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Le mouchard, l’anarchiste et le gendarme

Anarchiste, mais dans le respect des procédés de la gendarmerie, s’il vous plaît.

C’est le média Radio bip qui en parle et cela en dit long sur le manque de sens pratique dans l’engagement au niveau de la vie quotidienne. Voici le cœur de l’histoire.

Nous rencontrons David (*) en soirée, un peu en marge de la vieille-ville. Éducateur de profession, le jeune homme n’a jamais caché sa sensibilité au concept de lutte des classes ou aux principes autogestionnaires.

Néanmoins, il ne pensait pas qu’il ferait un jour l’objet d’autant de considération. « Son affaire » commence le 22 septembre 2020, lorsque au petit matin quatre gendarmes entament la perquisition de son domicile et le placent en garde-à-vue. Une audition sous l’égide de la JIRS de Nancy, pour « destruction d’un bien par incendie en bande organisée. »
Quand on commence comme ça, on va où? Et malheureusement on le sait.
Cette première n’ira pas plus loin, le bisontin sans histoire étant relâché et mis hors de cause. « Il m’était juste reproché mes opinions et engagements libertaires, mon apparition auprès des gilets jaunes, ainsi que mes liens présumés avec un autre interpellé » précise t-il.

Alors que « tout cela est derrière lui », il est contacté le 22 mars par la gendarmerie locale.

« Un militaire m’a demandé si je possédais toujours ma voiture, de marque X et de modèle Y. J’ai dis que oui, et il m’a donné rendez-vous à la caserne des Justices en indiquant que c’était pour enlever un mouchard. »

David examine son véhicule, et remarque bien une bizarrerie au niveau du bas de caisse avant-droit. Lui et sa compagne se rendent donc trois jours plus tard aux heure et lieu convenus, où un technicien procède au retrait de cette « petite boite de Pringles. » Installée là depuis mai 2020, dixit l’uniforme. 

Cette histoire est une anecdote, mais qui reflète bien le décalage complet entre la prétention « révolutionnaire » et les actes au quotidien. La moindre des choses, quand on est pour un changement radical de société, c’est de démolir le mouchard et, à la limite, pour le panache si vraiment on veut jouer les anarchistes, d’aller au rendez-vous avec les gendarmes et de le livrer en pièces détachés en souriant.

Mais accepter un rendez-vous pour une pareille histoire, il faut vraiment qu’en France le niveau de contestation organisée soit passée à zéro pour avoir à faire face à une histoire pareille. Quel manque de fierté, quel manque de confiance dans la lutte des classes. Quel avilissement de la Cause!

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« ACAB Magnanville partout »

Le nihilisme anarchiste est un sous-produit de notre époque de crise.

Si les anarchistes étaient ce qu’ils étaient 24 heures sur 24, on pourrait leur reprocher bien des choses mais, au moins, ils assumeraient leur vision du monde. Or, le pays semble comme vide des anarchistes à part en quelques rares moments où c’est le jeu de la surenchère, des positions ultras, ce qui n’est rien d’autre que du nihilisme, puisque rien n’est construit à long terme.

En une période de crise, c’est d’autant plus la fuite en avant, comme cet ignoble tag « ACAB Magnanville partout » lors de la manifestation du premier mai. La préfecture de police a engagé des poursuites par ailleurs.

Le préfet de Police a saisi le procureur de la République au titre de l’art. 40 du code de Procédure Pénale suite à la découverte d’un tag injurieux et appelant à la commission de crimes contre les policiers à #Paris11 lors de la manifestation du 1er mai.

Le slogan « ACAB » est d’une stupidité complète. Issu des milieux des ultras dans le football et de la scène skinhead liée au punk, il signifie « All cops are bastards » (« Tous les policiers sont des bâtards »). Absolument tout est y faux : le côté unilatéral, l’insulte elle-même opposée au métissage, et même du point de vue révolutionnaire, si on l’adopte, la confusion entre la police et les policiers.

On est ici dans la même démarche que Ravachol jetant une bombe sur les bourgeois à Paris à la fin du XIXe siècle, par incapacité de saisir ce qu’est une société, la culture, le capitalisme, les classes, l’État, etc. Bref, c’est à la fois une posture et du nihilisme et cela n’a rien à voir avec un positionnement prolongé pour transformer la société.

Quant à la référence à Magnanville, c’est une référence à l’horrible meurtre, indescriptible, d’un policier et d’une agent administratif du ministère de l’intérieur, dans cette ville en 2016. Leur enfant de trois ans et demi est resté indemne mais a bien entendu été terriblement choqué.

Rien que ce dernier détail fait que ce serait à la Gauche de retrouver la personne ayant fait ce graffiti et de s’occuper de lui adéquatement. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que de tels tags valorisent les attentats islamistes. Et c’est fort logique. C’est la même expression de nihilisme, d’agitation éperdue pour tenter de freiner la roue de l’Histoire, de proposer de vaines rébellions totalement éloignées des exigences de la réalité.

Rappelons d’ailleurs que l’ensemble de l’ultra-gauche s’oppose aux mesures anti-COVID, alors que ce ne sont que des gens d’extrême-Droite et des illuminés ésotériques qui le font dans les autres pays… Cela en dit long. On est ici dans un jeu de cinquième colonne : avoir l’air le plus à gauche, pour torpiller la Gauche.

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Journalistes, ultra-gauche et teufeurs manifestent contre les mesures sanitaires

24 personnes arrêtées à Paris, 7 à Lyon, 3 à Nantes et 75 personnes en tout dans le pays. Tel est le bilan des manifestations de milliers de petits-bourgeois, au moins 34 000, qui n’ont rien de mieux à faire en plein rebond de la crise sanitaire que de manifester contre l’État et s’en prendre à la police.

Les manifestations du samedi 16 janvier 2021, qui ont eut lieu dans plusieurs dizaines de villes françaises, étaient appelées par une constellation d’associations de journalistes ou de critiques des médias, auxquelles s’est greffée l’ultra-gauche ainsi que toute une partie du milieu de la musique électronique, particulièrement de la scène des free parties.

La loi « sécurité globale » n’était qu’un prétexte et il fût assumé ouvertement par les manifestants de dénoncer surtout les mesures sanitaires en cours. Les mots d’ordre, les slogans, les pancartes, ne font aucun doute sur la motivation de ces gens, dont l’obsession est de rejeter toute mesure collective, tout engagement collectif, tout effort collectif.

À Paris, les manifestants scandaient : « État d’urgence, État policier, on nous empêchera pas de manifester ! », alors qu’auparavant des camions sono avaient tenté d’organiser une sorte de rave party en accompagnement de la manifestation. À Nantes, Strasbourg ou à Lille, la présence des teufeurs était massive au seins des rassemblements, avec cette même dénonciation sidérante des interdictions de « faire la fête » dues au contexte sanitaire.

D’ailleurs, il y avait parmi les mots d’ordre, partout en France, la défense des organisateurs de la free partie s’étant déroulée en île-et-Vilaine le 31 décembre. Cela paraît incroyable, tellement un tel événement est indéfendable, absolument anti-populaire, violemment anti-social. Mais ces gens ne s’en rendent pas compte, car ils vivent dans une bulle, totalement coupés du peuple et de la réalité concrète et quotidienne de la population française.

