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Crise chez les post-modernes : démission à l’UCL

Exactement comme prévu.

Ce qui devait arriver arriva : la naissance d’une organisation anarchiste de type post-moderne, littéralement post-anarchiste, a produit une fuite en avant petite-bourgeoise délirante humainement parlant. En lieu et place des valeurs, des principes et de l’organisation, cela a été le libre-cours aux invectives subjectives, aux points de vue individuels accusateurs. D’où la démission de nombreux membres de l’Union Communiste Libertaire, dont voici le texte de sortie.

La naissance de cette organisation en 2019 avait été abordé ici (La fusion entre Alternative Libertaire et la Coordination des Groupes Anarchistes). Il y était dit que cela donnerait pas une organisation solide, que :

« La fusion est un saut pour encore davantage abandonner les principes de la Gauche dans son parcours historique (…). C’est en réalité une simple mutation de plus, dans le sens de l’esprit post-industriel, post-moderne (…).

L’Union Communiste Libertaire, qui vient de naître ce 11 juin, est ainsi une fuite en avant, qui ne peut être soutenue que par ceux qui sont trop heureux de liquider les expériences passées sans tirer un quelconque bilan. Il n’y a aucun esprit critique qui est fait, c’est encore et toujours le principe de « s’unir » dans quelque chose de « nouveau » et de prétendre que cela serait une solution à tous les problèmes.

C’est le refus catégorique d’assumer quoi que ce soit politiquement, d’établir des bilans, des analyses de fond quant à l’histoire et à la culture de la France, d’évaluer les succès (ou non) des luttes, des méthodes employées, etc. C’est le refus de ce qui a été la social-démocratie historiquement.

La naissance d’un groupe ultra « nouveau » ne changera rien, car il existe déjà bien d’autres groupes du même genre. Mais cela contribuera à la confusion et des esprits se feront piéger, par incapacité de voir que c’est de la camelote anarchiste d’avant le siècle dernier, une attitude anti-socialiste, anti-communiste, anti-rationalité. »

Il suffit de lire le texte de démission pour voir que cette analyse était parfaitement juste. Et que, en même temps, la position des démissionnaires est intenable parce qu’elle parle de motifs politiques sans jamais en conclure quelque chose de politique justement.

Voici leur texte :

« Nous quittons l’UCL pour des motifs politiques

Militantes et militants communistes libertaires depuis des années, plus de quarante ans pour certain.es, nous avons assisté à une transformation profonde de notre organisation, ce qui aurait pu nous convenir. Mais l’Union Communiste Libertaire (UCL), créée il y a deux ans, met à mal les relations humaines qui s’y nouent, adopte un fonctionnement qui ne recherche ni le respect de ses textes fondateurs, ni celui de ses valeurs et ne favorise pas la solidarité militante.

Le communisme libertaire est un ensemble de pratiques qui définit ce que nous prônons politiquement et de valeurs porteuses d’un projet révolutionnaire.

Son combat est de lutter contre toute domination d’un être humain sur un autre, pour construire une société solidaire. Notre courant s’incarne dans la volonté d’ancrer nos combats coordonnés dans le réel, dans le refus du dogmatisme et du sectarisme et dans la recherche de nouvelles voies de transformation sociale.

1) Les orientations

Le plate-formisme, à l’origine fondé pour tirer les conséquences de l’échec total des mouvements anarchistes pendant la révolution russe, est indispensable en ces mauvais temps.

A l’abandon au 1er congrès de l’UCL de cette orientation, s’est ajouté un sectarisme « novateur » dans notre courant. Comme si la révolution pouvait ne dépendre que des seuls anarchistes ! L’organisation n’est donc plus un outil collectif, elle est devenue une fin en soi. Ces éléments marquent selon nous définitivement la rupture de l’UCL avec toute perspective révolutionnaire.

A l’UCL aujourd’hui, la lutte de classes est systématiquement opposée à « l’intersectionnalité », alors que pour nous toutes les luttes doivent être articulées ensemble.

Les postures radicales, ou plus exactement des discours prétendument radicaux, ne remplacent pas les engagements concrets en lien direct avec les classes populaires qu’ils soient associatifs, syndicaux, politiques, ancrés dans les quartiers, les villes et les campagnes. Cela se complète avec une incapacité d’écoute et d’empathie qui contrarie notre implication sociale ; au contraire, l’utilisation d’un langage élitiste ne peut que renforcer la domination sur celles et ceux qui ne le maîtrisent pas.

L’UCL nie, de fait, que tous les prolétaires ont matériellement intérêt à combattre ensemble le sexisme et le racisme, et que c’est sur cette base que nous pouvons construire des luttes sociales articulant les luttes contre toutes les formes de discrimination et pour leurs revendications communes.

Quant à la critique de toutes les religions, incarnée depuis toujours par le mouvement libertaire, elle est devenue tabou et donne même lieu à des accusations de racisme lorsqu’elle est proposée, alors que le Manifeste de l’UCL rappelle son engagement à défendre « un projet de société libéré de l’aliénation religieuse ». Même si la liberté de croire ou non doit être défendue, les libertaires se sont toujours dressé.es contre toutes les formes d’oppression religieuse, notamment chrétiennes, juives et musulmanes.

Concernant « l’islamophobie », dont nous nous ne sommes pas dupes, cela ne doit toutefois pas conduire à exclure toute réflexion critique quand l’islam politique est au pouvoir dans certains pays ou qu’il menace les droits et les libertés dans le monde ou ici.

2) Le fonctionnement

L’évolution de l’UCL met à mal le projet communiste-libertaire.

Cette organisation a accepté le principe d’une communication interne violente où le débat n’est plus nourri par des points de vue politiques mais s’exprime par anathèmes à partir d’une essentialisation des militant.es. Ainsi, ce n’est plus tant ce qui est argumenté que la personne qui parle, définie par la couleur de sa peau, son âge, son genre, etc. Or les personnes doivent être reconnues dans leurs propos et leurs actes, et non par la liste des dominations vécues. Quant aux vécus et aux ressentis, s’ils ont une place, ils ne justifient pas l’imposition d’une ligne politique.

Nous ne sommes pas responsables de qui nous sommes, uniquement de l’impérieuse nécessité d’interroger de quoi nous sommes porteurs ou porteuses et d’entrer par là même en transformation. Et selon nous, l’organisation a vocation à accompagner ses membres dans ce processus intime et politique.

A l’inverse, dans l’UCL s’expriment dorénavant surtout celles et ceux qui sont maîtres du temps et adeptes des faux procès, les autres n’ayant comme choix que de subir l’opprobre public, de s’autocensurer ou de se taire.

Des accusations sans fondement de racisme ou d’antisémitisme, de sexisme, de complicité de la culture du viol, de transphobie, de validisme, de putophobie, etc. sont proférées sans arguments, ni clefs de compréhension. Il est pourtant évident que si celles-ci étaient fondées, des procédures d’exclusion auraient été mises en œuvre.

Ces propos accusateurs, qui ont pu s’exprimer au dernier congrès, sont sans doute minoritaires ; ils camouflent en réalité des divergences politiques. Et la majorité laisse dire.

Au sein de l’organisation, les liens humains sont donc abîmés. Et le 1er congrès a illustré ce malaise relationnel entre les militant.es, devenus incapables ne serait-ce que de boire un coup ensemble après un moment de confrontation politique.

3) L’absence d’élaboration

Les positions politiques sont caricaturées et stigmatisées, la complexité du réel déniée. Et la pratique, certes longue et difficile, de l’élaboration collective et de la confrontation politique n’est plus une réalité. La richesse de la réflexion et la recherche de sens sont passées à la trappe !

A l’image des likes et insultes des réseaux sociaux, le congrès a brillé par sa pauvreté intellectuelle, dans le prolongement d’un fonctionnement où l’entre-soi est privilégié.

Les commissions ne produisent au final que peu de réflexions.

Seul l’antipatriarcat « post-moderniste » semble avoir le vent en poupe et constitue de fait un bureau politique qui ne dit pas son nom, minorant ainsi la parole des militantes qui portent une approche et une méthodologie autres. Le genre est en effet devenu le prisme de tout échange. Les camarades hommes hétérosexuels sont, notamment, soumis à une critique permanente du simple fait de ce qu’ils sont, quel que soit leur engagement concret dans la lutte pour l’égalité des droits, y compris dans leur vie quotidienne.

La réflexion de l’UCL est donc devenue médiocre et réductrice, éloignée de la complexité des classes populaires, son action bien peu mise en œuvre, le travail avec d’autres organisations le plus souvent fustigé, et le débat interne empêché et perverti.

4) Crise à l’UCL

Si notre projet est encore largement utopique parce que la société capitaliste y fait obstacle, notre réflexion et nos pratiques doivent maintenir l’exigence d’une solidarité respectueuse de toutes et tous. Et si le combat libertaire est indispensable dans cette société où l’oppression de classe est centrale, c’est essentiellement au nom de son identité qu’il subit la répression.

De très nombreux et nombreuses camarades ont déjà quitté l’organisation, choqué.es de sa violence interne et de sa dérive politique – sans que cela ne soit toutefois interrogé par ses mandaté.es qui répondent par le déni aux demandes d’explication. Loin de s’être concrétisée, la recherche du « changement d’échelle » ayant conduit à la fusion AL-CGA est déjà un gâchis conséquent.

Car l’UCL ne conçoit plus la remise en questions, alors que celle-ci illustre la spécificité libertaire de notre engagement. C’est à ce titre que notre démission collective de l’organisation rencontrera certainement le mépris de celles et ceux qui en sont les fossoyeurs.

Nous continuerons donc à militer dans d’autres cadres, avec celles et ceux qui restent nos camarades.

Car il est un temps où la cohérence politique conduit à la rupture. Ce temps est devenu le nôtre.

