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Effondrement de la France

Emmanuel Macron tente désespérément de sauver le régime

Le pari perdant d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale contre toute attente en juin 2024 se retourne contre lui. Il a tout cassé, mais rien construit. Déjà que la France était en crise, très instable politiquement et économiquement, voilà que les contradictions sont maintenant sur la table, exposées à la lumière, sans aucune ouverture.

Impossible de ne pas voir une crise de régime dans une telle situation. Emmanuel Macron le voit très bien, forcément, mais il tente de maintenir la fiction en surjouant son rôle de Président de la République pour « garantir la plus grande stabilité institutionnelle possible ».

Au moyen d’une lettre aux Français, il s’imagine pouvoir rejeter la faute sur les autres en intimant à toutes les formations politiques hostiles au Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella de former une coalition de gouvernement. C’est en fait impossible, personne ne s’imaginant comment des gens allant du PCF aux Républicains en passant par le Modem pourraient se mettre d’accord pour voter le budget, le vote le plus important chaque année, qui détermine de fait tout le reste.

La lettre aux Français d’Emmanuel Macron est d’autant plus typique d’une situation de crise qu’elle renforce elle-même la crise qu’elle prétend surmonter. En effet, le cœur du propos du Président de la République est de prétendre que la dynamique politique française consisterait en le rejet du Rassemblement national.

C’est faux : seul le bricolage par en haut et anti-populaire des forces politiques en place a permis d’empêcher la réalité politique française de s’exprimer (le Rassemblement national est également en grande partie responsable de ses échecs, mais c’est un aspect secondaire). En racontant ce qu’il écrit dans sa lettre, il ne fait qu’ajouter de la rancœur à la rancœur et jeter de l’huile sur le feu.

Voici cette lettre, qui est sinon historique, en tous cas marquante de l’instabilité explosive de la France à l’été 2024.

« Lettre du Président Emmanuel Macron aux Français

Chères Françaises, chers Français,

Les 30 juin et 7 juillet derniers, vous vous êtes rendus aux urnes en nombre pour choisir vos députés. Je salue cette mobilisation, signe de la vitalité de notre République dont nous pouvons, me semble-t-il, tirer quelques conclusions.

D’abord, il existe dans le pays un besoin d’expression démocratique. Ensuite, si l’extrême-droite est arrivée en tête au premier tour avec près de 11 millions de voix, vous avez clairement refusé qu’elle accède au Gouvernement. Enfin, personne ne l’a emporté. Aucune force politique n’obtient seule une majorité suffisante et les blocs ou coalitions qui ressortent de ces élections sont tous minoritaires. Divisées au premier tour, unies par les désistements réciproques au second, élues grâce aux voix des électeurs de leurs anciens adversaires, seules les forces républicaines représentent une majorité absolue. La nature de ces élections, marquées par une demande claire de changement et de partage du pouvoir, les oblige à bâtir un large rassemblement.

Président de la République, je suis à la fois protecteur de l’intérêt supérieur de la Nation et garant des institutions et du respect de votre choix. 

C’est à ce titre que je demande à l’ensemble des forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines, l’Etat de droit, le parlementarisme, une orientation européenne et la défense de l’indépendance française, d’engager un dialogue sincère et loyal pour bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle, pour le pays. Les idées et les programmes avant les postes et les personnalités : ce rassemblement devra se construire autour de quelques grands principes pour le pays, de valeurs républicaines claires et partagées, d’un projet pragmatique et lisible et prendre en compte les préoccupations que vous avez exprimées au moment des élections. Elle devra garantir la plus grande stabilité institutionnelle possible. Elle rassemblera des femmes et des hommes qui, dans la tradition de la Vème République, placent leur pays au-dessus de leur parti, la Nation au-dessus de leur ambition. Ce que les Français ont choisi par les urnes – le front républicain, les forces politiques doivent le concrétiser par leurs actes. 

C’est à la lumière de ces principes que je déciderai de la nomination du Premier ministre. Cela suppose de laisser un peu de temps aux forces politiques pour bâtir ces compromis avec sérénité et respect de chacun. D’ici là, le Gouvernement actuel continuera d’exercer ses responsabilités puis sera en charge des affaires courantes comme le veut la tradition républicaine.

Plaçons notre espérance dans la capacité de nos responsables politiques à faire preuve de sens de la concorde et de l’apaisement dans votre intérêt et dans celui du pays. Notre pays doit pouvoir faire vivre, comme le font tant de nos voisins européens, cet esprit de dépassement que j’ai toujours appelé de mes vœux.

Votre vote impose à tous d’être à la hauteur du moment. De travailler ensemble.

Dimanche dernier, vous avez appelé à l’invention d’une nouvelle culture politique française. Pour vous, j’y veillerai. En votre nom, j’en serai le garant.  

En confiance.

Emmanuel Macron »

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Une France bloquée, vers la crise de régime

Les élections législatives anticipées de juin et juillet 2024 ont été la conséquence de la vague Rassemblement national aux élections européennes de juin 2024, mais plus encore elles sont le produit de la crise ouverte en 2022, lors de la réélection d’Emmanuel Macron.

Il n’avait alors qu’une faible majorité parlementaire et celle-ci s’est ébranlée au fil du temps, avec notamment l’utilisation très controversée de l’article 49.3 de la Constitution pour forcer la main aux députés. Tout cela est le reflet d’une France malade, prise dans le tourbillon de la crise du capitalisme à l’échelle mondiale commencée en 2020.

Ce qui s’est passé électoralement en juin et juillet 2024 est de ce point de vue très simple à voir. L’aspect principal est que la France est devenue entièrement soumise à la superpuissance américaine, elle n’est pour ainsi dire plus qu’un satellite américain en Europe, comme le montre son soutien acharné à la guerre contre la Russie.

Les forces politiques en présence sont donc toutes les mêmes dans leur fondement : les nuances ne suffisent pas à produire une vague politique et donc une majorité pour gouverner. Mais il y a en même temps de trop fortes traditions politiques, qui font qu’un consensus à l’américaine, bi-partidaire et par en haut, est devenu pratiquement impossible. C’est donc une période de grande instabilité qui s’ouvre maintenant.

Regardons les choses un peu en détail.

La première, c’est que le camp présidentiel a été largement défait lors de l’élection, avec à chaque fois au premier et au second tour, environ 6,5 millions de voix.

Cela n’a permis que d’obtenir 150 sièges, dont 2 dès le premier tour. Ce n’est pas négligeable, mais, même avec des alliances de proximité, il est impossible de gouverner le pays car c’est bien trop loin de la majorité absolue de 289 sièges.

Le produit commercial « Emmanuel Macron » est donc périmé, il ne suffit plus à maintenir le régime en France. Il lui reste trois ans de mandat, et il ne pourra pas dissoudre l’Assemblée nationale avant un an. C’est là un premier blocage.

Ensuite, la force juste au dessus (et qui prend la première place) est la coalition électorale faite entre la fausse Gauche et les populistes de la France insoumise, qui récolte 7 millions de voix au second tour, contre 9 millions au premier tour.

Le fait qu’il y ait moins de voix aux second tour s’explique par le fait que beaucoup de députés ont été élus dès le premier tour, les voix en leur faveur n’ont donc pas eu à s’exprimer à nouveau.

Cette engouement électoral permet d’envoyer 178 députés à l’Assemblée nationale. C’est, en apparence, une victoire, car il s’agit du plus grand nombre de députés. Toutefois, c’est très loin d’une majorité pour gouverner, et surtout c’est en réalité un assemblage très bancal, pour ne pas dire un bricolage.

Dans les faits, il n’y aura pas nécessairement un seul groupe de députés et il y a des divergences énormes de ligne politique, ainsi qu’en réalité aucune structuration décisionnaire. Toutefois, c’est là un épiphénomène propre à la décadence du pays.

La troisième chose qu’il faut voir est en fait la plus importante. C’est l’incapacité du Rassemblement national à arriver à la tête du pays, malgré son hégémonie politique. C’est là un facteur de blocage essentiel pour la France.

Le Rassemblement national (en alliance avec Eric Ciotti de la Droite classique) a récolté 10 millions de voix au second tour (et un peu plus au premier tour). Il obtient pratiquement 40 députés dès le premier tour et les autres candidats font en général des scores très élevés.

Au premier tour, cela donne un peu moins de 34 % des suffrages exprimés, et au second tour c’est 37 % des suffrages exprimés. C’est énorme, largement de quoi obtenir naturellement une majorité et un gouvernement. Cela d’autant plus qu’il y a une hégémonie sur les thèmes qui sont mis en avant dans le débat public français : refus de l’immigration, inquiétude quand à l’insécurité, apathie culturelle, volonté de figer le capitalisme tel qu’il était au 20e siècle.

Seulement, le Rassemblement national se heurte à une France faible et fragile, incapable d’avoir un Jordan Bardella comme Premier ministre. Celui-ci est pourtant très consensuel et particulièrement peu radical, si on le compare aux différents leaders populistes à travers le monde. Ni dans ses propos, ni dans son attitude, il ne sort du cadre et il paraîtrait comme un modéré si on le mettait à côté de n’importe quelle figure de la Droite française des années 1980.

Mais c’est encore de trop pour une France devenue insignifiante. La petite bourgeoisie hystérique des centre-villes et des cités de banlieue a pu largement s’exprimer et inventer une menace « fasciste » et « raciste » pour exister et empêcher le Rassemblement National. Cela a été suivi par la bourgeoisie moderniste française, elle aussi des grandes villes, qui a espéré profiter de la situation pour se maintenir.

Dans ces conditions, le Rassemblement national et ses alliés n’a pu obtenir que 143 sièges : ce n’est même pas la moitié de ce qu’il lui faudrait pour gouverner ! Le décalage avec la situation politique réelle est donc gigantesque.

Et il faut bien noter cet aspect. Formellement, la France est entrée au cœur de la crise politique ouverte en réalité dès 2022 avec la faible majorité obtenue par Emmanuel Macron : la crise s’exprimant effectivement avec deux ans de retard, ont peut donc s’attendre à une énergie cinétique immense, notamment en termes de rancœurs accumulées.

Car il ne faut pas s’y tromper : la défaite politique du Rassemblement national, pour ne pas dire son échec, est une défaite populaire, et par bien des aspects, prolétarienne. Non pas que le parti de Marine Le Pen soit celui du prolétariat, seule la Gauche authentique peut le représenter et le Rassemblement national n’a rien de Gauche, n’étant qu’une forme moderne de Droite sociale et populiste. Mais il est évident que le prolétariat en France, faible, isolé, marginalisé culturellement et politiquement pendant des décennies, n’a pas pour l’instant pu trouver mieux que Jordan Bardella pour s’exprimer.

