbares que la Russie a perpétrées mardi contre des villes et des infrastructures civiles ukrainiennes.  

Nous avons discuté de l’explosion qui a eu lieu dans la partie orientale de la Pologne, près de la frontière avec l’Ukraine. Nous offrons notre plein soutien et notre assistance à l’enquête en cours en Pologne. Nous avons convenu de rester en contact étroit afin de déterminer les prochaines étapes appropriées à mesure que l’enquête progresse. 

Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à l’Ukraine et au peuple ukrainien face à l’agression russe, ainsi que notre volonté constante de tenir la Russie responsable de ses attaques contre les communautés ukrainiennes, alors même que le G20 se réunit pour faire face aux conséquences plus larges de la guerre. Nous exprimons nos condoléances aux familles des victimes en Pologne et en Ukraine. 

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La loi 5371 en Ukraine supprime le droit du travail

La fin du droit pour les salariés.

Alors que ce 24 août 2022 le régime ukrainien célèbre la mise en place d’une Ukraine post-soviétique en 1991, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ratifié le 23 août la loi 5371. Elle concerne 70% des masses laborieuses ukrainiennes, qui travaillent dans les Petites et Moyennes Entreprises, les PME, soit toutes les entreprises de moins de 250 personnes. Le droit du travail n’y a désormais plus cours ; chaque salarié aura maintenant son propre contrat individuel.

Cela supprime de fait le droit d’association pour les travailleurs et l’existence même de syndicats. Le rapport de force est unilatéralement en faveur des employeurs. Les travailleurs ne peuvent pas se défendre, ils sont à la merci de contrats taillés sur mesure par le patronat.

Cela a forcément un impact sur les 30% des travailleurs non concernés, pour qui la pression devient immense, puisqu’il y aura un chantage terrible. Qui revendique quelque chose sera licencié et se retrouvera dans les 70% connaissant une précarité absolue.

Pour la grande majorité des travailleurs, c’est un retour au 19e siècle, ce qui est en phase avec la modification de la nature du régime ukrainien depuis le début de la guerre. De semi-colonie américaine, le pays est devenu une colonie et la suppression du droit du travail correspond à la nature fasciste du régime, au service des intérêts américains. Les capitalistes français en profiteront aussi naturellement, à condition cela étant que le régime ukrainien se maintienne face à l’offensive russe.

Le régime ukrainien avait également fait que les travailleurs mobilisés par l’armée continuent de percevoir leurs salaires : c’en est fini, c’est le gouvernement qui s’en occupe mais cela fonctionne mal. Cela renforce cependant le rôle de l’État, qui militarise l’ensemble de la société, non pas au sens d’une armée populaire, mais d’un peuple enfermé par les armes. Cela se voit avec l’incapacité d’une mobilisation armée à grande échelle : l’Ukraine devrait mener une guerre de libération nationale, elle ne le fait pas, et elle ne peut pas le faire de par la nature du régime.

Depuis la fin juillet, il y avait d’ailleurs également des sortes de semi-contrats où les travailleurs, à hauteur de 10% du personnel, font du 32 heures par semaine avec un planning au jour le jour. Cela pavait la voie à la loi 5371, alors qu’il y avait beaucoup d’espoir du côté des syndicats ukrainiens pour que celle-ci ne soit pas ratifiée.

C’est une défaite complète. Les masses laborieuses se retrouvent concrètement divisées, éparpillées, écrasées. C’est la conséquence de l’incapacité de celles-ci à comprendre les enjeux de l’époque et comment l’Ukraine est devenue une victime de la bataille pour le repartage du monde.

Cette situation va naturellement réimpulser en même temps la lutte des classes. Mais le processus va être terriblement tortueux, et les masses ukrainiennes vont devoir être à la fois fortes et ingénieuses pour faire face à la fois à l’envahisseur russe, à la tutelle coloniale de la superpuissance américaine, à l’oligarchie ukrainienne et au régime ukrainien de type fasciste. C’est pour l’instant par ailleurs extrêmement mal parti, les Ukrainiens ne comprenant rien à ce qui leur arrive, par aveuglement nationaliste.

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Les valets américains Macron, Scholz et Draghi à Kiev

L’Union européenne est un appendice de l’OTAN qui a à sa tête la superpuissance américaine.

Dmitri Medvedev, vice-président du conseil de sécurité spécial de la Fédération de Russie, a commenté de la manière suivante sur le réseau social Twitter la visite à Kiev du président français Emmanuel Macron, du chef du gouvernement allemand Olaf Scholz, du chef du gouvernement italien Mario Draghi, le 16 juin 2022 :

« Les amateurs européens de grenouilles, de saucisses de foie et de spaghettis adorent leur visite de Kiev. Avec zéro résultat. Ils ont promis l’adhésion à l’UE et de vieux obusiers à l’Ukraine, ils se sont rués sur la gorilka [une sorte de vodka ukrainienne] et sont rentrés chez eux en train, comme il y a 100 ans. Tout va bien. Pourtant, cela ne rapprochera pas l’Ukraine de la paix. L’heure tourne. »

C’est méprisant et provocant, mais il y a une fine allusion que les chancelleries auront noté (et les journalistes français pas du tout). Début mai 2022, l’ambassadeur ukrainien en Allemagne, Andrij Melnyk, avait traité le chancelier allemand Olaf Scholz de « saucisse de foie vexée ». C’est à cela que Dmitri Medvedev fait allusion. L’insulte de l’ambassadeur ukrainien faisait suite à ce qu’Olaf Scholz a exprimé un certain désarroi à ce que l’Ukraine refuse catégoriquement en avril 2022 la venue à Kiev du président allemand Frank-Walter Steinmeier, considéré comme pro-Russie.

L’Ukraine tire en fait à boulets rouges de manière régulière contre la France et l’Allemagne, accusées de vouloir temporiser, de vouloir que l’Ukraine signe un traité de paix rapide à tout prix, afin de ne pas fournir d’armes. Et il est vrai que jusqu’à présent, la France et l’Allemagne, avec d’ailleurs l’Italie, soutiennent entièrement l’Ukraine car ils s’alignent sur l’OTAN, tout en traînant des pieds car un alignement complet les placerait entièrement à la remorque de la superpuissance américaine et affaiblirait leurs économies.

De plus, si les choses tournent encore plus mal, la France, l’Allemagne et l’Italie devraient s’impliquer militairement et ainsi se confronter à la Russie. Cette dernière rappelle régulièrement d’ailleurs qu’il y a des lignes rouges à ne pas franchir et que participer à l’organisation de l’armée ukrainienne, à sa logistique, à ses actions, revient à devenir une cible. Dmitri Medvedev avait par exemple publié le message suivant sur Twitter le 30 mai 2022 :

« Biden a déclaré que les États-Unis ne fourniraient pas à l’Ukraine les systèmes de missiles capables de frapper la Russie. C’est raisonnable. En cas d’attaque contre nos villes, la Russie frapperait les centres où ces décisions criminelles sont prises [car relevant des services secrets occidentaux et de leur capacité satellitaire, ainsi que la gestion directe des missiles employés].

Certains d’entre eux ne sont pas à Kiev [mais dans des pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, voire l’Allemagne et la France]. Ce qui vient ensuite est évident. »

La visite à Kiev montre que ce « en même temps » franco-germano-italien a pris fin. La France, l’Allemagne et l’Italie appellent désormais ouvertement à la victoire complète de l’Ukraine, avec également la récupération de la Crimée.

La France, l’Allemagne et l’Italie appellent également à ce que l’Ukraine devienne candidate à l’entrée de l’Union européenne, alors que les exigences demandées pour cela rendent normalement la chose totalement impossible. Cela en dit long au niveau stratégique aussi.

Car le régime ukrainien est fantoche, le pays est une colonie anglo-américaine, à la fois totalement corrompu depuis deux décennies et désormais économiquement à l’agonie. Une entrée dans l’Union européenne rendrait cette dernière encore plus soumise à la superpuissance américaine, alors que de toute façon l’Union européenne reconnaît officiellement l’OTAN comme sa forme militaire.

La France, l’Allemagne et l’Italie cèdent ainsi à l’hégémonie de la superpuissance américaine. L’Union européenne, déjà entièrement alignée sur l’OTAN. L’ombre de la guerre s’installe encore davantage sur l’Europe. On ne peut pas voir les choses autrement que comme la troisième guerre mondiale qui s’installe, avec comme cœur le conflit entre la superpuissance américaine et son challenger chinois.

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Le t-shirt anti-URSS de Volodymyr Zelensky

Le côté réactionnaire est assumé.

Le président Volodymyr Zelensky lance chaque jour un message, que ce soit pour le festival de Cannes ou pour le parlement d’un pays européen. Comédien, il excelle dans sa présentation et ses appels, et il profite d’un story telling immanquablement produit aux États-Unis par une équipe coordonnée par l’armée américaine. Rien n’est laissé au hasard, que ce soit au niveau des références (Verdun pour la France par exemple) ou du style employé.

Ainsi, pour le salon parisien VivaTech dédié aux start-ups, Volodymyr Zelensky a surfé sur l’imagerie de Star Wars, intervenant par vidéo le 17 juin 2022 sous forme d’un hologramme (comme il y en a dans les films de cette série cinématographique mystico-élitiste).

Cette vidéo a également été diffusé le même jour dans des salons « tech » à Amsterdam, London et Stockholm. Une start up a mis son savoir-faire en avant et le régime ukrainien se présente comme totalement lié à la modernité capitaliste, tout en appelant aux investissements.

