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Un révélateur index de la vie végétarienne dans les grandes villes du monde

La France est totalement en retard dans son rapport aux animaux et cela se lit forcément aussi avec les lieux de restauration.

Nestpick est une base de données d’appartements meublés visant à servir d’entremetteurs pour la location dans un autre pays, pour une durée plus ou moins longue, visant ainsi les étudiants et les expatriés. Elle fait des études afin de promouvoir les départs et a réalisé un index concernant la pratique du végétarisme.

Il est évident qu’un tel choix est assez flou, car le végétarisme a perdu tout son sens (moral et pratique) depuis l’irruption du véganisme et l’entreprise a fait en sorte de mélanger les deux pour simplifier. Dans ses informations, on trouve cependant également le pourcentage de restaurants vegans, à côté du prix dans la ville concernée des fruits et des légumes, des protéines végétales et des restaurants, et également une note reflétant la tenue d’événements et de festivals.

Le top 5 des villes « végétariennes » donne Londres, Berlin, Munich, Vienne, Glasgow, rappelant que les Britanniques et ceux relevant de la culture allemande sont les plus tournés vers les animaux (la sixième ville est d’ailleurs Zurich, Genève étant 40e). Pour les restaurants vegans, le top 5 est Ubud en Indonésie (à Bali), Édimbourg, Bristol, Glasgow et Tel Aviv.

Mais regardons vers la France pour voir ce qu’il en est. Paris étant la métropole internationale qu’on connaît, on pourrait s’attendre à au moins une situation un peu positive sur ce plan. La ville n’est cependant qu’à la 61e place. Cela en dit long sur plein de choses : sur la nature des touristes qui viennent (soit consommateurs superficiels, soit grands bourgeois visant le luxe), sur la nature des gens vivant en région parisienne (d’esprit consommateur petit-bourgeois, pas prêts à se plier à des conformités morales).

La première ville française est Strasbourg, à la 42e place, et on connaît la part immense de la culture allemande dans la culture de cette ville, dont bon nombre de gens ne parlaient d’ailleurs nullement le français en 1918. Dans le classement, qui regroupe 75 villes, on a également Nice à la 71e place. Rappelons que cette ville a une dimension internationale, de par la porte d’accès qu’elle présente pour la Côte d’Azur.

Du côté de nos voisins belges, Bruxelles est à la 34e place, devancé par Gand à la 24e. Même les Italiens et les Espagnols font mieux que les Français, avec Palma de Majorque (7e), Madrid (29e) et Barcelone (55e), ainsi que Rome (11e), Milan (27e), Turin (37e) et Naples (44e). Disons « mêmes » non pas parce que les Italiens et les Espagnols seraient « moins bien » que les Français, mais afin de bien souligner qu’on ne peut pas prétendre que les « latins » seraient en général indifférents aux animaux, comparé au caractère « hippie » des Allemands, par exemple.

Une des multiples productions d’Alba.Paris

Bien entendu, ce sont seulement des comparaisons entre les villes. Il n’en reste pas moins que l’arriération française est évident. Si Pittsburgh (30e) est devant toutes les villes françaises, avec ses 300 000 habitants, ou encore Oklahoma City (32e, avec 650 000 habitants)…

Non, la vérité est que les ambiguïtés et le racolage à la L214 ont démoli le mouvement pour les animaux, que la crise sanitaire a liquidé la question, que la forteresse beauf française est toujours là. Ceux qui ont vendu comme une avancée que la question animale soit intégrée dans le panorama générale n’ont pas compris qu’ainsi elle était désintégrée, ou plutôt n’ont pas voulu voir car ils ont profité d’un prestige médiatique, universitaire, social, économique !

Et encore comme on le voit les petit-bourgeois et les bobos qui ont dévie le mouvement pour les animaux n’ont même pas réussi à faire un vrai capitalisme vegan, ni même un capitalisme végétarien ! L’index montre la faillite de toute une approche anti-populaire et incapable d’assumer la question de manière franche. Le relativisme français est insupportable particulièrement en ce domaine et là on en paie le prix.

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De simples menus «sans viandes» à Lyon horripilent la vieille France

La vieille France, qu’elle soit de droite ou qu’elle s’imagine de gauche, fait toute une histoire pour de simples menus temporairement « sans viande » dans les cantines lyonnaises. Cela en dit long sur l’arriération des mentalités de notre pays.

La mairie EELV de Lyon prend prétexte de la crise sanitaire pour distribuer des menus « sans viande » dans les cantines scolaires. On pourrait imaginer qu’il y a en arrière plan une motivation environnementale, mais ce n’est pas assumé. La mairie se cache derrière de prétendues contraintes techniques, avec l’idée « d’accélérer le service » pour « accueillir tous les enfants » dans le cadre d’un nouveau protocole sanitaire.