Et quand il l’a fait, il s’est pris une gifle monumentale, avec une absence de gouvernement malgré la dynamique politique et le nombre très important de suffrages. Jordan Bardella n’a pas pu faire la différence, car il est coincé par la situation elle-même : d’un côté il ne sort pas du cadre du capitalisme et de la soumission à la superpuissance américaine, donc il ne peut pas soulever de réelle vague populaire, d’un autre il assume beaucoup trop de choses, notamment des exigences d’ordre et de sécurité, pour que la France molle et décadente de 2024 soit capable de le mettre à sa tête.

Et ce qu’il se passe, c’est que personne n’est maintenant capable de gouverner. La seule option possible est une coalition de gouvernement, comme cela existe dans de nombreux pays. Mais c’est impossible en France, où il n’y a ni la rigueur, ni la discipline politique pour que cela fonctionne.

D’autant plus dans une situation de crise (économique notamment, avec une crise de la dette qui ne demande qu’à exploser à la figure du pays) et avec l’engagement militaire du pays contre la Russie.

Voici une projection faite par le Figaro, qui reste le grand journal le plus sérieux en France (ou disons, le moins décadent), avec une connaissance fine de la politique nationale. Cinq scénarios de coalitions sont envisagés, avec seulement un scénario comportant une réelle majorité.

On comprend tout de suite que cela est intenable. La France est en crise, au-delà de l’instabilité, c’est carrément une crise de régime qui se profile.

L’Histoire avance malgré les Français. Préparons-nous pour qu’elle avance avec eux, par la lutte de classes, pour le Socialisme!

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Comment qualifier le Rassemblement National?

L’Histoire se présente toujours de manière tortueuse, ce qui demande un effort intellectuel pour en saisir correctement les contours et ses dynamiques. En ce début d’été 2024, la poussée inouïe du Rassemblement national aux élections législatives anticipées interroge quant à la nature de sa dynamique.

Car rien n’est très clair quant à la nature du phénomène selon que l’on prend le programme présenté, la dynamique sous-jacente, les alliances politiques effectuées ou bien encore les discours tenus par certains de ses principaux dirigeants.

Il est aisé de renvoyer aux origines du Front national pour le qualifier de « fasciste », ce qui n’est par ailleurs pas forcément justifié puisqu’il était surtout, dans cette époque donnée, un pôle de la droite anticommuniste.

Dans les années 1980-1990, Jean-Marie Le Pen va essentiellement représenter un réflexe bourgeois face à la Gauche au pouvoir, dans une dynamique anticommuniste et libérale. Il était de ce point de vue une option d’extrême-Droite, au sens d’un parti bourgeois radicalisé face aux prétentions de la Gauche.

C’est la raison pour laquelle les places fortes de la percée du Front national de Jean-Marie Le Pen aux élections législatives de 1986 se situent dans les grandes villes. Tout comme la tentative de mettre sur pied des syndicats Front national au milieu des années 1990 relevait d’une stratégie de barrage de la lutte des classes, d’opposition droitière au mouvement ouvrier organisé et non pas d’une tentative d’assécher son terrain pour en faire basculer ses éléments vers le « camp national ».

Cette perspective droitière anticommuniste et libérale a eu comme point d’orgue l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002, disqualifiant Lionel Jospin, premier ministre sortant d’un gouvernement de « gauche plurielle » en cohabitation avec Jacques Chirac.

Comme on le sait, cette orientation a changé alors que Nicolas Sarkozy avait pu récupérer l’électorat droitier lepéniste de 2002 à l’élection présidentielle de 2007 en fondant cette même année une « Union pour une majorité présidentielle » devenue « Union pour un mouvement populaire » (UMP).

À la fin des années 2000 lorsque Marine Le Pen progresse dans les instances du pouvoir du parti jusqu’à en prendre les reines en 2012, elle impose comme on le sait une nouvelle orientation qui a pris le nom de « dédiabolisation ». En fait de « dédiabolisation », il y avait une transformation en un sens fasciste avec le fait d’assumer l’option « ni de droite, ni de gauche » avec une forte prétention sociale.

C’est l’époque où Alain Soral est proche du Front national et où est effectué un travail de sape de la Gauche historique pour proposer une option littéralement national-socialiste. De la même manière que c’est la décennie où, notamment après l’élection présidentielle de 2012, le Front national emporte des pans entiers des couches populaires anciennement acquises à la Gauche. Une Gauche qui, en parallèle, s’éloigne de son héritage historique pour devenir une Gauche américaine fondée sur les valeurs libérales-libertaires et l’idéologie postmoderne.

À la différence de Jean-Marie Le Pen, la perspective de Marine Le Pen n’était pas de se heurter frontalement aux restes du mouvement ouvrier, mais d’en assécher le terrain pour en récupérer des grappes, et notamment certains de ses cadres. Cela a relativement fonctionné comme l’a prouvé les ralliements d’anciennes figures de la gauche de la gauche au Front National : Davy Rodriguez passé du Front de gauche au FN en 2015, Aurélien Legrand issu des rangs de la LCR/NPA et passé au FN en 2014 ou bien encore André Kotarac passé du parti de gauche au Rassemblement National en 2019.

Et la stratégie de Marine Le Pen a elle aussi connu son point d’orgue quelque part entre 2017 et 2019 avec Florian Philippot, élu vice-président du parti en 2012 et défendant le « Frexit » comme vecteur de cette orientation national-socialiste, avant d’être expulsé du parti après l’échec de la présidentielle de 2017.

Le mouvement des gilets jaunes qui est apparu comme une sorte de petit 6 février 1934 aurait pu provoquer une tentative de coup de force avec un front populiste de nature national-social. Mais son anti-parlemantarisme n’a surtout donné qu’un rejet de la politique, bloquant toute perspective de ce type, alors même que le FN devenait le Rassemblement National pour mieux mettre de côté ses origines.

Qu’est-il aujourd’hui ? Jordan Bardella devenu président du RN en 2021 se rapproche bien plus d’une figure de la Droite populaire telle qu’elle existait dans les années 1990 avec par-exemple le RPF de Charles Pasqua. Aussi n’est-il n’est plus nécessaire d’aller assécher le terrain de la Gauche, puisqu’elle-même a fini de muter en une fausse gauche américaine réfugiée dans les grandes villes comptant électoralement sur des communautés identitaires.

Reste que Jordan Bardella peut bénéficier de tout l’apport des années 2010 en termes d’électorat et de dynamiques populaires, alors que la ligne national-socialiste a échoué en 2017-2018 face au fameux « plafond de verre ». Depuis elle a été rabotée voir carrément abolie, notamment avec l’abandon de la sortie de l’Union européenne et de la monnaie unique. Sans même parler de l’acceptation totale de l’Otan et de la guerre à la Russie, évidemment!

Alors que représente en 2024 le RN ? Ni vraiment un parti d’extrême-Droite affichant une volonté de s’opposer à la lutte des classes, pour l’instant au point mort, ni un parti fasciste visant à faire de la France une grande puissance en mode cavalier seul.

Historiquement, il apparaît en réalité comme l’expression torturée et déformée d’une partie du peuple pour s’émanciper d’une société bourgeoise en décadence. Mais l’échec de la ligne national-socialiste des années 2010 fait qu’il va se heurter à sa propre incapacité historique, puisqu’il soulève un problème bien trop immense pour lui. Le poids de la dette, la récession économique et les nécessité de la guerre à la Russie forment les principaux moteurs de son échec annoncé.

Il en sortira demain ou bien un retour en force de l’option nationaliste-révolutionnaire, ou bien l’option de la Gauche historique, celle que nous portons, en première ligne. Agauche.org est au service de l’avenir inéluctable, du drapeau rouge !

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Victoire électorale et psychologique du Rassemblement national

Le parti de Marine Le Pen, emmené par son président Jordan Bardella en alliance avec Eric Ciotti, est arrivé en tête sur le plan national du premier tour des élections législatives du 30 juin 2024. Ce sont 10 628 386 personnes qui ont voté pour les candidats présentés par le Rassemblement national et l’alliance avec Eric Ciotti.

Cela donne 33,15 % des suffrages exprimés (21,55 % des inscrits), ce qui est très marquant. Ce qui compte surtout est le choc psychologique crée par le Rassemblement national, qui arrive largement en tête des suffrages en faisant plus que doubler son nombre de voix par rapport au précédent scrutin en 2022 où il avait récolté 4 248 537 voix. Et par rapport aux élections européennes du début du mois de juin 2024, il augmente son nombre de voix de 37%.

Irrémédiablement, Marine Le Pen est parvenue à briser le plafond de verre qui enserrait son parti et l’empêchait de coller à la réalité politique du pays.

Derrière, l’alliance électorale entre la fausse Gauche vraiment électoraliste, les post-modernes et les populistes de la France insoumise, récolte 8 974 566 voix. Cela représente 27,99 % des suffrages exprimés (18,19 % des inscrits).

Quant aux nombre de sièges obtenus dès le premier tour (pour les candidats obtenant plus de 50% des voix), c’est le même rapport : le Rassemblement national et Eric Ciotti en gagne déjà 38 et le « Nouveau Front populaire » 32.

Loin derrière, la majorité présidentielle n’en obtient que 2 et la Droite traditionnelle des Républicains 1 (ainsi que 2 pour des élus classés divers droites).

En nombre de voix sur le plan national, cela donne :

6 425 568 pour la majorité présidentielle, soit 20,04 % des suffrages exprimés (13,02 % des inscrits) ;

2 104 981 pour Les Républicains soit 6,57 % des suffrages exprimés (4,27 % des inscrits).

Dans ces deux cas, c’est un véritable effondrement.

Il faut noter également la participation qui a été très importante, marquant la grande confiance existante en France envers le régime. Le taux d’abstention n’a été que de 33,29%, contre 52,49% en 2022 et 51,29% en 2017.

Il y a deux fois plus de personnes qui ont voté que de personnes qui se sont abstenues. Ce ne sont donc que 16 421 470 de personnes qui ont choisi de rester à l’écart des différentes dynamiques électorales. Par rapport au nombre de voix récoltées par le Rassemblement national et Eric Ciotti, cela fait tout de même un tiers de plus.

En ce qui concerne l’Assemblée nationale, le véritable enjeu de ce scrutin, il y a déjà 76 députés qui sont d’ores et déjà élus, ce qui exprime une grande vague, un engouement, dans certaines circonscriptions, soit pour le Rassemblement national, soit pour le « Nouveau Front populaire ». Il n’y avait que 5 élus au premier tour en 2022 et 4 en 2017.

La géographie électorale est très nette et mérite un commentaire. Il y a de manière flagrante un vote majoritaire soit pour le « Nouveau Front populaire », soit pour la majorité présidentielle, dans les circonscriptions des grandes métropoles, dont l’Île-de-France. A contrario, il y une vague Rassemblement national ailleurs.

C’est très visible avec les candidats élus au premier tour, dans le nord, l’est et une partie du sud pour le Rassemblement national, et en Région parisienne, à Rennes, Nantes, Marseille, Toulouse pour le « Nouveau Front populaire ».