Le t-shirt de Volodymyr Zelensky relève également de l’imagerie Star Wars ; le voici avec une variante en fond bleu pour plus de clarté. On y voit une figure connue (celle de Boba Fett ou du Mandalorian) avec à l’arrière-plan des vaisseaux de Star Wars (chasseurs X et le petit vaisseau de Dark Vador), ainsi que d’autres représentations militaristes.

Mais surtout la figure principale a à ses pieds le cadavre d’un cosmonaute soviétique, l’acronyme « CCCP » étant parfaitement reconnaissable deux fois sur la tenue.

Et comme slogan, on a « Come to the Dark Side » (Rejoins le côté obscur) et « Dominate or die » (Dominer ou mourir).

C’est là tout à fait exemplaire de pourquoi le régime ukrainien est désormais de type fasciste. Avant la guerre il était déjà sous la coupe occidentale avec l’extrême-Droite diffusant librement et massivement son nationalisme. Avec la guerre, l’État ukrainien a pris le contrôle de toute la société, tout en devenant un État fantoche au service de la superpuissance américaine.

Ce t-shirt est même tellement caricatural qu’il rend sympathique l’exigence russe de ne pas balancer par dessus bord tout le patrimoine historique commun russo-ukrainien. Naturellement, la Russie profite de cette question pour asseoir son hégémonie sur l’Ukraine, ou plutôt la faire disparaître en tant que nation. Cependant, le régime fantoche ukrainien est lui-même le fossoyeur de la nation ukrainienne dont il liquide tout le parcours démocratique et populaire pour la transformer en base territoriale de l’OTAN.

L’absence de camp démocratique en Ukraine explique d’ailleurs pourquoi agauche.org, qui a annoncé l’invasion russe six mois avant qu’elle ait lieu et a appelé à la solidarité avec l’Ukraine tout en présentant inlassablement la situation, est passé inaperçu à ce niveau. Le camp démocratique, celui du peuple, est tellement faible partout que les puissances font ce qu’elles veulent dans le processus de repartage du monde.

En plus de l’invasion, c’est le drame actuel de l’Ukraine.

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Un néo-nazi français meurt dans les rangs de l’armée ukrainienne

On parle ici de terroristes.

Selon sa mère, Wilfried B. de Bayeux était simplement parti en voyage humanitaire pour aider l’Ukraine, et se serait attaché aux gens. En réalité, c’était un militant néo-nazi assumant la ligne terroriste et s’engageant par conséquent dans les rangs des nationalistes ukrainiens les plus furieux. Le voici avec le drapeau noir et rouge des banderistes – les partisans de Bandera – et le symbole de la « misanthropic division », le mouvement néo-nazi nihiliste né en Ukraine, qui sert d’ailleurs de relais européen pour les nationalistes ukrainiens d’Azov.

Un compte de la « misanthropic division » sur les réseaux sociaux le présente d’ailleurs comme un

« fier membre de la WSMDivision, légionnaire français, homme qui a combattu contre le bolchévisme et les antifascistes toute sa vie ».

Le message dit encore :

« Notre frère d’armes est mort le 1er juin en défendant l’Europe et l’Ukraine des hordes asiatiques. Il est mort en homme avec un AK dans les mains lors d’un bombardement russe dans la région de Kharkiv (…). Wilfried, ton nom ne sera pas sur les monuments des morts pour la France et pourtant, nous louons le jour où nous serons assez dignes pour le rejoindre au Valhalla, le paradis des guerriers tombés au combat. »

Le discours sur les « hordes asiatiques » que représenterait la Russie est tout à fait classique de l’extrême-droite ukrainienne, voire du régime lui-même, qui considère que les vrais successeurs de la Rus’ médiévale, c’est l’Ukraine, la Russie étant une sorte d’anomalie semi-asiatique.

Pour porter un symbole de la « misanthropic division », il faut effectivement s’être lancé à 100% dans le néo-nazisme le plus nihiliste, de facture terroriste. On a un excellent profil de ces néos-nazis dans les photos de l’article « Le label La barricade et Misanthropic Division Vinland : un véhicule pour le mouvement néonazi international au Québec« .

On ne parle pas ici soldats perdus devenant des pèlerins du néant car soutenant une « cause perdue » erronée, ni de nationaux-révolutionnaires petits-bourgeois au romantisme raté. On parle de furieux fanatique des armes et du combat rapproché, avec qui aucune discussion n’est possible. Les trois seuls principes de la « misanthropic division » sont porter une arme, cacher son visage, rester et agir en groupe. On est dans la démarche des fraternités virilistes racialistes adeptes d’un paganisme justifiant tout et n’importe quoi.

N’importe quel régime démocratique digne de ce nom s’en débarrasserait le plus rapidement possible, ces gens étant non seulement des criminels en puissance, se formant pour l’être de la pire manière qui soit, mais également déjà des acteurs virulents du fascisme. Si d’ailleurs ce néo-nazi français mort en Ukraine était revenu vivant, il aurait inévitablement profité de son expérience militaire pour renforcer les activistes de son type.

Il faut d’ailleurs s’attendre à une montée en puissance du terrorisme nationaliste, qui est désormais coupé de l’extrême-Droite jouant le jeu électoral. On va avoir en France, comme dans l’Espagne des années 30, une Droite virulente, un terrorisme nationaliste provocateur et agressif, avec une armée aux aguets pour profiter de la situation.

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Azov change son logo, les tatouages nazis restent

Le régime ukrainien s’appuie sur les nazis.

Si agauche.org annonçait dès avril 2021 qu’il y aurait l’invasion de l’Ukraine par la Russie, tout en suivant depuis inlassablement les événements, il est pour autant évident que la nature du régime ukrainien rendait très difficile une mobilisation pour l’Ukraine. Le régime ukrainien interdit ce qui est de gauche, s’est vendu à la superpuissance américaine et s’appuie sur les nazis comme pilier pour la mobilisation nationaliste.

Et l’Ukraine ne cesse de s’empêtrer dans cette question nazie. Il y avait par exemple eu le 8 mars 2022 un message « féministe » de l’OTAN sur les réseaux sociaux, avec une femme soldate – une chose extrêmement rare en Ukraine d’ailleurs – avec un symbole nazi, le « soleil noir ».

L’image a bien entendu été retirée ensuite, mais cela a fait tâche, surtout qu’il est difficile de masquer tout cela tellement c’est généralisé. Alors, début juin 2022, les nazis d’Azov ont décidé de changer leur logo, afin au moins d’arrondir un peu les angles. On retrouve le trident ukrainien, mais avec trois épées.

Azov abandonne donc formellement la « wolfsangel » nazi, qui était auparavant elle-même placée sur un « soleil noir » nazi.

Le premier symbole d’Azov, le second, le « soleil noir » nazi qui était un symbole SS, le blason de la 2e Division SS Das Reich

Le logo se situe toutefois dans la foulée du symbole nazi de la « wolfsangel » au sens où l’on retrouve trois lignes. Le Parti social-national d’Ukraine devenu « Svoboda » (liberté) a fait pareil en 2003, troquant la « wolfsangel » (officiellement le logo de « l’idée nationale ») contre une main levant trois doigts.

Impossible par contre de changer les tatouages des membres d’Azov, le ministère russe des affaires étrangères se faisant un malin plaisir à diffuser un document avec des tatouages de combattants de Marioupol capturés et devant passer en procès dans les « républiques populaires » séparatistes du Donbass.

Les gens d’Azov ne se sont de toutes façons jamais cachés de leur idéologie à part pour les journalistes. Comme ces derniers sont des propagandistes au service du régime dominant, ils ont joué le jeu et accepté de cacher ce qu’est Azov.

Il suffit inversement de creuser simplement un tout petit peu pour savoir que les groupes néo-nazis d’Europe avaient des liens avec Azov, qui servait de référence et de base arrière. Le groupe français de métal nazi « Peste Noire » a très largement été valorisé en Ukraine, son chanteur était installé à Kiev et il y a d’ailleurs de nombreux Allemands et Autrichiens ayant rejoint Azov depuis le début de l’invasion russe.

En fait, si les partis populistes – nationalistes, comme le Rassemblement National de Marine Le Pen, ont tous en Europe des liens avec la Russie, pour les activistes nazis Azov est depuis plusieurs années une référence, avec son nationalisme exacerbé, son virilisme agressif, son intégration officielle dans l’armée ukrainienne, ses initiatives nationalistes de masse et ses références puisant dans les années 1940.

Impossible donc de regretter la défaite d’Azov, et même sa liquidation, car toute avancée de ces néos-nazis aurait donné des ailes à leurs acolytes dans les autres pays d’Europe. Avoir choisi ces gens et non pas le drapeau de la démocratie, sans parler du Socialisme, est l’erreur dramatique de l’Ukraine.

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Culture

L’Ukraine gagne l’Eurovision 2022, mais ce n’est pas Alina Pash

Le côté sombre de l’Ukraine l’a emporté.

L’Ukraine était grande favorite de l’Eurovision 2022, parce qu’il était considéré qu’on avait le moyen de valoriser la combinaison de tout ce qui fait l’idéologie de l’Union européenne : la société inclusive et la consommation capitaliste.

L’Eurovision, c’est en effet un spectacle kitsch par des gens LGBT revendiqués la plupart du temps, avec une musique de variété, dans une ambiance régressive assumée. Cela pouvait être vaguement sympathique il y a trente ans car sans prétention, cela avait un certain sens il y a cinquante ans quand c’était un spectacle de pure variété, mais là c’est très sérieux dans sa niaiserie et son esprit « ouvert ».