Ce qui compterait selon eux serait de défendre des « libertés », car ils s’imaginent que l’État profiterait de la situation sanitaire pour aller contre la population. Cela n’a aucun sens puisqu’en réalité l’État est totalement dépassé et est incapable d’aller au bout des exigences populaires justement. Ce qu’il faut, c’est au moins un confinement strict, avec des restrictions drastiques et une surveillance massive de la population, particulièrement en ce qui concerne la circulation des gens.

Tout cela n’existe pas, car le capitalisme est la norme et en l’occurrence le capitalisme exige des individus atomisés et qui soient entravés le moins possibles en tant que consommateurs. L’État n’en fait pas assez contre le covid-19, et le peu de mesures restrictives qui sont prises le sont seulement car il y a une pression populaire exigeant que des choses soient faites.

Si les capitalistes faisaient entièrement ce qu’ils voulaient, ils feraient comme aux États-Unis ou en Suède. C’est ce que veulent finalement les petits-bourgeois festifs à la française.

Être à Gauche, c’est au contraire assumer qu’il faudrait un État à la hauteur, avec des mesures de grande ampleur pour faire face à l’immense crise sanitaire. C’est là allez dans le sens de la démocratie, avec comme boussole l’intérêt collectif, porté par les classes populaires.

Au contraire, les dizaines de milliers de personnes qui ont manifestées ce samedi 16 janvier 2021 sont des ennemis jurés de la Gauche, de la Gauche authentique, celle du mouvement ouvrier, car ils sont des ennemis de la collectivité.

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Fiasco complet du pathétique cinéma des manifestations contre la loi «sécurité globale»

La troisième vague de manifestations contre la loi « sécurité globale » a été un échec complet, révélant l’isolement social d’une ultra-gauche déconnectée.

Le projet de loi « sécurité globale » n’intéresse personne et il y a de moins en moins de monde pour manifester. De 133 000 personnes il y a 15 jours à 57 000 la semaine précédente, les manifestants sont donc passés à 26 400 personnes partout en France ce samedi 12 décembre 2020, selon les chiffres du ministère de l’intérieur. L’ultra-gauche et les anarchistes s’imaginent faire l’actualité, en réalité ils ne font que servir l’agenda du ministre de l’intérieur qui en profite pour se présenter comme un garant de l’ordre en prétendant avoir géré la casse.

La grande particularité de ce samedi 12 décembre, notamment à Paris, est en effet qu’il y a eu beaucoup d’interpellations, 142 au total, avec en plus de cela un encadrement très strict de la manifestation parisienne pour qu’il n’y ait absolument aucune casse, ni aucun débordement.

D’après BFMTV, il y avait d’ailleurs 3000 forces de police déployées rien qu’à Paris… pour seulement 5000 participants selon la Préfecture, et 10 000 selon les organisateurs. C’est gigantesque et cela a permis de strictement confiner les manifestants, en ciblant et arrêtant les personnes considérées comme suspectes de vouloir aller à la casse, à la formation de black bloc, etc.

Le minsitre de l’Intérieur était lui-même aux premières loges pour suivre cela et communiquer en direct, via Twitter, l’évolution des interpellations. On est là dans la mise en scène totale, car Gérald Darmanin n’a rien fait d’autre que demander à la Police d’appliquer ce qu’elle sait parfaitement faire, et ce qu’elle a déjà fait à de nombreuses reprises, y compris récemment.

C’est à dire que quand l’État souhaite qu’il n’y ait pas de débordement ni de casse avec l’ultra-gauche et les anarchistes, et bien il n’y en a pas. Tout simplement. Aucune doctrine nouvelle ici, ni aucun « saut » dans la gestion des opposants, ou autre fantasmagorie du genre. La petite-bourgeoisie urbaine et radicalisée peut bien crier au loup « totalitaire », la vérité est qu’il n’y a pas de violence de la part de la police, car elle n’a même pas besoin de cela pour encadrer.

Les anarchistes n’ont toujours pas compris qu’on les laisse faire, qu’ils servent de voie de garage, que pendant ce temps-là la société fonctionne, le capitalisme continue, rien ne change. Et encore devrait-on être encore plus dur que cela, car dans un contexte de crise, alors qu’on va vers une explosion sociale, et alors qu’on est encore en pleine crise sanitaire, faire perdre son temps avec tout cela, ce n’est même plus se tromper : c’est sciemment détourner l’attention de l’essentiel.

Quand les masses seront prises à la gorge par les mesures anti-sociales, par l’austérité, par la pression pour s’investir dans la société, dans le capitalisme… comment se défendront-elles sans structures, sans bagage, sans valeurs ? Il y a des défis immenses qui se posent et la vérité c’est que les manifestations du 12 décembre 2020 sont totalement hors sol.

Benjamin Lucas, coordinateur national de Génération-s, a par exemple publié le message sur Twitter :

 » Depuis des mois le droit de manifester, fondamental en démocratie, est brutalement entravé par le pouvoir. Une fois de plus la violence injustifiée de la répression nous oblige à exiger la démission du Préfet et du ministre de l’Intérieur. « 

Mais qu’est-ce qu’on en a à faire du préfet et même du ministre de l’Intérieur ? Et d’ailleurs, les gens n’ont en strictement rien à faire. L’essentiel n’est pas du tout là. Les gens regardent l’avenir, ils s’inquiètent et savent que les problèmes se voient en grand. Tout va changer et on s’intéresserait à tel préfet, à tel ministre ? Allons bon !

Ce qui est inquiétant inversement, c’est que la Droite et l’extrême-Droite ont compris cela et posent des marqueurs régulièrement. Sur le plan des idées, elles posent des jalons, des repères, elles orientent. La Gauche est totalement KO sans même participer au combat, malheureusement.

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L’appel d’ultra-gauche «Se fédérer»

L’appel « Se fédérer » est une énième tribune des milieux d’ultra-gauche, de la petite-bourgeoisie intellectuelle de gauche plus particulièrement, cherchant en ces temps de crise une troisième voie entre capitalisme et socialisme.

L’appel « Se fédérer » se présente comme une expression d’une tendance à se fédérer du côté des opposants au « système » : le principe fédératif serait par définition opposé au capitalisme, dans ses fondements mêmes. C’est une simple reprise des théories de Proudhon.

D’ailleurs, l’appel dit que le modèle serait la Commune de Paris de 1871, le regroupement fédéral au-delà de toute considération politique. C’est bien là une lecture anarchiste de la Commune ; on est ici dans une démarche de rejet complet de l’histoire du mouvement ouvrier, des traditions socialistes et communistes, etc.

Ce texte est sur ce plan une caricature complète et on ne sera pas étonné de voir parmi les signataires un collectif… « Gilets jaunes enseignement recherche ». Difficile de faire pire dans la caricature de l’enseignant cherchant à récupérer à son profit une révolte plébéienne. Cela en dit long sur les autres signataires.