D’autant plus que la mairie explique qu’il ne s’agit surtout pas de menus volontairement « végétariens », et que d’ailleurs il y aura du poisson ou des œufs, que tout cela n’est que temporaires, etc.

C’est, du point de vue de la question animale, totalement incohérent. Soit on se passe de produits d’origine animale et on l’assume, soit on ne le fait pas. Ce qu’il y a entre les deux ne rime à rien et culturellement une telle incohérence prête le flanc à une démolition en règle par le conservatisme.

Pourquoi ? Parce que tout pas en avant est déjà de trop pour une France arriérée qui n’a comme idéal que les « 30 glorieuses » du capitalisme, où justement la viande et le lait ont été imposés en masse dans l’alimentation des Français. Les cantines scolaires ont justement été un endroit clef de ce dispositif idéologique et culturel visant à faire de la viande et du lait une norme, avec un prétendu équilibre alimentaire allant avec.

La France est tellement empiété dans cette arriération que, si l’on en croit les recommandations sanitaires officielles, il serait même impossible d’être végétalien et vivant !

Le contenu du BTS diététique, par exemple, qui dispense tout un référentiel pour un prétendu équilibre alimentaire, celui-là même qui est imposée aux cantines scolaires (avec des menus supervisés par les infirmières), est incapable d’expliquer pourquoi des gens peuvent être végétalien et en bonne santé !

Il y a pourtant des centaines de milliers de vegans dans le monde, des sportifs de haut niveau, des gens qui sont nés vegan de parents vegan. Mais pour la France, ces gens n’existent pas ! Alors, quand une mairie fait des menus « sans viande », la vieille France monte au créneau et s’insurge.

Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie est lui-même intervenu, rappelant qu’il était également ministre de l’alimentation. Il a expliqué comment il comptait saisir le Préfet pour obliger à servir de la viande, avec au passage tout un cinéma sur les « cantines de la République » devant servir de la viande. Il n’hésite pas à raconter n’importe quoi en prétendant qu’il serait « aberrant » d’un point de vue nutritionnel de ne pas servir de viande, ou encore que ce serait une injustice sociale.

« Je suis ministre de l’Agriculture et de l’alimentation. D’un point de vue nutritionnel, c’est aberrant d’arrêter de servir de la viande dans toutes les cantines de la République.

D’un point de vue social aussi, c’est une honte, car c’est toujours une écologie de l’entre soi où à chaque fois ce sont les plus fragiles qui n’ont pas forcément accès à des repas équilibrés qui sont fragilisés. »

Comme si en 2021 on ne savait pas que la viande n’est pas utile à l’équilibre alimentaire ! Et comme si dans la France opulente de 2021, de par sa société de consommation, on en était à ce que des familles modestes soient « privées » de viande !

Mais la Droite n’est pas la seule à s’insurger ainsi. On a par exemple les JRCF, l’organisation de « jeunesse » liée au PRCF, une structure dont le but est le retour à un PCF des années Thorez, des années 1960, qui fait le même cinéma lamentable sur Twitter :

« Fascinant ce débat sur la #viande ! Maintenant, le progrès consiste à priver des milliers d’enfants de la seule viande qu’ils pourront manger au nom de l’idéologie #écologiste ! Ces individus sont un des grands piliers du Capitalisme. #EELV

Avec leurs discours ils participent au cirque médiatique auquel se prête également la droite fascisante (qui ose se prétendre anti-système). Ils vocifèrent 2 visions du capitalisme, l’un avec un maquillage #vert, l’autre brun, mais en aucun cas ils offrent une réelle solution!

Il faut pouvoir assurer à nos enfants (ainsi qu’au reste de la population) une alimentation saine et de bonne qualité. Ils doivent avoir accès à de la viande et surtout à de la viande digne de ce nom.

Il est inadmissible que dans pays comme le nôtre le principal repas pour certain soit dans les #CantinesScolaires. Il est inadmissible que des milliers de français fassent la queue afin de se nourrir.

Face à un pouvoir capitaliste qui n’a aucunement comme priorité l’intérêt de ceux qui font vivre jour après jour notre Nation, et face aux fausses alternatives que représentent la droite fascisante et cette « gauche », il est urgent de faire renaître une alternative populaire! »

On voit ici à quel point la Droite dispose d’une assise immense dans le pays, comment elle est capable idéologiquement de tout écraser en un rien de temps. Un simple menu « sans viande » anecdotique provoque un tollé et se fait balayer d’un revers de main.

Le capitalisme s’est bien ancré dans les esprits.

C’est pourquoi on ne pourra échapper à une révolution en profondeur sur le plan des mœurs, des mentalités, de la culture, pour balayer le vieux monde. Mais il ne peut y avoir de réels changements que s’ils sont démocratiques, portée à la base par la population voulant réellement changer les choses, améliorer le monde, faire la révolution.