Les résultats sont d’ailleurs donnés après une heure du matin, ce qui reflète bien le choix d’un public passant une soirée d’abrutissement assumé. L’Eurovision ne vise pas les gens en général, mais relève d’un secteur particulier du divertissement capitaliste.

Dans l’ordre des choses, de par l’immense campagne en faveur du régime ukrainien, il était donc cohérent de s’attendre à ce que l’Ukraine soit largement mise en avant. Cela aurait formé un beau package idéologique, une sorte de mise en condition de tout un état d’esprit. Et ce fut le cas.

Cela ne fut en fait pas du tout le cas au niveau des jurys nationaux, composés de cinq personnes de l’industrie musicale. L’Ukraine a bien reçu des points d’un peu tout le monde, terminant même en quatrième position pour cette raison, car les goûts des pays sont très différents quant au reste, ce qui disperse les points.

Cependant, les seuls pays ayant mis l’Ukraine premier au classement, avec les fameux « twelve points », ont été des pays d’Europe de l’Est s’impliquant politiquement de manière agressive dans la guerre Ukraine-Russie. On a ainsi la Moldavie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie et la Pologne, avec dans ce dernier cas la présentatrice parlant d’unité européenne sur un mode militant.

Le caractère forcé de l’entreprise est évident. Même la Suède n’a donné aucun point à l’Ukraine, alors que le pays est en discussion pour rentrer dans l’OTAN !

Puis, tout à la fin de l’émission, il y a le vote du public comptant pour 50 % des points. Et là, ce fut le raz-de-marée en faveur de l’Ukraine. C’est là qu’on voit que, en profondeur, il y a une vague de fond de mobilisation de l’Ukraine, ou plus précisément en faveur de la guerre, avec également une intégration « européenne ».

En fait, menacée par la Russie qui la nie comme nation, l’Ukraine est en train de se dissoudre comme pays en se transformant littéralement en appendice territorial de l’Union européenne et de l’OTAN. C’est une Ukraine de pacotille qui se systématise, sur la base d’idéologues nationalistes se conjuguant au capitalisme occidental.

D’où le rap à prétention folklorique du groupe ukrainien Kalush Orchestra, mélange idéologique représentatif. C’est une fusion forcée, un bricolage artificiel. C’est, pour qui s’intéresse à l’Ukraine, une addition commerciale du rap délirant du groupe Gribi (avec également le coup d’apparaître masqué) et de l’excellent groupe folk moderne Dakhabrakha.

Kalush Orchestra avait d’ailleurs donné le ton en amont. Par la voix de son chanteur Oleh Psiuk, il a été expliqué avant le concours que la chanson… n’était pas l’hymne de la paix, mais celui de la victoire. Que si la chanson gagnait l’Eurovision, alors

« Le prochain concours sera dans la nouvelle Ukraine souveraine dans son intégralité territoriale. »

On est ici sur le terrain du nationalisme le plus clair, dans un bricolage idéologique. Nous avions déjà parlé d’ailleurs du scandale que fut en février 2022, avant le début de la guerre, l’éviction d’Alina Pash par le régime ukrainien, elle qui devait représenter l’Ukraine au concours et qui a été chassée dans un élan nationaliste ultra-agressif et fanatique.

Rien que cette histoire d’éviction, avec ses détails, est sordide. Le message d’Alina Pash était puissant, réel, populaire ukrainien. L’Ukraine est en train de perdre totalement son âme : c’est l’autre aspect de la guerre.

Voici la chanson ukrainienne pour l’eurovision 2022.

Voici la chanson d’Alina Pash, qui aurait dû être la chanson choisie, avant qu’elle ne soit chassée.

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Société

Suite à la guerre en Ukraine, la GPA n’est plus illégale en France

La GPA s’impose de plus en plus à la société française

Il y a les lois, et puis il y a la façon dont la bourgeoisie les contourne. C’est très connu en ce qui concerne la fiscalité, avec tout un tas de combines pour payer moins d’impôts, cacher telle ou telle richesse, etc.

C’est aussi le cas avec la GPA. Normalement, c’est interdit en France et le gouvernement ne compte pas revenir dessus. En pratique, le droit est régulièrement torpillé à coup de missiles anti-démocratiques, pour piétiner la loi et reconnaître cette pratique barbare.

Initialement, c’est très simple. Les bourgeois trouvent une mère « porteuse » à l’étranger avec qui ils combinent pour qu’elle abandonne son enfant, puis ils l’adoptent et obligent la justice française à reconnaître leur combine.

Seulement voilà, il y a la guerre. En effet, l’Ukraine, qui est un pays pauvre, est un bastion de la GPA. Il y a de nombreuses cliniques pour cela avec un business très structuré. C’est très facile pour des bourgeois français de se rendre là-bas et de récupérer l’enfant qu’ils ont acheté à une femme, dont le corps et ses neufs mois de gestation sont considérés comme une marchandise. L’enfant lui-même, d’ailleurs, est de fait une marchandise dans ces conditions.

Les bourgeois ayant recours à une telle pratique ne reculent devient rien, ils disposent d’énormes moyens. Alors, pour ne pas voir leur projet d’achat remis en cause par la guerre, certains ont fait venir les mères « porteuses » ukrainiennes concernées pour accoucher en France.

C’est arrivé au moins trois fois, en avril et en mai, et probablement deux autres fois encore. Mais personne n’a de chiffres quant à d’autres cas, car tout cela est mené dans la plus grande opacité, avec la complicité des autorités qui laissent faire. On n’arrête pas le business.

Le procédé est très simple. Le couple acheteur fait venir la mère « porteuse » en France, il suffit de dire qu’elle est réfugiée de la guerre. Cette dernière accouche sous X et abandonne l’enfant, tandis que le père biologique (puisqu’il a donné ses gamètes pour une insémination artificielle, une PMA) reconnaît l’enfant. Puis il y a une procédure d’adoption lancée par l’autre personne du couple.

Et le tour est joué.

L’État civil se rend donc complice de la GPA en acceptant de nier l’existence de la mère ukrainienne, qui a pourtant accouché devant témoin sur le territoire français, et dont on a accepté l’abandon de son enfant pour une raison commerciale.

C’est littéralement une importation de la GPA en France, car l’État français laisse objectivement faire cela sur son propre sol. La GPA peut donc rester interdite en France pendant des années, peu importe car les bourgeois ayant recours à cette pratique barbare savent comment contourner la loi sans être inquiétés.

De fait, la GPA n’est plus illégale en France avec un nouveau cap franchi.

Il y avait eu l’arrêt de la Cour de cassation en octobre 2019 reconnaissant les GPA faites à l’étranger et le concept délirant de « mère d’intention », il y avait une décision de la cour d’appel de Rennes en novembre 2019 ordonnant la transcription complète de l’état-civil farfelu de six enfants nés à l’étranger dans le cadre d’une GPA, puis il y a eu dans la foulée, de manière encore plus délirante en décembre 2019, la Cour de cassation reconnaissant des enfants avec deux « pères » ou deux « mères »…

Il y a eu ensuite la loi sur la « PMA pour toutes », qui faisait officiellement des enfants une marchandise et qui gravait dans le marbre le concept délirant de « parent d’intention ».

Il y a maintenant en 2022 des GPA en France.

Quel cynisme que ce soit au prétexte de la guerre en Ukraine. La nation ukrainienne sert déjà de chair à canon pour le capitalisme occidental mené par la superpuissance américaine. Voilà maintenant que des femmes ukrainiennes sont importées, il n’y a pas d’autre mot, sur le territoire français pour y imposer la GPA.

C’est une nouvelle victoire du turbocapitalisme, dans l’indifférence la plus totale de la population française. Une pierre de plus à la généralisation de la société de consommation capitaliste qui est parallèle à une crise menant le monde à la guerre.

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Politique

Deux exemples de diffusion de l’idéologie fasciste par le régime ukrainien

Le régime ukrainien est réactionnaire.

Nous avons dès avril 2021 inlassablement expliqué qu’il y allait avoir une invasion russe et qu’il fallait soutenir la nation ukrainienne. Nous pouvons dire avec une légitimité complète que tout le soutien à l’Ukraine depuis le début de l’invasion est fictif à 99%, il ne fait que servir l’OTAN, l’objectif d’asservir la Russie. Avez-vous vu d’ailleurs quelque part qu’il soit parlé de la culture ukrainienne ? Il n’y a cela nulle part, car tout cela n’a rien de démocratique ni de populaire.

Le régime ukrainien joue un grand rôle dans cela, car son idéologie nationaliste est délirante, entièrement en phase avec les objectifs de la superpuissance militaire américaine. Voici par exemple un message du Parlement ukrainien sur Twitter.

Voici ce qu’on lit : « Les occupants russes ont saisi et détruit de la littérature et des livres d’histoire ukrainiens. C’est la littérature qui ne coïncide pas avec la propagande du Kremlin. » Puis : « La littérature prétendue  »extrémiste » inclut des livres d’école sur l’histoire de l’Ukraine, de la littérature historique populaire et scientifique, en particulier des livres sur les révolutions démocratiques en Ukraine, également connue comme les Maidans ukrainiens ».

Enfin et c’est là où c’est marquant : « Les occupants ont également une liste de noms devant être interdits d’être mentionnés. Parmi ceux-ci il y a des figures exceptionnelles de l’histoire de l’Ukraine – Ivan Mazepa, Symon Petlioura, Stepan Bandera, Roman Shukhevych, Viacheslav Chornovil ».

De quelles des figures exceptionnelles parle-t-on ?