Signataires

Albert (ex UCL 93 centre), Basile (ex UCL 93 centre), Cécile (ex UCL GPS), Cédric (ex UCL Allier), Clo (ex UCL 93 centre), Daniel (ex UCL Aveyron), Edouard (ex UCL Nîmes), Émilie (ex UCL Nîmes), Erwan (ex UCL Lorient), Evelyne (ex UCL Amiens), Gémy (ex UCL 93 Centre), Grégoire (ex UCL Orléans), Guillaume B (ex UCL Orléans), Jacques Dubart (ex UCL Nantes), Jean-André (ex UCL Aveyron), Jean-Michel (ex UCL Amiens), Jérôme (ex UCL Montreuil), Laeti (ex UCL Nantes), Laurent (ex UCL 93 centre), Matthias (ex UCL Orléans), Max (ex UCL St Denis), Nico (ex UCL Thionville), Noël (ex UCL Melun), Nunu (ex UCL Aveyron), Olivier (ex UCL 93 centre), Paul (ex UCL liaison Toulouse), Quentin (ex UCL Orléans), Rémi (ex UCL Lorient), Rémi (ex UCL Orléans), Rodolphe (ex UCL liaison Toulouse), Sébastien (ex UCL Nantes), Valentin (ex UCL Nîmes), Xavière (ex UCL 93 centre)« 

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Politique

Journalistes, ultra-gauche et teufeurs manifestent contre les mesures sanitaires

24 personnes arrêtées à Paris, 7 à Lyon, 3 à Nantes et 75 personnes en tout dans le pays. Tel est le bilan des manifestations de milliers de petits-bourgeois, au moins 34 000, qui n’ont rien de mieux à faire en plein rebond de la crise sanitaire que de manifester contre l’État et s’en prendre à la police.

Les manifestations du samedi 16 janvier 2021, qui ont eut lieu dans plusieurs dizaines de villes françaises, étaient appelées par une constellation d’associations de journalistes ou de critiques des médias, auxquelles s’est greffée l’ultra-gauche ainsi que toute une partie du milieu de la musique électronique, particulièrement de la scène des free parties.

La loi « sécurité globale » n’était qu’un prétexte et il fût assumé ouvertement par les manifestants de dénoncer surtout les mesures sanitaires en cours. Les mots d’ordre, les slogans, les pancartes, ne font aucun doute sur la motivation de ces gens, dont l’obsession est de rejeter toute mesure collective, tout engagement collectif, tout effort collectif.

À Paris, les manifestants scandaient : « État d’urgence, État policier, on nous empêchera pas de manifester ! », alors qu’auparavant des camions sono avaient tenté d’organiser une sorte de rave party en accompagnement de la manifestation. À Nantes, Strasbourg ou à Lille, la présence des teufeurs était massive au seins des rassemblements, avec cette même dénonciation sidérante des interdictions de « faire la fête » dues au contexte sanitaire.

D’ailleurs, il y avait parmi les mots d’ordre, partout en France, la défense des organisateurs de la free partie s’étant déroulée en île-et-Vilaine le 31 décembre. Cela paraît incroyable, tellement un tel événement est indéfendable, absolument anti-populaire, violemment anti-social. Mais ces gens ne s’en rendent pas compte, car ils vivent dans une bulle, totalement coupés du peuple et de la réalité concrète et quotidienne de la population française.

Ce qui compterait selon eux serait de défendre des « libertés », car ils s’imaginent que l’État profiterait de la situation sanitaire pour aller contre la population. Cela n’a aucun sens puisqu’en réalité l’État est totalement dépassé et est incapable d’aller au bout des exigences populaires justement. Ce qu’il faut, c’est au moins un confinement strict, avec des restrictions drastiques et une surveillance massive de la population, particulièrement en ce qui concerne la circulation des gens.

Tout cela n’existe pas, car le capitalisme est la norme et en l’occurrence le capitalisme exige des individus atomisés et qui soient entravés le moins possibles en tant que consommateurs. L’État n’en fait pas assez contre le covid-19, et le peu de mesures restrictives qui sont prises le sont seulement car il y a une pression populaire exigeant que des choses soient faites.

Si les capitalistes faisaient entièrement ce qu’ils voulaient, ils feraient comme aux États-Unis ou en Suède. C’est ce que veulent finalement les petits-bourgeois festifs à la française.

Être à Gauche, c’est au contraire assumer qu’il faudrait un État à la hauteur, avec des mesures de grande ampleur pour faire face à l’immense crise sanitaire. C’est là allez dans le sens de la démocratie, avec comme boussole l’intérêt collectif, porté par les classes populaires.

Au contraire, les dizaines de milliers de personnes qui ont manifestées ce samedi 16 janvier 2021 sont des ennemis jurés de la Gauche, de la Gauche authentique, celle du mouvement ouvrier, car ils sont des ennemis de la collectivité.

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Société

L’émetteur des Cars incendié par le « Comité pour l’abolition de la 5G et de son monde »

L’action relève d’un anarchisme individualiste typiquement français.

L’émetteur des Cars dans le Limousin culmine à 230 mètres ; accompagnée d’une tour hertzienne de 44 mètres, son rôle est de permettre la diffusion de la TNT, des radios FM et de la téléphonie mobile à 1,5 million de personnes de la région. Il a été incendié le 11 janvier 2021 par un « Comité pour l’abolition de la 5G et de son monde » venant d’envoyer un communiqué au style halluciné.

Ce style n’est cependant pas surprenant, puisqu’il relève de toute une idéologie anarchiste individualiste réactivée dans les années 2010 et multipliant les petites actions clandestines, notamment des dizaines et des dizaines d’attaques contre les antennes-relais. L’individualisme y voit en effet tout ce qui lui déplaît : la technologie, les grands projets décidés de manière centrale, la dimension collective.

Il y a toute une esthétique très sombre, avec une mentalité petite-bourgeoise combinant catastrophisme paniqué devant tout ce qui est collectif et amènerait la fin du monde, avec un culte de la conspiration construite par la « propagande par le fait ».

Un exemple typique d’esthétique d’ultra-gauche anarchiste individualiste

C’est là un tournant assez important sur le plan des idées. Il y a eu en effet à la fin des années 1990 et au début des années 2000 une vague de contestation, dont l’ouvrage à succès L’insurrection qui vient fut l’expression. Cela donna une mouvance contestataire de plusieurs milliers de personnes, vivant en marge de la société de manière relativement invisible et finalement décapitée par l’arrestation en 2008 de multiples personnes à Tarnac (qui s’empressèrent de refuser de politiser l’affaire et mirent fin à l’aventure). Or, si on est là dans un anarchisme rêvant du grand soir et cherchant à vivre en communautés séparées dans la société, il y avait aussi une grande influence de l’autonomie italienne des années 1970, avec un certain état d’esprit communiste, une volonté de former un mouvement général subversif, etc.

On n’a désormais plus rien de tout cela dans une mouvance assumant entièrement l’anarchisme individualiste en reprenant toute la tradition française petite-bourgeoise du début du XIXe siècle. C’est une vraie scène, avec un véritable écho, avec des médias très bien faits et des blogs artisanaux, tels Nantes révolté, Dijoncter, Paris Luttes infos, NumérO zérO (de Saint-Etienne), Rebellyon, IAATA (de Toulouse), Expansive (de Rennes), CRIC (de Grenoble), la rotative (de Tours), Sans nom, Non fides, etc.

Dans un pays riche avec une petite-bourgeoisie très importante, l’existence d’une telle vaste scène n’étonnera nullement. L’anticommunisme y est acharné, le rejet de la Gauche historique absolu et naturellement toute cette mouvance est en première ligne pour « la marche des libertés » du 16 janvier 2021. Les discours sont ouvertement anti-rationnels, paranoïaque anti-étatique et anti-collectiviste, le communiqué contre l’émetteur des Cars étant tout à fait classique du genre.

lundi 11 janvier 2021
Opération « voix du vent et chants d’oiseaux »

Le Comité pour l’abolition de la 5G et son monde (CLA5GSM) existe depuis très longtemps

peut-être depuis toujours

les mouvements que nous avons fondés au fil des siècles ont arboré différents noms et différentes leadeures, mais toutes s’inscrivaient d’une manière ou d’une autre dans notre guerre contre la 5G.

c’est seulement aujourd’hui que nous dévoilons notre existence, dissimulées derrière de frêles masques, parce que le danger est à notre porte

malgré notre grand âge et notre connaissance de certains secrets, nous ne sommes pas puissantes,

nous ne sommes qu’une poignée, pourchassées, terrifiées, mais nous vaincrons malgré notre faiblesse

le Comité pour l’abolition de la 5G et son monde (CLA5GSM) postule 5 principes fondamentaux :

1) jamais l’iphone ne réjouira l’humanité

2) nous ne nous déplacerons jamais plus vite que la lumière

3) la vie est probablement un phénomène tout à fait anodin

4) la race humaine vivra et mourra sur ce rocher

5) cette destinée nous convient

rejoignez-nous

inutile de nous chercher : nous vous trouverons

vous mettrez un pied dehors le matin et tomberez sur un petit oiseau qui vous dévisagera depuis les branches tremblotantes d’un arbre secoué par la rigueur de l’hiver 2021

ou bien

vous verrez un rideau de pluie venir à votre rencontre depuis le bout de votre rue

ou bien

des brins d’herbes germeront d’une fissure dans le ciment de votre façade

vous comprendrez

et par un processus aussi mystérieux et dénué de sens que la course des étoiles, vous aurez été invité à rejoindre les rangs du Comité pour l’abolition de la 5G et son monde (CLA5GSM)

Les propos tenus dans ce communiqué puisent résolument dans les discours spiritualistes français des années 1930, avec le rejet de la technologie et de la technique, avec le questionnement tourmenté sur le sens de l’existence, avec l’envie de trouver un sens à la vie, etc. On doit clairement assimiler cela au fascisme, surtout dans une période de crise.

Les franges les plus en panique de la petite-bourgeoisie s’agitent sans commune mesure, afin de trouver une « troisième » voie entre capitalisme et socialisme. Les actions spectaculaires visent à happer les énergies dans le sens des lubies d’une petite-bourgeoisie cherchant à stopper la roue de l’Histoire.

