Le 12 mars 2026, une base franco-kurde dans le nord-est de l’Irak a été touchée par une attaque drones. Il y a plusieurs soldats français blessés et un soldat mort, l’adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces près de Grenoble.
L’attaque a été réalisée par une milice irakienne nommée « Ashab al Kahf » (les compagnons de la caverne) et dirigée par la force Al-Qods issue des forces armées du régime iranien chargée d’organiser les forces de « l’Axe de la Résistance ».
Le régime iranien peut ici compter sur le foisonnement des tribus et des clans rivaux sur fond d’implosion à moitié féodale de la zone pour placer des forces dans son giron. Cela rend la situation totalement explosive, avec des choses qui partent dans tous les sens et c’est même la stratégie iranienne que de contribuer à cela dans le but de se maintenir.
Cette attaque pro-iranienne contre des intérêts militaires français illustre l’engrenage de la guerre, bien loin de toutes les fadaises géopolitiques qui sont sans cesses sorties par la classe dirigeante et relayées par les médias depuis le début de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran.
En effet, cette attaque s’inscrit dans une séquence qui a débuté le lundi 9 mars lorsqu’Emmanuel Macron s’est rendu sur l’Île de Chypre après que celle-ci a subi une attaque de drones et de missiles.
La situation est tendue car l’Île, membre de l’Union Européenne depuis 2004, abrite des bases britanniques, alors que sa partie nord est revendiquée par la Turquie sous la forme d’une « République turque de Chypre du Nord » (RTCN) proclamée en 1983.
En conséquence, la France annonçait alors déployer une batterie de défense antiaérienne Mistral, ainsi que la frégate Languedoc. En parallèle, la Turquie envoyait quant à elle six avions de combat F-16 dans le nord de l’île.
Pour Emmanuel Macron, il s’agissait de montrer aux Etats-Unis qu’ils peuvent compter sur la France pour être le leader européen dans la sécurisation de la zone. Elle est notamment une puissance impérialiste qui a ses entrées au Liban et cherche à les maintenir coûte que coûte.
Indirectement, il y a également un signal envoyé à la Turquie alors que la France a un partenariat de défense mutuelle avec la Grèce depuis 2001. Comme Emmanuel Macron l’a lui-même souligné :
« Nous sommes vigilants, et je le dis depuis cette pointe avancée orientale de l’Union européenne dans la région. »
Puis dans la foulée de ces annonces d’une assistance militaire à Chypre, Emmanuel Macron rappelait les engagements militaires français envers les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït mais également l’Irak et la Jordanie.
Ces régimes corrompus par la rente pétrolière, placés dans l’orbite des Etats-Unis et qui bloque leurs pays dans des mœurs d’un autre temps, ont des partenariats de défense avec la France, Emmanuel Macron venant rappeler l’engagement de les honorer dans une situation militaire explosive.
Enfin, lors de son déplacement à Chypre, Emmanuel Macron a annoncé déployer un groupe aéronaval interallié entre la Mer Méditerranée orientale et le Détroit d’Ormuz.
Ce déploiement militaire comprend huit frégates, deux porte-hélicoptères amphibies autour du porte-avion Charles de Gaulle. Dans la zone, il y a 19 bâtiments militaires français en opération sur les 23 les plus importants de la flotte française. C’est donc une mobilisation d’ampleur.

Lors de ces annonces, on a eu droit à un cas d’école de propagande de guerre. La France se devait d’agir comme une puissance « défensive », elle viendrait honorer ses partenaires avec ses « alliés », Emmanuel Macron parlant même d’« amis » de la France pour bien renforcer le narratif.
La France serait cette puissance d’ « équilibre », devant assurer le commerce international, etc.
Dans les faits, Emmanuel Macron cherche avant tout à s’intercaler dans la guerre américano-israélienne contre l’Iran pour mieux conserver une place pour le capitalisme français, certes secondaire, dans le partage du gâteau mondial.
Et comme on peut le constater, l’ensemble des partis parlementaires est d’accord sur le fait que la France doit avoir un « rôle mondial ».
Avec l’attaque par une milice pro-iranienne d’une base franco-kurde dans le nord-est de l’Irak où se situe ce qui est nommé le « Kurdistan irakien », à la frontière avec l’Iran, la réalité devient implacable : la France est engagée dans le conflit américano-israélo-iranien.
Dans sa revendication de l’attaque, la milice pro-iranienne a été très claire : c’est bien une escalade qui est en cours.
« Après l’arrivée du porte-avions français dans la zone d’opérations du commandement central américain, nous annonçons dès ce soir que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible. Nous appelons donc nos frères des forces de sécurité à s’éloigner du carré qui abrite les forces françaises à la base K1, à une distance de 500 mètres, afin d’assurer leur sécurité. »
Cette attaque contre les intérêts militaires français en Irak illustre l’engrenage de la guerre dans la région, avec la participation active de la France depuis les annonces d’Emmanuel Macron à Chypre.
Or, pour le régime français, il faut absolument masquer ces faits. Il y a un contre-feu médiatique et politique mis en place pour rassurer l’opinion publique.
Tout le récit actuel est de feindre l’étonnement, d’alimenter le narratif d’Emmanuel Macron sur la France « puissance d’équilibre » qui agirait « en défense ». Ce dernier a d’ailleurs rajouté une couche en disant la chose suivante à propos de l’attaque ayant tué un soldat français et blessés autres :
« L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak.
À sa famille, à ses frères d’armes, je veux dire toute l’affection et la solidarité de la Nation. Plusieurs de nos militaires ont été blessés. La France se tient à leurs côtés et avec leurs proches.
Cette attaque contre nos forces engagées dans la lutte contre Daech depuis 2015 est inacceptable. Leur présence en Irak s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme. La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques. »
Dans les faits, on l’a compris, la France a déployé toute une armada maritime pour aider la défense de pays arabes pris sous le feu de l’Iran. Il ne faut pas croire ce narratif militariste de la « guerre défensive » car c’est une propagande de même nature que celle d’avant 1914, avec un engrenage similaire.
La vérité, c’est que la France agit comme puissance secondaire d’un Occident dirigé par la superpuissance américaine pour contrer la superpuissance chinoise, qui compte l’Iran comme allié dans le Moyen-Orient. Ce conflit est un moment de la guerre de repartage mondial en cours.
La France se retrouve ici prise dans le tourbillon de la guerre, car la bourgeoisie française n’a pas d’autre choix que d’y prendre pleinement part pour sauver sa place, au mépris du peuple iranien qui voit son soulèvement de janvier 2026 être saboté par ces puissances destructrices.
En France, le peuple est maintenu à l’écart et tout est fait dans l’opacité la plus complète, emmenant le monde à la guerre tel un somnambule.
Le 11 mars, le Premier ministre Sébastien Lecornu a même convoqué les chefs des partis représentés au parlement pour leur parler de la situation dans un « cadre confidentiel », sans téléphone portable et avec pour consigne de ne pas parler dans les médias sur les échanges lors de cette réunion.
Il n’y a pas d’alternative : ou la Révolution empêche la guerre, ou la guerre provoque la Révolution. Soyez prêts à affronter la tempête qui s’annonce et prend toujours plus de force au fur et à mesure des avancées de l’Histoire !




