Ivan Mazeppa est une figure du 17e siècle, qui a trahi le tsar et cherché à s’allier à l’empire ottoman contre les Russes.

Symon Petlioura est une figure de la république ukrainienne opposée à l’Armée rouge, bien connu en France pour avoir été exécuté par Samuel Schwartzbard, désireux de venger les pogroms. Le soutien à Samuel Schwartzbard amena la naissance de la LICRA et il fut même acquitté au procès par le tribunal français.

Stepan Bandera est le dirigeant de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne  alliée aux nazis, Roman Shukhevych en fit partie et est particulièrement haï en Pologne pour ses massacres de civils. Ces deux figures sont totalement fascistes, responsables de l’assassinat de Juifs, de Polonais, évidemment de gens de gauche. Le scandale a été immédiat en Pologne et le parlement ukrainien a dû enlever ce message.

Quan à Viacheslav Chornovil, c’est un nationaliste ukrainien des années 1960-1990.

Tout cela est révélateur de la nature du régime ukrainien. Et cela se lit aussi avec le régiment Azov. On peut trouver facilement des informations diffusées par ce régiment, dans le cadre de la guerre, leur bastion étant Marioupol, une ville russophone qu’ils contrôlent. La Femen Inna Shevchenko les a par exemple mis en avant.

Mais c’est le cas également de la presse, comme Le Figaro, Le Parisien, etc.

Ce régiment Azov, formant la garde nationale supervisée par le ministère de l’Intérieur, est à la fois un mouvement néo-nazi menant des campagnes nationalistes de masse, un parti politique sans succès électoral , une branche armée intégrée à l’État. Ses cadres sont des suprémacistes blancs, sa base vient du hooliganisme et de ceux aspirés par le romantisme nationaliste. Sa symbolique est nazie, avec le soleil noir de la SS, ainsi qu’un symbole Waffen SS.

Le symbole d’Azov à l’origine, le nouveau symbole, le soleil noir néo-nazi souvent tatoué chez Azov, un symbole Waffen SS par ailleurs historiquement très utilisé en Italie par les nazis

Notons ici tout de suite un point très important. On peut lire parfois, sur des blogs d’ultra-gauche, de la part de gens n’y connaissant rien du tout et à l’attitude honteuse, scandaleuse, voire carrément pro-fasciste, que le fascination pour les nazis serait une réponse spontanée, somme toute toute un peu « bête », en réaction à l’expansionnisme russe, ou à l’époque aux collectivisations des terres.

C’est totalement faux. Le nationalisme ukrainien remonte aux années suivant immédiatement la révolution russe. L’Ukraine, c’est comme la Pologne : ce sont deux pays avec une histoire intellectuelle et culturelle immensément riches, et il ne faut pas croire leurs représentants nationalistes qui parlent de nations « martyrs » et qui jouent aux idiots.

Le nationalisme ukrainien n’est pas né en 2022, ni en 2014, ni même en 1991. Il a bien plus d’un siècle. C’est l’idéologie du régime ukrainien actuel et c’est ultra-réactionnaire, convergeant avec le fascisme, avec la superpuissance américaine.

Il faut le dire sans ambiguïtés : si vous êtes de gauche et que vous lisez cet article, depuis 2014 en Ukraine votre opinion serait interdite et vous seriez sous la menace physique des nazis d’Azov. Et Azov a irradié l’idéologie de l’extrême-Droite française depuis 2014.

D’ailleurs, sur le plan idéologique, on pourrait caricaturer en disant qu le régime ukrainien c’est Eric Zemmour président avec un libéralisme économique généralisé, laissant les activistes d’extrême-Droite faire ce qu’ils veulent en périphérie. C’est quasiment un modèle et dans les pays de l’Est, cela ressemble beaucoup à cela en pratique.

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Culture

Ce que révèle la statue de Taras Chevtchenko sur le pseudo Holodomor

Les choses sont tout de même claires.

Traitant de l’actualité de la guerre en Ukraine, Le Figaro a a publié me 27 mars 2022 l’article À Kharkiv, des barricades de sable pour sauver la statue du poète Chevtchenko des obus. On y apprend que :

« Pétrie de culture et d’histoire, la deuxième ville d’Ukraine tient à protéger ses monuments «dressés en l’honneur de ceux qui ont fait la gloire de la ville». Parmi eux, la sculpture du poète Taras Chevtchenko, principale figure du patriotisme ukrainien du XIXe siècle. »

Les monuments sont protégés par des sacs de sable, notamment celui considéré comme le plus important.

« La plus importante d’entre elles trône au cœur du centre-ville, dans un vaste parc aux arbres centenaires: menton en avant et l’allure conquérante, le poète Taras Chevtchenko est la principale figure du patriotisme ukrainien du XIXe siècle. Depuis l’indépendance du pays en 1991 avec l’effondrement de l’Union soviétique, pas une ville ukrainienne qui n’ait son avenue ou sa place Chevtchenko, également nom de la plus grande université ukrainienne à Kiev. »

Taras Chevtchenko est effectivement la principale figure ukrainienne et l’un des plus grands symboles de la nation ukrainienne, c’est la chanson Rugit, gémit le vaste Dniepr. Seulement, on lit quelque chose d’assez marquant sous la photographie en illustration, à savoir une précision d’ailleurs reprise dans l’article. La statue a été érigée en 1935.

1935 ? Mais pourtant, l’idéologie nationaliste – fasciste ukrainienne, selon la conception élaborée dans les universités américaines durant les années 1980, affirme que les Russes ont voulu génocider la nation ukrainienne au début des années 1930. Pourquoi alors la Russie aurait-elle accepté la mise en valeur de la plus grande figure culturelle ukrainienne, qui est en même temps la grande figure historique de l’opposition nationale ukrainienne à la Russie tsariste?

Pourquoi une Russie qui aurait voulu génocider l’Ukraine comme nation aurait-elle accepté que Kharkiv mette en valeur celui qui a affronté la répression tsariste pour avoir rejeté justement la négation chauvine grand-russe de la nation ukrainienne? Et quand on parle de Kharkiv, il y a également un monument à Kiev érigé en 1939.

Si l’on ajoute à cela que c’est l’URSS qui a reconnu la nation ukrainienne, a développé sa littérature et sa presse (la langue ukrainienne étant bannie sous le tsarisme), alors on voit que la fiction de l’holodomor, d’un génocide russe des Ukrainiens, ne tient pas du tout debout.

C’est une fiction inventée pour permettre à une idéologie ultra-nationaliste ukrainienne de servir de fer de lance anti-russe, à rebours de toute l’histoire ukrainienne, d’où que le bastion de ce nationalisme – nihilisme se situe tout à l’Ouest, dans une zone historiquement occupée l’Autriche puis la Pologne (c’est la fameuse Galicie).

On se rappellera ici également que le président russe Vladimir Poutine a écrit un long article expliquant que justement, l’Ukraine était une invention bolchevique. Comme lui prolonge l’idéologie tsariste sur ce point, il est obligé de rejeter la connaissance nationale ukrainienne.

L’Ukraine est bien mal partie entre d’un côté les nationalistes délirants alliés aux pro-occidentaux voulant une Ukraine fictive, et de l’autre le chauvinisme grand-russe voulant une Ukraine asservie comme « sous-produit » de la nation russe.

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Écologie

Le Centre ukrainien de réhabilitation des chauves-souris, un phare dans l’obscurité

Des ukrainiens, et surtout des ukrainiennes, à la hauteur de l’époque.

Le déclenchement de l’invasion du territoire ukrainien par la Russie marque le retour de la guerre comme cadre de développement du capitalisme. Cela veut dire que la tendance vers la destruction générale de la biosphère au profit du développement capitaliste va être toujours plus accentuée.

Les effets des combat comme les manœuvres et les attaques participent déjà de cette accentuation, avec les destructions, des terrains entiers retournés par les manœuvres des engins militaires dégageant ainsi le CO2 du sol dans l’atmosphère, les différents incendies de matières en tous genre lors des frappes ou des explosions qui dégagent d’énormes quantités de gaz toxique pour l’ensemble de la biosphère…

Les explosions terrorisent, désorientent les animaux, à l’instar des cigognes, très présentes en Ukraine et en Pologne, et qui vont revenir comme tous les ans de cette région de l’hémisphère nord pour passer l’été. Elles devraient arriver sous peu en Ukraine, si elles n’y sont pas déjà.

Au milieu de cette destruction généralisée, en plein cœur de la ville de Kharkiv, une très grande ville russophone au Nord-Est de l’Ukraine, sous le feu des forces armées russes depuis plusieurs jours, le Centre ukrainien de réhabilitation des chauves-souris ne flanche pas et continue son combat pour la connaissance et la préservation des chauves-souris sur le territoire ukrainien.

On reconnaît là l’abnégation des acteurs – surtout des actrices – de la protectrice animale. L’amour pour les animaux s’élève à la dévotion, au sens du sacrifice – c’est quelque chose d’incompréhensible pour qui est soumis au consumérisme narcissique.

Avec une équipe composée de différents professionnels de la protection et du soin aux animaux, s’appuyant sur un réseau de volontaires, le centre effectue un recensement des colonies de chauves-souris et des différentes espèces pour évaluer leurs aires de répartition avec un site internet dédié et où tout le monde peut partager ses observations à travers tout le pays. Leur site apporte beaucoup de connaissances, parfois très approfondies, sur le mode de vie ou encore la physionomie des différentes espèces de chauves-souris présente en Ukraine.