Un aspect très intéressant de cette question se retrouve à ce titre à la lecture des communiqués des actions clandestines pro-animaux diffusés par le site international Bite back. L’anarchisme individualiste a cherché à s’approprier cette démarche, s’imaginant que cela correspondait à son idéologie de l’action directe. Les communiqués des actions françaises sont ainsi très différents selon que cela relève d’un anarchisme individualiste poétique et prenant les animaux comme prétexte ou bien que cela relève d’une vraie dynamique historique comme celle de l’ALF.

L’anarchisme individualiste cherche à dévier dans un sens petit-bourgeois les luttes réelles et l’action contre l’émetteur des Cars relève de cette logique du spectaculaire pour tromper les esprits, pour les détourner de la lutte des classes et de l’analyse rationnelle des valeurs.

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Culture

Le détestable appel «CULTURE 4 LIBERTY»

L’appel « CULTURE 4 LIBERTY » a un écho dans les milieux de la culture se voulant alternative en France, principalement ceux liés à la musiques électronique et aux grandes villes. C’est en apparence ce qui se fait de mieux contre la Droite. C’est en apparence ce qu’il y a de plus progressiste, de plus à Gauche.

En réalité, c’est là du libéralisme libertaire, produit par les milieux petits-bourgeois d’entrepreneurs de la culture et les milieux LGBT, à travers une Union des Collectifs Festifs LBGTQ+ et un Syndicat des organisateurs cultures libres et engagés (SOCLE).

Pour eux, la crise sanitaire n’existe pas, tout ce qui compte est de continuer à faire la fête comme avant, avec une attitude typique d’enfants gâtés par la société de consommation, avec l’habituel discours existentialiste :

« Devant la peur politisée de la mort qui a convaincu les citoyen.ne.s d’abandonner leurs libertés naturelles et d’accepter la construction progressive d’une « sécurocratie », nous opposons notre amour intangible à la vie et un attachement sans faille à nos libertés. »

Plus capitaliste que ça, tu meurs ! C’est une rébellion contre la collectivité et contre le moindre collectivisme. C’est on ne peut plus typique de cette attitude détestable qui pollue la Gauche et les milieux culturels se voulant alternatifs.

Voici l’appel :

CULTURE 4 LIBERTY

APPEL AU RASSEMBLEMENT POUR LA CULTURE DANS LE CADRE DE LA MANIFESTATION CONTRE LA LOI DE SÉCURITÉ GLOBALE
SAMEDI 16 JANVIER 2021

La crise sanitaire sans précédent que nous traversons a fait entrer le monde dans un point de bascule. Jamais auparavant nous n’avions traversé une période aussi propice pour établir un état des lieux de notre société et du système qui la gouverne, afin d’en améliorer ou d’en réorienter les aspects parfois néfastes et destructeurs. Malheureusement nous constatons avec une inquiétude grandissante que les gouvernements utilisent cette crise pour nous plonger dans des systèmes de plus en plus autoritaires gouvernés par la peur, pour saper nos démocraties en annihilant nos libertés, nos droits fondamentaux, Le secteur de la culture et en renforçant l’autorité de l’Etat en élargissant le champ du pouvoir exécutif tout en outrepassant le parlement et en restreignant le pouvoir judiciaire au sein d’un état d’urgence devenu permanent. Les projet de lois « Sécurité Globale » et « de gestion pérenne des urgences sanitaires » en sont les plus récentes illustrations.

Après les rassemblements contre la fermeture prolongée des lieux de culture du 15 décembre réunissant des milliers de personnes, nous appelons les acteur.trice.s du monde de la culture à organiser des assemblées citoyennes le samedi 16 janvier à 13h, sur la Place de la République à Paris et sur les places symboliques de France.
Nous vous invitons à entamer un processus de réflexion sur l’état de la culture, des libertés et à penser ensemble l’avenir de notre démocratie.

Les deux reports successifs de l’ouverture des lieux culturels malgré la reconnaissance par le Conseil d’Etat que cette décision « porte bien une atteinte grave à une série de libertés fondamentales » a été un ultime coup de grâce . Nos espoirs de lever le rideau se sont retrouvés anéantis du fait d’une décision gouvernementale prise sans concertation avec les acteur.trice.s clés de la culture. Cette annonce aggrave l’état d’un secteur déjà lourdement fragilisé par plusieurs mois d’inactivité et est tombé comme une sentence de condamnation pour celleux de ses acteurs.trices qui ne pourront compenser leurs pertes à défaut de mesures gouvernementales leur permettant de reprendre leurs activités.

La crise va s’inscrire dans le temps. Il est urgent de trouver une solution juste, pérenne et concertée pour la culture.

Nous, professionnel.le.s de la culture, demandons la réouverture immédiate des lieux culturels!

Nous sommes des éléments fondamentaux d’écosystèmes territoriaux qui vivent grâce à l’activité que nous créons. Notre secteur, qui représente 2,5% du PIB français et environ un millions d’emplois directs et indirects, est aujourd’hui à l’arrêt. Les travailleur.euse.s de la culture vivent dans une incertitude insoutenable, suspendu.e.s à l’annonce d’une décision de réouverture repoussée à des dates hypothétiques. Les annonces prématurées du gouvernement ont mené les théâtres et les cinémas à engager des frais de répétitions, de promotion, d’achat de films, qui sont irrécupérables. La gestion incohérente et arbitraire de cette crise est vécue comme un affront par les professionnel.le.s du secteur.

En ayant désigné de façon partiale nos œuvres et créations comme « produits non essentiels », les autorités gouvernementales ont réduit la culture avec un mépris sans pareil à un produit de consommation dont la société doit se passer en temps de « crise sanitaire ». La privation d’activité qui nous est imposée est en train de tuer la culture à petit feu, et quand les œuvres meurent, le peuple meurt avec elles. Notre sentiment d’injustice augmente quotidiennement à la vue des métros bondés, des foules poussées à s’agglutiner dans les grands magasins et nous comprenons avec amertume que ces choix sont bien politiques plutôt que scientifiques lorsque nous voyons des messes de 800 personnes autorisées à avoir lieu quand les cinémas, les musées, les théâtres restent fermés malgré leur aménagement adéquat pour accueillir des jauges restreintes et appliquer des protocoles sanitaires strictes.

La vie culturelle doit reprendre !

Au moment où la crise économique s’annonce dramatique, les décisions gouvernementales poussent, malgré nos mises en garde continues, l’ensemble des professionnel.le.s dans la précarité. Environ 700 clubs ont déjà mis la clef sous la porte et plus d’un tiers sont menacés. L’ interdiction depuis bientôt un an des concerts, des clubs, des soirées alternatives pousse tout le secteur de la musique indépendante dans une grande souffrance économique et ce sont une nouvelle fois les artistes les premiers à en pâtir. Le manque de sociabilité et la fermeture des lieux dédiés rend la jeunesse, plus encore les minorités sexuelles et de genre, d’autant plus vulnérable à l’isolement social et provoque une augmentation sans précédent des violences physiques et verbales subies par les jeunes LGBTQI+ dans le cadre familial. Les cinémas n’ont vu affluer en 2020 qu’environ 30% de la fréquentation annuelle moyenne à tel point que l’on s’interroge sur leur survie et leur capacité de concurrencer les plates-formes numériques, les exploitant.e.s de salles de théâtre et de concert étouffés par les charges fixes n’arrivent plus à assumer les loyers et ont due fermer des salles qui ne rouvriront jamais. Beaucoup d’artistes, d’auteur.trice.s et d’acteur.trice.s du secteur sans statut ne reçoivent pas d’aide et nombre d’entre eux.elles sans revenus depuis plusieurs mois se trouvent aux portes de la pauvreté ! La perte économique pour l’ensemble des festivals annulés s’estime entre 4 et 5 milliards d’euros et dans notre secteur composé à 80% d’indépendant.e.s plus de la moitié des acteur.trice.s de la culture risquent la faillite !

Le 8 septembre dernier, la Cour de Justice Européenne a acté une décision en faveur des Etats-Unis qui priverait la production indépendante française ( via les organismes de gestion des droits d’auteurs Spedida, SCPP, SPPF, FCM ou Adami) de financements indispensables à sa survie et imposerait le remboursement de 140 millions d’euros d’aides. Cet argent, qui ne sera évidemment pas redistribué aux artistes américains ira tout droit dans la poche des GAFAM et autres grands groupes de production.

Par cette décision, la cour de justice européenne a signé l’arrêt de mort des « petites productions » et labels indépendants dans l’indifférence la plus totale de nos autorités.

Cette mise en péril dramatique du secteur culturel a été entamée dès les premiers jours du confinement de mars. La musique s’est depuis soudainement éteinte et nous observons avec inquiétude que nos libertés individuelles, notre liberté d’expression, nos droits fondamentaux, notre art de vivre qui constituent le socle de notre démocratie sont sur le point de s’éteindre.

Nous, ces millions de femmes et d’hommes, artistes, actrices et acteurs de la culture sommes rongé.e.s par l’angoisse de l’incertitude. Regardant chaque jour la précarité se rapprocher du rideau de nos scènes vides, nous répondons qu’en ces temps de crise nos créations sont indispensables et sont l’essence même de notre société. Nos arts soignent, nourrissent, élèvent, enseignent et en sont le ciment.

« Sans les cultures de la nuit, les théâtres, les opéras, les bals, les boites, les clubs où l’on s’élève comme nul par ailleurs, où l’on socialise sans entrave, où l’on se libère, apprend à se connaitre, la société fait bien plus que perdre sa soupape, elle se dégrade, se détraque. » (Manifesto XXI)

Nous refusons de laisser sombrer la culture face aux inconséquences des gouvernements successifs d’Emmanuel Macron. La gestion de cette crise sanitaire s’avère toujours plus incompétente et aggrave une situation économique déjà profondément fragilisée. Ne laissons pas mourir toute la force créatrice de notre génération sans réagir. Mobilisons-nous !
Plus que jamais, le monde de la culture doit prendre ses responsabilités et mettre au service des libertés toute sa créativité.

Nous lançons un appel à tou.te.s les artistes, les producteur.trice.s et diffuseur.se.s culturels, les organisateur.trice.s de soirées, les troupes de danse et de théâtre, au monde de la culture, aux intellectuel.le.s, aux étudiant.e.s, à tou.te.s les garant.e.s des libertés pour une mobilisation massive et continue sur les places de France et sur les réseaux sociaux afin de repenser et réinventer ensemble les fondements de notre société.

