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L’écriture «inclusive», une barbarie post-moderne anti-sociale

La langue française a historiquement fait le choix du masculin comme genre neutre par défaut. Cela permet de décrire une situation générale où il est fait référence à des personnes en général, sans avoir besoin de préciser leur sexe, car dans la plupart des situations on se moque éperdument du sexe des personnes en question.

Quand on dit « en 2021 en France, les ouvriers ont un bon niveau de vie », on ne s’intéresse pas du tout au sexe des ouvriers en question. Il est parlé des ouvriers en général, et le genre masculin a une fonction neutre, une portée générale.

Si le masculin est le genre neutre par défaut, cela ne veut pas dire que le féminin ne peut pas avoir cette fonction neutre également. Au contraire, cela arrive souvent, par exemple quand on dit « en 2021 en France, la classe ouvrière est particulièrement dépolitisée. »

On ne s’intéresse ici pas du tout au sexe des ouvriers composant la classe ouvrière et peu importe d’ailleurs que le mot classe soit masculin ou féminin. Il y a dans le contenu du mot « classe » tout autant des ouvrières que des ouvriers, mais il est parlé au féminin, car le mot « classe » est féminin, et le féminin a ici une valeur neutre. Il pourrait en être autrement, cela ne change rien à rien.

Ce qui est valable en général l’est en particulier.

Quand on dit « Benjamin est une belle personne, particulièrement généreuse », la masculinité du Benjamin en question n’est aucunement niée ni remise en cause ; Benjamin n’est absolument pas discriminé ni « exclu » en tant qu’homme en raison de cette formulation. Il s’agit juste d’une règle de grammaire faisant qu’il faut accorder au féminin les adjectifs décrivant un nom féminin.

Il en est de même pour Louis XIV quand Jean-Baptiste Colbert s’adresse à lui dans leurs correspondances en disant « Elle ». Le contrôleur général des finances parle à la troisième personne à « Sa Majesté », qui est un mot féminin, mais cela n’a aucun rapport avec le sexe du Roi de France.

Tout cela est connu et admis de tout un chacun et ne pose aucun problème au quotidien. Le Français est une langue complexe et très élaborée, correspondant à une société elle-même particulièrement complexe et élaborée. Les membres de cette société ont tout à fait la capacité de faire la différence entre le genre neutre désignant des situations générales ou particulières et les genres féminin et masculin quand ils servent à désigner des personnes ou groupes de personne en raison de leur sexe. C’est quelque chose de très naturel.

Seulement, cela pose un problème énorme aux post-modernes, car ils sont littéralement obsédés par le fait déconstruire la société et l’unité de la société. Reflétant le libéralisme économique, ils veulent le libéralisme culturel et insistent ainsi sur l’identité. 

Cette mise en avant de l’identité passe par le rejet de ce qui a une signification universelle. Les post-modernes veulent toujours en revenir au particulier, ils veulent sans-cesse atomiser la société pour mettre en exergue les individus. Ils détestent donc cet usage grammatical du neutre dans la langue française : pour eux il faut sans cesse diviser la société entre hommes et femmes, même quand cela n’a aucun rapport avec le sujet.

Les post-modernes prétendent alors que la langue française est « excluante » vis-à-vis des femmes en raison de la règle grammaticale faisant que le masculin est le genre neutre par défaut. Ils prétendent que quand une université s’adresse aux « étudiants », elle « exclue » les étudiantes car celles-ci ne sont pas définies en particulier.

Les post-modernes ont alors inventé l’écriture « inclusive », pour marquer absolument leur besoin de compartimenter la société entre hommes et femmes, et surtout de séparer les « individus » au nom de leur reconnaissance.

Selon le principe de l’écriture « inclusive », une université doit ainsi écrire « les étudiant.e.s », pour bien marquer qu’il y a des étudiants qui sont des hommes et des étudiantes qui sont femmes, même si cela n’a aucun rapport avec le sujet.

On a alors le droit à tout un tas de mots dans les phrases où des points sont ajoutés pour intercaler le « e » du féminin et supprimer ainsi le masculin neutre. C’est illisible, et d’ailleurs l’écriture « inclusive » n’est jamais vraiment entièrement utilisée tellement c’est un sac de nœuds.

Les gens utilisant l’écriture « inclusive » sont concrètement tellement délirants, tellement en dehors de la réalité, qu’ils en arrivent à utiliser leur formulation « inclusive » y compris quand il n’est question que des femmes… C’est le cas avec l’Unef, ce syndicat étudiant qui était historiquement lié à la Gauche et qui est maintenant un bastion post-moderne, qui est capable d’écrire quelque-chose d’aussi absurde que :

« Victoire pour les étudiant.e.s, mise à disposition gratuite de protections périodiques pour les étudiant.e.s sur ton campus ! »

Absurde pour les matérialistes, mais plein de sens pour des gens maniant de manière fantasmagorique les notions de genre, de sexe, d’identité, depuis les universités et en tournant le dos au peuple, au mépris de l’Histoire.