Depuis sa création en 2013, le centre ukrainien de réhabilitation des chauves-souris est venu en aide à plus de 19 000 animaux avec déjà plus de 3000 sauvetages rien que pour cet hiver. Cela peut être une chauve-souris trop faible pour passer l’hiver, qui sera ainsi nourrie et mise à l’abri, maintenue en hibernation dans des sacs en tissus, avant de repartir au printemps, ou une chauve-souris blessée qui va être soignée et réadaptée afin de pouvoir retourner à la vie sauvage.

Le centre participe aussi à un travail sur l’étude des maladies auxquelles les chauves-souris servent de réservoir afin de connaître et analyser comment ces maladies se propagent et ainsi éviter la propagation de ces maladies à l’être humain. Un travail ô combien essentiel à l’heure où la pandémie de Covid-19 est loin d’être finie, et quand l’hypothèse principale de l’origine de cette zoonose reste la chauve-souris comme hôte réservoir ayant été déstabilisée dans son habitat naturel.

Alors qu’en temps normal 300 000 Ukrainiens quittent le pays chaque année et que depuis le début du conflit plus de 3 millions d’autres ont pris ce même chemin, sans compter le quart de la population déplacée à l’intérieur du pays, les membres du centre de réhabilitation des chauves-souris refusent de quitter leurs appartements pour rester aider les petit mammifères dans leur principales zone d’intervention qu’est Kharkiv.

Il y a actuellement de cette ville sous les bombes, des personnes en train de nourrir des chauves souris sortant doucement de l’hibernation, secourus juste avant ou durant l’hiver. Et le 23 mars a marqué le début de leur départ, avec l’arrivée du printemps.

Les membre du Centre ukrainien de réhabilitation des chauves-souris, principalement composé de femmes (comme partout où les animaux sont défendus), sont un phare dans la nuit de la guerre impérialiste, un moment où des gens refusent de sombrer dans la barbarie et essaye d’être à la hauteur de leur époque, en essayant d’ouvrir une voie pour retrouver leur place dans la biosphère.

C’est un exemple d’abnégation, un modèle de compassion, un programme pour l’avenir.

Vous pouvez les aider en faisant un don ici : https://www.patreon.com/batsukraine ou en allant directement sur leur site internet : http://www.bat-kharkov.in.ua/en/how-to-helpen/

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Société

Les chauves-souris de Kharkiv ou bien l’Ukrainienne d’Emily in Paris et de Docteur House?

C’est l’image de la femme ukrainienne qui est en jeu, et c’est une bataille.

Lors du début de l’invasion russe, les sites internet diffusant de la pornographie ont connu des recherches massives des mots clefs « Ukrainian girls ». Il ne s’agit pas là de curiosité malsaine, mais de bien pire : d’une tendance patriarcale à l’esclavagisme sexuel. Les monstres se précipitent sur des femmes qui se retrouvent dans une situation de faiblesse. Et les réfugiées ukrainiennes à travers l’Europe subissent d’autant plus cette terrible menace patriarcale.

Cette tendance était déjà particulièrement marquée en Ukraine, pays le plus pauvre d’Europe où la prostitution était un système particulièrement développé, industrialisé, autant que celui des mères porteuses. Il existait avant la guerre une « sexualisation agressive » et iconique de la femme ukrainienne. La femme ukrainienne est présentée dans cette perspective comme belle et volontaire, autrement dit prête à tout, si on y met les moyens financiers.

Les exemples « pop » de cette idéologie sont innombrables. Dans la série Dr House, la très volontaire Dominika Petrova obtient de Dr House de réaliser un mariage blanc afin qu’elle obtienne la nationalité américaine, en l’échange du ménage et de la cuisine. Dans la série Emily in Paris, l’étudiante Petra est une étudiante voleuse, prête à tout pour les richesses matérielles, servant d’antithèse au personnage principal. Mais on peut retrouver de tels exemples dans de très nombreuses déclinaisons, car la « culture » dominante reflète des rapports de force capitalistes.

Le capitalisme ne va certainement pas valoriser le Centre Ukrainien de réhabilitation des chauves-souris ou en général les femmes de la protection animale. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas l’abnégation, mais le marché. Le capitalisme vend qu’on puisse tout vendre et acheter, il ne veut pas de femmes donnant leur temps aux animaux, mais des femmes vendant leurs corps aux hommes.

La question de la femme ukrainienne, déjà importante, devient désormais un aspect désormais essentiel du féminisme. Si le patriarcat arrive à ses fins, à soumettre les femmes ukrainiennes réfugiées, c’est la Cause de toutes les femmes qui est gravement touchée. Et cela sera un exemple terrible pour les conflits à venir, ce sera un appel d’air au patriarcat le plus virulent. La guerre à venir, c’est l’enfer pour les femmes du monde. La bataille pour le repartage du monde implique en soi la mise en place de nouveaux marchés – les femmes formeront un tel marché.

Il est d’ailleurs significatif que la fondatrice des Femen, l’Ukrainienne Inna Shevchenko, n’aborde pas du tout la question du statut de la femme ukrainienne. Elle est depuis le début de la guerre entièrement dans le camp des propagandistes au service de l’OTAN, déversant sans fin des messages reprenant tout le bourrage de crâne du capitalisme occidental et du nationalisme ukrainien (les Russes « exterminent » les Ukrainiens et ils l’ont toujours fait). Cela, alors qu’elle n’a jamais parlé de l’Ukraine avant l’invasion, malgré les tensions énormes existant déjà. Elle a « redécouvert » l’Ukraine seulement dans la mesure où elle pouvait converger avec le capitalisme occidental. Dans une telle démarche, il n’y a aucune place pour le féminisme, qui ne peut être par définition que démocratique et populaire.

A travers la question de la femme ukrainienne, il y a la question de la femme en général qui se pose – la bataille pour le repartage du monde est la grande menace sur la Cause des femmes.

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Société

Un 8 mars placé sous le signe de la guerre en Ukraine

La décadence capitaliste ruine la Cause des femmes.

Le premier article traitant de l’Ukraine sur agauche.org date de février 2018 est intitulé La « sexualisation agressive » et iconique de la femme ukrainienne. Depuis l’effondrement de l’URSS en effet, l’Ukraine est un bastion de la prostitution en raison de l’effondrement tant de l’économie (et du niveau de vie) que de la destruction générale des tissus sociaux. Une des principales contre-réponses a également été une sorte de féminisme dévoyé pro-nazi, qui n’existe d’ailleurs plus aujourd’hui, les femmes étant totalement réduites au statut de gestionnaire d’intendance, et ce d’autant plus avec la guerre.

Car l’armée ukrainienne n’est pas populaire et de ce fait n’accueille pas les femmes, en faisant encore moins des dirigeantes. C’est évidemment la même chose du côté russe et c’est une catastrophe car on a ici un grand vecteur patriarcal. Et avec la tendance à la guerre qui se généralise, ce vecteur va devenir toujours plus prégnant. Le féminisme bourgeois et petit-bourgeois des pays occidentaux, qui vise simplement à réimpulser le capitalisme en installant des femmes dans des fonctions auparavant trustées par des hommes, va tout simplement s’incliner devant les nécessités patriarcales-militaristes du moment, il va tomber le masque.

Et il le fera de gré ou de force, car la tendance est d’ailleurs déjà installé de la logique comme quoi il faut des troupes prêtes à l’attaque et le consumérisme hédoniste turbocapitaliste à la LGBT ne satisfait pas cela, il faut donc le mettre de côté. C’est la ligne politique d’Eric Zemmour et Marion Maréchal.

Pour assumer la Cause des femmes, il n’y a donc plus que le Socialisme, parce que seul le Socialisme réfute tant le conservatisme conférant à la femme une place subordonnée que le turbocapitalisme qui ne considère que des individus et rejette même l’existence des femmes (être femme serait un choix qu’une personne ayant un corps d’homme pourrait faire, etc.).

Seul le Socialisme comprend dans quelle mesure les femmes sont opprimées depuis le patriarcat triomphant du matriarcat au début des sociétés humaines, avec l’agriculture et l’élevage, et ce que cela signifie dans les rapports aux animaux et à la Nature, et inversement dans les rapports aux aventures militaristes d’esprit patriarcal.

La guerre en Ukraine est en ce sens un tournant historique pour le féminisme, car dans la bataille pour le repartage du monde, il n’y a aucune autre place que dans la convergence avec la guerre, avec l’esprit de conquête, de soumission, alors que le capitalisme en décadence accentue encore plus les traits déjà présents de la violence matérielle à l’encontre des femmes. Soit la Cause des femmes se fait emporter par la guerre, soit elle triomphe dans le Socialisme. Entre les deux, tout s’efface.

On a un sinistre exemple de cela avec Arthur do Val, député de droite de l’État de Sao Paulo au Brésil. Parti soi-disant pour aider la population en Ukraine, et bien entendu se faire valoir en fabriquant des cocktails molotov et en le médiatisant, il a tenu des propos qui ont fuité car il les avait envoyés par messages. Cela donne :

« Elles te regardent et elles sont faciles, parce qu’elles sont pauvres. Quand elles ont vu mon compte Instagram plein d’abonnés, ça a super bien marché. »

« Je viens de traverser la frontière entre la Slovaquie et l’Ukraine à pied et je n’ai jamais vu autant de jolies filles. Dans la file d’attente des réfugiés, il n’y avait que des beautés. Si tu prends la file d’attente de la meilleure boîte de nuit de Sao Paulo, ça n’arrive pas aux chevilles de cette file des réfugiés. »

C’est exemplaire de comment des « bonnes intentions », s’inscrivant hors du Socialisme, basculent immanquablement dans la décadence. Un autre exemple concerne la GPA, dont l’Ukraine est un bastion de la GPA (Les horribles coulisses de la GPA en Ukraine, article d’octobre 2020). Les médias se sont lentement attardés sur le sort des « pauvres » parents ayant des soucis pour récupérer « leur » enfant acheté en Ukraine. Cela a été absolument ignoble.