Devant la peur politisée de la mort qui a convaincu les citoyen.ne.s d’abandonner leurs libertés naturelles et d’accepter la construction progressive d’une « sécurocratie », nous opposons notre amour intangible à la vie et un attachement sans faille à nos libertés.

Face au scénario dystopique que les autorités imposent comme unique récit de notre futur où des drones surveilleront les grèves et mobilisations sociales, où nos visages seront en permanence surveillés, fichés, classés par des algorithmes, où des policier.e.s en dehors de leur service pourront pénétrer armés dans nos musées, dans nos lycées, dans nos fêtes, où l’on risquera trois ans d‘emprisonnement pour avoir occupé une université, où des passeports sanitaires seront la condition de nos déplacements et voyages, où nos procès virtualisés seront déshumanisés. Un monde où l’état s’immisce étroitement dans nos quotidiens, décide de ce qui est bon que nous fassions : dormir, déposer les enfants à l’école, travailler, se nourrir, faire nos achats de noël et nous interdit de fréquenter des cafés, de manger au restaurant, d’aller au musée, au cinéma, au théatre, dans un concert, de vivre une vie étudiante, de se rassembler pour faire la fête, de fêter le nouvel an. Un monde « parfait » où le « gestionnnariat » arbitraire gouverne des humains parfaitement déshumanisés.

Face à ce scénario qui s’écrit sous nos yeux , opposons ensemble une multitude d’imaginaires optimistes émanant de la pluralité de nos pensées, de la diversité de nos corps et du champ de nos émotions libérées.

Face à ce qui s’apparente à une attaque sans précédent contre la démocratie.

A L’appel de l’union des collectifs festifs LGBTQ+ : artistes, créateur.trice.s, danseur.euse.s, musicien.ne.s, intermittent.e.s, technicien.ne.s, producteur.trice.s de soirées, de spectacles, de festivals, de Soundsystem, collectifs de soirées LGBTQI+ et tou.te.s les professionnel.le.s de la culture, faisons de l’art le vecteur de la contestation sociale et politique, par ses contenus et ses formes.
Faisons de cette journée citoyenne une libération de la créativité de tou.te.s au service d’un soulèvement des consciences. Utilisons nos savoirs, nos techniques et nos compétences fédératrices pour libérer la parole que les confinements et couvre-feux ont mis en sourdine. Libérons les débats à tous les étages de la société, et faisons de la créativité notre arme essentielle. Imaginons et esquissons les lignes du monde dans lequel nous voulons vivre et construisons les remparts contre les attaques menées contre les libertés.

Libérons la culture, Défendons nos libertés !

Liste de revendications :
https://docs.google.com/document/d/e/2PACX-1vTCT3EPdqg8wR1FbYkFzLJTSOGdcCS3QwzA9mnt5MS9dYrvc5HPaYx00G8UWfEQRgHaTRW5QCeEWqJq/pub

#Culture4Liberty

L’Union des Collectifs Festifs LBGTQ+
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Le Socle
https://www.facebook.com/syndicatsocle

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Charlie Hebdo criminalise l’Union communiste libertaire

Un intolérable article de Charlie Hebdo relève de la criminalisation d’une organisation communiste libertaire.

Le 25 décembre 2020, l’Union Communiste Libertaire a pris publiquement position en réponse à un odieux article paru dans Charlie Hebdo. « Misère d’une chronique (quand Jean-Yves Camus veut s’en prendre à l’UCL) » répond à l’article « Black bloc : sous les pavés, tout et n’importe quoi ». Cet article payant a été écrit par Jean-Yves Camus, un politologue ayant un certain écho à Gauche pour ses analyses sur l’extrême-Droite, alors que lui-même a tout de même la particularité d’être un fervent religieux (il s’est converti au judaïsme, une chose par ailleurs extrêmement difficile). La raison est qu’il y a vrai niveau intellectuel et que les informations sur l’extrême-Droite intéressant toujours. Mais c’est une dénonciation incroyable de populisme que Jean-Yves Camus a écrit dans Charlie Hebdo, au point qu’il est forcément nécessaire que celui-ci soit boycotté et même Charlie Hebdo devient de fait inacceptable.

Le fond de l’article de Jean-Yves Camus est intelligent et raisonnable. Parlant des « black block », il dit : ces gens n’existent pas politiquement, ils ne sont présents que dans les cortèges, pour le reste ils ne sont pas présents dans la société. Il reproche l’attitude de chercher la casse en tournant le dos aux gens, alors qu’il y a tellement à faire.. Tout cela est très bien et c’est le discours classique de la Gauche historiquement.

Cependant, Jean-Yves Camus va plus loin et assimile alors l’Union communiste libertaire aux casseurs et aux apprentis terroristes! Le tout dans une sorte d’amalgame totalement absurde et littéralement incroyable pour quelqu’un s’y connaissant aussi bien que lui. Voici ce qu’il dit :

« La plupart des groupes radicaux qui manifestent contre la loi « sécurité globale » se réclament du communisme libertaire (Union communiste libertaire ou UCL), du municipalisme libertaire ou de l’autonomie, et ceux qui ont étudié cette mouvance se souviennent du slogan « Autonomie et offensive ». Ce dernier terme dit assez que la radicalité ne peut s’accommoder des postures « pacifiques » (…).

Ceux qu’on nomme « casseurs » ne lancent pas un pavé dans une vitrine et n’attaquent pas les policiers avec des cocktails Molotov par jeu : ils le font pour déclencher l’étincelle qui mettra le feu à la plaine. Sauf que cette phrase signée Mao Zedong suppose que « les masses » embrayent sur le mouvement, ce qui ne semble pas le cas.

D’où le risque que de petits noyaux militants, comme celui interpellé le 11 décembre pour projeter une action violente contre des policiers, choisissent de passer à ce qu’il faut bien appeler le terrorisme, habituelle méthode de fuite en avant des avant-gardes militantes dépourvues d’emprise et qui n’arrivent pas à déclencher la révolution. Il faut dire que les bases de la révolte sont confuses, notamment quand il s’agit de faire converger la mobilisation pour les libertés publiques, celle contre l’« islamophobie » et un antiracisme d’inspiration indigéniste.

La figure tutélaire du groupe arrêté le 11 décembre avait combattu au Rojava contre l’État islamique, avec les Unités de protection du peuple. Donc dans l’optique d’un municipalisme libertaire, féministe et antipatriarcal. Or que trouve-t-on sur le site de l’UCL ? Un appel à manifester contre le « confinement autoritaire et ultralibéral », une rubrique « Féminisme » et un communiqué de soutien au Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) ! Sur un pareil mélange, l’extrême gauche restera groupusculaire, malgré la marmite sous pression que constitue la société française. »

Les « groupes radicaux » sont anarchistes donc ils se rattachent à l’Union communiste libertaire et comme il y a une fuite en avant cela revient forcément à l’Union communiste libertaire, qui est ici directement assimilé aux gens arrêts le 11 décembre (voir 7 personnes arrêtées et accusées de bombisme). C’est là :

– inacceptable tant que les personnes arrêtées ne se sont pas exprimées politiquement (avec un certain écho) ;

– une tentative de pousser l’État à réprimer l’Union communiste libertaire en l’assimilant à des gens ayant choisi l’illégalité.

Il n’y a pas là une maladresse. L’Union communiste libertaire vient d’une démarche totalement opposée aux black blocks, sans même parler de l’autonomie offensive de la fin des années 1970 ! Cette organisation vient de la fusion récente d’Alternative libertaire, historiquement (très) proche des trotskistes de la Ligue communiste révolutionnaire et de la Confédération des groupes anarchistes, issue de la Fédération anarchiste (voir La fusion entre Alternative Libertaire et la Coordination des Groupes Anarchistes).

Or, quiconque sait que chez les anarchistes (au sens le plus large), c’est l’Organisation communiste libertaire dont la tradition est historiquement la plus parallèle aux autonomes, certainement pas l’Union communiste libertaire dont les ancêtres s’opposaient aux autonomes et encore plus à l’autonomie offensive, historiquement pro lutte armée (« autonomie offensive – lutte armée – pour le communisme! »).

Dans sa réponse, l’Union communiste libertaire le dit d’ailleurs avec justesse :

« Notre stratégie ne repose pas sur l’émeute et l’insurrection mais bien sur la construction de contre-pouvoirs et l’auto-organisation des luttes sociales. La plupart des membres de notre organisation sont actives et actifs dans les syndicats (à la CGT comme à SUD-Solidaires), dans des associations pour le droit au logement, des associations et collectifs écologistes, féministes, antifascistes, antiracistes. »

On peut tout à fait considérer qu’une telle activité est réformiste et vide de sens, on peut très bien accuser l’Union communiste libertaire d’avoir un discours post-moderne, confus, tout ce qu’on voudra. Mais dire que l’Union communiste libertaire n’a pas de réflexion et sont vélléitaires comme des casseurs, c’est une erreur complète ; les assimiler avec des gens poursuivis par l’État, c’est inacceptable.

Ce qui ne signifie pas qu’il faille accepter pour autant le principe de la dissociation, tout cela relève d’un débat à Gauche, et d’ailleurs de quel droit Jean-Yves Camus se met-il sur le même plan que des groupes de gauche organisés ? En quoi un religieux rigoriste a-t-il à donner des leçons à la Gauche ? En quoi un religieux rigoriste a-t-il à donner des bons et des mauvais points sur les orientations stratégiques de la Gauche ?

Charlie Hebdo a commis une lourde faute en publiant un tel article et il est incroyable d’ailleurs que ce journal, si durement frappé par l’islamisme, tolère qu’on humilie d’un revers de la main une personne définie comme :

« La figure tutélaire du groupe arrêté le 11 décembre avait combattu au Rojava contre l’État islamique, avec les Unités de protection du peuple. »

Que Charlie Hebdo donne la parole à cette personne et qu’on juge sur pièce, plutôt que de le dénoncer alors qu’il est arrêté sans droit à la parole !

