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Société

Chasse à courre: agression de militants AVA en forêt de Compiègne

Deux activistes d’AVA ont été passés à tabac alors qu’ils filmaient la mise à mort d’un cerf par des veneurs.

tweet AVA Compiègne relatif à l'agression du 2 janvier 2021

Ce samedi 2 janvier 2021 des militants d’AVA Compiègne ont été agressés par des participants à la chasse à courre. Les faits relatés par Stanislas Broniszewski dans Oise Hebdo font froid dans le dos :

« La jeune fille d’AVA qui était en train de filmer a été jetée au sol et frappée. Quant à l’autre AVA, il a reçu des coups de sabot d’un cheval de veneur »

On apprend que les deux blessés ont été emmenés au centre hospitalier de Compiègne par les pompiers et qu’encore une fois les veneurs, ardents défenseurs de la tradition, ont tué l’animal au fusil. Alors que des militants sont allés jusqu’à rejoindre le cerf dans l’eau afin de lui éviter une mort cruelle, les chasseurs ne sont pas contentés d’un acte de cruauté sans nom envers l’animal : ils leur fallait aussi s’en prendre physiquement à des militants AVA.

Bien évidemment, le maître d’équipage, Alain Drach, nie en bloc : aucun coup de la part des chasseurs qui auraient fait preuve d’un sang froid hors norme face aux militants qui auraient provoqué et cherché la bagarre.

Encore une fois, la barbarie de la chasse à courre a parlé : violence, mensonges et cruauté. Aucune compassion, aucun respect pour la vie et la Nature.

L’arriération culturelle portée de la chasse doit être détruite, la violence des chasseurs brisée. Seul un large front démocratique peut porter de telles exigences : à la Gauche de se montrer à la hauteur et d’assumer son rôle historique.

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Écologie

Chasse aux blaireaux: One Voice lance une campagne contre la vénerie sous terre

L’association de protection animale One Voice a lancé hier une grande campagne contre la vénerie sous terre. Cette pratique immonde de chasse aux blaireaux est très peu connue, tout comme la chasse à courre, et est particulièrement barbare.

One Voice a publié hier cette vidéo, dont les images sont difficilement soutenables :


C’est le fruit d’un travail d’infiltration, pour documenter cette pratique absolument détestable, qu’aucune société avancée ne saurait tolérer.

Un site dédié à été lancé pour la campagne : jaimelesblaireaux.fr

Le nom du site internet est d’ailleurs particulièrement bien choisi, assumant une affirmation culturelle positive, ouvertement en faveur des blaireaux, et pas simplement contre cette pratique humaine détestable.

On retrouve une pétition, dont nous reproduisons le texte ci-dessous :

« Le déterrage des blaireaux est un « loisir » cruel, déguisé en soi-disant chasse utile et nécessaire. Ces animaux sensibles et sociaux sont accusés de tous les maux. Leur existence dans la nature n’est pourtant en rien un obstacle aux cultures. Les blaireaux sont d’ailleurs des animaux protégés en Angleterre, au Pays de Galles, ainsi qu’aux Pays-Bas, au Danemark, en Grèce et en Hongrie.

La France fait donc exception en Europe. Ces mensonges permettent aux chasseurs de les persécuter et de les massacrer jusque dans leurs terriers, qu’ils soient adultes ou juvéniles, de la mi-mai à la mi-janvier tous les ans.

Les images inédites d’enquête de One Voice, montrent toute la violence de ce « loisir », qui fait non seulement des victimes parmi les animaux, mais aussi des dégâts au sein des forêts. Cette pratique sadique maltraite également les chiens, contraints à s’enfoncer et rester sous terre pendant des heures, risquant blessures, problèmes pulmonaires, oculaires, et même de se retrouver enterrés vivants en cas d’éboulement du terrier.

J’aime les blaireaux !

Les mots sont fondamentaux dans la manière dont nous nous figurons le monde. En argot français, « blaireau » est péjoratif. Dans le Robert, il désigne un « personnage antipathique, borné et mesquin. » ; dans le Larousse, un « individu conformiste, borné, niais ». Il est nécessaire de faire évoluer les mentalités autant que les réglementations. Plus de huit Français sur dix demandent l’interdiction de la vénerie sous terre.