« Se fédérer

Nous sommes nombreuses, nous sommes nombreux : nous sommes tant et tant à penser et éprouver que ce système a fait son temps. Mais nos voix sont dispersées, nos appels cloisonnés, nos pratiques émiettées. Au point que quelquefois nous doutons de nos forces, nous succombons à la détresse de l’impuissance. Certes, parfois cette diffraction a du bon, loin des centralisations et, évidemment, loin des alignements. Il n’empêche : nous avons besoin de nous fédérer. Sans doute plus que jamais au moment où une crise économique, sociale et politique commence de verser sa violence sans faux-semblant : gigantesque et brutale. Si « nous sommes en guerre », c’est bien en guerre sociale. D’ores et déjà les attaques s’abattent, implacables : le chantage à l’emploi, la mise en cause des libertés et des droits, les mensonges et la violence d’État, les intimidations, la répression policière, en particulier dans les quartiers populaires, la surveillance généralisée, la condescendance de classe, les discriminations racistes, les pires indignités faites aux pauvres, aux plus fragiles, aux exilé-es. Pour une partie croissante de la population, les conditions de logement, de santé, d’alimentation, parfois tout simplement de subsistance, sont catastrophiques. Il est plus que temps de retourner le stigmate contre tous les mauvais classements. Ce qui est « extrême », ce sont bien les inégalités vertigineuses, que la crise creuse encore davantage. Ce qui est « extrême », c’est cette violence. Dans ce système, nos vies vaudront toujours moins que leurs profits.

Nous n’avons plus peur des mots pour désigner la réalité de ce qui opprime nos sociétés. Pendant des décennies, « capitalisme » était devenu un mot tabou, renvoyé à une injonction sans alternative, aussi évident que l’air respiré – un air lui-même de plus en plus infecté. Nous mesurons désormais que le capitalocène est bien une ère, destructrice et mortifère, une ère d’atteintes mortelles faites à la Terre et au vivant. L’enjeu ne se loge pas seulement dans un néolibéralisme qu’il faudrait combattre tout en revenant à un capitalisme plus « acceptable », « vert », « social » ou « réformé ». Féroce, le capitalisme ne peut pas être maîtrisé, amendé ou bonifié. Tel un vampire ou un trou noir, il peut tout aspirer. Il n’a pas de morale ; il ne connaît que l’égoïsme et l’autorité ; il n’a pas d’autre principe que celui du profit. Cette logique dévoratrice est cynique et meurtrière, comme l’est tout productivisme effréné. Se fédérer, c’est répondre à cette logique par le collectif, en faire la démonstration par le nombre et assumer une opposition au capitalisme, sans imaginer un seul instant qu’on pourrait passer avec lui des compromis.

Mais nous ne sommes pas seulement, et pas d’abord, des « anti ». Si nous n’avons pas de projet clé en mains, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à théoriser, penser mais aussi pratiquer des alternatives crédibles et tangibles pour des vies humaines. Nous avons besoin de les mettre en commun. C’est là d’ailleurs ce qui unit ces expériences et ces espérances : les biens communs fondés non sur la possession mais sur l’usage, la justice sociale et l’égale dignité. Les communs sont des ressources et des biens, des actions collectives et des formes de vie. Ils permettent d’aspirer à une vie bonne, en changeant les critères de référence : non plus le marché mais le partage, non plus la concurrence mais la solidarité, non plus la compétition mais le commun. Ces propositions sont solides. Elles offrent de concevoir un monde différent, débarrassé de la course au profit, du temps rentable et des rapports marchands. Il est plus que jamais nécessaire et précieux de les partager, les discuter et les diffuser.

Nous savons encore que cela ne suffira pas : nous avons conscience que la puissance du capital ne laissera jamais s’organiser paisiblement une force collective qui lui est contraire. Nous connaissons la nécessité de l’affrontement. Il est d’autant plus impérieux de nous organiser, de tisser des liens et des solidarités tout aussi bien locales qu’internationales, et de faire de l’auto-organisation comme de l’autonomie de nos actions un principe actif, une patiente et tenace collecte de forces. Cela suppose de populariser toutes les formes de démocratie vraie : brigades de solidarité telles qu’elles se sont multipliées dans les quartiers populaires, assemblées, coopératives intégrales, comités d’action et de décision sur nos lieux de travail et de vie, zones à défendre, communes libres et communaux, communautés critiques, socialisation des moyens de production, des services et des biens… Aujourd’hui les personnels soignants appellent à un mouvement populaire. La perspective est aussi puissante qu’élémentaire : celles et ceux qui travaillent quotidiennement à soigner sont les mieux à même d’établir, avec les collectifs d’usagers et les malades, les besoins quant à la santé publique, sans les managers et experts autoproclamés. L’idée est généralisable. Nous avons légitimité et capacité à décider de nos vies – à décider de ce dont nous avons besoin : l’auto-organisation comme manière de prendre nos affaires en mains. Et la fédération comme contre-pouvoir.

Nous n’avons pas le fétichisme du passé. Mais nous nous souvenons de ce qu’étaient les Fédérés, celles et ceux qui ont voulu, vraiment, changer la vie, lui donner sens et force sous la Commune de Paris. Leurs mouvements, leurs cultures, leurs convictions étaient divers, républicains, marxistes, libertaires et parfois tout cela à la fois. Mais leur courage était le même – et leur « salut commun ». Comme elles et comme eux, nous avons des divergences. Mais comme elles et comme eux, face à l’urgence et à sa gravité, nous pouvons les dépasser, ne pas reconduire d’éternels clivages et faire commune. Une coopérative d’élaborations, d’initiatives et d’actions donnerait plus de puissance à nos pratiques mises en partage. Coordination informelle ou force structurée ? Ce sera à nous d’en décider. Face au discours dominant, aussi insidieux que tentaculaire, nous avons besoin de nous allier, sinon pour le faire taire, du moins pour le contrer. Besoin de nous fédérer pour mettre en pratique une alternative concrète et qui donne à espérer.

Dès que nous aurons rassemblé de premières forces, nous organiserons une rencontre dont nous déciderons évidemment ensemble les modalités.

Aggiornamento histoire-géo, ACU (Association des communistes unitaires), Association De(s)générations, CAPJPO-Europalestine, Cerises la coopérative, Changer de Cap, Collectif Droit à la Belle Ville, Collect’IF paille, Émancipation collective, Fédération des syndicats SUD-Rail, Gilets jaunes enseignement recherche, Gilets jaunes de Plaine Commune, Jardins Communs, Jarez Solidarités, La Suite du monde, Le Paria, On prend les champs, PEPS (Pour une écologie populaire et sociale), Questions de classe(s), Réseau pour l’Autogestion, les Alternatives, l’Altermondialisme, l’Ecologie, le Féminisme, Union syndicale Solidaires, Union syndicale SUD Industrie, Unité Communiste de Lyon