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Politique

Fiasco complet du pathétique cinéma des manifestations contre la loi «sécurité globale»

La troisième vague de manifestations contre la loi « sécurité globale » a été un échec complet, révélant l’isolement social d’une ultra-gauche déconnectée.

Le projet de loi « sécurité globale » n’intéresse personne et il y a de moins en moins de monde pour manifester. De 133 000 personnes il y a 15 jours à 57 000 la semaine précédente, les manifestants sont donc passés à 26 400 personnes partout en France ce samedi 12 décembre 2020, selon les chiffres du ministère de l’intérieur. L’ultra-gauche et les anarchistes s’imaginent faire l’actualité, en réalité ils ne font que servir l’agenda du ministre de l’intérieur qui en profite pour se présenter comme un garant de l’ordre en prétendant avoir géré la casse.

La grande particularité de ce samedi 12 décembre, notamment à Paris, est en effet qu’il y a eu beaucoup d’interpellations, 142 au total, avec en plus de cela un encadrement très strict de la manifestation parisienne pour qu’il n’y ait absolument aucune casse, ni aucun débordement.

D’après BFMTV, il y avait d’ailleurs 3000 forces de police déployées rien qu’à Paris… pour seulement 5000 participants selon la Préfecture, et 10 000 selon les organisateurs. C’est gigantesque et cela a permis de strictement confiner les manifestants, en ciblant et arrêtant les personnes considérées comme suspectes de vouloir aller à la casse, à la formation de black bloc, etc.

Le minsitre de l’Intérieur était lui-même aux premières loges pour suivre cela et communiquer en direct, via Twitter, l’évolution des interpellations. On est là dans la mise en scène totale, car Gérald Darmanin n’a rien fait d’autre que demander à la Police d’appliquer ce qu’elle sait parfaitement faire, et ce qu’elle a déjà fait à de nombreuses reprises, y compris récemment.

C’est à dire que quand l’État souhaite qu’il n’y ait pas de débordement ni de casse avec l’ultra-gauche et les anarchistes, et bien il n’y en a pas. Tout simplement. Aucune doctrine nouvelle ici, ni aucun « saut » dans la gestion des opposants, ou autre fantasmagorie du genre. La petite-bourgeoisie urbaine et radicalisée peut bien crier au loup « totalitaire », la vérité est qu’il n’y a pas de violence de la part de la police, car elle n’a même pas besoin de cela pour encadrer.

Les anarchistes n’ont toujours pas compris qu’on les laisse faire, qu’ils servent de voie de garage, que pendant ce temps-là la société fonctionne, le capitalisme continue, rien ne change. Et encore devrait-on être encore plus dur que cela, car dans un contexte de crise, alors qu’on va vers une explosion sociale, et alors qu’on est encore en pleine crise sanitaire, faire perdre son temps avec tout cela, ce n’est même plus se tromper : c’est sciemment détourner l’attention de l’essentiel.

Quand les masses seront prises à la gorge par les mesures anti-sociales, par l’austérité, par la pression pour s’investir dans la société, dans le capitalisme… comment se défendront-elles sans structures, sans bagage, sans valeurs ? Il y a des défis immenses qui se posent et la vérité c’est que les manifestations du 12 décembre 2020 sont totalement hors sol.

Benjamin Lucas, coordinateur national de Génération-s, a par exemple publié le message sur Twitter :

 » Depuis des mois le droit de manifester, fondamental en démocratie, est brutalement entravé par le pouvoir. Une fois de plus la violence injustifiée de la répression nous oblige à exiger la démission du Préfet et du ministre de l’Intérieur. « 

Mais qu’est-ce qu’on en a à faire du préfet et même du ministre de l’Intérieur ? Et d’ailleurs, les gens n’ont en strictement rien à faire. L’essentiel n’est pas du tout là. Les gens regardent l’avenir, ils s’inquiètent et savent que les problèmes se voient en grand. Tout va changer et on s’intéresserait à tel préfet, à tel ministre ? Allons bon !

Ce qui est inquiétant inversement, c’est que la Droite et l’extrême-Droite ont compris cela et posent des marqueurs régulièrement. Sur le plan des idées, elles posent des jalons, des repères, elles orientent. La Gauche est totalement KO sans même participer au combat, malheureusement.

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Politique

7 personnes arrêtées et accusées de bombisme

Sept personnes ont été accusées de terrorisme pour avoir voulu monter de agressions armées sur les forces de l’ordre.

L’article du 7 décembre 2020, « Un week-end du 5-6 décembre marquant un tournant à Droite« , constatait que dans notre triste panorama, il y aurait un retour du bombisme.

« Et que va-t-il se passer également ? Eh bien il y aura forcément des gens, à l’ultra-gauche, pour prendre au sérieux les discours mythomanes des syndicalistes et anarchistes sur le grand soir. Il faut donc s’attendre à un renouveau du bombisme anarchiste. »

Il n’aura guère fallu attendre de temps pour que cette hypothèse se valide a priori, puisque plusieurs personnes ont été arrêtées et accusées de s’être préparé pour attaquer des policiers, des gendarmes, des militaires. On a ici, si cela se confirme, les caractéristiques de la démarche anarchiste, pour qui il ne s’agit pas de vouloir la révolution par le peuple renversant violemment les couches dominantes, mais par les minorités agissantes agressant les forces de l’ordre.

C’est a priori caricatural, même s’il est difficile d’en savoir plus puisque ce sont évidemment Le Parisien et BFM qui sont aux premières loges pour parler de projet de « semer la terreur », BFM précisant avec davantage de détails que les autres le profil des personnes arrêtées :

« Neuf personnes, âgées d’une trentaine d’années, ont été interpellées mardi dernier à Vitry-sur-Seine, en région parisienne, à Toulouse et à Cubjac, en Dordogne par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), soupçonnées de préparer une action violente (…).

Dans le camion appartenant à l’un des individus interpellés les policiers ont découvert des produits servant à fabriquer du TATP, un explosif, des billes d’acier, mais aussi des armes, un fusil de chasse à canon scié, un revolver, un couteau et des munitions. Au domicile de l’un des autres suspects, du matériel de CRS comme des jambières, un casque, un bouclier de maintien de l’ordre, a été retrouvé. »

Il faut noter que les sept personnes qui ont été amenées devant un juge anti-terroriste ont été arrêtées il y a trois jours. Trois jours où ces personnes ont « disparues », alors que les seules informations un peu détaillées proviennent ensuite de médias farouchement opposés à la Gauche, dont la fonction est de mobiliser contre elle, comme BFM justement. Il y a ici un véritable problème de fond, car on devrait savoir qui sont ces personnes, quel est leur point de vue, puisqu’il s’agit de quelque chose de politique.

La Gauche devrait exiger que ces personnes puissent s’exprimer, que ce ne soit pas l’État qui donne leur profil à travers des messages diffusés par l’intermédiaire de certains médias. Malheureusement, on sait que rien ne sera fait, car la Gauche gouvernementale et la Gauche post-moderne sont hégémoniques et elles ne veulent pas entendre parler de révolution et donc de gens n’acceptant pas les règles du jeu institutionnel.

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Culture

L’échec des free, entre Docteur Jeckyll et Mister Hyde

Les free ont été des événements pour beaucoup de gens, une bulle d’air dans un monde irrespirable. Mais l’air était contaminé.

Vous naviguez en voiture, à la tombée de la nuit, dans un coin perdu qu’on imagine pas trop loin, qu’on espère pas trop loin… d’une free party annoncée par une hotline au dernier moment. Vous vous précipitez et là, quand elle est significative, vous roulez sur une route de campagne… avant de voir une série de lumières, telle une petite ville, un aéroport. Mais ce sont en réalité les sons qui sont installés, décorés, entourés bientôt d’une foule de gens bienveillants s’ordonnant au rythme de la musique techno. Les heures passent alors, elles passent et repassent plutôt, car les sons sont répétitifs, les esprits anesthésiés par les drogues et tout le monde se ressemble, s’assemble.

Telle est une tranche de vie et, pour nombre de gens, c’était la vie elle-même. Loin du travail et des tracas, les free c’était le moment tant attendu, une actualité totalement différente de la banalité d’une société de consommation insupportable. C’était la boue, la fatigue, la saleté, le basculement dans les drogues, mais aussi une sorte de communauté où l’on était accueillie tel quel.

Bien entend, il y a de la mauvaise foi dans tout cela, dans la mesure où les mafias étaient omniprésentes pour vendre les drogues, que l’ampleur des infrastructures faisait que finalement les mobilisations possédaient une dimension opaque certaine. Les mafias étaient-elles de mèche avec les organisateurs et à quel degré ? Qui profite de quoi ? Personne n’en sait rien, car les free n’ont pas été un mouvement démocratique, mais une fuite passive, avec un investissement actif, mais sans esprit de responsabilité.

Cela ne veut pas dire pas de culture : derrière une free, on ne trouvait aucune ordure de laissée. Mais ce n’était pas une société, simplement un refuge. Il suffit de voir d’ailleurs la « hype » autour du collectif Heretik, de par la free à la piscine Molitor à Paris en 2001. Une piscine à ciel ouvert désaffecté depuis plusieurs années, transformé en free party : ce fut la gloire. Une gloire accompagnée pourtant : la police était déjà sur les toits du bâtiment avoisinant et ce dès le départ. L’État savait et a laissé faire, pour étouffer les free dans la foulée, pour assécher un mouvement devenant indéniablement populaire, car les rats des champs se voyaient toujours plus rejoints par les rats des villes, qui ne trouvaient plus dans des villes neutralisées ou embourgeoisées quoi que ce soit de satisfaisant.

Et en même temps, les mafias se systématisaient, les éléments antisociaux étaient attirés pour trouver des personnes à transformer en victimes, notamment des femmes pour des viols. Il y a eu la tentative de teknival légalisé-encadré, le « Sarkoval ». Lassés du parcours du combattant, avec la galère du matériel saisi, de nombreux activistes ont vendu leur âme… Au final, tout est une sorte d’histoire d’un grand ratage. En Angleterre, ce sont les drogues qui ont pétrifié un mouvement s’assumant contestataire. En France, c’est un esprit petit-bourgeois pour qui jouer la chanson « Porcherie » des Béruriers Noirs en fin de free c’est une rébellion généralisée.