Et ces changements doivent être clairs, entiers. En tronquant la question animale, les bobos tentent d’en nier la signification historique. Il appartient à la Gauche de porter haut et fièrement le drapeau du futur, celui qui célèbre la nature et la compassion pour les animaux. Il faut forger une génération d’enfants qui refuseront de manger de la viande dans les cantines, cette horreur du passé, cette horreur de la vieille France !

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3 recettes avec du chou kale par «À Tire la Rigot»

Le chou kale, ou chou frisé en feuille, est un espèce ancienne, qui est devenue très à la mode dans les années 2010 du fait de ses grandes qualités nutritives. Il est un peu un symbole healthy et est souvent très apprécié chez les vegans.

Voici trois recettes faciles, qui sont très bien montrées et commentées sur la chaîne YouTube Recettes végétaliennes A Tire Larigot

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Des scientifiques belges contestent l’avis de l’Académie royale de médecine de Belgique sur les dangers du végétalisme

Au printemps dernier, la prise de position de l’Académie royale de médecine de Belgique contre le végétalisme chez les femmes enceintes et allaitantes ainsi que chez les enfants avait provoqué quelques remous, tellement cela relevait de la propagande ouverte contre les vegans et pas de l’argumentation scientifique. Des professionnels de la santé et docteurs en sciences se sont alors réunis autour d’une position commune, afin de contredire l’institution.

Des médecins belges ont formé un collectif suite à la publication de l’Académie royale de médecine de Belgique. Les docteurs Lamprini Risos, cardiologue préventive à l’hôpital Erasme et Catherine Devillers, médecin nutritionniste et rédactrice scientifique au Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique à titre privé, ont alors produit une analyse critique très approfondie, venant selon leurs mots « contredire les conclusions alarmistes de l’académie ».

Dans un communiqué, il est expliqué ni plus ni moins que « l’avis est infondé » et qu’il « relève d’une désinformation » :

« Des médecins belges se sont rassemblés pour répondre à l’ARMB. Ils ont analysé une par une les études dont celle-ci s’était inspirée dans deux rapports successifs à charge contre le végétalisme.

Leur constat: les sources citées par l’académie, parfois hors sujet, contredisent ses propres conclusions. Parmi plus de 40 références, seules deux sources allemandes, plus réservées, incitent à la prudence et au suivi régulier des patients végétaliens. En revanche, les autres sources citées par l’ARMB concluent qu’une alimentation végétalienne bien planifiée et équilibrée est bénéfique pour la santé à tous les stades de la vie. »

On ne sera pas étonné qu’un conflit d’intérêts ait été remarqué, avec 4 membres de la commission ayant rédigé cet avis « liés à l’industrie laitière (Danone et Nestlé) ».

Un long rapport a été produit, ainsi qu’une version plus courte destinée au grand public, que nous publions ci-dessous. Cette réponse à l’institution belge a été signée par plus de cent professionnels de la santé et docteurs en sciences, issus de 13 pays différents. C’est une contribution très importante au débat démocratique sur la question du végétalisme, contre les tentatives de désinformation.

(Les informations sont également disponibles en anglais et en néerlandais).

Réponse à l’Académie Royale de Médecine de Belgique : version courte

« Nous, professionnels de la santé (médecins, chirurgiens, dentistes, diététiciens, docteurs en sciences), avons souhaité réagir au récent avis de l’Académie Royale de Médecine de Belgique (ARMB) qui proscrit l’alimentation végétale exclusive (végétalienne ou végane) chez les femmes enceintes, allaitantes, les enfants et adolescents.

Nous leur avons adressé une longue réponse que nous souhaitons transmettre au grand public de façon plus succincte. Les alimentations végétariennes (excluant les chairs animales) et végétaliennes (excluant aussi les produits laitiers, les œufs, le miel) sont en augmentation en Belgique et partout dans le monde pour des raisons éthiques, écologiques et sanitaires. Par leur caractère récent chez nous, elles suscitent des inquiétudes auprès du grand public et des professionnels de la santé. Cependant, elles sont bien mieux connues à l’étranger, notamment dans les pays anglo-saxons qui les ont intégrées dans leurs recommandations nutritionnelles.

L’ARMB a émis deux avis datant de juin 2018 (paru dans la presse en mai 2019) et de juin 2019. Elle invoque des carences systématiques sans apporter d’argument scientifique valable pour soutenir cette affirmation. Nous avons minutieusement analysé les sources utilisées pour ces deux avis et nous estimons sa position incompréhensible.