Je soussigné.e, demande avec One Voice l’interdiction de la vénerie sous terre, la protection des blaireaux dans toute la France, et que le terme « blaireau », quand c’est une insulte, soit retiré du dictionnaire. »

> Cliquez ici pour signer la pétition

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Écologie

La chasse à courre est responsable d’un accident gravissime en Indre-et-Loire

Voici le communiqué d’AVA France relatant cet événement gravissime :

« 🚨 UN NOUVEL ACCIDENT CAUSÉ PAR LA CHASSE À COURRE ! 🚗🦌🏇

Samedi dernier, en forêt de Loches (37), une famille qui empruntait la D764 n’a pu éviter le cerf qui fuyait l’équipage du Berry. Le choc très violent a projeté l’animal à 50 mètres de là, et le véhicule a fini sur le toit, dans un fossé.
Le père et l’enfant de 2 ans s’en sont sortis miraculeusement indemnes, mais la mère est aujourd’hui plongée dans le coma au CHU de Tours. Nous espérons quelle se remette très vite. 💚❤️🏥

Depuis l’annonce de ce terrible accident, les communicants de la vénerie font tout pour étouffer l’affaire, envoyant des faux témoins inonder les réseaux sociaux et appelant la rédaction de la Nouvelle République pour faire éditer leur article sur le sujet. Un de leurs responsables locaux a même eu le cran d’accuser « les cueilleurs de champignons » d’avoir causé l’accident !!!
Ceux qui suivent nos pages le savent pourtant bien : ces accidents sont nombreux et font partie intégrante de la chasse à courre. C’est ce qui arrive immanquablement quand on lâche une soixantaine de chiens en forêt pour débusquer et traquer de grands animaux.

Nous apporterons bien sûr tout notre soutien, moral comme légal, à la famille qui a subi cette tragédie, pour que les responsables soient condamnés.
Mais pour que cela ne se reproduise plus, il n’y a qu’une seule solution : ABOLIR LA VÉNERIE AUJOURD’HUI ! 📯🗡🚫


Deux articles de presse à propos de cet accident :
https://www.lanouvellerepublique.fr/…/loches-une-voiture-pe…
https://www.lanouvellerepublique.fr/…/accident-en-foret-de-… »

Voici également l’appel à témoin lancé par AVA Indre :

« 🚨 APPEL À TÉMOINS : GRAVE ACCIDENT SUR LA D764 SAMEDI !!! 

Un terrible accident s’est produit ce samedi matin, vers 11h30, sur la route entre Genillé et Loches.
Pendant une chasse à courre en forêt de Loches, un cerf déboule sur la route et heurte une voiture transportant une famille.
Le choc est si violent que le véhicule finit sur le toit, dans un fossé. À l’intérieur, la mère de famille fait un arrêt cardiaque, tandis que son mari et son enfant de deux ans s’en sortent miraculeusement avec des blessure superficielles.
Le cerf, lui, a été éjecté à 50 mètres de là et est mort sur le coup.
Pour le capitaine de Gendarmerie Gaudrel, cet accident souligne « la dangerosité de la forêt quand les animaux sont chassés ».
(Source : https://www.lanouvellerepublique.fr/…/loches-une-voiture-pe…)

Si vous avez des informations sur ce terrible accident, contactez-nous en commentaire ou en message privé ! 📸✒️

La chasse à courre est un danger pour tous : il faut en finir avec cette pratique d’un autre age, sans aucun respect pour la vie sauvage et la société qui l’entoure. »

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Écologie

Plus de 30 000 personnes appellent à la démission du préfet de l’Oise

Ce sont pratiquement 35 000 personnes qui ont signé un appel pour la démission du préfet de l’Oise, à la suite de son soutien unilatéral et déterminé à la chasse à courre.