L’idéal du teufeur, cela a malheureusement été Docteur Jeckyll et Mister Hyde : je fais semblant la semaine, je me défonce le week-end. Avec une telle schizophrénie, l’échec était évident sur les deux tableaux. Le mouvement s’est beaufisé, ne portant plus de valeur alternative même en apparence à part un anarchisme digne des gilets jaunes. Quant à la vie quotidienne, elle est passée dans l’acceptation : il n’y a pas de culture rebelle qui s’est généralisée.

Quelqu’un qui a vraiment saisi l’esprit free, qui s’y est reconnu, ne peut que penser : le covid là, c’est l’expression d’un monde qui va dans le mur, exactement ce qu’on a refusé, ce qu’on a voulu éviter avec une autre approche de la vie.

Alors autant profiter de cette expérience populaire, d’en faire un patrimoine et d’aller de l’avant.

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Politique

La casse nihiliste d’ultra-gauche et la fausse gauche

Les casseurs nihilistes d’ultra-gauche sont très utiles pour la fausse gauche, y compris la plus institutionnelle. Comme tous ces gens n’ont rien à dire, n’ont aucune dimension sociale et culturelle, qu’ils n’ont comme perspective que d’être la remorque du syndicalisme, alors il leur faut s’inventer des causes.

La dernière en date bien sûr consiste en l’hystérie anti-policière, puisque la police serait devenue l’incarnation même du mal, du capitalisme, de l’État, etc. C’est là qu’interviennent les casseurs nihilistes d’ultra-gauche, en infiltrant un mouvement démocratique comme celui des personnels soignants hier, pour le pourrir de l’intérieur par un peu de casse spectaculaire. Ainsi, les forces de l’ordre doivent intervenir et on a le droit à de photos « chocs » avec des commentaires hostiles à la police, ou bien des petites anecdotes sur des gens interpellés pour faire pleurer dans les chaumières. Peu importe que ces mêmes personnes interpellées aient été filmées en direct à la télévision en train de jeter des pavés sur la police, ce qui compte est de faire croire qu’on aurait en France un État terroriste qui brutaliserait les manifestants au hasard.

Cela permet de se la jouer très radical, comme avec le PCF publiant la photo d’une femme en blouse blanche se faisant interpeller, avec en commentaire « Cérémonie officielle de remise de médaille aux soignants ».

C’est absolument grotesque, irrationnel, relavant d’une hystérie typiquement petite-bourgeoise. Cela montre la décomposition du mouvement de protestation, l’absence d’une Gauche historique capable, comme elle l’a fait maintes fois, d’isoler l’ultra-gauche anti-politique et radical en apparence seulement.

Voir le PCF tomber aussi bas dans le populisme est une expression de tout une perte de repères et de valeurs, d’un effacement de la Gauche historique au profit de manipulateurs et de petits-bourgeois n’ayant aucun rapport avec la classe ouvrière. La Droite et l’extrême-Droite se régalent de tout cela, car il n’y a plus personne à part eux pour conspuer les casseurs nihilistes d’ultra-gauche. Même quand ces derniers, comme ce fut le cas hier, en arrive à… renverser la voiture d’une personne handicapée !

Quelle honte, quel nihilisme, difficile de faire plus anti-social. Et le gouvernement bien sûr ne fait rien pour empêcher cela. Il faut dire qu’il aurait tort de se priver d’une telle opportunité…. Jamais la Gauche historique, celle du mouvement ouvrier, ne peut accepter un pareil sabotage du mouvement social, qui fait directement le jeu de la Droite et de l’extrême-Droite. Et bien évidemment de la bourgeoisie dans son ensemble.

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Giorgio Agamben et le COVID-19, ou le suicide de l’ultra-gauche philosophico-littéraire

Rejetant le mouvement ouvrier, l’ultra-gauche parisienne a pour une partie importante d’entre elle trouvé son inspiration auprès du philosophe italien Giorgio Agamben. Sa position complotiste et délirante sur la crise sanitaire actuelle en dit long sur tout ce milieu mêlé aux intellectuels de la rive gauche.

Giorgio Agamben est une référence d’importance pour toute une ultra-gauche philosophico-littéraire fantasmant sur la disparition de l’État face à la révolte des individus, ce qui correspond à toute la mouvance historique autour de Julien Coupat (qui est aujourd’hui largement dispersée).

Cette ultra-gauche est totalement poreuse à la « rive gauche » bobo, dans la tradition des situationnistes, avec un pied dans la paranoïa, un autre dans le Paris littéraire. Pour cette raison, on retrouve par exemple le point de vue de Giorgio Agamben, expliqué et justifié, dans Télérama, par Olivier Tesquet, au tout début mars (« Ce que dit le coronavirus de notre soumission à la surveillance »).

Pourtant, Giorgio Agamben n’y est pas allé de main morte en disant qu’il n’y a pas de crise sanitaire, seulement un complot de l’État pour exercer toujours plus de contrôle ! Mais telle est la démarche paranoïaque de la petite-bourgeoisie intellectuelle, qui aimerait bien se rendre indispensable pour tout et a deux choses en horreur : l’État et le socialisme, en partant du principe qu’à ses yeux, le capitalisme c’est un peu l’un, un peu l’autre.

Giorgio Agamben un philosophe s’appuyant sur le philosophe gauchiste Walter Benjamin, mais aussi sur les nazis Heidegger et Carl Schmitt, dans un mélange des genres typiquement franco-italien. Pour bricoler suffisamment cette absurdité, Giorgio Agamben passe par le concept de « biopolitique » de Michel Foucault pour proposer une sorte d’anarcho-insurrectionalisme contre la prise de contrôle total de la société sur les individus.

Partant de là, la crise sanitaire ne pouvait être qu’un complot de plus pour ce contrôle. Initialement publié en Italie dans le quotidien Il Manifesto (qui tire à moins de 30 000 exemplaires), en tant qu’éditorial du journal, Giorgio Agamben dit la chose suivante :

« Face aux mesures d’urgence frénétiques, irrationnelles et totalement injustifiées pour une supposée épidémie due au coronavirus, il faut partir des déclarations du CNR (Consiglio Nazionale delle Ricerche), selon lesquelles « il n’y a pas d’épidémie de Sars-CoV2 en Italie » .

Et ce n’est pas tout : « l’infection, d’après les données épidémiologiques disponibles aujourd’hui sur des dizaines de milliers de cas, provoque des symptômes légers/modérés (une sorte de grippe) dans 80 à 90 % des cas. Dans 10 à 15% des cas, une pneumonie peut se développer, mais l’évolution est bénigne dans la majorité absolue. On estime que seulement 4 % des patients doivent être hospitalisés en soins intensifs » .

Si telle est la situation réelle, pourquoi les médias et les autorités s’efforcent-ils de répandre un climat de panique, provoquant un véritable état d’exception, avec de graves limitations des mouvements et une suspension du fonctionnement normal des conditions de vie et de travail dans des régions entières ?

Deux facteurs peuvent contribuer à expliquer un tel comportement disproportionné. Tout d’abord, on constate une fois de plus une tendance croissante à utiliser l’état d’exception comme paradigme normal de gouvernement (…).

L’autre facteur, non moins inquiétant, est l’état de peur qui s’est manifestement répandu ces dernières années dans les consciences des individus et qui se traduit par un réel besoin d’états de panique collective, auquel l’épidémie offre une fois de plus le prétexte idéal. »

Voilà la logique paranoïaque de la petite-bourgeoisie intellectuelle vivant dans sa bulle. Et Giorgio Agamben, considéré comme un grand intellectuel en France, dit cela en Italie, pays le plus marqué par la crise sanitaire. Il assume d’ailleurs tout à fait ses propos et ne se remet même pas en cause.

Dans la même veine, le Olivier Tesquet de Télérama mentionné plus haut dénonce par exemple encore maintenant sur son twitter le fait qu’il y ait un appel de l’armée à proposer des solutions pour aider au confinement.

Il suffirait à ces gens de considérer deux choses : les masses, d’un côté, le taux de mortalité de l’autre. 1 % de plusieurs milliards, on peut pourtant deviner ce que cela donne. Mais il y a le mot « masses » et pour ces gens, c’est une horreur. Quant au reste, c’est l’État qui selon eux veut le contrôle. Rien n’est donc à attendre de ces gens… ni d’ailleurs de tous ceux qui refusent de raisonner en terme de collectivité, de collectivisme.

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L’anarchisme, une catastrophe pour une CGT toujours plus à l’heure du choix

En utilisant les anarchistes pour ajouter de la tension à des mobilisations pas vraiment vivifiantes, la CGT a recréé depuis quelques années l’atmosphère du tout début du XXe siècle. Celle où anarchistes et syndicalistes empêchaient les travailleurs d’accéder à la culture de la Gauche et aux questions politiques.

Si encore les anarchistes étaient vraiment des anarchistes, on pourrait se dire qu’il y a quelque chose qui bouge. Mais les anarchistes français actuels sont des post-anarchistes ; ils ne retiennent de l’anarchisme qu’une sorte de spontanéité maladive se justifiant par une fascination pour une hypothétique « grève générale ». C’est le fameux mythe mobilisateur du grand soir.

C’est que les anarchistes actuels sont particulièrement imprégnés des importants succès du syndicat CNT tout au long des années 1990 et jusqu’au début des années 2000. La CNT a servi de grande lessiveuse détruisant les idées et les fondements de la culture anarchiste, au nom du « syndicalisme » et de sa croyance en la « grève générale », « illimitée », « insurrectionnelle », etc.

Résultat, alors que les anarchistes ont toujours soutenu depuis la fin des années 1940 Force Ouvrière, ils servent désormais surtout de troupes de chocs à la CGT. Les uns ont besoin des autres. La CGT mobilise ses troupes, mais l’esprit n’y est pas, pas plus que le nombre, bien souvent. Alors quand les anarchistes cassent, cela fait du bruit, c’est donnant donnant et tout le monde est content.

Les anarchistes se montent la tête et pensent que la grève générale arrive. La CGT fait passer sa démarche anti-politique pour un succès social exprimant une tension réelle.