On en arrive alors à un véritable massacre de la langue française et il est très impressionnant de voir à quel point ce massacre s’est imposé dans un nombre incalculable d’universités et d’institutions. Cela en dit long sur la décomposition et la décadence de la société française, incapable de préserver ce précieux patrimoine qu’est la langue de Molière.

La Gauche historique, qui est le Parti de la société, de l’Histoire, a ici une responsabilité énorme pour défendre la langue française contre les lubies post-modernes. Car qui dit société, dit civilisation, sinon c’est le retour à la barbarie. L’écriture inclusive est typiquement ce genre de barbarie anti-sociale que la Gauche doit dénoncer et combattre.

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Société

Les Français littéralement incapables d’appliquer le second confinement

Le constat est partout le même : le second confinement, au début novembre 2020, n’est pas suivi. Il y a beaucoup moins de monde dehors, mais il y a tout de même beaucoup de monde.

Beaucoup de monde dehors ? En tout cas, trop de monde ! La différence entre le premier et le second confinement est énorme. Elle n’est pas que quantitative d’ailleurs, ce n’est pas seulement une question de gens présents dehors. En fait, qualitativement, cela n’a rien à voir. Et c’est la preuve d’un terrible échec.

Les gens suivent le second confinement sans s’appliquer, sans y croire, en espérant un vaccin, un retournement de situation : c’est finalement une sorte d’allégorie de leur rapport au capitalisme. On n’y croit pas plus que cela, mais on mange du foie gras et on veut acheter sa maison ; on n’aime pas les riches, mais on veut une vie quotidienne petite-bourgeoise bien rangée tout en accumulant un petit capital.

Cette ambivalence mène les Français à leur perte. Ils s’imaginent très intelligents en adoptant une sorte de ligne in medio stat virtus, la vertu est dans le milieu. En pratique, ils sont déconnectés. Ils n’ont pas l’armature psychique pour cela, ils n’ont pas la patience, ni la morale ; ils sont incapables de faire face, prisonniers de leur passivité consommatrice et de leur relativisme libéral.

Les Français, au mois d’août, avaient d’ailleurs choisi de se débarrasser de la question de la crise sanitaire. Ils s’imaginaient ainsi rationnels, alors qu’ils étaient idéalistes. Ils se sont imaginés choisir de passer à autre chose et que cela suffirait. Il faut se rappeler les comportements en août pour voir à quel point les Français étaient dans le déni. Avec le recul, c’est à peine croyable.

Et malgré la nouvelle crise sanitaire, ils continuent, en relativisant le second confinement, en cherchant à le détourner avec un justificatif par-ci un justificatif par-là, avec un État complaisant autorisant tout et n’importe quoi de manière dérogatoire. Les Français ne veulent pas de la crise sanitaire, donc elle n’est pas vraiment là. Ainsi, le second confinement est, dans les faits, une fiction.

Pas pour les restaurateurs et les fleuristes bien sûr, pour tous les petits commerces en général, qui doivent encaisser les coups et les coûts du capitalisme (ce qui devrait leur enseigner à mieux choisir ses amis et ses alliés et à se tourner vers la classe ouvrière). Pas non plus pour les refuges et centres de soins pour animaux, qui encore une fois n’existent pas pour l’État et dont les bénévoles se retrouvent à devoir bricoler pour pouvoir se déplacer, travailler, intervenir.

Mais le confinement est bien une fiction en terme de société. Je fais semblant, tu fais semblant, nous faisons semblant. Le gouvernement prétend, les gens prétendent, tout le monde prétend, les réalistes et les médecins hallucinent, désespèrent, protestent. Ils se demandent : pourquoi les Français sont-ils aussi obstinés dans leurs comportements ? Pourquoi ne s’assument-ils pas ?

C’est pourtant simple. Les esprits sont ailleurs, forcément ailleurs,et cela pour une simple raison : personne n’est prêt à assumer que le capitalisme est allé droit dans le mur à l’échelle planétaire, qu’il faut tout remettre à plat, que plus rien ne sera comme avant…

Assumer cela, c’est partir en guerre contre le capitalisme, au sens strict, dans un contexte sanitaire encore en crise, dans un contexte international militarisé, avec une économie portée à bouts de bras avec de l’argent magique, à quoi on doit ajouter le réchauffement climatique, l’effondrement de la culture sous les coups de boutoir de l’expansion du marché, etc.