Naturellement, François Ruffin, qui appelle à un rassemblement à Paris ce 5 mai pour faire la « fête à Macron », ne fait pas partie des signataires. Pourtant, Emmanuel Macron est le grand soutien aux chasseurs et à la chasse à courre en particulier…

Ce qui montre qu’une personne comme lui peut s’imaginer de gauche sans l’être, alors que des gens qui ne se définissent pas nécessairement comme de gauche assument une démarche fonrieriedamentalement de gauche…

Voici une vidéo relatant les propos tenus, ainsi que le texte de la pétition, qui peut être signée sur cette page.

Démission du préfet de l’Oise pour incitation à la violence

Lors de la dernière assemblée générale de la fédération des chasseurs de l’Oise, soit une semaine après une manifestation pacifique record contre la chasse à courre le 31 mars 2018 à Compiègne, le préfet de l’Oise et les présidents de la Fédération Nationale de la Chasse et de la Fédération de la Chasse de l’Oise, ont répondu à l’unisson pour appeler à la violence contre les opposants à la chasse à courre, de plus en plus nombreux.

Le Président de la Fédération Nationale des Chasseur, M Willy Schraen, en appelle à ses « gros bras », 800 chasseurs de gibier d’eau, pour venir « chasser en meute » les  citoyens qui s’opposeraient désormais à cette pratique. Il faut noter qu’il appelle des chasseurs non concernés par ce mouvement qui ne s’oppose qu’à une seule forme de chasse, la chasse à courre.

Le Préfet de l’Oise, M Louis Lefranc, appuie cette initiative en les appelant à « passer à l’action ».

Une véritable milice est levée à la simple demande de représentants de la chasse française. 

Ces méthodes sont anti-démocratiques et contraires aux droits de l’homme et du citoyen. Elles visent à écraser un élan citoyen qui n’en peut plus de supporter une pratique féodale et morbide qui représente la domination par la violence, extrême et gratuite, sur des êtres innocents.

Au lieu d’écouter ce mouvement et ce désir de beaucoup de français de vivre sans ces horreurs et ses souffrances infligées aux animaux, juste pour le plaisir d’une minorité , M le préfet de l’Oise a choisi LA REPRESSION et soutient désormais toute action des chasseurs visant à se faire justice eux-mêmes afin de continuer à vivre selon leurs us et coutumes.

Par ailleurs, M  Guy Harle d’Ophove affirme que toute personne n’aimant pas la chasse se doit de déménager et de quitter les villages forestiers, qui bien sûr selon lui, n’appartiennent qu’à une seule catégorie de citoyens : LES CHASSEURS.

Ce discours, en plus de son caractère dictatorial et violent, atteint plus d’une liberté fondamentale du citoyen français:

– le droit de manifester et d’exprimer ses opinions,

– le droit de vivre à la campagne et dans les villages forestiers pour toute personne opposée à la chasse.

 En soutenant ces  propos dangereux, le préfet de l’Oise cautionne la violence contre des citoyens qui ne veulent que préserver la vie.

Il prône de même l’obligation d’abattre tout animal s’introduisant sur une zone urbaine. Ceci, alors que les habitants des villages ont souvent manifesté leur désir de protéger ces animaux.

Comment un représentant de l’Etat peut-il à ce point ignorer le peuple au profit d’une caste minoritaire?

Comment un préfet peut-il cautionner l’emploi de la violence face à des militants pacifistes?

Comment peut-il mettre en place un dispositif tel que ‘les chasseurs vigilants’, tout en les incitant en même temps, à se faire justice eux-mêmes, alors qu’il s’adresse à des personnes munies d’armes ?

Il doit être le garant de la sécurité sur son territoire et non l’inverse.

Il doit par ailleurs respecter les libertés fondamentales des citoyens, ce qui n’est apparemment pas le cas.

Pour rappel, la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la DEONTOLOGIE et AUX DROITS et OBLIGATIONS des fonctionnaires:

Art. 25.-Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. Dans l’exercice de ses fonctions, il est tenu à l’obligation de neutralité.

Art. 25 bis.-I.-Le fonctionnaire veille à faire cesser immédiatement ou à prévenir les situations de conflit d’intérêts dans lesquelles il se trouve ou pourrait se trouver.