Aucune des sources citées ne proscrit l’alimentation végétale. Depuis des décennies, de nombreuses publications comparant l’alimentation végétale au régime omnivore chez les adultes sont rassurantes et même encourageantes. Ce type d’alimentation est associé à des effets positifs sur divers paramètres cliniques et biologiques reconnus comme facteurs de risque des maladies cardiovasculaires et des cancers, premiers contributeurs à la mortalité globale à l’échelle mondiale. Les végétaliens souffrent moins d’obésité, ont une meilleure tension artérielle, moins de «mauvais» cholestérol, moins d’insulinorésistance (diabète).

Chez les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes en particulier, nous citons de nombreuses recommandations (américaines, anglaises, australiennes, portugaises, israéliennes, italiennes, canadiennes) qui peuvent être résumées en reprenant les mots de l’AND (Academy of Nutrition and Dietetics) américaine, organisme fort de 67 000 professionnels faisant autorité dans le domaine de la nutrition.

Son avis est le suivant: «Les alimentations végétariennes (y compris végétaliennes) bien menées sont adaptées à tous les stades de la vie, notamment aux femmes enceintes, aux femmes qui allaitent, aux nourrissons, aux enfants, aux adolescents ainsi qu’aux sportifs.» Les recommandations britanniques précisent qu’il n’y a pas d’âge minimum pour une alimentation végétalienne. Nous rappelons que de 0 à 6 mois, l’allaitement maternel doit être privilégié et fortement encouragé. Ces recommandations insistent sur une information correcte des professionnels de santé auprès des personnes et des parents qui souhaitent adopter ce type d’alimentation.

Les publications scientifiques les plus récentes précisent qu’aucune étude sur le végétalisme n’a montré de risque pour la santé ni de malformations néonatales. Elles ont même mis en évidence certains bénéfices: moindre gain pondéral pour la mère durant la grossesse, réduction du risque de prééclampsie et d’accouchement prématuré. Notre réponse à l’ARMB est motivée par le souci d’une information scientifique rigoureuse et à jour, et par la nécessité d’informer correctement le grand public en-dehors de tout intérêt financier. Aucun de nos cosignataires (belge ou étranger) n’a de lien financier avec l’industrie agroalimentaire ou pharmaceutique. Nous regrettons que le rapport de l’ARMB ne mentionne pas les conflits d’intérêts de ses experts. Sur les 8 membres de la commission qui ont rédigé cet avis, 4 sont liés à l’industrie laitière (Danone et Nestlé).

En 2015, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé la viande transformée comme cancérogène et la viande rouge comme cancérogène probable. Il semble dès lors logique de vouloir l’exclure de son alimentation. Plus récemment, le Canada a retiré les produits laitiers des aliments dits indispensables. Nous rappelons aussi que nous faisons face à une épidémie d’obésité infantile aux conséquences graves et avérées: morbi-mortalité cardiovasculaire et par cancers.

Il est de notre devoir de professionnels de la santé de prendre toutes les mesures nécessaires pour promouvoir une alimentation saine dès le plus jeune âge. Pointer systématiquement du doigt une alimentation végétale pour laquelle, jusqu’à présent, nous n’avons aucune preuve de risque, mais au contraire de nombreux indices de bienfaits, correspond à de la désinformation. En cas d’alimentation végétalienne, il faut veiller à des apports suffisants, quotidiens et variés en fruits, légumes, céréales, légumineuses et oléagineux. Les oléagineux sont des sources de graisses non saturées saines et peuvent se consommer sous forme de graines, noix (pâtes d’oléagineux chez les jeunes enfants) ou huiles.

Chez les tout-petits, il faut veiller à augmenter progressivement la quantité de fibres dans l’alimentation. Une alimentation exclusivement à base de plantes nécessite à tous les âges une supplémentation en vitamine B12 et en vitamine D (la supplémentation en vitamine D est également recommandée en cas d’alimentation omnivore). Une carence en nutriments n’est à craindre que si l’on exclut intentionnellement de son alimentation un groupe alimentaire. Une alimentation équilibrée, variée, et contenant le plus possible d’aliments non-transformés apportera tous les nutriments nécessaires.

Quelques exemples de sources pour certains nutriments: les noix, les graines de lin et les huiles qui en sont dérivées sont de bonnes sources d’omega-3. Le calcium est présent en abondance dans les légumes à feuilles vertes, les graines de sésame et l’eau minérale. Les céréales et les légumineuses sont riches en fer et en protéines. Les modes de préparation (trempage, fermentation, germination) et de cuisson (vapeur) des végétaux permettent une meilleure assimilation des différents nutriments.