Trop compliqué ! Trop difficile à suivre ! Trop de sacrifices !

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Société

Covid-19 comme mot masculin ou féminin: la faillite de l’Académie française

Les médias ont informé du choix de l’Académie française quant au genre du mot covid-19. L’institution aura donc attendu début mai avant de choisir, malgré que le terme ait été employé des millions et des millions de fois.

On ne peut pas dire que l’Académie française a attendu le déconfinement : son communiqué passé inaperçu date du 7 mai. Ce n’est pas un communiqué d’ailleurs, mais un exemple de « dire ne pas dire », mis sur le même plan que « Car, pour, par et avec prononcés careu, poureu, pareu et avecqueu », « Les gestes barrière ou Les gestes barrières », « Drive », « Followers », « Dépister un malade pour Dépister une maladie », « Distanciation sociale », « Confins, confiner, confinement », « Confire, confit, confiture ».

Voilà un mélange tout à fait baroque et donc totalement à rebours de l’approche française. Avec de terribles erreurs d’ailleurs, expression d’une démarche formelle. L’Académie française dit ainsi qu’on doit parler de dépister une maladie contagieuse et non pas dépister un malade. Elle n’a pas compris qu’il s’agit de retrouver le malade en question dans une sorte de jeu de piste urbain pour éviter qu’il ne propage la maladie…

Ayant d’ailleurs décidé de tout rater jusqu’au bout, l’Académie française a décidé de ne pas aborder la question du mot « déconfinement », qui n’existe pas en français. Il est pourtant employé massivement, même par les institutions. L’Académie française est donc incapable de faire son travail : elle reflète la décadence de la société.

Elle bascule ouvertement dans une forme artistique littéralement postmoderne pour sa justification du féminin pour covid-19. Voici cette œuvre d’art qui ne dépareillerait pas dans une exposition d’art contemporain :

« Covid est l’acronyme de corona virus disease, et les sigles et acronymes ont le genre du nom qui constitue le noyau du syntagme dont ils sont une abréviation. On dit ainsi la S.N.C.F. (Société nationale des chemins de fer) parce que le noyau de ce groupe, société, est un nom féminin, mais le C.I.O. (Comité international olympique), parce que le noyau, comité, est un nom masculin. Quand ce syntagme est composé de mots étrangers, le même principe s’applique. On distingue ainsi le FBI, Federal Bureau of Investigation, « Bureau fédéral d’enquête », de la CIA, Central Intelligence Agency, « Agence centrale de renseignement », puisque dans un cas on traduit le mot noyau par un nom masculin, bureau, et dans l’autre, par un nom féminin, agence. Corona virus disease – notons que l’on aurait pu préférer au nom anglais disease le nom latin morbus, de même sens et plus universel – signifie « maladie provoquée par le corona virus (“virus en forme de couronne”) ». On devrait donc dire la covid 19, puisque le noyau est un équivalent du nom français féminin maladie. Pourquoi alors l’emploi si fréquent du masculin le covid 19 ? Parce que, avant que cet acronyme ne se répande, on a surtout parlé du corona virus, groupe qui doit son genre, en raison des principes exposés plus haut, au nom masculin virus. Ensuite, par métonymie, on a donné à la maladie le genre de l’agent pathogène qui la provoque. Il n’en reste pas moins que l’emploi du féminin serait préférable et qu’il n’est peut-être pas trop tard pour redonner à cet acronyme le genre qui devrait être le sien. »

On aurait dû employer Corona virus morbus ? L’Académie française est déconnectée du réel. Et elle pense pouvoir imposer le féminin alors que le masculin a été utilisé à l’échelle de la société française toute entière depuis plus de deux mois ? En expliquant… « qu’il n’est peut-être pas trop tard » ?

Pire que le choix effectué avec une explication digne d’un alchimiste médiéval, tout est dans ce « peut-être ». Une institution qui décide et qui dit « peut-être » est morte. Elle n’a pas de sens, car elle ne fixe aucune orientation, elle ne détermine aucun choix. À quoi sert donc l’Académie française si elle arrive après la bataille pour dire « peut-être » ?
Et pourquoi les « immortels » n’ont-ils pas travaillé sur ce choix dès le départ ? C’est pourtant leur travail. Mais ils sont à l’image de la France bourgeoise : dépassés, parasitaires, totalement étrangers à la société.
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Réflexions

Portrait critique du Français

Le Français ne comprendra jamais une chose : pourquoi les autres ne sont pas français. Comment peut-on ne pas être français ? Il est pourtant logique d’être français.