Au sens de la présente loi, constitue un conflit d’intérêts toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions.

Au vu des derniers évènements, le préfet Louis Le Franc, ne répond plus à aucune des obligations relatives à la DEONTOLOGIE et AUX DROITS et OBLIGATIONS des fonctionnaires.

Ses agissements sont de plus en plus dangereux pour nos concitoyens. Nous demandons de fait sa démission.

https://www.facebook.com/avapicardie/videos/1734101006647754/

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Le maire de Compiègne Philippe Marini interdit un rassemblement anti-chasse à courre

Le maire de Compiègne, Philippe Marini, a décidé d’interdire le rassemblement anti-chasse à courre, avant même que celui-ci soit déclaré. C’est un exemple significatif du déni de démocratie d’une Droite décomplexée et le prolongement d’une répression déjà dénoncée dans une tribune (que nous avons signée).

On comprend pourquoi, dans leur bande dessinée intitulée La Présidente, qui raconte la victoire hypothétique de Marine aux présidentielles de 2017, François Durpaire et Farid Boudjellal aient fait en sorte de placer Philippe Marini comme secrétaire d’État aux Finances du nouveau gouvernement.

Le CV du maire est également édifiant. Comme études : sciences-Po, l’ENA, licence de droit à Assas…

Puis un parcours institutionnel de haut vol : professeur à Sciences-Po et à l’IUT de Compiègne, directeur adjoint (1979-1982) puis directeur des services financiers du Commissariat à l’énergie atomique (1982-1989), membre du directoire de la banque Arjil de 1989 à 1994, avocat à la cour de Paris, inspecteur des finances, membre de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts de 2002 à 2008, rapporteur général de la Commission des Finances du Sénat, président de la commission des finances, sénateur de l’Oise,  président de la communauté d’agglomération de Compiègne, Secrétaire général de la Section française de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, membre du Comité national de l’Euro, membre du Conseil national des assurances, membre du Conseil national du crédit, chargé d’une mission temporaire auprès du Premier ministre, président du Syndicat mixte de la Vallée de l’Oise, président de l’association Seine Nord Europe, membre du Conseil d’Administration de l’université de technologie de Compiègne, président de l’Association des lauréats du concours général de 2011 à 2018…

Celui qui est également président du groupe France-Arabie saoudite-Pays du Golfe au Sénat avait également demandé à la fin des années 2000, sans succès, que soient déductibles des impôts les pertes boursières issues de la crise financière de fin 2008.

Finalement cela résume tout et on aurait pu commencer par là pour cerner le personnage.

Et rappelons – l’anecdote a son importance – que François Ruffin n’a pas signé la tribune mentionnée plus haut et qu’il ne s’oppose pas à la chasse à courre, ni à la chasse en général. Cela reflète bien son manque de fond culturel réellement de gauche.

 

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Chasse à courre et répression (tribune)

Tribune publiée originellement sur mediapart et dont agauche.org est signataire. Pour rappel : le facebook et le site du groupe AVA (Abolissons la vénerie aujourd’hui).

Depuis le mois d’octobre 2017, le mouvement d’opposition à la chasse à courre (aussi appelée vénerie) prend de l’ampleur dans le pays.

Mais, malgré les 84% de français opposés à cette pratique (sondage IFOP/Fondation Brigitte Bardot), l’abolition ne tombe pas du ciel.
Dans l’Oise, les habitants des villages ont décidé de s’organiser pour la défense de la Nature, mais aussi pour le simple respect de leurs droits et de leur quiétude.

Car les incidents continuent de se multiplier dans les villages : Bonneuil-en-Valois fin décembre, Choisy-au-Bac début janvier, Pont-Sainte-Maxence début février… A chaque fois, ces scènes donnent lieu à des affrontements entre les habitants et les veneurs, repoussés  souvent avec l’appui des maires.

Ces derniers sont de plus en plus nombreux à adopter des arrêtés municipaux interdisant le passage de la chasse à courre dans leur commune, mais ceux-ci sont constamment violés. La contestation gagne maintenant la forêt elle-même.