Le choc psychologique produit par la domination du parti de Marine Le Pen conduit à un nombre extrêmement important de désistements au second tour (des candidats arrivés troisièmes et se retirant pour faire barrage au Rassemblement national). Lundi 1er juillet au soir, 155 désistements ont été recensés, dont 104 pour des candidats « Nouveau Front populaire » et 48 pour la majorité présidentielle.

Il faudra maintenant attendre le résultat du second tour dimanche 7 juillet pour bien saisir l’ampleur et la signification politique de ces élections. Notamment, il s’agira de savoir s’il y a une véritable vague populaire de contestation (ou plutôt d’aigreur contestatrice) faisant que le Rassemblement national obtient une majorité (et donc le gouvernement), ou bien si les partisans du turbocapitalisme et de la décadence culturelle postmoderne réussiront à garder l’hégémonie dans le pays.

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1er tour des Législatives 2024: le pays murmure

Les législatives françaises ne se fondent pas sur le principe de la proportionnelle, mais en termes de circonscriptions. Il faut donc attendre le second tour pour savoir combien de députés parviendront à rassembler une majorité.

Mais ce petit jeu de dimension locale n’a pas l’importance des tendances de fond historique. Il y a un attrait pour le Rassemblement national, qui a obtenu 33,5% des voix, alors que le « Nouveau Front populaire » a un score de 28,5%, la majorité présidentielle de 22,1%, la Droite classique de 9,7%.

Deux figures politiques de la Gauche l’ont d’ailleurs appris à leurs dépens, et ce malgré leur célébrité et leur populisme les ayant rendu « appréciables » pour un certain point de vue populaire. François Ruffin, un bourgeois se présentant comme un tribun populaire, est quant à lui loin derrière la représentante du Rassemblement National. Cela malgré ses gesticulations permanentes en tant que député et une surexposition médiatique très poussée.

Pire encore, Fabien Roussel, le dirigeant du PCF, a perdu son siège de député (obtenu en 2017 puis maintenu en 2022), ayant perdu dès le premier tour face à un représentant du Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Et ce malgré tout son style apéro-barbecue-voiture.

Cela montre bien qu’il y a une vague, si ce n’est de colère, de concassage. Le pays murmure, le peuple rumine, les esprits maudissent, les nerfs se tendent. Il y a quelque chose de cassé, comme une sorte d’innocence ou de fausse pudeur des Français par rapport à leur propre pays.

Cela implique qu’il se passe davantage de choses chez les électeurs du Rassemblement national que du côté de la Gauche gouvernementale rassemblée en le « Nouveau front populaire ». Comment pourrait-il en être autrement, puisque cette « Gauche » des bobos, des LGBT, des migrants, des centre-villes et du turbocapitalisme est répugnante pour les couches populaires ?

Voici des propos relatés par Le Figaro qui montrent le degré de caricature de cette fausse Gauche. On est dans un rassemblement parisien à la suite des élections, à Paris.

« Séverine (le prénom a été changé), elle, est une habituée des manifestations. Mais le rassemblement de ce soir a une autre saveur. Pour cette assistante sociale, l’arrivée du RN au pouvoir menace «la mixité», qui lui est si chère. Si elle est fière du score du NFP de ce soir, elle reste pessimiste pour le second tour.

«C’est trop tard, on aurait dû davantage convaincre les banlieues. Elles se sentent abandonnées par la gauche», estime-t-elle. Pour Séverine, quand le RN arrivera à Matignon, s’il gagne, Paris va se soulever. «Les JO seront foutus, ça c’est sûr», conclut-elle. »

Que peut-on faire avec ces gens pour qui il y a les centre-villes et les banlieues, et rien d’autre ? Avec ces gens formés par les universités bourgeoises, pétris dans le libéralisme et le relativisme, qui considèrent que le prolétariat n’existe plus ?

Normalement, il devrait y avoir l’idée d’une grande reconquête de la classe ouvrière, du prolétariat, en disant : la fainéantise de soutenir des populistes nationalistes doit être brisée, elle doit céder la place au drapeau rouge pour la bataille pour le Socialisme !

Et si cette idée n’apparaît pas là, elle est inéluctable. En fait, elle ne peut pas émerger spontanément. Elle ne peut être qu’une expression politique, idéologique, culturelle. Nous sommes là pour ça !

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Premier week-end électoral du psychodrame de 2024

Le premier tour des élections législatives de juin-juillet 2024 a lieu le 30 juin, et le week-end des 29-30 apparaît à l’échelle de tout le pays comme un psychodrame. Angoisse, amertume, inquiétude, incertitude… Rancœur, colère sourde, ressentiments… Tels sont les mots-clefs du psychodrame national.

C’est une anti-révolution. Au lieu que tout le monde bouge, personne ne bouge. Au lieu que les idées fusent, les esprits sont congelés. Au lieu que les choses changent, elles veulent retourner à leur situation antérieure !

Tout cela n’a aucune ambition ni profondeur : c’est la simple peur de gens au mode de vie petit-bourgeois. Le petit-bourgeois n’a pas le côté grandiose du bourgeois, ni le côté réel du prolétaire. Il vit avec un esprit détaché, au jour le jour, avec comme axe la propriété et le confort de sa propre vie.

Et en 2024, même les prolétaires et les bourgeois vivent ainsi en France, trahissant leur propre nature de classe. Pour les bourgeois, on peut le comprendre, leur classe est décadente. Mais pour les prolétaires, comment expliquer cela ? Comment peuvent-ils être assez corrompus pour nier l’Histoire du Socialisme depuis la fin du 19e siècle et se précipiter dans les bras du populisme ?

Que cela se passe aux États-Unis, on peut le comprendre, la Gauche n’a jamais obtenu là-bas de dimension nationale et historique. Mais en France ? Le pays de la Commune de Paris, du Front populaire, de la Résistance, du PCF des années 1950, du mouvement étudiant de mai 1968 et ouvrier de juin de la même année ?

C’est que la France est devenue une province de l’empire américain, et que tout a été lessivé. Des heures passées chaque jour sur internet, la consommation facile avec Amazon, des emplois aliénants et abrutissants… Les Français sont KO techniques et ne veulent rien savoir. Depuis 2020 et la pandémie fracassant le capitalisme, c’est une évidence.

Il faut donc qu’ils paient le prix de leur fainéantise, de leur passivité, de leurs raccourcis culturels et intellectuels. Le week-end des 29-30 juin 2024 sert de révélateur, il montre la France au grand jour, et elle ne vaut pas grand chose sur le plan de la Révolution, pour ne pas dire rien du tout.

Soit les Français l’acceptent et à ce moment-là le pays sera simplement à la dérive. Il s’effondrera progressivement, alors que le tiers-monde va se soulever. Il va être géré tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, avec des « Républicains » face à des « Démocrates », mais cela ne changera rien au fond.

Soit les Français ne l’acceptent pas, et c’est le retour de la Politique, avec comme seule dynamique historique possible la recomposition du prolétariat pour mettre en place un nouvel ordre, par un nouvel État. Le Socialisme… Le Parti !

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La vague Jordan Bardella (le marchand de tapis)

La politique, c’est autant le fond que la forme, c’est-à-dire que l’emballage compte autant que ce qu’il y a à proposer. Il ne s’agit pas simplement d’apparence ou de « communication », mais de quelque-chose de bien plus complexe et insaisissable : la dynamique.

Par exemple, la grande différence entre le Front populaire de 1936 et l’escroquerie électorale qui en reprend le nom en 2024 ne tient pas qu’au fond (où la différence est abyssale), mais surtout à la dynamique.

Pour changer le monde, il faut une dynamique, il faut un élan avec une réelle dimension, il faut que chaque mot prononcé percute dans la tête des gens et que chaque proposition face caisse de résonance aux autres. C’est la même chose quand il s’agit de ne surtout pas changer le monde.

Sur le fond, le programme du Rassemblement national est relativement mou, absolument consensuel, comme il a déjà été constaté.

Seulement voilà, Jordan Bardella se sent pousser des ailes à moins d’une semaine du scrutin. Tout ce qu’il dit percute et résonne. Il a une dynamique et il profite de l’effet d’emballement autour de l’idée qu’il soit Premier ministre en cas de majorité à l’Assemblée nationale pour renforcer cette vague.

D’où la conférence de presse du 24 juin 2024, avec la tentative de présenter un programme plus étoffé, ou plus exactement cherchant à avoir de l’envergure.

Bien sûr, il s’agit surtout de faire basculer les choses pour tout un tas de gens encore hésitants ou réfractaires. Jordan Bardella veut coller absolument à l’état d’esprit français du moment, qui consiste à ne surtout vouloir ni de politique, ni d’engagement, seulement à « rétablir » la société d’avant 2020.

Il y a une mesure proposée tout à fait anecdotique, mais qui est très significative : c’est la suppression de l’obligation des diagnostics de performance énergétique pour les logements. Jordan Bardella explique lors de sa conférence de presse :

« Ces contraintes environnementales excessives freinent non seulement le marché immobilier, la réindustrialisation et restreignent l’accès à la propriété ».

Tout est dit. Pour quelqu’un véritablement à Gauche comme nous, qui a une exigence de civilisation, cela est insupportable, car mesquin, complètement à côté de la plaque historiquement et culturellement, mais aussi (surtout) sur le plan de l’écologie. Et en plus Jordan Bardella se dit favorable à la continuation de l’artificialisation des sols!

Pour les Français de 2024 par contre, cela résonne. C’est libéral, c’est le refus des normes, c’est l’idée de tout relancer, et puis chacun fait ce qu’il veut. Surtout si c’est pour acquérir la propriété ou la maintenir.

Cela résonne très bien avec ses propositions sur le patrimoine. On a la suppression d’impôts sur les héritages directs pour « les familles modestes et les classes moyennes » et l’exonération pour les donations parentales jusqu’à 100 000 euros par enfant ou petit-enfant tous les dix ans.

Garantir le rêve petit-bourgeois de la propriété individuelle et de la transmission d’un capital à sa descendance : voilà ce qui fait la dynamique Jordan Bardella, exactement comme cela le faisait pour Emmanuel Macron.

Cela résonne d’autant plus que Jordan Bardella le marchand de tapis réussit à faire croire qu’il est radical, avec une sorte de mini-Frexit (Brexit à la française). On a ainsi la suspension des transpositions européennes (les normes européennes qui s’imposent aux normes françaises) et la dérogation aux règles européennes encadrant le marché de l’énergie.

N’en jetez plus ! La France molle et fatiguée qui voudrait bien tenter le repli sur soi sans trop l’oser, va être conquise par ce genre d’argumentation typiquement mesurée et rationnelle, à la française.

Si à cela on ajoute une prétention à ramener l’ordre, alors on ne voit pas comment il pourrait ne pas réussir son entreprise.

« L’urgence est aussi le rétablissement de l’ordre », dit-il en expliquant qu’il remettra l’autorité « au cœur de l’action publique ». Ici, il a tout un catalogue à présenter pour susciter le désir aux chalands qui auront envie d’y croire :

  • peines minimales et peines planchers ;
  • suspension des allocations familiales aux parents d’enfants récidivistes ;
  • fin à l’excuse de minorité ;
  • généralisation des centres éducatifs fermés.