Palais du Luxembourg

Le Français est un fin connaisseur de la vie, du moins s’imagine-t-il, aussi privilégie-t-il la posture du sceptique souriant, prenant toute chose avec assez de hauteur pour ne pas s’y attacher. Être modéré en tout, même dans la modération, voilà ce qui semble parfait au Français, ainsi prompt à l’hypocrisie jésuitique pour à la fois pratiquer et critiquer quelque chose.

Cela impose une certaine légèreté : le Français adore badiner, flirter, batifoler, compter fleurette, s’empêtrer dans une multitude de situations qui n’auront ni suite, ni lendemain. L’ancêtre du Français aimait flâner, le Français apprécie désormais de traîner et il se traîne dans sa vie, cherchant à écrire ses prochains jours comme un dessinateur d’une bande dessinée essaie de prévoir la prochaine case.

C’est que le Français est sensible, mais il a bien plus d’imagination encore et celle-ci doit permettre la formation d’une belle apparence. Ce qui se pense bien s’énonce bien et présente bien, et inversement. Aussi le Français préfère avoir l’air amoureux que tendre, et l’air galant qu’amoureux. Mais cette galanterie est donc plus forme que fond.

Car rien ne porte à conséquence chez le Français et aussi voit-il en le principe d’organisation une perpétuelle épée de Damoclès toujours prête à lui tomber dessus. L’État, la famille, le couple, le syndicat, le parti, les transports en commun, l’avion, le train, tout cela est insupportable au Français qui exige la simplicité d’une terrasse de café, d’un comptoir où il peut, au choix, rester ou s’en aller, commander de nouveau ou bien ne pas le faire, commander la même chose ou bien autre chose, etc.

Il appréhende, autant qu’il les déteste et est fasciné par eux, l’Anglais et l’Allemand. La premier a trop d’opiniâtreté dans son caractère, le second trop de cohérence dans sa fiabilité. Cela fait deux qualités fortes que le Français ne peut que vouloir démolir, par souci de maintenir avant tout ce qu’il considère comme de l’esprit.

L’esprit avant toute chose est sa devise et, prolongeant Descartes, il refuse d’aller trop profondément au fond des choses, ne voulant pas risquer de ne pas pouvoir envoyer tout balader, d’un coup, dans un acte de panache étant la marque du grand esprit.

Le Français est ainsi parfaitement commode et il se considère même comme le seul réellement vivable au monde. Comment peut-on être Kényan, Indien ou Suédois ? La vie n’est heureuse que si l’on est français ! Seuls les peuples latins échappent à son regard sourcilleux sur les mœurs des autres pays du monde qui, par ailleurs, selon lui, devraient tous savoir parler français.

Il est donc plaisant, agréable, jamais hostile ; il sait se tenir. C’est toute une philosophie de la vie : chaque Français sait qu’il est en quelque sorte un représentant commercial de Chanel, Dior, Louis Vuitton, Longchamp et Hermès. Il sait donc mimer les bonnes manières, en toutes situations, ou au moins faire que cela ressemble à cela. Tel est l’avantage de son image que peu importe la manière dont il se comporte, on se dit que cela relève d’un certain sens de la correction.

Pour garder toute cette constance, le Français sait être railleur à l’occasion, en quoi il révèle un côté franchement mauvais, mesquin, tenace dans son fiel. Malheur à qui par trop raisonne, malheur à qui penche vers ce mot ignoble, haï par lui : sys-té-ma-tique. Car l’enfer, pour lui, c’est le bout des choses.

Cela n’arrive pas souvent, heureusement, et le Français sait surtout être routinier : un peu de politique et d’aventure dans la jeunesse, rien de tout cela celle-ci passée. Beaucoup de bière au départ de la vie, un peu de vin à son arrivée ; la quête de grandes choses pour soi à l’initial, puis finalement les petits riens sont si plaisants quand même.

Le Français, et c’est là selon lui une de ses grandes qualités, est un adepte du consensus avant tout, y compris avec lui-même. Toute forme pondérée apparaît lui correspondre et se présente à lui comme une véritable sagesse, bien loin du bouddhiste vietnamien, du bolchevik russe, du hippie américain ou du marabout d’Afrique noire. Car le Français procède vite à la caricature quand il parle de l’Orient, et pour lui l’Orient, c’est tout ce qui entoure la France, c’est tout qui n’est, non pas français, mais pas encore français.

Selon lui, tout le monde sait, même sans vouloir l’assumer. Tout le monde veut aller en France, tout le monde rêverait d’être français. Et, parfois, dans le brouhaha d’une fin de soirée, dans des rues fortement éclairées après un repas copieux, le Français regrette lui-même de ne pas pouvoir faire cette chose si grande, si forte, si unique : devenir français. Qui sait ? Après tout, Napoléon ne disait-il pas qu’impossible n’est pas français ?