La carence en protéines dans notre pays n’est pas un problème si l’on consomme suffisamment de calories de sources végétales diverses. Nous espérons, par ces éclaircissements, rétablir une vérité scientifique actuelle et bien référencée, rassurer les professionnels de l’enfance et les parents, mais aussi encourager la formation en nutrition des divers corps de métiers de notre système de soins de santé. »

CONTACTS PRESSE Pour plus d’informations concernant les auteurs et cosignataires ainsi que les références mentionnées dans notre publication : Lamprini Risos, cardiologue préventive à l’hôpital Erasme T 0486 59 00 26 lamprini.risos@hotmail.com

Catherine Devillers, médecin nutritionniste et rédactrice scientifique au Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique T 0493 56 85 10 catherine.devillers76@gmail.com

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L’Académie royale de médecine de Belgique contre le végétalisme : simplement ridicule

L’Académie royale de médecine de Belgique a pris une position très ferme sur le végétalisme : elle le déconseille totalement comme « inadapté et donc non recommandé pour les enfants à naître, les enfants et les adolescents, de même que les femmes enceintes et allaitantes ». C’est un parti-pris qui se veut scientifique, mais qui équivaut à ce qu’il y avait de scientifique lorsque de par le passé, les religions plaçaient la Terre au centre de l’univers.

Il existe ainsi de nombreuses personnes végétaliennes de par le monde, y compris des gens l’étant depuis leur naissance. Il y a des sportifs et des intellectuels, y compris de haut niveau ; il y a des jeunes, des vieux, des femmes enceintes, des enfants, etc. Bref, il y a des gens bien différents exerçant des activités dans des domaines bien différents. Ces gens vivent et nulle part on apprend qu’ils tomberaient malades en masse ou seraient incapables de gagner telle compétition ou de passer telle épreuve universitaire, d’enseigner ou bien de travailler à l’usine.

Mais parfois la réalité est difficile à admettre, et cela encore plus qu’elle change de manière ininterrompue. Elle est même inacceptable pour qui ne peut pas accepter le changement. L’Académie royale de médecine de Belgique est, ainsi, simplement ridicule de par sa position anti-végétalienne. Elle est même ridicule tout court, car avoir un roi en 2019 et l’admettre, c’est assumer qu’on est dans la posture du charlatan reconnaissant la fiction comme quoi un être humain serait par nature supérieur à un autre.

Alors, en plus, donner des leçons au monde entier, c’est fort de café. Il y a pourtant des vegans en Belgique, et ce depuis fort longtemps, et il suffirait d’aller les voir. Mais on sait à quel point l’idéologie dominante ne s’intéresse pas aux faits, se focalisant uniquement sur l’avis des experts. Experts qui, pétris de certitudes, terrassés par une incompréhension de la réalité par leurs œillères institutionnelles, ne savent que répéter de vieux mantras réactionnaires.

Car quand on lit le communiqué de l’Académie royale de médecine de Belgique au végétalisme, on a l’impression qu’il est parlé d’une activité loufoque d’une poignée de babos au fin fond d’un obscur village, qui refuseraient tel ou tel aliment tout en ne marchant que sur un pied en chantant des chansons médiévales. Et les médecins belges auraient été les seuls au monde à avoir étudié le problème et à l’avoir résolu !

Comme quoi, nos amis belges savent être aussi chauvins et nationaux-centrés que nous en France. Ce n’est guère rassurant ! Déjà que notre prétention historique est insupportable, alors si nos voisins s’y mettent aussi… Et, malheureusement, ils le font avec la même hypocrisie que nous, avec la même mauvaise foi. Car le fait que l’Académie royale de médecine de Belgique prenne comme thème les enfants est quelque chose de véritablement sordide.

L’opinion publique, à juste titre, porte une attention extrême à la question de l’enfance et de sa protection. Alors le fait de répandre des affirmations, sans aucun égard pour des analyses différentes (et elles ne manquent pas sur le végétalisme pour les bébés, les enfants…), sur une question aussi cruciale, c’est agir en faisant un coup bas. Et rien que cela disqualifie le propos.ouvre un nouvel onglet)

Ce que fait l’Académie royale de médecine de Belgique, c’est de la propagande, pas un travail scientifique donné au peuple belge, ni aux peuples du monde. Si les médecins ayant signé le document assumaient leur position, ils partiraient dans la dénonciation de tous les ouvrages et de tous les sites dans le monde qui affirment qu’on peut être un bébé végétalien. Le feront-ils ? Bien sûr que non, cela serait ridicule tellement c’est décalé par rapport à la réalité.

> Lire également : Les arguments de l’Académie royale de médecine de Belgique contre le végétalisme

En fait, la position de l’Académie royale de médecine de Belgique n’est que l’expression d’une grande peur : celle d’être dépassée. Les réactionnaires du monde entier son en panique devant des revendications d’un style de vie non seulement différent, mais se heurtant aux fondements mêmes du rapport à l’existence. Que des adultes consommateurs remplissent les caisses de la grande industrie vendant des produits végétaliens, c’est pour eux dans l’ordre des choses. Mais faire du végétalisme une valeur en soi, de la naissance à la mort, c’est lui conférer une universalité… Et c’est là ce qui est inacceptable pour eux.