Chaque mercredi et samedi, des habitants se réunissent sous la bannière d’AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui) jusqu’à être parfois une soixantaine. Ils suivent les chasses à courre et en documentent les méfaits. Les méthodes d’action sont clairement pacifiques : une charte proscrit toute violence, injure ou dégradation.

Au grand dam des veneurs, les policiers qui assistent à ces sorties depuis le mois de novembre n’ont relevé aucune infraction.

Privés de recours légaux, la Fédération des Chasseurs de l’Oise saisit alors le préfet Louis Le Franc.

Celui-ci les assure immédiatement de « son entier dévouement » : « La sécurité et le bon déroulement de ces chasses traditionnelles sont, pour le représentant de l’Etat que je suis, une priorité. Face à cette situation, j’ai donné des instructions précises à la Gendarmerie Nationale pour que soient interpellés et poursuivis les individus pris en flagrant délit d’entrave au droit de chasse ».

Samedi 17 février, Guy Harlé d’Ophove, président de la FDC60, invite le préfet sur place, à l’arrière de son 4×4.

Ils tentent ensemble d’intimider les habitants. Mis en file indienne à un carrefour de forêt, certains d’entre eux subissent menaces et contrôles d’identité. Des brigades de Gendarmerie de tout le département sont mobilisées pour une séance d’intimidation. « Je veux que cela cesse, laissez-les chasser ! ».

Les veneurs, les encerclant à cheval, se délectent de la scène. Mais comme d’habitude, aucun délit n’est constaté, et à peine la mise en scène terminée, les activités reprennent des deux côtés. Le préfet, quant à lui, ne communique pas aux médias sa présence ce jour là. Loin de calmer le jeu, cette démonstration de force, hors de tout cadre légal, vient arbitrairement renforcer une position contre une autre, et ainsi aggraver le climat de violence.

Car deux jours avant, un événement est survenu, symptomatique du sentiment d’impunité des veneurs qui va crescendo.

Lors d’une promenade, quatre personnes tombent sur un rassemblement d’une centaine d’entre eux dans un lieu public, apprécié des familles le week-end.

Reconnus comme des opposants à la chasse à courre, les quatre personnes (trois femmes et un homme) sont frappées, et poursuivies jusqu’à leur voiture par une quinzaine d’hommes armés de fouets.

Ceux-ci leur volent un téléphone, et prennent en photo leurs plaques d’immatriculation. Moins d’une semaine plus tard, le propriétaire du journal « Oise hebdo » signera un article révélant l’identité d’un des militants, ainsi que des informations sur sa vie privée, son métier et sa famille. Celui-ci est depuis victime de menaces quotidiennes.

Quand la sécurité des personnes n’est pas assurée, la liberté d’expression n’est plus qu’une chimère.

Beaucoup craignent que cette situation se généralise dans l’Oise, car le plus inquiétant reste à venir. Le département est le théâtre d’une expérimentation inédite en France. La préfecture vient de signer un partenariat avec la Fédération des Chasseurs locale : les « Chasseurs Vigilants ».

Une véritable milice armée de deux cents hommes recevra le rôle d’assister la Gendarmerie dans les « zones forestières » et de « campagne profonde ».

Satisfait, Guy Harlé d’Ophove qualifie ce nouveau détachement de « RG des campagnes », et prévient les critiques : « si ces gens ne sont pas contents, qu’ils restent dans les villes ».

Le sentiment de toute-puissance des veneurs ne peut alors que se renforcer, finissant d’enterrer tout débat d’idées.
Par la présente tribune, nous affirmons notre solidarité aux personnes intimidées et violentées. Nous exigeons la fin de ce climat de menace constante dans nos campagnes.

Nous demandons au préfet l’arrêt immédiat du protocole « Chasseurs Vigilants », dont la partialité est insupportable, donnant le pouvoir de loi à un groupe d’intérêt de manière anti-démocratique.

Nous demandons expressément que le préfet de l’Oise, Louis Le Franc, donne des garanties de liberté d’expression aux personnes opposées à la vènerie et mette tout en œuvre pour les protéger des violences lors de leurs actions pacifiques, comme à leur domicile, faisant respecter l’ordre républicain dont il a la charge.