Il faut voir ici le grand écart opéré. Depuis mai 1968, la gauche de la Gauche a une profonde aversion pour les directions syndicales, voire pour la forme syndicale elle-même. Depuis que la CGT a tout fait pour torpiller mai 1968, la cassure était nette.

Tout cela s’est évaporé et la CGT se voit désormais attribuée toutes les qualités d’un syndicat combatif, non institutionnel, mobilisateur, etc. Alors que tout le monde sait qu’il s’agit d’une gigantesque machinerie bureaucratique ne tenant que par l’abnégation de petites mains bien isolées.

Sa terrible perte de vitesse en témoigne et comme le syndicalisme français n’est déjà pas de masse, c’est pratiquement la survie qui est en jeu. D’où le besoin de faire du bruit pour occuper l’espace médiatique. De la même manière que les gilets jaunes ont voulu faire croire qu’ils représentaient quelque chose alors qu’il s’agit d’un mouvement numériquement marginal, les anarchistes servent de force d’appoint pour les besoins spectaculaires de la CGT.

Depuis quelques années, la convergence est évidente. Son caractère entièrement improductif aussi. La mobilisation du 5 décembre 2019 en a été d’ailleurs un exemple assez frappant. Le contraste était saisissant entre les défilés syndicaux particulièrement lisses et une casse esthétisée au maximum (habits en noirs, fumigènes, graffitis s’appuyant sur des jeux de mots, etc.)

Il va de soi qu’à un moment donné, même la base de la CGT va dire qu’il faut arrêter les frais, cesser de jouer au « syndicalisme révolutionnaire » et passer aux choses sérieuses. Et là il n’y a pas 36 solutions. Soit la CGT plie et se fond dans Force Ouvrière, soit elle assume de se subordonner à la Gauche politique pour ses grandes orientations. Il n’y a que ces deux choix possibles.

La CGT tente de refuser tant l’un que l’autre, depuis plusieurs années, mais la crise est désormais là et l’heure du choix approche toujours plus.

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L’échec de la mobilisation de soutien aux Kurdes de Syrie

Les rassemblements en soutien aux Kurdes de Syrie samedi 2 novembre 2019 n’ont réunis que très peu de monde. C’est un échec directement politique.

Rien n’y fait. Il a été parlé des Kurdes de Syrie de manière ininterrompue dans les médias, il y a même eu un appel en leur faveur de 44 rescapés du Bataclan. Emmanuel Macron et de très nombreux politiciens affirment les soutenir. Pratiquement toute la scène anarchiste se mobilise également en leur faveur, ainsi qu’une bonne partie de l’extrême-Gauche. Libération a d’ailleurs publié la tribune d’un Collectif des combattantes et combattants francophones du Rojava.

Et pourtant il n’y a eu au rassemblement de solidarité hier que quelques milliers de personnes à Paris, quelques centaines à Strasbourg. Même la ville allemande de Cologne n’a vu se rassembler qu’environ 2 000 personnes. Pareil pour Berlin et Bâle en Suisse.

Pourquoi ce paradoxe ? Tout simplement parce que la spontanéité n’existe pas. Il n’y a plus de Gauche organisée à une échelle de masses, alors si les anarchistes ont décidé de faire confiance au PKK et de voir en Abdullah Öcallan un théoricien du municipalisme libertaire, cela ne parle pas du tout aux gens en France. C’est aussi simple que cela.

Il y a pourtant environ 800 000 personnes relevant, au sens très large, de la communauté turque en France. Pourquoi ne se sont-ils pas mobilisées ? Là encore, la raison en est simple. La Gauche turque est très présente en France historiquement, mais le PKK a tout fait pour avoir l’hégémonie et l’asphyxier. Cela a très bien marché. Le résultat en est une hégémonie réactionnaire et une déliquescence de la Gauche turque.

La situation n’a donc strictement rien d’étonnant et c’est bien cela qui est dramatique. Les Kurdes de Syrie se retrouvent dans une situation intenable – et ceux qui leur ont vendu du rêve en s’imaginant que le « Rojava » allait dégommer les puissances turque et syrienne ont leur part de responsabilité. Il leur aurait suffi de regarder l’histoire des Kurdes pour comprendre comment ceux-ci ont toujours été trahis, utilisés comme forces supplétives pour les conflits, par exemple lors du génocide arménien.

Cela montre aussi la vanité des gens pensant qu’une « minorité agissante » peut changer le cours des choses. Les anarchistes français se sont appropriés le thème du « Rojava » pour exprimer leurs fantasmes et leurs illusions et ce ne sont pas eux qui vont en payer le prix. Qui y aura-t-il alors demain pour maintenir le drapeau des droits des Kurdes ?

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Société

Le teknival «Tek’Steve’All» en périphérie de Nantes

Pratiquement 15 000 personnes se sont rassemblées en périphérie de Nantes pour un teknival nommé « Tek’Steve’All », en référence au jeune décédé dans cette ville lors de la fête de la musique. L’événement, traditionnel dans sa forme, a ouvertement assumé un discours anarchiste, prônant la vie à l’écart des valeurs dominantes, la haine de la police, le cantonnement dans une fuite en avant dans le « son » et, bien évidemment, l’alcool et les drogues.

Depuis l’occupation de la piscine Molitor à Paris en 2001 pour une free party historique, la scène techno des frees et des teknivals a toujours oscillé entre une volonté de reconnaissance et un goût prononcé pour la marginalité. Les exigences préfectorales ont cependant toujours été telles que finalement, c’est le choix de la bande à part qui a été fait pour ceux refusant de tout abandonner ; sur la vingtaine de frees de l’année dernière, une seule avait été déclarée.

La mort de Steve lors d’une fête techno à Nantes a forcément transcendé une scène qui, à l’arrière-plan, a toujours connu un énorme problème d’identité. À l’opposé du phénomène de masse que cela a été en Angleterre, la scène techno française des frees a toujours surtout rassemblé des jeunes à la périphérie des grandes villes, cherchant une dynamique culturelle positive.

L’apolitisme dominant – même si de manière régulière la chanson « porcherie » (sic!) des Béruriers Noirs clôt une free – se résume donc toujours par cette volonté suprême d’être « laissé tranquille ». Les multiples slogans du teknival qui vient de se dérouler sont à comprendre en ce sens :

« La police peut nuire à vous et à vos proches », « Etat policier, rue de la répression », « Ni oubli ni pardon pour Steve », « Justice pour Steve », « Justice pour Steve, mort pour avoir dansé », « Partout comme en teuf, défendons-nous face aux keufs », « Légitime défiance, la police est coupable », « La police tue… pas nos basses ! », « Face à la répression, unis pour nos libertés », « danger police », « UnisSONs-nous et RAVE’oltons-nous contre la répression », etc.

Cela semble d’autant plus rebelle que, conformément à l’esprit des teknivals, il y a un vrai effort de fait pour la décoration, le jeu de lumières, la qualité des sound-system, etc. Le problème est que cela fait 20 ans que les choses n’ont pas bougé. La scène des free parties vit dans la passé. Elle écoute une musique du passé, avec un style du passé. Rien ne bouge, surtout rien ne doit bouger.

À cela s’ajoute le problème de fond : l’utilisation obligatoire de drogues. La scène techno des free parties n’utilise pas les drogues comme un moyen, ce sont désormais les drogues qui l’utilisent comme moyen. Le problème des drogues était déjà énorme à la base, mais il était possible de discuter. Aujourd’hui c’est impossible, les drogues imposent leur domination totale. Ce panneau d’avertissement artisanal au teknival de Nantes prévenant, sur un pont, qu’en-dessous il y a un cour d’eau, en dit long :

Le teknival « Tek’Steve’All » est donc régressif sur tous les plans, ce qui est typique d’une orientation anarchiste. C’est une simple expression de la volonté de vivre isolé, à l’écart, sans intervention de l’État, pour vivoter d’une manière artisanale tout en se défonçant, tout en imaginant que culturellement on écoute une musique « underground », incompréhensible pour le commun des mortels vivant une vie banale, etc.

Le monde peut s’effondrer, tant pis, il faut vivre à l’écart. « Plus le son est fort, moins on entend le monde s’effondrer. »

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Politique

La famille de Steve Maia Caniço ne soutient pas les rassemblements aujourd’hui à Nantes

La famille du jeune Steve Maia Caniço a expliqué qu’elle ne soutenait pas les rassemblements qui doivent avoir lieu aujourd’hui à Nantes. L’extrême-gauche et les anarchistes qui organisent ces rassemblements ne mènent pas un combat démocratique et populaire, mais se servent de la moindre occasion pour dérouler leur fiction d’une répression policière systématique et d’un État policier.

C’est la crainte de débordements violents qui a rebuté la famille de Steve Maia Caniço, disparu dans la nuit du 21 au 22 juin dernier et retrouvé sans vie dans la Loire il y a quelques jours. Par le biais de son avocat, elle a fait savoir qu’elle « ne soutenait pas du tout » les appels à manifester ce samedi 2 août. Maître Cécile de Oliveira a même expliqué que le deuil des parents est « abîmé par le fait que Steve devient un enjeu politique très fort », parlant de colère de la part des proches qui considèrent « une forme de confiscation de la mémoire » de leur fils et frère.

Les mots sont très forts. La sœur du jeune homme s’est livrée plus en détail, affirmant ne surtout pas vouloir que le nom de Steve puisse être associé de près ou de loin à des violences, craignant qu’ensuite certains osent faire un amalgame entre des violences et ce qui s’est passé sur le quai Wilson.

Personne n’est dupe en effet des appels sous les mots d’ordre « ni oubli, ni pardon » ou encore « contre les violences policières ». Ce sont évidemment des prétextes pour « casser du flic » et quelques vitrines, de la part de gens dont l’obsession est de croire que « tout le monde déteste la police ».

Ces appels sont soutenus par tout un tas de personnes plus ou moins radicales, depuis les bobos du mouvement Place publique jusqu’aux populistes de la France insoumise. Le PCF est particulièrement mobilisé sur cette affaire, l’un de ses responsables nationaux parlant même de « meurtre d’État ».