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Les arguments de l’Académie royale de médecine de Belgique contre le végétalisme

Les arguments de l’Académie royale de médecine de Belgique contre le végétalisme ne reposent pas sur une analyse scientifique de la nature des aliments consommés réellement par les végétaliens. Ce sont des extrapolations faites à partir de connaissances basées sur l’alimentation moderne classique, dans le but de manipuler les esprits.

L’Académie royale de médecine de Belgique a pris position de manière ridicule contre le végétalisme en prétendant avoir un discours scientifique à propos de l’alimentation végétale.

Ce qui importe pour la nutrition, ce ne sont pas les aliments en eux-mêmes mais leur composition chimique et la façon dont ils sont synthétisés dans l’organisme. De ce point de vue, la nourriture d’origine animale n’a rien de spécifique en elle-même, avec des nutriments qu’on ne pourrait obtenir ailleurs.

Cela n’a ainsi, par exemple, aucun sens de parler de protéines en général puisque ce qui compte est leur composition en acides aminés. L’organisme n’a pas besoin des protéines d’un autre organisme (végétal ou animal) en tant que telles, mais des acides aminés qui les composent, pour synthétiser ses propres protéines.

Est-ce possible de la faire uniquement avec des végétaux ? Oui, ça l’est. Est-ce facile de le faire uniquement avec des végétaux ? Oui, ça l’est, il n’y a pas besoin d’aller chercher des aliments « exotiques » pour cela, ni d’augmenter les apports dans des proportions particulières pour obtenir les acides aminés essentiels.

Il faut véritablement ne rien connaître au végétalisme et à la réalité de ce que mangent les végétaliens pour raconter des choses comme :

« L’alimentation végétalienne excluant toute forme de protéines animales (et donc d’une série d’acides aminés essentiels) nécessite en d’autres termes systématiquement l’augmentation des apports alimentaires supplémentaires par rapport aux besoins ainsi qu’une analyse précise des aliments consommés afin de s’assurer du meilleur équilibre alimentaire possible. »

C’est tout simplement faux. C’est d’autant plus faux qu’il est parlé à un moment de « protéines de haute valeur biologique », alors que justement cette « haute valeur » n’est pas quelque-chose de souhaitable pour la santé.

Qu’en est-il des autres risques de carence soulevés, en vitamine B12 , vitamine D, calcium, fer, zinc, iode et le DHA ?

La vitamine B12 ne pose absolument aucun problème ni ne nécessite de suivi médical particulier. La grande majorité des personnes végétaliennes prennent un supplément en vitamine B12 sous forme de bonbon ou comprimé, ou alors consomment des produits fortement enrichis. Cela est tout aussi facile à faire pour les enfants, sans qu’aucun risque ne soit avéré scientifiquement.

Le problème se pose d’autant moins pour les nourrissons, qui par définition doivent consommer le lait maternel et recevront la vitamine B12 présente dans le lait maternel de la mère qui n’est pas carencée.

Le problème qui se pose pour les nourrissons qui ne sont pas nourris au lait maternel n’est pas un problème spécifique au végétalisme. Il existe de nombreuses stratégies pour palier artificiellement (et insuffisamment) au lait maternel, mais le lait de vache ne consiste en aucune manière en une solution indispensable. Qu’ils soient d’origine animale ou végétale, ces produits de substitution ont une composition qui est élaborée très précisément de manière à correspondre le plus possible à la composition chimique du lait maternel humain, qui est très différent de celui des vaches.

Le problème de la vitamine D n’est pas non plus un problème spécifique aux végétaliens. En Belgique ou dans la partie nord de la France, tant les enfants que les adultes, végétaliens ou non, doivent se complémenter en vitamine D l’hiver pour palier au manque de synthèse fait par la peau grâce au soleil. Les personnes végétaliennes ou non qui ont une exposition suffisante au soleil n’ont pas de carence en vitamine D. C’est aussi simple que cela et c’est mentir que de prétendre l’inverse.

Il en est de même pour le calcium, le fer, le zinc, l’iode ou le DHA (via les oméga-3) : les carences en ces nutriments sont possibles, mais nécessitent simplement une alimentation équilibrée et diversifiée pour y faire face. Manger sainement, avec des produits de qualité le moins possible transformé industriellement, variés, suffit largement à couvrir les besoins. Les connaissances pratiques accumulées depuis des dizaines d’années de végétalisme permettent facilement d’avoir un équilibre alimentaire idéal.