L’accent est mis notamment sur l’école, avec au passage l’idée relancée de l’uniforme à l’école, sur le mode « c’était mieux avant » :

  • vouvoiment obligatoire ;
  • fin du collège unique ;
  • « big bang de l’autorité » dès la rentrée de septembre ;
  • interdiction réelle des téléphones portables y compris au Lycée ;
  • peines plancher dans les conseils disciplinaires ;
  • centres spécialisés pour les « élèves perturbateurs ou harceleurs » ;
  • suspension des allocations familiales et des bourses scolaires en cas de perturbations graves et répétées au sein des établissements scolaires.

De manière parallèle, il y a aussi l’immigration, sujet pour lequel Jordan Bardella a ce qu’il faut en stock pour vendre le rêve d’un électrochoc :

  • suppression du droit du sol ;
  • levée des obstacles à l’expulsion des délinquants et criminels étrangers ;
  • délit de séjour irrégulier ;
  • augmentation du délai de rétention en centre de rétention administrative ;
  • référendum sur l’immigration.

Cependant, rien de tout cela ne saurait marcher sans des promesses sur le « pouvoir d’achat », sa « première priorité ». Les Français doivent pouvoir consommer sans entrave. Jordan Bardella propose une baisse de la TVA pesant sur les carburants, ainsi que l’énergie, et puis des augmentations de salaires défiscalisées.

Rien de très violent, mais cela lui garantit une certaine popularité et fait concurrence à l’alliance électorale de la fausse gauche.

Cela d’autant plus qu’il lui est très facile de la critiquer comme étant irresponsable et manquant de sérieux.

« Pour être juste, il faut être réaliste » dit-il de manière très habile, avant de lancer une petite phrase politicienne typiquement française :

« voter LFI, c’est voter FMI ».

Le FMI, c’est le Fond monétaire international. Jordan Bardella vend l’idée que les propositions de Jean-Luc Mélenchon et ses alliés sont irréalistes et conduiraient le pays à la faillite, alors que lui par contre est généreux, mais raisonnable.

Comme nous sommes en France en 2024, c’est le « mais raisonnable » qui l’emporte. Et il le sait :

« Non seulement mes mesures sont chiffrées, en plus elles sont raisonnables ».

D’ailleurs, en homme raisonnable, en « bon père de famille », il compte conduire dès sa prise de fonction un « audit des comptes de la nation ». Tout sera la faute des autres, ses prédécesseurs, qui auront mal géré, alors que lui sait comment bien gérer.

L’audit doit déboucher sur une commission qu’il présente comme ayant pour but de montrer :

« comment l’État dépense son argent, comment Emmanuel Macron a organisé la mise en quasi-faillite des comptes publics depuis sept ans ».

Tout ceci est saupoudré de bien d’autres annonces à effets garantis : retour sur la réforme des retraites, suppression de niches fiscales coûteuses et abusives, industrialisation, mesure pour l’agriculture contre la concurrence internationale « déloyale », moratoire sur les éoliennes, moratoire sur la fermeture des structures de santé, incitation à l’installation dans les déserts médicaux, énergie nucléaire, etc.

La dynamique est totale pour une vague populiste déferlant sur la France. Peu importent les résultats, la politique c’est du style. Les États-Unis ont eu leur Donald Trump, le Royaume-Uni a eu son Boris Johnson, l’Italie sa Giorgia Meloni, le Brésil son Jair Bolsonaro, etc. La France va avoir son Jordan Bardella.

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Effondrement de la France

Le style socialiste face à la crise politique de juin 2024

La crise politique de juin 2024 n’est pas seulement l’expression d’une faiblesse, mais également d’une force. D’une force encore faible, pratiquement invisible, mais qui ne peut que grandir au fur et à mesure, lentement.

Une force qui se nourrit de la dialectique entre révolution et civilisation, entre lutte des classes et mode de production capitaliste en crise. Cette force, c’est le Socialisme, avec son état d’esprit, son style, son idéologie.

Cette force exprime une vision du monde, qui correspond aux transformations nécessaires de la France et du monde. La planification collectiviste, la cessation des egos, l’épanouissement culturel, le refus de la compétition jusqu’à la guerre… Toute une série de contradictions donne naissance, produit le Socialisme.

Vive la patrie d’Octobre !

Seul le style socialiste échappe à la décadence du monde capitaliste, à la putréfaction des valeurs. Le style socialiste repose sur des valeurs, sur des principes, avec toujours le Socialisme comme objectif.

Il ne cède pas au populisme, il ne manipule pas les esprits, il ne cherche pas à tromper les gens. Il ne suit pas non plus les « modes » capitalistes de « gauche » (LGBT, migrants, libéralisation du cannabis et de la prostitution, le pseudo soutien à la Palestine, etc.).

Le Socialisme est une vision du monde sur des conceptions bien établies, c’est une lecture scientifique de la réalité. C’est une démarche que chacun peut et doit s’approprier, afin d’échapper à l’individualisme, au repli égoïste (et idéaliste) sur soi-même. C’est une logique de discipline d’un côté, d’épanouissement personnel de l’autre. Car rien ne peut avancer sans la vérité et la transformation du monde.

Ouvriers et employés, crées vos potagers !

La crise politique de juin 2024 va s’amplifier : c’est inéluctable de par la crise du capitalisme commencée en 2020. Plus rien n’est stable, et pas seulement en France. Tous les pays vacillent. Dans plusieurs endroits du monde, il y a des initiatives militaires qui sont prise, pour tenter de tirer le premier et de s’en sortir le mieux possible de cette manière.

Et progressivement, tout se généralisera, avec une troisième guerre mondiale dont on lit déjà bien plus que les contours. L’affrontement pour l’hégémonie mondiale entre les superpuissances américaine et chinoise apparaît comme obligatoire, inéluctable aux yeux de n’importe qui de réaliste !

Le style socialiste naît de cette situation. Ou la révolution empêche la guerre, ou la guerre provoque la révolution !

Vive le premier mai !

Il faut dialectiquement s’éduquer au style socialiste, et le produire. L’interaction est une clef pour parvenir à avancer, tant sur les plans personnel que collectif. En se rappelant que c’est le collectif qui prime, car c’est la Classe qu’il faut servir, c’est le prolétariat qui doit triompher.

La bourgeoisie est toujours plus impuissante et décadente, le prolétariat se recompose et s’affirme dialectiquement en retour. Le drapeau rouge naît du capitalisme défait et permet au Socialisme de s’instaurer, avec un nouvel État, une nouvelle société, une nouvelle humanité!

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Effondrement de la France

Le programme mou de Jordan Bardella

La France n’a plus aucune envergure, ni aucun horizon, à part se ratatiner sur elle-même. Le programme présenté par Jordan Bardella pour les élections législatives de juin 2024 est à ce titre exemplaire.

Le Rassemblement national est censé représenter une alternative politique radicale, un grand chamboulement, attirant pour les uns et repoussant pour les autres : ce qu’il propose est en réalité d’une tiédeur consternante.

Son principal horizon ? Abroger la réforme des retraites qui avait mis en colères les syndicalistes et fonctionnaires français.

Il est expliqué que dès l’automne prochain, il sera permis à « ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans de partir à la retraite avec 40 annuités à un âge légal de départ de 60 ans ».

Pourquoi pas, mais cela n’emmène pas très loin en termes de chamboulement proposé, puisque cela ne consiste qu’en le fait de revenir à ce qui existait il y a encore quelques mois !

Mais ce qui compte surtout pour les Français, c’est leur capacité à pouvoir consommer sans entrave. Alors le Rassemblement national a ce qui faut à proposer : baisse de la TVA sur les énergies et le carburant, de 20 % à 5,5 %.

Cela est même censé entrer en vigueur dès l’été (si la majorité lui est acquise), avec un projet de loi de finances rectificatif lors d’une session parlementaire extraordinaire.

Dans un second temps, il est envisagé ni plus ni moins que la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. C’est simple et efficace, bien racoleur comme il faut afin d’attirer le lambda ; peu importe que la TVA soit l’impôt qui rapporte le plus au Trésor public, les Français adorent quand on dépense sans compter. Le service public ? Oh oui ! Les impôts ? Oh non !

Toutefois, côté budget il faut bien quelques promesses, pour avoir l’air sérieux. Cela tombe bien, Jordan Bardella en avait deux en stock : supprimer certaines niches fiscales (qui sont des combinaisons pour éviter des impôts) et abaisser de 2 milliards d’euros la contribution de la France au budget de l’Union européenne.

Là encore, rien de transcendant. La promesse qui est faite est simplement de maintenir l’existant, en jurant de grandes largesses financières. C’est précisément l’inverse d’un chamboulement.

Là où Jordan Bardella prétendra avoir un peu de radicalité, c’est sur le thème de l’immigration et de l’insécurité, qui ne consistent pour lui d’ailleurs qu’en un seul et même thème. Ainsi, les choses sont très simples pour les Français qui n’ont pas à s’inquiéter de devoir changer leurs mentalité ou faire évoluer la civilisation : ils suffirait de virer les migrants pour que toute aille pour le mieux dans le meilleur des mondes!

Toutefois, là encore, il n’y a absolument aucune radicalité, ni aucune conflictualité sur le sujet. Voilà ce que met en avant Jordan Bardella en présentant son programme :

  • peines planchers pour les affaires de stupéfiants et d’atteintes aux personnes dépositaires de l’autorité publique ;
  • suspensions d’allocations familiales aux parents de mineurs délinquants récidivistes ;
  • suppression du droit du sol ;
  • remplacement de l’aide médicale d’État par un fonds limité aux urgences vitales.

Dans le programme officiel, il est ajouté également l’expulsion des délinquants étrangers.

C’est à peine un programme de Droite traditionnelle, et c’est le genre de choses tout à fait banales qui existent déjà largement dans tout un tas de pays occidentaux.

Jordan Bardella n’envisage évidemment aucunement de renvoyer les migrants dans leur pays. L’immigration en France, qui est absolument massive, est indispensable pour le capitalisme, afin de faire faire le sale boulot à des gens moins regardant que les Français, qui ont malgré tout acquis une conscience de classe et des exigences sociales.

L’immigration, essentiellement d’Afrique et d’Europe de l’Est, approvisionne massivement les chantiers, les hôtels, la restauration, les usines, les maraîchages, etc. Jordan Bardella n’en parle pas du tout, car il n’envisage aucunement de couper l’herbe sous le pied au capitalisme français.

Le Rassemblement national utilise des grandes phrases, en disant vouloir « réduire drastiquement l’immigration légale et illégale ». Mais il n’en parle jamais dans le détail et n’évoque jamais le sujet sur le fond.

Ce qu’il raconte est à chaque fois extrêmement mesuré. Politiquement, c’est surtout d’une extrême mollesse. Une mollesse de droite, exactement comme François Hollande incarnait une mollesse de gauche, puis Emmanuel Macron une mollesse centriste.