Les signataires :

– One Voice

– L.214

– Fondation Brigitte Bardot

– Réseau-Cétacés

– Collectif pour l’Abolition de la Chasse à Courre

– SAMA Protection Animale (Saint-Quentin)

– Laterredabord.fr

– PicardiePopulaire.net

– AGauche.org

– Parti Animaliste

– ASPAS

– Xavier Renou (Les Désobéissants)

– Aymeric Caron (auteur, Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant)

– Eric Damamme (VASARA, fondateur de 269 Life France)

– Pierre Athanaze (Action Nature Rewilding France)

– Gérard Charollois (Convention Vie et Nature)

– Christophe Leprêtre (Parti Antispéciste Citoyen pour la Transparence et l’Éthique)

– Marc Vallaud (Collectif Contre l’Exploitation et l’Expérimentation Animales)

– Yves Bonnardel (auteur et chercheur, SFR université de Grenoble)

– Marc Giraud (journaliste, auteur)

– Rémi Gaillard (humoriste)

– Jean-Marc Sauvagnargues, Laurent Honel et Paul Léger (Fatals Picards)

Govrache (chanteur)

– Djamel Vice (rappeur)

– Pierre Rigaux (auteur)

MAN (dessinateur)

– Brigitte Bardot (actrice)

– Xavier Matthieu (acteur, ancien syndicaliste chez Continental-Clairoix)

– Gérard Filoche (Gauche Démocratique et Sociale)

– Cédric Maisse (Aube Nouvelle)

– Laurence Parisot (chef d’entreprise)

– Jean-Luc Mélenchon (député des Bouches du Rhone)

– Michel Larive (député de l’Ariège)

– Bastien Lachaud (député de Seine-Saint-Denis)

– Eric Coquerel (député de Seine-Saint-Denis)

– Muriel Ressiguier (députée de l’Hérault)

– Maud Petit (députée du Val de Marne)

– Maud Assila (secrétaire nationale du Parti de Gauche)

– Lionel Ollivier (maire de Clermont de l’Oise)

– Marie-Laure Darrigade (conseillère municipale d’Agnetz, Oise)

– Stéphane Coville (conseiller municipal de Venette, Oise)

– Corinne Morel-Darleux (conseillère régionale Rhone-Alpes)

– Laurent Grenier et Martin Battaglia (France Insoumise Oise)

– Matthieu Ricard (auteur)

– Guillaume Meurice (animateur radio)

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La chasse à courre : une véritable néo-féodalité

La chasse à courre nous a rappelé son existence ces mois derniers, avec des incidents opposant des équipages à la population. A La Croix Saint-Ouen en octobre dernier, un cerf trouve refuge dans le jardin d’un lotissement. Le Maître d’équipage sautera le grillage pour le tuer et emporter le corps.

Cet incident est le début d’une mobilisation inédite en France : 450 habitants se rassemblent la semaine suivante pour exprimer leur opposition à cette pratique. Ils jurent de transformer leur quartier en « sanctuaire pour les animaux ». Et les événement qui suivent témoignent d’un engagement soutenu.

Fin décembre à Bonneuil-en-Valois, un cerf traqué se réfugie lui aussi dans un quartier résidentiel. Les habitants, qui font face aux chasseurs tout l’après-midi pour sauver l’animal, sortiront victorieux.

Un mois plus tard, à Pont-Sainte-Maxence, même ambiance : un cerf fuyant la meute de chiens entre dans le centre-ville et est protégé par les habitants, qui resteront pour veiller sur lui jusqu’à la tombée de la nuit. Les pompiers le soigneront et le raccompagneront en forêt, groggy.

Et le mouvement gagne maintenant les forêts, avec des habitants qui sortent chaque mercredi et samedi pour surveiller les chasses (jusqu’à une soixantaine certains jours).

Depuis, deux propositions de loi ont été déposées au Parlement pour obtenir l’abolition : une à l’initiative de Laurence Rossignol, du Parti socialiste, et une autre à l’initiative de députés de la France Insoumise.