Ce qui compte, il faut le rappeler encore, n’est pas tant les nutriments en eux-mêmes que la façon dont ils sont synthétisés. Les « scientifiques » écrivant des rapports tels que celui de l’Académie royale de médecine de Belgique ont du mal à comprendre cela car ils raisonnent mécaniquement, en séparant les éléments les uns des autres.

Le fer serait donc un problème pour eux, par exemple, car ils « voient » que le fer héminique (provenant du sang d’un animal) s’assimile plus directement que celui provenant des végétaux. Ils ne voient pas par contre que la vitamine C des fruits et légumes améliore grandement la synthèse du fer d’origine végétal pour les personnes végétaliennes.

Ce qui compte en alimentation, ce sont les synergies qui se forment lors du processus complexe de l’alimentation, à différentes étapes depuis la mastication jusqu’au passage dans les intestins.

Il est ainsi facile de faire peur volontairement en disant des choses complexes, sans rappeler que cette complexité s’organise en fait naturellement lors d’une alimentation simplement équilibrée :

« Par ailleurs la répartition respective des différents aliments végétaux (céréales, légumineuses, fruits-oléagineux, légumes et fruits) pour couvrir les besoins en un certain nombre d’oligo-éléments et de nutriments est absolument essentielle en particulier pour le calcium présent par exempledans le chou, les graines de sésame ou les amandes, et les omégas-3, présents dans les noix, le colza ou le soja. Il existe aussi un risque d’excès de fibres (phytates) par consommation importante de légumineuses et céréales, de fruits et de légumes pouvant interférer avec l’absorption digestive des minéraux et du fer. »

Il est aussi sacrément gonflé de la part de l’Académie royale de médecine de Belgique de parler de « déséquilibres métaboliques et l’obligation d’un suivi médicalisé » pour les végétaliens, alors que justement c’est l’alimentation moderne « omnivore » qui provoque un nombre grandissant de déséquilibres métaboliques (obésité, diabète) et qui est de plus en plus incriminée dans les cas de maladies auto-immunes.

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Stanislas Kraland : vegan mais pas vraiment

Stanislas Kraland est un journaliste français dont le premier livre a été publié récemment (mai 2018) : « L’expérience alimentaire ». Il a exposé ses motivations et son parcours dans des articles et des vidéos du Huffington Post.

Le parcours se résume facilement. L’auteur avait une certaine sensibilité envers les animaux et est devenu végétarien puis il a cherché à passer le cap du véganisme – sans jamais y arriver puisqu’il dit dans ses vidéos qu’il n’a jamais arrêté les produits laitiers. Cette transition lui aurait causé de nombreux problèmes sur le plan physique et sur le plan psychologique. Il s’est donc remis à manger de la viande.

 

sébastien kraland, huffington post blog

 

Stanislas Kraland se veut démocratique. Il souhaite engager le débat sur le véganisme et les risques qui y seraient liés, selon lui. Son but : que personne ne blâme personne, et qu’une discussion calme se construise. Les vegans ne devraient pas critiquer son retour en arrière car l’auteur n’a rien contre les vegans.

 

Les problèmes soulevés sont-ils de vrais problèmes ?

 

sébastien kraland, l'obsL’auteur évoque des problèmes physiques comme des « fringales de sucre », « chute de masse musculaire », des troubles au niveau de certaines articulations, tendinites, « crise de sciatique extrêmement aiguë », « sursautements de membres » en position allongée, une hypersensibilité auditive (son oreille « ne supportait plus le bruit d’une cuillère qui tombait par terre »). Il pensait que devenir vegan aurait forcément un impact positif sur sa santé, il n’a donc pas cherché à établir un lien immédiatement.

Voici pour la présentation des problèmes physiques. Intéressons, aux plus gros problèmes rencontrés : ceux psychologiques. Essayer de devenir vegan aurait plongé l’auteur dans un état dépressif. Pour preuve : il est allé voir en psychiatre qui lui a prescrit des anti-dépresseurs.

On apprend donc qu’il a commencé à se dire « je n’aime pas cette planète », « je n’aime pas ce monde », « je n’aime pas cette société », « je n’aime pas mon travail », « je n’aime pas ma famille ». La raison de tous ces maux ? Le changement d’alimentation, encore une fois.

Les premiers problèmes décrits ont encore un minimum de poids avant qu’on en arrive à l’étape de la dépressions. Comment accorder de la crédibilité au témoignage d’une personne vivant dans un monde merveilleux de bisounours et qui, en réalisant que l’humanité se comporte d’une manière barbare envers la planète (déforestations, réchauffement climatique, pollution, blanchiment de coraux, etc.) et les animaux (abattoirs, tests sur les animaux, chasse à courre, etc.), tombe de haut et commence à déprimer ?