Nicole Abravanel, Étienne Adam, Christophe Aguiton, Omar Aktouf, Dominique Alcalde, Jean-Claude Amara, Franck Antoine, Sonia Anton, Emmanuel Arvois, Jacky Assoun, Claude Bailblé, Bernard Baissat, Benjamin Ball, Philippe Banka, Ludivine Bantigny, Philippe Barre, Christophe Baticle, Franc Bardou, Stefan Bekier, Gilbert Belgrano, Olivier Belmontant, Cecilia Benevides, Rémi Bénos, Judith Bernard, Alain Bertho, Jacques Bidet, Stéphane Bikialo, Philippe Blanchet, Evelyne Bleu, Françoise Bloch, Christophe Boëte, Pascal Boissel, Françoise Boman, Thierry Borderie, Mathieu Borie, Benoit Borrits, Bernard Bosc, Stephen Bouquin, Aïcha Bourad, Leila Bourad, Driss Boussaoud, Jacques Boutault, Sarah Boyé, François Brun, Pascal Buresi, Noëlle Burgi-Golub, Laurent Bussière Saint-André, Marie-Claire Cailletaud, Claude Calame, Cécile Canut, Pépita Car, Jean-Pierre Castex, Jean-Noël Castorio, Aurélien Catin, Marc Cefallo, Christian Celdran, Dominique Cellier, Jean-Marc Cerino, Frédéric Certain, Maureen Chappuit, Bernard Charlot, Luc Chelly, Nara Cladera, Charlotte Cléro, Yves Cohen, Gérald Collas, Marie-Agnès Combesque, Jean-Louis Comolli, Léon Crémieux, Marcel Cunin, Laurence D., Alain Damasio, Hugues Débotte, Laurence De Cock, Eric Decamps, Stéphanie Dechezelles, Hervé Defalvard, Christian Delacroix, Frédéric Delarue, Jean-René Delépine, Jean-Étienne Delerue, Christine Delphy, Bruno Della Suda, Christian de Montlibert, Robert Descimon, Catherine Deston-Bottin, Rom Desh, Sophie Desrosiers, Michel Defalvard, Serge D’Ignazio, Paul Dirkx, Joss Dray, Marnix Dressen-Vagne, Jean-François Dubost, Frédéric Dufaux, Jean-Michel Dufays, Anne Dufresne, Stéphane Elmadjian, Jean-Paul Engélibert, Didier Epsztajn, Annie Ernaux, Kévin Espinas, Jean-Claude Eyraud, Laurent Eyraud-Chaume, Guillaume Faburel, Patrick Farbiaz, Dimitris Fasfalis, Jean Fauché, Daniel Faugeron, Pascale Fautrier, Mathieu Ferradou, Alexandre Ferran, Mathieu Fernandez, Renaud Fiévet, Yann Fiévet, Sylviane Finucci, Marianne Fischman, Fabrice Flipo, Jeremie Foa, Bernard Friot, Karën Fort, Fanny Gallot, Alain Gallucci, Edith Galy, Florent Gaudez, Franck Gaudichaud, Bertrand Geay, Julie Gervais, Jean-Pierre Gesbert, Denis Gheerbrant, Guy Giani, Pascale Gillot, Pierre-Eliel Girard, Julien Gonthier, Renée Gramaize, Christophe Granger, Lena Grigoriadou, Elie Haddad, Jean-Marie Harribey, Benoît Hazard, Odile Hélier, Leila Hicheri, Thomas Hippler, Maryvonne Holzem, Thierry Huve, Mathias Isimat-Mirin, Magali Jacquemin, Nicole Jacques-Lefèvre, Bruno Jacquin, Sylvain Jay, Samy Johsua, Anne Jollet, Claudine Katz, Jacques Kebadian, Marjorie Keters, Pierre Khalfa, Mohamed Khenniche, Jean-Luc Kop, Isabelle Krzywkowski, Anne Kubler, Marc Lacreuse, L’1consoloable, Francis Landron, Patrick Lao, Mathilde Larrère, Sylvie Larue, Ginette Lavigne, Stéphane Lavignotte, Pascal Le Brun, Michelle Lecolle, Sylvie Le Cocq, Hervé Le Crosnier, Dominique Lefèvre, Corinne Le Fustec, Bernard Lemann, Christophe Lemasson, Romain Le Meur, Alain Lenud, Yann Leredde, Benoît Leroux, Michel Letté, Pascal Liberatore, Wenceslas Lizé, Olivier Long, Camille Louis, Michael Lowy, Fanny Madeline, Christian Mahieux, Chowra Makaremi, Pascal Maillard, Jean Malifaud, Jean-Claude Mamet, Françoise Maquin, Rémi Marie, Philippe Marlière, Killian Martin, Gilles Martinet, Gustave Massiah, Christian Maurel, Laurence Maurel, Julie Maurice, Éliane Meillier, Véronique Melchior, Irène Menahem, Rémi Merindol, Denis Merklen, Henri Mermé, Isabelle Mestre, Valérie Mettais, Stéphane Michot, Noufissa Mikou, Sylvain Milanesi, Jacques Millet, Sylvie Monchatre, Ana Doldan Montiel, Bénédicte Monville De Secco, José-Luis Moraguès, Corinne Morel-Darleux, Marc Moreigne, Mikael Motelica-Heino, Séverin Muller, Alain Munier, Philippe Nabonnand, Claire Nancy, Corinne Nativel, Joël Nayet, Toni Negri, Olivier Neveux, Jean Noviel, Pierre Odin, Bertrand Ogilvie, Denis Orcel, Cléo Pace, Luca Paltrinieri, Dominique Paturel, Frédéric Paschal, Dolores Pazos, Willy Pelletier, Irène Pereira, Évelyne Perrin, Anita Perez, Elsa Peyronne, Nicole Phelouzat, Olivier Piazza, Stéphane Pichelin, Alexandre Pierrepont, Francky Poiriez, Raphael Porteilla, Emmanuelle Posse, Antoine Poulain, Paul Poulain, Claude Pourcher, Stéfanie Prezioso, Pierre Prim, Claudio Pulgar-Pinaud, Isabelle Quaglia, Yves Quintal, Makan Rafatjou,Marie Rama-Menahem, Nelly Rintaud, Daniel Rome, Patrick Rossignol, Marc Roudet, Benoît Rougelot, Théo Roumier, Pierre Rousset, Gilles Sabatier, Isabelle Saint-Saëns, Maria Eleonora Sanna, Gaëlle Santin, Pierre Sauve, Hélène Schneider, Michel Seigneuret, Pinar Selek, Marie Sellier, Alexandre Siguier, Patrick Silberstein, Alessandro Stella, Benjamin, Tauziac, François Ternynck, Jacques Testart, Edwige Thaille, Fanny Thomas, Sylvie Thomas, Lucky Tiphaine, Vincent Touchaleaume, Véronique Tribouilloy, Julien Troccaz, François Tronche, Marc Tzwangue, Sixtine van Outryve, Patrick Vassallo, Sarah Vaucelle, Françoise Vergès, Francis Verne, Frédéric Verhaegen, Julien Vigouroux, PierrVila, Bastien Villeflayoux, Pascal Vitte, Elise Voguet, Nicolas Voisin, Christiane Vollaire, Sophie Wauquier, Louis Weber, Roger Winterhalter, Béa Whitaker, Sylvie Wolf, Catherine Wolff, Carole Yerochewski, Isabelle Yhuel, Pierre Zarka, Olivia Zemor, Jeanne Zoundjihekpon, Élisabeth Zucker »

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Acte 56 des gilets jaunes: une étrange parodie

Deux jours après la grève et les manifestations du 5 décembre 2019, les gilets jaunes étaient très attendus ce samedi par ceux qui ont vraiment cru qu’ils représentaient quelque chose dans le pays. Las! Leur retour n’aura consisté qu’en quelques poignées déambulant dans des grandes villes, la plupart de temps au milieu de cortèges formés essentiellement par l’ultra-gauche et des syndicalistes.

Que n’a-t-on pas entendu ou lu à propos des gilets jaunes, qui représenteraient un sursaut de la contestation populaire en France, un regain de radicalité contre le régime, etc. Alors qu’il y a dans le pays une grève dans les transports, chez les enseignants et dans quelques entreprises du privé, on était logiquement en droit d’attendre quelque chose de fort.

Ils n’étaient pourtant qu’un millier à Paris ce samedi, une trentaine au péage de Carcassonne. Ailleurs, on ne sait pas vraiment, car les cortèges mélangeaient des gilets jaunes avec des syndicalistes et l’ultra-gauche faisant leur habituelle manifestation de début décembre contre le chômage et la précarité.