D’ailleurs, il suffit à Jordan Bardella de dire qu’il s’oppose à Emmanuel Macron, et voici que sa ligne politique est affirmé. Voici comment est officiellement présenté le programme du Rassemblement national (en deux phrases, nous ne mettons que la première) :

« Les élections législatives des 30 juin et du 7 juillet sont une chance historique d’engager le redressement de notre pays et de mettre fin à la politique toxique d’Emmanuel Macron qui vous fait tant souffrir. »

Pauvres Français, enfants pourris gâtés du capitalisme, qui ont « tant souffert » ! Cela est grotesque, mais tout à fait à l’image du pays : c’est la meilleure chose à dire pour quelqu’un souhaitant effectivement devenir Premier ministre de la France molle et larmoyante d’aujourd’hui.

C’est absolument répugnant, indigne de l’immensité culturelle et historique de la France. En vérité, seule la Gauche, la vraie, portée par le prolétariat et notamment les femmes du prolétariat, pourra réellement assurer la continuité historique de la France, être à la hauteur de son héritage.

Au contraire, le populisme nationaliste mou de Jordan Bardella est infâme, comme l’est la France aujourd’hui, fille malade de l’occident en perdition.

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Rapport entre les classes

Mélenchon contre Blum

Jean-Luc Mélenchon n’est, pour agauche.org, plus une figure de gauche depuis bien longtemps. C’est un populiste, qui est sorti du cadre de la Gauche historique fut-elle réformiste.

Et il a tenu des propos sur Léon Blum qui en disent long sur son rejet des concepts fondamentaux de la Gauche historique. Il a en effet considéré que Léon Blum… n’avait pas d’envergure historique !

C’est là exemplaire de la question du rapport qu’il faut avoir – à la classe, ou bien à l’État bourgeois. Comment faut-il comprendre le rapport entre le prolétariat et la bourgeoisie, entre le nouveau et l’ancien ?

Voici les propos de Jean-Luc Mélenchon, tenus lors d’une interview à 20 minutes le 15 juin 2024.

« Aujourd’hui, vous ne faites plus « consensus », n’est-ce pas la preuve d’un changement du rapport de force ?

La stratégie politique des insoumis c’est l’union générale et le programme des ruptures avec le système. En douze ans, c’est devenu celle de toute la gauche. Donc là, pour moi, carton plein avec cet accord.

Matignon n’est pas un sujet existentiel. Je ne suis pas en train de construire une carrière. Les insoumis ont produit des dirigeants capables.

Quand Léon Blum devient chef du gouvernement en 1936, il n’est pas au niveau de Manuel Bompard, ni de Mathilde Panot ou de Clémence Guetté, il était critique d’art et dirigeant marxiste du Parti socialiste. »

C’est très clair : selon Jean-Luc Mélenchon, être un « dirigeant marxiste du Parti socialiste » ne fournit pas un niveau qualitatif pour gouverner qui soit le plus haut possible. Bien au contraire, même, puisqu’on a des figures « politiques » opportunistes qui seraient bien mieux qualifiées.

Qui sont en effet Manuel Bompard, Mathilde Panot et Clémence Guetté ?

Manuel Bompard est quelqu’un qui a fait une thèse de mathématiques appliquées en aéronautique, monté une start-up. En 2009, il rejoint le Parti de Gauche, et l’année d’après il en devient le secrétaire national ! Il devient ensuite un cadre de La France insoumise, surtout pour les élections.

Mathilde Panot a un master en relations internationales à Sciences Po, avant de devenir cadre dans le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Clémence Guetté a un master de sociologie politique à Sciences Po, avant pareillement de devenir une cadre de Jean-Luc Mélenchon.

Les trois sont nés respectivement en 1986, 1989, 1991. Ce sont des cadres classiques des mouvements électoralistes, qui après avoir fait des études participent comme organisateurs, sont élus.

Et Léon Blum ne serait « pas au niveau » de tels opportunistes, sans caractère ni profondeur ?

Rien que l’âge, déjà. Léon Blum, en 1936, était bien plus âgé puisque né en 1872. En soi, cela ne suffit pas à expliquer un meilleur niveau, sauf qu’il a d’ailleurs lui une intense activité.

Il a eu un vrai parcours institutionnel, puisqu’il a été chef de cabinet du socialiste Marcel Sembat, ministre des Travaux publics, de 1914 à 1916, commissaire du gouvernement à plusieurs reprises.

Il est surtout, c’est cela qui compte pour nous, le chef de file des socialistes, organisés dans la Section Française de l’Internationale Ouvrière. Depuis 1920, c’est un dirigeant ouvrier, organisant, écrivant – et effectivement, c’est un littéraire de formation.

Léon Blum au congrès socialiste de 1932

Léon Blum a à ce titre mené deux combats fondamentaux. Tout d’abord, il est en première ligne pour dénoncer les « néo-socialistes », qui sont une fraction des socialistes qui devient fasciste. Ensuite, il soutient le Front populaire dont il devient une figure.

Et donc, Léon Blum, qui a bataillé politiquement pour le Socialisme, avec un très haut niveau idéologique, depuis 1920 dans la classe ouvrière, vaudrait moins que des aventuriers de la politique bourgeoise en 2024 ?

Jean-Luc Mélenchon ne peut pas ne pas savoir tout cela. Et pourtant, il prétend que ses cadres seraient mieux. « Quand Léon Blum devient chef du gouvernement en 1936, il n’est pas au niveau de Manuel Bompard, ni de Mathilde Panot ou de Clémence Guetté. » Comment, pourquoi ?

Parce qu’il considère que le populisme vaut, finalement, mieux que la Gauche historique. Même une expérience de masse d’une envergure formidable comme le Front populaire ne vaut pas, pour lui, la politique « immédiate », la démarche populiste. C’est un signe de démesure que de voir les choses ainsi, mais il en va ainsi de l’opportunisme qu’il se croit réellement avoir une signification.

Comme la bourgeoisie aide cet opportunisme, forcément, les opportunistes se sentent pousser des ailes. Historiquement, pourtant, le Socialisme balaie tout cela ! Le prolétariat porte le nouveau, qui s’allie sur la bourgeoisie bascule dans l’ancien ! Au-delà des détours, la Gauche historique l’emportera !

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Effondrement de la France

La tromperie du « nouveau » front populaire

Tout comme l’avait déjà été la NUPES du printemps 2022, constituée à la hâte, le « Nouveau Front Populaire » est un accord réalisé par en haut, où s’agrège dans un melting-pot revendications syndicales, forces associatives et partis politiques n’ayant plus aucune consistance sociale et populaire.

Ces points de programme suffisent à démontrer le caractère democrat à l’américaine de cette coalition. On est dans le style LGBT à 100 % rien que sur le plan de la forme avec cette coalition colorée de type melting-pot des identités politiques possibles. Au-delà d’être très niais, c’est révélateur du caractère opportuniste d’une coalition « mac do » où chacun peut venir comme il est.

Sur le fond, il suffit de constater qu’il n’y a aucun point concernant des nationalisations de grandes entreprises, au cœur pourtant de l’union de gauche ayant portée François Mitterrand au pouvoir en mai 1981. C’est du pur populisme gestionnaire dans lequel il est avancé quelques mesurettes syndicales et le retour d’impôts « sociaux », sans aucune perspective, même réformiste, de remise en cause du capitalisme.

On est bien loin, très loin, de l’héritage du Front Populaire de 1934-1936 qui relève du patrimoine de la Gauche historique, et dans laquelle l’élection de Mitterrand en 1981 puisait une certaine filiation. Mais ce qui en fait une expression la plus patente de democrat à la française c’est le soutien absolu à la « construction européenne », « à l’Europe de la défense » ainsi qu’au soutien militaire au régime ukrainien.

On est là dans une fausse gauche qui accepte entièrement la soumission à la superpuissance américaine, sans aucune critique ni opposition à la tendance à la guerre.

Quelle escroquerie par rapport à la dynamique de 1934-1936 qui naissait de l’opposition au coup d’état fasciste de février 1934 sur fond de prise de pouvoir des fascistes en Italie, Allemagne et en Autriche et le retour de la guerre et du militarisme. L’alliance socialiste-communiste dans la rue en 1934, prélude à l’alliance électorale en 1935, relevait d’une compréhension que le retour de la guerre ne pouvait qu’amplifier la crise sociale et économique issue du Krach de 1929.

Le « Nouveau Front Populaire » apparaît comme l’espace de défense de la bourgeoisie modernisatrice agrégeant autour d’elle la petite-bourgeoisie et une partie des sous-prolétaires urbains. À cet égard, il est logique de le considérer comme probable héritier d’Emmanuel Macron, puisque seuls quelques mesures syndicales et fiscales les séparent, quand l’encadrement du turbocapitalisme et la soumission aux États-Unis les réunissent.

L’opposition politique qui prend forme pour les élections législatives anticipées est donc viciée, elle relève d’une illusion générée par un capitalisme français en crise et qui se précipite au nom des États-Unis dans la guerre à la Russie pour se relancer. Pour chaque camp, l’objectif est de maintenir ce cadre afin d’éviter le retour de la lutte des classes.

Vive la Gauche historique opposée à la 3e guerre de repartage impérialiste, seule perspective antagoniste au capitalisme français moribond !

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Effondrement de la France

Les manifestations désastres du 15 juin 2024

Afin de protester contre les succès de l’extrême-Droite en France aux élections européennes du début juin 2024, toute la Gauche et de nombreux syndicats avaient appelé à manifester le 15 juin 2024.

Quand on agit ainsi, il faut être prudent. Si ça marche, cela produit un élan, si c’est faible, cela décrédibilise d’autant plus. Cependant, comme il y a les élections législatives suite à la dissolution, la précipitation a prévalu, tout le monde s’est dit que le chantage moral forcerait les choses et les gens à venir.

C’est là qu’on voit la naïveté et l’opportunisme de la Gauche gouvernementale, de la « gauche de la gauche » qui lui court derrière, et des syndicalistes.

Car des décennies d’opportunisme, de médiocrité, d’avilissement, de corruption ont totalement déconnecté ces gens du peuple et de la réalité. Les manifestations se sont fracassées sur la réalité.

On serait aux portes du fascisme et il y a eu seulement 250 000 personnes (selon la CGT) à Paris, 3 000 à Nice, 5 000 à Toulouse, 4 000 à Dijon, 1 000 à Perpignan, 8 5 00 à Grenoble, 2 000 à Cherbourg, 2 500 à Clermont-Ferrand, 2 000 à Orléans, 1 000 à Tarbes, 2 000 à Bayonne, 1 000 à Amiens, 10 000 à Bordeaux, 2 500 à Nancy, 2 000 au Havre, 6 000 à Lille…

Comme d’habitude, le décalage entre les chiffres de la police et ceux des organisateurs est immense. Pour la ville de Marseille, la police compte 12 000 manifestants, la CGT 80 000 !