Et, catastrophe encore, la Droite mène depuis une semaine une grande offensive sur ce thème, dénonçant avec raison ces gens indignes abandonnant la (vraie) mère ukrainienne dans un pays en guerre. La revue ultra-réactionnaire Valeurs Actuelles dénonce par exemple violemment la clinique ukrainienne de GPA BioTexCom qui après avoir proposé des bébés « Black Friday » met en ligne une vidéo d’un abri anti-aérien pour accueillir les clients. La manif pour tous a organisé un happening au pied de la Tour Eiffel le 5 mars, tout en faisant la promotion de Marion Maréchal qui bien entendu pourfend la GPA sur une base conservatrice révolutionnaire.

Il y a également une pétition contre la GPA en Ukraine. Et cet impact de l’Ukraine, de la guerre en Ukraine, sur la Cause des femmes, rappelle qu’il n’existe pas de porte de sortie individuelle, que la question est à la fois historique et mondial. Le monde doit changer de base, entièrement. La question de la guerre est devenue centrale et le féminisme doit être en première ligne dans la bataille pour le Socialisme.

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Fiasco de la journée ukrainienne de l’unité et pseudo-retrait russe des frontières

L’escalade continue.

La Russie a annoncé le 16 février 2022 la fin de manoeuvres en Crimée et les médias se sont empressés de parler de désescalade en général, comme la veille. Or, en pratique, le matériel et les troupes continuent d’arriver aux frontières de l’Ukraine, alors que des trois regroupements ayant quitté la Crimée, un part en Tchétchénie d’où il provient, les deux autres dans leurs bases… près de l’Ukraine.

La Russie joue ici beaucoup sur la volonté des gens des pays capitalistes de ne pas croire que quelque chose puisse vraiment arriver, qu’il puisse réellement y avoir, comme c’est le cas désormais, plus de 300 000 soldats surarmés et au poste de combat. C’est une tension extraordinaire qu’il y a en Ukraine en ce moment. C’est une partie de l’Histoire du monde qui est en train de se jouer. Les gens ne veulent pas le voir. Les rares médias de gauche ou d’extrême-gauche qui parlent de la situation en Ukraine ne saisissent rien à l’envergure de ce qui se passe – parce qu’ils ne le veulent pas. Ils sont corrompus, ils veulent vivre comme avant. Sauf que le monde court à l’abîme.

Symbole de cette tension, trois avions de chasse russes Su-35 ont intercepté de manière non-professionnelle selon la superpuissance américaine des avions patrouilleurs US Navy P-8A de celle-ci en Méditerranée, s’en rapprochant jusqu’à une distance de 1 mètre 50. C’est tout à fait expressif de la situation. Pour rappel, le 12 février, la Marine russe avait chassé par la force un sous-marin américain des eaux territoriales russes dans le Pacifique.

Symbole également de cette tension, la journée d’unité nationale appelée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été un fiasco. Au niveau des institutions occidentales ou pro-occidentales, cela a été une énorme réussite, avec de nombreux bâtiments illuminés aux couleurs ukrainiennes, comme ici le ministère des affaires étrangères de l’Estonie.

Le régime avait toutefois demandé à la population de placer des drapeaux partout, et force est de reconnaître qu’il n’y a pas eu d’engouement populaire, de marches de millions d’Ukrainiens dans la rue. Il n’y a même rien eu du tout, et c’est logique vue la nature du régime ukrainien, corrompu, avec une oligarchie aussi ignoble qu’en Russie mais en plus une absence encore plus marquée de lois appliquées dans le pays, à quoi s’ajoutent les activités ininterrompues des nationalistes d’un côté, des pro-occidentaux de l’autre.

Cette absence de nature démocratique et populaire de l’Ukraine est d’ailleurs le grand espoir de la Russie pour annexer une bonne partie du pays : il est considéré que les gens ne se bougeront pas pour sauver un tel régime, un État en faillite. Pour donner un exemple de cela, il suffit de parler de la mésaventure qui vient d’arriver à Alina Pash.

Cette chanteuse née en 1992 devait représenter l’Ukraine à l’Eurovision avec sa chanson Les ombres des ancêtres oubliés, une chanson historico-patriotique racontant l’Ukraine dans une perspective romantique et pacifique, ayant comme référence le très célèbre film du même nom de 1965 du réalisateur soviétique arménien Sergei Parajanov, qui se fonde sur le roman au même titre de Mykhaïlo Kotsioubynsky. Le film comme le roman se passe dans les Carpates ukrainiennes d’où vient Alina Pash, et musicalement la chanson de cette dernière est dans la veine de Dakhabrakha et de ce formidable mélange musical à base folk.

Seulement voilà, le régime ukrainien est fanatique et Alina Pash a été victime d’une terrible campagne la forçant à abandonner le 16 février 2022 sa candidature à l’Eurovision. Elle a été accusée de plusieurs « crimes » en étant la cible d’une intense campagne nationaliste.

Primo, elle se dit constamment pour la « paix », ce qui ne correspond pas au discours officiel- une chanteuse comme Onuka qui prononce 50 fois le mot Ukraine par minute et assume l’orientation du régime est au contraire très appréciée, forcément. Secundo, elle a été à un anniversaire en Crimée en 2015 (conquise à l’Ukraine et annexée en 2014 par la Russie), en passant qui plus est par Moscou, ce dernier aspect étant illégal en Ukraine (elle-même a niée être passée par la Russie mais les garde-frontières ukrainiens n’ont pas trace de son passage).

Tertio, elle pose sur les réseaux sociaux à Moscou en 2017- tout en disant « Kyiv » (à l’ukrainienne) et non pas « Kiev » (à la russe), mais cela ne compte pas pour les fanatiques en Ukraine.

Et sur les réseaux sociaux, elle a posé aux couleurs russes, une chose inacceptable par définition pour le régime ukrainien, même si cela remonte à… 2012.

Et Il faut ajouter deux autres choses : en 2018, elle devait participer en Russie au festival musical organisé par la marque Bosco di Ciliegi, appartenant à Mikhail Kusnirovich, un proche de Vladimir Poutine. Elle et d’autres ont été obligés d’annuler in extremis en raison du « scandale » en Ukraine.

En 2019, lors de la journée de l’indépendance ukrainienne, alors qu’elle devait chanter l’hymne national avec d’autres artistes pour une séquence de huit minutes, elle a pris l’initiative de rapper des vers de sa propre composition au sujet de l’Ukraine.

Alina Pash a démissionné mais tous ces éléments faisaient qu’elle devait de toute façon être exclue par les organisateurs du concours. Celui qui a par contre un grand succès en Ukraine est l’ambassadeur ukrainien au Japon, Sergiy Korsunsky, qui pose en pseudo-samouraï pour défier la Russie, avec une iconographie patriarcale-nationaliste… Pathétique.

L’Ukraine est bien mal partie avec un tel régime, avec ses fanatiques, avec la superpuissance américaine et le Royaume-Uni (ainsi que d’autres) la poussant à la guerre. Les armements fournis par les Américains sont d’ailleurs déployés aux frontières avec le Donbass séparatiste désormais – la Russie n’attendant que leur emploi pour justifier son intervention.

Matériel anti-tank et anti-aérien récemment fourni :
FGM-148 Javelin, NLAW, M141, FIM-92 Stinger

La Russie dira : les pays occidentaux disent qu’on voulait envahir, mais on n’a rien envahi, tout est mensonge. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des affaires étrangères – un ministère déversant des moqueries de manière ininterrompue sur les réseaux sociaux – a ainsi déclaré le 16 février 2022 :

« Je fais une demande particulière aux médias de désinformation britanniques et américains. Pouvez-vous annoncer le calendrier de nos invasions pour l’année à venir ? J’aimerais planifier des vacances. »

Mais dans la foulée, la Russie mentant sur sa propre escalade précise : toute cette propagande informationnelle contre nous a été un prétexte pour armer l’Ukraine contre le Donbass. Et c’est vrai, car l’Ukraine est poussée à la guerre par les pays occidentaux, qui y voient de la chair à canon.

Telle est la réelle actualité : les grandes puissances prêtes à tout pour diviser pour régner, pour diffuser la guerre, pour s’imposer dans la bataille pour le repartage du monde !

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Guerre

Emmanuel Macron à Kiev alors que la guerre est un thème officiel

Personne ne peut nier la gravité de la situation.

Emmanuel Macron était à Kiev le 8 février 2022, après avoir été la veille à Moscou. Il a affirmé qu’il avait trouvé une voie pour que cesse l’escalade. Le souci est que cette voie n’est pas présentée nulle part, et pour cause. La seule possibilité est que l’Ukraine ne rejoigne pas l’OTAN et réintègre les « républiques séparatistes » en leur accordant une autonomie, ce dernier point étant prévu par les accords de Minsk de 2014 entre l’Ukraine, la Russie, l’Allemagne et la France.

Seulement, le régime ukrainien a désormais inscrit dans sa constitution qu’il allait dans le sens de rejoindre l’OTAN et l’Union Européenne ; il considère les révoltés des régions séparatistes comme des « soldats de l’armée russe », alors qu’ils sont régulièrement qualifiés de « talibans ». De plus, la loi ukrainienne supprime la langue russe de manière systématique, comme toute référence positive de quelque manière que ce soit au passé soviétique.