Il y a ainsi eu 2 800 personnes à Nantes, 1 800 à Marseille, 1 200 à Caen, 1 100 à Bordeaux, 800 à Lille, 700 à Lyon, 670 à Rouen et quelques centaine à Toulouse, Strasbourg ou encore Montpellier.

Tout cela a été complètement trusté par l’ultra-gauche, avec des « black-blocs » à Nantes et Lyon, des déambulations sauvages en soirée à Paris conduisant à des feux de poubelles et des trottinettes jetées au milieu de la route.

À Nantes, bastion de l’ultra-gauche, la préfecture de Loire Atlantique a parlé de pas moins de «  500 radicaux de l’utra-gauche et des black blocs » participant à la manifestation, pour les habituels cassage de vitrine et tags folkloriques. C’est notamment une petite agence de mutuelle qui a eu cette fois le droit au saccage des anarchistes et gilets jaunes, ainsi qu’un engin de chantier qui a été incendié.

Même cinéma à Lyon où les gilets jaunes et l’ultra-gauche ont quitté le cortège de la CGT pour faire leur propre déambulation en cherchant bien sûr l’affrontement avec la police par des feux de poubelles et jets de projectiles. Le pont de la Guillotière, artère importante de la ville a été fermé pendant un moment, paralysant la circulation dans le secteur.

Tout cela est bien ridicule et insignifiant, pour un mouvement qui est censé avoir été massif et avoir marqué la contestation dans le pays. Les gilets jaunes ne sont plus qu’une parodie d’eux-mêmes, complètement liés à l’ultra-gauche et à quelques éléments « ultra » du syndicalisme.

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L’échec de la mobilisation de soutien aux Kurdes de Syrie

Les rassemblements en soutien aux Kurdes de Syrie samedi 2 novembre 2019 n’ont réunis que très peu de monde. C’est un échec directement politique.

Rien n’y fait. Il a été parlé des Kurdes de Syrie de manière ininterrompue dans les médias, il y a même eu un appel en leur faveur de 44 rescapés du Bataclan. Emmanuel Macron et de très nombreux politiciens affirment les soutenir. Pratiquement toute la scène anarchiste se mobilise également en leur faveur, ainsi qu’une bonne partie de l’extrême-Gauche. Libération a d’ailleurs publié la tribune d’un Collectif des combattantes et combattants francophones du Rojava.

Et pourtant il n’y a eu au rassemblement de solidarité hier que quelques milliers de personnes à Paris, quelques centaines à Strasbourg. Même la ville allemande de Cologne n’a vu se rassembler qu’environ 2 000 personnes. Pareil pour Berlin et Bâle en Suisse.

Pourquoi ce paradoxe ? Tout simplement parce que la spontanéité n’existe pas. Il n’y a plus de Gauche organisée à une échelle de masses, alors si les anarchistes ont décidé de faire confiance au PKK et de voir en Abdullah Öcallan un théoricien du municipalisme libertaire, cela ne parle pas du tout aux gens en France. C’est aussi simple que cela.

Il y a pourtant environ 800 000 personnes relevant, au sens très large, de la communauté turque en France. Pourquoi ne se sont-ils pas mobilisées ? Là encore, la raison en est simple. La Gauche turque est très présente en France historiquement, mais le PKK a tout fait pour avoir l’hégémonie et l’asphyxier. Cela a très bien marché. Le résultat en est une hégémonie réactionnaire et une déliquescence de la Gauche turque.

La situation n’a donc strictement rien d’étonnant et c’est bien cela qui est dramatique. Les Kurdes de Syrie se retrouvent dans une situation intenable – et ceux qui leur ont vendu du rêve en s’imaginant que le « Rojava » allait dégommer les puissances turque et syrienne ont leur part de responsabilité. Il leur aurait suffi de regarder l’histoire des Kurdes pour comprendre comment ceux-ci ont toujours été trahis, utilisés comme forces supplétives pour les conflits, par exemple lors du génocide arménien.

Cela montre aussi la vanité des gens pensant qu’une « minorité agissante » peut changer le cours des choses. Les anarchistes français se sont appropriés le thème du « Rojava » pour exprimer leurs fantasmes et leurs illusions et ce ne sont pas eux qui vont en payer le prix. Qui y aura-t-il alors demain pour maintenir le drapeau des droits des Kurdes ?

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Énorme fiasco pour l’extrême-gauche et les anarchistes à Nantes

La manifestation à Nantes ce samedi 3 août 2019 n’a réuni que peu de monde, malgré cinq semaines de campagne intense dans la ville et malgré le tapage fait au niveau national relayant la thèse anarchiste d’une « attaque policière » de la Fête de la musique qui serait « l’aboutissement d’années de violences et d’impunité pour les forces de l’ordre ».

L’agitation de l’extrême-gauche et des anarchistes dénonçant des violences policières et un État policier ne prend pas. Le spectacle devenu traditionnel de casseurs saccageant le centre-ville de Nantes a bien eu lieu, mais cela reste anecdotique, insignifiant. La police n’a dénombré que 1 700 manifestants l’après-midi, pour 39 placements en garde à vue, alors qu’il y avait des personnes venues d’ailleurs, parfois même d’autres pays, pour ce qui avait été annoncé comme un besoin de recueillement important de la population nantaise.

Non pas qu’il n’y ait pas eu ces dernières semaines une certaine émotion à propos de Steve Maia Caniço de la part de beaucoup de nantais, surtout de jeunes gens des milieux culturels et alternatifs vivant à proximité du centre. Mais justement, malgré cela, malgré des discussions récurrentes aux terrasses des cafés, malgré des banderoles « Steve » arborées par certaines boutiques plus ou moins alternatives, malgré des messages d’artistes lors de concerts, malgré des affiches partout en ville pendant cinq semaines, il n’y a eu que quelques centaines de personnes au rassemblement pacifique du matin et tout au plus quelques milliers l’après-midi.

L’extrême-gauche et les anarchistes avaient pourtant un boulevard pour mobiliser, d’autant plus qu’ils avaient le soutien au moins passif des autorités de la ville et des institutions culturelles comme le Voyage à Nantes. La Préfecture n’a pas interdit le rassemblement, non déclaré comme c’est l’usage dans cette ville, mais l’a simplement cantonné aux grands axes habituels. Il y a même eu deux adjoints (PCF) de la maire socialiste qui se sont exprimé ouvertement contre la police, avec quasiment mot pour mot le même discours que les anarchistes de « Nantes révoltée ».

Seulement voilà, quand il n’y a pas de fond, quand on fait de la parodie de contestation, du supermarché de la révolte, cela ne mène à rien. Le petit-bourgeois nantais peut bien être d’accord pour ne pas aimer la police, mais il n’ira pas pour autant lui jeter des cailloux dessus en criant « Castaner, Assassin » à la manière d’un gilet jaune ! Encore moins si c’est pour saccager les infrastructures d’un festival de rue, comme l’ont fait ces idiots de casseurs.

– Les installations du festival Aux heures d’été qui ont été détruites –

Les masses populaires quant à elles regardent cela de très loin, avec une certaine sympathie pour le jeune Steve bien sûr, mais en considérant cette affaire somme toute comme un fait divers dramatique. On pourra regretter la passivité populaire, cette tendance à trop se tenir à distance de l’actualité politico-culturelle, mais pas sa rationalité.