Mais peu importe. Dans toute la France, la CGT compte 640 000 manifestants, dans quasiment deux cent endroits. C’est le « peuple de gauche qui s’est levé ».

Et en plus de ne pas peser lourd, il ne sait pas mobiliser au-delà de lui. Car il a comme base des syndicalistes et des fonctionnaires, des enseignants et des étudiants, des bobos et des secteurs de la petite-bourgeoisie intellectuelle.

Ainsi, Marine Tondelier, secrétaire nationale de Les Écologistes, peut bien dire : « Je n’avais pas vu autant de monde en manifestation depuis la réforme des retraites ». C’est très vrai. Et c’est bien pour ça que la réforme des retraites avait été une défaite totale.

Le « peuple de gauche » a rejeté la Gauche historique, il est étranger au prolétariat, il est poreux voire désireux de fusionner avec le libéralisme culturel, et surtout il est hostile à une remise en cause du mode de vie dominant, qu’il entend seulement réformer au moyen de l’idéologie des « centre-villes ».

Il n’est qu’un repoussoir, dont la prétention, la vanité, l’opportunisme écœurent, précipitant les gens à l’extrême-Droite.

D’ailleurs, s’il y a une chose à faire déjà, c’est de rejeter tous ceux qui ont soutenu cette farce que fut le mouvement contre la réforme des retraites. Et qui ensuite ont tenté le même coup publicitaire sur le dos de la question palestinienne.

Il faut partir sur une base saine. Et l’échec du 15 juin 2024 n’est que l’agonie, qui va encore durer, mais qui est inévitable. Que cette fausse Gauche tombe d’elle-même, laisse enfin la place, et démasquons ceux qui prétendent être différente d’elle, alors qu’ils en ont toujours fait partie.

Il faut que le syndicalisme s’occupe du syndicalisme et reste dans son domaine, et que le politique soit principal quant au reste et en général.

Il faut que la question animale soit essentielle à tous les niveaux.

Il faut que la tradition de la Gauche historique soit celle qui compte.

Il faut se débarrasser du style bobo – LGBT – migrants – cannabis, expression des centre-villes turbocapitalistes. Pour donner un exemple en rapport aux manifestations, s’il y avait à Lille 6000 personnes contre l’extrême-Droite, il y en avait en même temps 21 000 à la « Pride » LGBT ! Le libéralisme culturel a tué la Gauche corrompue elle-même par le libéralisme culturel…

Il faut le prolétariat comme ossature de toute question historique, et toute les questions sont historiques.

Il faut avoir le Socialisme comme objectif, un nouvel État, une nouvelle société, une nouvelle humanité !

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Effondrement de la France

Ni « gauche » bobo caviar, ni droite Fleury Michon

L’esprit qui doit être celui de la vraie Gauche, c’est celui qui est partisan et exige un ordre nouveau, un État nouveau, un être humain nouveau. Quiconque accepte la vie quotidienne telle qu’elle est proposée par le capitalisme relève d’un passé révolu qui chaque jour disparaît davantage.

Et cela quelle que soit la forme de cette acceptation. La « Gauche » des centre-villes et la Droite des campagnes ne sont que les deux faces d’une même réalité, d’une même emprise d’un capitalisme à la fois rétrograde et replié sur le cadre national, et en même temps moderniste et cosmopolite.

Entre le beauf des villes s’imaginant « moderne » et celui des campagnes s’imaginant « ancien », il n’y a pas de différence de fond, seulement de rythme dans la vie quotidienne capitaliste. Pour prendre un exemple, les uns sont flexitariens, les autres des « viandards » patentés, mais tous sont trop décadents et libéraux pour prendre les animaux et la question animale en compte. L’industrie capitaliste de la viande est en expansion mondiale, les lieux sauvages sont toujours plus détruits, mais cela n’intéresse pas ces gens, qui ne voient pas plus loin que leur nombril.

Tout cela est à l’opposé de l’esprit résolument partisan de la Gauche historique. L’esprit engagé, déterminé, capable d’agir… et de ne pas agir, quand il le faut. Afin de protéger et de se préserver, de faire avancer et de ne pas faire reculer.

Dans une société française en crise politique en juin 2024, rien n’est plus étranger que l’esprit partisan. Les Français ont la nostalgie du passé, pour eux la société française précédant la pandémie de 2020 était finalement idéale. Accumuler du capital, devenir propriétaire, faire un travail qui somme toute ne dérange pas outre mesure, construire une petite famille, partir en vacances parfois, en attendant la retraite… Et bien sûr, de manière régulière, se précipiter dans la société de consommation.

Ce refus de la dialectique de la vie est ignoble et c’est pourquoi il faut bien le dire : oui le prolétariat français a été corrompu, il a trahi son rôle historique, il a accepté de se vendre à la bourgeoisie française, car il a considéré que son confort comptait plus que tout. Il a, pour cette raison, perdu sa dignité et c’est exactement cela qui le précipite dans les bras de l’extrême-Droite.

C’est le refus de l’esprit partisan qui a amené des prolétaires à soutenir des partis populistes d’extrême-Droite, de manière massive, que ce soit avec Donald Trump aux États-Unis, Marine Le Pen en France ou le FPÖ en Autriche. Il est fou de voir que la majorité des ouvriers porte à bout de bras les succès électoraux de telles sinistres figures !

Mais le prolétariat n’échappera pas aux larmes et au sang versé. Il devra bien en France, qu’il le veuille ou qu’il ne le veuille pas, écrire une page de gloire. Il devra se forger, par choix ou par la force de l’Histoire, pour porter le positif contre le négatif, la construction contre la destruction, l’avenir contre le passé.

Le prolétariat français devra porter l’esprit partisan, il devra être lui-même cet esprit, et tant qu’il ne le fera pas, il ne fera que errer, se perdre, se ronger de l’intérieur, souffrir mille maux. Personne ne peut échapper à la lutte des classes, qui exige la révolution, et à la nécessité d’un nouveau mode de production, qui demande une nouvelle civilisation.

On est immensément loin encore du grand saut que le prolétariat français doit faire. Rien ne peut toutefois empêcher que cela se produise. Ou la révolution empêche la guerre, ou la guerre provoque la révolution : l’Histoire donnera inéluctablement naissance à un héroïsme de classe.

La « Gauche » bobo – caviar et la Droite Fleury Michon sont des agitations, des troubles, rien de plus. L’ultra-radicalité fictive pro-LGBT, pro-migrants, pro-Palestine… n’est que du théâtre pour faire du bruit, et empêcher l’affirmation de l’idéologie dialectique du prolétariat, qui exige la transformation du capitalisme en Socialisme par la révolution, les masses en mouvement, en armes pour établir le nouvel État.

Sans le pouvoir, tout est illusion, et l’esprit partisan, l’esprit déterminé, l’esprit des choix, est ce qui prime, ce qui compte vraiment. Le prolétariat n’existe que par l’affirmation, la lumière, le mouvement… La victoire !

La crise politique en France de juin 2024 est un reflet de ce qui se passe au plus profond de la société française, du capitalisme français. C’est l’effondrement. Et le calme plat, illusoire, cède la place au vent qui commence à souffler.

Que ce vent fasse flotter le drapeau rouge, grâce à l’esprit partisan !

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Refus de l’hégémonie

L’atlantisme de Jordan Bardella

Atlantisme : l’expression vient du nom de l’Otan, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord. Un atlantiste en France est une personne qui prête allégeance à l’Otan, c’est-à-dire qui est soumise à la superpuissance américaine.

Tel est le cas de Jordan Bardella du Rassemblement national, au même titre qu’Emmanuel Macron. L’expression la plus flagrante de son atlantisme est bien entendu son soutien forcené au régime de Kiev et à la guerre contre la Russie.

Dès mars 2022 Jordan Bardella qualifiait Zelensky de « modèle de résistance » expliquant qu’il est « toujours admirable de voir un chef d’État résister ».

Un an plus tard, il l’applaudissait debout, malgré les consignes de sa formation politique. Il regrettait alors « une naïveté collective [dans son camp] à l’égard des ambitions de Vladimir Poutine ».

En avril 2024, pour se justifier dans le cadre du Parlement européen, il disait de la Russie qu’elle :

« représente une menace multidimensionnelle pour l’Europe et conteste les intérêts français, que ce soit en Europe ou en Afrique ».

Il n’hésitait pas à parler également, reprenant la propagande du régime français, des « ingérences russes » contre lesquelles il faut « lutter ». Il est à l’origine en 2023 (avec son collègue Jean-Philippe Tanguy du RN) d’une commission d’enquête parlementaire « relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères », dont l’objet était de dénoncer la Russie.

Il reprend souvent mot pour mot les positions américaines, par exemple à l’occasion de la mort d’Alexeï Navalny :

« Une nouvelle tragique pour tous les défenseurs des droits humains et des libertés fondamentales ».

Jamais Marine Le Pen n’aurait pu dire ça. Durant les années 2010, elle représentait une ligne néo-gaulliste, prônant une indépendance pour la puissance française sur la scène mondiale ; c’était un véritable nationalisme, représentant directement un danger de type fasciste. Il y avait une proximité avec la Russie, comme contre-poids à l’influence américaine.

Cette proposition a échoué en raison de la faiblesse de puissance française dans le cadre de la crise. L’élection présidentielle de 2017 a été un tournant, Marine Le Pen échouant en raison de son incapacité (historique) à rallier la haute bourgeoisie française, celle-ci étant incapable de porter la puissance française.

La crise qui s’est généralisé d’abord avec le Covid-19 puis la guerre en Ukraine, a finalement entièrement rebattu les cartes. La France n’avait plus aucune possibilité d’indépendance, elle s’est entièrement soumise et vassalisée à la superpuissance américaine.

Le néo-gaullisme de Marine Le Pen devint alors littéralement mort et enterré, nonobstant le fait que le populisme social et vaguement nationaliste qu’elle avait porté pendant dix ans restait utile pour le régime français. C’est là que Jordan Bardella intervient : il représente en apparence une ligne de rupture, tout en étant en fait totalement aligné sur le régime et donc, chose la plus importante, sa soumission à la superpuissance américaine.

Il suffit de voir cette chose très simple et ô combien représentative. Marine Le Pen prône depuis le début la sortie du commandement intégré de l’Otan. C’est, si on veut, le kit de base pour n’importe quel nationaliste cohérent : impossible de prétendre à quoi que ce soit en étant soumis aux États-Unis via l’Otan. La mesure figurait encore au programme du Rassemblement national en 2022, bien qu’elle était déjà relativement mise de côté.

Jordan Bardella est tout à fait en rupture avec cela. Il est contre la sortie du commandement intégré de l’Otan. Il l’a expliqué notamment dans un entretient avec l’organisme Europa Nova, qui est typiquement un réseau d’influence américain, prônant une ligne d’effacement des nations au profit de l’Union européenne.