 

sébastien kraland, huffington post blog

 

Le problème ici est que tout cela est du ressenti et que cette personne a abandonné des principes qu’elle avait voulu défendre (très très modérément puisqu’elle n’a jamais été vegan). Impossible de faire la part entre l’exagération, le somatisation, et la vérité. Ajoutons à cela d’éventuels mensonges par omission et nous nous retrouvons dans un débat sans fin.

Cependant, une chose transparaît clairement : cette personne cherche à tout pris à justifier son revirement. On apprend même que sa dépression serait due à une carence en tryptophane, un acide aminé qui serait moins disponible dans les végétaux. Il est tout de même étonnant de voir le nombre de personnes vegan depuis dix ou quinze ans, ou plus, qui n’ont pas ce genre de trouble… On nous répondra que chacun est très différent, que certaines personnes peuvent être vegan et d’autres non, etc. Encore une discussion sans fin.

 

Ego et psychodrame contre morale et démocratie

 

S’il est impossible d’affirmer quoi que ce soit avec une certitude inébranlable concernant les symptômes décrits, il est revanche très simple de juger la démarche de la personne.

Cette personne dit qu’être vegan a été une des expériences les plus difficile de sa vie dans une vidéo, tout en reconnaissant… qu’elle a continué à consommer des produits laitiers. Elle n’a donc jamais été vegan.

Cette personne se veut démocratique et veut aider les gens à prendre conscience des risques à devenir vegan. Elle veut que chacun fasse des choix de manière éclairée et amener tout le monde à reconnaître que tout le monde ne peut pas devenir vegan – en raison des risques encourus.

sébastien kraland, l'obs
Après le végétarisme, les élevages…

Pourtant dans aucune de ses deux vidéos, il n’est fait mention de visites médicales, de prises de sang, de tentatives sérieuses pour comprendre d’où provenaient ses problèmes. Nous n’avons le droit qu’a des ressentis. Si tout ce que l’auteur décrit est vraiment lié à une alimentation végétalienne et qu’il était vraiment sincère, il aurait évoqué ses consultations, il aurait demandé si de l’aide pour savoir si d’autres personnes avaient les mêmes problèmes, et si oui, comment les surmonter.

Si cette personne avait un minimum de sincérité, elle ne profiterait pas des problèmes liés, encore une fois selon l’auteur, à une alimentation « quasi-végétalienne » pour vendre son livre.

Nous avons donc une personne qui a été vegan-mais-pas-vraiment-au-final, qui veut informer mais ne donne aucune information utile et qui profite de toute cette histoire pour mettre en avant son égo. On retrouve malheureusement la démarche insupportable de chez certains journalistes, doublé d’un niveau de conscience politique ras-les-pâquerettes, et d’un esprit carriériste étranger à toute l’histoire de la social-démocratie et du mouvement ouvrier.

Devenir vraiment vegan

Le véganisme est devenue une mode ces dernières années, tout particulièrement dans les centre des grandes villes comme Paris. De plus en plus de personnes le deviennent, mais qui dit mode dit égo et superficialité. Et cela se vérifie avec des personnes comme Stanislas Kraland.

Il n’est pas le premier à arrêter et faire une vidéo publique pour expliquer ses raisons. La santé est un argument massue dont bon nombres d’ex-vegan ont abusé pour justifier leur capitulation.

Pourtant, le véganisme porte quelque chose de fort et il est évident qu’une société socialiste ne peut que devenir vegan. L’humaniste Thomas Moore dans son Utopie, avait relégué l’abattage à l’extérieur de sa cité. Ce travail était même réservé aux esclaves, jugé disgracieux pour ces citoyens. Et quelques siècles plus tard, le végétarisme était un thème mis en avant au sein du mouvement ouvrier. Il est évident que tout notre rapport à la Nature et aux animaux doit changer.

Le véganisme va dans le sens de l’histoire, mais des personnes comme Stanislas Kraland préfèrent se cramponner au faible prestige que leur offre notre époque. Ces personnes veulent avoir l’air bien, elles pensent faire bien… jusqu’à ce qu’elles craquent, lorsqu’elles en ont marre de sacrifier quelques petits moments de confort. A ce moment-là arrive l’excuse de la santé: « ce n’est pas de ma faute, c’est mon corps ».

Arrêter est une chose, arrêter après avoir critiqué l’exploitation animale pendant des animaux en est autre. Et le faire, en plus, en se mettant en avant est immonde.

Stanislas Kraland est devenu un argument supplémentaires des anti-vegan. Il est devenu un allier objectif des boucheries, des éleveurs, et de toutes les personnes qui tuent et exploitent des animaux : « vous voyez, l’humanité ne pas devenir vegan ». Il n’est que l’expression d’une tendance de fond, d’une vague qui refuse d’aller de l’avant et se tourner vers la planète et les animaux.