Partant de là, il n’existe aucune possibilité de la réalisation d’un compromis du côté ukrainien, dans un pays où règne le fanatisme dans les couches dirigeantes et les milieux nationalistes extrêmement actifs et violents. La Russie n’en veut de toutes façons pas non plus.

Alors il ne reste que la guerre et si on lit la presse depuis quelques jours, on peut voir que celle-ci est devenue un thème tout à fait installé. Il est clair que l’invasion russe de l’Ukraine est une possibilité, une menace. C’est dit aussi simplement que cela – sans qu’il y ait pour autant de réaction de la population française ou des mouvements de Gauche. C’est dramatique.

Et ce d’autant plus que cela veut dire que la compétition pour le repartage du monde est installée, officialisée. Que désormais il ne reste qu’à savoir sous quelle forme elle va s’exprimer, par quel jeu d’alliances. Ainsi, on a déjà la catastrophe, parce qu’il y a en ce moment un intense changement de mentalités des équipes dirigeantes de tous les pays d’Europe. Il y a l’intégration du fait qu’on est dans un contexte brûlant où ce qui compte c’est de se placer au mieux.

Autrement dit, on vit un moment historique, qui passe cependant inaperçu, parce qu’il n’y a aucun recul de la part de personne, en raison du poids immense du capitalisme sur les mentalités. La tendance à la guerre s’est installée dans les esprits des dirigeants européens : voilà ce qu’on dira dans quelques années lorsqu’on regardera a posteriori les événéments.

Espérons qu’on dira aussi que les partisans de la Gauche historique ont su être à la hauteur pour promouvoir la ligne de « guerre à la guerre », d’affirmation internationaliste prolétarienne du refus de l’affrontement militaire entre les peuples. C’est là un véritable défi historique, qui ne concerne pas que la séquence sur l’Ukraine, mais bien toute la période qu’on connaît.

La tendance à la guerre est l’aspect principal, c’est de là qu’il faut s’orienter, le reste étant secondaire, car le moteur général des transformations sociales, historiques, culturelles, économiques, politiques… c’est la bataille pour le repartage du monde.

Qui ne le voit pas n’est pas capable de tirer le fil pour arriver à transformer la réalité dans le bon sens, celui du Socialisme.

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Culture

Le magnifique vélodrome urbain de Kiev

Un monument d’architecture urbaine et de culture populaire.

Le vélodrome de Kiev a été construit en 1913, au cœur de la ville. Il se situe ainsi à quelques centaines de mètres de la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, l’un des monuments les plus connus d’Ukraine, juste derrière la rue Bogdan Khmelnitski, du nom d’une figure nationale ukrainienne.

Le cyclisme, venu de France, était alors extrêmement tendance dans l’empire russe. On trouvait à l’époque sur le site un service de location et de réparation de bicyclettes, ainsi qu’au centre de la piste un théâtre d’été nommé Polar Star, avec un orchestre et une cabine de cinéma quelques années plus tard.

Après la Révolution de 1917 et l’avènement de la nation ukrainienne, l’installation sportive a bien entendu été maintenue et utilisée. Juste avant le déclenchement de la Seconde guerre mondiale, un grand projet de rénovation était en cours avec l’idée d’un rattachement du bâtiment de la Maison de la Culture Physique à la piste.

La ville de Kiev fut très touchée par la guerre et la piste sérieusement endommagée. Mais les autorités soviétiques de la ville décidèrent rapidement de la restauration de l’installation, avec notamment un revêtement en béton moderne dès 1949. Différents bâtiments et installations furent construits dans les années suivantes, contribuant à moderniser au fur et à mesure l’édifice qui était très populaire.

Une nouvelle grande étape de rénovation-amélioration eu lieu plus tard en vue des Jeux olympiques de 1980 à Moscou. Le vélodrome avait alors le statut de piste de réserve pour les Jeux olympiques et son revêtement a été entièrement démantelé pour être remplacé par du bois, du mélèze de Sibérie, permettant une vitesse maximale autorisée de 85 km/h. La capacité de l’enceinte fut portée à 5000 places.

À partir des années 1990, le vélodrome de Kiev est progressivement tombé en décrépitude, à l’image de l’Ukraine elle-même, gangrenée par la pauvreté et la corruption. Le revêtement en bois laissé à l’air libre fût sérieusement endommagé, puis remplacé en 1996 par du béton. Le classement du vélodrome comme monument d’histoire et d’architecture en 1998 ne changea rien à la décadence du site et les dernières compétitions se tinrent en 2004.

Le 27 août 2007, par le décret 983/0/16, le ministère de la Culture de l’Ukraine se couvrit d’une honte immense en privant le vélodrome de son statut de monument historique, pour le soumettre à l’appétit féroce des promoteurs immobiliers. Ce qui devait arriver arriva et le 20 mars 2009, une partie de la piste fut démolie dans le cadre de la construction d’un immeuble de luxe.

Cela ne se fit toutefois pas sans heurt et une formidable mobilisation démocratique et populaire s’est mise en place dans la ville pour défendre l’édifice, et surtout le réhabiliter. Portée à la base par une communauté de cycliste liée à des architectes, la mobilisation a été victorieuse.

La rénovation a commencé en 2016, avec au cœur du projet une piste extérieure en béton de qualité conforme à des compétitions de niveau professionnel. Le Vélodrome fut à nouveau inauguré le 20 mai 2017, en présence du maire de Kiev  lui-même.

En juin 2015, un « velokino » (cinéma-vélo) par des cyclistes activistes : l’alimentation électrique était généré en direct en pédalant !

Aujourd’hui, la piste accueille des cyclistes de niveau mondial, régional ou local pour des compétitions, mais est également ouverte à tous, en accès libre. De nombreux événements culturels y ont lieu, comme par exemple des projections de films gratuits en plein air ou des apprentissages au cyclisme pour les enfants.

C’est devenu, en plein cœurs de la ville de Kiev, un bastion populaire, fruit d’un combat démocratique pour la culture, le sport, l’architecture, l’histoire. C’est évidement un modèle à suivre.

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Culture

La figure anarchiste ukrainienne Nestor Makhno

Il s’est pensé un cosaque des temps modernes.

Lorsque se produit la révolution russe en Octobre 1917 avec Lénine et les bolcheviks, l’Ukraine est bien entendu concernée, en tant que pays faisant partie de l’empire russe et opprimé par celui-ci. La société se divise alors en deux camps. Les pro-bolcheviks fondent une République Socialiste Soviétique ukrainienne, dont la capitale est Kharkiv. Le camp qui n’est pas opposé au capitalisme fonde la République populaire d’Ukraine, dont la capitale est Kiev, le régime étant immédiatement reconnu et soutenu par la France et le Royaume-Uni.

Pavlo Skoropadsky

Or, la République populaire d’Ukraine ne dura pas : l’Allemagne et l’Austro-Hongrie soutinrent des forces faisant un coup d’État donnant naissance à « l’Etat ukrainien » avec à sa tête Pavlo Skoropadsky.

On a compris que les Français et les Britanniques visaient une bourgeoisie locale pour satelliser l’Ukraine et que l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, pas encore défaits alors, avaient tenté une contre-manœuvre en leur faveur.

Mais comme la base du nouveau régime était bien trop étroite, il y eut un contre-coup d’État et ce fut le retour de la République populaire d’Ukraine avec un « directoire » à sa tête.

La situation était bien entendu particulièrement instable et deux figures vont au même moment prendre la tête de révoltes paysannes concernant toute la partie Sud – Sud-Est de l’Ukraine. La première (et principale) figure fut Nykyfor Hryhoriiv (vers 1885-1919), d’orientation socialiste-révolutionnaire. Il soutint initialement le directoire de la République populaire d’Ukraine, mais s’opposa à l’arrivée de troupes étrangères et organisa des forces pour les combattre en s’alignant sur les bolcheviks. Il finit par rompre avec ces derniers au nom du mot d’ordre de « soviets sans bolcheviks ».

Nestor Makhno

La seconde figure était Nestor Makhno (1888-1934). Très tôt acquis aux idées anarchistes, il fut arrêté pour des exécutions politiques et des expropriations, et condamné à mort. Sa peine fut commuée car il était encore mineur et il alla en prison à Moscou, de 1911 à 1917. Avec la révolution russe l’ayant libéré il retourna en Ukraine pour mettre en place des bandes paysannes avec notamment la tatchanka, un chariot muni d’une mitrailleuse.

Adepte du style cosaque, il fut surnommé bat’ko, soit père, comme c’est la tradition chez les cosaques zaporogues. Il oscillait pareillement entre les bolcheviks et le régime « national » ukrainien, cherchant à obtenir des armes des uns et des autres, s’alliant finalement aux bolcheviks pour faire face aux armées blanches pro-tsarisme.

En janvier 1919, les bandes de Nestor Makhno étaient fortes de 20 000 hommes, et au milieu de l’année elle aura même 80 000 hommes une fois que les troupes de Nykyfor Hryhoriiv les aient rejoints. Ce dernier avait réussi en effet à prendre la tête d’une vaste révolte paysanne au moyen de 20 000 personnes, plus de 50 canons, 700 mitrailleuses, 6 trains blindés.

Daniil Ilyich Terpilo

Dans le cadre de cette union, le socialiste-révolutionnaire Nykyfor Hryhoriiv était commandant de l’armée insurgée unie et l’anarchiste Nestor Makhno le président du Conseil militaire révolutionnaire. Ils étaient des représentants typiques du style patriarcal « cosaque » prônant une « égalité » de type communautaire-local. Il y en eut d’autres d’ailleurs, comme le socialiste-révolutionnaire Daniil Ilyich Terpilo, qui eut exactement le même parcours.