C’est pour cela que Jordan Bardella préfère Giorgia Meloni (la dirigeante italienne) à Matteo Salvini (de la Ligue du Nord), qui est l’allié historique de Marine Le Pen. La première est furieusement pro-américaine et pour la soumission à l’Otan, tandis que le second est plutôt tourné vers la Russie.

Dans un entretien en avril 2023 à La Repubblica, l’un des principaux quotidien italien, Marine Le Pen a vainement tenté de mettre les point sur les i et maintenir sa ligne historique, en expliquant des choses qu’elle est absolument incapable de raconter en France depuis plusieurs années déjà :

« Je reste eurosceptique, et chaque jour qui passe, je le suis davantage. Je ne suis pas sceptique à propos de l’Europe, mais sur l’organisation politique de l’UE.

De plus, la France a un héritage politique et une indépendance sur le plan international. Meloni est favorable à l’OTAN parce qu’elle est italienne. Il y a des éléments de son projet que je ne partage pas. Politiquement, je me sens plus proche de Matteo Salvini et je n’adapte pas mon discours aux résultats des élections : je suis une personne loyale ».

De son côté, en mai 2023, Jordan Bardella se rendait à Budapest au rassemblement annuel en Europe de la CPAC (Conservative Political Action Conference) au côté de Marion Maréchal : il s’agit du courant américain ultra-conservateur qui a élaboré et fait triompher le populisme de Donald Trump.

En 2018, Marion Maréchal avait fait son grand retour à la vie politique en tenant un discours d’alliance devant ces personnes aux États-Unis ; Jordan Bardella est sur cette même ligne atlantiste et il est tout à fait logique de voir Marion Maréchal se rapprocher de lui dans le cadre des élections législatives de juin et juillet 2024.

La politique américaine s’impose en France, devenu simple protectorat américain. Dans la bataille pour le poste de governor de la province France, il y a Emmanuel Macron le Democrat lié à Joe Biden et il y a Jordan Bardella le Republican lié à Donald Trump.

Dans tous les cas, ils représentent la superpuissance américaine lancée agressivement dans la bataille pour le repartage du monde. C’est cela qu’il faut comprendre à Gauche avec la plus grande acuité : voilà l’ennemi, la superpuissance américaine et ses agents français, qui traînent la planète dans la 3e guerre mondiale !

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Pas de soutien au « nouveau Front populaire »

Le choc de l’importance électorale de l’extrême-Droite aux élections européennes de juin 2024 a abouti, dans la précipitation, à la mise en place d’un « nouveau Front populaire ». Dès le départ, il y a eu en son sein le Parti socialiste, les Écologistes, La France Insoumise, le PCF, Place publique, Génération⸱s et GRS. D’autres petites structures s’y sont ralliées.

C’est une escroquerie. Cela n’a rien à voir ni avec le Front populaire né à partir de février 1934 comme unité antifasciste populaire à la base, ni avec le Front populaire comme conception élaborée par le communiste bulgare Georgi Dimitrov. C’est une simple alliance électorale qui tente d’unifier autour de la Gauche bobo une réelle protestation contre l’extrême-Droite.

C’est une opération de manipulation, de chantage émotionnel. C’est une habitude en France : la lutte contre la réforme des retraites avait relevé du même chantage. Sous de faux prétextes d’unité, il faudrait se mettre à la remorque de la bourgeoisie « de gauche », de la gauche caviar, des bobos, de gens qui veulent vivre le libéralisme dans la société, mais avec la protection sociale.

Ce sont ces gens qui dégoûtent le peuple, et qui produisent le succès de l’extrême-Droite, et même de la Droite. Il ne faut faire aucun compromis avec cette fausse gauche, opportuniste, électoraliste, pour qui ce qui compte c’est la lutte des places, pas la lutte des classes.

Il faut retourner sur les bases de la Gauche historique, et ne pas faire des migrants, des LBGT ou des criminels de banlieue, les figures « révolutionnaires » de notre époque. Il faut la Gauche qui porte une morale, un nouvel ordre, une Gauche qui veuille façonner un nouvel État, ce qui présuppose une révolution, pour une nouvelle humanité.

Aleksandr Deyneka, Stakhanovistes, URSS, 1937

Le « nouveau Front populaire » ne porte rien en lui, même pas le principe de l’unité de principe face à une menace commune. Car si c’était le cas, il exprimerait un mouvement à la base, un mouvement populaire. Là, à part des étudiants agités et quelques syndicalistes pour appuyer des élus, il n’y a rien. On est dans le simulacre, dans la manipulation de symboles.

Ce qui n’a rien étonnant de la part de gens sans contenu, qui utilisent des symboles, sans jamais ne rien développer en termes de contenu. Il faut d’ailleurs voir à quoi ressemble la « gauche de la gauche », avec des petites structures anti-intellectuelles, tenant le même discours qu’en 1920, ne produisant rien de culturel. Et cherchant seulement, en appelant à « l’unité », à tromper les esprits pour gagner du monde.

Tout cela est anti-prolétarien, car anti-idéologique. Pour ne pas être piégé par les nationalistes ou les bobos, les prolétaires doivent être en mesure de se tourner vers l’idéologie qui est véritablement la leur. Ils doivent porter le drapeau du Socialisme – et pour cela, il faut une expression idéologique de ce drapeau – c’est ce qu’est agauche.org, comme organe de presse, dans la tradition historique du mouvement ouvrier.

Sans organe de presse, il n’y a pas d’organisation, pas d’idéologie, pas d’envergure, pas d’existence réelle sur le plan historique.

Vassili Efanov, Le peuple des Soviets, URSS, 1939

Le « nouveau Front populaire » ne fait que rassembler des vendus (au point de soutenir la ligne américaine de guerre à la Russie par l’intermédiaire de l’Ukraine), des gens qui ont échoué et qui refusent de se remettre en cause, des gens que l’Histoire met de côté, car ils ne correspondent à plus rien.

D’où justement les discours fantasmatiques de cette gauche bobo et syndicaliste: l’extrême-Droite serait prête à instaurer une dictature raciste, les LGBT seraient envoyés dans des camps, et autres délires qu’on peut trouver de manière régulière, tellement on est ici dans une fiction qui exige une narration extrêmement poussée pour masquer les faits.

La réalité, c’est qu’en France s’instaure une opposition à l’américaine, avec des progressistes et des conservateurs, des représentants du capitalisme moderniste et des nouveaux marchés d’un côté, des représentants du capitalisme « traditionnel » de l’autre. Ce sont les deux faces du capitalisme – et la dialectique exige un camp, celui du prolétariat, pour les combattre!

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Ni Trump ni Biden, version française

Le scandale du 11 juin 2024, c’est la décision d’Eric Ciotti, à la tête du parti de la Droite classique « Les Républicains », de demander une alliance avec le Rassemblement national de Marine Le Pen et de Jordan Bardella.

Cela a provoqué des troubles internes très forts. Ce qui est le cas également au Parti socialiste, où beaucoup ne veulent pas d’une alliance avec La France insoumise. Naturellement, dans les deux cas, le camp d’Emmanuel Macron appelle les « modérés » à le rejoindre.

Parallèlement, la « gauche de la gauche », les syndicalistes, les associatifs s’agitent en diable, avec des appels, des rassemblements, des manifestations. On est ici dans une démarche à la fois d’hystérie petite-bourgeoise et de jeu théâtral.

Ce sont des simulacres d’engagement, afin de tenter de donner de l’énergie au « Front populaire », le nom scandaleux choisi pour le regroupement du Parti socialiste, du PCF, des Ecologistes, de La France insoumise, de Place publique, de Génération.s et de la Gauche républicaine et socialiste. Il faut vraiment lire la constitution du vrai Front populaire, dans les années 1934, 1935 et 1936, pour voir la différence complète avec aujourd’hui.

Car peu importe, au fond, qu’on assiste à un découpage en deux ou en trois du panorama français. Le fait est que les trois camps acceptent l’hégémonie américaine et la guerre contre la Russie. Que ce soit le camp « nationaliste », le camp « centriste » ou la « Gauche » gouvernementale, c’est la même ligne d’accepter le capitalisme, pour le faire pencher plus dans un sens ou dans un autre.

Pencher, c’est vraiment le mot : aucun camp n’a d’idéologie, d’ossature sur le plan des idées, de cadres formés, de valeurs politiques claires. C’est comme aux Etats-Unis, un affrontement dans une vaste bourse aux idées et aux lobbys, aux intérêts et aux ambitions, avec comme fracture une ligne séparant les « conservateurs » et les « progressistes », les « républicains » et les « démocrates ».

Il va de soi que quand on est réellement de gauche, on ne saurait relever d’un tel conflit interne au capitalisme. Et il ne faut pas converger avec un camp ou l’autre. Il y a ainsi des groupes qui se disent révolutionnaires, mais ils ont fantasmé sur le mouvement contre la réforme des retraites, ils fantasment les LGBT, ils délirent sur la Palestine, ce qui fait qu’en pratique, ils sont une simple fraction un peu extrême de La France insoumise.

Ce dont nous avons besoin, c’est d’un troisième camp, correspondant à l’autonomie de classe du prolétariat, sur le plan des idées, des valeurs, de la politique, des perspectives. Il faut contribuer à la vision du monde, à une lecture concrète des choses dans toute leur dignité, à une connaissance historique approfondie, à l’instar des dossiers sur des marqueurs historiques proposés par materialisme-dialectique.com.

Il faut de l’intelligence et de l’indépendance. Il ne faut pas céder aux sirènes d’un pseudo-activisme à l’américaine, qui ne sert que des processus électoraux et des modes « activistes ». Il faut réfléchir et s’organiser, sur la base de la raison, avec un programme comme fondement, une vision du monde comme moteur.

C’est cela qui permet d’échapper humainement à la contamination venant de la France capitaliste en pleine décadence, avec une société en décomposition. Il faut s’opposer à l’alternative Trump/Biden dans sa version française, en sachant que si au départ c’est difficile, la guerre contre la Russie qui se profile fera voler en éclats toutes les illusions.

L’arbre préfère le calme, mais le vent continue de souffler !

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Crise politique en France

Il y a deux ans pratiquement jour pour jour se formait la NUPES, une union de la Gauche gouvernementale qui a totalement échoué dans son entreprise. Et là on a une nouvelle unité PS, PCF, EELV et LFI.

Mais il est trop tard. Car ce qui ne s’était pas produit aux élections présidentielles et législatives précédentes a finalement eu lieu le 9 juin 2024. Le Rassemblement national mené par Jordan Bardella a raflé la mise aux élections européennes avec 31,37 % des suffrages (30 sièges).

C’est un courant de fond. Être de droite est porteur. D’ailleurs, le Rassemblement national a plus du double de la liste de la majorité présidentielle (14,6 % soit 13 sièges).

Pire encore, si on y ajoute les voix de la liste du parti d’Eric Zemmour conduite par Marion Maréchal (5,47 % soit 5 sièges), cela fait près de 37% pour le populisme à tendance nationaliste. Avec de surcroît un record de participation (51,49 %) depuis 1994.