Si de prime abord, il semble évident pour toute personne de gauche de rejeter cette pratique, au niveau des partis politiques les choses sont plus compliquées.

Dans les années 1970, le PCF, alors même qu’il finissait de rejeter son cœur idéologique, tenait une position étrangement neutre vis à vis de la chasse à courre.

Pour George Marchais, c’est « le vecteur d’une certaine culture qui se perpétue depuis des centaines d’années. Elle fait l’objet de fêtes et de rassemblements populaires, et à ce titre dépasse la seule pratique de la chasse. En toute conscience, peut-on interdire cela ?».

Pareillement, pour les sociologues Michel Pinçon et Monique Charlot, membres du même parti, « la chasse à courre réalise ce miracle de faire partager la même passion par des ducs, des grands bourgeois, des banquiers, des facteurs, des cantonniers ».

Aujourd’hui, les seuls refusant de s’engager contre la chasse à courre sont ceux dont l’électorat comprend potentiellement un grand nombre de chasseurs, comme par exemple François Ruffin à Amiens, qui n’a pas signé la proposition de loi déposée par son groupe parlementaire.

Maxime Gremetz, lui, s’était opposé à la chasse à courre, mais en la distinguant clairement de celle à tir, toujours sur l’argument que cette dernière serait « populaire ».

Pourtant, parmi les « saboteurs » de chasse à courre, beaucoup sont aussi issus des milieux populaires. Si on voit du « peuple » de chaque côté, comment choisir son camp ? En se plaçant sur le terrain des valeurs, en distinguant les pratiques culturelles qui appartiennent à l’ancien monde, et celles qui portent le progrès. Et du point de vue des valeurs, l’évidence est là.

L’idéologie portée par la chasse à courre est héritée du féodalisme, de l’époque précédant le capitalisme. Chaque forêt est considérée comme un fief, réservé à un seul équipage par animal, et logiquement les promeneurs ou les automobilistes sont traités comme des intrus, des « manants ».

Le débordement des veneurs sur la vie des habitants est constant : embouteillages, accidents de voiture, invectives, mise en danger d’animaux domestiques, invasion de jardins ou de centre-villes… De manière générale, les gens qui habitent en lisière de forêt sont accusés d’empiéter sur leur territoire ancestral.

Du côté des animaux, ils sont considérés soit comme des outils (chiens, chevaux) soit des proies, mais toujours des objets dont la sensibilité importe peu.

Ils n’existent que pour le bon plaisir des veneurs, et leur population est gérée selon ce simple critère.

La vie des animaux sauvages est hiérarchisée selon une valeur arbitraire : les cerfs sont les plus chers, puis viennent les chevreuils et les sangliers, puis les renards, et enfin les lièvres.

Dans cette logique, les équipages de chasse les plus huppés veulent s’attaquer à un animal digne de leur rang, donc le cerf, souvent considéré comme le « Roi des forêts ».

Socialement, le modèle d’organisation de la vénerie est aussi très parlant. Le prix d’entrée au sein d’un équipage (au moins 1.000€ par an et plusieurs autres milliers pour l’entretien du cheval, l’achat des accessoires, de l’uniforme…) sélectionne les pratiquants selon leur niveau de vie.

Cela fait de la vénerie un outil de réseau très important entre les notables des campagnes françaises. C’est là qu’on rencontre un avocat, un notaire, un industriel, un bon cardiologue… Les employés de l’équipage sont, encore aujourd’hui, appelés des « valets ». Les suiveurs, souvent des milieux les plus populaires, ne sont que les spectateurs de cette Cour, et n’ont aucune autonomie dans cette pratique.

Pour y voir clair autour de nous, il s’agit de distinguer ce qui constitue la force motrice de l’histoire et ce qui constitue la force d’inertie dont nous devons nous extraire.

Une fois abandonné le prisme grossier du populisme, un consensus devient évident à gauche : la chasse à courre doit disparaître. Il faut revendiquer son abolition et appuyer le mouvement qui naît en ce sens !