Les membres de la section locale du PCF interviennent volontiers à la télévision pour faire de tout cela une affaire d’État, mettant en cause le ministre de l’intérieur et le gouvernement, appelant à des démissions, etc. Il y a eu dans le même genre cette Une pittoresque de L’Humanité hier matin, titrant « Steve : la vérité, toute la vérité », illustrée par une photo sur fond noir « Justice ! ».

Tous ces gens n’ont-ils donc rien d’autre à dire sur la marche actuelle du monde, la tendance à la guerre, la montée du fascisme, l’écocide, pour à ce point ruer dans les brancards en prenant prétexte d’un tel accident dramatique ?

La famille a raison d’être en colère face à ce qui est une opération de récupération odieuse, anti-populaire, faisant de Steve Maia Caniço un totem pour masquer une absence totale de contenu et de perspective politique.

Il est légitime de réclamer la vérité sur les circonstances du décès, c’est même une exigence démocratique fondamentale et c’est d’ailleurs ce que dit la famille. Tout porte à croire que le jeune homme est tombé à l’eau suite à l’intervention policière qui a dégénéré et il y a de toutes manières beaucoup de choses à dire sur cette intervention policière elle-même, dont l’issue reflète bien le chaos dans lequel s’enfonce de plus en plus notre société.

Les sound sytem jouant de la techno ce soir là étaient relégués dans cette partie de la ville, sur un quai non sécurisé, dangereux, hors du périmètre officiel de la fête de la musique. La police est intervenue sous les ordres d’un commissaire dénoncé comme brutal, qui a voulu ici faire appliquer administrativement la réglementation, de manière anti-populaire, probablement en sachant très bien que cela allait dégénérer, ce qui a engendré la chute de plusieurs personnes à l’eau.

Pour autant, l’époque exige beaucoup de raison et de lucidité, mais surtout pas des mises en scène de contestation, d’offuscation, qui n’ont d’ailleurs aucun écho dans les masses populaires.

Contrairement à ce que veulent faire croire l’extrême-gauche et les anarchistes, bien relayés par ce qui reste de l’esprit gilet jaune, la police en France n’assassine pas impunément. Elle n’a pas délibérément jeté dans la Loire des jeunes qui écoutaient de la musique et il n’y a aucune opération systématique et gouvernementale visant à généraliser une violence policière contre le peuple.

La mort de Steve est un drame social, pas un drame simplement policier. C’est toute notre époque qui est en crise, c’est la société elle-même qui perd ses fondements.

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Politique

La fusion entre Alternative Libertaire et la Coordination des Groupes Anarchistes

Alternative Libertaire et la Coordination des Groupes Anarchistes ont fusionné pour donner naissance à l’Union Communiste Libertaire. Leurs traditions historiques sont pourtant totalement opposées, mais l’anarchisme français est de toutes façons le simple reflet d’un révolutionnarisme à la sans-culotte et d’une grande importance de la petite propriété.

Le fait que l’anarchisme n’ait pas disparu en France est un très grave symptôme, témoignant de la faiblesse de la Gauche historique, qui n’a pas su écraser les courants « ultras » faisant du rejet de la politique l’alpha et l’oméga d’une critique du capitalisme. C’est l’esprit des sans-culottes qui, si utile pendant la Révolution française, est totalement négatif depuis, s’exprimant notamment pendant la Commune de Paris, puis avec le syndicalisme révolutionnaire, l’anarchisme estudiantin.

Ces courants végètent, parasitent la Gauche, pour toujours la poignarder dans le dos dès qu’il y a un mouvement de luttes ou d’affirmation politique. Ils sont particulièrement néfastes. Surfant sur le populisme anti-politique, ils profitent de la moindre avancée pour la faire dévier en vaine agitation de surface, sans aucun fond. Il ne faut pas interpréter différemment la fusion d’Alternative Libertaire et de la Coordination des Groupes Anarchistes qui, on peut aisément le deviner, ne produira pas une organisation solide de toutes façons.

La raison en est simple : la fusion est un saut pour encore davantage abandonner les principes de la Gauche dans son parcours historique. Alternative Libertaire vient en effet du courant « organisé » des anarchistes, les « communistes libertaires » qui assument une plate-forme. Le représentant historique de ce courant est l’Ukrainien Nestor Makhno, mort en France dans le dédain total des anarchistes, qui rejetaient une telle lecture « bolchevique ».

La Coordination des Groupes Anarchistes, comme son nom l’indique, vient quant à lui du courant anarchiste individualiste portée par la Fédération anarchiste. Elle s’est cependant tournée vers ce qui est appelée « Especifismo » au Brésil et consiste en l’affirmation du besoin d’une organisation anarchiste davantage structurée que dans une simple fédération. C’est en quelque sorte le même esprit que la FAI dans l’Espagne des années 1930 agissant au sein de la CNT.

Il ne faut toutefois pas se leurrer et y voir une structuration de l’anarchisme, impossible par nature. C’est en réalité une simple mutation de plus, dans le sens de l’esprit post-industriel, post-moderne. Alternative Libertaire a toujours été historiquement, y compris dans ses formes passées, proche des trotskistes de la LCR. Le changement fait est un simple accompagnement, avec beaucoup de retard, du changement de cette dernière en le NPA.

Quant à la Coordination des Groupes Anarchistes, en grande perte de vitesse, elle n’a cessé ces dernières années d’adopter les thèmes « modernistes » (LGBTIQ+,  « système de domination raciste en France ». Une récente scission, donnant naissance à l’Organisation anarchiste, a encore plus compliqué les choses.

L’Union Communiste Libertaire, qui vient de naître ce 11 juin, est ainsi une fuite en avant, qui ne peut être soutenue que par ceux qui sont trop heureux de liquider les expériences passées sans tirer un quelconque bilan. Il n’y a aucun esprit critique qui est fait, c’est encore et toujours le principe de « s’unir » dans quelque chose de « nouveau » et de prétendre que cela serait une solution à tous les problèmes.

C’est le refus catégorique d’assumer quoi que ce soit politiquement, d’établir des bilans, des analyses de fond quant à l’histoire et à la culture de la France, d’évaluer les succès (ou non) des luttes, des méthodes employées, etc. C’est le refus de ce qui a été la social-démocratie historiquement.

La naissance d’un groupe ultra « nouveau » ne changera rien, car il existe déjà bien d’autres groupes du même genre. Mais cela contribuera à la confusion et des esprits se feront piéger, par incapacité de voir que c’est de la camelote anarchiste d’avant le siècle dernier, une attitude anti-socialiste, anti-communiste, anti-rationalité.

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Écologie

Le triste spectacle des « zadistes » à Notre-Dame-des-Landes

Après l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, l’État avait annoncé qu’il procéderait à l’expulsion des « zadistes », ainsi qu’à la réouverture d’une route départementale barricadée depuis plusieurs années.

Des moyens immenses ont été mobilisés début avril, avec quelque 2500 gendarmes mobiles, ce qui n’a pas empêché de nombreux affrontements. Parallèlement, il a été proposé aux « zadistes » de renseigner des fiches individuelles, nominatives, expliquant le projet agricole qu’ils souhaiteraient mener sur le territoire.

Quel triste spectacle aujourd’hui que ces « zadistes » à Notre-Dame-des-Landes continuant leur agitation coûte que coûte, pendant qu’une partie d’entre eux accepte la partition mise en place par l’État.

L’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes aurait dû être considéré comme une victoire, permettant d’aller de l’avant dans la défense de la planète. Ce ne fut pas le cas pour une raison très simple : l’aéroport n’était qu’un prétexte. C’était une sorte de totem inversé, permettant de dérouler toute une rhétorique contre la modernité, digne de tous les esprits réactionnaires, fascistes ou semi-fascistes, des années 1930-1940 avec leurs discours sur le retour à la terre, le rôle néfaste de la technique, la valeur de la petite propriété, etc.

Les « zadistes » ne se sont jamais véritablement préoccupé d’écologie. La zone humide n’a été d’ailleurs qu’un argument trouvé très tardivement. Ce qui compta, ce fut rapidement l’agriculture artisanale et le retour à une vie en communauté restreinte.

À côté de cela, la ZAD a charrié et charrie encore toute une frange de l’ultra-gauche européenne, anarchiste et nihiliste, qui fétichise les affrontements avec la police, dans une démarche destructrice n’apportant rien de constructif.

Cela forme un panorama lamentable, qui amène la population à se demander : comment se fait-il qu’il faille mobiliser une telle force publique pour quelques agitateurs à peine armés d’ustensiles artisanaux ?

Que les quatre agriculteurs présents historiquement ayant toujours refusé leur expulsion se voient régulariser leur situation, c’est dans l’ordre des choses.

Mais comment se fait-il que des individus qui n’ont rien fait d’autre que tout casser et boire des bières volées dans les supermarchés locaux se voient attribuer « gratuitement » des terres qu’ils occupent illégalement ?

Ces questions sont inévitables. On peut être contre la propriété privée, bien sûr – mais cela ne signifie aucunement accepter que l’État attribue des terres unilatéralement pour pacifier une situation. Ce n’est pas là un partage des terres comme toute révolution en a amené, plus ou moins, ces deux derniers siècles, mais un esprit de conquête digne du Far West.

L’État et le capitalisme ont très bien compris cet aspect d’ailleurs. La Préfète de Loire-Atlantique a expliqué à propos des 28 fiches de candidatures pour l’obtention de terrain que « ce sont notamment des activités d’élevage, de maraîchage et des cultures céréalières avec transformation sur place ».

Une partie des projets sont considérés comme « structurants, cohérents et portés par des personnes tout à fait crédibles » et portent selon le Figaro sur de la culture des céréales, de plantes médicinales et aromatiques, la création de vergers, l’élevage de vaches allaitantes ou encore sur l’héliciculture, la production d’escargots.

Cela est tellement éloigné de ce qu’aurait dû être la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. On a ici un boulevard pour la réaction, avec d’un côté des projets passéistes qui servent de laboratoire réactionnaire, de l’autre un nihilisme destructeur qui ne peut que renforcer les appels à l’autorité de l’État.