Cette rationalité, ce bon sens populaire, est précisément ce que n’ont pas l’extrême-gauche et les anarchistes, dont les propos ne sont que grotesque, mauvaise foi et irrationalisme. Il faut d’ailleurs souligner ici à quel point la société française est perméable à cet irrationalisme, notamment à Gauche et dans les milieux intellectuels, cultivés, engagés socialement (ce qui revient en fait quasiment au même).

Il n’y a qu’à voir cet emballement autour du rapport de l’IGPN, que tout un tas de gens dénoncent hardiment alors qu’ils ne l’ont même pas lu et qu’ils n’ont absolument aucune idée du rôle de cette instance policière. La « police des polices » dit, dans son style formel typiquement bourgeois propre aux administrations françaises, qu’elle n’a pas d’élément lui permettant de prouver que la police est directement responsable de la mort de Steve. La belle affaire !

En vérité, personne n’a pour l’instant d’élément tangible et précis liant directement l’action de la police à la chute du jeune homme dans la Loire et ce n’est d’ailleurs aucunement le rôle de l’IGPN d’enquêter là-dessus. Il y a une enquête ouverte par le parquet pour homicide involontaire, une commission d’enquête parlementaire va probablement voir le jour, une enquête administrative est enclenchée, etc. Mais peu importe la réalité, ce qui compte est de s’offusquer, de ruer dans les brancards, pour ne surtout pas remettre en cause quoi que ce soit de la société française. Tout ce qui est excessif est insignifiant, dit l’expression.

L’extrême-gauche et les anarchistes ne sont ici que les idiots utiles de la petite-bourgeoisie radicalisée, qui maintient la fiction d’une opposition au régime. Cela produit en fait tout l’inverse, renforce le régime et même pire, pousse une partie des classes populaires dans les bras de l’extrême-Droite qui a un boulevard pour apparaître comme le parti de l’ordre.

À la Gauche en face de montrer qu’elle est un ordre nouveau, en portant le Socialisme comme seul et unique chemin vers une société pacifiée et authentiquement démocratique.

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La famille de Steve Maia Caniço ne soutient pas les rassemblements aujourd’hui à Nantes

La famille du jeune Steve Maia Caniço a expliqué qu’elle ne soutenait pas les rassemblements qui doivent avoir lieu aujourd’hui à Nantes. L’extrême-gauche et les anarchistes qui organisent ces rassemblements ne mènent pas un combat démocratique et populaire, mais se servent de la moindre occasion pour dérouler leur fiction d’une répression policière systématique et d’un État policier.

C’est la crainte de débordements violents qui a rebuté la famille de Steve Maia Caniço, disparu dans la nuit du 21 au 22 juin dernier et retrouvé sans vie dans la Loire il y a quelques jours. Par le biais de son avocat, elle a fait savoir qu’elle « ne soutenait pas du tout » les appels à manifester ce samedi 2 août. Maître Cécile de Oliveira a même expliqué que le deuil des parents est « abîmé par le fait que Steve devient un enjeu politique très fort », parlant de colère de la part des proches qui considèrent « une forme de confiscation de la mémoire » de leur fils et frère.

Les mots sont très forts. La sœur du jeune homme s’est livrée plus en détail, affirmant ne surtout pas vouloir que le nom de Steve puisse être associé de près ou de loin à des violences, craignant qu’ensuite certains osent faire un amalgame entre des violences et ce qui s’est passé sur le quai Wilson.

Personne n’est dupe en effet des appels sous les mots d’ordre « ni oubli, ni pardon » ou encore « contre les violences policières ». Ce sont évidemment des prétextes pour « casser du flic » et quelques vitrines, de la part de gens dont l’obsession est de croire que « tout le monde déteste la police ».

Ces appels sont soutenus par tout un tas de personnes plus ou moins radicales, depuis les bobos du mouvement Place publique jusqu’aux populistes de la France insoumise. Le PCF est particulièrement mobilisé sur cette affaire, l’un de ses responsables nationaux parlant même de « meurtre d’État ».

Les membres de la section locale du PCF interviennent volontiers à la télévision pour faire de tout cela une affaire d’État, mettant en cause le ministre de l’intérieur et le gouvernement, appelant à des démissions, etc. Il y a eu dans le même genre cette Une pittoresque de L’Humanité hier matin, titrant « Steve : la vérité, toute la vérité », illustrée par une photo sur fond noir « Justice ! ».

Tous ces gens n’ont-ils donc rien d’autre à dire sur la marche actuelle du monde, la tendance à la guerre, la montée du fascisme, l’écocide, pour à ce point ruer dans les brancards en prenant prétexte d’un tel accident dramatique ?

La famille a raison d’être en colère face à ce qui est une opération de récupération odieuse, anti-populaire, faisant de Steve Maia Caniço un totem pour masquer une absence totale de contenu et de perspective politique.

Il est légitime de réclamer la vérité sur les circonstances du décès, c’est même une exigence démocratique fondamentale et c’est d’ailleurs ce que dit la famille. Tout porte à croire que le jeune homme est tombé à l’eau suite à l’intervention policière qui a dégénéré et il y a de toutes manières beaucoup de choses à dire sur cette intervention policière elle-même, dont l’issue reflète bien le chaos dans lequel s’enfonce de plus en plus notre société.

Les sound sytem jouant de la techno ce soir là étaient relégués dans cette partie de la ville, sur un quai non sécurisé, dangereux, hors du périmètre officiel de la fête de la musique. La police est intervenue sous les ordres d’un commissaire dénoncé comme brutal, qui a voulu ici faire appliquer administrativement la réglementation, de manière anti-populaire, probablement en sachant très bien que cela allait dégénérer, ce qui a engendré la chute de plusieurs personnes à l’eau.

Pour autant, l’époque exige beaucoup de raison et de lucidité, mais surtout pas des mises en scène de contestation, d’offuscation, qui n’ont d’ailleurs aucun écho dans les masses populaires.

Contrairement à ce que veulent faire croire l’extrême-gauche et les anarchistes, bien relayés par ce qui reste de l’esprit gilet jaune, la police en France n’assassine pas impunément. Elle n’a pas délibérément jeté dans la Loire des jeunes qui écoutaient de la musique et il n’y a aucune opération systématique et gouvernementale visant à généraliser une violence policière contre le peuple.

La mort de Steve est un drame social, pas un drame simplement policier. C’est toute notre époque qui est en crise, c’est la société elle-même qui perd ses fondements.

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Un premier mai 2019 parasité par les black-blocks et les gilets jaunes

Cela ne peut que faire mal au cœur de voir les anarchistes anti-politiques des black-blocks et les gilets jaunes venir parasiter le premier mai. C’est un coup de grâce symbolique à un premier mai déjà terriblement aseptisé depuis des décennies, coupées de la vigueur internationale du mouvement ouvrier et de ses valeurs politiques.

Les jours précédant ce premier mai 2019, les médias et les réseaux sociaux se sont focalisés sur deux thèmes parasitant totalement son contenu historique. Ce qui compterait, c’est la présence des black-blocks à Paris, ainsi que celle des gilets jaunes. Le caractère réel de cette journée, relevant du monde du travail, du mouvement ouvrier, a entièrement disparu. Le premier mai ne serait qu’une sorte de mouvement social annuel, sans réelle envergure sur le plan des idées politiques, économiques, etc. Les « éléments radicaux » des mouvements sociaux auraient une place naturelle à s’y exprimer, lors de situations devenues extrêmes.

