Panne des numéros d’urgences: des monopoles en décadence

La panne des numéros d’urgence de début juin 2021 reflète un capitalisme parasitaire.

En raison d’une défaillance de la part du monopole Orange, la plupart des appels vers des numéros d’urgence (15/17/18/112) ont échoué une partie du mercredi 2 juin 2021, d’environ 16h45 à minuit, dans pratiquement tout le pays. C’est naturellement quelque chose de très grave, puisque l’accès aux urgences est capital dans la vie quotidienne. Des gens sont d’ailleurs morts. Et les réactions sont de deux types et reflètent la position quant au capitalisme.

Ceux qui croient en le capitalisme disent qu’une telle chose peut arriver, que cela est dû à la complexité des nouveaux moyens technologiques. Au pire s’agit-il d’une attaque due à des hackers, très vraisemblablement russes. Ce point de vue est porté par ceux qui pensent le capitalisme invincible, qui pensent que les entreprises sont ce qu’elles sont, qu’elles ne magouillent pas, qu’elles portent vraiment ce qui fait avancer la société.

Ceux qui n’y croient pas considèrent qu’Orange n’a pas mis les moyens, que les cadres sont dépassés, alors que de toutes façons l’état d’esprit des travailleurs est lamentable, sans parler des multiples sous-traitances. Alors que les PTT ou France Telecom n’avaient dans le passé jamais connu un tel plantage, Orange échoue, montrant qu’on est dans une vraie décadence.

Cela montre que l’époque polarise et c’est une bonne chose. Cependant, on s’en doute malheureusement, la critique de cette décadence est malheureusement souvent portée par des gens de droite proposant comme solution la nostalgie des années 1960. Au lieu d’avoir une offensive de la Gauche pour accuser les monopoles de dilapider les forces sociales collectives, on a une Droite romantique utilisant l’argument du « c’était mieux avant ».

C’est une véritable démonstration de l’existence de trois camps :

– les libéraux ;

– la Droite regrettant une puissance française maîtrisée ;

– la Gauche qui entend dépasser la situation en faisant que le peuple prenne le contrôle de l’économie.

Et c’est une démonstration qu’en fait, la Gauche est terriblement faible, voire inexistante, que les libéraux prédominent mais font face à une Droite grandissant à travers la décadence capitaliste. On est en train de connaître le même drame que dans les années 1930. Le capitalisme pourrit sur pied et la Gauche, pourrie par le libéralisme « moderne » (LGBTIQ+, migrants, etc.), se fait déborder par la Réaction portée par la Droite.

On remarquera d’ailleurs que cet incident – une erreur dans la maintenance selon l’État, une défaillance logicielle selon Orange – se produit alors que l’État cherche à mettre en place un numéro unique pour les urgences (le 112, d’ailleurs valable en Europe entière, comme équivalent du 911 américain). Cela renforce le caractère décadent de la situation. Au lieu d’être à la pointe de la modernité, on est dans le plantage généralisé.

C’est comme tout : le niveau s’effondre, absolument partout, et pourtant les gens pensent encore bien faire, voire même mieux faire. Et c’est paradoxal : en tant que travailleurs les gens pensent encore être au niveau, en tant que consommateurs ils s’en moquent, mais s’ils font un effort intellectuel, ils voient que tout est catastrophique, depuis les lumpens livrant les repas à scooter ou en vélo jusqu’aux catastrophiques installations d’internet chez les particuliers.

Si les travailleurs assument la conscience, la critique de la décadence sera démocratique… sinon, elle sera portée par les réactionnaires. C’est cela, le véritable enjeu de notre époque.

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