Nestor Makhno fit cependant pratiquement immédiatement exécuter Nykyfor Hryhoriiv qui prônait de s’allier aux armées blanches contre les bolcheviks. Il y avait également une accusation d’antisémitisme, les bandes paysannes pratiquant régulièrement des pogroms, ce à quoi Nestor Mahno s’opposait, mais pas du tout Nykyfor Hryhoriiv.

De fait, les bandes paysannes ukrainiennes représentaient une aventure communautaire-patriarcale pleine de préjugés, avec de pogroms réguliers, un individualisme borné, fantasmant sur les cosaques, etc., et ces « armées vertes » furent toutes balayées par l’armée rouge.

Le 28 août 1921, Nestor Makhno et les 83 membres restant de ses bandes passèrent alors en Roumanie, lui-même allant à Bucarest puis Varsovie. Il s’y fit arrêter pour alliance avec l’armée rouge, mais il fut acquitté en ayant affirmé que l’activité de ses bandes avait « sauvé » la Pologne des avancées de l’armée rouge alors qu’avait lieu la guerre soviéto-polonaise au même moment.

Nestor Mahno et l’anarchiste américain Alexander Berkman à Paris en 1927

Il s’installa alors à Paris où il mourut dans une misère noire en 1934, les anarchistes refusant catégoriquement de le soutenir. Ce furent des anarchistes étrangers, notamment américains, qui l’aidèrent. Aux yeux des anarchistes français, Nestor Makhno était en effet un « bolchevik ». C’est que Nestor Makhno avait adopté une ligne imposant une discipline, ce qui était inacceptable pour les anarchistes au sens strict. On aura compris que Nestor Makhno voyait les bandes comme un regroupement patriarcal unifié, à la cosaque.

L’anarchiste ukrainien Piotr Archinov théorisa cette conception « disciplinaire » de Nestor Makhno dans une « plate-forme » parue en 1926 ; lui-même décida finalement de rejoindre l’URSS, où il fut fusillé en 1938 pour avoir constitué une organisation anarchiste clandestine. Cela provoqua tout un remue-ménage chez les anarchistes alors, qui virent la naissance de deux courants opposés.

Le « plate-formisme » exige que les membres d’une organisation anarchiste se plient aux décisions de l’organisation : cela donnera naissance au courant (ultra-minoritaire) se revendiquant « communiste libertaire » (à distinguer de « communisme libertaire » ou « socialisme libertaire » employé par les anarcho-syndicalistes, notamment de la CNT espagnole au même moment).

Les anarchistes se revendiquent quant à eux du « synthétisme » : tous les courants doivent être acceptés dans une organisation anarchiste, chaque courant doit pouvoir garder ses spécificités et son autonomie, chaque interprétation de l’anarchisme doit être reconnu.

On notera que ce principe synthétiste est historiquement celui du Parti socialiste SFIO fondé en 1905 et du courant socialiste français en général (par opposition au courant historique de la social-démocratie allemande et autrichienne qui réfute le droit de tendance et exige la discipline). C’est au nom de ce principe synthétiste que lors du congrès de Tours en 1920 Léon Blum récusa le bolchevisme.

Le courant synthétiste a toujours totalement dominé l’anarchisme au niveau mondial, même s’il y a toujours eu des émergences de structures communistes libertaires durant rarement longtemps. La France fut toutefois un bastion de ce phénomène très marqué par le « marxisme libertaire », par l’intermédiaire de  l’Organisation révolutionnaire anarchiste né en 1967, qui se scinda en deux courants : un courant mouvementiste (qui sera très proche des autonomes) avec l’Organisation Communiste Libertaire, un courant pro-syndicaliste (qui sera extrêmement proche des trotskistes de la Ligue Communiste Révolutionnaire) avec l’Union des travailleurs communistes libertaires (qui deviendra Alternative Libertaire).

C’est un lointain écho d’une révolte paysanne ukrainienne patriarcale-communautaire, organisée et dirigée par des anarchistes et des socialistes-révolutionnaires adoptant le style des bandes cosaques…

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Politique

« Qui menace la paix en Ukraine ? » Pas la Russie ?

Un exemple de propagande pro-russe.

Jusqu’à présent, le silence a été complet à Gauche et à l’extrême-Gauche concernant la question ukrainienne. Il va de soi qu’il faudra bien prendre position à un moment donné, lorsque les événements se précipiteront. Néanmoins, il est déjà criminel de ne pas avoir mené une campagne de fond à ce sujet, car l’enjeu est immense. Arriver lorsque tout est déjà en cours, pour distribuer les bons et les mauvais points, ce n’est pas faire de la politique. Agauche.org joue ici un rôle exemplaire, nécessaire et essentiel. Il est bon de le souligner.

Et il est bon de savoir ce que pensent à ce sujet les gens qui, hier, se tournaient vers l’URSS et en sont, en un sens, encore orphelins aujourd’hui. Car il faut bien voir qu’il existe une conception politique se revendiquant du socialisme et convergeant avec la Russie, et d’ailleurs avec la Chine, dans la mouvance du Parti Communiste Français pris au sens le plus large possible. La Chine est de manière systématique présentée comme un contre-modèle, y compris dans la revue du PCF Cause commune destinée aux cadres. La Russie est présentée comme une sorte d’entité flottante ayant une nature anti-impérialiste en soi.

Et on a un premier exemple de ce qui va être désormais de plus en plus exprimé par ce camp, avec sur Initiative Communiste, le site du Pôle de Renaissance Communiste en France, l’article intitulé Qui menace la paix en Ukraine ? publié le 28 janvier 2022. Il faut y porter son attention.

Car qu’Eric Zemmour soit ouvertement pro-Russie, c’est dans l’ordre des choses. Il veut une France faisant cavalier seul et pratiquant le « réalisme ». C’est un réactionnaire et il l’assume. La Russie est ici un allié possible pour les opérations françaises (et inversement). Cependant, on peut voir ici qu’il y a malheureusement des gens se disant de gauche et se contentant, par incompréhension de la nature dialectique des choses, par esprit unilatéral… d’opposer abstraitement les choses. Ce qui donne : si l’OTAN est mauvaise, alors Poutine est bon. Si l’armée française est mauvaise, alors un putsch militaire au Mali est bon. Et ainsi de suite. C’est stupide, aberrant, atroce.

L’article publié sur Initiative Communiste est ici exemplaire en ce sens que, dans son élan, il assimile la Russie d’aujourd’hui à l’URSS ! Cela serait une pauvre victime d’une propagande mensongère ! C’est dire tout de même où mène une pensée unilatérale. Quoiqu’on pense de l’URSS des années 1970-1980 – qu’elle soit socialiste (pour le PCF) ou social-impérialiste (pour les maoïstes) ou capitaliste d’État (pour certains trotskystes et les anarchistes) ou État ouvrier dégénéré (pour d’autres trotskystes), etc. – quel rapport avec la Russie des oligarques du début des années 2020?

Est-il si difficile de dire que cet État a des visées hégémoniques, qu’il ne cache d’ailleurs même pas lorsque Vladimir Poutine dit que l’Ukraine n’existe pas? Car Vladimir Poutine dit tout de même franchement que l’Ukraine est une invention bolchevique. Les gens du Pôle de Renaissance Communiste en France ne peuvent pas ne pas le savoir s’il s’intéressent à la question. Comme ils se revendiquent de Lénine, ils devraient sauter au plafond et dire que l’Ukraine est une nation, que Vladimir Poutine n’est qu’un nationaliste grand-russe, que l’URSS a eu raison de reconnaître pleinement la nation ukrainienne, d’y généraliser la langue ukrainienne, etc. Mais ils ne le font pas.

Au lieu de cela, il faudrait selon eux rire de l’accusation comme quoi la Russie voudrait envahir l’Ukraine. Pas certain que cela fasse rire les Ukrainiens de voir comme en ce moment… la grande majorité des troupes russes à ses frontières immédiates, avec désormais aussi tout le matériel nécessaire à l’action telles les installations médicales et les banques de sang…

« Pour les obsédés de l’ogre moscovite, la Russie a tous les torts. Elle ne se contente pas de menacer l’Ukraine en massant ses blindés à ses frontières, elle veut aussi installer à Kiev un pouvoir pro-russe (…).

Prétendre que Moscou prépare la guerre pour assouvir ses appétits territoriaux aux dépens de ses voisins mériterait un éclat de rire s’il ne s’agissait d’une crise internationale sérieuse au cours de laquelle, une fois de plus, le bellicisme de Washington tente d’enrayer le déclin irrésistible d’un Occident vassalisé. »

Comment peut-on dire que Moscou ne prépare pas la guerre ? Il faudrait que le pays soit socialiste pour ne pas le faire ? Ou alors il y a des pays non socialistes qui ne préparent pas la guerre ? Mais alors en vertu de quoi ?

Il n’y a rien qui puisse flotter au-dessus de la réalité. Soit un pays est capitaliste, soit il ne l’est pas. Et si on en arrive à nier la volonté assumée par la Russie elle-même de nier le caractère national de l’Ukraine et de la satelliser, c’est qu’il y a un vrai problème de fond dans l’analyse. Cela mène dans un cul-de-sac ou à se retrouver dans le mauvais camp. La seule orientation correcte, comme dit en juillet 2021, c’est Ni Washington ni Pékin, mais les travailleurs, les animaux et la Gauche historique.