C’est là quelque chose de très mauvais et on boit le calice jusqu’à la lie d’une terrible dépolitisation. Le premier mai devient une affaire franco-française, coupée du mouvement ouvrier à l’échelle mondiale, qui possède le premier mai comme son patrimoine. Il y a là une fêlure, une cassure même. C’est un véritable abandon d’une position historique.

D’ailleurs, on peut critiquer le Parti socialiste comme on l’entendra, mais en attendant il n’y a plus de grand parti de gauche. Il y avait avant-hier le PCF, hier le PS et aujourd’hui il n’y a plus rien. Et quand on dit « parti », il faut comprendre « parti ». La France insoumise n’est pas un parti, mais un mouvement, et ce n’est pas la même chose.

Et quand on dit un grand parti, il ne s’agit pas que d’élections, mais de base populaire. La victoire du PSOE en Espagne, le poids du SPD en Allemagne et en Autriche, la vigueur du Labour britannique… rappellent et soulignent l’exception française. Une exception mauvaise.

Cela étant, cela pendait au nez. Les premiers mai en France ont toujours été, malheureusement, très différents de ceux des autres pays. Et cela est vrai depuis plusieurs décennies, depuis que le premier mai 1968, le PCF a chassé les « gauchistes » du cortège. La CGT a dès lors fait du premier mai une cérémonie, un rituel, quelque chose sans âme. Le premier mai s’est mué en marche de fonctionnaires et de syndiqués, sans dynamique, sans dimension socialiste, sans porter de culture.

Le parasitage par les black-blocks et les gilets jaunes pour ce premier 2019 apparaît pour cette raison un prix inévitable, car il y a en apparence un apport de volontarisme, de cœur, d’engagement, etc. Beaucoup de gens attendent cela. En pratique, pourtant, cela ne donnera rien, car ni les anarchistes, ni les gilets jaunes ( qui en sont un équivalents sans le folklore du drapeau noir ), ne peuvent rien apporter de positif.

Cela n’a d’ailleurs rien à voir avec la radicalité. Les premiers mai de Berlin sont connus depuis les années 1970 comme des démonstrations de force de l’extrême-gauche, avec bien souvent des affrontements. Mais l’extrême-gauche allemande a elle-même régulièrement dénoncé la casse pour la casse, la casse qui part dans une démarche anti-politique, sans aucune orientation, démolissant les revendications et le sens des valeurs. Il ne faut pas confondre démonstration de force, y compris violente, et les méthodes anarchistes.

Quelle tristesse qu’en France, un pays tout de même marqué par un certain niveau culturel, on en soit retourné à la fin du 19e siècle, avec des syndicalistes durs et des anarchistes d’un côté, des carriéristes électoraux sans valeurs précises de l’autre. C’est véritablement désolant, mais sans doute était-ce inévitable. C’est une étape pour pouvoir aller de l’avant par la suite, sur des bases saines, fondées sur la raison et les principes socialistes. Après tout, le problème de base, c’est qu’il n’y a jamais eu de culture social-démocrate imprégnant les masses partout dans le pays.

Le Parti socialiste a toujours été très minoritaire, le PCF très puissant mais très localisé dans certaines zones du pays. Un mouvement ouvrier assumant l’ensemble du pays et s’y diffusant, cela n’a encore jamais existé, cela reste à construire. C’est un travail essentiel, qui demande des orientations claires, un engagement de fond, des principes bien déterminés : ceux de la Gauche historique.

Et c’est à elle qu’appartient le premier mai, pas à l’anarchisme anti-politique des black-blocks », ni aux gilets jaunes et leurs exigences que la France revienne trente ans en arrière.

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L’insignifiante « attaque » de l’École de Marion Maréchal par les anarchistes

La devanture de l’ISSEP, l’École de science politique de Droite de Marion Maréchal à Lyon, a été abîmée et recouverte de peinture noire. L’action a été revendiquée par un communiqué au style « antifa » anarchiste.

C’est un excellent exemple de la différence de substance entre la Gauche et les anarchistes. Ces derniers contournent les exigences démocratiques, ils en restent à des actions directes symboliques, qui n’interfèrent pas réellement avec le sens des choses.

De quoi s’agit-il en l’occurrence ? Comme on le sait, Marion Maréchal a ouvert une École supérieure privée, l’ISSEP, dont l’importance est très grande. Elle-même se profile comme la future grande dirigeante de la Droite, son école va servir de formation à de nouveaux cadres. On a vu également comment la première lettre interne a été un prétexte pour elle à faire un véritable manifeste stratégique pour le triomphe de la Droite.

> Lire également : Les mots de Marion Maréchal contre l’« hanounacratie »

Il est donc tout à fait juste de parler de cette École, de mener une intense propagande contre elle, de s’y opposer par un nombre très important de moyens. Mais cela doit toujours être politique, et jamais sombrer dans une sorte de gratuité dont le seul sens est de jouer aux chevaliers blancs qui se substituent au peuple.

Telle est précisément la démarche des anarchistes « antifa »,  qui revendiquent une « attaque » contre l’ISSEP dans la nuit du 26 au 27 mars 2019. Cela consiste surtout en une tentative d’effraction, une vitrine fissurée, une serrure forcée et la devanture recouverte de peinture noire, c’est à dire en fait pas grand-chose.

Cela a été jugé suffisant important par les protagonistes pour qu’il en fasse un communiqué, relayé par le « Groupe antifasciste Lyon et Environ », de culture anarchiste.

Cette « attaque » est présentée comme une « réponse à tous les actes racistes, sexistes, homophobes, transphobes, ainsi qu’aux politiques meurtrières anti-migratoires et à l’attentat de ChristChurch perpétré dernièrement.»

La presse de Droite, dont le Figaro, s’est bien sûr empressée de relayer l’information à son tour, en donnant la parole à Marion Maréchal qui « ne cache pas son exaspération » :

«Nous userons de toutes les voix légales pour faire respecter la liberté d’enseignement en France, manifestement bafouée par des milices d’extrême gauche violentes et dont les membres sont connus des services de police. Ceux-ci se croient suffisamment libres pour revendiquer leurs actes sur leur page Facebook. C’est dire leur sentiment d’impunité. En plus de porter plainte, je vais demander un rendez-vous au préfet, au rectorat comme au maire de Lyon pour que des dispositions soient prises contre ce genre de menaces pour la sécurité de mon établissement.»

Vu comment on va dans le mur, il est évident que ce genre d’actions est de la poudre aux yeux. Il s’agit même d’une banalisation de la très grande force de l’extrême-droite. Et ce n’est pas pour rien que le communiqué utilise l’écriture inclusive et reprend toutes les valeurs de la gauche post-moderne, post-historique, parlant notamment des trans.

> Lire également : Marion Maréchal, la réaffirmation politico-culturelle du conservatisme de Droite

On est là dans la négation de la bataille démocratique, la négation de la lutte pour la mobilisation populaire. On est dans une démarche individuelle, qui revendique haut et fort que tout est une question d’individus. C’est la négation de la lutte de classes, alors qu’il y a malheureusement d’énormes tâches à effecteur dans le peuple pour l’éduquer, lui faire passer des valeurs, pour transmettre des messages importants.