La France est de droite, comme nous l’avons toujours souligné ici, à rebours des fictions et auto-intoxications, comme lors du mouvement contre la réforme des retraites.

La vérité, c’est que la France, moche et fanée, refuse fondamentalement de se tourner vers l’avenir. Elle s’arc-boute sur un passé fantasmé, celui des 30 glorieuses où la France était encore une puissance garantissant l’opulence capitaliste pour tous.

Le populisme à la fois national et social de Jordan Bardella est typique de cela, du « c’était mieux avant », du capitalisme en mode social mais mesuré. Même son « nationalisme » est très mesuré : il n’est pas vraiment contre l’immigration et l’islam, il n’est pas du tout contre l’Union européenne et il est même carrément pour les États-Unis et l’Otan. De surcroît, il est un farouche défenseur des institutions de la Ve République.

Toutefois, il représente quelque-chose qui tranche avec le libéralisme ultra-moderniste d’Emmanuel Macron, exactement comme le Républicain Donald Trump tranche avec le Démocrate Joe Biden aux États-Unis. Le résultat a donc été une claque pour Emmanuel Macron, surtout alors qu’il est censé avoir une légitimité gigantesque de part sa participation forcenée à la guerre américaine contre la Russie.

À situation de crise, réaction de crise : le Président français a donc décidé la dissolution immédiate de l’Assemblée nationale, ouvrant pour le pays une période de trois semaines (puis une semaine) de troubles et d’incertitudes politiques.

Les élections des députés auront lieu le 30 juin, puis le 7 juillet en cas de second tour. Dans les faits, le régime français vacille littéralement, car la France est une puissance en déclin devenue entièrement inféodé à la superpuissance américaine, mais qui ne l’assume pas encore suffisamment.

Emmanuel Macron, pour garantir la guerre qu’il compte mener à la Russie, a besoin d’une légitimité renforcée. Il joue donc carte sur table en imposant un retour aux urnes et en tentant si ce n’est de coincer le Rassemblement national, sinon de l’obliger à rentrer comme il faut dans l’orbite américaine. Il accusera le RN d’être pro-Russie, et celui-ci montrera en retour avec zèle sa loyauté à la superpuissance américaine, tout comme le fait la populiste Giorgia Meloni à la tête du gouvernement en Italie.

Beaucoup de choses vont être dites et entendues durant ces trois prochaines semaines, il faut s’attendre d’ailleurs à la plus grande hystérie de la part de la petite-bourgeoisie urbaine et des bobos. Il va y avoir dans toutes les bouches des raccourcis grotesques, des déformations, du mensonge, du hors-sujet.

Il n’y a qu’à voir l’édito grotesque de Libération qui invente littéralement une situation historique et politique :

« En route vers ces élections inattendues mais ô combien cruciales, la gauche française doit prendre conscience de son rôle historique : assurer aux Français, comme ses ancêtres républicains, que le fascisme ne passera pas. »

Les bourgeois gauche-caviar de « Libé » inventent, car non seulement il n’y a pas de menace fasciste avec le consensuel et républicain Jordan Bardella, mais surtout la Gauche ne ressemble plus à rien en France. Elle est plus que jamais coupée du peuple, prise en étau entre les populistes ultras de la France insoumises et les bourgeois atlantistes furieusement pour la guerre à la Russie comme Raphaël Glucksmann ; elle ne changera donc rien à rien en 2024.

C’est la même rengaine avec la CGT, le syndicat qui se mêle de politique et s’imagine le droit de faire référence au Front populaire « face à l’extrême-droite » dans un communiqué. Le syndicat, qui ne semble pas être au courant qu’il est totalement marginal chez les prolétaires, est « en colère » et s’imagine des grandes choses pour y remédier :

« Notre République et notre démocratie sont en danger. Pour empêcher la catastrophe organisée par Emmanuel Macron et Marine Le Pen d’advenir, l’unité de la gauche est indispensable. »

Bref, c’est le triomphe du populisme, y compris donc dans sa version « de gauche », qui sabote l’héritage historique et la puissance du Socialisme pour défendre une République bourgeoise qui n’est pas du tout en danger.

Pour y voir clair dans ce marasme, il va falloir garder bien en tête la boussole de notre époque : la guerre mondiale de repartage du monde, avec en arrière plan l’effondrement de l’occident sous les coups acerbes des capitalismes challenger menés par la Chine.

Ce qui compte en France, c’est de dénoncer l’Otan, c’est de refuser la guerre à la Russie. Là est l’aspect principal.

La situation de crise politique rend d’autant plus claire et évidente cette position pour qui veux réellement que le monde change de base. Il n’y a pas à tergiverser ni à ruer dans les brancards : la crise politique exprime l’effondrement du régime en France, alors il faut appuyer cet effondrement en sabotant son principal plan de survie : la guerre à la Russie!

Non aux populismes, qu’ils soient nationaux ou libéraux, ou prétendument de gauche, et surtout non à l’Otan et aux plans de la superpuissance américaine pour la France, guerre à la guerre!

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Elections européennes 2024: une dissolution « américaine »

Allons, allons, il faut raison garder. La dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, à la suite des élections européennes de 2024, a provoqué une onde de choc. Le trouble et la perplexité règnent partout. Mais tout est très simple, en fait, si on pose les choses adéquatement. En quelques points, on comprend tout.

1. Les résultats sont tranchés

Voyons les faits que sont les résultats. Le bloc présidentiel, autour du parti présidentiel Renaissance (et avec le Modem, Horizons, le Parti Radical, l’Union des démocrates et indépendants) a obtenu 14,5% des voix. En face, l’opposition est donc largement majoritaire, de manière écrasante.

Il y a déjà le Rassemblement national, avec 31,5% des voix. Il y a ensuite le bloc autour des socialistes, avec 14% des voix.

La France insoumise, qui représente la « gauche » populiste, a 10,1% des voix. La Droite historique, avec Les Républicains, a 7,1% des voix.

Europe Écologie Les Verts a 5,5% des voix, les nationalistes de Reconquête (avec Marion Maréchal) a 5,3% des voix, et le PCF a 2,3% des voix.

L’Alliance rurale a 2,2% des voix, le Parti Animaliste 2%, les nationalistes de l’UPR et des Patriotes, 1% chacun.

2. Il faut bien une légitimité

Évidemment, ce sont les élections européennes et cela ne veut pas dire que des élections parlementaires auraient donné le même résultat. On ne peut toutefois pas gouverner avec l’impression qu’on ne représente que 14% des voix, alors qu’il y a eu 51,4% de participation.

Dissoudre est en même temps un risque, cela implique un très grand risque qu’aux élections législatives qui vont avoir lieu, il y aura une cohabitation. Et on pouvait se dire qu’ayant la majorité parlementaire, même si précaire, Emmanuel Macron pouvait manœuvrer quand même, d’une manière ou d’une autre.

Cependant, à un moment, cela n’aurait plus réellement fonctionné, alors pourquoi attendre ? Qui plus est, la France est ce qu’elle est…

3. Le RN n’est pas fasciste, mais les Français sont vraiment nuls

Le RN de Marine Le Pen et de Jordan Bardella n’est pas du tout fasciste. C’est un parti exprimant des aigreurs et du protectionnisme, une nostalgie prononcée et la peur du déclassement social. Et il soutient le régime ukrainien.

Ce n’est donc pas une « menace » pour Emmanuel Macron, malgré ses propos. C’est un concurrent.

Et, à côté de cela, les Français sont nuls. Ils ne font pas de politique, et quand ils en font, ils mélangent tout et sont mauvais. Sur le plan des idées, plus rien n’est cohérent, c’est une ignoble tambouille, avec des mélanges empruntés à la Droite et à la Gauche, sans aucune cohérence.

La situation n’est donc pas dramatique. Et il y a même une opportunité pour Emmanuel Macron s’imaginant disciple de Machiavel…

4. Emmanuel Macron impose une polarisation à l’américaine

La clef, c’est qu’Emmanuel Macron impose une cassure politique à l’américaine. Qu’importe si son parti présidentiel perd les élections, car en face il y aura une union des droites. Il aura alors réussi son parti, qui est de « moderniser » la société française, c’est-à-dire de l’aligner sur le style américain, avec deux gros partis dont les rapports de force internes dépendent de la bourse aux idées, aux activistes et aux lobbys.

Voici ce que nous disions le 4 juin 2024 pour qualifier ces élections de fictives.

« Il y a ici deux options politiques, pour faire pression dans un sens ou dans un autre. Il y a les modernistes, les bobos, LGBT, libéraux culturellement mais pour un filet social… pour les « gagnants », ceux qui profitent le plus de la situation et en veulent encore plus.

Et il y a les nationalistes, les conservateurs… pour les « perdants », les aigris ayant la nostalgique des années 1980.

Linkedin et Twitter pour les uns, Facebook et les SMS pour les autres, et Instagram et Tiktok pour tous. Cela correspond aux « Républicains » et aux « Démocrates » aux États-Unis. »

Effectivement, c’est cela qui se met en place. Ces élections européennes de 2024 ont été fictives, donc ont fait passer un cap aux institutions. De par leur vide, elles amènent une situation pleine.

Et maintenant !

Emmanuel Macron va chercher à élargir le socle de la majorité présidentielle, pour constituer un parti Démocrate à l’américaine, en prévoyant une union des droites qui formera l’équivalent des Républicains américains.

Il y a deux possibilités. Soit il a raison et l’opération fonctionne. Il aura alors réussi son opération de modernisation, d’américanisation.

Soit il a tort et c’est nous qui avons raison : la crise commencée en 2020 a tout changé et Emmanuel Macron ne reflète que l’illusion bourgeoise d’une modernité perpétuelle et contrôlée dans sa mise en place.

Dialectiquement, pour l’instant, les deux sont vrais. La société française est américanisée, le processus va fonctionner. Il fallait que le parti présidentiel perde pour obtenir sa légitimité dépassant le simple cadre de l’élection d’Emmanuel Macron. Potentiellement, le Parti démocrate à l’américaine peut naître en France désormais.

En même temps, il est vrai que les gens n’y connaissent rien et basculent d’un côté ou de l’autre, suivant une tendance. L’esprit des gens façonnés par la société de consommation est binaire. Pourtant, la France a porté beaucoup de luttes de classe et la situation historique n’est pas celle d’un vaste pays à l’écart et disposant de l’hégémonie mondiale.

La France est la maillon faible de la chaîne des pays capitalistes les plus développés. C’est un pays décadent, où tout s’effondre sur tous les plans. Rien n’a plus de solidité. Les vœux d’Emmanuel Macron sont donc vains. Son initiative ne réussit que parce plus rien ne tient… Et donc, ce qu’il vise ne tiendra pas non plus.

Et dans ce chaos, dont relève les prochaines élections pareillement, il faut donc l’esprit de Parti, les positions de la Gauche historique pour recomposer le prolétariat en tant que classe, et organiser un nouvel État, une nouvelle société. C’est l’alternative Socialisme ou barbarie!

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