Malheureusement, Marion Maréchal a ici une très grande longueur d’avance sur le plan de la compréhension de la bataille pour conquérir les esprits du peuple. Il est vrai que pour la Droite, le travail est plus facile, car se fondant sur la démagogie, appuyant les conservatismes.

Cela n’empêche, il faut être à la hauteur et savoir véhiculer dans la population les valeurs de la Gauche, en considérant que le peuple lui-même doit les assumer, les porter. On ne peut pas contourner cela avec des « recettes » traditionnellement « substitutistes ». L’idée qu’on démolirait l’extrême-droite avec un petit groupe de gens ayant rassemblé leurs volontés est pour cette raison tout à fait étrangère à la Gauche historique.

> Lire également : Que représente l’ISSEP, l’école inauguré par Marion Maréchal ?

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de travail d’avant-garde à mener – un concept de la Gauche historique par excellence – c’est-à-dire un travail de conscientisation, d’ouverture des espaces où le peuple peut s’engouffrer pour agir. Mais si ce travail est déconnecté du peuple, si son orientation n’est pas en dynamique avec lui, cela ne sert à rien et c’est même contre productif, car cela donne l’impression qu’il y a quelque chose, alors qu’il n’y a rien.

De la même manière que la valorisation idéalisée de l’Union Européenne ne sauvera pas la Gauche, l’action directe ne le fera pas non plus. Ce dont la Gauche a besoin, c’est de reprendre ses valeurs historiques et d’assumer le travail politique dans la population.

Voici le communiqué :

« Dans la nuit du 26 au 27 Mars 2019, nous avons attaqué l’ISSEP, Institut des sciences sociales, économiques et politiques.

Cette école créée par Marion Marechal Le Pen a ouvert en cette rentrée 2018, au sein du quartier de la confluence, dans le but de former la future élite de l’extrême droite identitaire.

Considérez cette attaque comme une réponse à tous les actes racistes, sexistes, homophobes, transphobes, ainsi qu’aux politiques meurtrières anti-migratoires et à l’attentat de ChristChurch perpétré dernièrement.

Nous attaquons la montée en puissance dans le monde entier de l’extrême droite et du populisme.
Nous attaquons les laboratoires institutionnels des théories qui influencent ce climat nauséabond et mortifère.
Nous attaquons le renforcement sécuritaire dans nos villes, nos quartiers, nos mouvement sociaux, aux frontières de leur monde.
Nous attaquons tout ce qui sert et alimente le maintien du capitalisme par des moyens totalitaires et répressifs.
Nous attaquons cette pensée bourgeoise qui maintient et alimente les oppressions tout en développant leurs privilèges.
Nous attaquons ce qui neutralise toute perspective d’une émancipation commune, nous retranche dans nos individualités, nous pousse à la concurrence entre peuples et au sein de nos classes.

Nous ne cesserons jamais d’attaquer toutes les faces du fascisme que ce soit dans le centre historique du vieux Lyon ou dans la smart city de Confluence, nous continuerons de combattre les groupuscules violents qui usent de traditionalisme à des fins communautaires et identitaires ainsi que cette élite pensante qui se fait une place dans un quartier aseptisé, ultra sécurisé, ultra libéral, réel prototype d’un monde Orwellien.
Des gen.te.s dynamiques et motivé.e.s »

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Des manifestations du 1er mai 2018 entièrement ritualisées

Les manifestations d’hier, premier mai 2018, ont rappelé que mai 1968 a échoué à ébranler la France profonde et que, finalement, nous en sommes encore au 19e siècle sur le plan des idées.

Peut-on faire plus caricatural ?

D’un côté, des syndicalistes défilant pour des revendications sociales et économiques, buvant des bières et mangeant des merguez, ou des kebabs aussi désormais, puisque c’est la mode pour faire « populaire » y compris dans les quartiers chics.

Quelque chose sans âme, avec des mentalités restreintes, prisonnières d’une vie quotidienne sévèrement encadrée par toutes les valeurs dominantes.

Quelque chose sans envergure aucune. D’ailleurs, le nombre total de manifestants, a été de 210 000, contre 280 000 l’année dernière, selon les chiffres de la CGT dans les deux cas. C’est évidemment un recul particulièrement significatif alors que la grève des cheminots a lieu.

Le black bloc, une sorte de divertissement 2.0 pour une contestation ritualisée

De l’autre, les anarchistes qui, a défaut de proposition, essayent de casser quelque chose. Et ils étaient nombreux : 1200. Un cortège de 1200 personnes appelant à la révolte, cela aurait eu un impact évident…

Mais ils ont préféré faire n’importe quoi, avec à la clef 200 arrestations, un chiffre très important qui montre le degré de désorganisation.

Il ne s’agit pas de regretter le saccage d’un Mc Donald’s : qui le regrette n’a rien compris à l’enjeu écologiste de notre époque, à la question animale de notre époque, au principe de surexploitation de notre époque.

Qui va au Mc Donald’s et tolère l’existence d’une telle monstruosité n’a pas compris les attentes de notre époque.

Ian Brossat, un carriériste bien inséré dans la mairie parisienne

On n’est donc certainement pas obligé de pleurnicher comme Ian Brossat, qui vit comme un grand bourgeois comme conseiller PCF de Paris et adjoint à la maire de Paris chargé du logement, de l’habitat durable et de l’hébergement d’urgence, après avoir fait le lycée Henri IV et l’ENS de Lyon.

Cependant, on se doute bien que les casseurs n’ont pas fait cela par écologie ou par véganisme, ni même par lutte contre l’exploitation la plus féroce. On est dans la casse symbolique, dans un appel mystique à « autre chose ».

Ce qu’on doit reprocher, c’est qu’il n’y a rien derrière : ni culture, ni propositions, ni valeurs, ni programme.

En fait, il n’y a même rien du tout. C’est du nihilisme, tout à fait conforme à notre époque. C’est une fuite en avant, une sorte d’équivalent destructeur du populisme de Jean-Luc Mélenchon. Ce qui oblige ce dernier à nier les faits, jusqu’au ridicule.

Même Le Figaro se moque de lui !

« Le leader de la France insoumise dénonce des « violences insupportables contre la manifestation du 1er mai ». Avant de tenter : « Sans doute des bandes d’extrêmes droite. »

Pourtant, ces manifestants se revendiquent des « black blocs », une mouvance anarchiste et violemment anticapitaliste. Ils s’attaquent aux symboles de l’économie libérale, comme les fast-food ou des devantures de banques. Dans leur cortège, on pouvait par ailleurs apercevoir un drapeau communiste. »

C’est tout simplement ridicule de la part de Jean-Luc Mélenchon. C’est absurde. Et d’ailleurs, que diable peut faire un drapeau communiste au milieu des anarchistes ? C’est une aberration aussi !

Tout cela témoigne de la confusion des idées à notre époque. La génération facebook fonctionne à l’instinct, à l’image. On peut se croire à peu près n’importe quoi tout en n’y connaissant rien, car personne n’y connaît rien et, surtout, tout le monde s’en fout !

Ce qui montre bien, en dernier ressort, que tout ce petit monde fait confiance à l’État et au capitalisme pour se réguler de manière ou d’une autre. Personne ici ne croit en la crise, personne ici ne croit en le fascisme, personne ici ne croit au réchauffement climatique.

On est dans la théâtralisation de la contestation, avec des rôles entièrement préétablis… Et c’est humainement à la fois frustrant, intolérable, vide de sens.